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Full text of "La langue étrusque"

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r^i-iî.'^^^.'^-^''^'     N^a-v-'c^  »»!« 


LA 

LANGUE    ÉTRUSQUE 


Jules   MARTHA 

PROFESSEL'H    A    L.V    FACLI-TÉ    DES    LETTRES    DE    lY'NIVERSITÉ 
DE    PAIUS 


LA 


LANGUE  ETRUSOUE 


AFFINITES    OUGRO-FINNOISES 

PRÉCIS    GRAMMATICAL 

TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS 

DICTIONNAIRE   ÉTYMOLOGIQUE 


l'AKIS 

ERNKST     LEKOIX,     ÉDriElH 

28,    UVK     HONAI'AHTE     {Wl") 

4  913 


H- 


NOTK  SUR  LES  SIGNES  TYPOGRAIMIIOIES 


a  =  voyelle  intermédiaire  entre  a  et  n. 

\x  z=  e  ouvert;  (/  allemand. 

î  =  (  assourdi. 

s  =  5  dur  comme  dans  le  français  passe 

s  :^  ch  français  comme  dans  c/*(!c/<'';  sh  anglais,  sch  allemand. 

z  =j  français  comme  dans  jeune. 

c  =  fs;  allemand  z  ou  tz. 

c  =  tsch. 

z  =1  z  français  comme  dans  zèle. 

y  ^  ch  allemand,  comme  dans  ich. 

n  =  n  nasalisé. 

V  =  n  français. 

Les  consonnes  suivies  d'une  apostrophe  sont  des  consonnes 
mouillées. 

Le  redoublement  de  la  voyelle  en  finnois  indique  une  longue. 

Dans  la  transcription  du  hongrois,  il  a  fallu,  pour  éviter  des  con- 
fusions possibles,  s'écarter  de  l'orthographe  usuelle  sur  certains 
points. 

On  a  conservé    les    signes  d,  é,  /,  ci,  û  pour  les   voyelles  longues. 

Mais  l'a  bref  est  remplacé  par  %. 
Ye  bref  «  par  à. 

Les  consonnes  sont  représentées  : 

sz  par  s 

s  par  s 

es  par  c. 


ABREVIATION  S 


Biidenz  =  Ju/sef  Budenz,  Magyar-iigor  osszcliasonUtô  szotàr,  Buda- 
pest 1873-1881 . 
Budenz-Simonyi  =:  J()z,sef  Budenz,    Az    vgor  ni/i'lvek    nsszehasonJilô 

ainklana,  publié  et    complété    par   Zsiu,nHind   Siinonyi,  Budapest, 

188  M  891. 
C  =  Corpus  'nisrrij)li)imnn  riruscarum . 
Capoue  ^  Biichelei',  /{/ichiisches  Muséum,  LV,  1000,  p.  1-8. 
Donner  ==   0.    Donner,     Vergleicht'ndes    WOrlerhuch    dcr    FinniscJi- 

ugrisrht'ti  Sjn-ucliru,  llelsingi'ors,  1871-1888. 
F  =  Fahretli,  Corpus  insrrliilionuiii  ilidlnirinu. 
F.  1,  II,  III  --=  Fahretli,  Primo,  Scrondo,  Terzo  Supplciitenlo. 
FUF  =  Fiiriiiscli'UgrisrJii'  ForscJiungen. 

(\  =  (îaïunrriui,   A  ppcni/ici'  ni  Corpus  niscrIpCiouuia  lluUcai'uui  . 
Krall  =  Krall,  /Cie  etruskisclicu  Muuiieu/jiudcn  des  Agrumrr  unCiouul- 

Museums {Dcnkschriften  d.  k.  Acad  d.   Wissensch.  in  Wicn,  philos. - 

histor.  Cl.XLI,  1892). 
Mag'liano  =  Mihiiii,  MouumcuCi  uniichi  pulihlimli  pcr  curu  d.  r.  Acr. 

dci  Lincci,  II,  p.  \\~  el  suiv. 
Nolizie  ^=  :\oCizii'  drgli  Scuri  di  nulidiilà. 


PRÉFACE 


La  langue  élrusque  est  une  énigme  qui  fait,  depuis  plus 
de  deux  siècles,  le  tourment  des  savants.  L'alphabet  est 
connu  ;  les  textes  se  déchifîrent,  mais  on  ne  sait  pas  ce 
qu'ils  veulent  dire.  L'idiome  dont  ils  sont  les  témoins  est 
demeuré  irréductible.  Les  multiples  tentatives  auxquelles  il 
a  résisté  ont  tini  par  lasser  la  patience.  Il  semble  entendu 
aujourd'hui,  du  moins  en  France,  que  le  problème  est  inso- 
luble. Labstenlion  étant  mère  de  sùrelé,  on  le  laisse  en 
quarantaine.  Quel  que  puisse  être  le  risque  de  l'entreprise, 
il  importe  pourtant  que  l'étude  d'un  problème  aussi  capital 
ne  soit  pas  abandonnée.  Ce  n'est  pas  en  l'oubliant  qu'on  le 
résoudra.  El  qui  sait  ce  qui  peut  résulter  de  recherches, 
même  malheureuses?  11  y  a  des  erreurs  qui  peuvent  être  un 
enseignement.  Corssen  s'est  trompé  en  prétendant  expli- 
quer l'étrusque  à  l'aide  des  langues  indo-européennes.  Mais 
en  se  trompant  il  a  rendu  service  à  la  science  :  on  sait 
maintenant  que  la  voie  explorée  à  fond  par  lui  est  une 
impasse. 

Pour  aborder  le  problème  étrusque,  deux  méthodes  oui 
été  essayées,  la  méthode  compai'ative  et  la  méthode  combi- 
natoire.  La  première  consiste  à  chercher  parmi  les  langues 
connues  un  ty|)e  auquel  l'étrusque  puisse  èlre  ia|)poitc 
au  point  de  vue  du  vocabulaire  et  de  la  grammaire.  La 
seconde    entend   ne    lirer   (|ue    de  Tétrusciue   lui-niènic  les 


IV  puéfaci': 

moyens  de  rinlcritrélcr.  Klle  i'a])pi'0('lie  les  textes,  les 
combine,  les  lait  réagir  les  uns  sui"  les  autres,  afin  de  déga- 
ger le  sens  des  mois  les  itius  usuels  el  (risoler  certains  faits 
grammaticaux. 

La  métliode  coni|>araliv('  n'est  |)lus  en  raveui' aujourd'hui. 
Comme  elle  n'a  pas  l'éussi,  ou  la  condamne.  C'est  pourlaut 
à  elle  (ju'il  faudra  revenir.  C'est  la  seule  qui  |)uisse  avoir  un 
fondement  solide,  parce  (jue  c'est  la  seule  qui  aille  du 
connu  à  l'inconnu.  La  méthode  combinaloire,  |)ratiquée 
avec  l'igueur,  ne  permet  pas  d'aller  bien  loin.  Pour  peu 
(pM'Ile  veuille  ét(Mi(li'e  ses  investigations,  elle  se  montre 
inlidèle  à  sou  prin<Mpe  et  se  fait  plus  ou  moins  comparative. 
<Juand  (die  essaie  de  déterminer  h^  sens  de  certains  mots 
d'après  le  seul  libellé  des  inscriptions,  elle  admet  que  la 
rédaction  des  inscriptions  étrusques  est  conçue  de  la  même 
manièi'eque  celle  des  inscri|)tions  ou  grecques  ou  romaines. 
Par  analogie  elh^  cherche  des  titres  de  magistrature  et 
comme  des  r///',sv/.v //c);/'o/7////.  i'^lh;  compare  donc  im|ilicitement 
Pétrusque  à  autre  chose,  l'allé  fait  de  même  quand  elle 
s'ingénie  à  reconnaître  des  fornu's  de  déclinaison  et  de 
conjugaison.  Elle  laisse  entendre  en  effet  pai"  là  qu'elle  se 
re|)résenle  Pétrusque  comm<!  une  langue  à  flexions.  Plie  se 
r<''fère  ainsi  à  uni;  langue,  qui,  sans  doute,  n'est  |)as  expres- 
sément spéciliée,  mais  (|ui  n'eu  a|)partient  pas  moins  à  un 
type  défini.  i'Mh;  compare  encore  l'étrusque  à  autre  chose. 

l'armi  les  liyj)ollièses  auxquelles  peut  s'a|)pliquer  la 
méthode  comparative  il  en  est  une,  l'hypothèse  linno- 
ougrienne,  (|ui  n'a  pas  encoie  été  sérieusement  mise  à 
l'épreuve.  Tayloi'  y  a  lomdié  dans  ses  ElriLscan  liesearrlips 
|187V)-  Mais  si  ses  inductions  archéologiques  sont  parfois 
spécieuses,  ses  observations  linguistiques  sont,  an  témoi- 
gnage de  Sayce  (1),  inadmissibles.  A  peu   près  à  la  même 

(1)  Pri/ici/ie.s  de  philoldi/ie  coin/xiréc  (trad.  Jovy),  p.  92,  nolo  1. 


PREIACE 


époque,  en  187."),  dans  la  ])i'eniière  livraison  des  Etrusklsrlie 
Forschuiiyen,  Deecke  terminait  ainsi  une  étude  sui-  certains 
suffixes  étrusques,  dontrélémeni  principal  ;-/  parait  donner 
naissance  à  des  sulfixes  secondaires  :  «  A  ce  propos,  je  crois 
devoir  dire  que  les  langues  finnoises,  dont  je  me  suis  occupé 
depuis  plus  de  vingt  ans  dans  mes  heures  de  loisii-,  et  dont 
le  système  général  m'est  bien  connu,  |)résentent,  |tar  une 
analogie  des  plus  frappantes,  le  même  phénomène  dun 
suffixe  pouvant  servir  tantôt  à  marquer  une  fonction  casuelle, 
lantot  à  marquer  des  mots  dérivés;  j'ajoute  que  dans  ces 
langues  la  lettre  /en  particulier  joue  un  grand  rôle  dans  la 
formation  des  cas  et  dans  la  composition  des  mots  ». 
Mais,  en  dépit  de  ces  atTinilés  a|)parentes  et  à  cause  de 
certaines  dilficullés  qu'il  n'indique  pas,  Deecke  n'alla  |»as 
]ilus  avant. 

A  l'époque  où  il  s'exprimait  ainsi,  une  étude  mélhodi([ue 
des  langues  ougro-finnoises  était  à  peu  près  impossible.  On 
n'avait  encore  ni  le  D'irt'ioiindire  rorit/iaré  nuajyare-ouifr'ien 
de  Hudenz  ' Mafi)/aj'-iiiior  il^sz-ehnsonlUô  s:.nff'n\  I87H-1881), 
ni  le  Yerg/eir/iem/es  Wurterhnch  (1er  finiilsrli-ngnsrhen 
Sp/rirhen  de  Donner  (1871-1888^  in;ichevé),  ni  le  Diction- 
naire finnois-inayyare  de  Szinnyei  [Finn-magyar  Szôtdr, 
I884i,  ni  la  Grammaire  coinparèe  des  langues  otigriennes  àii 
Budenz  complétée  par  Simonyi  Az  agnr  ni/elvek  nsszeJiason- 
litô  alaktana,  I88i-I894i,  ni  \aFinnisch-a(/risr/ie  Sprar/ifris- 
senscha/t  de  Szinnyei  iSammlung  Goschen,  1910),  ni  les 
études  de  ^^'inckler  sur  les  peuples  ou  les  langues  ouralo- 
altaiqucs  {Bas  uraltaisrhe  und  seine  Gruppen,  1885).  ni  la 
ve\ne  Finnisrh-ugrisrlie  Forscliungen  (commencée  en  IIMH  i, 
sans  parler  d'une  multitude  de  travaux  de  d(''laii  publiés  en 
Finlande  cl  en  Hongrie  depuis  ti'enle  ans.  Si  Deecke  avail 
eu  ces  instruments  à  sa  disposition,  peul-ètre  n'aurail-il 
pas  renoncé  à  l'idée  (jui  l'avait  hanté   (|nel(jiie   temps,  pour 


VI  PliKFACI'; 

revenir  à  lliypollièse  indo-européenne  de  Clorssen  et  s'y 
enliser  à  son  tour. 

l'ne  très  longue  suite  de  recherches  et  de  tâtonnements, 
dont  le  détail  importe  peu  ici,  m'a  conduit,  après  de  mul- 
tiples détour-s  et  beaucoup  de  déconvenues,  à  entrer  dans 
la  voie  que  DeecUe  avait  abandonnée  et  qui  semblait  con- 
damnée. II  m'a  paru  qu'il  y  avait  entre  l'étrusque  et  les 
langues  linno-oui^riennes  d'étroites  afïinités.  J'ai  voulu  voir 
jus(ju'où  pouvaient  aller  ces  affinités  et  j'ai  constaté  qu'à 
l'aide  du  linnois,  du  hongrois  et  des  idiomes  congénères  on 
arrive  à  expliquer  les  radicaux  de  la  langue  étrusque,  à 
reconstituer  une  partie  de  sa  grammair'e,  enfin  à  traduire 
mélhodiquemenl  des  textes  jus(ju'ici  irréductibles. 

J'ai  étudié  tous  les  textes  importants,  tous  ceux  qui  con- 
tiennent autre  chose  que  des  noms  propres  et  dont  le  texte 
paraît  établi.  Les  textes  de  lecture  douteuse  ont  été  systé- 
matiquement ('cai'tés.  Les  difiicultés  d'interprétation  sont 
par  elles  mèmcîs  assez  grandes  |)our  qu'on  n'aille  pas  les 
compliquer  encore  par  des  discussions  de  syllabes  et  des  res- 
titutions conjecturales.  On  a  aussi  laissé  de  coté  la  fameuse 
inscription  de  Lemnos,  bien  qu'elle  paraisse  être  d'une 
langue  appai'entée  à  l'étrusque.  Mais  en  raison  de  son  carac- 
tère archaïque  et  de  cei'taines  particularités  d'écriture,  elle 
présente  des  difficultés  spéciales,  dont  l'étude  est  pour  le 
moment  prématurée. 

ihms  la  comparaison  entre  l'étruscpie  et  les  langues 
finno-ongriennes,  je  me  suis  efforcé  d'éliminer  tout  re  qui 
M "ap|)arti(;nl  pas  au  vocabulaire  pr()|)re  de  la  famille  finno- 
ougrienne,  d'éliminer  notamment  les  mots  turcs,  slaves  ou 
germaniques,  qui  se  sont  glissés  dans  le  hongrois,  le  finnois 
et  les  idiomes  congénères.  Je  nose  me  flatter  d'y  avoir  tou- 
jours réussi.  La  question  est  difficile.  Les  meilleurs  diction- 
naires, même  les  dictionnaii'c^  comparés,   comme   ceux  de 


PREFACE  Vil 

BudeDz  el  de  Donner,  donnent  quelqnefois  des  indications 
trompeuses.  D'ailleurs,  sur  bien  des  points,  il  y  a  encore 
incertitude,  comme  le  prouve  le  relevé  de  Setiila,  Aeltere 
gennanisrlfen  bestandte'de  in  den  ostseefi.nmscJien  spraclien 
[F'nin'isrh-uijnsrhe  Forsrlnmfipn,  Xlll,  1913,  p.  345-475). 


Malgré  tout  ce  que  de  pareilles  recherches  comportent 
d'aléatoire,  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles  Lettres  a 
bien  voulu  aidei'  à  la  publication  de  ce  volume.  En  rappe- 
lant ici  cette  subvention,  je  n'eutends  pas  m'en  prévaloir 
comme  d'un  patronage  ou  d'une  garantie  scientilique. 
J'acquitte  simplement  une  dette  de  gratitude. 


ADDITIONS  ET  CORRECTIONS 


Au  cours  de  l'impression,  qui  a  été  très  longue,  des  corrections  de 
détail  se  sont  révélées  nécessaires.  Pour  quelques  mots  notamment 
rinlerprétation  n'est  pas  la  même  au  début  et  à  la  fin  du  volume. 
Je  prie  le  lecteur  de  vouloir  bien  s'arrêter  au  sens  donné  par  le  Dic- 
tUmna'ire  et  d'avoir  égard  aux  modifications  indiquées  ci-dessous. 

Page  3,  note  l,  ajouter:  Skutsch,  dans  Pauly-'Wissowa,  VI,  p.  77,')- 
777. 

Page  i,  ligne  K'»,  lire  :  peut  être. 

Page  6,  ligne  30,  après  hinôial,  ajouter  :  si  toutefois  la  désinence  -al 
est  bien  le  sulïixe  casuel.  Car  il  se  pourrait  que  le  mot  fût  un 
composé  de  hin9  et  de  ial;  voir  p.  189. 

Page  7,  lignes  IS  et  21,  effacer  créais  et  créai. 

Page  28,  ligne  17,  lire  •  Oan^vilus. 

Page  32,  ligne  20,  lire  :  mlax-  —  En  bas  de  la  page,  la  seconde  note  doit 
être  précédée  du  chiffre  2 . 

Page  36,  ligne  28,  au  lieu  de  -nck.  lire  :  -nlik. 

Page  43,  ligne  23,  lire  :  canz-a-te,    hongrois  k-xndl-kàl-  «  reluquer  ». 

Page  44,  ligne  29,  lire  :  cem-na,  finnois  1,'nn-a  «  brillant  ». 

Page  44,  ligne  30,  lire  :  cen-u,  finnois  l;anl-  "  mettre  en  ordre,  net- 
toyer ». 

Page  45,  ligne  9,  lire  :  cep-en,  timiDis  kappa  «  seau,  boisseau  ».  — 
Il  n'est  pas  certain  ({ue  le  linuois  kappa  soit  d'origine  germa- 
nique. ( Fimiisch-ufjrische  Foi'schuugen,  XIII,  1913,  p.  377). 

Page  4.J,  ligne  li,  lire  :  hongrois '7>-/'/  «  construire  », 

Page  4fi,  ligne  14,  lire.'  finnois  lai-ska  «  inerte  ». 

Page  46,  ligne  20,  lire  :  finnois  )-Hj)a  «  boue  ». 

Page  '(('»,  ligne  21,  lire  :  finnois  ral-jn  «  humide  ». 

Page  46,  ligne  29,  à  supprimer. 

Page  46,  ligne  31,  lire  :  tus,  tus-6-i  -  hongrois  /ns--,  los-it-,  Its-it- 
«  pousser  ». 


X  ADDITIONS    ET    COlîliECTlONS 

Page  n,  lignes  11  et  11  à  supprimer. 

Page  17,  ligne  10,  lire  :  linnois  lic-khii-^  Hr-l,-t(-hl  ■  «  branler,  vaciller  ». 
Page  'i7,  ligne  li"),  ajouter  :  l/élriis(iu('  n'a  |>as  de  sonores  fA,  d,  g). 
Page  51,  ligne  .j,  lire  :  hongrois  rp-il-  «  bàlir  ». 

Page  52,  ligne  i,  au  lieu  de  hiicfi,  lire  :  hoppu  «  hàle,  diligence,  empres- 
sement ». 
Page  52,  ligne  28,  lire  :  ZiumiSe. 
Page  55,  ligne  1 1.  ajouter  :  fuhzus,  tehamai  (Capone). 
Page  5!),  ligne  1,  lire  :  «  snbsisler  »,  (b'-rivé  d'un  i-adical  ipii  est  appa- 
renté an  linnois  yV//-/,/  k  veslige,  trace  ». 
Page  59,  ligne  3,  lire  :  <''lr('   )nauoais,  dériv(3  d'nn  radical  apparenté  au 

(innois  il-/,-f-(i  «  laid  ». 
Page  59,  ligne  11,  lire  :  '/ne  l'on  fail  iiiarrlu'r:  voir  p.  221. 
Page  59,  lignes    15    et    Ki,    lire  :  cW    linnois  hiln-    »  aller  Icnlenienl, 

s'avancer  »  . 
Page   ()0,   ligne  3.  lire  :  nas-i-e     Magliano)    rire  conpr.   Cf.  hongrois 

na>--  «  couper,  anipuler  ». 
Page  60,  lignes  'X\  et  31,  lire  :  faire  dérlaralion  de  (idrlilé,  composé  de 

lautn  fidrle,  etc. 
Page  01,   lignes   li-IO,  lire  :  sle-l-e   /'"'/'.    mourir;    cl',   hongrois   sél 

«  exlrémilé,  bord  ». 
Page  ()2,  lignes  29,  30,  lire  :  linnois  liii-sl;-<i  <.  inurle  ». 
Page  05,  lignes  1 1    et    12,  lire  :  pis-c-r-i  ('laid  ai;/u.   participe    en    -i 

i§103)du   verbe  pis-C-r-,  (pi  i    dérive  diiu    Ihèuie  *pis,  ait])arenté 

au   (iniutis />?<,v-/,7'-  «  donnei-  un  c(mii)  de  pointe  >}. 
l'âge  05,  ligne  20,  rétablir  en  tête  de  la  ligne  :  Inmgrois  =::. 
Page  or»,  lignes  15  et  10;  lire  canz-a-t-e  rrtpinlcr,   eoir;  v\\  hongrois 

buidi-hàl-  <i  relu(|ner  ». 
Page  07,  lignes  7-9  lire  :  tus-6-i  i/ni  est  serrr  :  vï.  hongrois  las    los-it-, 

las-il-  «  pousser,  heurter  ». 
i*age  ()9,  ligne  i,  lire  :  fulum-x-v-a  passer  vile. 
Page  09,  ligne  <»,  lire  :  cep-en  </rand  de  canlenanl. 
Page  70,  lignes  28,  29,  lire   :   le-sc-a  lamhcr.  passer  dérivé  de  *le  en 

has\  cf.  hongrois  la  »  en  bas  ». 
Page  72,  ligne  19,  lire  :  menas  passage. 
Page  72,  ligne  30,  lire  :  sr-as  rcoulemenl.  A  la  ligne  suivante   supprimer 

srenxve. 
Page  73,  ligne  19  lire  :  mula-x  p^rsislanl^  dérivé  de  mula  «  passer, 

passer  h;  teni|)s  ». 
Page  7i,  ligne  18,  lire  :  tlenac-es  '/ne  Idn  fait  marrher  ;  voir  p.  221. 
Page  75,  ligne  •"'»,  lire  :  l'iaal  sern'',  au  lieu  de  rlanl  e(ni/iaal  ;  cl',  page  (17, 

ligne  7. 


ADDITIONS    ET    COKliKCIIONS  M 

l'âge  75,  ligne  7.  même  correctiou. 
Page  70,  dernière  ligne,  lire  :  amhar-i  —  ùmhar. 
Page  78,  ligne  10,  cà  supprimer. 

Page  79,  ligue  0,  lire  :  hetu-m  coniinii,  au  lieu  de  mis  en  route. 
Page  79,  ligne  17.  supprimer  puratum.  etc. 
Page  79,  ligne  :l'.i  lire  :  \onoriti'  au  lieu  de  l'elalani,  sonore. 
Page  79,  ligne  -2o  :  pour  Gunem  on  peut  hésiter  entre  deux  interpré- 
tations. On  i)ent  le  considérer  soit  comme  une  sorte  de  participe 

signiliant  réduit,  soit  comme  un  terme  composé  de  Sun  et  de  em  . 

Voir  plus  loin  page  1(»7. 
Page  80.  ligne  19  au  lieu  de  gy;ii'-m;ik,  lire  :  gviir-m-ii-k. 
Page  81,  ligne  ±2,  au  lieu  de  husina  lire  :  fusina. 
Page  83,  ligne  ."">,  au  lieu  de  plein,  en/lr,  lire  ;  élevé. 
Page  87,  ligne   l,  lire   :  spel-8i  fureur:   cl',   finnois  sappi  «  fiel,  bile, 

colère  ». 
Page  87,  ligne  "18,  au  lieu  de  gagner-petit,  lire  :    o'oilre-petit.  A  la  ligne 

suivante,  lire  :  ens  crnitre. 
Page  88.  lignes   ii  et  V),  au  lieu  de  grand  de  mesure,  lire  :  grandfuient 

de  mesure,  de  mar  mesure  et  de  isl  ;/raiideuient. 
Page  88,  ligne  29  au  lieu  de  fas  is,  lire  :  fas-eis. 
Page  88,  lignes  3o  et  30,  au  lieu  de  étendu  de  fracas,  lire  :  multiple  de 

fra cas 1  j^  mu It ip le . 

Page  89,  ligne  3,  lire   :   artieulalion   de  marche,  de  tlena^-  marcher, 

etc.  ;  voir  p.  221. 
Page  91,  ligne  30,  lire  :  lu-n. 

Page  92,  lignes  1-2  lire  :  correspond  à  la  ])réi)Osition. 
Page  93,  ligne  3.  La  leçon  ca-ti  n'est  pas  certaine;  voir  plus  loin, 

p.  185,  note  I. 
Page  93,  ligne  11,  lire  :  ''/  partir  du  mourir. 
Page  96,  ligne  29.  à  propos  de  ca-ti,  voir  p.  18:),  note  1. 
Page  90,  dernière  ligne,  au  lieu  de  kuka-van.  lire  :  kuka  vaan. 
Page  iOi,  supprimer  la  dernière  ligne. 
Page  lO.'i,  ligne  i,  lire  :  le  père  est  uiatadroil  de  marche. 
Page  107,  ligne  Ki,  au  lieu  de  -tla,  lire  :  -tal. 
l'âge  108,  ligne  32  :  cz-1  i)eut  être  aussi  considéré  comme  un  adjec- 

tir  formé  avec  le  sullixe  nominal  -1  (J^  109)  et  pris  adverhialeuicnl. 

Voir  p.  2(il. 
Page  m,  ligne  11  :  à  supprimer. 

Page  11  i,  ligne  30  au  lieu  de  /'/  l'émissiou,  lire  :  le  dépérissement. 
Page  1  Kl,  ligne  3i,  au  lieu  de  la  crue  d'eau,  lire  ;  le  ruissellement  d'eau 
Page  119,  lignes  31-3:i,  au  lieu  de  si  on  le  fait  plier  du  genou,  lire  :  si  on 

le  fiit  u\archcr\  voir  [).  221. 


xii  Ai)i>iri().\s  i:i'  (;()i!iii:t:riONs 


Page  120,  lignes  i-"2,  au  lieu  de  rin-licululion  dr  ]>l(iii'inriil,  lire  :  l'aiii- 
cuJai'ion  <lt;  iikvcIic:  voir  p.  -"il. 

Page  Kil,  ligne  i^i,  au  lieu  de  Arnal,  lire  ArnGal. 

Page  138,  ligne  liJ,  au  lieu  do  jirD'/rrssif  df  doucrur,  lire  :  jxirfaU  de 
iraii(/>iilHl(''. 

Page  l"')i),  lipe  o-J,  au  lieu  de  Lecus  lire  Secus. 

Page  17(>,  ligne  !<>,  supprimer  -  le  ■■  devant  zilaO. 

Page  182,  les  lignes  IS-iO  sont  à  remplacer  par  ceci  :  Ladjcctir  ca6-s 
signili(>  i>r(>[)reinenl  iiimiuri,  de  <Csn^-  nuiiii.  Le  mol,  Ibnné  avee 
le  sullixe  iioiiiiiial  -siî^  H")  est  apparenlr  au  liiinois  kntc  [k(isi) 
(( main  »;  cl'.  Iiongi'ois  /:rz\  vogoiilo  /.v//,  /,iil\  tcliérémisse  fid  ; 
inordviiK"  kfd,  l<nd,  f><'d'  iHiidenz,  p.  28,  iio:34;  Donner,  1,  [).  l'(, 
a°  oO  . 

Page  2115,  lignes  'A-'-'u  lire  :  linnois  hnpim  «  liAle,  diligence,  eiiipressc- 
menl. 

Page  221,  ligne  10  au  lieu  de  x'i  un  lui  /'nil  jilirf  lo  tjcnoii,  lire  :  x^'  on  le 
fait  marclu'r.  Dans  le  commentaire  qui  suit,  l'interprétation  de  tlenaces 
(ligne  2r))  est  à  modifier.  D'aprrs  un  r('cenl,  travail  (Sel;il;i,  zu  dm 
(/crinanischen  W'iii'liTii  un  fimiischi'it  dans  la  revue  /'liiniscli-7igris- 
che  Forsrhungni,  Mil,  l\)\:i,  p.  :]:{:'),  :VM\  et  A:\1),  le  linnois  lein 
«  rouleau  »  doit  èlre  considéré  coniiiic  un  Icnnc  ciiiprunli',  d^tri- 
gine  gerniaiH(|U('.  honc  le  ra|»proclienieMl  avec  tlenaces  est  inad- 
missible. Un  aiilrc  rapprochement  esl  possible,  celui  du  thème 
(''trusi|ii('  *tle  avec  le  llirme  liiiiui-ougricn  au(|U('l  se  rapporb^  le 
linnois  hd-la  «  seinidlc  >>,  lal-hi-  »  ccrascr  avec  h;  pied  »,  hilii- 
'■  marcher  lenlcmenl  ■■  ;  vW  luingrois  ly.l-j)  •<  pied,  senudie  ■> 
(Budcn/.,  1».  17:;,  u°lî»5;  Donner,  I,  p.  131),  u"  AM  ;  p.  lil,  n"  :i08). 
Le  vci'be  tle-nac-  signiliei-ait  ainsi  jiKdlrr  h'  jiicd  par  Icrre/marrJicr 
et  le  |)articipe  passe  passif  se  Iraduirait  j)ar  mis  d'dxnil  ou  /'())'cr  dr 
inarcher. 

Pages  222  el  22;}.  En  raison  de  oe  qui  vient  d'être  dit  dans  la  note  précédente 
tlena^-eis  ue  peut  pas  se  traduire  paryc/^;/;.  Il  faut  entendre  (irlicula- 
llon  de  niarchc,  c'est-à-dire  jiicd  ou  rhi-rille. 

Page  23o,  ligne  i,  au  lieu  de  :  la  douleur,  lire  :  les  ennuis. 

Page  235,  lignes  20  et  21,  au  lieu  de  :  cur-ie-a  a  le  sens  d(>  c/rc  malade, 
cf.  Iiongrois,  lire  :  cur-ie-a  a  le  sens  de  èin;  eiunu/r,  cl',  linnois 
kur-rà  «  mauvaise  hunieiir,  ennui,  dégoût  ». 

Page  2i0,  lignes  3  et  suivantes,  rectifier  de  l'étymologie  de  apr-ens-.  Le 
second  élément  du  inni  n'es!  pas  à  rap[)rocher  du  linnois  atis-ai- 
«  mérilei-,  gagner  ■,  don!  l'origine  paraît  èii'c  dans  les  langues 
geriiiani(|lie>  /'"nntiscli-ai/i'isrlir  /''n)-s(lu(iir/('ii ,  \lll,  P.tL'J,  [).  357). 
En-s-  ddil  l'Ire  plidrd    considéri'  comme  nu  radical  l'ormé   avec  le 


ADDITIOSS    ET    COKBECTIOXS  XIH 

suffixe  de  dérivation  verbale  -s  §  86  .     en  grar.d  cf. 

.^  220  cep-en  .  Le  verbe  en-s-  sigoiûe  grandir^  croUre.  De  là  pour 
le  parlici|ie  apr-en-s-ai  le  sens  de  c^"  --•'■  -  *f  peiU,  c^st-à-dire 
les  intérêts  ou  revenue. 
Potre  -\o.  Ligne  15,  aaMea  de  menitla  Hre  irainani  de  mmxhe,  lire  : 
menitla  être  gauche  de  marche.  "•  '  -  ,.^  c  ^  raen-  aller, 
marcher  el  du  verbe  tl-a,  qui  p.  .no\s  lol-k», 

tol-ca-na.  tùl-ve-lo.  lïd-pë,   tûl  m  «  idiui,  i»iupide,  imbécile  »;  cf. 
osliak,  /m/,  tul-pu-l  «  idiot  »    Donner,  I,  p    H'   ^-  501  . 
l 'âge  2 i8,  ligne  19,  ajouter  :  on  pourrait  aussi  -r  cac  du  tia- 

nois  keko,  «  pile,  las,  monceau  ». 
l'age  250,  lignes  33  et  34,  an  lien  de  ^^</>^r«l     »        ..y.  ^i  :  .  iie  d^m. 
Page  251.  après  la  ligne  9,  ajouter  :  Ln-rs-ô  bosse  d'os  est  qualifié  par 
ti-n-s.  C'est  un  substantif  composé  de  lu  r?  "^ 

le  sens  de  lu,  cf.   finnois   luu  «  os  a;      -       .       .  .;:.. 

vogoule  lu   Budenz,  p.  705,  n*"  766  ,  Pour  rs-9,  qui  est  formé  avec 
le  suffixe  nominal  -6    .^  120  ,  cf.  finnois  r»jsîi  «  bosse  »  rïis-tâ 
ï  protubérance  »    Donner,  111,  p.  137.  n'  1028  . 
Page  255,  ligne  8,  an  lien  de  es.  lire  :  'es 

Page  257.  ligne  8.  ajonter  :  De  he-n  on  peut  rappro  her  he-va.  qui 
se  trouve  dans  Tépitaphe  C.  ÂÙl  :  he-va  Vipi8ur  Cucrina^ur 
Cainal    ['     ~  he-va  on  a  le  thème  lie  avec  le  suffixe  n  va 

j^.^  iSé  .  D  après  î  epilaphe  le  sens  est  qui  se  sud,  qui  se  ^  ' 

touche,  voisin.  La  sépulture  est  colleclive.  11  s'agit  de  ès 

utérins,  dont  la  mère  est  désignée  par  Cadnal.  L'un.  Vipi-6ar,  est 
fils  d'un  Vip\  l'autre,  Cucrina-Our.  es:  -  n  Cuciina  cf. 
§  182  Vel-6ar  .  L'épilhèîe  he-va  voisins  i  lils  >ont  côte  à 

côte  dans  la  sépulture. 
Page  260,  ligne  6,  lire  :  hon:r:    -  ' 

Page  263.  lignes  10-11.  Le  r  sque  mer  et  le 

finnois  mar  n'est  pas  possible,  nwr  devant  être  considéré  comme 
un  vocable  emprunté  aux  langues  germaniques  flnnisch-ugrische 
Forschungen,  Xlll.  1913,  p.  409  .  Mer  est  p!ui«'«»  à  rapprocher  du 
hongrois  mâr-âei  «  raide,  rigide  ».  -  i   »,  mâr-o 

*  slri dément,  rigoureusement,  entiùi  w^i.  i..  ^,  .^  az,  p.  619. 
n°  658'.  Ce  dernier  mot,  comme  le  terme  étrusque,  a  la  valeur 
d'une  particule  superlative  Imâr-Ô  mindxBÏ-  tout,  tout 

entier  ». 
Page  271,  lignes  15  et  16,  anUea  de  <^Me>  la  prière  <*o«7>  bonne. 

lire  :  <^*i>>  la  prière  <<♦'#/>■  bonne. 
Page  293,  ligne  15.  an  lien  de  §  94,  lire  :  ^  93. 
Page  308,  ligne  21.  an  lieu  de  prieur,  lire  :  crieur. 


XIV  AiiDirioNs   i:'i'  (;oi;i!KCTiONS 

Page  3'2i'j,  ligue  1 1 .  au  lieu  de  rr.sidHs,  lire  :  rrsiiln. 

Mriiie  page,  ligne   i.'{,   au  lieu  de  slrn,  lire    :   sie7'a-   «  fendre  ».  siero 

«  l'en  le  oiiverUire  ». 
l^ige  3(1.').  après  la  ligne  IN,  ajouter  : 

CEZP 

cezp  '5;  I  V.\  ,   iiiiih'  siipiTioiire  à  six. 

cezp-a-lx-a-1-s    l''-    I.  -'.S")  —  i'-l'2.~  =  gi'iiilil' du  iioniltrc  signilianl 

suixcDifc-dix  ou  <iiifil)-c  riiigis;   cezp-a-lx-a-1  est  pour  cezp-lx-1  ; 

c'est  un  ronii)Osé  de  cezp  el  de  l^-l  tlhninc  ivoir  ce  iO(Ui. 
cezp-z    1'.     t,  ;{<S7i  —  §  ±1H   =  sept  fois  ou  fudl  fois.    La  désinence 

es!  nu  snilixc  adverbial  (i;  l'iO,   3  1  ;  ci',  esl-z . 

l'agc  .371,  après  la  ligne  1-2,  ajouter: 

CUV 

CUV,  dans  le  coiiiposc  us-cuv  1  voir  c(ï  mot)  -=  forl. 

Il   Kinnois /.o/)-(' «  c  siiperho,  arro^fiiit  »  ;  estliouien /.o/j-c  «   Tort,    énergique  »; 
liuiigrois /.vïy-e/'  «  orgueilleux  »  (Donner,  1,  [).  7,s,  n»  216). 

Page  .'{!><S,  après  la  ligne  1 1,  ajouter  : 

LU 

lu-n  lCa|)(iii(',  I.  •">   —  i^  39.')  =  por  le  fiil  dr  laiii-cj\  vi'rbe  lu  pourvu 
du  snilixc   iusl rumen tal  -n  (>5  .121),  IVj. 

Il    Hongrois    /'/-,   ///y-  «    lancer    »  ;  vogoulc    // ;    tchéréniisse    /«-;    finnois   liio- 
(Builcnz,  p.  "01,  n"  7(;9  ;  Donner,  III.  p.  170,  n"  lO.jG). 

Page  450,  ajouter  : 

UR 

ur-i,  dans  le  couiposc  el-ur-i  (voir  ce  mol;  z^  fiin'  c/furl. 
Il    Finnois  uri,  ilri-tils  «  ell'ort  »,  i/ri-Ua-  «  faii'o  etl'ort   >> . 


PREMIÈRE   PARTIE 


LES    DONNEES    DU    PROBLÈAIE 


I.  Ce  que  foiiniissent  les  textes. 

1.  L'étrusque  nous  a  été  conservé  par  plusieurs  milliers 
d'inscriptions,  en  grande  partie  funéraires,  dont  les  caractères 
se  déchilTrent  aujourd'hui  sans  difficulté,  mais  dont  le  sens 
échappe.  Il  y  a  bien  quelques  textes  bilingues  (étrusque  et 
latin)  '.  Mais  on  n'en  compte  guère  qu'une  trentaine  et  la  plu- 
part sont  si  mutilés  ou  si  insignifiants  qu'il  est  à  peu  près  impos- 
sible d'en  rien  tirer.  Les  indications  qu'ils  fournissent  se 
réduisent    à  ceci  : 

1"  Le  mot  avil  (ou  avils)  exprime  l'idée  d'âge  ; 

2"  Le  mot  lautni  parait  avoir  pour  «Mjnivalent  le  latin  hher- 
tus  "-. 

3"  Le  suffixe  -al  '  marijue  la  provenance,  Cahatial   .  Arû8 


1.  Ils  ont    étr  nHinis  et    étudiés  par  Deecke   {Etntsk.  Forsch.  ti.    Sltidien,    V: 
Stuttgart,  1883). 

2.  L'équivalence  est  cependant  conte.stée  par  Pauli  [Elnis/:.  Forsclt.  u.  Stinl. 
I,  p.   16:;  . 

'S.  La  comparaison  des  foruics  Larb  et  Lardai,  Aruh  et  Animal  prouve   que  le 
suULxe  est  bien  -al  et  non  /. 
4.  C.  3763. 


2  IMtEMIKHK   PAUTIE 

nal  ',  Cainal  ".  Varnal  \  étant  respectiveinent  traduits  par 
Cafatia  natus,  Arvia  nal  us,  Caumia  natus,  Varia  iiatus. 

2.  Quant  aux  inscriptions  non  bilingues,  olles  nous  font 
connaître  : 

T'  ]Jos  noms  Je  divinités,  Icls  (jue  Tinia,  Menerva,  Ne0uns, 
SeOlans,  Laran.  Turan,  Fufluns  '  ; 

2"  l'ne  variété  considérable  de  noms  d'Iiomnics  et  de  femmes, 
qui  n'ont  avec  b's  noms  des  divinités  aucun  rapport,  preuve 
que,  contrairement  à  l'usage  de  beaucoup  de  peuples  antiques, 
les  Etrusques  n'avaient  pas  communément  de  noms  théophores; 

3°  Quelques  termes,  comme  clan,  puia.  sec,  qui  paraissent 
indiquer  des  relations  de  parenté  et  auxquels  on  attribue  avec 
vraisemblance  le  sens  de  ///.v,  femme,  fille  ; 

4"  Des  termes,  comme  suGi,  lupu,  ril,  qui  appartiennent  au 
langage  funéraire  et  se  ra|)portent  sans  doule  à  l'idée  de  lom- 
beau,  de  vie  ou  de  mort. 

o"  D'autres  termes,  lels  que  fleres,  Gufuleas,  alpan,  cver, 
turce,  ([ui  semblent  indiquer  une  consécration,  une  offrande, 
une  prière,  une  supplication  ou  un  ex  voto. 

6°  Des  particules  comme  mi,  ca,  eca,  an,  qui  semblent  avoir 
une  valeur  ou  pronominale  ou  démonstrative. 

G"  Des  noms  de  nombre  servant  à  mar(|ucr,  sur  les  épitaphes 
l'âge  des  défunts,  et  sur  plusieurs  dés  à  jouer,  la  somme  des 
points  amenés.  Mais  la  valeur  de  ces  nombres  reste  indéter- 
minée, les  dés  nous  présentant  les  cbiirics  de  1  à  G  dans  un 
ordre  que  l'on  ne  connaît  pas  ''. 

1.  C.  1048. 

2.  C.  1G71. 

3.  C.  3023. 

4.  0.  Mûller,  dïc  Elvu.sker,  l.  II,  p.  42  et  suiv.;  I)areiiil)erg  et  Saglio,  Diction, 
des  anliq.,  t.  II,  l""»  partie  {Elriisci\  p.  824  et  suiv.  —  Sur  les  miroirs  gravés,  où 
fifçurent  des  K'gendes  connues,  plusieurs  de  ces  divinitc's  tiennent  la  place  de 
divinités  grecques  et  semblent  par  conséquent  leur  avoir  été  assimilées.  Mais 
l'assimilation,  si  elle  a  jamais  été  autre  chose  qu'un  à  peu  près,  ne  s'est  produite 
qu'à  une  basse  époque,  au  m''  siècle  avant  notre  ère,  c'est-à-dire  au  moment  où 
la  religion  étrusque  était  à  la  veille  de  disparaître.  En  tous  cas,  les  noms  de  ces 
divinités  n'ont  rien  qui  rappelle  le  grec,  même  de  loin. 

'6.  Cf.  Dcccke  et  Pauli,  Elr.  Forschungen  und  Sludien,]U,  die  Elruslc.  Zahlwôrter. 


LES    DONNEES   DU   PROBLEME  3 

A  ces  données  épigraphiques  s'ajoutent  quelques  mots 
étrusques  conservés  par  les  auteurs  anciens  avec  le  sens  en 
regard  \ 

3.  Tout  cela  ne  nous  apprend  rien  de  décisif  sur  lu  consti- 
tution et  l'origine  de  l'étrusque.   Avec  l'onomastique  divine  et 
humaine  nous  n'avons  que  des  radicaux,  dont  ou  pourrait  à  la 
rigueur  trouver  l'équivalent  dans  toutes  les  langues  et  qui  par 
là  même  sont  inutilisables,  sans  compter  que  dans  le  nombre  il 
est  possible  quil  y  ait  des  noms  de  provenance  étrangère.  Les 
noms  de  parenté,  même  s'ils  étaient  tous  bien  déterminés  au 
point  de    vue    du    sens,   n'auraient  qu'une     valeur    relative. 
L'exemple  de  /i/ius,  fi/ia,  fyater,  soror,  uxor,  (\m  n'ont    aucun 
rapport  linguistique  avec  u'-ô;,  OuyaTr^p,  àosÀ'-po';,  xas-Lyv/jr/^,  yuv/î, 
suffit  à  montrer  que   deux  langues  peuvent  être  issues  d'une 
même  souche  et  cependant  exprimer  par  des  radicaux  ditïérents 
les  mêmes  rapports  de  parenté.  La  connaissance  des  noms  de 
nombre  serait  plus  précieuse,  s'il  était  démontré  que  ce  qui  s'est 
produit  dans  le  groupe  des  langues  aryennes  s'est  produit  dans 
tous  les  autres  groupes  linguistiques   et  si  l'on  pouvait   poser 
comme  un  principe   universel  qu'à  la  communauté  d'origine 
répond  la  communauté  de  numération. 

Des  termes  fournis  parles  anciens  peut-on  tirer  davantage? 
Mais  ils  sont  tous  plus  ou  moins  défigurés.  Sans  parler  des 
fautes  qu'ont  pu  commettre  les  copistes  en  transcrivant  des 
termes  pour  eux  barbares,  la  transcription  n'est  jamais  qu'un 
à  peu  près.  Quand  on  nous  donne  comme  étrusques  les  mots 
Y'iv!.^,  yâTûO^,  opoùva,  a-^TO!.,  a.zi'j.':);,,  oauvô;,  |j'jppo;,  avoa;,  on  ne 
nous  donne  que  des  formes  liellénisées,  puisqu'il  n'y  a  en 
étrusque  ni  [ii,  ni  y,  ni  o,  ni  o,  ni  lettres  doublées.  De  même,  il 
est  plus  que  probable  ([ue  les  mots  idus,  alriuin.  lacumo,  Iiislrio, 
ludio,  suhulo,  balleus,  s'ils  sont  bien,  comme  on  le  dit,  d'ori- 
gine étrusque,  s'offrent  à  nous  sous  une  livrée  latine.  Leur 
forme  authentique  ne  nous  est  pas  connue. 

1.  Deecke  en  a  dressé  la  liste  (Ot.  .Miiller-Deecke,  die  Elvusker,  t.  Il,  p.  o08  et 
suiv.). 


4  PKEMlEliE    PAISTIE 

Les  lénioiiinagos  cnx-momes  seniblcMit  sujets  à  caution. D'après 
Slrabon,  y.pv^o;,  signilierait  suif/r  eu  éti'us(|ue,  mais  c'est  un  on- 
dil  (ccaT'l),  et  un  on-dit  ([uehjiu'  peu  suspect  eu  raison  du  jeu  de 
mots  dont  il  est  accompagné  '.  Varron  donne  balteus  comme  un 
mot  d'origine  (Uiusque,  mais  il  en  est  si  peu  sûr  qu'il  le  fait 
aussi  dériver  du  lalin  hullatus  -.  Ilésycliius,  Servius,  Festus, 
selon  toute  apj)arcnce,  ne  savaient  pas  rélrus(|ue  et  leurs  ren- 
seignenuuits  ne  sont  pas  de  première  main. 

Pour  l'aii-e  état  des  mots  cités  par  les  anciens,  il  faudrait  être 
cerlain  ([u'ils  i-épondent  bien,  par  leur  radical,  au  sens  propre 
de  l'objet.  A.  coup  sûr,  ce  sont  des  termes  rares,  des  curiosités 
de  langage;  sans  quoi  les  glossaleurs  n'auraient  pas  eu  l'idée 
de  les  relever.  Qui  nous  dit  que  ces  termes  ne  se  rapportent  pas 
à  quebjue  particularilé  de  forme  ou  de  manièie?  "Apiao^  peut 
signilier  aussi  bien  (jrunacïcr  que  .sinyp.  Ayavo;,  (jui  désigne  un 
cheval,  peut-être  une  allusion  à  la  robe,  comme  l'allemand 
■schinimcl  et  le  français  alezan. 

IL    Le   suffixe   -aL 

4.  De  toutes  les  données  qui  nous  sont  fournies  par  les  ins- 
criptions et  par  les  témoignages  anti(jues,  une  seule  est  pré- 
cieuse à  retenir,  c'est  l'emploi  du  sufiixe  -al,  indi({uant  la  pro- 
venance. Voici  les  textes  bilingues  qui  en  déterminent  la  valeur  : 

Va.  1(118  :  clr.   Cvinte.  Sinu.  Arntnal 

lat.  O.  Senliiis  L.  f.  Arria  nul  as 
C.  D;71  :  eti'.  VL  Alfni.  Nuvi.  CainaL 

lai.  r*.  /.■''!  A//n(\  a.  /'.  ('diniiia  natus 
C.  ;j02;J  :  clr.  A0.  Unata.  VarnaL  Ra. 

lat.  .)///.  Olaei/lus  Hufas  Varia  nalus  ^ 

1.  Xlll,  4,  (i  :  T'.vi;  2'  i/  -'j^'-a  —X-x-z-vjz:  tov  jjlCIOov  toOtov,  ry.  o'  iv  ll'.6r,xo'J5-a;î, 
oï  y.al  Tov;  7:'.fJ/,7.0'j;  'ixzl  -zpit  toÏ?  '\''Jorj-r,-t'j'.:^  àv!;j.o'j;  vcxAîrsÔJ!'.. 

2.  Thésaurus  lin;/i)ae  la/.iiuie,  t.  II,  p.  1711. 

3.  Malgré  les  ditl'ércnces  tles  prénoms  et  des  gentilices,  l'inscription  élrusque  et 
l'inscription  latine  se  rapportent  certainement  au  même  personnage  :  au  lieu  de 
latiniser  son  nom  étrusque,  il  a  pris,  en  devenant  Uoniain,  un  nom  romain. 


LES   DONNEES   DU    PROBLÈME  O 

C.  3763  :    elr.  Pup.  Velimna   Au.  Cahatial 

l;it.  P.   Vollunnius  A.  /.  Violens  Cafatia  natiis 

De  ces  bilingues  on  peut  rapprocher  deux  épita plies  de 
Péroiise  provenant  de  la  sépulture  de  la  famille  Rafi  ou  Raufi 
(en  latin  Ru/i  ').  Ces  épitaphes,  qui  se  rapportent  à  deux  frères, 
sont  rédigées  l'une  en  étrusque  (C.  3o00  :  AuleRafi  Cutunial), 
l'autre  en  latin  (C.  3o0l  :  L.  Uutis  Cotonia  natus).  Le  groupe 
latin  Cotonia  natus  est,  sans  aucun  doute  possible,  l'équivalent 
de  l'étrusque  Cutunial. 

Nous  voilà  donc  en  possession  d'un  suffixe,  dont  le  sens  est 
bien  net.  L'emploi  de  ce  suffixe  est  un  fait  grammatical,  par 
conséquent  quelque  chose  de  caractéristique,  qui  tient  à  la 
constitution  même,  à  l'organisme  de  la  langue  étrusque.  C'est 
de  là  qu'il  faut  partir. 

5.  Mais  ici  une  question  se  pose.  De  quelle  nature  est  le 
suffixe  -al?  Est-ce  un  suffixe  de  dérivation,  dans  le  genre  de 
celui  qui  donne  le  latin  vcn-aiis?  Est-ce,  au  contraire,  un 
suffixe  de  relation,  assimilable  aux  suffixes  qui  dans  les  lan- 
gues à  flexion  servent  à  former  les  cas  de  la  déclinaison? 

Des  formes  comme  LarOals  C.  4538  A,  ligne  i  1)  Créais  (Ga. 
799,  3)  Tarxnale  Uùid.),  ArnOalisa  (C.  178),  où  le  suffixe 
-al,  suivi  des  désinences  -s,  -6,  ou  -isa,  semble  faire  corps 
avec  le  radical,  indiqueraient  plutôt  un  suffixe  de  dérivation. 
Mais  s'il  en  était  ainsi,  ce  serait  un  suffixe  de  dérivation  d'une 
nature  spéciale.  En  effet,  c'est  surtout  à  des  noms  propres  qu'on 
le  trouve  accolé. 

Les  exemples  se  comptent  par  milliers.  Il  y  a  peu  d'épita- 
phes  où  ne  figure  pas  le  mètronymique  du  défunt  "  et  très  sou- 
vent il  est  pourvu  du  suffixe  eu  question  -.  Ce  serait  donc  un 

1.  La  sépiilttire  présente  les  exemples  des  trois  formes  [Notizie  deç/li  scayt- 
1887,  p.  391  et  suiv.;  cf.  C.  3479-3504.) 

2.  L'usage  d'ajouter  le  nom  de  la  mère  se  conserve  en  Elruric,  même  ;i  l'épo- 
que romaine,  quand  les  épitaphes  sont  libellées  en  latin.  Cf.  Pauli.  Corpus,  61i  : 
A.  Papirius,  A.  /".,  Salellia  nains.  G78  :  A.  Papirhts,  L.  f.  Alfia  natus,  aninorum) 

XLIII. 

3.  Conformément  au  type  suivant  :  Au.   Surna  Au.  Herinial  (C.  3ol8\   Le 


6  PREMIÈRE    PARTIE 

suffixe  deslim''  à  niar(]iier  la  lilialion,  ([uolqno  chose  d'analogue, 
pour  lo  sens,  au  sutiîxo  -oa  des  Grecs  daus  Kcov'lor,ç,  «  fils  de 
Ivronos  ».  Dès  lors  il  faudrait  le  considérer  comme  un  suffixe 
propi'e  à  l'onomastique  et  dont  l'emploi  devrait  être  limité  ù  la 
composition  des  noms  propres. 

6.  Or  ce  n'est  pas  ce  (|ui  arrive.  Lo  même  suffixe  en  efTel  sert 
aussi  bien  à  déterminer  des  noms  communs  que  des  noms 
propres.  Sans  doute  les  exemples  ne  sont  pas  nombreux.  Mais 
cela  tient  à  la  nature  des  textes  qui  nous  ont  été  conservés.  Il 
ne  faut  pas  oublier  (jue  ce  (juc  nous  avons  ce  sont  surtout  des 
épitaphes,  c'esl-à-dire  des  kyrielb's  de  noms.  Dans  des  phrases 
comme  tular  spural  C.  ']  i'I  V .  mi  spural  (F.  spl.  T,  lOG), 
sacnisa  cilGl  spural  me0lumesc  (KralK  p.  :J4,  1.  23i,  le  mot 
spural,  bien  <|u'apparenté  avec  les  noms  de  Spuri  (F,  1415)  et 
Spurina  (F.  2222),  n'est  ceidainemcnt  pas  un  nom  propre, 
parce  qu'il  n'est  pas  accompagné  d'autres  noms  propres.  Fn 
Ftrurie  le  mèlronymique  en  -al  n'est  ([u'un  déterminatif,  qui 
s'ajoute  au  nom  véritable,  mais  qui  ne  saurait  on  tenir  lieu.  On 
dil,  par  exemple.  Aule  "VelGina  Lar0ial  «  Aule  Vellbinané  de 
Larlliia  »,  pour  distinguer  Vclthina  de  ses  homonymes.  ]\Iais 
on  ne  dit  pas  Lar6ial  seul,  qui  ne  d('signerait  aucune  personne 
en  particulier,  les  gens  nés  d'une  LarSia  '  pouvant  être  très 
nombreux. 

7.  S'il  y  a  lieu  de  considérer  spural  comme  un  nom  com- 
mun-,  on  peut  en  dire  autant,  et  pour  la  même  raison,  de  mots 
tels  (|ue  cltral  Krall,  p.  '{7,  1.  .")),  ca6iial  (Krali,  p.  39,  1.  16), 
cil9cval  Krall,  p.  .'{(i,  1.  8i,  ursmnal  (Krall,  p.  il,  1.  10),  que 
bon  Irouve  dans  le  texte  de  la  Mouiiiï  d'Agram,  c'est-à-dire 
dans  un  texte  ofi  il  ne  semble  |)as  ((u'il  y  ail  des  noms  propres. 
De  mèm(\  hiuSial  ne  peut  êti-e  qu'un  iu)m  commun.  Sans 
doute,   dans  les    trois  textes  oii  il  ligure,   il  est  associé  à  des 

iléCunt,  Aille  Siirna,  est  tUs  d'Aule  Siirna  et  a  pour  nuTe  une  llevini,  dont  nous 
avons  l'épitaphe,  C.  '.Vy2Q  :  Fasti  llerinl  Siirnas  «  FasU  Ileriiii,  femme  de  Sunia  ». 

1.  LarOia  n'est  pas  autre  chose  que  le  priMioni  LarO  applicpu'*  à  une  feunno. 

2.  Cf.  spure6i  (F.  20."j7)  et  spurestres  (Krall,  p.  31,  ligne  S  et  passlm),  qui  ne 
sont  certainement  pas  dos  noms  propres. 


LES    DONNEES   DU  PROBLÈME  7 

noms  propres,  aux  noms  do  Tirésias  ',  de  Patroclc  -  et  d'un 
personnage  appelé  Malavisx  '■.  Mais  on  ne  pourrait  en  faire 
un  noni  propre  qu'à  la  condition  de  l'interpréter,  d'après  les 
analogies  fournies  par  les  épilaplies,  comme  un  mêtronymique. 
On  aurait  ainsi  une  certaine  Hinthi  ou  Hinthia,  mère  com- 
mune de  Tirésias,  de  Patrocle  et  de  Malaviscli.  Or  un  nom 
comme  Hinthi  ou  Hinthia  ne  figure  pas  dans  la  mythologie 
et,  sans  parler  de  Malavisch  que  nous  ne  connaissons  pas, 
aucune  tradition  n'a  jamais  fait  de  i^atrocle  le  frère  de  Tirésias. 
Sous  peine  d'aboutir  à  une  conséquence  inadmissible,  il  faut 
donc  considérer  hinBial  comme  un  nom  commun. 

8.  Ainsi  le  suffixe  -al  n'est  pas  exclusivement  affecté  à  des 
noms  propres.  Comme  c'est  h  cette  condition  seulement  qu'il 
pourrait  être  un  suffixe  de  dérivation,  il  faut  le  considérer 
comme  un  suffixe  d'une  autre  nature,  comme  un  suffixe  de 
relation,  une  façon  de  suffixe  casuel. 

9.  Cette  conclusion  n'est  pas  d'ailleurs  inconciliable  avec 
les  formes  LarOals,  Créais,  Tarxnale,  LarBialisa,  signalées 
plus  haut  (15  .')}.  Etant  donné  l'emploi  continuel  du  sulhxe  -al 
dans  l'onomastique,  il  a  pu  très. bien  se  faire  que  des  mêtro- 
nymiques  d'un  type  analogue  à  Lar0-al,  Cre-al,  Tarxn-al, 
Lar9i-al,  primitivement  formés  d'un  nom  propre  et  du  suffixe, 
aient  lini  par  être  traités  comme  de  véritables  adjectifs,  signi- 
fiant «  né  de...  »  ;  le  suffixe  -al  arrivant  ainsi  à  faire  corps 
avec  le  radical,  le  souvenir  de  sa  nature  spéciale  s  est  assez 
oblitéré  pour  qu'un  nouveau  suffixe  ait  pu  lui  èlre  atljoinl, 
tandis  que  dans  les  noms  communs  il  conservait  toute  sa 
valeur  de  suffixe  casuel  \ 

1.  F.  2144  :  hinOial  Terasias. 

2.  F.  21fi2  :  hinOial  Patrucles. 

li.  F.  2n:;  :  hinOial  Malavis/.  I.o  miroir,  qui  porte  cette  ioscription,  pnraft 
rcpréseuler  l;i  toilette  d'Iielèiieen  présence  de  Vénus.  Le  personnage,  qui  seinl)ie 
liésignépar  Malavis/,  est  celui  dont  on  tait  la  toilette. 

4.  Voir  Deecke,  Elriisl;.  Forsc/i.  I,  p.  41-83;  0.  Miilier-Decekc.  t'/c«,s7.rr,  t.  Il, 
p.  VXi. 


PREMIERE   PAHTIE 


m.   h(>  qitclqiifs  autres  suffixes. 

10.  Si  lo  siilFixo-al  est  un  sulfixc  casuel,  il  est  vraisemblable 
(|u"il  n'est  pas  le  seul  de  son  espèce.  Il  n'exprime  qu'un  seul 
lapporl,  le  rapport  de  provenance.  Les  autres  rapports,  tels 
que  ceux  de  propriété,  d'élat,  de  voisinage,  d'attribution,  d'éloi- 
gnemenl,  de  finalité,  d'accompagnement,  etc.,  tous  les  rapports 
qui  dans  les  langues  à  tlexion  correspondent  aux  did'érents  cas 
de  la  déclinaison  ou  à  certaines  prépositions,  ont  sans  doute, 
eux  aussi,  chacun  son  indice  propre  et  son  suffixe  caracté- 
ristique. 11  n'est  guère  vraisemblable  que  l'étrusque  ait  eu  un 
suffixe  spécial  pour  la  relation  de  provenance  et  n'en  ait  pas  eu 
pour  toutes  les  autres  relations. 

11.  La  comparaison  des  textes  permet  de  dislingucr  quelques 
suffixes,  qui  paraissent  bien  apparlenir,  comme  le  suffixe  -al, 
à  la  caléirorie  des  suffixes  casuels.  ('e  sont  : 


1"  Le  suffixe  -s  '.  Lx 

Aule-s  (C.  3759). 
Cestna-s(C.  3741). 
clen-s  (G.  4050).  • 
Cvenle-s  (C.  22C). 
Heimni-s  (C.  412). 
Secu-s  (C.  319). 
suei-s  (F.  1937). 


(M".  Aule  (C.  3758  cl  passim) 

—  Cestna  (C.  3757). 

—  clenfF.  2613). 

—  Cvenle  C.  229). 

—  Heiinni(G.  410). 

—  Secu(C.  317). 

—  su6i  (passim). 


2"  Le  suffixe  -si.  Ex  : 

Aule-siiC  4196). 
clen-si  (C.  1922). 


(^r.    Aule  (supra). 
—   clen  (supra). 


1.  Les  Etrusques  ont  deux  formes  d'S,  correspondant  sans  doute  à  deux  sif- 
flantes distinctes,  du  ninins  à  Torigine.  Mais  coninie  à  l'époque  où  sont  gravées 
les  inscriptions,  les  deux  formes  sont  continuellement  employées  l'une  pour 
lautrc.  il  n'y  a  aucun  inconvénient  à  se  servir  dun  signe  unique  pour  la  trans- 
cription   Corsscn,  Sprache  der  Elriish-..  t.  I,    ji.    14-lfi). 


LES    DONNÉES   DU   PROBLÈME 


3°  Le  sutFixc  -ce.  Kx  : 

am-ce  (F.  2070,  2104,  2340).  Cf. 

ar-ce  (F.  20oo,  20o6\  — 

sue-ce  (Krall.,  p.  3i,  1.  17).  — 

tur-ce  (G.  437,  447  etc.).  — 

lupu-ce  F.  20o8).  — 

turu-ce  (F.  49).  — 

svalce  F.  2I0I).  — 

4°  Le  suffixe  -ti.  Ex  : 

su0i-ti(F.  2335).  Cf. 

ca-ti  (F.  233o).  — 

reuxzine-ti    (Krall,  p.    37,    — 
1.8). 

o°  Le  suffixe  -1.  Ex  : 

su0i-l  (F.  2603). 
cile-KKrall,  p.  38,  1.  12). 

6"  Le  suffixe  -ne.  Ex  : 


am  (Magliano,  A,  1.  3). 
ar(Krall,  p.  37,  1.  10). 
sue  (Krall,  p.  34,  I.  7). 
tur(Krall,  p.  33,  1.  13), 
lupu(F.  2070,  2077). 
turu  (C.  444). 
svala-si  (F.  20o9). 


suGi  (supra). 
ca  (C.  4o88). 
reuxzina  fKrall,  p.  37,  1.  7) 


Cf.  suOi  (supra). 
—   cilG  (Krall,  p.  36, 


za6rums-ne    Krall,   p.    35,  Cf.  zaGrumis     (Krall 

1.  9).  1.  14). 

turu-ne  (C.  4538  B,  ].  10).  —   turu  (supra). 

T  Le  suffixe  -G.  Ex  : 


35 , 


acil-G  (Krall,  p.  37,  1.  6) 
ar-G   Krall,  p   36,  1.  7). 


Cf.  acil(Krali,  p.  36,  1.  15). 

—  ar  (supra  ar-ce). 

nunGen-G  (Krall,  p.  34,  1.  7).  —  nunGen  (Krall,  p.  34,  1.  19). 

suGi-G  (F.  2333).  —  suGi  (supra). 

8°  Le  suffixe  -ri.  Ex  : 


mele-ri  (Krall,  p.  33,  1.  4) 
flere-ri  (Krall,  37,  1.  10). 
fusle-ri  C.  4538  A,  1.  4). 


Cf.  mêle  Krall,  p.  33,  1.  5). 

—  flere  iKrull,  p.  33,  1.  14). 

—  fusle^C.  4538  A,  I.  13). 


Il  y  a  peut-èlre  encore  d'autres  suffixes  de  relation  ;  mais  je 
me  borne   à  signaler  ici  ceux  qu'on   peut  isoler  avec  vraisem- 


10 


PREMIERE    PARTIE 


blancG  en  comparant   clos  formes  allernativoment  pourvues  et 
dépourvues  tic  sullîxes. 

IV.  fh>  l'emploi  des  suffixes. 


12.  En  faisant  le  relevé  de  tous  ces  suffixes,  on  peut  aisément 
observer  qu'ils  sont  accolés  à  des  radicaux  dénature  difTérente. 
Les  formes  acil-G,  am-ce,  ar-ce,  cil6-l,  clen-si,  spur-al, 
su6-ce,  tur-ce  iudiqueut  un  l'adical  terminé  par  une  consonne. 
Les  formes  flere-ri,  mele-ri,  fusle-ri,  lupu-ce,  turu-ce  indi- 
quent un  radical  terminé  par  une  voyelle.  Qu'il  y  ait  ainsi  en 
étrusque  deux  types  de  radicaux,  cela  n'a  rien  que  de  très 
naturel;  il  serait  inutile  d'en  faire  la  remarque,  si  certains 
exemples  ne  donnaient  à  penser  qu'à  la  dilTérence  des  radicaux 
correspond  une  différence  d'espèce  grammaticale. 

Les  radicaux  terminés  par  une  consonne  sont  extrêmement 
nombreux  en  étrusque.  Ce  sont  en  général  des  radicaux  très 
simples  et,  sauf  de  rares  exceptions,  monosyllabiques.  Tels  sont  : 


Arne  (prénom). 

avil  (Magliano\ 

ais  (Krall,  p.  34,  I.  18). 

cal  (K rail,  p.  34,  1.  18). 

cnl(G.  4o38  A,  l.  17). 

cver  (F.  2o82). 

eim  (Krall,  p.  38,  1.  IG). 

epl(C.  4538  A,  1.  18). 

fl(C.  53). 

fler  (K.  p.  38,  1.  0). 

hen((:.  4538  A,  1.  5). 

eil(ib.  1.  10). 

iX(ib.  H,  1.20). 

Lar6  (prénom). 


mue  (Krall,  p.  41,  l.  5). 
nac(F.  2598). 
sec  ou  sex  (G.  4574,  4468). 
sic  (Krall,  p.  34,  l.  10). 
tul  (Krall,  p.  34,  1.  9). 
tur  (Krall,  p.  38,  1.  6). 
un  (Krall,  33,  l.  15). 
vacl  (Krall,  p.  34,  1.  10). 
var   Krall,  p.  1.  3i,  10). 
vaxr(C.  4538  A,  1.  2). 
Vel  (prénom). 
Xim  I  Krall,  p.  41,  1.  i). 
Xis  (Krall,  j).  37,  1.  15). 
zec  (Krall,  p.  38,  1.  9). 


Dans  le  uombre  il  se  peut  qu  il  y  ait  des  particules  invariables. 
Mais  il  est  certain  qu'il  y  a  aussi  des  mots  variables  (substantifs 


LES    DONNÉES  DU   PROBLÈME  11 

OU  adjectifs).  Il  n'y  a  pas  de  doute  pour  clen  (ou  clan),  qui 
signifie  «  fils  ».  Il  en  est  de  même  pour  sec  (ou  sex),  qui  paraît 
signifier  «  fille  »,  ainsi  que  pour  les  prénoms  Arnô,  LarB,  Vel 
et  pour  avil,  qui  a  le  sens  de  «  âge  »  ou  «  âgé  de  ».  Par  analogie 
on  peut  considérer  comme  des  substantifs  ou  des  adjectifs  des 
mots  comme  acil,  am,  ar,  cile,  nuneen,  rax,  spur,  su9, 
tur.  qui  tous,  nous  l'avons  vu,  s'unissent,  de  môme  que  clen, 
à  un  suflixc,  quand  il  y  a  lieu  d'exprimer  une  idée  de  relation 
(§  11).  Admettons  donc  que  les  radicaux  simples  à  désinence 
consonantique  soient  des  radicaux  nominaux  '. 

13.  Mais  voici  qu'en  regard  de  ces  radicaux  on  peut  en  placer 
d'autres,  qui  en  sont  comme  les  doublets,  et  qui,  à  la  voyelle 
finale  près,  leur  sont  identiques.  C'est  ainsi  que  l'on  a  : 

acil         et      acilu-(ne)  (C.  4538  B,  1.  9). 

am  et      ama  M.  'i.j38  A,  1.  5;  B,  1.  IS)  ame  (Krall,  p.  37, 

1.  6). 
ar  et       ara  (Krall,  p.  39,  1.  20). 

nunGen  et  nun8ene  (Krall,  p.  32,  1.  17). 
spur  et  spure-(ri)  (Krall,  p.  34,  I.  6). 
tur  et      tura  (Krall,  p.  31,  1.  10),  ture  (F.  256  et  Krall, 

p.   35,  1.  15)  turu  (C.  444;  F.  49  turu-ce; 

C.  4538  1.  10  turu-ne). 

On  peut  rapprocher  de  même 

fier  (Krall,  p.  .37,  1.  H).       et      flere  (ibid.). 

tular  (G.  3).  et      tularu  (G.  4538  A,  1.  8). 

14.  Il  ne  saurait  être  question  ici  de  variantes  orthogra- 
phiques, provenant  soit  de  la  suppression  d'une  voyelle  orga- 
nique soit  de  l'insertion  accidentelle  d'une  voyelle  inorganique 


1.  Cela  ne  veut  pas  dire  que  tous  les  substautil's  et  adjectifs  rtrusiiues  soient 
toujours  et  nécessairement  terminés  par  une  consonne.  Parmi  les  radicau.x 
nominaux,  il  y  en  a  qui  sont  à  désinence  vocalisée,  par  exemple  sii^i  («  tom- 
beau »),  Vel^iina  (nom  propre),  acnina,  scuna,  reuyzina.  Mais  ce  ne  sont  pas  des 
radicaux  simples.  Ce  sont  des  radicaux  formés  à  l'aide  des  suttixes  de  dérivation 
-9i,  et  -na. 


12 


TREMIEME    PAUTIE 


commo  |)our  eufl6as  et  GufulGas,  Nufrzna  et  Nufurzna, 
RamGa  oA  RamaGa,  Sescatna  <!  Sesuctuna  '.  Les  suppres- 
sions et  les  insertions  de  voyelles  ne  s'observent  que  dans  le 
coi'ps  des  mots.  11  est  bien  ditilcib^  de  ne  pas  regarder  am  et 
ame,  ar  el  ara.  acil  et  acilu,  fler  el  flere,  spur  et  spure,  tur 
et  ture  (ou  tura,  turu),  tular  et  tularu  comme  des  formes 
distinctes  et  d'une  espèce  grammaticale  ditTérente.  Si  parmi 
CCS  mots  les  uns  sont  des  adjectifs  ou  des  substantifs,  les  autres 
doivent  être  autre  chose.  Que  sont-ils? 

15.  Quelques  formules  funéraires  autorisent  à  penser  que 
les  radicaux  vocalises  sont  des  formes  verbales.  Ainsi  on  a  : 

F.  2136  (nom  propre)  lupu  avils  XVII. 

F.  spl.  III.  368  (nom  proprel  avils  XXIIX  lupu. 

F.  2100  (nom  propre)  avils  XXXVI  lupu.  —  Cf.  F.  2335«  et 
2070. 

Avils,  accompagné  d'un  chilTre,  indique  Tàge  du  défunt; 
dès  lors  il  est  difficile  d'attribuer  à  lupu  un  autre  sens  que 
celui  de  vixit  ou  mortinis  est,.  Selon  toute  vraisemblance  lupu 
est  un  vei'be. 

Par  analogie  avec  lupu  on  peut  considérer  comme  verbes  les 
foi'mes  suivantes  : 


cerinu(F.  2183). 
cerixu  (F.  2335). 
tenu  (F.  2057,  2070). 
matu  (F.  2056). 
zilxnu  (F.  spl.  I,  387). 
zilaxnu  (F.  2055). 
ravneu(F.  spl.  I,  387). 
aJpnu  (F.  2582  bis). 
cesu  (F.  spl.  I,  436'*). 
culsu  (Ga.  799). 
hermu  [ihid.]. 
hineu  (Krall,  p.  iO,  1.  10) 


hineiu(C.  4M 6). 
fanu  {ibid.). 
caru(C.  4538  A,  1.  3). 
cenu(C.  4538  A,  1.  10). 
masu  {ibid.)  1.  14). 
helu  {ibid.,  1.  21). 
capleu  (Krall,  p.  41,  1.  7). 
Xuru  (Krall,  p.  39,  1.  4). 
eucu  Krall,  p.  39,  1.  14). 
scvetu  (Krall,  p.  39,  I.  8). 
tuôiu  (Magliano). 


1.  Cf.  O.  Mûller-Deccke,  t.  Il,  p.  351.  3î)o,  357. 


LES    DONNÉES   DU   PROBLÈME  43 

16.  Les  exemples  qui  précèdent  feraient  croire  volontiers  que 
la  vocalisation  du  radical  se  fait  toujours,  ponr  les  verbes,  au 
moyen  d'un  u.  Mais  s'il  en  était  ainsi,  on  arriverait  à  cette  con- 
clusion, inadmissible  a  priori,  que  les  deux  cents  et  quelques 
lignes  de  la  Mumie  d'Agram  ne  contiennent,  en  tout  et  pour 
tout,  que  quatre  ou  cinq  verbes.  Il  doit  y  avoir  d'autres  formes 
verbales  que  des  formes  en  u.  Le  rapprochement  de  turu,  tura, 
ture,  comme  celui  de  amaet  ame,  indique  que  la  vocalisation 
peut  se  faire  de  plusieurs  façons;  le  changement  de  la  voyelle 
correspond  peut-être  soit  à  un  changement  de  sens,  soit  à 
quelque  autre  modification  grammaticale  qui  reste  à  déter- 
miner. 

On  est  ainsi  conduit  à  classer  parmi  les  verbes  : 

1°  les  radicaux  vocalises  en  u,  dont  il  vient  d'être  question. 

2°  les  radicaux  vocalises  en  a,  tels  que  ama,  menitla,  sacni- 
cla,  scara,  mena,  velGa,  mula,  etc.; 

3°  les  radicaux  vocalises  en  e,  tels  que  alumnate,  ame, 
aprinOvale,  caGre  ceri/unGe,  cexane,  flere,  fusle,  ilaxe, 
maie,  mêle,  mulsle,  mené,  nunGene,  pute,  ture,  une,  zusle 
etc. 

17.  Or  on  a  pu  voir,  dans  les  listes  que  j'ai  données  plus  haut, 
que  les  suffixes  de  relation  ne  sont  pas  aifectés  spécialement  à 
une  classe  de  radicaux. 

Ils  s'accolent  indifféremment  à  des  radicaux  non  vocalises  et 
à  des  radicaux  vocalises.  Ainsi  on  a  d'une  part  (radicaux  non 
vocalises)  am-ce,  ar-ce,  sval-ce,  clen-si,  zaGrums-ne, 
cares-ri,  hecz-ri;  d'autre  part  (radicaux  vocalises)  turu-ce, 
lupu-ce,  apa-si,  svala-si,  acilu-ne,  turu-ne,  fusle-ri,  flere- 
ri,  spure-ri,  mele-ri. 

18.  Si,  comme  la  chose  j)araît  vraisemblable,  les  radicaux 
vocalises  sont  des  verbes  et  les  radicaux  non  vocalises  des  subs- 
tantifs, on  arrive  à  cette  conclusion  qu'en  étrusque  les  verbes 
se  comportent  comme  de  véritables  substantifs  et  se  déclinent 
pour  ainsi  dire  comme  eux.  II  y  a  là  une  particularité  gramma- 
ticale qui  suffit  à  exclure  réliusi|ue  de  la  catégorie  des  langues 
aryennes  et  qui  au  contraire  le  rapproche  des  lang-ues  ouralo- 


i4  PREMIÈRE   PARTIE 

allaïijiics.  Va\  oHoI,  danslt^s  langues  oiiralo-allaïqucs,  le  verbe  à 
l'origine  semble  n'avoir  pas  et/'    antre  chose  qu'une  façon  de 
substantif  '.  K.ncore  aujourd'liui,  en  dépit  de  révolution  de  ces 
langues  à    travers  les  siècles,   en  dépit  des  influences  qu'elles 
ont  pu  subir,  hi  trace  de  cette  concej)tion  primitive  n'a  pas  com- 
plètement  disparu.  Dans  le  finnois  par  exemple,  de  même  que 
dans  le  hon;:,:o!s,  il  existe  diverses  formes  d'infinitif,  de  gérondif 
ou  de  participe,  qui  sont  comme  autant  de  modes  nominaux  du 
verbe  et  auxfjuelles  peuvent  s'agglutiner,  comme  aux  substan- 
tifs proprement  dits,  des  suffixes  de  relation.  Ces  modes  nomi- 
naux du  verbe  permettent  d'exprimer  certains  rapports  de  pro- 
positions.   On    entrevoit   une     syntaxe   très    ancienne   où    les 
propositions   se  subordonnaient  les  unes  aux  autres,  non  pas 
à  l'aide  de    conjonctions,  comme  dans   les  langues  aryennes, 
mais  à  l'aide  de  suffixes  casuels  accolés  aux  verbes  des  proposi- 
tious  subordonnées.  Des  pbrases  comme  celles-ci  taîidis  qu'il 
marclie,  f  enfant  citante^  —  après  qu'il  a  travaillé,  il  se  repose 
étaient  conçues  à  peu  près  ainsi  marcher  avec  {=  en  mnne  te?nps 
que  l'action  de  marcher)  F  enfant  chante ,  —  travailler  à  partir 
de  (=  en  s'éloiçjnant  de  Vaction  de  travailler)  il  se  repose  '.  De 
pareilles  consli'uctions  existent-elles  en  étrusque?  Il  serait  pré- 
malui'é  de  l'affirmer.  Mais  l'adjonction  des  suffixes  de   relation 
à  des  formes  qui  paraissent  être  des  formes  verbales  pourrait  le 
faire  [U'ésumei-. 

Y.  Formules  néyatiees. 

19.  Si  l'allinité  que  nous  croyons  avoir  entrevue  entre 
l'étrusque  et  les  langues  du  groupe  ouralo-allaïque  n'est  pas  le 
résultat  d'une  rencontre  fortuite,  mais  l'indice  d'une  parenté 
véritable,  cette  parenté  doit  se  l'évéler  par  d'autres  traits  gram- 
maticaux. Pour  aller  tout  de  suite  aux  choses  essentielles, 
dans  les  langues  ouralo-altaïques,  la  syntaxe  de  la  négation  pré- 

1.  Winckler,  dus  UralUdsche  iind  seine  Gvuppen  (Berlin,  I880),  p.  31  et  suiv. 

2.  Voir  Winckler,  das  lirait,  p.  t)2-53  ;  Grunzel,  Entwiirf  einer  verr/leiciienden 
Grammalili  d.  altaisc/ien  Sprachen  (Leipzig,  1893),  p.  38. 


LES    DONNÉES  DU  PROBLÈME  15 

sente  certains  caraclères  particuliers.  Voyons  si  quelques-uns 
de  ces  caraclères  se  relrouvent  en  étrusque.  Il  est  vraisem- 
blable que  les  textes  que  nous  avons  conservés,  et  dont  plusieurs 
sont  assez  longs,  contiennent  des  propositions  négatives.  Nous 
croyons  avoir  un  critérium  pour  reconnaître  les  verbes,  c'est 
la  vocalisation  du  l'adical  (>;  lo).  Le  lien  logique  qui  existe 
entre  le  verbe  et  la  négation  donne  à  penser  qu'en  cberchant 
dans  le  voisinage  des  formes  verbales  on  [)ourra  relever  la 
trace  d'une  formule  négative. 

20.  Dans  la  grande  inscription  de  Pérouse  (G.  4S38)  on  lit  le 
groupe  ama  Vel6ina,  composé  du  verbe  ama  et  du  sujet  pro- 
bable de  ce  verbe,  le  nom  propre  VelGina.  Le  même  verbe, 
sous  la  forme  ama  '  ou  sous  la  forme  ame  ",  évidemment 
apparentée  à  la  première,  se  retrouve  deux  autres  fois  dans  la 
même  inscription  de  Pérouse  et  sept  fois  dans  la  «  Momie 
d'Agram  ^  «.Tantôt  il  est  seul,  tantôt  il  est  précédé  du  mot 
ipa  : 

G.  4538,  A,  1.  5  :  tesnsteis  rasnes  ipa  ama  hen  naper 
XII,  etc. 

Dans  cette  plirase  on  ne  peut  songer  à  rattacher  ipa  à  la 
série  tesnsteis  rasnes,  par  la  raison  que  cette  série  constitue 
une  formule  indépendante  et  qui  se  sutiit  à  elle-même  :  on  la 
retrouve  en  effet  textuellement  reproduite  plus  loin  (A,  1.  22) 
au  milieu  d'une  phrase  toute  différente  :  rasne  cei  tesnsteis 
rasnes  xii^i^  spelGuta,  etc.  Le  mot  ipa  doit  donc  être  lié  à 
ama.  On  a  ainsi  d'une  part  ama  seul,  d  autre  part  ipa  ama. 

L'opposition  suggère  naturellement  l'idée  de  deux  formules 
contraires,  l'une  affirmative,  l'autre  négative,  ce  qui  revient  à 
faire  de  ipa  une  négation. 

21.  Si  l'exemple  était  unique,  on  pourrait  hésiter.  Mais 
voici  d'autres  oppositions  du  même  genre  : 

eucu  (Krall,  p.  39,  1.  4)  —  ipa  Gucu  (Krall,  p.  39,  1.  14) 

1.  C.  4538  A,  1.  5. 

2.  IbicL.  A,  1.  2. 

3.  Krall,  Index,  p.  18.  —  Cf.  C.  113G  (Chiusi)  :  ipa  ama  kepen... 


16  PREMIÈKE    PARTIE 

ma6cva-c  (Krall,  p.  39^  1.  17)  —  ipe  ipa  '  maôcva  (Krall, 
p.  39,  1.  9). 
spelei  (C,  4538,  B,  1.  6)  —  ipa  spelaneei  (Ib.,  1.  4) 
ruGcva  caGas  (<la.,  799,  I.  5)  —  ipa  ruGcva  caGas  (Ib.,  1.  4). 

Pour  (raulres  expressions,  telles  que  ipa  murzua  (C.  4116, 
1.  2),  ipa  seGumati  (Krall,  p.  39,  1.  5),  ipa  ina..ani  tineri 
(F.  2279,  1.  3),  ipei  -  Guta  (Krall,  p.  39,  1.  7),  ipa  em  ken 
(G.,  1136),  la  contrepartie  nous  manque,  mais  du  moins  Ton 
peut  de  ces  exemples  varie's  tirer  cette  conclusion  que  ipa  est 
d'un  emploi  commun  en  étrusque  et  qu'il  se  transporte  aisé- 
ment auprès  des  termes  les  plus  dillerenls  ^ 

22.  Cette  mobilité  convient  bien  à  une  particule  négative, 
qui  en  raison  de  son  office  grammatical  doit  précisément  pou- 
voir se  prêter  à  toutes  les  combinaisons  d'idées  et  de  mots. 
J'ajoute  —  et  ce  détail  n'est  pas  sans  importance  —  que  les 
cinq  exemples  de  ipa  (ipe,  ipei)  qu'oflrent  les  deux  cents  et 
quelques  lignes  de  la  Momie  d'Agram  sont  tous  concentrés 
dans  un  espace  de  dix  lignes,  chose  assez  singulière  et  diffi- 
cile à  expliquer  si  ipa  n'est  pas  une  négation,  chose  au  con- 
traire toute  naturelle  si  l'on  considère  cette  partie  du  texte 
comme  une  suite  de  formules  négatives. 

23.  Jusqu'ici  les  variantes  de  ipa  que  nous  avons  relevées 
ne  diiïèrent  les  unes  des  autres  que  par  une  modification  de  la 
voyelle  finale.  Dans  certains  cas,  pour  des  raisons  qu'il  est 
pour  le  moment  im|)ossible  de  déterminer,  ipa  devient  ou  ipe 
ou  ipei.  Mais  voici  une  variante   inattendue,  où  cette  fois  la 

1.  Ipe  Ipa  est  prohaljleincnt  une  IVu-imilc  redoublée . 

2.  Ipei  paraît  t'tre  un  équivalent  de  ijia.  La  forme  ipas  {Moniimenti  anlicln, 
vol,  IV,  1895,  p.  3:i3)  n'est  pas  absolument  certaine.  Non  pas  que  la  lecture  des 
lettres  soit  douteuse.  Mais  il  y  a  doute  sur  la  fa(;on  de  couper  les  mots.  Dans 
l'inscription,  qui  s'enroule  en  colimaçon  sur  un  pied  de  vase,  les  points  sont  si 
irrégulièrement  tracés,  tantôt  au-dessus  des  lettres,  tantôt  au-dessous,  tantôt  à 
côté,  tantôt  en  travers,  qu'il  est  dillicile  d"y  voir  des  marques  de  ponctuation. 
Ce  seraient  plutôt  des  points  de  repère  pour  le  graveur. 

3.  C'est  ce  que  remarque  très  justement  lori)  [Elrusk.  lieUrii<ie,  Leipzig,  1902, 
I,  p.  10)  :  "  Es  darf  daher  mit  Wahrscheinlichkeit  angenommen  wcrden,  dass 
dièses  ipa  eine  allgemeinere  Bcdeutung  gehabt  hat  )>. 


LES    DONNÉES   DU   PROBLÈME  17 

modification  porle,  non  plus  sur  la  voyelle  finale,  mais  sur  la 
voyelle  initiale.  On  lit  en  effet  sur  une  lame  de  plomb  [Notizie, 
1895,  p.  339)  : 

...mutin  aprensais  inpa  Sapicun 
Gapintais  ceusn  inpa  Sapicun 
luu  0apicun... 

Le  contraste  si  accusé  entre  Gapicun  et  inpa  Gapicun  semble 
bien  indiquer  deux  formules  opposées,  Tune  affirmative,  l'autre 
négative,  rapprochées  à  dessein  pour  se  faire  valoir  l'une  par 
l'autre.  D'autre  part,  inpa  est  trop  voisin  de  ipa  pour  qu'on 
puisse  hésiter  à  considérer  les  deux  termes  comme  étroitement 
apparentés  '. 

24.  Mais  alors  une  question  se  pose  :  à  quoi  répond  l'in- 
sertion de  la  consonne  -n  dans  le  corps  du  mot  ?  Cette  insertion 
serait  tout  à  fait  inexplicable  si  le  mot  ipa,  formé  d'éléments 
organiquement  inséparables,  constituait  un  tout  homogène  et 
indissoluble.  Mais  elle  s'explique  sans  difficulté  si  l'on  sup- 
pose ipa  ou  inpa  composé  de  deux  parties  distinctes,  i  ou  in 
d'un  côté  et  pa  de  l'autre  ;  ces  deux  parties  sont  accidentel- 
lement rapprochées,  mais  imparfaitement  soudées^  de  telle 
sorte  que  chacune  d'elles  conserve  sa  valeur  propre  et  son 
indépendance  et  demeure  ainsi  susceptible  de  modification;  dans 
cette  hypothèse  pa  (pe,  pei)  serait  une  sorte  d'enclitique  et 
toute  la  force  de  la  négation  se  trouverait  concentrée  dans  la 
première  partie  i  ou  in. 

25.  Cette  conjecture  est  confirmée  par  un  grand  nombre 
d'exemples  "  où  reparaît  la  forme  in  non  accompagnée  de  pa  : 

...suSis  in  flenzna...  (F.,  2279,  1.2). 

...cletram  srencve  in  scanin...  (Krall,  32,  1.  10). 

...flere  in  crapsti...  (Krall,  p.  33,  1.  15,  19). 

1.  De  iii})u  il  lïiut  sans  doute  rapprocher  la  forme  inpcin  [Moiiuineiili  anlic/ii, 
18'J5,  p.  341,  no  2). 

2.  Je  n'indique  pas  dans  la  transcription  les  lettres  ou  parties  de  mots  qui 
sont  plus  ou  moins  distinctes  sur  l'original.  Comme  les  formules  reviennent 
plusieurs  fois  dans  les  textes,  élites  peuvent  i''tre  rétablies  avec  certitu<Ie. 

S 


18  l'iiK.MiKiii':  l'Ainir: 

...eunxers  in  sacnicia...  jM-all.  |».  ;{."),  1.  8). 
...in  ceren  cepar...  (Krall,  p.  •'}(»,  I.  19). 
...ecn  zeri  lecin  in  zec...  (Krall,  |».  :{S,  1.  î)). 
...neGunslin  eunt...  (Krall,  p.  iO,  I.  IG). 

I']n  i'('i;ai'(l  do  ces  phrases,  où  les  lermos  scanin,  crapsti, 
sacnicia,  ceren,  zec  sont  précédés  de  in,  se  placent  d'autres 
j)lirases,  où  les  uirines  termes  se  retrouvent,  mais  non  précé- 
d(''s  de  in  : 

...caônis  scanin...  (Krall,  p.  'i9,  I.  8). 
...fleres  crapsti...    Krall,  p.  .'{■'>,  I.  12). 
...aeelis  sacnicia...  (Krall,  p.  :\ï,  I.  22). 
...etnam  cepen  ceren...  (Krall,  p.  'Ui,  1.  l)j. 
...eluri  zeric  zec...  (Krall,  p.  .'i4,  1.  22). 

I^]tanl  donnt!  le  contraste  évident  de  ces  deux  catégories 
d'exemples,  étant  donné  aussi  la  variété  des  formules  et  la 
lacilité  avec  la(}uell('  in  se  transporte  de  l'une  à  l'autre,  il 
semble  bien  que  in  ait  un  otfice  analogue  à  celui  de  ipa  ou 
inpa  et  (pTon  soit  fondé  à  lui  allrihiier,  à  lui  aussi,  la  valeur 
dune  négation  '. 

26. Faut-il  conclure  deces  remar(|ues  (|u'il  existe  en  étrusque 
plusieurs  particules  négatives?  N"est-il  pas  plus  naturel  au 
contraire  d'admettre  que  les  diverses  formes  relevées  plus  haut 
se  ramènent  à  une  seule,  le  monosyllabe  i?  ('e  monosyllabe, 
renforcé  d'une  enclitique,  donne  i-pa  ou  i-pe  ou  i-pei.  Dans 
certains  cas,  sous  rinlluencc  de  l'i'ac'lious  grammaticales  qui 
restent  à  déterminer,  ce  monosyllabe  a  la  propriété  de  s'ad- 
joindre un  suffixe,  le  suffixe  -n,  et  selon  qu'il  se  passe  ou  se 
renforce  d'une  enclitique,  il  devient  ou  bien  i-n  ou  bien 
i-n-pa  -. 

Ainsi  r(''lrns(|U(>,  pour  exprimer  la  négation,  ne  se  sert  pas, 


1.  La  parenté  pi'obable  de  in  et  de  inpa  a  été  rciiiarquéc  par  Torp  (Elr.  Beilf., 
I,  p.  18). 

2.  Iiipein  semble  être  la  forme  i-pei  avoc  doubb'  addition  du  sutlixe  -n,  d'une 
part  au  thème  i,  d'autre  part  à  l'enclitique  pei. 


LES    DONNÉES   DU    PROBLÈME  19 

comme  les  langues  inclo-euro|jéennes,  de  particules  inertes  et 
invariables.  Puisque  le  monosyllabe  i  est  de  telle  nature  qu'un 
suffixe  peut  lui  être  accolé,  c'est  qu'apparemment  il  appartient 
à  la  catégorie  des  mots  variables  (substantifs,  adjectifs  ou 
verbesj . 

27.  L'idée  qui  se  présente  tout  de  suite  à  l'esprit  est  celle 
d'un  verbe  auxiliaire,  ayant  pour  office  de  déterminer  la  non- 
existence  de  l'atïîrmation  qui  suit.  Un  verbe  auxiliaire  de  ce 
genre  a  existé  dans  toute  la  famille  des  langues  ouralo-altaï- 
ques  et  la  plupart  des  idiomes  ougro-fmnois  en  conservent 
encore  l'usage  ^  Par  une  coïncidence  curieuse  et  qui  peut-être 
n'est  pas  fortuite,  tandis  qu'en  étrusque  les  formes  variables 
de  la  négation  se  ramènent  au  monosyllabe  i,  le  verbe  négatif 
ougro-linnois  est  un  monosyllabe,  et  un  monosyllabe  qui,  lui 
aussi,  se  réduit  en  dernière  analyse  à  un  thème  vocaliquc  ". 

28.  Il  y  a  plus  :  |)ar  une  analogie  singulière  avec  ce  qui  se 
passe  en  étrusque,  oii  nous  voyons  la  négation  i  ou  in  se  ren- 
forcer d'une  enclitique  (pa,  pe,  pei),  les  idiomes  ougro-finnois 
ont  conservé  la  trace  dune  enclitique  de  renforcement  pe,  pâ, 
pi,  p,  b  ^  Cette  enclitique  s'accole  fréquemment  à  la  troisième 
personne  du  singulier  des  verbes  à  certains  modes,  et  on  la 
trouve  précisément  unie  à  la  troisième  personne  de  l'auxiliaire 
négatif.  C'est  ainsi  qu'en  finnois  il  arrive  que  la  forme  ei  de- 
vienne ei-pâ  '\ 


1.  II.  Winckler,  Dus  Vralallaïsc/ie  uiid  seine  Gruppen  (Berlin,  1885),  p.  168  et 
suiv.  —  Cf.  IJollcr,  SUziiiif/sheric/Ue  d.  philos,  hislor.  Klasse  (Vienne;,  t.  XIII, 
p.  ol5,  530;  XIV,  p.  ."ÎOG  et  suiv.  ;  XV,  p.  293. 

2.  Kellgrén,  Die  Grinidzi/f/e  der  ftnnisciteii  Sprac/ie,  p.  93  :  «  Die  bejahende 
iind  (lie  verneinende  Parlikel  werden  durch  Verbal-Formen  ersetzt,  bejaliend 
ansdeni  Vcrbum  o/e,  verneinend  ans  deni  negat.  Verbal-Slamni  e.  »  —  Cf.  Bol- 
1er,  Silzunr/sb.,  XV,  p.  293  (à  propos  de  la  négation  a  en  mordwiue)  :  «  ûber  die 
Natur  dièses  a  kann  kein  Zweifel  herrsclien  ;  es  ist  die  Wurzel  des  negativen 
Verbums,  das  uns  lui  Syrjiinischen  und  A\'otjakisclien  als  0,7,  07  bcgegnete.  » 
—  En  lapon  le  verbe  négatif  est  aux  trois  personnes  du  singulier  im,  ik,  i 
(Winckler,  Das  UvalalL,  p.  1*0;. 

3.  Budenz-Simonyi,  Az  ii/jor  nyclvek,  etc.  [Grammaire  comparée  des  laïKjues 
oiigriennes),  p.  335  (Budapest,  1884-1894). 

4.  Cf.  dans  un  texte  cité  [tar  l'jfalvy  et  ilertzberg.  Grammaire  finnoise,  p.  11  : 


20  PHEJIIÈRE   l'AUTIE 

Ainsi  nous  voilà  encore  une  fois  ramenés  vers  les  langues 
ouralo-al laïques  et  en  particulier  vers  les  langues  ougro-lin- 
noises. 

VI.   Le  suflivc  possessif. 

29.  Parmi  les  particularités  de  la  grammaire  des  idiomes 
ougro-tinnois,  ce  (ju'il  y  a  peut-être  de  plus  caractéristique  c'est 
la  façon  dont  ils  expriment  l'idée  de  possession  '.  Au  lieu 
d'adjectifs  possessifs,  comme  il  y  en  a  dans  les  langues  aryennes, 
ils  emploient  des  sullixcs  possessifs,  qui  varient  suivant  les 
personnes  et  qui  se  placent  soit  entre  le  radical  et  le  suffixe 
casuel  comme  en  hongrois  ■,  soit  tout  à  fait  à  la  lin  du  mot, 
après  le  suffixe  casuel,  comme  en  finnois  ^  et  la  plupart  des 
langues  congénères.  Voyons  donc  si  nous  trouvons  en  étrusque 
quelque  trace  de  sutfixes  possessifs.  S'il  y  en  a,  ils  doivent 
avoir,  comme  dans  les  langues  ougro-finnoises,  un  aspect  qui 
rappelle  les  pronoms  personnels  correspondants.  Il  faut  donc 
avant  tout  essayer  de  trouver  un  pronom  personnel. 

30.  Quiconque  a  feuilleté  un  recueil  de  textes  étrusques  a 
certainement  remarqué  le  grand  nombre  des  inscriptions  qui 
débutent  par  le  mot  mi.  Ce  mot  revient  si  souvent  qu'il  peut 
être  «  considéré  comme  un  signe  de  reconnaissance  à  peu  près 
infaillible,  un  texte  eommençanl  par  ce  vocable  mi  devant 
par  cela  môme  être  attribué  à  la  langue  étrusque  '*  ».  Bien  que 
ce  terme  ait  été  souvent  étudié  %  le  sens  en  demeure  encore 
incertain,  en  raison  de  la  diversité   des  interprétations  pro- 


«  FAfin  sua  laihana  jiellc/iii  mot  à  nint  :  «  Pas  existe  du  tout  <ccci,  à  savoir  que> 
qucl(]u'un  craint  toi  »,  c'est-à-dire  «  personne  ne  te  craint.  » 

1.  Winckler,  Das  Urall,  p.  28  et  suiv. 

2.  Ex.  lalyd  (père),  ah/d-lnl  (venant  du  père),  ahjd-m-U'd  (venant  de  mon  père). 

3.  Ex.  :  lalo  (propriété),  lalo-lle  (allant  vers  la  propriété),  lalo-lle-ni  (allant 
vers  ma  propriété). 

4.  Bréai,  Journal  des  Savants,  janvier  1899,  p.  64. 

o.  Bibliographie  dans  Fabretli,  Clossarium,  p.  1170  et  suiv.  —  Cf.  Fabrctti, 
Terzo  suppL,  p.  63  et  suiv.;  C.  Pauli,  Elrusk.  Sludien  Gottingen,  1880),  111  :  Die 
Desilz,  Widmungs  und  Gvabformeln  des  elrus/cischen. 


LES    DONNÉES  DU   PR0BLÈ31E  21 

posées,  lesquelles  sont,  à  première  vue,  toutes  e'galement  spé- 
cieuses. Mais  parmi  les  interprétations  possibles,  celle  qui  fait 
de  mi  un  pronom  personnel  remporte  en  vraisemblance  sur 
toutes  les  autres;  c'est  même  la  seule  que  la  comparaison  des 
textes  permette  de  retenir. 

Rappelons  tout  d'abord  dans  queUes  conditions  se  présente 
le  mot  mi.  Ces  conditions  sont  les  suivantes  : 

1"  Mi  est  d'ordinaire  en  tète  de  la  phrase  '. 

2°  11  est  suivi  d'un  nom  propre  au  nominatif  :  mi  LarBia 
(F.,  240o,  2406);  mi  Kalairu  (F.,  2048);  mi  Hustileia  (F., 
2608);  mi  Ave  (C.  o062  ,  etc. 

3°  Il  est  suivi  d'un  nom  propre  au  génitif  :  mi  Oanxvilus 
(F.,  4ol);  mi  RamGas  (F.,  spl.,  1,  3841;  mi  ApirSes  (F., 
2336);  mi  Alfinas  (F.,  spl.,  II,  87);  mi  Hurtinas  (F.,  2606). 

4°  11  est  suivi  dun  ou  de  plusieurs  mois  qui  ne  sont  pas  des 
noms  propres  :  mi  su0i...  (F.,  42  et  spl.,  11,  3);  mi  spurana 
talape  (F.,  446);  mi  fleres...  (F.,  267  et  2613).  Parfois  le 
mot  qui  suit  mi  paraît  être  à  un  autre  cas  que  le  nominatif  : 
mi  spural  '  (F.,  spl.,  1,  106);  mi  sueil  \  etc.  (F.,  2603)  ;  mi 
turce  (F.,  2614  ter). 

5°  Dans  ces  différentes  constructions,  mi  est  quelquefois 
accompagné  d'une  sorte  de  déterminatif,  tel  que  ma,  cana,  ni, 
ne,  tezan  ou  capi  : 

mi  ma  Laris  Suplu  (F.,  3ol) 

mi  ma  Velus  Rutlnis  Aulesla  (F.,  3.^i2) 

mi  ma  L.  Casni  (C.  60) 

mi  cana  (F.,  2435) 

1.  Une  seule  fois  (F.,  2328  :  yna  mi,  etc.),  mi  ne  vient  qu'en  second.  Mais  le 
mot  ma  qui  précède  forme  avec  lui  une  locution  liée.  On  trouve  plusieurs  fois  la 
formule  mi  ma  (voir  plus  bas).  L'interversion  des  deux  termes  est  toute  natu- 
relle. 1!  existe  quelques  rares  exemples  de  mi  placé  à  la  fin  d'une  Airmuie  très 
courte,  comme  dans  l'épitaphe  d'Orviéto  (C.  4924  :  avele  pelearas  mi),  ou  comme 
sur  quelques  poteries  étrusco-campaniennes  (Lattes,  Iscrizioni  paleolaline,  p.  97). 

2.  D'après  les  inscriptions  bilingues,  la  désinence  -al  exprime  l'idée  de  pro- 
venance. Voir  plus  haut,  §  4. 

3.  S«OiZ  est  sans  doute  à  smOi  comme  cim  (Krall,  p.  30,  I.  7)  est  à  Ci76  (ibid., 
p.  38,  I.  12).  Turce  est  le  mot  tur  (Krall,  p.  33,  1.  13)  avec  le  suffixe  -ce. 


22  PRi:.Mii:iu:  pautie 

mi  cana  Lareias...  (V.,  3iîl) 

mi  cana  LarOial...  (F.,  204) 

mi  ni  mulvene...  (F.,  2H)i) 

mi  ni  Caisie  eannursi...  (I'\,  spl..  III.  riOl) 

mi  ne   mulvuneke...     IVnili,   FJnish.  Stiulirn,   IH,   p.   59, 

n"  r.i:> 
mi  tezan...  (-.  .'J234) 
mi  capi...  (F..  :{i8  his  a  ol  A.  .114,  338). 

()"  Fiilin,  les  inscriptions  avec  mi  se  liscnl  mii'  une  foule 
(i'..l.j('ls  dilTéronls,  porles  do  loniboaux,  sarcophages,  urnes 
(•in(''i-aii-os,  cippcs,  stèles,  ex-voto,  poteries,  miroirs,  statuettes, 
cas(iues,  cliaudi'ons  '. 

31.  Étant  donné  ces  conditions,  il  est  difficile,  pour  ne  pas 
(lire  impossible,  de  considérer  mi  comme  un  substantif.  A 
coup  sur,  ce  n'est  pas  un  nom  d'objet,  puiscju'il  s'applique  à 
tant  (le  choses  dilîérentes.  Fsl-cc  un(>  abstraction,  l'expression 
(rnnc  (|iialil(''.  d "un  étal,  d'une  nuinièrc  d'être?  Il  l'jiudi'ait 
d'aboi-d  inuij^^inci'  une  (iu.ilil('  (|ui  put  éti'e  commune  à  des  per- 
sonnes et  à  des  choses.  11  laudi'ait  ensuite  que  le  rapport  de 
cette  qualité  à  la  personne  ou  à  la  chose  <[ualiliée  fût  toujours 
exprimé.  Or,  de  ces  deux  conditions,  si  la  première  est  réali- 
sable, la  seconde  n'est  pas  réalisée.  Loin  de  se  construire  tou- 
jours avec  le  génitif,  expi'iniant  le  l'apport  de  la  qualité  à 
l'objet  qualifié,  mi  se  construit  souvent  avec  le  nominatif; 
|)reuve  que,  dans  certains  cas,  il  se  confond  avec  l'objet.  Dans 
l'exemple  mi  Hustileia,  si  mi  était  substantif,  il  ne  pourrait 
être  considéré  que  comme  une  apposition;  il  y  aurait  ainsi 
rapport  d'identité  entre  mi  et  le  nom  propre.  Ce  rapport  d'iden- 
tité est  incompatible  avec  le  rapport  de  dépendance  qu'im- 
plii|uer;iil  l'expression  d'une  (|ualiir'. 

32.  Mi  n'est  pas  davantage  un  adjectif.  Non  pas  qu'ici  la 
dualité  des  constructions,  tantôt  avec  le  nominatif,  tantôt  avec 
le  génitif,  soit  un  obstacle;  on  pouri'ail,  en  elTet,  concevoir  à 
la  ri-ueiii'  nue  langue  où  l'adjectif  ne  s'accorder.iil  pas  néces- 

1.  l'abrclti,  Terzo  siippl.,  p.  G7. 


LES   DONAÉES   DU   PROBLÈME  23 

sairement  en  cas  avec  le  subslanlif.  Mais  la  dilliculté  vient  de  la 
place  allribiiée  à  mi  en  lête  de  la  phrase.  Quel  singulier 
adjectif,  qui  ne  peut  guère  se  placer  qu'en  vedette!  Et  remar- 
quez qu'il  ne  s'agit  pas  ici  d'un  adjectif  d'une  signification 
très  particulière,  puisqu'il  est  propre  à  déterminer  tant  de 
persounes  et  de  choses  ditférentes.  Par  là  môme,  il  devrait  pou- 
voir se  prêter  à  des  emplois  multiples  et  ne  pas  être  condamné 
à  une  sorte  d'immobilité. 

33.  Veut-on  faire  de  mi  un  verbe?  Considérons  que  le  terme 
revient  près  de  cent  fois  dans  de  très  courtes  phrases,  dont  la 
plus  longue  n'a  pas  dix  mots,  dont  la  plupart  se  bornent  à  deux 
ou  trois  mots,  lesquels   sont  très  souvent  des  noms  propres. 
Si  c'est  un  verbe,  il  faut  croire  qu'il  est  de  ceux  dont  la  syniaxe 
étrusque   ne   peut   se   passer   et   dont   l'emploi    s'impose  dans 
l'énoncé  des  phrases  les  plus  simples?  Il  doit  donc  être  d'un 
usage  très  fréquent,  aussi  fréquent  que  l'est  par  exemple,  celui 
(h;  esse  en  latin.  Quelle  que  soit  la  fonction  modale,  temporelle 
ou  personnelle  que  l'on  veuille  attribuer  à  la  forme  mi,  et  à 
supposer  que  Vi  final  soit  une  désinence  variable,  un  thème 
voisin  de  mi  doit  se  rencontrer,  non  pas  une  fois,  mais  dix  fois, 
dans  n'importe  quel  t'.'xte  un  peu  étendu.  Or,  on  n'en  découvre 
pas  la  moindre  trace  ni  dans  la  grande  inscription  de  Pérouse 
(C.  4338),    ni  dans   la   Momie   d'Agram,   ni    dans  aucune   des 
épitaphes  qui  présentent  autre  chose  qu'une  nomenclature.  Ce 
verbe,  en  apparence  si  nécessaire,  est  introuvable.   C'est  que 
sans  doute  le  verbe  mi  n'existe  pas. 

34.  L'hypothèse  la  plus  en  faveur  aujourd'hui  est  celle  qui 
fait  de  mi  un  démonstratif  équivalant  au  latin  hoc  K  On  a 
remarqué  qu'à  la  formule  mi  su6i  (F,,  42;  F.,  spl.,  II,  3)  se 
substituait  parfois  des  formules  comme  eca  su0i  (F.,  2031, 
2031  bis,  2084-2080,  2131,  2133,  2181,  2001,  2002),  ou  ca 
suei  '  (F.,  348,  307,  1933),  ou  cehen  su9i  [V.,  19t:;),  ou  an 

1.  Deecke,  IClr.  Fursc/n/iif/en,  VII,  p.  il)  ((i^  l'asc.  des  l'Jlr.  Forà-c/i.  u.  S/ud.  de 
Deecke  et  Pauii);  Pauli,  i:/r.  S/udien,  111,  p.  48;  Torp,  Ktr.  Beitrù'f/e  {Leipzi'^, 
1902),  p.  12  et  suiv. 

2.  Pour   les  inscriptions  (F.,    348  et  367),  dont  les  originaux  ont  disparu,   la 


24  PREMIÈRE    PARTIE 

suei  (1^,  23:1')),  ou  enfin  an  en  su0i  (F.,  2600*»).  De  même  on 
a,  en  regard  ilo  mi  turce  (F.,  2614  ter),  la  formule  ecn  turce 
(F.,  spl.,  I,  443).  Gomme  les  mots  eca,  ecn,  ca,  en,  eehen, 
an  paraissent,  partout  où  ils  se  rencontrent,  avoir  une  valeur 
démonstrative,  on  a  cru  pouvoir  attribuer  la  môme  valeur  à 
leur  substitut  présumé  mi.  Mais,  si  mi  était  un  démonstratif, 
comme  les  termes  auxquels  on  l'assimile,  il  devrait  être,  ce 
semble,  comme  eux,  d'un  usage  courant.  On  devrait  aisément 
le  retrouver,  comme  eux,  dans  les  textes  un  peu  longs.  Or,  il 
n'en  est  rien.  Dans  diverses  inscriptions,  indépendantes  des 
formules  citées  tout  à  l'heure,  on  a  des  exemples  de  ea,  eca, 
ecn,  eehen,  an,  mêlés  à  des  constructions  variées  '.  ïMais  de 
mi  pas  la  moindre  ti'ace  ailleurs  que  dans  nos  formules.  Peut- 
on  dire  que  mi  est  un  démonstratif  spécial,  uniquement  réservé 
à  ces  formules?  Mais  non,  puisqu'il  peut  être  remplacé  par  l'un 
(111  l'autre  de  ces  démonstratifs.  Si  mi  était  un  démonstratif, 
de  d(Hix  choses  l'une,  ou  bien  il  serait  complètement  assimi- 
lable aux  autres,  et  alors  il  devrait  pouvoir  s'employer  comme 
eux  dans  n'importe  quelle  pliiase;  ou  bien  il  ne  leur  serait  pas 
assimilable,  et,  alors,  il  ne  devrait  pas  pouvoir  céder  sa  place  à 
l'un  d'eux.  Mi  n'est  pas  un  démonstratif. 

35.  liesle  une  dernière  hypothèse,  celle  de  mi  pronom  de  la 
première  personne.  C'est  l'hypothèse  la  plus  simple,  la  plus  na- 
turelle, celle  qui  se  présente  tout  d'abord  à  l'esprit.  Elle  répond 
parlai lement,  elle  est  même  la  seule  (|ui  réponde  à  toutes  les 
conditions  indiquées  plus  haut.  Mi  est  en  tête  de  la  phrase  : 
c'est  que  la  personne  qui  parle  est  d'elle-même  portée  à  se 
mettre  en  vedette.  Mi  est  suivi  d'un  nom  propre  au  nominatif; 
c'est  ou  une  signature  "  [=■  moi  Lartliia),  ou   une  atlirmation 

copie  traditionnelle  porte  la  subi.  Mais  la  est  très  vraiseiiiblableiiient  une  fausse 
lecture  de  ca. 

1.  Ca  (l'\,  d!)ll,  I.  20  b)  ;  eca  (F.,  2598,  1914,  1.  20  a)  ecn  (F.,  2:j82  bis;  Krall, 
Index,  p.  50,6  exemples);  eehen  {V.,  19001  ;  an  (F.,  2.'{2"î  lev  b:  F.,  spl.,  I,  387, 
IÎ99  ;  Krall,  Index,  p.  48,  4  exemples). 

2.  Cf.  certaines  poteries  d'époque  romaine,  où  le  propriétaire  du  vase  a  mis 
comme  sa  signature  en  guise  de  marque  de  propriété  :  Eufemus  C.  I.  L.,  XV,  2, 
5964),  Firmus  (5970),  Fidias  (5969),  Jucundu  (5981). 


LES    DONNÉES   DU  PROBLÈME  23 

{=  je  <isuis'^  Larthia).  Mi  précède  un  nom  propre  au  gc'nitil"  : 
c'est  une  marque  de  propriété  =  [je  <Csi{is^  chose  de  Thank/i- 
vil\  Mi  est  devant  un  nom  commun  au  nominatif  :  c'est  l'indi- 
cation d'un  objet  {^je  <isuis^  un  tombeau;  — je  <Csids^  une 
offrande).  Mi  est  devant  un  nom  commun,  qui  n'est  pas  au 
nominatif  :  cela  indique  que  la  personne  qui  parle  est  ^jr^^  de 
l'objet  exprimé  par  le  nom  commun,  ou  sur  cet  objet,  ou  dans 
la  direction  vers  cet  objet,  ou  loin  de  lui,  ou  en  dehors  de  lui 
(mi  spural  =  je  <isuis^  sorti  de  spur  ').  Mi  figure  sur  une 
quantité  d'objets  différents  :  c'est  que  le  pronom  peut  s'appli- 
quer à  tout.  Enfin  mi  ne  se  retrouve  pas  dans  les  textes  un 
peu  étendus  que  nous  possédons  :  c'est  que  ces  textes  ne  sont 
pas  des  discours,  et  que,  là  oîi  il  n'y  a  pas  de  discours,  l'emploi 
de  la  première  personne  n'a  pas  de  raison  d'être. 

36.  On  fait  à  l'hypothèse  de  mi,  pronom  personnel,  deux 
objections.  On  dit  :  vous  donnez  ainsi  la  parole  non  pas  seule- 
ment à  des  êtres  humains,  mais  encore  à  des  choses  inanimées, 
à  des  tombeaux,  à  des  pierres,  à  des  chaudrons,  à  de  vulgaires 
poteries.  C'est  invraisemblable  ".  —  Mais  on  n'a  qu'à  ouvrir  un 
recueil  de  textes  épigraphiques  grecs  ou  latins,  et  l'on  se  con- 
vaincra que,  si  étrange  que  soit  cette  fiction,  les  anciens  s'en 
sont  parfaitement  accommodés.  Sur  des  poteries  grecques,  le 
vin  contenu  dans  le  vase  ou  le  vase  lui-même  parlent  à  la  pre- 
mière personne.  On  y  lit,  par  exemple,  yy^t  xa-.  -u  i^i  ^  On  lit 
de  même,  sur  un  vase  italien  :  noli  me  tôlier e,  Helvetii  sum  \ 
Dans  Callimaque  et  dans  (Catulle  «  la  chevelure  de  Bérénice  » 
se  répand  en  plaintes  élégiaques.  On  recueillerait  aisément  des 
milliers  d'exemples  analogues. 

La  seconde  objection  est  une  observation  rétrospective.  Mi 

1.  Cf.  plus  haut,  §  4. 

2.  Pauli,  Elr.  Slud.,  Ill,  p.  19  :  «  Ein  Bêcher  uiid  cin  Goldspange  kônnen 
schwerlich  die  Inschrift  tragen  :  ich  bin  der  iind  der.  »  Cf.  Bréal,  Journal  des 
Savants,  janvier  1899,  p.  64. 

3.  0.  Jahn,  Vasensammlunq ,  préface,  p.  cxi.  Cf.  Xarp3  xal  r.U  a;  vï'.y.  (p.  cxii); 

—  Tata'T,;  z'.\x\  Xt.x'jOo;  •  ô;  ô"  àv  ijlc  x>.£'yr,  TVfXô;  îixx:  (p.  c.xxix   ;  —  Xapwvo;  e'.tx(  ; 

—  Tpaaio'j  sî[ii  (ibid.). 

4.  C.  I.  L.,  XV,  2,  592.3.  —  Cf.  Ihjalisti  sum  (5926),  Philerolis  sum  (3728). 


26  PREMIÈRE   PAUTIE 

a  le  malheur  d'avoir  été  qualifié  de  pronom  personnel  autrefois 
par  des  savants  «  qui  se  fondaient  sur  la  supposition  explicite 
ou  tacite  de  la  j)îircuté  avec  le  latin  ou  le  grec  '  ».  Cette 
parenté  devenant,  de  jour  en  jour,  de  moins  en  moins  pro- 
bable, tout  ce  <iui  a  Tair  de  la  rappeler  est  aujourd'hui  suspect. 
C'est  une  lare  pour  une  interprétation  étruscologique  que  de 
paraître  entachée  d'indo-européanisme.  Mais,  de  ce  que  mi  a  le 
tort  de  faire  penser  à  £;j^o'1,  iniJii  ou  me,  il  ne  s'ensuit  pas,  de 
toute  nécessité,  qu'il  ne  puisse  pas  être  un  pronom  de  la  pre- 
mière personne.  Il  faudrait  tout  au  moins  avoir  démontré 
auparavant  qu'un  thème  pronominal  analogue  à  mi  est  la  pro- 
priété exclusive  des  langues  indo-européennes.  Or,  cette 
démonstration  n'a  pas  été  faite,  et  il  serait  difficile  qu'elle  le 
fût.  (kr  il  se  trouve  que  précisément  dans  les  langues  ougro- 
finnoises  c'est  un  thème  analogue  à  mi  qui  fournit  le  pronom 
de  la  |)reuiière  personne  ".  Et  ceci  nous  ramène  encore,  par 
nue  nouvelle  coïncidence,  au  groupe  linguistique  avec  lequel 
r('lrus(pic  nous  a  paru  déjà  avoir  plusieurs  affinités. 

37.  Si  mi  est  en  étrusque  le  pronom  de  la  première  personne 
et  si  l'étrusque  a  des  suffixes  possessifs,  il  y  a  des  chances  pour 
que,  comme  dans  les  langues  ougro-finnoises,  le  suffixe  posses- 
sif de  la  première  personne  ait  un  m  comme  élément  prin- 
cipal. Ici  il  importe  de  procéder  avec  précaution,  à  cause  du 
grand  nombre  de  mots  étrusques  dont  la  désinence  comporte 
un  m.  11  faut  faire  abstraction  de  tous  ceux  de  ces  mots  où  l'm 
n'est  pas  immédiatement  précédé  ou  suivi  d'un  suffixe  casuel 
et  ne  présente  pas    par  conséquent  le  caractère  spécifique   d'un 

1.  Bréal,  Journal  des  Savants,  Janvier  1899,  p.  64. 

2.  Kellgrén,  Pie  Gnindzu^e  der  Finn .  Sprac/ie  mil  RiickskJil  auf  den  Ur-al/nis- 
chen  Sprachslamm  (Tierlin  IS'tl),  p.  64. 

0.  Donner,  Das  personalpronomai  vi  den  AU.  Spraclien  (Berlin,  1860)  ;  Wincliler, 
Dos  lirait,  p.  26.  —  Vnici,  d'aprrs  iîudi'iiz  {.Maf/i/ar-i(f,or  nsszehasonlilô  sznl(h\ 
p.  625,  n"  6(i:5),  les  proiioins  oui^ro-liniKiis  de  la  l''^  personne  : 

Finnois  mi-nfi  Zyrr'nien  me 

ïchéréniisse  me-n  ,  mi-n',  mo-n'  ostiaic  ma 

Mordvine  mo-n  vogoule  iim,  am 

Lapon  mo-n  hongrois  en 


LES    DONNÉES  DU   PROBLÈME  27 

suffixe   possessif.    Les    seuls     textes    à    retenir    sont     quatre 
épitaphes  d'Orviéto  el  une  de  Cornéto. 

38.  Les  épitaplies  dOrviéto  se  rapportent  à  plusieurs  membres 
d'une  même  famille.  Elles  ont  été  toutes  rédigées  en  même 
temps  par  la  môme  personne,  par  celle  qui  a  fait  faire  le  caveau 
funéraire;  car  elles  ont  été  tracées  au  pinceau  pour  servir  de 
légendes  à  des  fresques,  dont  les  divers  tableaux,  tous  de  même 
style  et  de  môme  facture,  forment  un  ensemble  homogène  et 
sont  contemporains  du  caveau  '.  Or  ces  quatre  inscriptions 
contiennent  des  formes  singulières,  telles  que  Arn6ialum  et 
Velusum,  qu'on  n'a  retrouvées  nulle  part  ailleurs. 

La  mieux  conservée  de  ces  inscriptions  est  ainsi  conçue  : 
C.  Il,  5092)  VeL  Leinies.  LarôiaL  ruva  (?).  ArnSialum. 
clan.  "Velusum.  prumaôs.  avils.  semcps.  lupuce. 

39.  Le  nom  en  vedette  Vel  Leinies  LarGial  est  celui  du 
défunt.  Il  est  mort  (lupuce)  encore  jeune.  Le  nombre  (semcps), 
qui  indique  son  âge  (avils),  répond  à  un  chiffre  supérieur  à 
six  ',  et  inférieur  à  10  ou  à  12  '.  D'ailleurs  la  figure  peinte,  qui 
le  représente,  est  celle  d'un  enfant.  La  série  des  noms  se  décom- 
pose ainsi  :  Vel  marque  le  prénom  ;  Leinies  est  le  génitif  de 
Leinie,  amené  par  le  mot,  de  lecture  incertaine,  qui  suit  immé- 
diatement; c'est  le  patronymique.  Quant  à  Lar0ial,  il  signifie 
que  le  défunt  est  né  d'une  mère  appelée  Larôi. 

40.  Dans  le  mot  ArnOialum  qui  suit,  on  retrouve  aisément 
le  radical  ArnGial,  formé  de  la  môme  façon  que  Lar0ial, 
c'est-à-dire  formé  du  nom  propre  féminin  ArnSi  et  du  suffixe 
casuel  -al  exprimant  la  provenance  (§  4).  Sauf  une  nuance  acces- 
soire indiquée  par  la  désinence  um,  le  sens  est  :  «  né  d'une  mère 
appelée   Arn6i  ».  Comme  le   défunt  a  déjà  une  mère,  qui  est 

1.  Sur  cette  tombe,  dite  tombe  Golini,  voir  Brunns,  Bulletino  ciel  Islil.,  1863,  p.  43 
et  suiv.;  Conestabile,  Pitlure  mundl  a  fresco...  scoper/e...  da  Domenico  Golini; 
V^nVi,Corpus  inscript,  elnisc.  t.  II,  p.iji-73.  [.es  quatre  inscriptions  sont  publiées 
sous  les  nos  5092,  o003,  5094,  5097. 

■2.  En  elVet,  il  ne  Qgure  pas  sur  les  dés  de  Toscanclla  i  F.  2352),  qui  doiment  les 
nombres  de  1  à  6. 

3.  La  limite  dépend  du  système  de  numération.  Si  le  système  est  duodécimal, 
12  peut  être  l'cxtrémc  limite,  puisqu'on  a  se))vsai/l,  multii^le  desemf. 


28  PREMIÈRE    PARTIE 

LarOi,  les  mots  Arneialum  clan  ne  se  rapportent  certaine- 
nionl  pas  à  lui,  mais  déterminent  Velusum,  qui  suit.  II  faut 
donc  entendre  que  l'enfant  dont  nons  avons  Tépitaphe  est 
pruma6s  d "un  père  (désigné  par  Velusum)  auquel  s'applique 
le  terme  Arneialum,  c'est-à-dire  qui  est  lui-même  fils  d'une 
Arn0i. 

41.  Mais  qu'est  ce  que  Velusum  et  ArnOialum?  Les  deux 
mots  sont  faciles  à  décomposer.  Velusum  est,  à  n'en  pas  douter, 
le  prénom  Vel,  connu  par  de  très  nombreux  exemples  et  que 
porte  le  défunt  lui-même.  Mais  ici  le  prénom  est  pourvu  de 
deux  suffixes.  Le  premier  de  ces  suffixes  est  le  suffixe  -s,  que 
nous  avons  déjà  vu  dans  Aule-s,  clen-s,  Leinie-s  (cf.  §  H). 
On  y  a  depuis  longtemps  reconnu  l'indice  du  génitif.  Vel-s  est 
la  forme  ordinaire  du  génitif  de  Vel  (cf.  F.  439,  714).  Ici  Vel-s 
est  devenu  Vel-u-s,  par  vocalisation  de  la  liquide,  de  la  même 
façon  que  0anxvil-s,  génitif  de  Ganxvil,  est  parfois  devenu 
0anxil-u-s  (F,  Spl .  I,  469).  On  a  d'ailleurs  de  nombreux 
exemples  du  génitif  Velus  (F.  115,  402'"%  654,  1499,  etc.). 

42.  Si  le  premier  suffixe  de  Vel-us-um  est  un  suffixe  casuel, 
le  second  suffixe  -m  ou  -um  n'est  certainement  pas  un  suflixe  du 
même  ordre.  S'il  l'était,  il  ne  pourrait  qu'indiquer  en  effet  ou 
une  relation  identique  à  la  précédente,  —  et  alors  il  ferait  inuti- 
lement double  emploi  avec  -s  —  ou  une  relation  différente  — 
et  alors,  chose  inadmissible,  les  deux  suffixes  se  contrarie- 
raient. Il  faut  donc,  de  toute  nécessité,  attribuer  à  -m  (ou  -um) 
une  valeur  spéciale,  complètement  indépendante  de  toute 
relalion  casuelle.  Les  mêmes  observations  peuvent  se  faire  à 
propos  d'Arnei-al-um,  qui,  lui  aussi,  nous  offre  un  prénom 
ArnOi  j)ourvu  de  deux  suffixes,  le  suffixe  casuel  -al,  indiquant 
la  provenance  et  le  même  suffixe  indélerminé  -m  ou  -um. 

43.  C'est  à  ce  suffixe  -m  ou  -um  que  je  crois  pouvoir  assi- 
gner le  rôle  d'un  suffixe  possessif  de  la  première  personne. 
Il  en  a,  en  effet,  les  caractères  spécifiques.  D'abord,  il  est  très 
voisin  du  pronom  de  la  première  personne  mi  (§  36).  Ensuite, 
et  c'est  là  ce  qui  est  particulièrement  digne  de  remarque,  il  a  la 
propriété  de  se  soudei-  aux  suffixes  casuels.  Il  se  comporte,  à 


LES    DONNÉES  DU   PROBLÈME  29 

cet  égard,  exactement  de  la  même  manière  que  les  suffixes  pos- 
sessifs ougro-finnois.  Ainsi,  on  finnois,  où  le  suffixe  possessif 
suit  le  suffixe  casuel,  on  a  des  formes  comme  celles-ci  :  talo- 
sta-?ii,  «  venant  de  ma  ferme  »  ;  tallo-lle-ni^  «  vers  ma  ferme  », 
ta/o'Ssa-ni,  «  dans  ma  ferme  »,  chacune  de  ces  formes  se  com- 
posant :  1"  du  radical  taio  «  ferme  »;  2°  d'un  suffixe  casuel 
-sta,  -lie,  ou  -ssa;  S**  du  suffixe  possessif  de  la  l'"''  personne -;^^. 
La  composition  de  Vel-us-um,  Arnei-al-um  présente  dans 
le  même  ordre  les  mêmes  éléments  :  un  radical,  un  suffixe 
casuel  et  un  suffixe  -um.  Ce  dernier  suffixe  ne  peut  guère  être 
autre  chose  qu'un  suffixe  possessif. 

44.  En  résumé,  l'inscription  d'Orviéto  peut  s'interpréter 
ainsi  : 

de  Vel  Leinie,  né  de  Lartlii.  Il  <iêtait^  pruma^s  (sens 

à  déterminer)  de  mon  Vel  <ilequel  était~;>  né  de  mon  Arnthi.  Il 
<iétaiV;>  en  mourant  à  Vuge  de  8  (?)  ans.  » 

C'est  l'épitaphe  d'un  petit-fils  rédigée  par  son  grand-père. 
Le  vieillard,  qui  a  survécu  à  tous  les  siens,  rappelle  à  propos  de 
l'enfant  les  êtres  chers  qu'il  a  perdus^  sa  femme  Arn6i  et  son 
fils  VeL  L'expression  «  de  mon  Vel  »  se  retrouve  dans  les 
trois  autres  inscriptions  du  caveau  funéraire,  parce  que  toutes 
les  épitaphes  de  ce  monument  de  famille  sont  l'œuvre  de  la 
même  personne  (§  38). 

45.  Dans  une  inscription  de  Cornéto  (F.  2340)  on  lit  : 

RamGa.  Matulnei.  sex.  Marces.  Matuln 

puiam.  amce.  SeGres.  Ceis...  les.  cisum.  tame.... 

Ia6....  nasc.  Matulnasc.  clalum.  ce ci.  clenar. 

A avence.  lupum.  avils a/s.  mealxlsc 

Au  point  d(!  vue  spécial  qui  nous  occupe,  le  texte  est  moins 
net  que  celui  d'Orviéto.  Il  contient  bien  quelques  mots  avec 
une  désinence  en  -m,  mais  comme  cette  désinence  n'est  pas 
précédée  d'un  suffixe  casuel,  on  peut  hésiter  à  y  reconnaître  un 
suffixe  possessif.  Isolé,  le  texte  de  Cornéto  ne  prouverait  rien, 
sans  compter  qu'il  est  très  mutilé  et  qu'il  est  impossible 
d'essayer  d'en  rétablir  la  teneur  par  conjecture.  Mais  si  on  le 
rapproche  des  inscriptions  d'Orviéto,  il  mérite  de  retenir  l'ai- 


30  PREMIÈRE    PARTIE 

lonlion.  On  y  relève,  cii  ellel,  au  commencement  de  la  ligne  2, 
la  forme  puiam.  L(ï  mot  puia  (;st  très  fréquent  dans  Tépigra- 
piiic  étrusque  et  il  parait  dilïîcile  de  lui  attribuer  un  autre  sens 
(juc  celui  de  uxor.  Mais  de  puiam  point  d'autre  exemple  que 
celui-ci.  Puiam  ne  serait-il  pas  tout  simplement  puia  aug- 
menté du  sullixe  possessif -m  de  la  première  personne  (^=;  «  ma 
femme  »)? 

Si  cela  est,  c'est  que  r('pila|)lie,  comme  celles  d'Orviéto,  fait 
parler  ([uel(ju'uii  à  la  première  persoune.  Dans  ce  cas.  elle  doit 
contenir  d'autres  mots  porlant,  eux  aussi,  la  marque  de  la  pre- 
mière personne.  Or,  il  y  a  trois  mots  qui  paraissent  répondre  à 
cette  condition,  c'est  cisum,  clalum  el  lupum.  Je  laisse  de  côté 
cisum  et  clalum,  sur  les(]uels  on  ne  peut  faire  que  des  conjec- 
lures  incertaines.  Mais  il  n'en  est  pas  de  môme  de  lupum.  Le 
verbe  lupu  est  bien  connu  (v^oir  i;  15).  Il  signilie  «■  mourir  ». 
Lupum  a  bien  l'air  d'être  le  mol  lupu  avec  le  suflixe  possessif 
-m.  Du  moment  qu'en  étrusque  les  verbes  se  comportent  comme 
les  substantifs  et  s'adjoignent,  comme  nous  l'avons  vu,  des 
suffixes  casuels  (§  18),  ils  peuvent  bien  aussi  s'adjoindre  des 
suifixcs  possessifs.  Lupum  veut  dire  «  mon  mourir  »,  ou  «  ma 
mort  ».  Par  une  de  ces  liclions  fré(juentes  dans  l'épigraphie 
anti(|ue,  l'inscription  fait  p;irl(M'  le  défunt,  qui,  entre  autres 
clioses,  nous  entrelient  de  sa  mort  et  rappelle  le  souvenir  de 
sa  iemme. 

VII.  lut onipatihililés  appareiitr.s  de  l'rtrusque  et  des  langues 
ou(/ro-/ituioiscs. 

46.  Si  les  aflinités  que  nous  avons  cru  remarquer  entre 
l'étrusque  et  les  idiomes  oiigro-linnois  étaient  absolument 
démontrées,  on  pourrait  dès  à  présent  conclure  que  l'étrusque 
appartient  au  même  groupe  linguistique  que  le  linnois  el  le 
liongrois.  Mais  la  démonstration  n'est  pas  faite.  Nous  n'avons 
que  des  vraisemblances  et  des  i)résoinplions.  Avant  d'aller  plus 
loin,  il  laiit  voir  si  ces  vraisemblances  et  ces  présomptions  ne 
se  heurtent  pas  à  certaines  impossibilités.  Si  par  exemple  nous 


LES    DONNÉES    DU    PROBLÈME 


31 


élions  amenés  à  constater  que  la  constitution  de  l'étrusque 
présente,  sur  quelques  points  essentiels,  un  désaccorcl  grave  et 
irréductible  avec  la  constitution  des  langues  ouralo-altaïques,  il 
est  clair  que  les  analogies  signalées  jusqu'ici  l'isqueraient  fort 
de  n'être  que  des  apparences  trompeuses. 

47.  Groupe  initial  de  consonnes.  —  Une  des  règles  les  mieux 
établies  de  la  phonétique  ouralo-altaïque  est  qu'aucun  mot  ne 
peut  commencer  par  un  groupe  de  consonnes.  «  C'est  une  loi, 
dil  Winckler  ',  qui  n'est  presque  jamais  méconnue.  »  De  là 
\  icnt  que  pour  faire  passer  des  mots  germaniques  dans  le 
finnois  ou  le  hongrois,  il  a  fallu  ou  les  débarrasser  d'une  de 
leurs  consonnes  initiales  ou  leur  attribuer  une  voyelle  supplé- 
mentaire. C'est  ainsi  que  des  mots  comme  Franz,  Sc/inur,  Slall, 
Stepfian,  Schule  sont  devenus  en  hongrois  Ferencz,sinor,  istallo, 
l<himn^  ukola  et  en  finnois  Rantzi^  nuora^  talli^  Telivan,  koulti. 

48.  L'étrusque  obéit-il  à  cette  loi  universelle  du  groupe 
ouralo-altaïque?  Voici  un  relevé,  qui,  à  première  vue,  est 
iuijuiétant.  On  trouve  dans  la  Momie  d'Agram  : 


cla,  cletram,  clevana,  cl- 
tral.  cluce.  cnl,  cnticnG, 
cntnam,  crapsti.  cresve- 
rae.  es,  0lu0,  6lu6cva. 
mlax.  plutim,  priôas, 
prucuna.  pruG,  pru^^s, 
scanin,      scara,      soucie, 


scvetu.  svec,  slapinas, 
snutu  spetri .  spureri , 
spurestres.  spurta.  srenc- 
ve.  stalle,  streta,  stretee, 
trau.  tra^s.  trin.  trita- 
nasa.  tru0,  flanac,  fier, 
flere,  flereri.  fler;^va. 


A  ces  mots,  dont  plusieurs  se  retrouvent  ailleurs  soit  sous  la 
môme  forme  soit  avec  une  désinence  différente,  il  faut  ajou- 
ter les  termes  suivants,  recueillis  dans  d'autres  textes  : 


czl,  ciel,  clan,  clen,  clz,  clt, 
clei,  cluGi,  clutiva.  créais, 
cver,  mlamae...  mla0ce. 
mlerzinia,    mlusna,   prn- 


0na,  pruma0s,  prumis,  psi, 
scuna.  slele0,  slicale.., 
spel0.  spelane0i,  spural. 
sran,  svalas,  svalce,  sva- 


1.  Das  lirait.,  p.  2;  cf.  Keligrén,  Gruiidziige,  p.  lo. 


32 


PREMIKHE   PARTIE 


iBas.  svulare.  tlenaces,  tle- 
naxeis.  tnucasi,  tra,  trecs, 
trce,    trutnvt.    trutvecie, 


vlssi.  fl,  flenzna,  flerSrce, 

elc. 


l'.iiliM.  il  y  a  lieu  de  signaler  les  iK^nis  propi'es  comme  : 


Claniaeie,  Claninsl,  Clanti. 
Clate,  Claucesa.  Clumnei, 
Cneve.  Cracnal.  Crapilu, 
Craufa.  Craupania,  Crei- 
ce,  Crespe,  Crisu,  Cvelne, 
CvesnSal,  Mlacas.  Mla- 
nes,  Mnesinal .  Plecu, 
Pluca,  Prcu,  Precu,  Pren- 
rael,    Presntes,    PreBnsa, 


Pricesla.  Pruciu.  Pruini, 
Prumaenal ,  PrusaGnal, 
Scarp..  ,  Sceva,  Scurfiu, 
Snute.  Srutznei,  Spante, 
Spaturia,  Steprna,  Svei- 
cia.  Sveitu,  Tlapu,  Tles- 
na,  Trepalnal,  Gresnai, 
Frauxni,    Fremrna,     etc. 


49.  Tous  ces  exemples,  qu'on  pourrait  multiplier',  semblent 
montrer  que,  conlrairenienl  à  Tusage  des  langues  ougro-fin- 
noises,  l'étrusque  s'accommode  volontiers  d'un  groupe  initial 
de  consonnes.  Mais  si  l'on  essaie  de  classer  toutes  ces  formes, 
on  ne  tarde  pas  à  s'apercevoir  que,  sauf  de  très  rares  excep- 
tions, elles  se  ramènent  à  deux  catégories  : 

1  "  Formes  du  type  flere,  mlax,  plutim,  slapinas,  cntnam, 
snutu,  crapsti,  pru6,  svec,  ofi  ligurent,  au  second  rang  du 
groupe  initial,  soit  la  semi-voyelle  v,  soit  un  /,  un  /■,  un  n,  c'est 
à  dire  une  de  ces  consonnes  qui  peuvent  se  comporter  comme 
des  voyelles  quand  elles  servent  d'appui  à  une  autre  consonne. 
Ce  sont  des  consonnes  que  l'on  désigne  quelquefois  sous  le  nom 
de  consonnes-voyelles.  Donc  dans  les  formes  de  ce  type,  on  ne 
peut  pas  dire  (|u'il  y  ait,  à  prit[)reiuent  parler,  un  grou})e  ini- 
tial de  consonnes  -. 

2"  Formes  du  type  spel,  scuna,  scanin,  spural,  scara, 
staile,  streta,  scveitu,  où  la  syllabe  initiale  est  suivie  de  la 
semi-voyelle  r,  ou  dune  des  consonnes-voyelles  signalées  plus 


1.  Voir  <>.  iMiilliT-Dcutkc,  11,  p.  38'J,  S  14. 

1.  l'as  [)liis  rm'il  n'y  en  a  clans  les  formes   Miiele,  Mliluiis,  Tlamunus,  par  les- 
quelles les  Etrusques  transcrivent   les  noms  grecs  MsvO.ao;,  MsAi-nov,  ïîAaaùJv. 


LES    DONNÉES   DU   PROBLÈME  33 

haut.  On  peut  concevoir  que  le  voisinage  de  la  semi-voyelle 
ou  de  la  consonne-voyelle  ait  eu  pour  effet  de  produire  quelque 
modilicalion  d'accentuation  ou  de  prononciation,  et  que,  par 
suite,  la  voyelle  organique,  primitivement  enclavée  dans  le 
groupe  initial,  se  soit  ou  voilée  ou  déplacée,  si  bien  que  des 
thèmes  comme  sepl,  sacn,  sucn,  supr,  sacr,  setr,  suc  ou  sivc^ 
sîll  ou  saitl^  aient  pu  devenir  spel^  scan,  scun.,  spur,  scar,  stre, 
scv,  stail. 

50.  Les  formes  qui  ne  rentrent  pas  dans  ces  deux  catégories 
sont  ou  bien  des  monosyllabes  comme  es,  ou  bien  des  formes 
rares  comme  scuj^ie,  spetri,  ou  bien  des  noms  propres  comme 
Steprna,  Spitui,  Spuite,  Stenia,  Spaturia. 

Pour  les  monosyllabes,  si  ce  ne  sont  pas  des  cris  inarticulés, 
ils  doivent  avoir  eu  une  voyelle  organique,  enclavée  dans  le 
groupe  des  deux  consonnes.  Seulement  cette  voyelle,  plus  ou 
moins  voilée  sans  doute  dans  la  rapidité  de  la  prononciation, 
n'a  pas  été  écrite  par  les  lapicides  étrusques,  qui  certainement 
n'étaient  pas  des  phonétistes.  Si  notre  orthographe  se  modelait 
sur  la  prononciation  populaire,  beaucoup  de  nos  mots  seraient 
ainsi  défigurés. 

Pour  les  formes  comme  scuxie,  spetri,  il  se  peut  que  ce 
soient  des  formes  composées  avec  un  monosyllabe  du  type  es 
au  début  (se  +  ïixi©  1  sp  +  etri),  sans  compter  qu'on  ne  les 
rencontre  que  par  hasard  et  dans  un  document  comme  la  Mo- 
mie d'Agram,  dont  la  leclure  n'est  pas  toujours  certaine. 

51.  Enfin  pour  les  uoms  propres,  s'ils  ne  sont  pas,  eux  aussi, 
composés  avec  un  monosyllabe  initial,  on  peut  se  demander  s'ils 
sont  bieu  d'origine  étrusque  ou  si  ce  ne  sont  pas  des  vocables 
empruntés  de  toutes  pièces  à  quelque  langue  (Urangère. 

En  résumé,  il  n'est  pas  prouvé  que  les  groupes  initiaux  de 
consonnes,  (jui  ont  été  relevés  plus  haut,  tiennent  à  la  consti- 
tution de  l'étrusque.  Ils  peuvent  s'expliquer  soit,  comme  des 
déformations  dues  à  des  habitudes  de  prononciation  plus  ou 
moins  vicieuses,  soit  comme  des  à-peu-près  d'écriture  résultant 
d'une  transcription  imparfaite.  Ce  sont  très  probablement  des 
accidents.  Et  ces  accidents  sont  d'autant  mieux  explicables  que 

3 


34  PltKMlKlîK   l'AllTIE 

nos  textes  sont  d'nno  ('poque  assez  basse  (environs  du  ni^  siècle 
avant  J.-C).  Penilanl  des  siècles,  l'Elrurie  a  été  ouverte  au 
commerce  étranger.  Sa  population  s'est  mêlée  d'éléments  grecs, 
cnili.tginois,  gaulois  ou  il.iliolcs.  Il  se  peut  (juau  contact  de 
tant  d'iutliK'uccs  diverses,  la  langue,  tout  en  conservant  ses 
caractèi'es  (dliui<|U('s,  ail  él('  altc-rée  dans  sa  prouonciation.  En 
tons  cas  on  ne  saurait  se  prévaloir  des  formes  (jue  nous  avons 
citées  pour  conclure  à  une  incoM)p;ililtilil(''  radicale  entre 
r('lrns(|U('  et  les  liingues  d'origine  ouralo-allaùjuc. 

52.  Di:  LiiAHMONu:  vocai.ioli:.  —  In  des  traits  caracliM'istiques 
des  langues  uuralo-allaïques,  c'est  l'Iiarnionie  vocalique  '.  Le 
principe  fondamental  de  cette  harmonie  est  que  toutes  les 
voyelles  d'un  nud  doiviMil  être  en  relation  les  unes  avec  les 
autres;  la  voyelle  de  la  syllabe  initiale,  laquelle  est  en  même 
temps  la  syllabe  radicale  et  la  syllabe  accentuée,  a  seule  une 
valeur  déterminante,  et  toutes  les  voyelles  subséquentes  se  subor- 
donnent à  C(dle-ci  selon  ccrtiiines  règles  d'accommodaticm.  ('es 
règles  sont  fondées  sur  la  répartition  des  voyelles  en  plusieurs 
classes  :  d'une  part  sont  les  gutturales  ou  dures  [a,  u,  n);  d'autre 
part  sont  les  palatales  ou  douces  (//,  o,  ft).  Une  classe  intermé- 
diaire de  voyelles  indiiïi'rentes,  dites  neutres,  com[)rend  c  et  /. 
Les  voyelles  dures  sont  incoinp;ilil)les  avec  les  voyelles  douces. 
Lu  uiot  n(>  peut  |)as  comporter  de  voycdles  douces,  si  la  \(»y(dle 
Ihémaliiiue  est  dure,  ni  de  xoyelles  dures,  si  elle  est  douce. 
Seules,  dans  certains  cas  di'teiinimîs,  les  voyelles  neutres  peu- 
vent se  renconirer  <laus  un  iiièiiie  mol  soil  jivec  les  dures,  soit 
avec  les  douces. 

53.  A  ces  lois,  i"(''lrusque  ne  semble  |»as  èti'e  soumis.  Il  admet 
dans  les  mois  le  m('dange  des  vovcdles,  comme  dans  aSelis, 
aOumitn,  cealxus,  cilôcveti,  zusleva,  hilarGune,  lau6umneti, 
reuxzina,  acilune,  hareutuse.  D'autre  j)arl,  ceux  de  ses  sui'- 
lixes  casu(ds,  (jui  sont  vocalises  (-al,  -si,  -ce,  -ne,  -ri,  -ti),  sont 

1.  Kell^Ti'-n,  Griiii(lziir/e.,  p.  lu;  Wiiicklcr.  Das  llrallaU.,  p.  l-(i;  L.  Adam,  De 
l'/iannonie  (tes  voi/elles  dons  les  lunijues  ouvalo-allaiqiies  (Paris,  1874):  Boller, 
Sitzititf/sbericlile  (Wicii),  t.  X,  p.  35;Grunzel,  Enlwurf  eiiies  vergleich.  Gvamma- 
lik  devait.  Spr.,  p.  lO  cl  suiv.;  Sziiinyci,  Fin/iisch-iirjrisc/ie  Sprachiciss.,  p.  47. 


LES    DONNÉES   DU   PROBLÈME  35 

toujours  invariables,  preuve  qu'onlro  la  voyelle  de  ces  suffixes 
et  la  voyelle  du  thème  il  n'existe  aucune  l'elation  d'iiarmonie. 

54.  Cependant  il  ne  faut  pas  trop  se  liàtor  de  conclure  à  la 
non  existence  (Kune  harmonie  vocalique  en  étrusque.  Nous 
voyous  les  voyelles  en  apparence  les  plus  diflérentes  concourir 
à  la  formation  de  bien  des  mots  :  soit.  Mais,  d'abord,  qui  nous 
dit  que  ces  mois  ne  sont  pas  des  composés?  Or,  en  finnois  et  en 
hongrois,  où  lapplication  des  lois  de  l'harmonie  est  pourtant 
rigoureuse,  les  mots  (|ui  s'unissenl  pour  former  des  composés 
conservent  chacun  sou  indépendance  vocalique.  Ensuite,  que 
savons-nous  de  la  valeur  des  voyelles  mises  sons  nos  yeux? 
Ce  ne  sont  assurément  pas  des  linguistes  qui  ont  adapté  à  la 
transcription  de  la  langue  étrusque  les  caractères  de  l'alphabet 
emprunté  à  la  Phénicie  par  l'iutermédiaire  de  la  Grèce  '. 
Leurs  transcriptions  ne  sont  et  ne  peuvent  être  <[ue  des  à-peu 
près. 

55.  Il  est  bien  difficile  de  croire  que  les  Etrusques  n'aient  eu 
à  leur  disposition  que  les  quatic  voyelles  a,  e,  i,  u,  qui  figurent 
dans  leur  alphabet.  Ils  avaient  au  moins  deux  sorles  d'à,  l'un 
ouvert,  comme  dans  Kasutru  (Kâo-Ttopl,  Easun  ('làTcov),  Tar- 
Xna  (Tarquinius),  ôanxvil  Thanaquil),  l'autre  donnant  nu  son 
intermédiaire  cuire  Va  et  i'r,  puisque  certains  mots  sont  indiiïé- 
l'emmcnl  écrits  par  un  a  ou  |)ar  un  e,  comme  clan  et  clen,  zus- 
leva  el  zusleve,  Afunas  cl  Afunes,  aisna  et  eisna,  "Venate 
et  Venete,  'Vatl  cl  Vetl. 

Il  y  avait  aussi  au  moins  deux  sortes  d'e,  l'un  assiv.  sourd 
pour  (pic  les  Latins  l'aient  volontiers  l'cndu  par  un  o  Velimna 
=  Voluinnins^  VelGur  ^■-  Vo/luniiis^  "Vel/atini  -  -  \'o/ra///f\), 
l'autre  assez  fermi'  pour  se  confondre  i)res(jue  a\ec  un  i  (Ves- 
cunisa  =  "Viscunisa,  Arzneal  =  Arznial,  Helvereal  i=  Hel- 
verial,  zea  ^  zia,  cealxus  cial/us,  Fnesci  Fnisci;  cï. 
Easun  =  'lào-wv). 

H  y  avait  au  moins  deux  soi-tes  d'i.  l'un  lépondanl  à  l'iota, 


1.  Sur    l"aliiii,il)et    éh'iisciiie.  voir  le  subslaiitiui   résiiiiiû  de    Duonamici,  Nuovu 
sayrjiu  siilla  linr/ua  elrusca,  sezionc  ]■>  (Facnza,  l'Jll). 


,36  PREMlÈriE    PARTIE 

l'aulro  Irrs  voisin  de  Vr  IVimé  cl  |)ouvanl  allornor  avec  lui 
(voir  plus  liaulj,  sans  coniiilcr  11  scMni-voyollc  (ou  j),  qui  est 
rendu,  quclquclois  j);ir  un  i  double''  i^Caiia  ('.  ^{(Si.3  ;  3814), 
mais  le  plus  ordiuaiicincnl  par  un  i  simple  (Caia  il.  3037), 
3758,3888,  3î)()2,  4U15,  olc). 

II  y  avait  (m(in  au  moins  deux  sortes  d'u,  Tun  répondant  à 
l'omicron  ou  à  l'oméga  (Ataiun  =  'AxTaiwv,  Ziumiee  =  Aw- 
p^oY,;,  Urus9e  =  'Opscr-rr,;,  Patrucle  =  IlaToo/A^^,  Kasutru 
=  Kào-Toyo),  l'autre  répondant  h  l'upsilon  (Ameruntea  = 
'A|ji.apûvTt,a,  Pulutuce  =  IFoA'Josuxr,;,  U0Uze  =   "Oojttcu;). 

Toutes  ces  nuances  nous  écija|)pent  dans  l'écrilure,  ainsi  que 
les  nuances  intermédiaires,  auxquelles  répondent  peut-être 
quelques-uns  des  groupes  au,  eu,  ae,  ai,  ei,  ia,  ie,  ui,  groupes 
d'ailleurs  très  instables,  comme  le  prou\ent  les  variantes  aise- 
ras  et  eiseras,  cai  et  cae,  caia  et  caie,  Anainai,  Anainei, 
Aneinei,  Aneini,  Aninai  et  Anini,  leine  et  line,  Seianti  et 
Seanti,  Veipi  d  Vipi,  Titeial,  Titeal  et  Titial,  latni  et 
lautni,  Plaute  cl  Plute,  Raufe,  Rafe  et  Rufe. 

Faute  de  connailre  lous  les  degrés  de  la  gamme  vocalique, 
nous  ne  pouvons  donc  pas  dire  avec  certitude  si,  dans  les  mots 
élrus([ues  (jui  contiennent  plusieui's  voyelles,  les  lois  de  l'har- 
monie sont  ou  ne  sont  pas  observées. 

56.  lj'enn)Ioi  des  sullixcs  casucis  à  voyelh?  invariable  n'est 
pas  davantage  im  indice  sullisant.  L'assimilation  de  la  voyelle 
du  sulIJX(!  à  la  voyelh^  du  radical  ne  semble  })as  être  une  des  con- 
ditions essentielles  de  l'ijarmonie  vocalique.  Ainsi  dans  l'ancien 
hongrois,  où  pourlant  exislait  l'harmonie  des  voyelles,  le  suliixe 
-/œ/c  du  datit  demeurait  invariable  et  s'accolait  à  tous  les  radi- 
caux, quelle  que  fût  leur  voyelle  organique  '.  De  même,  encore 
aujourd'hui  cji  linnois,  il  y  a  des  suffixes  de  relation  dont  la 
voyelle  est  invariable  :  ce  sont  les  suffixes  de  l'allatir  (-//e),  du 
prolatii'  {-t.se),  du  translatif  {-/m)  et  du  comitatif  (-7/^^). 


1.  RiedI,  MiKjyar.  Grammallk,  p.  loS.  Il  en  est  de  inêiiie  du  sullixc  temporel 
-lior  dans  le  hongrois  moderne  (Szianyei,  Fin/iiscli-uf/i'ische  Sprachwissenschafl, 
p.  49j. 


LES    DONNÉES   DU   PROBLÈME  37 

57.  Donc,  dans  l'état  actuel  de  nos  connaissances,  on  ne  peut 
pas  prouver  que  l'harmonie  vocalique  manque  en  étrusque. 

Mettons  maintenant  les  choses  au  pis  et  supposons  que  cette 
preuve  soit  faite.  Il  n'en  résulterait  pas  nécessairement  l'impos- 
sibilité de  ramener  l'étrusque  au  groupe  ouralo-altaïque.  L'har- 
monie vocalique  est,  en  effet,  dans  les  langues  de  ce  groupe, 
plutôt  une  tendance  plus  ou  moins  inconsciente  qu'une  loi  rai- 
sonnée  et  immuable.  C'est,  comme  le  dit  Winckler  ',  un  idéal 
vers  lequel  tous  les  idiomes  du  groupe  ont  été  comme  entraînés 
d'instinct,  mais  un  idéal  que  beaucoup  d'entre  eux  sont  loin 
d'avoir  atteint.  Ceux-là  mômes  qui  s'en  sont  le  plus  rapprochés 
n'ont  pas  toujours  suivi  la  même  méthode  ni  adopté  les  mômes 
règles  ".  Le  système  varie  dans  les  différentes  familles  du 
groupe  et  souvent,  dans  une  même  famille,  il  y  a  des  différences 
notables.  Dans  la  famille  ougro-finnoise,  par  exemple,  le  lapon 
ne  procède  pas  comme  le  finnois.  Bien  plus,  on  trouve,  dans 
cette  famille,  des  idiomes,  comme  l'ancien  tchoude  ou  vepse, 
le  livonicn  et  le  tchérémisse,  où  l'harmonie  vocalique  est 
absente,  soit  que  certaines  causes  organiques  en  aient  arrêté  de 
bonne  heure  l'évolution  normale,  soit  que  des  intluences  étran- 
gères, dues  à  la  contagion  d'une  ou  de  plusieurs  langues  voi- 
sines en  aient  altéré  et  finalement  détruit  le  principe  ^.  Pour 
qu'une  langue  puisse  être  classée  parmi  les  idiomes  ouralo- 
allaïqucs,  l'harmonie  vocalique,  parfaitement  caractérisée,  n'est 
pas  une  condition  nécessaire.  Elle  n'existerait  pas  en  étrusque, 
que  noire  hypothèse  n'en  serait  pas  pour  cela  inadmissible. 

58.  Des  noms  de  nombre.  —  Ce  qui  est  plus  grave,  c'est  la  non- 
conformité  apparente  des  noms  de  nouibre  étrusques  avec  ceux 
que  Ton  trouve  dans  les  différents  idiomes  du  groupe  ouralo- 
altaïque.  Les  noms  de  nombre  élrusijues  ont  été  souvent  étu- 
diés. On  en  a  chei-ché  les  é(|uivalenls  dans  toutes  les  langues 
connues,  sans  arriver  à  aucun  résultat  satisfaisant.  Cette  irré- 


1.  Pas  Ui'cdlaische,  p.  4.  Cf.  Szinnyei,  Finnisc/i-ugrische  Sprachw.,  p.  41-50. 
■2.  Grunzel,  Enlwurf  einer  verf/lekh.  Gramm.  d.  ail.  Spr.,  p.  18. 
3.  Winckler,  Dctfi  UraUaische,  p.  8o. 


lis  PREMIÈRE    PARTIE 

(lii(lil)ililé  dos  noms  do  nombre  est  assnrcmont  le  plus  sérieux 
obstacle  auquel  puisse  se  bcurter  notre  hypolbèse.  Mais  cette 
irréductibilil(î  peut   n'rlre  ([u"a|ip;irenle. 

Je  ne  voudrais  pas  insinuer  (|U{>  le  liavail  de  ('om|iaraison  a 
été  mal  lail.  Au  contraire,  on  y  a  dépensé,  avec  une  rare  ingé- 
niosil(',  toutes  les  ressources  de  la  science  phouétique.  Mais  on 
a  ilii  aUcr  un  |)eu  an  hasard,  faute  de  connaître  la  valeur  exacte 
deceitainesconsonnes  étrus(|U('s.  Oue  repr('senlenl,  j)arexemple, 
le  z  de  zal,  ou  \'s  de  sa,  ou  rhde  hu6  ou  le  6  de  ou?  On  s'est 
trouvé  un  peu  dans  la  silualion  ofi  se  trouverait  la  lin2,uis(ique 
indo-européenne,  s'il  arrixail  un  jour,  dans  deux  ou  trois  mille 
ans.  ([ue,  [U'ivée  do  la  plu[iart  doses  ('déments  do  comparaison, 
n'iluilo  à  nue  connaissance  incomplète  du  grec  et  de  l'anglais, 
par  exom|)lo,  et  ue  soupçonnant  pas  la  loi  de  la  substitution 
des  consonnes,  elle  eût  à  comparer  /'off/\  /ive,  scvon  avec  -zi'j- 
•jy-zz;,  -ivTs  et  £-77..  Encore  ces  noms  de  nombre  ont-ils  la  même 
origine.  Mais  que  serait-ce,  si  elle  renronirail  o/w  ol  jj-'la?  Je 
cite  à  dessein  ce  dernier  exemple,  parce  qu'il  montre  que  dans 
une  même  l'amillo  linguisti([uo  l'idée  d'un  même  nombre  peut 
être  exprimée  par  dos  radicaux  diiréreuts.  Qui  sait  si  dans  la 
l'amille  à  la(|uelle  rélrus(|uo  est  apparenté  une  diversité  ana- 
logue n'existe  pas  pour  un  ou  plusieurs  nombres,  ce  (jui  contri- 
buerai! à  rendre  plus  dillioilc  encore  le  travail  de  la  compa- 
raison ? 

Au  point  où  en  son!  les  études  étrus(iues  aujourd'hui,  on 
lie  peut  donc  pas  tenir  [)our  absolument  démontrée  l'irréducti- 
bilitt' des  noms  de  nombre.  Par  suite,  il  ne  serait  |)as  légitime 
de  condamnera  [)riori  toute  hypoihèse  (|ui  serait  dans  l'impos- 
sibilil('  do  les  oxj)li(|uer. 

Au  surplus,  cette  ([uosliou  des  noms  do  nombre  n'a  peut-être 
pas  t(juto  l'importance  ([u'on  est  généralement  {)Oit('  à  lui  attri- 
buer. A  voir  lintérêt  ([u'on  y  attache,  il  semble  que  la  solution 
du  problème  étrusque  d('pende  d'elle,  comme  s'il  y  avait  là  un 
critéiiiiui  d'origine  ceilaiu  cl  inl'aillible.  Orée  (jui  est  \rai  [)onr 
les  langues  du  groupe  arvoii  ne  I  est  pas  j)()ui'  ctdlos  du  groupe 
ouralo-altaï(|ue.  Dans  ce  groupe,  en  elfol,  il  n'y  pas  do  numéra- 


LES    DONNÉES   DU  PROBLÈME  39 

tion  commune  '.  Dans  le  cercle  plus  restreint  des  idiomes  ougro- 
linnois  la  communauté  de  numération  n'existe  que  pour  les 
six  premiers  chiiïres  ".  Nous  ne  sommes  donc  pas  en  présence 
d'une  de  ces  lois  universell(\s  qui  ne  souffrent  aucune  excep- 
tion. 

59.  En  résumé,  s'il  y  a  entre  l'étrusque  et  les  langues  ouralo- 
allaïques  des  incompatibilités  apparentes,  ces  incompatibilités 
ne  semblent  pas  irréductibles.  Est-ce  à  dire  que  la  parenté 
originelle  de  l'étrusque  et  de  ces  langues  puisse  être  considérée 
comme  établie?  Les  observations  que  nous  avons  faites  ne  sont 
assurément  pas  suffisantes  pour  justifier  une  pareille  conclu- 
sion. Nous  n'avons  que  des  inductions  ;  rieu  de  plus.  Mais  si 
ces  inductions  n'autorisent  pas  une  affirmation  immédiate,  elles 
autorisent  du  moins  une  hypothèse  provisoire. 

Puisque  l'étrusque,  dans  certaines  circonstances  grammati- 
cales très  caractéristiques,  à  l'air  de  se  comporter  comme  un 
idiome  ougro-finnois,  supposons  qu'il  en  soit  un  et  traitons  le 
comme  tel. 

Attribuons  lui,  par  hypothèse,  une  grammaire,  non  pas  com- 
plètement calquée  sur  les  grammaires  ougro-finnoises  qui  sont 
en  usage  aujourd'hui,  mais  conçue  dans  le  môme  esprit,  consti- 
tuée d'après  les  mômes  principes  et  ramenée,  autant  que  pos- 
sible, au  type  le  plus  simple,  et  vraisemblablement  le  plus 
ancien,  de  la  grammaire  ouralo-altaïque. 

En  même  temps  qu'une  grammaire  ougro-finnoise,  nous  attri- 
buerons à  l'étrusque  un  vocabulaire  ougro-finnois.  Aux  racines 
qu'il  nous  otïre  nous  donnerons,  toujours  par  hypothèse,  le 
sens  (]ue  les  racines  analogues,  recueillies  dans  les  idiomes 
ougro-linnois,  paraissent  avoir  à  l'origine.  Pour  faire  le  plus 
nu''lh()(li([uement  possible  la  comparaison  des  racines  et  pour  ne 
pas  être  dupes  de  certaines  ressemblances  fortuites,  nous  établi- 
rons d'abord  quelques  règles  d'équivalence  bien  définies,  con- 
formes aux  habitudes  de  la  phonétique  ougro-finnoise.  Ensuite 

1.  Winckler,  Da.s  Urall.,  p.  24;  Gruiizel,  EnLwuff  einer  vergleich.  Grattunatik 
der  aliaischen  Sprachen,  p.    Go. 

2.  Szinnyci,  Fiiinisch-iifjrische  Sprachwifis.,  p.  101-109. 


40  PREMIÈRE   PARTIE 

nous  considérerons  le  développement  des  racines  étrusques 
comme  se  faisant  suivant  les  lois  de  la  dérivation  ougro-finnoise 
et  avec  des  suffixes  phonétiquement  équivalents  à  ceux  qui 
constituent,  dans  tous  les  idiomes  de  la  famille,  les  éléments 
de  cette  dérivation. 

Nous  verrons  alors  ce  que  donnera,  appli(juée  aux  textes, 
cette  langue  ougro-linnoise  hypothétique.  Si  Ion  n'arrive  qu'à 
des  traductions  incohérentes  et  invraisemblables,  dans  le  goût 
de  celles  qu'on  a  données  juscju'ici,  il  faudra  s'arrêter  :  Thypo-. 
thèse  sera  ipso  facto  condamnée.  En  sera-t-il  de  même,  si  l'on 
voit  les  textes  s'ordonner  naturellement  et  se  prêter  sans  effort  • 
à  des  traductions  claires  et  raisonnables,  si  les  mômes  mots, 
les  mêmes  formes  grammaticales,  les  mêmes  tournures  reve- 
nant dans  des  phrases  différentes,  peuvent  toujours  être  inter- 
prétés de  la  même  façon  sans  que  la  logique  et  le  bon  sens  soient 
en  défaut,  bref  si  la  lumière  paraît  se  faire  là  où  jusqu'ici  il 
n'y  avait  que  ténèbres? 


DEUXIÈME    PARTIE 


PRÉCIS     GRAMMATICAL 


OBSERVATIONS   PHONÉTIQUES 

60.  Voyelles. 

L'étrusque  n'a  que  quatre  voyelles  :  a,  e,  i,  u.  L'o  n'existe 
pas.  «  0  aliqiiae  Italicae  civitates^  leste  P/inio,  non  habebant  et 
loco  eius ponebant  b\  maxime  Umbri  et  Tusci  "  ».  Les  textes  où 
figure  un  signe  paraissant  correspondre  à  un  o  sont  rares  et 
il  n'est  pas  certain  qu'ils  soient  proprement  étrusques  ^ 

Les  quatre  voyelles  étrusques  ne  sont  que  des  à-peu-près 
phonétiques.    Comme    on  l'a   vu  plus   liant    (§  55),    chacune 

1.  La  grammaire,  dont  je  présente  ici  l'esquisse,  devrait  plutôt  accompagner 
le  commentaire  des  textes,  puisqu'elle  résulte  des  observations  auxquelles  donne 
lieu  ce  commentaire.  Mais,  pour  la  clarté  de  l'exposition,  il  y  a  avantage  à  ras- 
sembler et  à  classer  les  faits  grauiinaticaux,  dont  on  trouvera  ailleurs  l'appli- 
cation. 

2.  Priscien,  I, /)e  lilteris. 

3.  Sur  cette  question,  voir  Lattes,  Vicende  foneliche  delV  alfabelo  elrusco  dans 
les  Memorie  del  R.  Istil.  lombard.  (Letfere\  t.  XXI,  7  (1908),  p.  303-356.  Voir  aussi 
le  résHuié  de  Buonamici,  Nuovo  saçjfjiu  sulla  lingua  elriisca,  sez.  II  (1911), 
p.  21  et  suiv. 


42  DEUXIÈME  PAKTIE 

d'ollos  représente  au  moins  deux  sons  diiïorents.  Il  y  a  là  un 
élémonl  d'incertitude,  qui  rend  l'étude  du  vocalisme  étrusque 
parliculièiement  ditficile.  Il  peut  très  bien  arriver  que  deux 
rudicnux  étrusques,  d'apparence  identique,  se  rapportent  à  deux 
racines  diderentes  (voir,  par  exemple,  au  lexi([ue,  l(*s  radicaux 
en,  es,  mar).  Ce  qui  complique  la  (juestion,  c'est  l'instabilité 
de  l"oitliof;raphe.  Il  y  a  souvent  échange  entre  les  voyelles, 
ainsi  qu'entre  les  voyelles  isolées  et  les  voyelles  groupées  (voir 
§  ^5).  Souvent  aussi  on  constate  soit  In  dis|)arilion  d'une  voyelle 
organi(iue,  comme  dans  Tlamunus(=  T£Aa;j.ù)v),  Menle  (=  Me- 
v£)>ao;),  Frmna  (=  Fremnu),  Prcu  (^^  Prrcu)  ',  soit  l'insertion 
d'une  voyelle  inorganique,  comme  dans  Rame9a,  RamaSa, 
Ramu6a  (=  Ram6a),  Alufne  cl.  Alfne),  GufulGas  (cf. 
0upl9as)  ".  Ajoutez  que  rien  ne  nous  permet  de  distinguer  les 
voyelles  brèves  des  voyelles  longues  \ 

Malgré  toutes  ces  incertitudes,  il  y  a  cependant,  dans  la 
forme  des  termes  les  plus  usuels,  assez  de  stabilité  pour  qu'il 
soit  possible  de  comparer,  au  point  de  vue  vocalique,  les  radi- 
caux étrusques  avec  les  radicaux  ongro-finnois. 

On  appliquera  les  règles  suivantes  : 

A.  On  considérera  seulement  la  voyelle  de  la  syllabe  ini- 
tiale. Du  moment  que  l'étrusque  est  supposé  apparenté  aux 
idiomes  ougro-finnois,  il  doit  se  comporter  comme  eux.  Or, 
dans  ces  idiomes,  c'est  la  syllabe  initiale  qui  importe.  C'est  elle 
qui  constitue  l'essence  propre  du  mot.  (Vest  elle  qui  a  l'accent, 
(j'csl  elle  qui  donne  le  ton  vocalique  '" . 

lî.  On  considérera  de  préférence,  pour  les  comparaisons 
vocaliques,  les  radicaux  finnois  et  hongrois,  le  finnois  et  le 
hongrois  étant  en  ellet,  parmi  les  idiomes  de  la  famille,  ceux 

\.  Sur  ces  phénomènes,  d'ailleurs  très  fréf]uents,  voir  Lattes,  Le  iscrizioni 
jialeolal'me,  p.  61  et  suiv.  Cf.  Muller-Decckc,  t.  II,  p.  334  et  suiv. 

2.  Mûller-Deecke,  t.  Il,  p.  3.'ii-  et  suiv. 

3.  Corssen  [Sjir.  //.  Elr.,  \,  p.  \')  cite  que](|iies  exemples  prouvant,  selon  lui, 
que  l'écriture  étrusque,  de  même  (jue  cei'taiues  autres  écritures  italiques,  indique 
la  voyelle  longue  eu  la  redoublant.  Mais  ses  exemples  sont  fondés  sur  de  fausses 
lectures  (voir  Mtiller-Deccke,  t.  Il,  p.  331). 

4.  Szinnyei,  Flnni.sch-u(jrisc/ie  Spracliirissenscha ff ,  p.    51. 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  43 

qui  paraissent  avoir  le  moins  altéré  le  caractère  du  vocalisme 
originel.  Accessoirement,  on  se  reportera  aux  radicaux  vogoules, 
mordvincset  tchérémisses,  où  la  tradition  vocalique  paraît  s'être 
aussi  assez  bien  maintenue  '. 

G.  On  observera  enfin  les  équivalences  ci-après  indiquées  : 

61.  1°  Equivalences  de  /'a  étrusque. 

Comme  on  l'a  vu  (§  oo),  l'a  étrusque  ne  représente  pas  un  son 
unique.  De  là  deux  ('quivalencos,  (jue  je  désignerai  par  Ai 
et  A,. 

A,  =  finnois  a\  hongrois  a;  vogoule  a  et  quebpiefois  a; 
mordvine  a.  PLxemples  : 

étr.  af-r-S  —  hongrois  y.py.  «  père  »  ;  vog.  yJ)er-us  «  aïeul  ». 

étr.  af-u-n  —  hongrois  yp-ad-  «  décroître  »,  y.p-y.st-  «  faire 
décroître   ». 

étr.  al  —  finnois  ala  «  ce  qui  est  en  bas  »  ;  hongrois  a/; 
mordvine  ala,  al. 

étr.  anc  —  hongrois  y.n'y.  «  mère  »;  vogoule  y.n(jhu^  àngu. 

étr.  apr  —  hongrois  yprO  «  petit  ». 

étr.  av-il  —  finnois  am-mo  (=  av-mo)  «  vieux  temps  »  ;  hon- 
grois y.v-nl-  «  être  vieux  ». 

étr.  cam-Gi  —  finnois  kam-a-la  «  extraordinaire  ». 

étr.  can-0-ce  —  finnois  kan-sa  «  nation  ». 

étr.  canz-a-te  —  finnois  kanta  «  talon  ». 

étr.  cap-e  —  finnois  koppa-  «.  saisir  »  ;  hongrois  koip-; 
mordvine  kap-ed -e-, 

étr.  car-u  —  finnois  kar-ea  .(  dur  ». 

étr.  caô-r-a —  finnois  katta-  «  couvrir  ». 

étr.  cav-e9  —  finnois  kapa  «  bille,  caillou  ». 

étr.  fal-as,  fal-st-i,  fal-za-Gi  —  finnois  pala  «  bouchée  »  ; 
hongrois  fy.l-  «  avaler  ». 

étr.  man  —  vogoule  ma?i'  «  petit  ». 

étr.  mat-u,  mat-a-n  —  finnois  uiat-ka  «  voyage  ». 

étr.  nap-er,  nap-ti  —  hongrois  ny.p  «soleil  ». 

éti'.  par-)(is  —  finnois  pava  «  très  bon  ». 

1.  Szinnyci, /•7«;u'5(7(-«,7c.  Spradiiciss.,  p.  51. 


44  DEUXIÈME  PARTIE 

rlr.  rax,  rax-6  —  finnois  rako  «  coupure  ». 

rlr.  tan-na  —  hongrois  l'j.n-ul-  «  s'instruire  »,  Hn-lt-  «  ins- 
truire ». 

étr.  tar-c-na  —  finnois  lar-ma  «  force  »,  tar-ke-ne-  «  pou- 
voir, oser  »  ;  liongrois  /ar-/-  «  tenir  Jjon  ». 

A.  =  finnois  a,  quelquefois  e;  liongrois  a^  quelquefois  é\ 
vogoule  (i  \  mordvine  ''/.  Exemples  : 

éfr.  ap  —  finnois  ep-d  «  douteux  ». 

(''fr.  ar —  finnois  iiri  «  bord,  limite  ». 

('Ir.  at-i-u  —  finnois  <it-is-t-  «  gémir  ». 

('Ir.  atr  —  vogoule  dtcr  «  clair  ». 

('•tr.  aG-u,  a6-e-lis,  a6-r-e —  vogoule  (it-iu  «  doux  »;  hon- 
grois éd-rL 

étr.  cal-u  —  finnois  kel-po  «  convenable  »  ;  hongrois  kiil-la- 
w  devoir  ». 

étr.  ca6-s  —  finnois  kdn  [kdte]  «  main  »;  hongrois  kc'z\ 
mordvine  kâd'. 

étr.  fas-e,  fas-l-e  —  hongrois /V/.5-///-  «s'étendre  »,  fiis-H- 
«  étendre  ». 

étr.  mac-r-a  —  finnois  nidki  «  colline  ». 

étr.  mar-is.  mar-u,  maru-nux  —  hongrois  mer-  «  me- 
surer ». 

étr.  luas-u  —  hongrois  nids.sd  <(  loin  ». 

62.  2°  Équivalences  de  fe  étrusque. 

Comme  Ta  élrus([ue,  le  représente  plusieurs  sons  (cf.  §  55). 

E,  =  finnois  ii,  quelquefois  «;  hongrois  a,  é,  quelquefois  a; 
vogoule,  e,  e  ;  mordvine  //;  Ichérémissc  //,  a.  Exemples  : 

étr.  cel-i  —  hongrois  kul-  «  aller  ». 

éti".  cem-na  —  finnois  kiiuu'i-  ((  faire  grand  bruit  ». 

étr.  cen-u  —  finnois  kiin-tii-  «  retourner  ». 

étr.  cer-i-n-u,  cer-i-x-u  —  linnois  kiiri-  «  entourer  ». 

étr.  en-a,  en-as,  en-e-sc-i  —  finnois  (uù  «  son  »  ;  hongrois 
én-iik  «  clnuil  )). 

étr.  esc-l-e  —  hongrois  usk-iiv-,  usk-ud-  «  jurer  »;  vogoule 
esx-)  ^'è'X"  «  louer,  vanter,  proclamer  ». 


PRÉCIS    (xRAMMATICAL  45 

élr.  ez —  liniiois  ati  «  père  »  ;  hongrois  a/'a  ;  Ichérénisse  «/'«, 
dtd. 

élr.  hec-z-ri  —  linnois  vâki  «  forces  ». 

élr.  hev-n  —  finnois  vapa-  «  trembler  ». 

élr.  mest-1-es —  morJvine  mas-tn  «  sein,  poitrine  ». 

E,  =  finnois  e,  quelquefois  i;  hongrois  e,  quelquefois  a, 
vogoule  ê,  quelquefois  i.  exemples  : 

étr.  cex-a  —  finnois  keh-no  «  faible  ». 

élr.  cep-en  —  hongrois  krp  «  image  »  ;  tchérémisse  kap, 
kdp  «  slaturc  ». 

étr.  ces  —  linnois  kesii  «  apprivoisé  ». 

étr.  ec  —  linnois  ik-enp  «  gencive  ». 

étr.  en  —  finnois  enn  «  davantage  ». 

élr.  ep-1  —  hongrois  ép  «  intact  ». 

étr.  er  —  finnois  cin  «  disjoint  ». 

élr.  es  —  hongrois  es  «  esprit  ». 

étr.  es-t-a  —  hongrois  m-  »  tomber  »  ;  finnois  is-t-ii-  «  s'as- 
seoir »  ;  voiroule  is-  «  descendre  ». 

étr.  et-er  —  finnois  ele  «  ce  qui  est  devant  ». 

étr.  herm-u  —  vogoule  vêrm-  «  avoir  la  force  de  ». 

63.  3°  Équivalences  de  l'i  étrusque. 

I,  =  finnois,  hongrois,  //,  e  (voir  ci-dessus  E.).  E.Kcmples  : 
étr.  im  —  finnois  emd  «  mère  »  ;  hongrois  dmd  «  femelle  », 
ostiak  iuia  «  femme  ». 

élr.  hil-ar  —  finnois  vdli  «  intervalle  ». 
étr.  cit-z  —  hongrois  kdd  «  désir,  envie  ». 

I,  =  finnois,  hongrois  i,  soit  isolé,  soit  précédé  d'une  autre 
voyelle  formant  diphthongue  avec  lui  [ai,  ei,  oi).  Exemples  : 

étr.  cil-8   —  finnois  kil-ed  «  sonore,  aigu  ». 

étr.  cin-a  —  finnois  kei-no  «  chemin  ». 

élr.  is  —  finnois  iso  «  grand  ». 

étr.  ei-i,  0i-l  —  finnois  hl-htd-  «  patiner  »  ;  hongrois  si-ct- 
courir  ». 

élr.  i-n,  i-pa  —  finnois  ei-pd  «  ne  pas  être  ». 

étr.  hin-G-a  —  finnois  caino  «  flair  du  chien  ». 


46  DEUXIÈME   PARTIE 

(Ur.  hi-a  —  finnois  voi-  «  pouvoir,  avoir  de  la  force  «. 
étr.  mim-e-n-i  —  finnois  manna  •'  uppàt  ». 

13=  finnois,  hongrois  y  (à  I3  peuvent  être  assimilées  les  tliph- 
thongues  ai  et  ei,  ([ui  deviennent  aisément  i  ;  cf.  §  00  :  Anai- 
nai,  Aneinei  ^^  Anini;  leine  ^r=line).  Exemples  : 

élr.  ic-e.  ic-u-n  —  finnois, y«/:rt-  «  diviser  ». 

etr.  it-u-na  —  finnois yV^Z-Z-w-  «  ajouter  ». 

élr.  iu-c-i-e  —  finnois  ,jno-  «  boire  ». 

éli'.  ti-u  —  finnois  taje-  c  èti-e  dense  ». 

étr.  ai,  ei  — •  finnois  (iij(i  «  mulliple  ». 

étr.  ei-t-va  —  hongrois  ij-t'id-  «  effrayer  ». 

étr.  eim  —  finnois  jomcn  «    ferme  ». 

élr.  cei-a —  finnois  kajr-  «  r(;sonner  ». 

étr.  lei-n-e  —  hiinois  /oja  a  paresseux  ». 

1;  =  //  bref  finnois,  ii  finnois  après  un  z  (voir  §  72). 
Exemples  : 

étr.  ciz-i  —  finnois  hul-su-  «  appeler  ». 

étr.  xiiïi  —  finnois  hiniio  «  chose  ruinée  ». 

étr.  xis  —  finnois  kusi  a  urine  ». 

élr.  riv-ax  — finnois  r/z/yr/  «  croûte,  bouton  ». 

étr.  riz-il-e  • —  finnois  rut-isla-  «  comprimer  ». 

64.  Eijtiivaloiccs  de  /'u  ('■Inisfjur. 

U|  --  0  finnois,  o  hongrois  (bref  ou  long).  Exemples  : 
é'ir.  cur-iea-s  —  hongrois  /,-i)r  «  maladie  ». 
•  'Ir.  lupu  —  finnois  lo/ijm-  ««   finir   ». 
éli'.  mun-e,  mun-i-cl-  —  hongrois  inon-(h.-  «  dire  ». 
élr.  mur-S —  hongrois  yy^or-ia  «  miette  ». 
élr.  sut-an-as  —  finnois  sota  «  guerre  ». 
(Mr.  tul-ar —  finnois  lola  «  tra(;e,  sillon  ». 
t'dr.  tur  —  finnois  lova  «  dispute. 

étr.    tus,   tus-6i   ■ —    linnois  toJi-ti-  «   oser    »;   cf.   Ichérém. 
tos-te-  '<  avoir  confiance  ». 

étr.  tuz-1  —  finnois  tote  [tosi)  «  vrai  ». 
étr.  8ur  —  hongrois  sur  «  fois,  répétition  ». 
étr.  ur  —  finnois  ora  «  uerme  ». 


PRÉCIS    GRAMMATICAL 


47 


étr.  us-i,  us-l-i  —  finnois  osa-  ((  frapper  (le  but)  ». 
L'u  inilial  élrusqiie  appartient  toujours  à  cette  catégorie. 

Uo  =   ï(   finnois,    i'i    finnois    (bref  ou   long),    ù    hongrois. 
Exemples  : 

('Ir.  eus  —  finnois  kfisi  «  sapin  ». 

étr.  fus-l-e  —  iinnois  y>/7s77-  «  rester  en  place  ». 

étr.  lu  —  finnois  Ifi  «  os  ». 

étr.  mul-a  —  hongrois  rnûl-  «  passer,  fuir  ». 

étr.  mu-t-in  —  finnois  mû  «  autre  ». 

étr.  put-e  —  finnois  pntu-  «  man(|uer  ». 

étr.  sur-e  —  finnois  siiri  «  grand  ». 

étr.  tul  —  hongrois  tùl  «  au-delà    ». 

élr.  0u-es  —  finnois  hfita-  «  crier  ». 

étr.  6uf-ul-6-as  —  hnimis  AZ/r*'/  «  bon  ». 

Uj  =  U  ie  finnois.  Exemples  : 

étr.  hup-ni-na  —  finnois  vl-pû-  «  tarder  ». 

étr.  hu9  —  finnois  vîic  [vlsi]  «  cinq  ». 

étr.  hur-si  —  finnois  vieri-  «  être  roulé  ». 

étr.  lu-u  —  finnois  /ie-  «  devenir  ». 

étr.  luc-air-ce  ■ —  finnois  llhku-  «  se  mouvoir  ». 

étr.  mul  —  tinnois  m'ipli  «  esjirit  ». 

étr.  pur-ts-va-n-a  —  finnois  y;//-/  «  cercle  ». 

étr.  suc-ri —  liiiiiois  sieh-aUl-   «  être  en  retard  ». 

étr.  sup-r-i  —  finnois  sipi  «  aile  ». 

65.  Pour  les  groupes  de  voyelles  (voir  §  oo).  tes  exemples 
ne  sont  ni  assez  nombreux  ni  assez  concluants  pour  qu'on 
puisse  établir  dès  à  présent  des  équivalences.  Il  semble  tou- 
tefois que  h'  groupe  étrusque  au  réponde  aux  groupes  finnois 
uo^  in"),  i'iïi  : 

:i".  cau-6as  —  finnois  l,-i)'ùhii  «  paiivi'e  ». 

Ir.  9aur-a  —  \\\\\\y)\<.  hàùrl-  «  être  empressé  ». 

Ir.  laut-ni  —  linnois  luot-ta-  ><  se  lier  à  ». 

66.  Consonnes. 

Pour  les  consonnes,  il  y  a  moins  d'incortiInJe  (jne  |)Our  les 
voyelles. 


48  DEUXIÈME  PARTIE 

C  (ou  k),  1,  m,  n,  p,  r,  s,  t  pouvoiiL  (Hrc  considérées  comme 
(Mliiivalanl  aux  Icllros  conospondantes  du  latin,  puisqu'on  a 
(Il  ('Il  iis(|U('  Ceicna,  Larô,  Menrva,  Petruni,  Serturi,  Tar- 
j^na,  <iui  (lonneiil  en  laliii  Caecina,  Lars,  Minerva,  Petro- 
nius,  Sertorius,  Tarquinius.  (^ommo  dautro  part  les  mêmes 
lettres  latines  se  retrouvent  avec;  leur  valeur  dans  les  langues 
ougro-finnoises,  il  est  permis  de  rapprocher  les  consonnes 
étrusques  ci-dessus  indiquées  des  consonnes  ougro-finnoises 
correspondantes^  abstraction  faite,  bien  entendu,  des  cas  où 
les  dites  consonnes  ougro-finnoises  auraient  subi  des  modifica- 
tions pli()néti(|U(>s  par  suite  de  nasalisation  ou  de  mouillcment. 

67.  11  existe  on  élrus<|iie  deux  types  de  s,  qui  ont  pu  avoii" 
à  l'origine,  une  valeur  ou,  tout  au  moins,  une  atl'ectaticm  difle- 
rentes.  l'eut-ètre  les  Ktrusques  avaient-ils,  comme  les  Grecs, 
un  type  de  s  pour  le  début  ou  le  milieu  des  mots,  et  un  autre 
type  pour  la  fin.  (iOrssen  croit  pouvoir  dire  que  Tune  des 
formes  de  s,  celle  (ju'on  transcrit  généralement  par  s'  est 
plutôt  all'ectée  à  la  fin  des  mots  (Corssen,  I,  p.  14).  Mais 
Tusagc  est  trop  incertain  j)our  qu'on  puisse  formuler  une  règle. 
Dans  les  textes,   les  deux  signes  s'emj)loient  continuellement 

I  un  pour  lautre.  (Test  ainsi  que  l'on  a  : 

enesci  (C.   4:;38,  A.  7-8)     et  enes'ci  (>7>/V/.,  B,  12). 

clensi  F.  2im)  et  clens'i  [V.  1922). 

fleres^K. 2:391);  Krall,  IX,  l 'i )  et  fleres'  (F.  1 055  ùis). 

nesl  (Magliano,  B)  et  nesl  (Magliano  A). 

zivas  (F.  2100)  et  zivas  (Krall,  MM,  12). 

ais  (Krall,  V.  18)  et  ais  (Krall,  IV,  21;  VII,  16). 

cealxus    Krall,  XI,  12)  cl  cealxus'  (Krall,  IX,  y,  2). 

spurestres   (Krall,    IX,    10),  spures  très  (  id.,  III,  21)  s'pu- 

res'tres'  (id.  VIII,  14). 

II  serait  aisé  de  multiplier  les  exemples.  La  conclusion  pra- 
tique, est  que,  pour  les  comparaisons  phonétiques,  nous  pour- 
rons considérer  les  deux  formes  étrusques  de  l's  comme  équiva- 
lentes et  que  dans  nos  ti'ansci'iptions  il  sera  tout  à  fait  inutile 
de  distinguer  les  deux  formes  |)ar  des  caractères  dillérents. 


PRÉCIS    GRAMMATICAL 


49 


68.  Lo  Xj  1^  6  ol  le  <p  ne  sont  pas  des  spiranles  comme  le  cli 
allemand,  le  th  dur  anglais  ou  notre/.  Ce  sont  des  sourdes  (A-, 
/,  p)  suivies  d'une  aspiration  ik  +  //,  t  -\-  h,  p  -\-  h).  Ce  qui  le 
prouve,  c'est  cfu'elles  conservent  toujours  l'articulation  de  la 
sourde.  Ainsi,  elles  remplacent  les  consonnes  correspondantes 
du  grec,  lesquelles  sont  des  sourdes  aspirées  :  A^ile  =  X/'X- 
At'j;,  0ese  =1  0r,a-£Jç,  PrumaGe  =  npouLriBsJ;,  Amcpiare  =^ 
"AuL'^'.àpao;  (Lattes,  Isrri-ioni  paleolatinc.  di provenicnza  ctrusra^ 
p.  65).  Ainsi  encore,  l'aspiration  étant  plus  ou  moins  voilée  par 
l'arliculation  dominante  de  la  sourde,  elles  remplacent  un  x  (ou 
un  *'\  un  T  ou  un  o),  un  -  : 


Axmenrun  =  A-'a;j.;;j-vcov. 
Extur  ="ExT(op. 
Atres6e  =  "AooacrTo;. 


Urusôe  =  'Oc£7Tr,;. 
Phersipnai  =  ncos-ccpôvr,, 
Zintrepus  ■-=  ïjvtoo-jîô;. 


Ainsi  enfin,  elles  permutent  souvent,  en  étrusque  même,  avec 
les  sourdes  correspondantes  : 

Axsi  (G.  3819)  et  Acsi  (C.  3815,  3818). 

raxelvrall.  lY,  9,   10,   13    et  race  (/ôzV/.,  V,  8). 

sex  ic.  370,  i08,  4133,  etc.)  et  sec   C.  320,  1770,  2683,  etc.). 

srenxve  Kr.,  II,  10;  IX,  15)  et  srencve  ijlnd.^  II,  12:  lY,  12). 

Uxumzna  (C.  639)  el  Ucumznal  (C.  2680). 

Xurxles   F.  2070)  et  Xurcles  (F.  2071). 

Larei  (C.    254,  268,  etc.)   et  Larti  iC.  103,  159). 


Leei    C.  4001) 
Semeni  (C.  3966) 
suei    F.  2031,    2602.    etc. 
municlee  (F.  2339) 
hue  (F.  2552;  C.  48) 
zilat   C.  2771) 
lautniea  (C.  808,  etc. j 
Phacsneal  (C.  4462) 


et  LetifC.3917). 

et  Semtni  (G.  3968). 

et  suti  iG.  49). 

et  municlet  (C.  4538)  ; 

el  hut  (G.  4538). 

et  zilae(F.2055). 

el  lautnita(A^o//;«e,  1895,  p.  339). 

et  Pacsnial  (C.  3520). 


11  est  à  remarquer  de  plus  qu'à  coté  du  cp  \p  -\-  Au  les 
Etrusques  ont  dans  leur  alphabet  un  caractère  spécial,  le  8,  qui 
correspond  à  1'/'  des  Latins  el  doit  être  par  conséquent  consi- 


50  DEUXIÈME    PAliTlE 

(iéré  comme  iino  spiruntc.  Ce  caractère  eût  clé  inutile  si,  tout 
au  moins  à  l'orij^ini»,  le  <f  avait  été  articulé  comme  un  /,  au 
lieu  de  l'être  comme  une  sourde  suivie  d'une  aspiration.  Ce 
n'est  (|u"à  la  longue  que  la  distinction  enli'c  le  9  et  le  8  est 
allée  en  s'allaiblissant.  IJes  variantes  comme  Apuni  (C.  41;J3)  et 
Afunei  ((L  1809),  Hapre  (C.  280)  et  Hafure  (C.  413),  OuplOas 
(C.  iio)  ei  eufleas  (C.  iili),  Oepri  (C.  il  11»!  et  eefri  (C.  i04o),  où 
p  pcrmutf*  avec  f,  montrent  (juiin  j<»ur  est  venu  où  l'on  a  eu  p 
=  p  +/,=[. 

69.  Le  p,  le  ph  et  If  étrus(|ues  n'ont  en  finnois  qu'un  seul 
équivalent,  leyy,  i)arce  que  le  linnois  n'a  ni  b  ni/.  Pour  déter- 
miner les  équivalences,  il  importe,  toutes  les  fois  (jue  la  chose 
est  possible,  de  coiilrùlcr  les  données  du  finnois  [)ar  celles  du 
hongrois,  lequel  possède  le  b  et  1'/. 

Pnrtout  où  l'élnisqut^  présente;  un  p  initial,  il  faut  que,  s'il 
y  a  un  terme  hoiigi'ois  correspondant  au  terme  étrusque,  il 
commence  p.ir  un  h.  I^xeniples  : 

é'ii".  pajf-i-es  —  hongrois  Aa/' k  mal,  «léconvenue  ». 
('Ir.  pr-umis  —  hongi-ois  Jinr-iil-  «  se  couvrir  ». 
('Il',  puia  —  hongrois  biij-t-,   «  exciter  ». 

Piirloiil  où  r(''lnis(|n('  |»rt''sente  un  f  initial,  il  faut  que  le 
lernie  hongrois  corresjiond;!  ni  commeiu'e  par  un  /.   Exemples: 

éli'.  fal-as,  fal-s-ti  —  linnois  pala  «  bouchée  »  ;, 
—  —  hong'i'ois  /a/-  «  dévorei*  ». 

éli'.  far-9  —  hongi'ois  for-'j.d-  «  j)einer  ». 

élr.  fase,  fas-l-e       —  hongi'ois />/.y-/7/-  «  s'étendi'e  ». 

Le  p  el  If  (■lnis(|nes,  (piand  ils  ne  sont  |)as  iniliaux,  sont 
sujets  à  |»ermutei'  entre  en\.  tt'nioin  les  \ai'iantes  citées  [)lus 
haut  Hap-re  et  Haf-ure,  ôup-lOas  et  Ouf-leas,  eep-ri  et 
6ef-ri.  Aussi  est-on  fondé  à  ci'oii'e  (jiie  les  deux  lelii'es  ré[)on- 
dent  indill'iM'emment  au  y>  hongi'ois  iinn  iniliid.  le  choix  de 
I  iiiH'  on  de  raulre  étant  sans  doute  une  ;ilf;iii'e  de  prononciation 
individuelle.  Voilà  coiuinenl  il  e^i  [)ermis  de  rapprocher  : 
d'une  part 


PRÉCIS    GRAMMATICAL    •  51 

éti'.  af-r-s   —  hongrois  ayja  «  père  ». 

étr.  af-u-n  —  hongrois  apoid-  «  décroître  ». 

d'autre  part 

étr.  ap-r      —  hongrois  oLp-ro  «  petit  ». 

étr.  ep-1       —  hongrois  ép  «  intact  ». 

étr.  nap-er  —  hongrois  ?iy.p  «  soleil  » . 

70.  Léquivalent  du  X  étrusque  doit  être  cherché  parmi  les 
gutturales  ougro-finnoises,  g  ou  Z-,  /i  guttural  hongrois,  h  fin- 
nois enclavé.  Lorsque  le  X  est  initial,  il  correspond  toujours  à 
17/  guttural  hongrois.  Il  ne  correspond  jamais  à  un  /i  initial 
finnois,  lequel  du  reste  se  ramène  à  une  sifflante  primitive. 
Exemples  : 

étr.  xina  —  hongrois  hom-orû  «  concave  »  ;  finnois  /tumo 
«  état  de  ruine  ». 

étr.  xi-©m  —  hongrois  haj-t-  «  i)ousser  en  avant»;  vogoule 
kiij-t-  «  pousser  ». 

étr.  xis  —  hongrois  Jiùd'  «  urine  »:  finnois  kasi  «  id.  »; 
ostiak  x^-^'-e^^^  «  id.  ». 

étr.  xis  —  hongrois  hossù  «  long,  prolongé  »;  vogoule  kosd, 
Xoca  «  id  ». 

71.  L'équivalent  du  8  étrusque  est  une  des  dentales  ougro- 
finnoises  d  ou  t.  Mais  cette  équivalence  cesse  lorsque,  au  lieu 
d'être  médiat  ou  final,  le  9  est  initial.  Dans  ce  cas,  il  correspond 
toujours  à  une  sifflante.  La  sifflante  est  le  terme  naturel  de 
l'évolution  de  la  sourde  aspirée  t  -j-  /'.Le  rapprochement  des 
formes  AleGna  (F.  20.^5  et  suiv.)  et  Alesna  (F.  III^  323) 
montre  que  la  prononciation  du  6  était  très  voisine  de  celle 
de  l's.  Voilà  pourquoi  les  prénoms  LarO  et  ArnS  ont  pu  son- 
ner aux  oreilles  des  Latins  de  façon  à  donner  les  transcriptions 
Lars  (Cic.  Philipp.  IX,  2,  k),Arns  om  Aruns  (Tite-Live,  II,  14). 

L'équivalent  du  6  initial  étrusque  est  \h  finnois,  lequel  cor- 
respond lui-même  à  \i  du  hongrois  et  des  autres  idiomes  congé- 
nères (Szinnyei,  Finnisch-ugr.  Sprac/nc,  p.  26),  Exemples  : 

étr.  eam-ce  —  finnois  hmna      «  marche  » 


o2  DEC XI KM K  PARTIi: 

('Ir.  0an-a,  6an-r  —  liiniois  hcn-lo  «  Iriidcc.  doux  ». 

('Ir.  eel-u  —  liiiiiois  lii'l-lr  «  chalt'iir.  .irdciip  ». 

('Ir.  6u-es  —  liiiiiois  linta-  «  crici'  >>. 

l'If.  6uf-l-6as  —  liiiiiois  ///7/v/  «   Ikjii  ». 

72.  Le  z  éU'us([iu'  pcrmulc  (|ii(d(|ii('r()is  avfc  Is  ;  c'osl  ainsi 
que  l'on  a  les  vaiianlcs  : 

Zauturia(C.  4302)  el  Sautri  (C.  i.'JOl;  les  deux  noms  s'appli- 
quent à  la  même  personne) 

Zerturi  ^C.  4355)  et  Serturus  {C.  4357). 

Cuizlania  (('..  1220j  cl  Cuislanias  {(].  794). 

Remzna  C  2080)  et  Remsna  (C.  2675). 

cealxuz  (Krall,  X,  2)  au  lieu  de  la  forme  ordinaire  ceal/us 
(Krall,  XI,  12). 

Titiz  (C.  4052),  Vipiaz(C.  4051)  Aulez  (G.  1833)  au  lieu  des 
génitifs  réguliers  Titis  Vipias  el  Aules. 

Mais  il  est  probable  (|ue  cette  assibilation  du  z  résulte  d'un 
affaiblissement  d'articulation  analogue  à  celui  qui  a  résolu  le 
e  en  s  dans  Alesna  pour  Aleôna  (cf.  plus  haut,  §  71).  Le  z 
étrusque  a  du  avoir  à  l'origine  à  peu  près  la  même  valeur  que  le 
z  grec,  dont  il  occupe  la  place  dans  l'alphabet  (Corssen,  II, 
p.  159),  c'est-à-dire  la  valeur  d'un  dz  ou  d'un  zd,  plus  ou  moins 
adouci  (V.  Henry,  Précis  de  Gramm.  comp.,  p.  63);  de  là  les 
formes  parallèles  : 

Axvizr  (t'ierhard,  7i/yv/.s/-.  Spitupd,  IV,   51)  et  Axuvitr  {IhkL, 

IV,  61). 
Arnza  (C.  697,  2948)  el  Arneia  (Fabretti,  (ilossar.,  p.  171). 
Larza  [Glossar.,  p.  lOOi)  et  LarOia  [G/o.ssar.,  p.  1006). 
Laziu  (G.  3037)  et  LaO,  Laei  {Glosmr.,  p.  988-989). 

Gf.  la  transcri|)tion  Zuimiee  =  A'.oa/.oTj^  (Gorssen.  I,  p.  270). 

Nous  considérerons  donc  le  z  étrusque  comme  l'équivalent 
d  un  don  I  ougro-finnois.  Peut-être  répondait-il  priinilivenient 
à  (jnelque  dentale  mouillée  d',  t).  comme  il  en  existe  dans 
plusieurs  des  idiomes  ougro-linnois. 


PRECIS    GRAMMATICAL 


53 


Initial,  le  z  étrusque  correspond  soit  au  t  finnois,  soit  au  t 
hongrois  précédant,  l'un  et  l'autre,  une  voyelle  douce  ou  inflé- 
chie [ii^  o,  û\  soit  au  d  hongrois  précédant  un  ï.  Exemples  : 


étr. 

zam-ei 

—  hongrois 

tom- 

«  bourrer  ». 

—  tchérémisse  tàm- 

«       id.      ». 

étr. 

zat-i 

—  hongrois 

tàt- 

«  paraître  ». 

étr. 

zil 

—  hongrois 

lal-ji 

((  plein  ». 

étr. 

zer-i 

—  hongrois 

tor- 

«  briser  ». 

étr. 

zec 

—  finnois 

tah-tc 

«  résidu  ». 

étr. 

zi-a 

—  finnois 

ti'i-ôn-tïi- 

«  faire  naître  ». 

étr. 

ziX 

—  finnois 

ti'(h-vn 

«  dense  ». 

étr. 

zix-u-x-e 

—  finnois 

tak-kil- 

«  palpiter  ». 

étr. 

ziv-as 

—  finnois 

tïivil- 

«  être  tranquille  » 

étr. 

zuc-i 

—  finnois 

tok-ai-st- 

«  frapper  ». 

élr. 

zu-1 

—  hongrois 

dij 

«  prix  ». 

étr. 

zu-s,  zu-sl- 

■e — hongrois 

dis 

«  beau  ». 

73.  La  lettre  étrusque  ^  ,  que  l'on  transcrit  par  un  v,  est  en 
réalité  une  semi-voyelle,  w.  Elle  a  la  même  valeur  que  le  di- 
gamma  grec,  dont  elle  reproduit  la  forme,  dont  elle  occupe  la 
place  dans  l'alphabet  et  auquel  elle  correspond  quelquefois 
(ainsi  Aivas  =  Alfa;).  De  là  vient  qu'elle  permute  aisément 
avec  Tu  : 

Apvcuia  (F.  2392)      et  Apucu  (F.  2393). 
Fravnei  (C.  3042)        et  Fraunei,  Frauni,  {Glossar.,  p.  521). 
Cf.  0.  MûUer-Deecke,  II,  p.  371  et  suiv.) 

Dans  le  corps  où  à  la  fin  des  mots,  le  v  étrusque  répond 
tantôt  au  v  finnois  ou  hongrois,  tantôt  à  un  p  ougro-finnois, 
susceptible  île  s'adoucir  en  r  conformément  à  une  loi  phonéti- 
que des  langues  ougro-linnoises,  (jui  a  pour  effet  de  modifier  le 
degré  de  la  consonne  {Stiifoni'crlisrl;  cf.  Szinnyei,  Finnisch- 
ugrlsclic  Sprac//fr.,  p.  30).  Exemples: 

étr.  av-il.  av-en-ce —  hongrois  ar-as  «  vieux  ». 

étr.  ziv-as  —  finnois      iiivi'i-  «  èlre  tranquille  ». 

étr.  cve-r  —  finnois     kipr/  «  douleur  ». 


54  DEUXIÈME  PARTIE 

élr.  cav-e6  — finnois     hajm  «caillou  ». 

(''Il',  tev-r  —  finnois      lapa  "lial)iUi(le  ». 

('Il-,  hev-n  —  finnois     vapa-  «  trembler  ». 

Inilial.    U;  v  rlrusque  a  pour  (''quivalont  1"//  ou  1"/?  finnois. 
Jamais  il  ne  rc'ponil  à  un  v  finnois  initial.  Exemples  : 

L'ir.  vax-r  —  finnois  iiliha  «  obsli nation  ». 

(Mr.  vel  —  finnois  i'ih'  «  ce  (jui  est  au-dessus  ». 

)''lr.  ver-s-i-e  —  finnois  nr-'i-si-  «  gémir  ». 

éti'.  vi-u-um    —  finnois  ui-  «  nager  ». 

6\v.  vis-1  —  finnois  ûs-td-và  «  amical  ». 

élr.  vl-s-si        — finnois  ul-ko  «  dehors». 

étr.  vip-i-nal   —  finnois  uppu  «  trou  ». 

74.  Le  signe  que  Ton  est  convenu  de  transcrire  par  un  h 
sert  quelquefois  à  rendre  l'esprit  rude  des  (Irecs  (Hercle  F.  2481 
=:  Mlpa/.AY.^;  Helenaia  V.  25(11  =::  'FAÉvri);  mais  il  n'en  est  pas 
réquivalent  exact,  puisqu'il  sert  tout  aussi  bien  à  rendre  l'esprit 
doux  (F.  2.')l  i  :  Hamphiare  ^'Au.cpt,àpaos)  et  qu'il  y  a  des  cas  où 
l'esjjrit  rude  n'est  pas  rendu  du  tout  (F.  2500  Elinai  =  'EXsvr,). 
Il  est  probable  que  la  prononciation  de  l'h  étrusque  était  voi- 
sine de  celle  de  1'/  latin,  c'est-à-dire  qu'elle  équivalait  a  à  une 
sorte  de  souille  émis  la  bouche  enlr'ouvertc  »  (Bréal,  Dictionii. 
élipn.  lalin,  p.  122,  haedas).  Dans  une  inscription  bilingue 
(G.  3763)  l'étrusque  Cahatial  «  né  de  Cahatia  »  est  traduit  en 
latin  par  Cafa/ia  natas.  De  même  on  a  les  variantes  : 

harOna  ((1.  3135)  et  farOana  (C.  3910). 

Hasti,    prénom   féminin    (Fabrelti,    Glo.s.s.,    p.   563)  et  Fasti 

[Ibid.,  p.  443). 
Hasntru  (C.  1)45,  946)  et  Fasntru  (G.  947). 

L'équivalent  de    Ih  étrusque  est  le   v    finnois   et  vogoule. 
l']xeniples  : 

étr.  ha6-r-6i       —     finnois    vâti-  «  réclamer  ». 

élr.  hec-z-ri       —     finnois    vâ/d  «force». 

étr.  her-m-u      —     vogoule  ver-m-       «  résister  ». 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  55 

élr.  hes-n-i  —  finnois  vd.'^iï-  «défaillir  ». 

étr.  hev-n  —  finnois  vapa-  «  trembler  ». 

étr.  hi-a  —  finnois  voi-  «  être  fort  )>. 

étr.  liin-9a  —  finnois  vaino  «flair», 

étr.  hup-ni-na  —  finnois  vlpil-  «  tarder», 

élr.  hur-si  —  finnois  vieri-  «  tourner  ». 

élr.  hu6  —  finnois  vite  {vlsi)    «  cinq  )>. 

Dans  le  corps  des  mots,  Vh.  est  1res  rare.  Presque  tous  les 
exemples  sont  fournis  par  des  noms  propres  : 

Ahsi  (C.  3621),  Cahatial  (G.  3763),  Mehnati  (G.  4395), 
Sehtmnal  (G.  4098),  Uhtaves  (G.  4154). 

On  trouve  dans  la  région  de  Pérouse,  un  démonstratif  cehen. 
Mais  le  mot  paraît  formé  de  deux  éléments  séparables,  le 
démonstratif  ce  et  une  enclitique  hen. 

Dans  les  mots  composés,  si  le  second  terme  a  un  h  initial, 
cet  h  est  remplacé  par  un  v.  Ainsi  dans  le  composé  trut- 
vec-i-e  «  être  ferme  de  protection  »,  on  retrouve  sous  la  forme 
vec,  le  radical  hec  de  hec-z-ri. 


II 
FORiVlATION  DES  MOTS 

75.  Radicaux  simples. 

Un  grand  nombre  de  mots  étrusques  se  présentent  sous  une 
foime  très  simple,  sous  la  forme  de  radicaux  dépourvus  de 
tout  sulFixe. 

Les  formes  nowincdes  simples  sont  monosyllabiques  et,  sauf 
les  exceptions  indiquées  au  paragraphe  suivant,  sont  terminées 
par  une  consonne  : 

ais   (Krall,  IV,  21  ;  YIII,  16).  cal  (Krall,  X,  14;  F.  2279). 

am  (Magliano  A,  1.  5).  cel  (G.  4082). 

ap  (Gapoue,  1.  8).  ces  Nnlizir,  1895,  p.  339). 

ariKrall,\  ll,21;Vill,10;X,4;.  cis  ilviall,  Mil,  1). 

cac  (Magliano  B,  1.1).  es  (Krall,  II,  9  ;  4,  5, 17  ;  C.  48). 


fifi  DELXlKMi:  PAlîTIE 

eus    Krall.XIl,  12).  sec,   sex    (<-  320,  370,    i08). 

Xim    (la.  7λ!I;    Knill,  III.  13  ;  sic   Krall,  V.  10,  44). 

M.   i(i.  (>lc.i.  sin  (Krall,  IV,  19.  20;  V,  W, 
Xis    Krall.  III,  22;  IV,  2].  I.'i;  IX,  22). 

ez,Magliano,  A,  I.  1).  sul  i(-apoiio.  1.  3). 

fir  (Capouo,  I.  I(i).  sue  (Kiall.  V.  7;  IX,  13). 

hue  (F.  22.';2).  teviMagliano,  li,  I.  3). 

ic  (Krall,  VII,  i(i;VIII,2).  tur    Krall,  IV,  13;  IX,  G). 

im  Xofizir.  18i):3,  |).  339).  tus  iC.  133). 

iX    Krall,  VII,  22;  X,   10;  C.  Oar  (Krall.  VIII,  12). 

i.^;38).  eec    Krall.  X,  22). 

max    F.  22:;2).  Sun    Km  II.  IV,  :>,  17). 

man  i^Magliano,    A,   2;  I».  2;  eux  .Magliaiio,  A,  I.  4). 

C.  3326).  un  (Krall,  III,  19;  IV,  15). 

mar  (Capoiic,  I.  10).  var  (Krall,    IV.    12.     l 'i  ;    V, 
mer  (C.  î:J38i.  10,  etc.)- 

mue    Krall,  XII.  3,  o).  vel  (Ga.  30  ;  F.  22:;0). 

nac     Krall,    Vil,  19;  X,   14;  vas  (Krall,   III,  14) 

F.  2:;98).  vs  (Magliano,  lî,  I.  4). 

pul  (Ca.  799).  zac(Krall,  X,22;  Capoiie,  I.  7). 

rax     Krall.    V.     IH;   VIIT,  4).  zax  (Krall,  X,  .3). 

sac   <-a[ioui',  I.  lOj.  zal  (F.  22")2). 

sal  (Krall,  VU,  7;  XI,  11,  Ma-  zec    Krall,  V,  22  ;  IX,  1,  9). 

gliano,  H,  I.  4).  zic  (da.  799). 

sav  (Capouo,  1.  5).  zil    F.  1,  436  «,  136  /y). 

se  Magliano,  IJ,  I.  1).  zs  [i\.  t538i. 

76.  Les  radicaux  nominaux,  non  terni in('.s  par  une  consonne, 
sont  assez  rares;  ce  sont  : 
a)  le  pronom  mi  (i;^  35,  36). 
/))  des  noms  de  rionihi'c  ci,  sa,  eu  (F.  2252). 
r)  des  parti<  nies  drni(uis[i-atives  ou  des  enclitiques  : 

ca  C.  '(538,  4539).  pe  'C.  4538  :  ca-pe). 

ma  (C.  l 'i,  51 ,  60,  4538).  vie  (G.  4116). 

pa  (cf.  ij  25j. 


PRÉCIS    GRAMMATICAL 


S7 


d)  quelques  substantifs  ou  adjectifs,  tels  que 

ei(C.  370;Krall,IV,  13;  XI,  16). 

se{Notizie,  1895,  p,  339). 

puia(G.  922,  2041,  21 13,  etc.). 

tei(Krall,  II,  11,  13;  IV,  7  ;  YIII,  4.  12  etc.). 

Mais  la  plupart  de  ces  substantifs  ou  adjectifs  étant  terminés 
par  un  i,  on  peut  se  demander  si  à  l'origine  la  désinence  n'était 
pas  un  j  consonne,  qui  peu  à  peu  s'est  affaibli  en  J  voyelle. 

77.  Les  formes  verbales  simples  sont  toutes,  sans  exception, 
à  désinence  vocalique  : 

aie  (Krall,  III.  17;  VII,  4).  mêle  (Krall,  IV,  5,  17). 

ama  (C.  ^538  ;  Krall,  X,  9,  14).      mena  (G.  4-538). 

ame(G.  4o38  ;  Krall,  VII,  14;     mené  (Krall,  II,  9;  Magliano 


VIII,  6,  8;  X,  3,5). 
ara  (Krall,  III,  17;  X,  20;  XI, 

9). 
calu  (Magliano,  B,  I.  1). 
caru  (G.  4538). 
cela  (Krall,  III,  15;  VII,  2,  3, 

4,  5). 
cexaiF.  1055;  2613;  G.  4538; 

Krall,  XI,  13). 
cle(G.  4538). 
Xuru   Krall.  X,  4,  17). 
fanu  (G.  4 H 6) 
fase  (Krall,  V,  15). 
hia  (Krall,  VII,  2,  3,  4,  5). 
ia  (Gapoue,  1.  12). 
ice  (Gapoue,  1.  4). 
l\x\i  Nofizie.  1895,  p.  339). 
maie  (Krall,  YII,  3,  4,  5). 


A,l.  2). 
mulaïKrall,  VIII,  9;  X,   21). 
pute  (Krall,  11,6;  III,  22;  IV, 

3,  16;  etc.). 
ria  (Gapoue,  1.  3). 
ruze  (Krall,  IV,  5). 
suri  (Magliano,  B,  1.2). 
tenu  (F.  2057,  2070). 
tiu  (Magliano  A,  1 .  3). 
tura  (Krall,  II,  10,  13;  ÏV,  9). 
eaura(G.  4538). 
eaure  (G.  4116). 
une  (Krall,  VIII,  M), 
vale  (Krall,  VII,  5). 
vile  (Krall,  VII,  5). 
zati  (Krall,  VIII,  13). 
zeri  (Krall,  V,2;  VII,  21  ;  IX, 

1,  8). 


78.  Radicaux  dérivés. 

A   coté  des  radicaux  simples  dont    il  vient  d'être  (juestion, 
l'étrusque  possède  une  grande  variété  de  radicaux  complexes  ou 


58  DEUXIÈME  PARTIE 

dérivds.  Ces  radicaux  sont  formés  par  radjonclion  d'un  ou  plu- 
sieurs éléments,  qui  s'agji'lulinont  h  un  radical  simple  pour  en 
modifier  ou  en  préciser  le  sens.  Mais  le  radical  simple  demeure 
toujours  à  la  première  syllabe  et  ne  subit  aucune  altération.  Il 
est  toujours  facile  de  Tisoler  des  suHîxes  de  dérivation. 

Les  suffixes  de  dérivation  dont  se  sert  l'étrusque  sont,  à  peu 
de  chose  [)rès,  ceux  (|ui  existent  encore  aujourd'hui  dans  les 
langues   ougro-linnoises  '.   .le  les  classerai  en   deux  groupes  : 

1"  Suffixes  servant  à  former  des  verbes  [suffixes  verbaux); 

2"  Suffixes  servant  à  former  des  substantifs  et  des  adjectifs 
{■suffixes  7}()niiiiaiix). 

79.  Preiiiler  groupe  :  Suffixes  verbaux. 

Dans  les  grammaires,  ils  sont  subdivisés  en  deux  classes, 
suivant  que  le  point  de  départ  de  la  dérivation  est  un  verbe  ou 
un  substantif;  on  a  ainsi  le  dérivé  issu  de  verbe  [verbu/u  dever- 
bale)  et  le  dérivé  issu  de  nom  [verburn  denonnnale)\  de  plus  on 
distingue  les  sufiixes  fréquentatifs,  momentanés,  réfléchis,  pas- 
sifs, factitifs,  etc. 

Nous  avons  encore  de  rétrus(jue  une  connaissance  trop 
imparfaite  pour  pouvoir  lui  appliquer  toutes  ces  subdivisions. 
Nous  nous  contenterons  d'énumérer  les  suffixes  de  dérivation 
verbale  par  ordre  alphabétique  ". 

80.  Sullixe  -c,  -x  (pour  l'éciuivalence  du  c  et  du  x.  voir  §  68). 

acl-x-a  (Krall,  V,  18)  «  être  très  rapide  »,  verbe  dérivé  de 
acl  ou  acil  (Krall,  VI,  15,  16)  «  rapide  ». 

cer-i-x-u.  \y .  2^533)  «  circonscrire,  enclore  »,  déi'ivé  d'un 
radical  *cer  qui  exprime  Tidée  de  «  cercle  »;  cf.  cer-i-n-u 
(F.  2183),  «  enclore  »  ;  cer-urum(C.  4116)  «  comble  en  cercle  ». 

farena-x-e  (F.  2327  1er  b\  F.  I,  387)  «  être  misérable  », 
dérivé  de  farGna  ou  farGana  {i\.  3910)  «  pitoyable,  misérable  ». 

1.  Boller,  />("('  Wnrzelsiiffixc  in  den  in'dl-aUaischcii  Spraclicn  (Silzungsbericlile 
...  Wien,  t.  XXV,  p.  01  et  siiiv.\  —  l!iulenz-Siiiionyi,  Az  ur/or  nyelvek  ôsszeha- 
sonlHi'i  (dulilnna  (Grammaire,  comparée  des  lanç/ues  our/riennes),  Biuia-Pcsth,  1884- 
1894.  —  Szinnyei,  Fiimisch-urjrische  Sprachin.,  p.  89-10o  (substantifs  et  adjectifs); 
p.  120-132  (verbes). 

2.  J'entends  par  là  l'ordre  de    notre  alphabet.  ' 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  59 

il-a-x-©  (Magliano  B,  1.  3)  «  être  en  mauvais  état  »,  dérivé 
d'un  radical  apparenté  au  finnois  il-ke-fi  «  laid  ». 

il-u-c-u  (Capouc,  1.  8)  «  être  mauvais  »,  autre  formation 
dérivée  du  même  radical. 

iu-c-i-e  (F.  2400  d)  «  boire  »,  dérivé  d'un  radical  *iu  appa- 
renté au  hongrois  iv-  «  boire  »  et  au  finnois  juo-  «boire  »  ;  le 
laponyt^-Me-  présente  une  formation  analogue  à  celle  de  l'étrus- 
que iu-c-. 

nac-x-a  (G.  4538)  «  avoir  de  la  connaissance  »  ;  cf.  finnois 
nake-  «  voir  ». 

tlena-c-es  (F.  2599)  =  «  que  l'on  fait  pivoter  »,  participe 
passé  passif  du  verbe  tlenac-  «  pivoter  »,  ou  tlena-x-  (F. 
1055  :  tlenax-eis).  Tlenac-  (ou  tlenax-)  dérive  d'un  radical 
*tle-ii-,  qui  lui-même  dérive  de  *tle-;  cf.  finnois  tela 
(c  rouleau  ». 

tr-c-e  (F.  2613)  «  être  debout  »,  dérivé  d'un  radical  *tr-,  que 
Ton  retrouve  dans  le  finnois,  tor-o  «  dressé  en  hauteur  ». 

zixu-x-e  (C.  4538)  «  tressaillir  »,  dérivé  d'un  radical  simple 
qui  se  retrouve  dans  le  nom  propre  Zixu  (G.  435). 

Analogies  oiigro-finnoises  (Budenz-Simonyi,  p.  67  et  suiv.)  : 

finnois    -=    mine-ku-  «  aller  »  dérivé  de  mine-  «  aller  » 

pane-ku-  «  placer  »  —  pane-  «  placer  » 

votiak   :=    pei-k-od-  «  conduire  dehors  »     —  pe(-      «  sortir  » 

hongrois  =    ri-k-'d-  «  faire  pleurer  »           —  ri-        «  pleurer  « 

jâr-k-âl-  «  aller  »  —  jàr-      «  aller  » 

sûr-k-àl-  «  picoter  »  —  sûr-       «  piquer  » 

n'oni-k-od-  «  piler  »  —  nom-   «  presser  » 

vogoule  =  mns-k-dt-  «  s'habiller»  —  miis-     «habiller» 

81.  Sulfîxe  -i. 

at-i-u  (G.  2767)  «  pleurer  »,  dérivé  du  radical  *at,  que  l'on 
retrouve  dans  les  noms  propres  At-e,  At-ei,  At-i,  At-ia, 
At-na.  At-ei-nei  etc.  Gf.  finnois  at-'ist-  «  gémir  ». 

hin6-i-a  (F.  2147)  «  regarder  »,  dérivé  du  radical  verbal 
hine-  (cf.  G.  4538  hine-a;  Krall,  XII,  7  hine-u). 

hine-i-u  (G.  4116j  «  être  vu,  apparaître»;  voirie  précédent. 


60  DEUXIÈME   PARTIE 

iu-c-i-e  (F.  2400  d)  «  boii'c  »,  dérivé  du  radical  *iuc  (cf.  v^  80). 

lerzin-i-a(C.  4538)  «  murmurer  »  (voir  §85). 

as-i-e  (Magliano)  «  être  placé  »,  Cf.  liunois  mf^-tta  «  poser  ». 

pax-i-e-s  (Ga.  30),  forme  se  rapportant  au  verbe  pax-i-e 
■"  éli-e  malheureux  »  ;  cf.  pa^-a-na-c  (Ga.  790). 

trut-vec-i-e  (F.  2G03  bis)  «  être  constant  de  protection  », 
vcrl)e  composé  de  trut  «  protection  »  et  de  vec-i-e  «  être 
ferme,  constant  »,  lequel  correspond  à  un  radical  *hec  (voir 
J:^  74)  ;  cf.  hec-z-ri  (G.  Ht 6)  finnois  vain  «  force  ». 

ver-s-i-e  [Notizic^  1895,  p.  242)  «  j^émir  »,  verbe  dérivé  d'un 
radical  Ver,  apparenté  au  finnois  ur-isi-  a  frémir,  murmurer, 
gémir  ».  Le  suffixe  -i  est  précédé  d'un  premier  suffixe  de  déri- 
vation, le  suffixe  -s  (voir  plus  loin,  §  86). 

zer-i-u  (G.  4538)  «  s'interrompre,  avoir  des  interruptions  »; 
cf.  zeri  (Krall,  Vil,  21). 

Ânaloj^ies  oii^ro-linnoises  (Budenz-Simonyi,  p.  3i  el  suiv.)  : 

finnois  =  kpil-j-à-  (devenu  lepd-à)  se  reposer  »,  dérivé  de  lepo 
«  repos  ». 

lapon  ^=  puola-j-c-,  dérivé  de  pnolc-  «  brûler  ». 

oda-j-e-  —  ode-  «  dormir  ». 

vianna-j-c-,      —  vtruith'.-  «  aller  », 

ostialv  =-  evt-i-  «  mettre  en  pièces  »  dérivé  de  evi-  «  déchirer  ». 
mordvine  ^  cepi-j-e  «  hacher  »  —  cepi-  «  hacher  ». 

82.  Sulfixe  -1. 

est-l-a  (G.  4538)  «  se  souvenir  »,  dérivé  d'un  radical  *est-, 
lequel  dérive  lui-même  de  *es  «  esprit  »;  cf.  hongrois  es 
«  esprit  »;  dans  le  verbe  ('s-m-l-  «  songer  »  on  retrouve  le 
même  suffixe  verbal  -/. 

fas-l-e  (Krall,  V,  2)  «  se  développer,  s'étendre  »,  dérivé  du 
verbe  fas-e  (Krall,  Y,  15).   Gf.  hongrois /».s-/7-  «  étendre  ». 

fus-l-e  (G.  4538)  «  demeurer  immobile  »;  cf.  finnois  jiUsu- 
«  rester  eu  place  »  . 

lautn-esc-l-e  (G.  4116)  «  faire  déclaration  d'affranchisse- 
ment »,  composé  de  lautn  «  allVanchi  »  el  de  escle,  verbe  dérivé 
d'un  radical  *esc,  (pu»  l'on  retrouve  dans  le  hongrois  às/i-iïv-, 
aik-âd-^  mk-al-  «  jurer  ». 


PRÉCIS    GRAMMATICAL 


61 


mul-m-1-es  (G.  4538)  «  imaginé  »,  adjectif  verhal  on  parti- 
cipe. Le  veri)e  mul-m-1-e  «  imaginer  «,  dérive  d'un  radical 
*mul-m-,  lequel  dérive  lui-même  de  *mul  «  intelligence,  pen- 
sée ».  On  retrouve  le  radical  mul  dans  mul-veni  iMagliano), 
mul-u-ne  [C.  19o).  Cf.  finnois  ////>//«  àme,  disposition  morale  ». 
Pour  la  formation  du  radical  verbal  *mul-ni-,  voir  plus  loin  §  83. 

mee-l-m  (F.  2339)  ou  mee-l-um  (^Kiall,  XII,  4  meelume), 
«  séparable,  solitaire,  isolé  »,  adjectif  verbal,  du  verbe  *ine6- 
1-  ((  couper,  séparer  »,  lequel  dérive  d'un  radical  *ine6.  Cf.  hon- 
grois /jiat-  «  couper  »  ;  indf-él-  «  séparer  en  coupant  »  pré- 
sente le  suffixe  -/,  vocalisé. 

riz-il-e  (Capoue)  «  mouiller  »,  dérivé  d'un  radical  *riz  ; 
cf.  finnois  r«^-y«  «  humide  ». 

sle-l-e-9  (C.  4538),  forme  se  rapportant  au  verbe  sle-l-e 
«  se  séparer  »  pour  le  suffixe  -9,  voir  §11,  n"  7).  Cf.  hongrois 
sâl-  ((  couper  ». 

us-l-i  (Krall,  VII,  13;  cf.  Y,  21  us-l-a-ne-c),  h  lancer  », 
dérivé  de  us-  (Krall,  YIII.  9  :  us-i). 

zus-l-e  (Krall,  II,  H)  «  être  parfait  »  verbe  dérivé  d'un 
radical  *zus. 

Analogies  ougro-finnoises  (Budenz-Simonyi,  p.  13  et  suiv.  ;  p.  156)  : 
finnois 


lapon 


=  juokse-le- 
aje-le- 
ele-le- 
kante-le- 
puhe-le- 

=  osle-le- 


dérivé  de 


Ichérémisse  =  old-ol- 
mordvine      ^  jovt-le- 


vogoule 
hongrois 


=  fol-il- 
=  dttij-ol- 
vxk-itl- 
irfxr-nl- 


juo/îse-  «  courir    » 
aje-       «  pousser  » 
eln-       «  vivre  » 
kanta-   «  porter  » 
puhu-     «  parler  » 
«  acheter  » 
«  chaufTer  » 
«  parler  » 
«se  fondre» 
(t  bourrer  » 


oste- 
old- 
jovln 
tol- 
diifj- 
v^k 


«  aveugle  » 
«  juste  » 


83.  Sullixc  -m. 


her-m-u  (^Ga.  799j  «  résislei',  tenir  bon  »;  cf.  vogoule  vcr-in- 
«  être  fort  ». 


dérivé 

de 

kuds' 

«  sec  » 

— 

i'rr 

«  plein  » 

— 

])US 

«  sain  » 

— 

tnk 

«  fort  » 

»       — 

j  0  minas 

«  bon  » 

»       — 

puro 

<(  Ijon  » 

— 

volfjo 

du 

«  brillant  » 

62  DEUXIÈME   PARTIE 

mul-m-l-es  (C.  4538)  «  imaginé  »  ;  voir  plus  haut  §  82. 
Analogies  oiigro-linnoises  (rkidcii/.-Siinonyi,  p.  llo-li")  : 

zyrénien     =  kuas'-mi-  «  sécher  » 

tîr-mî-      «  se  remplir  » 
vogoule      =  ])us-)n-       «  se  guérir    « 

iùl;-m-        «  se  fortifier  » 
jommas-m-  «  s'améliorer» 
tchérémisse  =  pure-m-  «  s'améliorer 

volgode-m-  «  luire  » 

84.  Suffixe  -n  (quelquefois  vocalisé  en  -en,  -in,  -ni,  -un). 

ac-ni-na  (C.  4538)  «  obstiné  »,  adjectif  dérivé  (voir  plus  loin 
suffixe  -na)d'un  radical  verbal  *ac-n-,  lequel  dérive  lui-même 
dun  radical  *ac  que  l'on  retrouve  dans  ac-il  «  rapide  »,  ac-as 
(cf.  ac-as-ce  Ga,  799;  ac-as-ri  (lapoue). 

cem-n-a-x  (Krall,  VIII.  lOi  «  lueur  (de  l'éclair)  »,  substan- 
tif formé  à  l'aide  du  suffixe  nominal  -x  (ij  100)  et  dérivé  d'un 
radical  verbal  cem-n-,  lequel  dérive  lui-même  d'un  radical 
*cem,  apparenté  au  finnois  kim-a  «  brillant  ». 

cer-i-n-u  (F.  2183)  «  circonscrire  »,  dérivé  d'un  radical 
*cer-  (cf.  §  80  cer-i-x-u),  apparenté  au  hongrois  kur-àk 
«  cercle  «. 

cex-a-n-e  (Krall,  VIT,  7)  «  être  faible  »,  dérivé  du  verbe 
cex-a  <i  èlre  faible,  impuissaut  »  (C.  4538  ;  F.  1055,  2613). 

hes-n-i  (Magliano)  «  tomber,  périr  »,  dérivé  du  radical  *hes, 
que  l'ou  reirouve  dans  le  finnois  vasi'i-  a  être  à  bout  de  forces  ». 

is-u-n-i  ((Papoue)  «  qui  rhaulfe  »,  participe  en  -i  (!^  103) 
d'un  v(M'be  is-u-n-,  (h'rivé  de  is-u  «  être  chaud  »  (Capoue). 

lei-n-e  [i].  57,  6G,  88,  151)  «  être  en  repos  »,  dérivé  d'un 
radical  *lei,  qui  est  apparenté  au  finnois  loja,  lojo,  loi  «  paresse, 
langueur,  repos  ». 

lerzi-n-i-a  (C.  4538)  «  murmurer  »;  voir  §  80.  Le  radical 
*ler-  |)eut  être  rapproché  du  finnois  lir-it-  «  murmurer  ». 

mar-n-i  (Magliano)  «  rester  »,  dérivé  d'un  radical  *niar-, 
que  ion  retrouve  dans  le  hongrois  in-j.r-'y.d-  «  demeurer  ». 

mim-en-i  (Magliano)  «  qui  se  mange  »,  participe  d'un  verbe 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  G3 

mim-en-,  lequel  dérive  d'un  radical  *inini  «  iioui'i'iture  »  ; 
cf.  liunois  inahna  «  nourriture,  appàl  ». 

mul-u-n-e  (G.  195j  «  se  réjouir  »,  dérivé  du  verbe  mul-u 
«  penser,  sentir,  être  bien  disposé  »,  qui  lui-même  dérive  de 
mul  <<  pensée  »  ;  voir  plus  haut  §  83  mulmles. 

nac-n-va(F.  I,  436*')  «  se  serrer  ^^,  dérivé  d'un  radical  *nac, 
que  l'on  peut  rapprocher  du  vogoule  nerj-  «  lier  »  ;  cf.  lapon 
nagg-i-  «  serrer  ». 

ras-n-e  (G.  4538)  «  déchirer,  arracher  »,  dérivé  d'un  radi- 
cal *ras,  que  Ton  retrouve  dans  le  finnois  ras-a-  «  tirer^  tirail- 
ler, arracher  »;  rasa  «  lambeau  ». 

rep-in-e  (Krall,  VIII,  12)  «  déchirer  »,  dérivé  d'un  radical 
*rep,  qui  exprime  l'idée  d'  «  arrachement  »  ;  cf.  finnois  rappa- 
«  déchirer  ». 

sat-en-e  (G.  4538)  «  injurier  »,  dérivé  d'un  radical  *sat-,  que 
l'on  retrouve  dans  le  finnois  sada-  «  maudire  ». 

ten-in-e  (G.  4196)  «  résister  »,  dérivé  d'un  radical  *ten, 
que  l'on  retrouve  dans  ten-u  «  être  fort,  courageux  »  et  dans 
ten-0as  «  fort,  courageux  ». 

tes-n-e  (G.  4538)  «  pleurer  »,  dérivé  d'un  radical  *tes,  qui 
peut  être  rapproché  du  finnois  lis-nia,  lih-nia  «rosée,  petite 
pluie  »,  tlh-ku-  ('  larmoyer,  sangloter». 

tu6-in-es  (G.  440)  «  endolori  »,  participe  passé  passif  du 
verbe  tu6-in-e,  dérivé  du  verbe   tu6-i  «faire  mal  ». 

Gez-in-e  .Ivrall,  lY,  5)  «  être  calme  »,  dérivé  du  verbe  0ez-i 
(Krall,  III,  15)  ou  Gez-e  (Krall,  V,  9  :  eeze-ri). 

ôur-un-i  (G.  4538)  «  successif  »,  dérivé  d'un  radical  *0ur, 
que  l'on  letrouve  dans  le  pr('nom  "Vel-Gur  «  lignée  de  Vcl  ». 

vi-n-um  (Krall,  III,  18  etc.)  «  marin  »,  proprement  «  qui 
Hotte  »,  adjectif  verbal  se  rapportant  à  un  verbe  *vi-n-,  lecjuel 
dérive  (fiin  radical  *vi,  apjjarcnli"  au  finnois  ni-  «nager  ». 
(Pour  l'équivalence  du  v  étrusque  et  de  1'/^  finnois,  cf.  §  73). 

zilx-n-u  !l'\  I,  387)  «  être  parfait  »,  verbe  dérivé  de  zilx 
(—  zilc  F.  2056,  2070,  2335)  ;  pour  l'équivalence  X  =  c,  cf. 
§  68. 


64  DEUXIÈME   PARTIE 


/\ij<in 

JQ" 

L-n   vnij^iij-iiu 

IIUI 

sus    1  L>iiuuii/.-niiiiuii;yi,   [).  oj 

L      t-  L  r5  U  1  V   .  ,    p  .    1   1  / 

et  suiv. 

■)• 

linnois 

= 

pake-ne- 

dérivé  de  page- 

«  lïiir  » 

lauke-ne- 

—       laiikf- 

«  cesser  » 

ralkc-nc- 

—       ratke- 

«  se  découdre  » 

pode-iie- 

—       pode- 

'(  être  malade  » 

jfinu-ne- 

—       jaim- 

«  avoir  soif  » 

vanha-nc- 

« 

vieillir  »     dérivé  de  vanha 

«  vieux  » 

vnhe-7i(;- 

(( 

diminuer  »       —       viilid 

«  peu  » 

ûle-ne- 

(( 

monter  »          —       ïde 

<i  en  haut  » 

lapon  = 

= 

lakka-ne- 

(( 

s'approcher  »    —       lakka 

«  proche  » 

puora-ne- 

« 

s'améliorer  »    —       j)uore 

«  bon  )) 

84  bis.  Suffixe  -p. 

al-p-a-n  (C.  437,  438,  44;},  446)  «  suppliant  »,  adjectif  dérivé 
du  verbe  al-p-,  lequel  dérive  lui-même  de  al.  Cf.  al-e  (Krall, 
VII,  4). 

Analogies  ougro-finnoises  (I^udenz-Simonyi,  p.  05  et  suiv.)  : 

vogoule  =       nids-e-p-  «  s'habiller  »        dérivé  de     mds- 

sunz-i-^i-  «  cligner  >;  —  sunz- 

àl-e-p-  <i  tuer  »  —  al- 

rnaj-e-p-  «  dévouer  »  —  maj- 

hongrois  =     âll-oL-p-  «  s'arrêter  »  —  nll- 

Ing'--x-p-  «  cracher    »  —  hag'- 

hl-e-p-  «  s'asseoir  »  —  ïil- 

85.  Suffixe  -r. 

aO-r-e  (Krall,  XII,  \{)  c  s'amollir,  se  gàler»,  dérivé  du  radi- 
cal *ae;  ci".  ae-u(C.  4ri38). 

cae-r-e  (Krall,  XII,  4)  et  caG-r-a  (Krall,  XII,  8)  «  couvrir  », 
dérivé  d'un  radical  *ca6-,  apparenté  au  linnois  kalla-  «  cou- 
vrir )). 

cluc-e-r-as  (Krall,  VIII,  9)  «  placage  de  côté  »,  substantif 
dérivé  du  verbe  cluc-0-r-,  lequel  dérive  lui-même  du  radical 
cluc-  (Krall,  XII,  t2  :  cluc-e)  et  présente  deux  suffixes,  le 
suffixe  -6  (v5  87)  et  le  suffixe  -r. 

est-r-ei  (Krall,  V,  9)  «  grand  de  calme  »,  mot  composé  de  ei 


PRÉCIS    GRAMMATICAL 


6S 


«  grand  »  et  do  es-t-r-  «  tomber,  s'apaiser  »,  radical  verbal  qui 
dérive  de  est-  ;  cf.  est-ac  (G.  4538). 

ee-r-i  (Krall,  XI,  13),  e9-r-s-e  (Krall,  II,  o,  etc.)  «  attendre  », 
dérivé  du  radical  e6;  cf.   eO-l  :F.  2056). 

ha9-r-6i  Krall,  II,  7  etc.)  «  réclamation,  recommandation  ^), 
dérivé  du  radical  verbal  ha-6-r-,  lequel  dérive  lui-même  de 
haôe  (ha9-e-c,  Krall,  XI,  4  etc.). 

mac-r-a  (Krall,  VIII,  7)  «  aller  en  pente  »,  dérivé  d'un  radi- 
cal 'mac,  que  Ton  retrouve  dans  le  linnois  maki  «  colline, 
pente  ». 

pisc-r-i  (G.  2627)  «  être  entlé  »,  dérivé  d'un  radical  *pis, 
analogue  au  finnois  palsu-  «  enfler  ».  Pour  le  suflixe  -c,  voir 
§80. 

sacni-cst-r-es  (Krall,  YIII,  14,  etc.)  «  commencé  de  prier  », 
participe  passé  passif  d'un  verbe  sacni-cst-r-,  composé  de 
*sacni  «  prier  »  (cf.  Krall,  YIII,  10  sacni-sa),  et  de  *cst-r- 
«  commencer  »  (cf.  bougrois  kiizda-  «  commencer  »). 

tam-e-r-a  (F.  2056)  «  assaillir  »,  dérivé  d'un  radical  *tam, 
que  Ion  retrouve  dans  le  hongrois  tâm-ad-  «  attaquer  » 

vel0-r-e  (Krall,  Yll,  2)  «  élever  »,  dérivé  de  velG-a  (Krall, 
10). 

Analogies  ougro-tinnoises    (Budenz-Simonyi,  p.  168  et  suiv.)  : 

finnois  ■-=  nake-r-td-     «  saisir»    dér.  de    nùk-ki-      «pincer». 

kaioe-r-ta-     «  creuser  »     — 

sine-r-ia-       «  bleuir  »        — 

hun-or-lt-      «  cligner  »      — 
lapon  =     madda-r-te-  «  implorer»    — 

86.  Suffixe  -s. 

ar-a-s-a-(G.  48)  «  être  terminé  »,  dérivé  du  radical  ar  (Krall, 
Vil,  21,;  cf.  ar-ce  (F.  2055,  2056)  ;  ar-e  ^Krall,  Vil,  7j  ;  ar-a 
(Krall,  m,  17). 

eOr-s-e;  voir  plus  baul  ij  85  eO-r-i. 

ir-a-s-e  (Gapoue,  1.  8)  «  être  en  ordre  »,  dérivé  d'un  radical 
*ir,  ([uc  l'on  retrouve  dans  le  participe  passé  passif  ir-es 
(GapouCj  1.  8). 


kaiva- 

«  creuser  » 

sinl 

«  bleu  » 

hu)i'- 

«  fermer  l'œil  » 

maddc- 

«  demander  » 

kor- 

«  prier  » 

v'<- 

«  cuire  » 

raina- 

«  acheter  » 

//h'I- 

«  envoyer  » 

joiil- 

«  coudre  » 

ial- 

«  tirer  » 

fnl- 

«  courir  » 

for- 

«  couler  » 

66  DEUXlÈMi:    l'AIITIi: 

Gen-tma-s-e  id.  48)  «  l'aire  un  pelil  hruil  de  paroles  »,  com- 
posé do  Ben  «  [)arole  »  cl  de  tma-s-e,  veibe  dérivé  de  'tma- 
ef.  finnois  lon-n-  «  faire  du  bi'uil  ». 

ver-s-i-e  {Notizie^  IHÎJ.'i,  p.  242);  voir  §  81. 

Analogies  ougro-finnoises    liiidenz-Siinonyi,  p.  'il  et  suiv.)  : 

zyrénien     =  kov-si-  dérivé  de 

inordvine  =  pi-se-  — 

ram-se-  — 

vogoule     =  klei-s-  — 

osliak         =jo)U-/s-  — 

tol-ïs-  — 

hongrois    =  fut-os-  — 

fol" -os-  — 

87.  Suffixe  -t,  -9  (Pour  l'équivalence  du  t  et  du  6.  voir  J^  68). 

canz-at-e  F.  2o82  bis)  «  poser  le  pied  j)ar  (erre  »,  dérivé  de 
*canz  «  talon,  pied  »  ;  cf.  finnois  hanta  a  talon,  plante  du  pied  ». 
Dans  canz-at-e.,  le  suffixe  -t  s'est  vocalisé  en  -at,  eu  raison  de 
la  l'onconli'e  du  z  et  du  t. 

cluc-e-r-as  (Krall,  VIII,  9),  cf.  Krall,  \li,  12  cluc-e  ;  voir 
plus  haut,  vij  85. 

es-t-ac  (C.  4o.38)  «  prouipl  à  (h^cliner  »,  composé  de  es-t- 
H  tomber  »  et  de  ac  «  prom[)t  ».  Le  verbe  es-t-  (cf.  est-r-ei, 
§  85)  dérive  d'un  radical  verbal  "es-,  <iue  l'on  retrouve  dans  le 
hongrois  as-  «  tomber  »  ;  cf.  finnois  is-ta-  «  s'asseoir  »  (avec  le 
même  suffixe  -t,  mais  vocalisé). 

es-t-la  (C  4538)  «  se  souvenir,  songer  ».  Ici  le  radical  es-t- 
dérive,  non,  comme  le  précédent,  dun  verbe,  mais  du  subs- 
tantif *es  «  esprit  »  (voir  plus  hani,  5^  82). 

hin-G-a  (C.  4538)  «  voir  »,  dérivé  d'un  i-adical  *hin-,  (|ue  Ton 
peut  rapprocher  du  lînnois  cai/to  «  llair  ».  Pour  l'équivalence 
de  l'h  et  du  v,  voir  §  74. 

huv-i-9-u-n  (Magliano)  «  par  le  fait  de  graisser  »,  est  le 
verbe  huviBu,  augmenté  du  >-ullixe  -n  ii;  121),  n"  5).  Le  verbe 
huviGu  dérive  d'un  substantif 'huv.  (jui  peut  être  rapproché  du 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  67 

finnois  voi  «  beurre  ».  Pour  l'équivalence  de  l'h  initial  et  du  v 
linnois,  voir  §  74. 

spel-e-i  (G.  4538'  a  èlre  fou  »,  dérivé  du  spel  que  l'on  a 
dans  le  composé  spel-aneôi  (c.  4538). 

ten-G-a  (Krall,  Yll.  12)  «  être  fort  »,  dérivé  du  simple  ten-u 
(F.  2057,  2070)  ;  cf.  §  8i  ten-in-e. 

tus-e-i  [Mittlœil.  rôm.  .4  Z>//^,  1910,  p.  319)  «  qui  est  confiant  », 
parlicipe  en  -i  (§  103)  d'un  vei'be  tus-9-,  dérivé  de  tus  «  con- 
fiant »  (C.  433). 

0uful-9-as  (C.  446)  «  acte  de  propitiation  »,  substantif  dérivé 
d'un  verbe  euful-9-  «  être  aimable  »,  lequel  dérive  lui-même 
de  eufl  ((  aimable  »  (F.  2335''). 

vel-6-a  (Krall,  X,  8,  10)  «  s'élever  »  ou  «  être  élevé  »,  dérivé 
de  vel  «  qui  est  au-dessus,  supérieur  »  (Voir  §  73). 

Analogies  ougro-finnoises  (Budenz-Simonyi,  p.  59  et  suiv.  ;  p.  120 
et  suiv.  ;  p.  173  et  suiv.)  : 


vogoule 

=  pel-i- 

« 

piquer  » 

dérivé  de 

pel- 

«  piquer  » 

nor-t- 

« 

étendre  » 

— 

nor- 

«  étendre  » 

lill-t- 

<( 

respirer  » 

— 

lill 

«  souffle  » 

volialv 

:=  jour-i- 

(( 

tourner  » 

— 

jour- 

«  tourner  » 

zyrénien 

=  sul-t- 

<( 

rester  » 

— 

su  l- 

«  être  debout  » 

ol-t- 

« 

osciller  » 

— 

01- 

<(  remuer  » 

mordvine 

=^  slm-de- 

« 

boire  » 

— 

sim- 

«  boire  » 

pi-de- 

« 

cuire  » 

— 

pl- 

«  chauffer  » 

lem-de- 

(( 

nommer  » 

— 

Irm 

u  nom  » 

pej-dc- 

« 

découvrir 

es 

dents,  rire  '> 

— 

P^j 

«  dent  » 

finnois 

=  ])idà-llfi- 

« 

retenir  » 

— 

pifà- 

«  tenir  » 

kùsu-lla- 

« 

questionner  » 

— 

kiïsu- 

«  demander  » 

nhne-da- 

« 

nommer  » 

— 

n'tme 

<c  nom  )) 

voi-da- 

« 

oindre  » 

— 

vol 

«  beurre  » 

p'isar-da- 

« 

couler  gou 

tto  à 

goutte  » 

— 

pi  sa  va  «  goutte  » 

hongrois 

=  ios-ll- 

(( 

heurter  » 

— 

lu.s- 

u  frapper  » 

lil-l- 

« 

défendre  » 

— 

til- 

c  prohiber  » 

frl-l-        ((  être  préoccupé  »  —      /''/-       <■'  craindre  » 


G8  DEUXIÈME  PAHTIE 

88.  SutFixo  -V. 

es-v-i-s-c  (Krall,  IV,  Uk  20;  V,  IL  II;  IX,  19),  es-v- 
i-t-a  (Krall,  Mil,  1)  et  es-v-i-t-i  (Krall,  Vlil,  2),  rorinos  sup- 
posant un  radical  verbal  es-v-,  dérivé  do  *es  (cl',  es-tr-ei, 
KralK  IV,  H). 

nac-n-v-a  (F.  I,  430^)  «  se  serrer  »,  dérivé  du  radical  vorbal 
nac-n-  (sur  le  sulîîxc  -n,  voir  ij  84)  cl  du  sufïixe  -v. 

Analogies  ouf^ro-linnoises  (Budenz-Simonyi,  p.  9:i  et  siiiv.)  : 

mordvine  =  ktido-v-  <>  être  laissé  »  dérivé  de  kndo-  «  laisser  » 

lazo-v-  «  se  fendre  »  —  hizo-    (*  fendre  » 

lomba-v-  «  se  heurter  »  —  tuvi/ja-a  heurter  » 

neje-v-  «  être  vu  »  —  neje-     «  voir  » 

mora-v-  «  être  chanté  »         —  mord-  «  chanter  » 

finnois        z=  murt-u-  «  être  brisé);  —  murta-  «  hriser  >> 

val-u-  «  être  versé  »  —  vola-     «  verser  » 

kuid-u-  «  être  entendu  »      —  kuule-  «  entendre   » 

tuni-u-  «  être  senti  »  —  tante-  «sentir» 

89.  Les  sullixes  de  dérivation  vei'bale  sont  (quelquefois  acco- 
lés ;  exemples  : 

Sullixes  -c  -\ — i. 

iu-c-i-e  (cf.  plus  haul,  i^;^  80,  81). 

90.  Suffixes  -c  +  -1. 

muni-c-1-ee  (F.  2339)  cl  muni-c-1-et  (1.  4;;38),  du  verbe 
muni-c-1-e  «  [)arler  )>,  dérivé  du  radical  *mun  :  cf.  mun-ô 
(F.  2335),  mun-sl-e  (F.  I,  398). 

sacni-c-1-a  Krall,  V,  22;  VllI,  8)  «  prier  »  :  cf.  sacni- 
cstres  s!  85. 

eufulei-c-1-a  (F.  2603  bis)  «  être  propice  »  ;  cf.  ôufulG-as, 
?5  87. 

Analogies  ougro-tlniioises  (Budenz-Siuionyi,  p.  09-70)  : 

hongrois   =  tu.s-kol-  «  pousser  »  dérivé  de  tos-  «  heurter  » 

i'it-kol-  «  cacher  »  —        til-  «  cacher  » 

jûr-kôl-  «  marcher  »  —       jûr-  «  aller  » 

sûr-kùl-  «  picoter  »  —       sûr-  «  piquer  » 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  69 

90  bis.  Suffixes  -x  H — v. 

fler-x-v-a  flvralK  Yll,  3)  «  se  garantir  »  ;  cf.  fier  (Krall,  IV, 

3,  etc.). 

fulum-x-v-a   C.  4.338)  «  être  continu  »  ;   cf.  fuli  (Capoue). 

sr-en-x-v-e  i  Krall,  IX,  \o)  «  être  grand  d'expansion  »  ;  cf. 
en  «  grand  »  dans  cep-en  «  grand  de  forme  »  (F.  20.o7). 

un-x-v-a  (Krall,  XII,  4,  6)  «  questionner  »  ;  cf.  uu-e  (Krall, 
VIII,  11). 

Le  prénom  féminin  0an-x-v-il,  comparé  au  prénom  féminin 
Oana,  seml)le  indi(juer  lexistcnce  d'une  forme  verbale  Ban- 
X-v-,  présentant  le  même  suffixe  double  -x  +  -v. 

91.  Suffixes -1  +  -X. 

ac-l-x-a  (Krall,  V,  18)  c  ôlre  immédiat  »  ;  cf.  ac-ni-na  §84. 

92.  Suffixes  -1  +6-. 

cap-1-e-u  (Krall,  XII,  81  ;  cf.  cap-e-ri  (Krall,  III,  5). 

Analogies  ougro-fmnoises  (Budenz-Simonyi,  p.   77  et  suiv.)  : 

finnois  =  nostn-lta-  dérivé  de  nosla-  «  élever  » 

paina-lta-  —  palna-  «  presser   » 

uska-lla-  —  usko-  «  se    fier    » 

votiak  =  sura-lt-  —  sur-  «  mêler  » 

vogoule         =  t'it-lt-  —  t'd-  <(  être  humide  » 

hongrois       =   rik-olt-  —  r'ik-  «  crier  » 

93.  Suffixes  -n  +  -t  ou  -n  +  -6. 

alum-naG-e  (Ga,  799)  «  descendre  »,  dérivé  diin  radical 
alum,  dérivé  lui-môme  de  al  «  en  dessous  »  ;  cf.  ala-6  (Magliano) 
et  al-pan  (§  84  bis). 

cerixu-ne-e  (F.  2600 •'•^),  dérivé  de  cerixu  F.  233:5^  cf.  cer-i- 
nu    v5  84). 

rav-n6-u  (F.  I,  387)  <(  être  fort  »,  dérivé  d'un  radical  que  l'on 
retrouve  dans  le  linnois /'«/y-^-rf  «  fort,  puissant  ». 

Analogies  ougro-finnoises  (Budenz-Simonyi,  p.   10  et  suiv.)  : 

niordvine        =  nlle-nde-  dérivé  de         nlle-     «  avaler  » 

selge-nde-  —  selge-  «  couper  » 

pore-nde-  —  pore-    «  mordre  « 


70 

DEUXIÈMi: 

;    PAUTIE 

linnois 

r-=  larji)-nl(>-lc- 

dvv'wi'.  i 

le 

iarjo- 

('  offrir  » 

piirr  )}lf-li'- 

— 

pure- 

«  mordre  » 

vogoiile 

r^  r<tt-('ul- 

— 

ral- 

«  haltre  » 

lil-diil- 

— 

nl- 

«  tuer  » 

ynl-enl- 

— 

yol- 

"  mourir  » 

osliak 

==  jfisin-nt- 

— 

jasta- 

«  parler  » 

sen/iri-ni- 

— 

sfnkn- 

■  «  frapper  » 

94.  Sullixcs  -cp  4"  -z. 

al-cpa-z-ei  Kiall,  V,  1)  «  grand  (raplalissement  »,  mol  com- 
posé do  radjoclilei"  gi'and  »  et  du  radical  verbal  al-^az-.  Ce 
radical  al-cpaz-  est  pour  al-9Z-  otn'esl  pas  autre  chose  que  Fad- 
jectiCal  «  en  bas  »  (cf.  §  \Y.\  :  alumna-ee),  pourvu  du  suffixe 
double  de  dérivation  verbale  «pz  (=  /^/). 

nur-cpz-i  (V .  2339)  «  (|ui  est  mal  dispos(''  )>,  participe  en  -i 
(^  103)  du  verbe  nur-tpz-,  dérivé  d'un  radical  *nur,  que  l'on 
peut  rapprocher  du  finnois  ni'irr  «  être  morose  ». 

Analofifies  ougro-tinnuisos  (  IJuden/.-SimonN  i,  |).  ('»('». 


vogoule 

=  àsle-jit- 

dérivé  de 

dst- 

«  terminer  » 

<il-pl- 

— 

al- 

«  tuer  » 

pile-pl 

— 

pil- 

'(  craindre  n 

osliak 

iui-)-pt- 

— 

ii)i~- 

«  traverser  » 

/,(')-'/-j)l- 

— 

Ixcr'i- 

«  pleuvoir  » 

pcïli-pt- 

— 

peH- 

«  se  baigner» 

95.  Suffixes  -s  +  -c. 

en-e-sc-i  (('.  I.")38)  «  crier  »,  dérivé  du  verbe  en-a(Krall, 
VII.  H  en-a-c  avec  renclili(|ne  île  coordination;  Krall,  IT,  8, 
etc.  en-as  •'  parole  »). 

le-sc-a-n  (\.  'i8).  du  vcibc  le-sc-a,  «  passer  )),  dérivé  de  *le 
«  se  mouvoir  »\  cf.  hongi'ois  Ir-Kuj-  «  t1ott(U".  errer  ». 

Annlogies  ougro-linnoises  (  lÎMdcii/.-Simoii yi,  \).  i27  et  suiv.)  :  ' 


illlinis 

=  ui-s/i-e-li'- 

(lérivé 

d(; 

ii'i- 

«  nager  » 

sïid-skr.-lc- 

— 

sïn'i- 

«  manger  » 

iiinirc-skc-lc- 

— 

))fiurri- 

«  rire  » 

cls'i-sko-le- 

— 

els'i- 

«  quêter  » 

voliak 

=  kar-ask- 

— 

kur- 

«  prier  » 

kes-isk- 



kes- 

«  tirer  » 

PRÉCIS    GRAMMATICAL  71 

96.  Suffixes  -s  +  -1. 

mul-sl-e  (Magliano)  «  passer  »,  dérivé  du  verbe mul-a  (Krall, 
VIII,  01 

mun-sl-e  (F.  I,  398  «  parler  »,  dérivé  de  *inun-;  cf.  mun-e 
(F.  2335),  mun-ic-l-et  (C,  io38). 

Analogies  ougro-linnoises  i  Budenz-Simonyi,   p.  34)  : 

hongrois  =--  von-sol-  dérivé  de  von-         «  traîner  » 

râg-cal-  —  rdg-         «  ronger  » 

sok-cel-  —  sOk-         «  sauter    » 

97.  Suffixes  -s  +  -t. 

fal-st-i  C.  4538)  «  manger  »,  dérivé  du  radical  *fal,  que  Ton 
retrouve  dans  fal-a-s  (C.  4538). 

tesn-st-eis  (C.  4538)  «  considérable  de  sanglots  »,  composé 
de  radjectif  eis  et  du  verbe  tesn-st-,  lequel  dérive  de 
tesn-e  (C.  4538). 

Analogies  ougro-finnoises  (Budenz-Simonyi,  p.  71  etsuiv.)  : 


finnois 

=  katsa-sla- 

dérivé  de 

katso- 

«  regarder  » 

kuulu-sta- 

— 

kuulu- 

«  être  entendu  » 

ntaksu-sia- 

— 

maksa- 

«  payer  » 

lapon 

=  doagje-sie- 

— 

doagje- 

«  briser  » 

loajda-ste- 

— 

loajdde- 

«  marcher  » 

porre-sie- 

— 

porre- 

«  manger  » 

98.  Suffixes  -s  +  -t  4-  -r. 

spure-str-es  (Krall,  IX,  10,  etc.)  «  mêlé  »,  participe  passif 
du  verbe  spure-str-,   dérivé  de  spure  (Krall,  II,   8  :  spure- 

ri). 

On  trouve  de  même  trois  suffixes  accolés  dans  le  hongrois  : 

vig'j.-s-t-'j.}-  dérivé  de  vig  «  gai  » 

mtr'-j.-s-l-'il-  —  mn-r-       «  rester  » 

99.  hf'u.lirnic   groupe   :    Sii/fijcs    nonùiiaux    {s\d)stanl\fs   cl 
ailjc'lifs). 

Dans    la    liste  qui    suit    les    suffixes    nominaux   sont    énu- 


72  DEUXIÈME    PAHTIE 

niérés  dans  Tordre  alpliabétiqiic,  comme  l'onL  été  plus  haut  les 
suiïixes  verbaux.  C'est  le  seul  classement  possible  dans  Tétat 
actuel. 

Suffixe  -as. 

ac-as  (Capoue  acas-ri;  Cîa.  799  acas-ce)  «  rapidité,  rapide  », 
dérivé  d'un  verbe  *ac-a  (cf.  ac-ni-na,  ac-il). 

ais-er-as  (F.  2G03  fjis;  Mai^liano  ;  Krall,  //as\im)  «  chose 
extraordinaire  de  grandeur  »,  mot  compost'  do  ais  «  grand» 
(Krall,  IV,  21,  etc.)  et  de  er-as,  substantif  dérivé  du  verbe 
er-a  «■  être  séparé,  être  à  part  ». 

ar-as(C,  4538)  «  fin,  mort  »,  su])slantif  dérivé  du  verbe  ar-a 
«  Unir  »  (Krall,  III,  17,  etc.). 

ca6-as(ria.  799)  «  embarcation  »  ;  cf.  ca-9r-e  (sj  85). 

cluc-6r-as  (Krall,  YIII,  9)  «  placage  de  côté  ».  Le  radical 
verbal  cluc-6-r-  est  un  dérivt",  de  cluc-e  (  Krall,  XII,  12);  cf.  î;  85. 

en-as  (Krall,  V,  4,  etc.)  «  |)arole,  langage  »,  dérivé  du  verbe 
ena  «  dire  »  (Krall,  XII,  7  ena-c  =  «  et  dis  »)  ;  cf.  §  95  :  en- 
e-sc-i. 

men-as  (^Krall,  VIII,  5)  «  courant  »,  dérivé  du  verbe  men-a 
«  s'en  aller  ».  (C.  4538). 

paxa6ur-as  (Torp,  Insclir.  von  Loimos,  p.  41)  «  série  de 
chagrins  »,  substantif  composé  de  paxa  «  être  chagriné  »  et  de 
eur-as,  qui  dérive  de  6ur  «  série  lignée  ».  Cd".  J:;  8i  0ur-un-i. 

per-as  (C.  4538  peras-ce)  «  accident,  aventure  »,  dérivé 
d'un  verbe  *per-a  «  tomber  »;  cf.  /yrénien  jk")!'-  <i  tonibor  ». 

pic-as  (Capoue  picas-ri)  "  enduit  »,  dérivé  d'un  verbe  *pic-a 
«  couvrir  »;  cf.  ^\Yvno\s  piike-  «revêtir  ». 

sar-ve-n-as  (F.  205())  «  destin  »,  subsluntif  dérivé  d'un 
radical  verbal  sar-ve-n-;  cf.  hongrois  s/ir-  «  ordre,  série  ». 

sr-as  (Ga.  799  ne0-sr-as)  «  expansion  »,  dérivé  du  verbe 
sr-a;  cf.  sr-a-n  ((i.  4538)  et  sr-en-x-v-e  (i;  90  his). 

sval-as  F.  III,  .322  «  absolu  »;  cf.  sval-a-si  F.  III,  330), 
sval-ce  (F.  2101,  2273),  sval-Oas  ,F.  III,  367). 

eap-int-as  Xotizif,  1895,  p.  339)  «  procès  de  partage  »;  le 
substantif  int-as  <'  mise  en  mouvement,  action,  procès  »  se  rap- 


PRÉCIS    CtRAMMATICAL  73 

porte  à  nn  radical  int-,  apparenté  au  hongrois  ind-ûl-,  «  se 
mouvoir  ». 

9uful6-as  (G.  446)  «  acte  de  propitiation  »,  dérive  d'un  radical 
verbal  Sufule-,  dont  nous  avons  le  fréquentatif  euful-6-icl-a 
(cf.  plus  haut  §  89). 

ziv-as  (F.  2100,  2.335;  Krall,  YIII,  12:  «  paisible,  tranquille  »  ; 
cf.  finnois  ti'iv-rn-  «  être  tranquille  ». 

Analogies  ougro-finnoises   Buden/.-Simonyi.  p.  201  et  suiv.)  : 

hongrois  =  vâr-âs  «  attente  >>  dérivé  de  oâv-  «  attendre  » 
ir-id     «  écriture  »  —  ir-     «  écrire  » 

ad-ôs    «  don  »  —  ad-    «  donner  » 

ïil-('s     «  siège  »  —  àl-    «  s'asseoir  » 

vet-és  «  semence  »  —  voA-  «  semer  » 

100.  Suffixe  -c  ou  -X  (pour  l'équivalence,  voir  §  68). 

cemna-x   Krall,  YIIT,  16)  «  éclair  »  ;  voir§  84. 

mla-x  (Magliano;  Krall,  III,  19;  IV,  15  etc.)  «  convenable, 
bon  »,  dérivé  d'un  radical  *inla,  que  l'on  peut  rapprocher  du 
hongrois  mél-tô  «  digne,  apte  ». 

mula  x(Krall,VIII,  5)  «  issue»,  d(?rivé  de  mula  Krall,  VIII,  9) 
«  partir  » . 

mulu-k  (Ga,  771)  «  agréable,  désirable,  chéri  »,  dérivé  de 
mulu  «  se  réjouir  »;  cf.  §84  :  mulune. 

riva-x  (Magliano)  «grumeau»:  cf.  finnois  riij)a  «  boue, 
résidu  ». 

seu-c  (Krall,  V,  10)  «  favorable  »  ;  cf.  seu-s  (Krall,  Y,  8). 

zil-c  (F.  2056,  2070,  2335)  «parfait»,  dérivé  de  zil  (F.  I, 
436  a). 

Analogies  ougro-finnoises  (Budcir/.-Simoiiyi,  p.  :2'r5  et  suiv.  ;  p. 
259)  : 

finnois  =  /v/(v/-/i7»'a     «ferme»  dérivé  de /•/ra    «ferme» 

penl-kka     «  petit  cliien  »  —        penl    «chien» 

ndljà-kkd  «  muqueux  »  —        ndijà  «  mucosité  » 

mord  =:    p'dks-kd      c  petite  boucle  »      —        /^///.-s»  [jouclc  d'oreille» 
suks-kd       «  petit  ver  »  —        suks    «  ver  » 

ava-ka        «  femme  »  —        ava     «  mère  » 


74  DEUXIÈME   PARTIE 

lapon  =  pHora-k  «  bon  »  (l(''rivé  de  yj/^or''»  bon  » 

(idna-li  «  iniilli[)]c  »  —        ndna  «  multiple  » 

prnm-/,'  "  endcnlé  »  —        pane  «  denL  » 

snji'-l;  «.  aih'  »  —        xoje     «  aile  » 

101.  Siillix(»  -es,  servant  à  Former  des  adjectifs  verbaux, 
avec  le  sens  diin  partici[)e  passé  passif: 

car-es  ((!.  '•  I  Hi  car-es-ri)  "  conlirnié  »  ;  cf.  car-u  i(v.  4538). 

fler-es  (C  .'U)l,  :j()2,  447,  419(i,  etc.;  Krall,  IV,  8,  etc.^«  pro- 
léffé»;  cf.  fler-e  (^Krall,  Vlll,  m. 

ir-es  ((-apouc)  «  réglé  »;  (d'.  ir-a-s-e  (>;  86). 

meOlum-es  (Krall,  V,  'l'.\  :  meelum-es-c,  avec  Tenclitique 
de  cooi'dinalioTi  -c)  ■<  isob',  s('paré,  seul»;  cf  me0lum-e-ri 
(Krall,  V,  13).  Voir  t^  82. 

mulml-es   ('.  i.")38)  "  imaginé  »  ;  voir  §  82. 

sacnicstr-es  ;Krall,  Vill,  1  i,  etc.)  «  commencé  de  [jrier»; 
voii'  ii  85. 

spurestr-es  (Krall,  IX,  10,  etc.)  «mélangé  »  :  voirai  !)8. 

tlenac-es  (F.  2599)  «  que  Ton  fait  j)ivoter  »  ;  voir  >;  80. 

tu0iii-es  (C.  446)  «  endolori  »  ;  voir!:^  84. 

vani-es  i(lapoue)  «  oublié  »,  du  verbe  "vani,  ap|)arenté  au 
linuois  tui-lic  «  oubli  ». 

Analoi^ies  ougro-fiiiiioises  (Budenz-Simonyi,  p.  :l'lHi  : 

mordviiie  =  Laln-z  «  mort  »  de  ktiJo-  «  mourir  » 

joma-z  «  perdu  »  —  joma-  «  périr  » 

promo-z'  «  r(''iuii  »  —  prnmo-  '<  se  réiuiir  >^ 

sodo-z  ((  lié  »  —  sodo-  «  lier  » 

102.  Sullixe-i. 

Il  y  a  à  distinguer  deux  sullixes  -i  :  lun  ne  saccole  qu'à  un 
radical  verbal  et  peut  être  considéré  comme  un  suffixe  partici- 
j)ial  nnnu'ii  (KjciiI'is)  ;  lautre  ne  saccole  ([u"à  un  radical  nomi- 
nal. 

103.  Sullixe  -i  {pnrl'if'ipial). 

cel-i  (Krall.  V,   10,  16,  etc.)  «  qui  a  commencé  ». 


PREC[S    GRAJDIATICAL 


/O 


ciz-i  (F.  2339)  «  qui  parle  fort,  orateur  ». 
isun-i  (Gapoue)  «  qui  se  chauiïe  »  ;  voir  i;  84. 
mimen-i  (Magliano)  «  (ce)  qui  nourrit,  nourriture  ». 
nur^z-i  (F.  2339)  a  qui  est  mal  disposé  »  ;  voir  §94. 
t\xsQ-i  {Mi tf h e il.  rnni.  Abl.,  1910,  p.  319)  «  étant  confiant  »  ; 
dérivé  de  tus;  voir  §  87. 

tusurO-i  (C.  38o8;  «  étant  confiant  »  ;  voir  le  précédent. 
eurun-i  (G.  4o38)  «  se  succédant  ».  Voir  §  84. 

Analogies  ougro-finnoises  (Budenz-Simonyi,  p.  192  et  suiv.)  : 

dérivé  de  ania-     «  donner  » 

—  Iniila-  «chanter» 

—  asu-      «  liabiter  » 

—  mora-  «chanter» 

—  sala-    ((  voler  » 

—  iakke-  «  faire  » 
ftol/,e-  a  couler  » 


tinnois 


=  anta-ja  «  qui  donne  » 

lanla-ja  «  chanteur  »  — 

asu-ja  «  habitant  »  — 

mordvlne  =  mora-j  o  chanteur»  — 

sala-j  <(  voleur  »  — 

lapon         ^=iakke-je  «qui  fait»  — 

kolke-je  «  courant  (d'eau)  »        — 


104.  SulFixe  -i  accolé  à  un  radical  nominal. 

Ce  suffixe  sert  spécialement  à  former  des  noms  propres  de 
femmes. 

Tantôt  il  s'ajoute  purement  et  simplement  à  un  nom 
d'homme  : 


Arne-i    (G.   1054) 

Caina-i  (G.  150) 

Fulna-i  (G.  46) 

Lare-if  G.  198,  etc.) 

Patu-i  (G.  903) 

Petru-i(G.  921) 

Pumpu-i  (G.  2G29) 

Rezu-i(G.  4171) 

Vecu-i  (G.  ioOO) 

Velsu-i  {Notizif,  1893,  p.  339) 

Vetu-i  (G.  972) 


dérivé  de  Ame  (G.  332.5,  etc.) 

—  Caina  (G.  204). 

—  FulTia(G.  131). 

—  Lare  (G.  3734,  etc.) 

—  Patu  (G.  1915). 

—  Petru  (G.  2353). 

—  Pumpu  (G.  2033). 

—  Rezu(G.  4170). 

—  Vécu  G.  1494). 

—  Velsu  (ibid.). 

—  Vêtu  (G.  1118). 


etc.,  etc. 

Tantôt  l'addition  du  suffixe  au  nom  masculin  a  pour  elTel  de 
uioditier  la  voyelle  finale;  a  devient  e  (cf.  §  55)  : 


(6 


DEUXIEME  PARTIE 


Ceicne-i  (C.  \:]Q) 
Cestne-i  (G.  4301) 
Ceeurne-i  (G.  o2o) 
Fulune-i  (G.  117) 
Pulfne-i  (G.  2620) 
Remzne-i  (G.  79G) 
Tetine-i(G.  813) 
Tlesne-i  G.  i3ri7) 
Umrane-i  (G.  lOii-) 
etc.,  l'Ic. 


dériva  (le  Ceicna  (G.  19). 

—  Cestna  (G.  4415). 

—  Ceeurna  (G.  5074) 

—  Fuluna  '(:.  131). 

—  Pulfna  :G.  2G22). 

—  Remzna  (G.  1192) 

—  Tetina  (G.  812). 

—  Tlesna  (G.  2937). 

—  Umrana  (G.  10i3). 


Ta  ni  (M    le   sulllxe   -i  se   substitue   à   Ui    désinence   du   nom 
masculin  : 


Afl-i  (G.  3910) 
Piut-i  (G.  2580) 
Seiant-i((:.  27(10) 
Sentinat-i  (G.  1450) 
Urinat-i  (G.  1234) 
etc. 


dérivé  de  Afle  {G.  3892). 

—  Piute  (G.  2585). 

—  Seiante  (G.  2762). 

—  Sentinate  (G.  1190). 

—  Urinate(G.  1231). 


TauliM  euliu  le  sulllxe  -i  se  développe  en  -ia  : 

Arne-ia  (G.  4218). 
Lare-ia  (G.  il 82). 
Setr-ia  (G.  872). 

105.  La  femme  on  VAvuna  porlant  l(jujours  le  nom  de  son 
[M'ic  augmenlé  du  snlFixe  -1,  ce  suffixe  peut  èire  considéré 
comme  nue  maiijiic  d  a|)|»aTienauce.  Remzne-i  est  une  sorte 
d'adjectif  «  celle  de  lîemzna  »  ou  «  lu  (lille)  de  Uemzna  ».  (^e 
sulfixe  -i,  sans  doulc,  a  la  mCMue  origine  que  le  sulFixc  hongrois 
-/,  (|ni  lui  aussi  exprime  l'appartenance,  la  relation  (Hudenz- 
Sinionvi,  p.  2()7  et  suiv.;  S/innyci.  h'niniscli-iit/r.  Sitrachw., 
p.  101): 


('//■-/"  ('  qui  se  ra[)porle  au  seij^nciu"  »  — 

l'nl(l.-'i  «  terrestre  »                                     — 

y.r'j.-i  <i  paternel  »                                   — 

fiiii/ii'f-i  ((  luiiiiain  »                                      — 


iir  «  seigneur  » 

fiild  «  terre  » 

a/"x  <(  pure  « 

(bnhor  «  homme  » 


vt'iros 

«  ville  » 

'''0 

«  ciel  » 

viz 

«  eau  » 

PRÉCIS    GRAMMATICAL  77 

vûros-i      «  propre  à  la  ville  » 
rg-i  «  céleste  » 

v'iz-i  «  aquatique  » 

106.  Suffixe  -is. 

De  mémo  que  l'on  dislingue  deux  suffixes  -i,  de  môme  il  y 
a  lieu  de  distinguer  deux  suffixes  -is.  L\in  ne  s'accole  qu'à 
un  radical  verbal  et  semble  être  le  développement  du  suffixe 
participial  -i.  L'autre  ne  s'accole  qu'à  un  radical  nominal  et  a 
une  valeur  dimi.nutive. 

107.  Suffixe  -is  participial. 

zer-is  [Notizir,  1895,  p.  339)  «  interrupteur,  arrèleur  ;)  ;  cf. 
zeri  (Krall,  Y,  2,  etc.). 

Analogies  ougro  finnoises  (Budenz-Simonyi,  p.  19i  et  siiiv.l. 
finnois         hnl-ia-ise     u  obéissant  »  de     kûle-     «  obéir  » 

alka-ja-ise  <(  commence ur  »     —    alka-     «  commencer  » 
mordvine    erd-j-ks       «  qui  a  longue  vie  » —    cvà-       «vivre-) 

sov-i-ks        «conciliant»  —   nova-     «  ètreconciliant» 

lapon  vadde-j-es  «  libéral  »  —    vadde-  «  donner  » 

k'œrde-j-es  «  patient  «  —  kierde- u  supporter  » 

zyrénien    ju-is'  «.  buveur  »  —   ju-       «  boire  » 

108.  Suffixe  -is  diminutif. 

Lar-is  (C.  99,  183,  184, 189,  etc.),  doublet  du  pronom  LarG-. 
l.a  forme  Laris-al  (C.  71,  91,  etc.),  où  Laris  est  accompagné 
du  suffixe  casuol  -al,  prouve  que  Laris  est  bien  un  nominatif 
et  non  pas,  comme  on  l'a  cru  quelquefois,  un  géuitif. 

parx-is  (F.  2055,  2070)  ^  excellent  >k 

sen-is  (C.  4201)  «  gentil,  parfait  ». 

sex-is  (G.  332G,  4544),  doublet  de  sex  «  liHe  ».  Sex-is  «  lil- 
lette  »  est  un  diminutif  de  Icndressc. 

Analogies  ougro-tinnoises  (Budenz-Simonyi,  p.  233)  : 

finnois     kala-i.se  «  petit  poisson  »  de  kala  (v  poisson  » 

ukko-ise  «  petit  vieux  »  —  ukko  «  vieux  » 

lûllo-ise  <i  fillette  «  —  iùili'i  «  fille  » 

vdhu-ise  «  petit  »  —  vuhâ  «  pelil  » 


78  DEUXIÈME    PARTIE 

109.  Suflixc  -1  (parfois  vocalisé  en  -il  ou  -ul). 

ac-il  (C.  37o4;  Krall,  VI.  la,  16,  elc.)  u  rapide  »;  cf.  ac-as 
(.^  99). 

av-il  (C.  78,  1G8;  Magliuiio,  etc.)  «  Agé  do,  dui-able  »  ;  cl". 
av-en-ce  et  les  noms  propres  Av-ei,  Av-usnei,  etc. 

cn-1  iC.  il)38)  «  obstiné  »  ;  cl',  linnois  /i(/nà  a  méchanceté  ». 

cz-1   C.  W)'\H)  «  par  intervalle  «  ;  cf.  osliak  hit  «  intervalle  ». 

fufluns-ul  (Ga,  30)  «  vin  .- ;  cf.  Fufluns  (F.  2468\ 

nes-l  (Miigliano)  «  convenable  »  ;  cl",  linnois  riasii  «  beau, 
apte  ». 

murs-1  ^F.  233;))  «  pièce  de  monnaie  »  ;  cf.  murs  (C.  195). 

neôuns-l  i Krall,  IX,  7;  XI,  16,  etc.)  «  mer  »  ;  cf.  NeSuns 
(F.  2097).      ^    . 

ri-1  (i.  81,  102  etc.)  «  division,  année  »  ;  cf.  ri-a  (Capoue), 

tuz-1  ((1.  44)  ((  sincère  »;  cf.  linnois  lote  «  vrai  ». 

ei-1  (C.  4.538)  «  rapide,  précipité  »;  cf.  Gi-i  (C.  4538). 

vac-1  Krall,  III,  15,  16;  V,  16,  elc.)  et  vac-il  (Capoue) 
«  convenetble  ». 

vis-1  (C.  3j  «  amical  ». 

Analogies  ougro-liniioises  (  Budcnz-Simonyi,  p.  295)  : 

linnois  rele-hi  u  li([ijide  »  de  c<'i('  «  eau  » 

ihd-la  «  agréable  «  —  (ha  «  gai  » 

nnle-lo  «  creux  »  —  onte  «  cavité  » 

mordvine       mf.ke-le  «  postérieur  »  —  mekii  «  de  nouveau  » 

lapon  ])fiije-l  «  supérieur  »  —  poije  «  dessus  » 

lion!;,rois        fii-l  «  sommet  »  —  fdj  «  tète  » 

/yrénien         riid-ol  «  brunâtre  »  —  rud  o  brun  » 

diih-iil  «  fade  »  —  dub  «  sucré  » 

110.  Sullixe  -m. 

Il  l'an!  disliiiguer  deux  sullixes -m.  Lun  ne  s'accole  (|u'à  un 
radical  verbal  et  sei'l  à  former  une  sorte  de  parlicipe.  L'autre 
ne  s'accole  qu'à  un  radical  nomimil  et  a  une  valeur  diminulive. 

111.  Sullixe  -m  participial.  ('<•  sullixe,  toujours  vocalisé, 
se  présente  sous  les  formes  -am,  -em,  -im,  -um.  Chacune  de 
ces  formes  a-t-(dl('  une  signilicalion  [)ropre?  ou  bien  la  dille- 
rence  de  la  voyelle  vient-elle  simpleuient  de  ce  (jue  les  radicaux 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  79 

verbaux  onl  à  la  désinence  ou  un  a,  ou  un  e,  ou  un  i,  ou  un  u? 
11  est  impossible,  pour  le  moment,  de  conclure  d;ins  un  sens 
ou  dans  Tautre.  Voilà  pourquoi  tous  les  exemples  qui  suivent 
sont  iiToupés  sous  la  même  rubrique. 

cexa-iïi  (Krall,  XII,  7}  «  faible,  impuissant  »  ;  cf.  cexa 
(G.  4338). 

Xie-m  (G.  4538)  «  impulsion,  désir  »  :  cf.  hongrois  Jrj.j-t- 
«  pousser  ». 

hetu-m  i^Krall;,  XII.  6,  8)  «  mis  en  route  »  ;  cf.  he0u  [C.  4943; 
pour  l'équivalence  0  =^  t,  voir  §  68). 

isu-m  (Gapoue)  «  chaleur  »  :  cf.  isu  (Gapoue). 

lesce-m  (Magliano>  «  accidentel  »  ;  cf.  lesca-n  (G.  48). 

Ie0a-m  iGapoue)  «  brûlant  »  ;  cf.  Ie0a  (la|)(iue). 

mata-m  (Krall,  XII,  9)  «  partant  »  ;  cf.  mata-n  Krall,  XII, 
13  :  mat-u),  (F.  2036). 

ine0l-m  F.  2339)  «  isolé,  seul  »  ;  cf.  hongrois  mât-  «  couper  ». 

puratu-m  fG.  3)  «  coupure  »  ;  cf.  finnois  pûrta-  «  tracer  un 
sillon  ». 

tecu-m  (Krall.  XII,  3)  «  placage  »;  cf.  finnois  tak-ise- 
«  ficher,  plaquer  ». 

tesi-m  iKrall,  VII,  10:  VllI.  17)  «  pleurard  »  :  cf.  tes-amsa 
(F.  2333),  tes-ne   G.  4338> 

trinu-m    Krall.  Y,  17)  «  éclalant,  sonore  »  ;  cf.  trin  (Krall, 

VIII,  in. 

0une-m  (F.  2333^';  Krall.  XI,  17;  XII.  10  «  réduit  »;  dérivé 
de  Oune,  que  Ton  a  dans  le  composé  hilar-0une  (Krall,  XII, 
3):  cf.  0uni  (Krall,  X,  7). 

0unxule-m  (Krall,  XII,  3)  «  mauvais  ».  dérivé  d'un  verbe 
'Ounxule;  vï.  0unxul-0-e  (G.  4338  . 

vinu-m  iKrall,  Vlll,  3,  8)  «  marin  »,  dérivé  d'un  radical 
verbal  vinu-  (cf.  i^  84). 

Analogies  ougro-tinnoises  iliudenz-Sinionyi,  p.  20:2  el  suiv.;  Szin- 
iiyci,  Fiiiiiisch-iigr.  Sprarluc,  p.  9ij  : 

liniiois  l;nob:-iii<i      «  uiorl  »  do      kiwli'-     «  mourir  » 

eld-md  «  vie  »  —      eid-         «  vivre  » 


iii()i'd\  iiio 

m/ii-iiKi 

rano-m 

Ichérém. 

rii-tnn 

volink 

Innl-rm 

pitl-fin 

osliak 

y  al- fin 

vo^oiilc 

(isl-iun 

is-im 

lapon 

orro-m 

liontii'dis 

nl-itm 

80  iJiaxiÈMi:  paktie 

iinin  util        >.  domu',  don  »  di'  nnhi-  (.  donner  » 

h'/.r.iii('i         (.  cliose  l'ai  1(3  »  —  lf/,r-  «  l'airo  » 

«  sommeil  »  —  ado-  «  dormir  » 

«  proléj^é  »  —  vfino-  «  pro léger  » 

«  conpé  »  —  ni-  «    couper  » 

Il  croissance  »  —  bud-  «    croître  » 

«  passé  »  —  jKil-  «  aller  » 

«  mort  »  —  /ni-  c   mourir  » 

«  terminé  »  —  ast-  «  tinir  » 

u  cliaud  »  —  /A-  «  cliaull'er  » 

«  !ial)ilalion  »  —  orru-  «  rester  » 

<(  sommeil  »  —  <'il-  «  dormir  » 

112.  Siillixc  -m  (liiiiiiiiilir. 

man-i-m  [V .   20.'ioj  «  pelil   enfant  »  ;    cf.  man  (Magliano; 

Analogies  ongro-Rnnoises  (Riidenz-Simonyi,  p.  2.')0-2ol)  : 

vogoiile       naur-ein      «  enfant  »         dérivé  de  naar        «  pelil  » 
/;aj-m  «  petit  mâle  »  —       /.//y  «  mâle  » 

hongrois     f/ifiir-iiu'il-     «  enl'anl  »  —       f/yar-iik   «enl'anl» 

113.  Sullixe  -n. 

Il  y  a  à  distinguer  deux  sntlixos  nominaux  -n  ;  l'un  exprime 
une  (|ualil('';  Tauli'e  indique  une  possession. 

1"  Sullixe  -n  (([ualilé). 

afu-n  ((L  4o.'i8)  «  faiblesse  »;  cf.  li(ini;i'ois  iip-dd-  «  languir  ». 

ep-n  (Capouc)  «  hàlis  »  ;  cf.  ep-1  (C.  'iri38j. 

he-n  ((1.  irj.'JS'  «  coulinu  «,  d(Mi\é  du  verbe  *he  «  aller  » 
(C.  '.\T.\\  he-ce). 

hev-n  (Magliano)  «  Iremhlenienl  »  ;  cf.  linnois  vapa-  «  treni- 
jjlei"  ». 

eap-icu-n  (.Vo//:;-!>,  1895,  p.  :i'3îj)  «  partage»;  dérivé  d'un 
l'adical  \frbal  *ic-u;  cf.  ic-e  «  s(î  diviser  »  (Capoue). 

ees-a-n  (Krall,  V,  l!Jj  «  appel  »  ;  cf.  Ges  (Capoue). 

Analogies  DUgro-linnoises  !  Hiiden/.-Sinnuiyi,  p.  226)  : 
vogoule     iil-w,       «  qui  lue,  nieiirlrier  »      de     i'd-       «  tuer  » 
(ij-niX      «  potable  »  —     aj-       «  boire  w 


I 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  81 

knj-ne    «  où  Ton  se  couche  »       —     /lUj-     «  se  coucher  » 
yol-ne     «  mort,  mourant  »  —     /ol-     «  mourir  » 

2"  Suirixe  -n  (possession). 

anc-n  (Ga.  799)  «  ayant  une  mère  ». 

cla-n  (F.  207,  etc.)  «  ayant  un  organe  viril,  mâle,  fils  ». 

mani-n(C.  53  mani-n-ce    «  ayant  des  petits  ». 

Analogies  ougro-finnoises  (Budenz-Simonyi,  p.  :2Gij  : 

vogoule  et  ostiak  {-ù  et  -u) 

clmi-Fi  «  ayant  une  pointe  » 

kvoll-n  «  ayant  une  maison  » 

tini-n  «  ayant  du  prix  » 

kave-n  «  ayant  des  pierres  » 

lilc-n  «  ayant  du  soutïle,  vivant  » 

numte-n  «  ayant  du  sens  » 

vite-n  «  ayant  de  l'eau  » 

agme-n  «  ayant  du  mal  » 

114.  Suffixe  -na  (-ne). 

acni-na  (G.  4538)  «  obstine  ». 

ais-na  (Krall,  YII,    11)  «  prêtre  »;  cf.  ais  Jviall,  lY,  21; 

^^  18). 

flenz-na  (F.  2279)  «  proleclion  ». 

husi-na  (Krall,  VIII,  5)  «  tranquille  ». 

pene-n-a  [C  4538  ;  4082)  «  avis  »;  ci",  pen-e  (G.  4538). 

scu-na  (G.  4538)  «  ruiné,  détruit  ». 

su6i-na  (Ga.  Gi3(  «  funéraire  »;  cf.  suSi  «  tombeau  »  (G.  118, 
216,  etc.). 

tan-na  (G.  4538)  «  récit  »;  cf.  iiongrois  ly.it-it-  «  insti'uirc  ». 

Le  suffixe  nominal  -na  sert  à  former  un  nombre  considé- 
rable de  noms  propres,  (els  ([uc  : 

Afu-na,  Alee-na,  Alf-na,  Arm-na,  Cai-na,  Capz-na, 
Car-na,  Crac-na,  Muscle-na,  Pulf-na,  Pucsi-na,  Sesct- 
na,  Teti-na,  Tut-na,  Var-na,  Velim-na,  Verc-na,  elc,  etc. 

Analogies  ougro-linnoiscs  (Budenz-Simonyi,  p.  tiV.»  cl  suiv.j  : 

mordvine:  kud-nii       «  domestique  »  dérivé  de  kud         «  maison  » 

Idpa-iùi     (i  mou  »  —  Idpà        «  mou  » 

c 


lelhii 

"  humide 

» 

tiïVl! 

«  paisible 

» 

ki'nnii 

c(  ferme  » 

82  Di:UXIKME   l'AKTIK 

If'llcana     «  humide  »  — 

liniiois         liirr-7}(i      «  tranquille  »        — 
honj^rois     b'nni'-na     «  solide  »  — 

115.  Suffixe  -ns. 

fuflu-ns  (K.  2468),  nom  iriine  divinih'  (jiii  paraîl  corres- 
pondre à  IJacchiis. 

ne6u-ns  [V .  2097;,  divinité  des  eaux,  (]ui  paraît  correspondre 
à  Neptune. 

seBla-ns  (F.  i.'iO;  2492),  divinih'  (jui  paraît  c(jri'espondre  à 
Vuleain. 

sia-ns  i^F.  19KJj  «  maître,  patron   ». 

116.  Suffixe  -r. 

af-r-s  (Magliano)  «  grand-prrc  »  ;  vï.  hongi'ois  a/>a  «  père  ». 

cve-r  (Oa.  '^80)  «  plainlil'  «  ;  cl',  iinnois  hipti  «  douleur  ->. 

fle-r  iKrall,  IV,  .'j;  VI,  9.  etc.)  «  tulélaire  »  ;  cf.  F.  2279 
fle-nzna. 

hila-r  (XII,  1.3)  c  fissui-é  »  ;  cl",  finnois  rali  «  intervalle  ». 

nap-e-r  [(\.  48,  4Jj38)  «  solaire,  joui-  »  ;  cl",  hongrois  nv.p 
«  soleil  ». 

tev-r  (Magliano)  «  fréquent  »;  cf.  tev  (Magliano). 

Analogies  ougro-finnoises  (Buden/.-Simonyi,  p.  29i)  : 

ostiak  ond-ir  «  panse  »  ;  de  ont  ".  intérieur» 

mordvine    sumh-ra  ((  troublé  »  ;  cf.  finnois  somp  «,  trouble  » 

finnois         sukkû-rd  «arrondie);  c.ï.  sukkù,  sïikb'i  «arrondi» 

pahku-ra  «  morceau  »  ;  cï.  pakka  «  morceau  » 

konkku-ra  «  courbe  »  ;  cf.  koukkn  «  recourbé  » 

kdiaû-rd  «  bagage  »  ;  cf.  kiirnïi  «  bagage  » 

}i(iiiiii-rii  ((  crépuscule  »;  cf.  lumiK  «  crépuscule  » 

117.  Sulfixe  -s  (quelquefois  avec  valeur  diminutive). 
afr-s  (Miigliauo)  «  grand-père  »  ;  cf.  §  liG.  Le  sulfixe  a  ici 

la  valeur  diiu  diuiinulif  de  tendresse.  Ces  sortes  de  diminutifs 
sont  fn-queiits  dnus  les  langues  ougj-o-finnoises  (liiidenz-Si- 
monyi,  p.  241-252). 

aia-s    F.  I,  '(3G^)  "  enfant  chéri  ».  dimiuufif  de  tendresse. 

er-s  (F.  2o98  er-s-ce)  «  séparé  »;  cf.  finnois  e;^  «séparé». 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  83 

mic-s    (C.    4538)  «  doux,    caressant  ». 

put-s  ^Krall,XIl,  4)  «  défectueux»;  cf.  put-e  (Krall,  V,  o). 

sei-s  (Magliano)  «  assez  froid,  frais  ». 

seu-s  (Krall,  XII,  2)  «  favorable  »  ;  cf.  seu-c  (Krall,  V,  16). 

tin-s  (Magliano,  Krall,  V,  19)  «  plein,  entlé  »  ;  cf.  tin-ia 
(C.  5168).  tin-si  (Krnll,  III,  21,  etc.). 

ean-s  (Krall,  IX,  4,  M,  20,  etc.)  «  tranquille  »;  cf.  Sana, 
6an-xvil  (prénoms). 

Analogies  ougro-finnoises  (Budenz-Simonyi,  p.  235  et  suiv.;  Szin- 
nyei,  Finnisch-ugr.  Sprachir.,  p.  98)  : 

de  kolra    «  chien  mâle  » 

—  kire      «  pierre  » 
— jal-ka  «  pied  » 

—  ki'por  «  tertre  » 

—  sur       «  doigt  » 

—  palii     <.<.  demi  » 

—  pôl       «  coté  » 

—  gogor  «  cercle  » 

—  niod     «  seigneur  » 

—  piirt     t(  couteau  » 
— k<Ji\  ko  «  pierre  » 

—  lik        «  trou  » 

—  oipô       u  père  » 


118.  Suffixe  -sa. 

sacni-sa  (C.  5176;  Krall,  YIII,  10)  «  qui  a  trait  à  la  prière, 
piicur,  prêtre  »;  voir  §  85. 

6uin-sa  (Krall,  XII,  12)  «  rapide  »  ;  cf.  linnuis  /io7mna«  hâte, 
précipitation  ». 

Le  sulîixe  -sa  est  surtout  employé  en  étrusque  pour  expri- 
mer des  relations  de  parenté. 

r  Pour  désigner  une  femme  mariée,  il  s'ajoute  au  nom  du 
mari  : 

Cipiru-sa  (C.  2007)  «  femme  de  Cipiru  » 
Cumni-sa  (C.  2032)  «  femme  de  Cumni  » 


finnois 

kolra-ksp 

<(  petit  mâle  » 

kive-ksp. 

(.'  petite  pierre   » 

jala-kse 

«  semelle  de  traîneau 

mordvine 

kupor-k 

v«  tertre  » 

sur-ks 

«  hagiie  » 

pal-ks 

<(  moitié  » 

zyrénien-vo 

[iakpol'ds 

«  rangée  » 

gôgr-os 

«  rond  « 

mod-es 

«  excellent  » 

purf-es 

«  coupure  » 

hongrois 

kôve-c 

«  caillou  » 

Uk-ac 

M  petit  trou  » 

OLpÙ-S 

«  beau-père  » 

silrgâ-s 

«  jaunâtre  » 

OLVX-S 

«  rance  » 

84  DKLXIKMK  l'AKTlE 

Pesna-sa  (C.  1.382)  «  femme  de  Pcsna  » 
Tetina-sa  (C.  47G)  «  femme  de  Tdiiia  » 
Veru-sa  (C.  545)        «  femme  de  Vern  » 

2°  Il  s'ajoule  au  pri'iioin  du  père,  pour  mar([Uor  à  (piclle 
branche  de  la  l'amille  paleiiicllc  a|)parli('iil  la  personne  d('si- 
jinée  : 

Aule-sa  (C.  G84)  «  WUiVAuh'  ». 

Vel-sa(C.  I831I)  «  lils  de  IW». 

Veleuru-sa  (C.  847)  «  fils  de  Vellhiir  .>. 

3"  Il  s'ajoule  au  surnom  du  père,  quand  les  branches  de  la 
famille  paternelle  se  dislinguent  par  des  surnoms  : 

Vel  Velsi  Visce-sa  (C.  2129)  est  le  fils  de  Vel  Velsi  Visce 
(C.  2131). 

LarÔ  Arntni  Sepu-sa  (C.  1768)  est  le  fils  de  LarH  Arntni 
Sepu  (G.  17G7). 

4"  Il  s'ajoute  à  un  nom  désignant  lanière,  pour  marquer  l'as- 
cendance maternelle.  Ainsi  L.  Tapsina.  A.  Pumpnalisa  (C.  9) 
est  l'épilaphe  de  Lar^  Tapsina,  {fils)  d'A/'/ih  [Tajisina)^  ayant 
pour  mère  une  personne  dite  PtimjDial,  c'est-à-dire  «  issue  do 
Piimpua  «.Pumpnalisa  est  pour  Pumpnal-sa  '. 

Il  résulte  de  ces  exemples  que  le  suffixe  -sa  exprime,  d'une 
manière  générale,  et  sans  détermination  spéciale,  rap])arte- 
nance,  la  relation. 

Analogies     ougi-o-finnoises  (fiudenz-Simonyi,  p.  2G2  et  suiv.)  : 


voliak 

ul-ia" 

«  inférieur  » 

de 

ul 

«  en  bas  » 

vîl-îs' 

«  haut  » 

— 

vil 

«  en  haut  » 

zyrénien 

ul-sa 

«  inférieur  » 

— 

ul 

«  en  bas  » 

dor-sa 

«  extrême  » 

— 

dor 

«  bord  » 

gort-sa 

«  domestique  » 

— 

<jnrl 

«  maison  » 

hongrois 

al-sô 

«  iiil'crieur  » 

— 

al 

«  en  bas  » 

bàl-sô 

«  intérieur  » 

— 

/ml 

«  boyau  » 

âl-su 

«  premier  » 

— 

al 

«  en  avant  » 

1.  Dans  répitaplie  C.  186  /ar9.  vêle.  Inrbalisa.  cainalisa,\o  sufïixe  -sa  sert  à  la 
fois  à  désigner  Tascendancc  paternelle  [Lar^)alisa  «  appartenant  aux  descendants 
deLarth  »  et  lascendance  maternelle  C«i/(«/iA'«  «  appartenant  aux  descendants 
de  Caina  »). 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  85 

Ichérém.    ola-se  «  citadin  ^)  de         ola         «  ville  » 

kudo-so        «  domestique  »       —        kudo     «  maison  » 

119.  Suffixe  -sla. 

ulxni-sla  i  G.  33)  «  guetteur  (?)  ». 

Le  suffixe  -sla,  de  même  que  le  suffixe  -sa  (§  118),  forme 
dos  adjectifs  exprimant  la  relation.  On  le  trouve  surtout  accolé 
à  des  noms  propres.  Il  marque  indilTéremment  : 
1°  soit  l'ascendance  paternelle 

G.  101  :  Aule-sla  «  fils  d'Aule. 

F.  423  :  Velu-sla  «  fils  de  Yel  ». 
2"  soit  Tascendance  malernelle 

G.  890  :  Varnali-sla  «  né  de  Varia  »  (répitaphe,  qui  est 
bilingue,  donne,  pour  le  latin.   Varia  natus). 

G,  1437  :  Alfnali-sle  »  né  d'une  femme  de  la  famille 
Alfna  ». 

C   2771   :  Ame.  Seate.  Cuisla...  «  né  d'une  femme  de  la 
famille  Cui  ». 
3°  soit  la  condition  de  la  femme  mariée 

G.  1061  :  Papa-sla  «  femme  de  Papa  ». 

G.  18o3  :  Leu-sla  «  femme  de  Leu  (cf  2986  Leu-sa; 
G.  4026  Leu-nei . 

G.  2111  :  Price-sla  "  femme  de  Price  ». 

120.  Suffixe  -t,  -9  (pour  Téquivalence,  voir  §  68). 

cil-e  (Krall,  VII,  7,  etc.)  «  formule  »;  cf.  cil-va  (Krall.  X, 
V,  2). 

cl-t  (G.  8)  «  latéral  »  ;  cf.  finnois  ki'il-ke  «  côté  ». 

Xim-e  (G.  4538)  a  malheureux  »;  cf.  xirci  (Ga.  799). 

far-e  (F.  807)  «  pitoyable  »;  cf.  hongrois  fnr-'i.d-  «  peiner'»'; 

fi-tu-S  (Gapoue)  c  tlamme  »  :  cf.  finnois  pai-vâ  «  jour  ». 

lar-9  (prénom)  «  noble  »  ;  cf.  lare  «  être  connu  »  (G.  4538 
lare-zul). 

mla-e  (Magliano  =  mla8-ce  «  gosier  »  ;  cf.  finnois  malo 
«  ouverlure  », 

meelum-8    Krall,  XII,  14)  «  une  chose;  cf.  meelum  §  111. 

mun-9  (F.  2335)  «  langage  »;  cf.  muni-cl-eô  s;  90. 

rinu-e  (Ki-all,  V,  18)  «  lancement  ». 


86  DEUXIÈMK  l'AItTIE 

tru-8  (Krall,  V,  17)  f<  lueur  »  ;  cf.   linnois  tir-kui  «  cliiir  ». 
zila-6  (K.  20")o,  2335)  cl  zila-t(C.  2771)  «  accompli,  parlait  »  ; 
cï.  zil  iF.  K  i36«). 

Analogies  oii^ro-liniioises  ^Hii(U'n/.-Siiu(invi,  p.  i21()  et  siiiv.  ;  Szin- 
nvoi,  f'"nitiis(li-ii(/r.  Sjirarh/r.^  p.  *,)i]  : 

lin  filial.!  vah/i'-ila  «  hianc  »,  cf.  vaUica 

mas-t(i  «  noir  '■;  cf.  muse  va 

lapon  vielga-d  «  blanc  » 

siiohka-d  «  épais  » 

iiinrdviiic  Loma-da  «  courbe  » 

val-da  <(  clair  » 

■  vie-de  «  droit  » 

nak.sa-da  «  pourri  » 

Ichérém.  niif)u-do  «  épais  » 

pinga-do,  «  ferme  » 

'/.yi'én.  voliak  j"f/'''^  "  clair  » 

nt'bi-d  «  mou  » 

moll-d  ('  reluisant  » 

121.  SuHixc  -eas. 

sval-6as  (F.  111,  367)  a  absolu  »,  dérive  du  radical  verbal 
sval-;  vW  sval-as  i^.  99. 

ten-Oas  F.  20"tr)  ;  233"))  «  fort,  courageux  »,  dérivé  du  radi- 
cal verbal  ten-;  cf.  tenu  F.  (2057,  2070). 

zilaxn-Gas  (F.  233;)-')  «  parfait  »,  dérivé  du  radical  verbal 
zilaxn-;  cf.  F.  2055  zilaxn-u  ;  F.  2339  zilaxn-u-ce.. 

122.  Suflixe  -Gi. 

clu-0i  (F.  2't()0'')  «  usui'c  »,  dériv('  dun  radical  (jue  Ton 
retrouve  dans  le  linuois  htilii-  «  diniiuuer,  s'user  ». 

falza-6i  (Magliauo)  «  nourriture,  aliments  »,  dérive  du  vei'bc 
fal-za-,  le(|uel  (b'rive  du  verbe  fal-,  cf.  C  'i538  fal-a-s,  fal-sti. 

ha8-r-6i  (Krall,  \',  5,  12)  «  demande  »;  cf.  ha6-e-c  i  Krall, 
1\,  4). 

rene-6i  (C.  3538)  «  maladie  »  ;  cf.  finnois  ran-sea-  »  mala- 
dif.,. 

repin-6i  ;Krull,  V,  5,  12,  «  iiiteri-uptiou  »;  cf.  repin-e 
{Krall,  Vil,  12). 


PRÉCIS    GRAMMATICAL 


87 


spel-6i  (G.  4538)  «  folie  »  ;  cf.  finnois  sopelo  «  troul)le  ». 

123.  Suffixe  -va  ou  -ve. 

cim-cle-va  (Capoue)  «  flamme  »  ;  cf.  cim-u  (Capoue). 
eit-va   F.  20o6)  «  effrayant  » 

et-ve  (G.  4H6)  «  en  avant,  »  ;  cf.  et-er  (F.    I,  436=^). 
iluc-ve  (Gapoue)  «  mauvais  »  ;  cf.  iluc-u  (Capoue). 
marunux-va  (F.  20.^6,  2057)  «  hors  de  pair  »  cf.  marunux 
(F.  2070,  23351. 

zusle-va  (Krall,  lïl,  3)  «  splendide  »  ;  cf.  zusle  (Krall,  II,  H). 

Analogies  ougro-linnoises  (Budenz-Simonyi,  p.  180  et  suiv.; 
Szinnyei,  Finnisch-ugr.  Sprachw.,  p.  90). 

vogoule  juonte-p  «  aiguille  »  de 

ente-p  «  ceinture  »  — 

finnois  (dial.J       anda-ù  «  donateur  »  — 

finnois  like-và  «  pleureur  »  — 

alka-va  «  débutant  »  — 

elà-và  «  vivant  »  — 

mordvine  mara-f  «  fardeau  »  — 

rdstd-f  <(  rôti  »  — 

hongrois  tinûl-o'  <■  élève  »  — 

iv-o'  <■(  buveur  »  — 

lop-o'  «  voleur  »  — 

124.  Mots  composés. 

L'étrusque  possède  un  assez  grand  nombre  de  mots  com- 
posés. Au  point  de  vue  de  la  structure,  on  distingue  les  types 
suivants  : 

1°  Radical  nominal  -\-  radical  verbal. 

apr-ens-  [Notizie  1805,  p.  339)  «  gagner-petit  »  de  apr 
«  petit  n  et  ens-  «  gagner  ». 

cl-uc-e  (Krall,  XII,  12)  «  appliciucr  de  coté  »,de  cl  «  côté  » 
et  uc-e  «  plaquer,  clouer  ». 

ec-ni-a  (Magliano)  «  être  inerte  de  mâchoire  »,  de  ec 
«  màchoiie  »  et  ni-a  «  être  paresseux,  inerte  ». 

hilar-6un-e  i  Kiall,  XII,  3)  «  être  nul  de  fissures  »,  de  hilar 
((  fissure  »  et  6un-e  «  être  nul  ». 


juont- 

«  coudre  » 

ent- 

«  ceindre  » 

anda- 

«  donner  » 

Itke- 

'(  pleurer  » 

alka- 

('  début  » 

elà- 

«  vivre  » 

mara- 

«  charger  » 

ràstà- 

«  rôtir  » 

Irtnill- 

«  s'instruire  » 

10- 

«  boire  » 

lop- 

«  voler  » 

88  DECXIÈME   PAirriE 

manim-er-i  (F.  2050)  <-  èlro  sevré  d'cnfanls  »,  de  manim 
«  enfant  »  ol  er-i  «  èlre  sevré  ». 

Gen-tmas-e  (C.  48)  «  faire  du  l)iMiit  de   paroles  »,  de  6en 
«  parole  »  et  tmas-e  «  faire  du  bruit  ». 

2"  Radical  notninal  +  radical  nominal . 

atr-sr  (F.  233o)  «  convenable  (révidence  »,   de  atr  «  clair, 
en  évidence  »  et  de  sr  «  beau,  convenable  ». 

cep-en  (F.  20o7,  2070)  «  grand  de    conlenance  »,  de   cep 
«  contenance  »  et  en  «  grand  ». 

cl-uc9ras  givrai I,  VIII,  9)  «  placage  de  coté  »,  de  cl  «  coté  » 
et  uc9ras  ((  placage  ». 

mar-cal  fMaiiliano)   «    convenable    de    mesure    »,  de   mar 
«  mcsuie  »  cl  cal  «  convenable  ». 

mar-isl  (F.  807;  Magliano)  «  grand  de  mesure  »,  de  mar 
«  mesure  »  et  isl  «  grand  ». 

maru-nux  F.  2070,  2335)  «  au-dessus  de  mesure  »,  de  mar 
«  mesure  >-  cl  nux  «  qui  dépasse  ». 

mar-zac    (Capoue)    «  remarquable   de   mesure  »,    de    mar 
«  mesure  »  et  zac  «  reiiiar(juable  ». 

6an-sur  (Krall,   V,  o)    «    parfait  de   tranquillité   »,  de   San 
«  tranquille  »  et  sur  «  beau,  régulier  ». 

3"  Radical  verbal  -f-  radical  nominal . 

estr-ei  (Krall,  IV,  1 1,  etc.)  «  considérable  de  placiditi'  »,  de 
estr-  «  tomber,  s'apaiser  »  et  ei  «  considérable  ». 

evit-iuras    (Magliano)    «  coupelle  à   ingestion   »,  de  evit- 
«  introduire  »  et  iuras  «  coupelle,  rondelle  ». 

fas-ei  (Krall,  V,  H)  «  considérable  d'élitlcinent  )>,  de  fas- 
«  s'étaler  »  et  ei  «  considérable  ». 

fas-is  (Krall,  IV,  21  ;   Y,  Jo)  «  grnnd   d^'liilemenl  ».  de  fas- 
«  s'étaler  »  cl  eis  «  grand  ». 

lare-zul  (C.  i;)38)  «  digne  d'èire   connu  »,  de   lare  ■'  être 
connu  »  ei  zul  «  digne  ». 

lasi-eis  iCapoue)    «  grand   de   lénuiit'  »,  de  lasi-  «  èlre  en 
farine  »  el  eis  «  grand  ». 

nuz-lx  (Krall,    VIII,     13)    «  étendu    de   fracas  »,    de    nuz- 
«  faire  du  fracas  »  el  Ix  "  large,  ample  ». 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  89 

paxa-Guras  (Torp)  «  succession  d'ennuis  »,  de  pa/a  «  avoir 
des  ennuis  »  et  Guras  «  succession  ». 

tesnst-eis  (C.  4338'  «  grand  de  sanglots  »,  detesnst-  «  san- 
gloter »  et  eis  «  grand  ». 

tlenax-eis  (F.  lOoo)  «  arliculation  de  pivotement  »,  de 
tlenax-  «  pivot  »  et  eis  «  arliculation  ». 

6ap-icun  {Xotizie  1895,  p.  3'39)  «  division  de  partage  »,  de 
Gap-  «  partager  »  et  icun  «  division  ». 


m 

ESPÈCES  DE  MOTS  ET  SYNTAXE 

125.  Article. 

L'étrusque  n'a  pas  d'article,  pas  plus  que  le  finnois  et  les 
langues  congénères  \ 

126.  Genre. 

Comme  tous  les  idiomes  de  la  famille  ouralo-altaïque  ^', 
l'étrusque  n'a  pas  de  genre  grammatical.  Aucun  signe  ne 
distingue  le  féminin  du  masculin.  Le  suiHxe  -i,  qui  s'ajoute 
aux  noms  dliommes  pour,  former  des  noms  de  femmes,  n'est 
pas,  à  proprement  parler,  la  marque  du  genre  féminin.  Ce 
n'est  pas  autre  chose  qu'un  suffixe  propre  à  former  des  adjectifs 
et  qui  exprime  la  relation  d'appartenance  (Voir  §  §    lOi,   103). 

127.  -XOMBRE. 

On  ne  peut  pas  dire  encore  avec  certitude  si  l'étrusque 
distingue  le  pluriel  du  singulier.  L'existence  d'un  suliixe 
particulier  pour  le  pltiricd  semblerait  résulter  de  la  compa- 
raison de  la  forme  clen  «  lils  »  et  d'une  autre  forme  clen-ar, 
où  l'addition  d'un  nom  de  nombre  indique  qu'il  y  a  plusieurs 
lils  iF.  2035,  2036).  Mais  ce  suffixe  est  extrèmemeni  rare  et  c'est 
à  peine  s'il  apparaît  diins  les  texies  un  peu  élendiis.  où  c(q)en- 

1.  Le  liongrois  a  aujourd'hui  un  article  qui  s'est  (iôveliippr  sous  l'inllucnce  de 
rallpinand  :  mais  il  n'en  avait  pas  à  l'ongine  (Riedl,  Maf/>ja>:  Gnimmal.ih\  p.  221). 

■1.  Uicdl,  Maij.  Grainin.,  p.  114;  Winckler,  Urall.,  p.  23-21.  Szinnyci,  Finiiisch- 
iKjr.    Sprac/iir.,  p.  .■;() . 


90  DEUXIÈMK   PARTIE 

(laiil  on  poiiiM'ciil  s'nlLendro  h  Iroiiver  j)liisi(Mirs  iiliiricls'.  Il  ne 
serait  pas  impossible  (luc  clen-ar  lût,  non  pas  le  pluriel  de 
clen,  mais  un  mol  composé,  ayant  le  sens  collectif  de  «  quantité 
de  (ils  ».  Il  existe  en  ell'el  en  ostiak  un  radical  àr  signiliant 
«  beaucoup  »,  d'où  le  substantif  ostiak  ûr-at  «  foule,  quantité  ». 
Le  vogoule  a  de  môme  les  adjectifs  ar-i  et  àr-i  «  beaucoup, 
beaucoup  davantage  »  (Budenz,  p.  7!))^,  n"  864). 

128.  SlFFlXES   DE  ItEI.ATION   OU   SUFFIXES   CASLELS. 

L  étrus(|ue  n'a  pas  de  déclinaison.  C'est  une  langue  aggluti- 
nante, à  la  façon  de  tous  les  idiomes  ouralo-altaï(|ues.  Les 
rapports  des  mots  entre  eux  s'expriment  à  l'aide  de  suffixes 
mobiles,  qui  viennent  s'accoler  au  radical.  Os  suffixes  seront 
désignés  sous  le  nom  de  suffixes  casuel.s,  parce  que  les  rapports 
qu'ils  indiquent  sont,  |)our  la  plupait,  les  rapports  usuels  aux- 
(|uels  répondent  les  cas  dans  les  langues  à  flexion.  Mais  il  doit 
être  bien  entendu  (ju'il  n'y  a  pas  de  cas  en  étrusque.  Le  terme 
de  casuel  n'a  qu'une  valeur  conventionnelle,  ainsi  que  les 
termes  de  nominatif,  vocatif,  (/énitif,  datif,  ablatif,  qu'il  pourra 
m'arriver  d'employer,  parce  qu'ils  sont  commodes  pour  indi- 
({uer  brièvement  certaines  relations. 

129.  Voici  par  ordre  al[)habétique  la  liste  des  suffixes  casiœls, 
avec  leur  valeur  respective.  Je  signalerai,  pour  chacun  d'eux,  s'il 
y  a  lieu,  les  rapprochements  avec  les  suffixes  correspondants 
des  langues  ougro-lmnoises.  Mais  il  ne  faudrait  pas  s'étonner, 
si  pour  quelques-uns  d'entre  eux  aucun  rapprochement  ne 
paraissait  possible.  11  n'y  a  j)as  eu  etfel  uniformité  de  suffixes 
dans  les  langues  de  la  famille.  Le  hongi'ois,  par  exemple,  a  des 
suffixes  de  rcîlalion  (|ui  ne  ressemblent  pas  à  ceux   du  finnois. 

1°  Le  suffixe  -al  marque  la  provenance  (cf.  !:;§  4-10)  : 
Lare-al  (C.  1G2,  :{64,  etc.)  «  issu  de  Larth  ». 


1.  l/étnisriuc  (texcir,  cité  |);ir  Surtonc,  n'est  pas  un  pluriel,  puisqu'il  est  traduit 
parle  singulier  deiis  (Ocluv.,  D7).  Ilésychius,  citant  le  mot  étrusque  qui  correspond 
au  pluriel  grec  Osoi,  lui  donne  la  forme  de  alaoi,  avec  une  désinence  particulière, 
la  désinence  -oi,  qui  n'existe  pas  en  étrusque  et  qui  est  nianilestonient  celle  d'un 
pluriel  grec,  .\ppareninient  il  n'a  pas  lionvé  de  désinence  étru3(iuc  pour  le 
pluriel. 


PRÉCIS    GKAMMATICAL  91 

spur-al  (F.  I,  106)  «  provenant  de  la  mêlée  ». 

Cf.  la  particule  hongroise  HL  indiquant  le  départ^  la  sépara- 
tion, ainsi  que  les  désinences  -ô/,  -cy'/dans  les  sulïixes  -hùl^  -rôl, 
-tôl,  -bel,  -roi,  -tol^  qui  tous  expriment  une  idée  d'éloignement, 
de  séparation,  d'origine.  En  vogoule  et  en  ostiakil  existe  aussi 
un  sufTixe  -/  (quelquefois  vocalisé),  qui  exprime  la  même  idée 
(Szinnyei,  Finnisch-ugr.  Sprachw.,  p.  60-66). 

2"  Le  suffixe  -ce  marque  à  quel  endroit  se  trouve  le  sujet,  ou 
dans  quel  état  ou  dans  quel  acte  (cf.  i;  11,  n"  3)  : 

am-ce  (F.  2070)  «  dans  la  paix  ». 

ar-ce  iF.  20oo)  «  à  la  fin  ». 

lupu-ce  (F.  2O08)  «  dans  l'acte  de  mourir,  en  mourant  ». 

Ce  suflixe  est  probablement  à  rapprocher  d'un  suffixe  ougro- 
finnois  -k,  dont  la  trace  subsiste  dans  certaines  formations 
adverbiales  (Szinnyei,  Finn.-ugr.  Sprachw..  p.  66-67). 

3°  Le  suffixe  -e9  exprime  l'absence,  la  privation  et  correspond 
à  la  préposition  sans-  : 

cav-e6  (Krall,  YIII,  7)  «  sans  pierre  ». 

municl-e9  (F.  2339)  «  sans  parler  ». 

Cf.  finnois  -tta,  -ttà,  suffixe  privatif  :  raha-tta  «  sans  argent  ». 

4"  Le  suffixe  -1  indique  Tendroit  près  duquel  on  se  trouve 
ou  bien  ce  à  quoi  l'on  est  occupé  (cf.  §  \\,  n°  .">)  : 

su6i-l  (F.  2603)  «  près  du  tombeau  ». 

Cf.  finnois  -//«,  -lia  «  près  de,  sur  (sans  mouvement)  »  : 
kaivo-lla  «  près  du  puits  »,  ont/ f -lia  «  à  la  pêche  ». 

5°  Le  suffixe  -n  indique  la  manière,  la  cause,  l'instrument 
ainsi  que  des  circonstances  de  lieu  ou  de  temps. 

i-n (Krall,  IV,  8,  13,  19^,  etc.)  «  par  le  fait  de  ne  pas  exis- 
ter »  (voir  plus  haut  §§  24,25,  26). 

lu-n  (Gapoue)  «  par  le  fait  de  jeter  ». 

a-n  (C,  4082)  «  ici  ». 

ei-n  (C.  886)  «  grandement  ». 

Le  suffixe  -n  est  un  exposant  locatif,  modal  ou  temporel, 
qui  est  commun  à  toute  la  famille  des  idiomes  ougro-finnois. 
Il  est  classé  parmi  les  suffixes  primaires  (Szinnyei,  Finnisch- 
ugr.  Sprachiv.^  p.  63). 


92  DEUXIÈME   PAUTIE 

G"  Le  suHixc  -ne  marque  l'accompagnemont  et  correspond 
avec  la  préj)Osilioii  cwec  (cf.  î^  11,  n"  6). 

turu-ne  (C.  45.38)  '<  en  même  temps  que  l'acte  d'insister  ». 

6es-a-ne  (Krall,  V,  21)  «  avec  lacté  d'invoquer  ». 

Le  sulfixe  -îic  paraît  être  le  développement  du  sultixe  précé- 
dent (Szinnyei,  Finn.-ïigr.  Spr.  p.  12  :  Koinilativ-inslriimpiilal). 

1°  Le  sulfixe  -ri  iudi((ue  la  destination  visée,  le  but  pour- 
suivi (cf.  i^  H,  n"  8)  : 

flere-ri  (Krall,  VIII,   10)  «  en  vue  de  protéger  ». 

fusle-ri  {(].  45.38)  «  en  vue  de  demeurer  ». 

cares-ri  ((].  4116)  «  pour  être  hâté  ». 

cape-ri  (K'iall,  VIII,  10  etc.)  «  en  vue  d'avoir  de  la  prise». 

Cf.  hongrois  -/v/, -ra  <(  pour  allei-  vers,  pour  se  nndlre  sur» 
(Szinnyei,  Fin.-uyr.  Spr.,  p.  82-83). 

8"  Le  sulfixe  -s  exprime  simplement  l'idée  d'un  rappoi-l,  sans 
spé'ciliei"  la  nature  de  ce  l'appoit.  Il  a  une  valeur  déterminante 
analogue  à  celle  du  génitif  dans  his  langues  à  tlexion(!:^  H  n"  L): 

Aule-s  (C.  37.5!))  .(  (lils)d'Aule  ». 

clen-s  (C.  4050)  «  du  lils  ». 

suGi-s  (F.  1937)  «  du  tombeau  ». 

Une  trace  de  ce  sulfixe  paraît  subsister  dans  les  suffixes  fin- 
nois -ssa[-ssti),  -sta{-st(i),  -.s^n  (-//-;/),  (jue  Roller  décompose  en 
-.y  +  ■v'î  (•'>■'''),  •'••  +  ^«  {-^'''')-'  ■"'■  4~  '>  (Si/z.tfnf/sb.  ]\'ie/i,  XI,  p.  908  ; 
cf.  S/innyei,  p.  78-80). 

9"  Le  sulfixe  -si  mar(|ue  le  point  d'arrivée  et  a  une  valeur 
analogue  à  celle  d'un  datif  (§  M,  n°  2)  : 

apa-si  (V.  2057)  «  vers  le  fait  de  être  douteux  ». 

Aule-si  (d.  4190)  «  à  Aille  ». 

clen-si  ((].  1922)  «  au  lils  ». 

clenara-si  (C.4116)  <'  pour  la  série  de  lils  ». 

PrecuBura-si  [C  4110)  «  pour  la,  descendance  de  Precu  ». 

vls-si  y.  205.5)  «  au  dehors  (foras)  ». 

Cf.  finnois  -k-.si,  indi(iuant  im  étal  de  Iransilion  et  aussi  le 
point  d'arrivée.  Le  linnois,  le  moi'dvine,  le  tcbérémisse  et  le 
liipoii  conservent  la  trace  d'un  sulfixe  primaire -v,  marquant  la 
«  direclion  vei's  »  (Szinnyei,  p.  72-73). 


PRÉCIS    GRAMMATICAL'  93 

10'' Le  suffixe  -ti  indique  un  mouvement  «  le  long  de  »  fcf. 
§  M ,  n°  4) . 

ca-ti  ^F.  2335)  «  le  long  de  celui-là  ». 

su6i-ti  (F.  233rj)  «  le  long  du  tombeau  ». 

a-ti  (F.  I,  436")  «  le  long  de  celui-ci  ». 

reuxzineti  (Krall,  VHI,  8)  «  le  long  du  banc  do  sable  ». 

Le  suffixe  -ii  est  peut  être  un  développement  du  locatif 
ougrien  -/  (Szinnyei,  Fin.-uf/r.  Sjjrar/iir.,  p.  73). 

Cf.  finnois  -t-sr  «  le  long  de  »  ;  zyrénien-voliak  -//  "  le  long 
de  ». 

11°  Le  suffixe  -6  indique  le  point  de  de'part,  la  séparation, 
l'éloignement  (cf.  §  11,  n°  7)  : 

ar-e  (Krall,  VII,  7)  ((  à  partir  de  l'extrémité  ». 

slele-9  (C.  4338)  «  à  partir  du  départ  ». 

su-6i-6  (F.  233o)  «  à  partir  du  tombeau  ». 

e-9  (G.  4116)  «  à  partir  de  ceci  ». 

Cf.  finnois -/rt,  -t/'i,  dans  les  suffixes  -s-la,  -s-tâ  (point  de  dé- 
part) et  dans  les  suffixes  -l-la,  -l-ta  (éloignement).  L'origine  est 
l'ablatif  ougro-finnois  -/  (S/innyei,  Fiu.-ugr.  Spr.,  p.  65). 

130.  Tableau  récapitulatif  des  suffixes  casuels  : 

-al  ==  issu  de  -ri  =  en  vue  de 

-ce  =  dans,  à  -s    =  relatif  à 

-e6=  sans  -si  =  arrivé  à,  donné  à 

-1     =  près  de,  sur  -ti  =  le  long  de 

-n    =  par  le  moyen  de,  par  -9    =  à  partir  de 
-ne  =  avec 

130  bis.  A  ces  suffixes  casuels,  d'un  emploi  courant,  on  peut 
joindre  deux  suffixes  de  relation  dont  on  n'a  jusqu'ici  (lu'un 
exemple. 

L'un  est  le  suffixe  -vie  «  avec  »  (C.  4116  Lar9ialis-vle), 
que  l'on  peut  rapprocber  du  hongrois  -ya/,  -iv'il  «  avec  »  (Szin- 
nyei, Fi/i.-iif/r.  Spr.,  p.  83). 

L'autre  est  le  suffixe  carilif  -tal  (('apoue  9ii-tal  «  sans 
élan  »),  que  l'on  peut  rappioclier  du  vogoule  -/«/,  -ffi/  «  privé 


!lt  DEUXIÈME   PARTIE 

(le  »  el  (Jli   liuiij;rui.s  -/a/-a//,   -Lal-iui    i^Szinnyoi,  Fin.-iKjr.   >'/>/'., 

131.  Los  sullixes  casuols  no  sonl  pas  spécialement  afleclés 
aux  snl)stantifs.  Ils  peuvcnL  aussi  s'accoloi-  : 

aux  noms  de  nombre  ; 

aux  adjeclifs,  pour  iormor  des  adverljos  (voir  plus  loin 
^  156); 

aux  verbes,  pour  former  des  j)i'oposilions  subordonnées  (voir 
plus  loin). 

Kn  cela  ils  se  comportent  comme  les  suliîxes  analogues  des 
langues  ougro-finnoises. 

132.  Pkonoms. 

Nous  ne  connaissons  encore  qu'un  seul  pronom  étrusque  ; 
c'est  le  pronom  de  la  1"'  personne  mi.  Il  est  tantôt  employé 
seul,  tantôt  accompagné  d'une  enclitique,  comme  ca-na,  ca- 
pi,  ma,  ne,  ni,  tezan  (voir  plus  liaut  .i^  30).  Exemples  : 

C.  118  :  mi  ma  suôi...  «  moi  <;je  suis>-  un  tombeau  », 

F.  I,  .'{8i  :  mi  Ramôas  «  moi  -Cje  suis>>  appartenant  à 
Ramtlia  ». 

(^.  99  :  mi  maLaris  Suplu  <*  moi  <je  suis>  Larth  Suplu  ». 

V.  2G0.'{  mi  su0il....   «   moi  <CJe   suis>>   sur  un    tombeau  ». 

F.  I.  1()()  :  mi  spural  «  moi  <je  suis>-  provenant  de  la 
mêlée  », 

G.  142  :  mi  capi  L.  Versni.  L.  «  moi  que  voici  <je  suis> 
Larth  Versni,  lils  de  Lartli  ». 

(].  7G  :  mi  cana  LarOias...  «  moi  ([ue  voici  <je  suis>> 
l'offrande  de  Laribia. 

F.  III,  391  :  mi  ni  Caisie...  <  moi  que  voici  Caisic...  » 
C.  3234  :  mi  tezan... 

Analogies  oiigro-linnoises  (Hiidcnz,  p.  02'),  n"  ()()3  ;  Szinnyei,  F\n. 
iiijr.  Spr.,  p.  Hl)  : 

linnois  mi-mi  «  moi  »  —  iiici  <(  nous  » 

tchérém.  nie-n'       —  —  me  — 

mordv.  mo-n        —  —  ini,  mi-)i  — 

lapon  ino-ii        —  —  mi-je  — 

zvrénien  me  —  —  mt,  m'i-e  — 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  95 

osliak       ma         «  moi  »      —  vie-n  «  nous  )> 

vogoule    (im,  iun      —  —  ma-n  — 

hongrois  en  —  —  m/,  ?«/,  mû      — 

On  remarquera  que  dans  quelques-unes  des  langues  ougro- 
finnoises,  le  pronom  est,  comme  en  étrusque,  renforcé  d'une 
enclitique. 

133.  Suffixes  possessifs. 

L'étrusque  exprime  les  rapports  de  possession  par  des  suffixes 
spéciaux,  dits  suffixes  possessifs.  C'est  ainsi  que  procèdent 
encore  aujourd'hui  les  langues  ougro-finnoises  (voir  plus  haut 
§§  41   et  suiv.;  Szinnyei,  Fin.  ugr.  S/j/'.,   p.  113  et  suiv). 

Des  suffixes  possessifs  de  l'étrusque  nous  ne  connaissons 
encore  que  celui  de  la  première  personne,  le  suffixe  -m  (ou, 
avec  une  voyelle,  -um).  Ce  suffixe  se  place  toujours  à  la  fin 
du  mot  auquel  il  se  rap[)orte.  S'il  y  a  un  suffixe  casuel,  le 
suffixe  possessif  se  met  après  lui  : 

lupu-m  (F.  2340  ;  cf.  plus  haut  ^  4o)  «  ma  mort  »,  exacte- 
meut  ((  mon  mourir  ». 

puia-m  (F.  2340;  cf.  plus  haut  v<  ia)  «  ma  l'emme  ». 

Arnei-al-um  (C.  5092;  cf.  plus  haut  §  38)  «  issu  de  mon 
Arnthi  ». 

'Velu-s-um  (C.  5092  ;  cf.  plus  haut  >;  38)  ((  de  uion  Vel  ». 

Daus  Arn6i-al-um  et  dans  "Velu-s-um,  les  suffixes  -al 
et  -s  sont  des  sulfixes  casuels  (cf.  §  129,  n"*  1  et  n"  8). 

134.  Pronoms  démonstratifs. 

Les  textes  nous  font  connaître  plusieurs  pronoms  démons- 
tratifs.  On  peut  les  ramener  à  trois  types: 

1"  Type  a  ou  e  ([)Our  l'équivalence  des  deux  voyelles,  voir  §  55). 

a-n  (F.  2335,  2600'';  Krall,  H,  4,  9,  etc.)  «  ici,   voici  »  ;  la 
désinence  est  lesulfixc  casuel  -n  (§  129,  n"  5),   avec    la  valeur 
d'un  exposant  locatif. 
j  a-n-a-t  (l^\  III,  491)  «  ici,   maintenant  »;   le  -t  de  a-t   est 

prohahlement  un  exposant  adverhial. 

a-ti  (F.  I,  436)  «  le  long  de  celui-ci  ■■  ;  la  désinence  -ti  est  le 
suffixe  casuel  (^  129,  n"  10). 


î)()  DELXIKMK  PAItTIE 

e-ca((l.  i.j'id:  I"'.  2Ï'M),  2\H'i,  olc.)  «  ceci,  celui-ci,  voici  », 
loiiiK'  composée  lie  e  el  de  la  j);uiicule  démonstralive  ca  (voir 
plus  loiu\ 

e-c-n  (1.  78:  Krall,  IV,  2;  Y,  2,  elc.)  «  ici  »  ;  c'est  la 
niruic  loiMue  (|im'  la  précédcuile  avec  additiou  du  suilixc 
casuel  -n  (>;  129,  u"  .">)  el  suppi-ession  de  l'a. 

e-tnam  'Krall,  N,  7;  VI,  ."}.  7,  (de.)  «  aloi-s,  à  ce  uio- 
uieul  )>,  l'orme  c(inip(»-;('(' de  e  td  du  suflixe  adverbial  -tnam  ;  cl'. 
radjtMlil' vacl  (Krall,  V,  16,  19,  elc)  (d  Tadverbe  vacl-tnam 
^Krall,  VJ,  10;  Ylll,  1   etc.). 

e-9  (G.  /jlJG  ;  Ma^liano)  «  à  j)ailir  de  là,  dès  lors  »  ;  le  9  final 
esl  le  suffixe  casucd,  uiar(juaiil  le  poiul  de  dc^part  (J^  129, 
11"  M). 

Analogies  oiigro  liiuioises  (Szinnyei,  Fin.  iir/r.  Spr.,  p.  113)  : 

inoi'dviiie  e-l'i'     «celui-ci)),  ''-.s'e  «  celui-là  », '-'-.v/ff,  «  de  là»  ; 

/vi"éni(!n     c-si/      «  celui-ci,  (;elLii-là»,  c-/^?  «  celui-ci  »  ; 

osli;ilv  i-l         <i  celui-ci  ))  ; 

hongrois     (i-z       «  celui-ci  »,  d-ll  «  ici  »  ; 

y.-z       "  c(diii-là  »,  o-li  e  là-bas»; 

voliak  o-li/ii   <■'  là-bas»,  o-z'  «  ainsi  »  ; 

135.  2"  Type  ca,  ce. 

ca  ((j.  21G,  45)J9)  (*  celui-ci,  ceci  ». 

ca-n((l  321). 
'    ca-na  (C.  lo,  IG,  7G,  304),  associé  à  mi  (i;§  30  el  132). 

ca-pe  (C.  4538)  «  voici  »;  rericliti(|ue -pe  esl  à  ra|)proclier 
de  reucliliqiie  -pa  dans  i-pa  (cl",  i;  24). 

ca-pi  {(].  142),  vai'iaiile  de  ca-pe.  Pour  léquivalence  de  pe 
el  do  pi  voir  ^  24  :  i-pa.  i-pe,  i-pei;  cl".  ?:;  o^. 

ca-ti  (V.  233."))  «  le  loui;  de  c(dui-ci  >-  la  désinence  -ti  esl  le 
suffixe  casu(d  (cf.  §129,  n"  10). 

ce-n  (F.  1922)  «  par  ceci  »  la  désinence  -n  esl  le  suffixe  casuel 
(§  129,  n"5). 

ce-hen  (C.  4082,  4HG,  5561)  «  ceci  ».  La  désinence  -hen 
n'est  probablement  (ju'nne  enclitique,  analogue  à  l'euclitiquc 
finnoise  -van  dans  kiika-van  «  quiconque  ». 


PRECIS    GRAMMATICAL 


97 


Les  formes  e-ca  et  e-c-n  (voir  plus  haut  §  134)  présentent  la 
réunion  du  type  n"  1  [a,  ou  ej  et  du  type  n°  2  (ca). 

Analogies  ougro-tinnoises  : 
finnois         /.y/,  /ia-h,  ka-s  «  voici  ». 

136.  3°  Type  te. 

te-z  (C.  438)  «  ici  »  ;  le  mot  se  présente  plusieurs  fois  accom- 
pagne de  an  (tez-an  C.  3235,  4082,  4538).  La  désinence  -z 
paraît  être  un  suffixe  adverbial,  répondant  au  suffixe  locatif  -/, 
-tt,   des  langues  ougro-finnoises  (Hudenz-Simonyi,  p.  386). 

Analogies ougro-finnoises  (Szinnyei,  Finu.  ugr.  S prachtc,  ^.  li'^]  : 

hongrois  io-,  /x-  [{ovol  «  là-bas  »,  ?aya/  «  Tan  dernier  » 

vogoule  fo-  «  celui  là  » 

mord  vin  e  ta-  <<  id.  » 

lapon  là-  «  celui-ci  » 

zyrénien-votiak  la  «  id.  » 

Le  démonstratif  finnois  là  ne  peut  pas  être  cité  ici  parce  qu'il  ne 
correspondrait  qu'à  une  forme  étrusque  za  (voir  i^  7:2). 

137.  Prono.ms  indéfinis. 

Nous  ne  connaissons  encore  que  deux  types  : 

a)  type  ci. 

ci-pe-n  (f-apoue)  «  quelque  chose  »,  composé  de  l'interro- 
gatif  ci  (employé au  sens  indéiini)  et  de  la  })arlicule  enclitique 
pe-n  (voir  §  24)  ; 

ci-sum  (F.  2340;  Ivrall,  V,  5  12,21  etc.)  «quelque  quan- 
tité »,  composé  de  rinteri'ogatif  ci  et  de  sum  «  ([uantité  ». 

b)  type  mu. 

mut-in  (.Vo//:;//',  1895,  p.  339)  «  quelque  » 
mut-in-ce    (Ivrall,    IV,  5,    18  etc.)    «  en  quel([ue  quantité, 
quelque  peu  » 

Analogies  ougro-tinnoises  (^liudenz,  p.  îiH,  n"  30;  Szinnyei,  Fimi.- 
ugv.-Spr.,  p.  113  : 

hongrois /t7  «  qui?  quelqu'un,  quelque  »;  mordvine  /c'i;  tchéré- 
nisse  kit;  linnois  ke-,  ki'ne-\  lapon  là;  zyrénien-votiak  kin.  — 
Budenz,  p.  OUI.  n"  013  : 

finnois      nui      «autre;      mû-ta-ma      u  un  certain  autre  »  ; 


98  DEUXIÈME    PARTIE 

YOgoule    mdl     «  autre;      nut-l-en         «.  un  second  ». 
zyrénien   imi-d  <>  autre, 

138.  Noms  de  nombre. 

Nous  connaissons  plusieurs  des  noms  de  nombre  étrusques.  Les 
dés  de  Toscanella  (F.  2552)  en  fournissent  six,  qui  sont  : 

ci,  liuG,  max,  sa,  Bu,  zal. 

Ces  nombres  se  retrouvent  dans  les  textes  épigraphiques.  Ils 
correspondent,  sans  aucun  doute,  aux  six  premiers  chifl'rcs, 
puisque  sur  les  dés  étrusques,  comme  sur  les  nôtres,  les  points 
sont  marqués  de  1  à  6. 

139.  Sur  ces  six  nombres,  il  y  en  a  deux,  huG  ci  ci,  qui  peu- 
vent être  identifiés. 

HuG  représente  cinr/.  D'après  les  règles  phonétiques  posées 
plus  haut  (§  64,  U3  et  §  74),  huG  est  exactement  l'équivalent 
du  tinnois  vite  «  cinq  »  '. 

De  ci  on  peut  rapprocher  le  hongrois  két  «  deux  »  ;  cf.  finnois 
/m/iir  (nomin.  kaksi)  \  lapon  kuekl  \  mordvine  kafla\  tchéré- 
misse  kok  zyrénien  Mk\  vogoule  kit^  kêt  (Budenz,  p.  26,  n^Sl). 
Il  est  vrai  que  la  plupart  de  ces  formes  ougro-finnoises  ont  un 
/  final.  Mais  ce  /  final  peut  être  un  suffixe  :  car  il  n'existe  pas 
partout;  en  ostiak  on  le  voit  disparaître  devant  le  suffixe  ordi- 
nal vict  [ki-met  «deuxième  »  et  non  pas  *kit-mrl),  alors  que  les 
nombres  vet  (5),  net  (4)  et  labet  (7),  où  le  /  fait  partie  intégrante 
du  radical,  donnent  vet-met,  net-met,  tabet-met.  Si  l'on  fait 
abstraction  du  t  final,  il  reste  des  radicaux  se  ramenant  à  un 
radical  primitif  [*kah,  *kph  ou  *kili)  terminé  par  une  aspiration. 
Or  l'étrusque  ci  peut  se  ramener  lui  aussi  à  un  radical  analogue 
[ci  =  cei  =  cej  =  ceJi). 

140.  Deux  et  cinq  étant  connus,  l'identification  des  quatre 
autres  nombres  est  possible,  d'a})rès  la  disposition  des  points 
sur  les  dés.  Il  y  a  dans  l'antiquité  deux  systèmes  :  d'après  l'un,  les 
points  des  faces  opposées  donnent  un  total  constant,  égal  à  sept 
(1  -j-  ^  i  2  -j-  5  ;   4  -["  3);  d'après  l'autre,  les  points  des  faces 

1.  Cf.    inordvinc   vetil\    tchérémisse,    lapon,  zyrénien,   voliak   i'z7;  ostiak   vêt 
(Uudenz,  p.  8lj2,  u»  9.j7  ;  Szinnyei,  Finn-iigr.  Spvachw,  p.  107  et  suiv.). 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  99 

opposées  se  suivent  (1  opposé  à  2  ;  3  opposé  à  4,  5  opposé  à  6 .  ) 
Les  deux  systèmes  existent  en  Etrurie  '.  Le  premier  système 
est  ici  à  rejeter.  Pour  obtenir  7,  il  faudrait  en  effet  que  hu6 
(=  5)  fût  opposé  à  ci  (=  2) .  Or  on  a  : 

sa  opposé  à  ci 

max  «  zal 

hue  «  eu 

C'est  donc  le  second  système  qu'il  faut  appliquer.  Il  donnera  : 

sa     =1       opposé  à         ci  =  2 

max  =  3  «  zal  =  4  (ou  l'inverse) 

hues=  5  «  eu  =  6. 

Le  doute  ne  subsiste  que  sur  le  rang  respectif  de  max  ^^  ^^ 
zaL 

141.  Les  six  premiers  nombres  sont  donc 

sa     =  1  zal    =  4  ou  3 

ci      =2  hue  =  S 

max  =  3  ou  4       eu    =  6 

Il  faut  y  ajouter  esl  ou  esal,  qui,  comme  on  le  verra  plus  loin, 
est  une  variante  du  nombre  un. 

Tous  ces  nombres  sont  traités  comme  de  véritables  substan- 
tifs et  prennent,  le  cas  échéant,  un  suffixe  casuel.  C'est  ainsi  que 
l'on  rencontre  les  formes 

sa-s  (F.  2104.  2M9). 

liue-s(F.  I,  437;  F.  II,  116). 

esal-s  (F.  I,  387). 

ci-s  (F.  2108;  Krall,  VIII,  1). 

max-s  (F.  I,  388;  F.  2070  etc.). 

En  cela,  l'étrusque  se  comporte  exactement  comme  les  lan- 
gues ougro-finnoises  et,  d'une  manière  générale,  comme  les  lan- 
gues ouralo-altaïques  (Winckler,  Uralt,  p.  110). 

142.  Il  y  a  d'ailleurs  d'autres  comparaisons  à  faire  avec  les 
langues  ougro-fmnoises. 

1 .  On  le  voit  aux  dés  qui  ont  pour  marques  des  pointa.  Fabretti,  Terzo  supple- 
menlo,  p.  11  et  suiv. 


400  DKLXIK.MK     l'AlillI-: 

Si  le  finnois  sama  a  anus  l't  idcin  »  irtUail  pas  indiqué  par 
tous  les  didionnaircs  comnit'  un  mol  om|)runié  aux  langues 
indo-eui'opéennes  (sanscrit  sama,  gothiijiic  sama,  grec  ôixô:,, 
latin  .s///««/),  on  sérail  lente  de  le  rapprocher  de  Tétrusque  sa, 
la  (h'sincmce  -iiia  pouvant  être  rencliti(|ue  (jue  Ton  retrouve 
dans  le  finnois  mnia-ma  «  autre  »,  moko-ma  «  lel  >.,  la-mà 
«  celui-ci  »,  na-mii  «  ceux-ci  »,  ainsi  (jue  dans  le  mordvine 
koda-ma  «  quel  ». 

Max  peul-(Mrc  rapproché  du  hongrois  mi'ij  «  encore  »  (^Hudenz, 
p.  608,  n°  G4())  ;  cf.  mïxj  «  qui  vient  après  »  ;  finnois  in  i)hà 
u  postérieur  »  (Budenz,  p.  633,  n"  680). 

Enfin  es-1  peut  être  considéré  comme  un  adjectif  formé  du 
thème  es  (cf.  Krall,  X,  11,  21  :  esi)  et  du  sutlixe  nominal  -1 
(§.  109).  Or  au  thème  *es  on  peut  attrihuer  le  sens  de  «  avant  », 
par  comparaison  avec  le  finnois  as-kelc-  «  marcher,  aller  de 
l'avant,  monler;  as-tu-  <<■  marcher,  monter»  (Budenz,  p.  8o8, 
n°  953).  Es-1  signifierait  donc  «  antérieur,  premier  »  '. 

143.  Outre  les  nombres  déjà  indiqués,  on  trouve  encore  dans 
les  textes  étrusques  les  formes  numérales  suivantes  ; 
sein9,  cezp. 

cealxl  ou  cialx,  mealxl,  muvalxl,  cezpalxl,  semcpalxl. 
ciem,  eslem. 
zaGrum. 

huOis,  zaGrumis,  cealxus. 
cezpz,  eslz. 

Sem^pet  cezp.  —  Les  formes  sem^  et  cezp  repiésenlent  des 
unit('s,  puis(ju"elles  donnent  naissance  à  des  formes  comme  sem- 
<p-alxl  etcezp-alxl,  qui  sontdes  mulliples  (voir plus  loini;.  I4i). 
Ces  unilés  sont  supérieures  à  six,  puisqu'elles  ne  figurent  pas 
sur  les  dés  de  Toscanella.  halles  sonl  vj'aisemhlahlement  infé- 
ricnires  à /*<>///',  j)arcc  (|ue  l(3urs  mulli|)les  ligui-ent  sur  des  épi- 

1.  A  premirre  vue.  on  poiiri'ail  iHre  tfiit(''  ch'  rap|iroclier  l'('li'usi|U('  es  soit  du 
finnois  esi  «  antériorité  ",soit  du  votiak  (/z'-tn  <■  devant  ».  Mais  le  finnois  esi  n'est 
qu'une  forme  altérée  du  radical  elr  (Undcuz,  p.  778,  n"  848),  et  le  votiak  a:'-i)i 
paraît  devoir  être  rapporté  à  un  radical  'citl-  (finnois  eii/e-  "  le  premier  »,  hon- 
grois ed'W  «  un  »  ;  Sziunyei,  Finn.   iif/r.  Sjir..  p.  108). 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  101 

taphes  ot  que  90  ans  est  un  âge  insolite.  Il  ne  reste  donc  pour 
semcp  ot  cezpque  \(i^  septième  ci  huitième  rangs.  Mais  il  est  impos- 
sible de  dire  lequel  des  deux  est  sept  et  lequel  huit.  Ni  l'un  ni 
l'autre  n'a  sa  contre  partie  dans  la  numération  ougro  finnoise. 
144.  Formes  en  -alxl  ou  -Ixl* —  Les  formes  ci-alx,  ce-alxl, 
cezp-alxl,  me-alxl,  muv-alxl  '.  sem<p-alxl  ",  sont  des  multi- 
[)Ies,  puis(|u'elles  vont  avec  une  indication  d'unité  : 
F.  2070  max-s  sem<p-alxl-s. 
F.  2l08ci-s  ce-alx-s. 
F.  I,  437  hu0-s  ce-lxl-s. 
F.  II,  115  hue-s  muv-alxl-s. 

Ce  sont  des  multiples  par  10  et  pas  davantage,  parce  qu'avec 
sem^-alxl  ou  cezp-alxl  '>n  arrive  à  80.  c'est-à-dire  à  peu  près 
à  la  limite  d'âge  que  comporte  une  épitaphe. 

Si  dans  les  nombres  en  alxl,  la  voyelle  a  n'est  pas  organique 
(et  une  forme  comme  ce-lxl-s  le  donne  à  penser),  le  multipli- 
cateur serait,  non  pas  alxl.  mais  1x1. 

Ce  multiplicateur  lx-1  peut  être  considéré  comme  un  adjectif 
analoiiue  à  es-1  '§  142),  c'est-à-dire  formé  de  même  à  l'aide  du 
suffixe  nominal  -1  (§  d09).  Le  multiplicateur  reviendrait  ainsi 
à  un  thème  Ix-  Or  un  thème  très  voisin  de  Ix  existait  ancien- 
nement dans  la  famille  oua:ro-finnoise  avec  le  sens  de  «  nom- 
bre,  dizaine  ».  On  le  retrouve  encore  dans  le  vogoule  lou, 
/y.u  «  dix  »,  dans  le  tchérémisse  lu,  dans  le  lapon  de  Suède 
lokru^  lokê  \  pour  dire  «  vingt  »  ce  dernier  dialecte  dit  «  deux 
dix  »  kunktti  IokJn~'.  Cf.  finnois  lukc-  «  compter  »  ;  mordvine 
lovo-  «  id.  »  (Szinnyei,  Finn.-ugr.  Sjfrachic,  p.  109  ;  Budenz, 
p.  8.39,  n»  928). 

145.  Formes  en  -em.  —  L'unité  qui  précède  les  multiples  en 
-alxl  ou  -1x1  se  présente  sous  deux  aspects  : 

tantôt   elle  conserve  sa  forme   sa,   ci,   max,   zal,  huô,  ou, 
augmenlée  seulement  de  suffixe  casuel  -s,  exigé  par  la  syntaxe; 

1.  Me-al/I  et   tniic-al/l  sont   îles   multiples    de  7nay,   ilont  l'aspiration    ûnale 
s'atténue  ou  ilisparait  devant  le  suHixc  -alyl . 

2.  Toutes  ces  formes  se  présent<'nt   dans  les  textes  avec  un  s  final  ;  mais  cet  s 
est  un  suffixe  casuel  dont  il  faut  taire  abstraction. 


102  DEUXIÈME    PARTIE 

tantôt  elle  s'adjoint  un  suffixe  particulier,  le  suffixe  -em  : 

esl-em  (Ga.  G58;  Iviall,  VI,  14;  XI,  8,  etc.). 

ci-em  (F.  2071  ;  Krail,  X,  2)  ». 

Il  est  impossible  (ju'iln'y  ait  pas  une  difîérence  do  sens  entre 
ci-s  ce-alxl-s  et  ci-em  ce-alxl-s.  Si  dans  le  premier  cas  les 
deux  nombres  saddilionnent  (2  +  20)  —  et  l'examen  des  textes 
ne  laisse  aucun  doute  à  cet  égard,  —  dans  le  second  cas  il  faut  les 
soustraire  Vun  de  Tautrc;  ciem  cealxls  doit  s'entendre  20  —  2 
ou  18,  duodevinginti  -.  Ci-em  est  probablement  un  adjectif  avec 
le  sens  de  «  défectueux  de  deux  »  et  comme  tous  les  adjec- 
tifs étrusques  (voir  §  loS)  il  reste  invariable. 

Uadjectif  -em,  avec  l'idée  de  «  soustraction  »,  peiit-ôtre  rap- 
proché du  hongrois  dm-it-  «  mystifier,  attraper,  tromper  » 
(Budenz,  p.  744,  n°  804). 

L'emploi  de  la  méthode  soustraclive  est  courant  dans  les 
langues  ougro-finnoises  (Budenz,  p.  221;  Winckler,  Uralt., 
p.  110;  Szinnyei,  Finn.  nrjr.  Spracliw.,  p.  109). 

Comme  le  chifTre  à  soustraire  n'est  jamais  supérieur  à  2,  les 
formes  esl-em  et  ci-em  sont  une  preuve  de  plus  que  esl  et  ci 
représentent  bien  1  et  2. 

146.  ZaBrum.  —  ZaOrum,  étant  construit  avec  des  unités, 
ne  peut  pas  être  une  unité.  Il  appartient  certainement  à  une 
catégorie  supérieure.  Ce  n'est  ni  20,  ni  30,  ni  70,  ni  80, 
puisque  nous  avons  ce-a-l^l  (20),  muv-a-lxl  (30  ou  40), 
semcp-a-lxl  et  cezp-a-lxl  (70  et  80).  Il  n'est  guère  probable 
qu'il  désigne  une  des  dizaines  intermédiaires  entre  30  et  70;  car 
on  ne  voit  pas  pourquoi,  les  dizaines  antérieures  à  40  et  les 
dizaines  postérieures  à  GO  ayant  le  sulfixe-lxl,  les  dizaines  inter- 
médiaires ne  l'auraient  pas.  Za6rum.  ne  peut  donc  se  placer 
qu'entre  9  et  20. 11  représente  piobablement  10.  On  a  ainsi  pour 


1.  0wn-em,  que  Ton  trouve  quelquefois  (K.  2335  a;  Krall,  XI,  17;  XII,  10) 
n'est  pas  une  forme  numérale,  en  relation  avec  le  chiffre  6».  Le  radical  est  %nn, 
que  l'on  retrouve  dans  Qun-yers  (Krall,  VI,  1),  ^un-yulem  (Krall  XII,  3),  ^un-yiMe 
(C.  4538),  ^un-z  (F.  I,  381),  Uni  (Krall,  X,  7). 

2.  C'est  ce  qu'a  très  bien  vu  Torp  dans  ses  Elrus/c.  lieih-ui/e,  I  (1902),  p.  71. 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  i  03 

8  deux   expressions  niimomlos,    puisque    semcp  ou    cezp   en 
donne  une  et  que  ciem  zaBrum  (10-2i  en  donne  une  autre. 

147.  Formes  en  -is-,  us,  -s. —  Certains  nombres  présentent 
quelquefois  une  désinence  -is,  -us.  C'est  ainsi  que  l'on  a  dans 
la  ^lomie  d'Agram  : 

hueis  zaGrumis  (Kiall,  VIII,  3). 

eslem  cealxus  (Krall,  XI,  12). 

cialxus  (Krall,  XII,  10). 

Au  premier  abord  on  serait  tenté  de  croire  que  huBis  et 
za9rumis  sont  les  génitifs  hu9-s  et  za8rum-s,  écrits  avec  un 
i  épenthé tique.  Mais  la  forme  za6rums-ne  (Krall,  YI,  9) 
exclut  Thypothèse  d'un  génitif.  Si  l'on  fait  abstraction  de  la 
désinence  -ne,  qui  ne  peut  être  que  le  suffixe  casuel  (§  129, 
n°  6),  il  reste  un  nominatif  za0rums  ;  car  c'est  à  la  forme 
du  nominatif  et  non  pas  à  celle  du  génitif  que  s'adjoignent 
les  suffixes  casuels.  Comme  nous  savons,  d'autre  part,  que  le 
nominatif  du  nombre  cardinal  est  zaGrum  (§  140;  Krall, 
XI,  8),  nous  sommes  amenés  à  considérer  le  dérivé  zaGrum-s 
ou  za8rum-is,  ainsi  que  les  dérivés  hu8-is  et  cealx-us  comme 
des  nombres  ordinaux,  formés  à  l'aide  du  suffixe  -s.  Ce  suf- 
fixe est  probablement  le  sutïixe  nominal  -s  (§  117),  qui  sert  à 
former  des  adjectifs.  II  est  vocalisé  soit  en  -is  dans  huG-is,  soit 
en  -us  dans  cealx-us. 

147  his.  Formes  en  -z.  —  Les  formes  esl-z  (F.  2057,  233rv'^) 
et  cezp-z  (F.  I,  387)  paraissent  être  des  formes  adverbiales. 
La  désinence  -z  a  pcut-ôlre  quelque  rapport  d'origine  avec  le 
suffixe  locatif  -tt  ou  -/  que  Ton  a  dans  le  hongrois  a/a-// 
«  dessous  n,  mullii-tl  «  à  coté  »,  ainsi  que  dans  It»  vogoulc 
/a-/  «  là-bas  »  et  dans  Tostiak  to-l  «  là  »  (Szinnyei,  Finn.  ugr. 
Sprachiv.,  p.  73). 

148.  VEMnE. 

Le  verbe,  en  étrusque,  est  toujours  une  forme  à  désinence 
vocalique.  La  règle  ne  soulTre  aucune  exception,  quand  la 
forme  verbale  est  nue,  c'est-à-dire  quand  elle  n'est  pas  accom- 
pagnée d'un  suffixe  casuel  ou  qu'elle  n'entre  pas,  comme 
élément  initial,  dans  la  structure  d'un  mot  composé. 


un  1  ou  un  u  : 


enesc-i 

capl9-u 

eer-i 

car-u 

falst-i 

cen-u 

hesn-i 

hinei-u 

marn-i 

iX-u 

sur-i 

lu-u 

ei-i 

mas-u 

usl-i 

ti-u 

zuc-i 

tu0i-u 

104  DEUxiÈMi-:  PAirriE 

La  désinence  vocal i que  j)oul  èlrc  un  a,  un  e, 

am-a  far6nax-e 

cex-a  fas-e 

ecni-a  fler-e 

hine-a  fusl-e 

men-a  ilax-e 

menitl-a  mulsl-e 

mul-a  eunxule-e 

6aur-a  un-e 

zi-a  zixux-e 

Il  csl  [)roljaljIe  (juo  le  choix  do  la  voyelle  finale  n'est  pas 
aihilrjiiic  ;  elle  joue  peut-être,  dans  la  conslilulion  du  radical 
verbal,  un  i(~)le  analogue  à  celui  des  suifixcs  de  dérivation 
(§§  78  el  suiv.).  Mais  une  e.\|)licalion  est,  ([uant  à  présent, 
impossible. 

149.  Le  verbe  (Urusque  n'a  ([ue  trois  modes.  Du  moins 
l'analyse  des  textes  ne  permet  pas  d'en  distinguer  davantage. 
Ces  trois   modes  sont  Vindiralif,  ViniprrntifoiVui/inilif. 

Leur  radical  est  idcnli(|ue.  On  remarque  (|uelquel'ois  un 
changement  dans  la  voyelle  linale  : 

Ind.  herm-u  (Cia.  799).  lui',  herm-e-ri  (ibid.). 

—  men-a  ((1.  i.'i.'JH!.  —  men-e  (Magliano). 

—  hilar-eun-a  '  K r.i 1 1 .  \ll,:;,  Gl  —  hilar8un-e  (Krall,XlI,  3). 

—  caer-a  (Krall,  XII,  8).  —  caer-e  (  KndI,  XII,  4). 

—  am-a  (C.  40.38).  Imp.    am-e    (ibid.    et    Krall, 

YIII,  G,  8). 

—  eaur-e  (C.  ilIG).  Inf.  Gaur-a  (C.  4rj38). 

Ces  exemj)les  semblenl  indi(|uer  une  l'elalion  entre  le  mode 
et  la  désinence  vocalique.  Mais  il  serait  pr('maluré  de  l'ormulei' 
une  règle. 

150.  C'est  surtout  à  l.i  construction  de  la  phrase  que  se 
reconnaissent  les  modes.  L'indicatif  est  toujours  et  immédiale- 
ment  suivi  du  sujet. 

ama  Veleina  (C.  4538)  «  Velthina  s'apaise  ». 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  lOS 

fusle  VelSina  (G.  4338)  «  Velthina  demeure  ». 
mena  naper  ci  (G.  4338)  «  passent  deux  jours  ». 
farn6axe  Tute  (F.  I,  387)  «  Tutc  est  misérable  ». 
menitla  afrs  (^Magliano)  «  le  père  est  traînant  de  marche  ». 
L'impératif  ou  bien  n'a  pas  de  sujet  immédiatement  exprimé, 
ou  bien  est  déterminé  par  une  apostrophe  : 

acil6  ame  (Ivrall,  Ylll,  6,  8)  «  immédiatement  arrête-toi  ». 
eiifalsti  "Veleina  (G.  4338)  «  dépêche-toi,  mange,  Velthina  ». 
cesu(F.  I,  436)  «  sois  paisible  ». 

151.  Quant  à  l'infinitif,  il  se  comporte  comme  un  véritable 
substantif  : 

a)  il  se  construit  avec  un  démonstratif  : 

eca...  Axnias  versie  (Xoti-ie,  1893,  p.  242).  «  voici  le 
gémir  d'Akhuia  »  c'est-à-dire  «  voici  que  Akhuia  gémit  ». 

eca  "VelGinaGuras  Oaura  (G.  4338,  A,  1.  20)  «  voici  le  s'em- 
presser de  Velthinathura  »,  c'est-à-dire  «  voici  que  Velthina- 
thura  s'empresse  ». 

ù)  il  peut  être  le  sujet  d'un  autre  verbe  : 

zia  satene  (G.  4338,  A,  1.  19)  «  se  produit  (zia)  le  fait  d'in- 
jurier (satene)  ». 

helu  tesne  (G.  4338,  A,  1.  21)  «  s'échappe  (helu)  le  fait  de 
sangloter  (tesne)  ». 

cexa  zixuxe  (G.  4338,  B,  1.  21)  «  est  faible  (cexa)  le  fait  de 
palpiter  (zixuxe)  ». 

siri  cimu)  Gapoue,  1.  11)  «  crépite  (siri)  le  fait  de  flamber 
(cimu)  ». 

c)  il  est  sujet  du  verbe  «  être  »  sous-entendu  et  a  un  attribut: 

canzate  selvansl  (G.  2403)  «  le  fait  de  regarder  (canzate)  est 
trouble  (selvansl)  ». 

pane  zs  {(].  i-338,  A,  I.  16)  «  le  fait  d'exhorter  (pêne)  est 
pressant  (zs)  ». 

masu  acnina(G.  4538,  A,  1.  17)  «  le  fait  de  se  détourner 
(masu)  est  obstiné  (acnina)  ». 

mulsle  mlax  (Magliano  B)  «  le  fait  de  passer  (mulsle)  est 
bon  (mlaxj  »• 


106  DEUXIÈME   PARTIE 

ecnia  avil  (Miigli.mo  B)  «  le  fait  d'èlre  paresseux  de  mâ- 
choire (ecnia   esl  durable  (avil)  ». 

d)  comme  un  siibslanlif  (jiii  se  décliiierail,  il  s'adjoint  les  suf- 
fixes casuels  : 

fala-s  xieiïi  (^^-  4538,  A,  13)  «  le  goûl  du  manger  »  (fala 
«  manger  »  +  suffixe  -s). 

alpna-s  turce  (F.  2603  hls)  «  en  instance  du  supplier  »  (al- 
pna  «  supplier  »  -f-  -s). 

paxie-s  clu9i  (Ga.  30)  «  usure  du  être  malheureux  »  (paxi© 
c  èlrc  ennuyé,  malheureux  »  -]-  s). 

curiea-s  clu6i  (F.  2400'^  )  «  usure  du  (Mre  malade  »  (curiea 
«  être  malade  »  +  s). 

spureGi  apa-si  (F.  2057)  «  la  bataille  allant  vers  le  être  in- 
certain »  (apa  «  être  incertain  »  -j-  si). 

municl-et  masu  (G.  4538,  A,  1.  li)  «  il  se  détourne  sans  le 
dire  des  paroles  »  (municl-  «  dire  des  paroles  »  -j-  -et,  pri- 
vatil'j. 

Veleina  acilu-ne  (C.  4538,  B,  1.  8-9)  «  Yellhina  étant  avec 
le  l'ail  (le  (=  en  train  de)  s'impatienter  »  (acilu  «  s'impatienter» 
H — ne  comitatil'). 

huviGu-n  (Magliano)  «  par  le  être  frotté  d'huile  »  (huviGu 
«  être  graissé  »  -| — n  instrumental). 

ala-6  uMagliano)  «  à  la  suite  du  être  tombé  »  (ala  «  tomber  » 
+  6). 

Afunas  slele-G  (G.  4538,  A,  I.  3)  c  à  la  suite  du  mourir 
d'Al'una  »  (slele  «  finii-  »  -| — G). 

spure-ri  meGlume-ri-c  enas  (^Ivrall,  V,  6)  «  paroles  (enas) 
qui  sont  pour  le  mêler  (spure  «  mêler  »)  et  pour  le  isoler  (meG- 
lume  «  isoler»)  ;  le  suffixe  -ri[marque  la  destination. 

Gette  assimilation  du  verbe  au  substantif  est  particuliè- 
rement digne  de  remarque  au  point  de  vue  des  affinités  lin- 
guistiques. G'est  en  effet  une  des  caractéristiques  de  la  gram- 
maire ougro-finnoise  primitive.  A  l'origine  il  n'y  a  pas  de 
différence  spécili(|ue  entre  h'  verbe  et  le  nom.  Encore  aujour- 
d'hui, dans  b^s  idiomes  où  la  conjugaison  s'est  le  plus  déve- 
lop|)ée,  en  hongrois  par  exemple  et  en  finnois,  ce  principe  gram- 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  107 

matical  est  encore  en  partie  observé.  On  rencontre  des  formes 
verbales  employées  comme  de  véritables  substantifs  et  compor- 
tant, comme  eux,  l'adjonction  des  suffixes  casuels  (Winckler, 
Uralt.^p.  139). 

152.  Le  verbe  étrusque  ne  semble  pas  avoir  de  temps;  du 
moins  l'analyse  des  textes  ne  permet  pas  d'en  reconnaître. 

Il  ne  semble  pas  avoir  non  plus  de  désinences  personnelles,  hdi 
forme  lupu-m,  citée  plus  haut  (§45),  pourrait  être  à  la  rigueur 
interprétée  comme  la  première  personne  du  verl)e  lupu 
«  mourir  «.Mais  on  peut  tout  aussi  bien  l'interpréter  comme 
le  possessif  du  verbe  lupu  employé  substantivement  :  «  mon 
mourir  »  (cf.  §  133). 

153.  Négation. 

L'étrusque  exprime  la  négation  do  deux  manières  : 

1°  Il  applique  à  des  formes  verbales  des  suffixes  caritifs,  le 
suffixe  casuel  -eO  (§  129,  n°  3)  ou  bien  le  suffixe  -tla  (§  130). 
D'une  personne  qui  ne  parle  pas  on  pourra  dire  qu'elle  elle 
«  sans  parler  »  municl-ee  (G.  4o38).  D'une  chose  qui  ne  va 
pas  vite  on  dira  qu'elle  est  «  dépourvue  de  course  »  Gii-tal 
(Gapoue,  1.  10). 

On  a  de  môme  en  finnois  sanoma-tta  «  sans  l'acte  de  dire  », 
en  \ogou\e  joyt-tal  «  qui  n'est  pas  atteint  ». 

2°  La  négation  s'exprime  encore  au  moyen  d'un  auxiliaire 
spécial,  l'auxiliaire  négatif  -i  ou  i-a  (Gapoue),  apparenté  à  un 
auxiliaire  analogue  qui  existe  encore  dans  les  langues  ougro- 
finnoises  (voir  plus  haut  §§  27  et  28). 

Cet  auxiliaire  se  présente  souvent,  dans  les  textes,  sous  la 
forme  causative  i-n  «  par  le  fait  que  n'existe  pas  »  (n  suffixe 
causatif  ou  instrumental,  voir  §  129,  n°  5). 

OueIf|uefois  l'auxiliaire  négatif  est  renforcé  par  une  encli- 
tique -pa,  -pe,  -pei  (cf.  §  24  et  suiv.).  De  là  les  formes  i-pa, 
i-pe,  i-pei,  i-n-pa,  i-n-pei-n. 

La  même  enclili({ue  se  reli'ouve  en  finnois  et  précisément 
accolée  à  l'auxiliaire  né^aï\ï  {ei-p/i  «  pas  n'existe  »;  cf.  §  28). 

154.  GONJONCTIONS  ET  ADVERBES. 

L'étrusque    n'a  pas    de   conjonctions   de   subordination.  On 


]()8  DEUXIÈME  PARTIE 

verra  plus  loin,  dans  la  syntaxe,  par  <ju<'l  |)rocé(Ié  gramnialical 
il  arrive  à  s'en  passer. 

Il  a  deux  conjonclions  de  coordinallon.  La  plus  ordinaire  est 
renrlili(jae -c  (Lattes,  Rendiconti  d.  r.  Ist.  Loinh.,  août  1872, 
p.  271  :  Deecke,  Etr.  Forsch.,  I,  p.  1-37). 

an-c  (F.  1,  387)  »  et  ici  ->  ;  cf.  an  (C.  4082  ;  F.  2335)  «  ici  ». 

puia-c  (C.  367,  37S  etc.)  «  et  la  femme  »  ;  cf.  puia  (C,  197, 
198  etc.)  «  femme  ». 

0anxvilus-c  (F.  2071)  «  et  de  Thanaqnil  »  ;  cf.  Oan/vilus 
(F.  III,  370)  (C  deThanaquil  ». 

L'enclilique  étrusque  -c  peut-être  rapprochée  de  la  particule 
finnoise  -/<•/,  -kin  qui  a  un  sens  copulatif  :  mind-kin  «  moi  aussi  ». 

155.  Lautre  enclitique  de  cooi'dination  est  -vie.  Elle  n'est 
encore  connue  que  par  un  seul  exemple  : 

C.  411G  Lar8ialis-vle  <'  ainsi  que  des  (enfants)  de  Lartliia  »; 
-vie  est  très  probaljlement  apparenté  au  suffixe  hongrois -ya/, 
-iv/7,  qui  exprime   la  concomitance  :  In-vy.l  «  avec  le  cheval.  » 

156.  Les  adverbes  se  présentent  sous  plusieurs  formes  : 

\.°  ou  bien  ce  sont  des  adjectifs,  employés  tels  quels,  sans  dési- 
nence spéciale  (de  même  en  hongrois,  RiedI,  Gr(U)uiiat.ik,  p.  172)  : 

acnanasa  (F.  2053)  «  rapide,  rapidement  ». 

cam6i  (F.   I,  438)  «  merveilleux,  merveilleusement  ». 

ix  (C.  4538)  «  juste,  précisément  ». 

mulax  (Krall,  VIII,  5)  «  durable,  toujours  ». 

sic  Krall,  V,  I  i)  «  complet,  tout  à  fait  ». 

vacl  (Krall,   Vil,  9  etc.)  «convenable,  convenablement  ». 

zil  F.  1,  436<'i)  «  parfait,  parfaitement  ». 

zilae(F.  2055)  «  id.  ». 

2"  ou  bien  ce  sont  des  adjectifs  pourvus  d'un  suffixe  casuel 
(§  129),  comme  cela  se  voit  dans  les  langues  ougro-finnoises, 
(Budenz-Simonyi,  p.  379  et  suiv.)  : 

mutin-ce  (Krall,  V,  5)  «  quelque  peu»  ;  cz-1  (C.  4538)  «  à 
intervalle  »  ;  a-n  [C  4538)  «  voici,  ici  »  ;  ei-n  ((i.  4201)  «  gran- 
dement »;  hur-si  (Krall,  Xll,  7)  "  à  son  tour  »;  0anur-si  (F. 
803  bis  «  paisiblement  »  ;  eter-ti  (Krall,  XII,  3)  «  parfaite- 
ment »;  paxana-ti  (F.  2335'')  «  malheureusement  ». 


PHÉCIS    TtHAMMATICAL  109 

3°  ou  bien  ce  sont  des  adjeclifs  augmentés  d'un  suffixe  spé- 
cialement adverbial,  tel  que  -tnam  ou  -z. 

e-tnam   Ki-all,  Y,  7;  VI.  o  etc.)  «  à  ce  momeut,  tantôt  ». 

cala-tnam  (Krall,  X,  p.  3  ?. 

vacl-tnam  (Krall,  VI,  10  ;  VIII,  1)  «  convenablement  ». 

cn-tnam  ^Kiall,  Vil,  12;  XI,  14)  ? 

sun-tnam  (Krall,  XI,  13)  ? 

pu-tnam  Krall,  X,  y.  3)  ? 

te-z  (C.  4538)  «  ici  ». 

Gun-z  (F.  I,  387)  «  rien,  peu  ». 

esl-z  (F.  2333»)  «  uniquement». 

157.  Syntaxe. 

Les  textes  étrusques  parvenus  jusqu'à  nous  sont,  pour  la 
plupart,  des  épitaphes  ou  des  inscriptions  votives.  Sauf  de  rares 
exceptions,  ils  sont  courts  et  de  rédaction  simple.  Aussi  la 
syntaxe  qu'on  y  observe  est-elle  peu  variée  et  peu  compliquée. 
Il  n'est  guère  possible  d'indiquer  j)our  le  moment  qu'un  petit 
nombre  de  règles. 

Ordre  des  mots.  L'ordre  des  mots  est  le  suivant  : 

1°  Le  mot  indiquant  une  relation  se  met  avant  l'objet  de  la 
relation. 

Xurxle-s  clan  (F.  2071)  — fils  (clan)  de  Khurhhle. 

Apena-s  suGi   C.  5003)  —  tombeau  (su6i)  de  Apena. 

SeOre-s  sec    F.   I,  473)  — fille  (sec)  de  Sethre. 

Sale-s  clen-s  puia  (C.  40oOj  — femme  (puia)  du  fis  (clen 
-s)  de  Sale. 

im-s  se  [Notizie,  I89o,  p.  339)  —  semence  (se)  de  la  femme 
(im-s). 

ec-s  mené  (Magliano)  —  le  fait  de  remuer  (mené)  la  mâ- 
choire ec-s). 

paxie-s  cl8i  (Fia.  30j  —  le  moyen  d'user  (cl6i)  le  souci 
(paxie-s  . 

su6i-ti  munO  (F.  2335)  —  la  parole  (munSi  (jui  est  dite  le 
long  du  tombeau  (su6i-ti). 

turce  "Vel  Sveitus  (F.  2014''')  —  de  Vel  Sceitu  qui  est  en 
instance  ^turcej. 


ilO  DEUXIÈME  PAUTIE 

mi  su6i-l  Veleuri6ura  (F.  2G03)  —  moi  Vc/lhuritltura  qui 
suis  à  cnlr  (In  iDinhcnu  (su9i-l). 

spure-ri  me6lume-ri-c  enas  (Krall,  Y,  6)  — paroles  (enas) 
qui  so/tt  pour  h'  nii-lfr  (spure-ri)  et  pour  le  isoler  meelume 
-ri),  c'est-à-diro  qui  doiccnl  rire  inrlées  et  isolées. 

2"  l'adjectif  épithète  se  met  avaiil  le  mot  qiiil  qualifie  : 

ais  cemnax  (Krall,  VIIl,  IG)  —  éclair  (^cemna-x)  yrana 
(ais). 

eter  aias  (F.  I,  436''')  —  vnfanl  (aias)  excellent  (eter). 

man  sexis  (C.  3326)  —  petite  {m.Bii)  fillette  (sexis). 

man  rivax  (Magliano)  —  petit  (man)  (jr  uni  eau  (rivax). 

seis  tei  (Ma^liaiio)  —  eau  (tei)  fraîche  (^seis). 

3"  Le  cumplémeiil  du  verbe,  quel  qu'il  soit,  se  met  avant 
le  verbe  : 

Vel6ina-s  estla  (C.  4538)  —  songe  (estla)  à  Velthina. 

clen-si  cerinu  (F.  2183)  —  il  circonscrit  {cerinvi)  ponr  le 
fils  (clen-si). 

a-ti  nacnva(F.  I,  436-^)  —  il  se  tient  serré  (nacnva)  le  long 
(le  celui-ri  (a-ti). 

avil-s  ciem  za9rum-s  lupu  (F.  2071)  —  il  meurt  (lupu)  à 
huit  ans  ciem  za8rum-s)  d'àqi'  (avil-s). 

municl-et  masu  (C.  4538)  —  //  se  détourne  (masu)  sans  dire 
une  parole  (municl-et). 

mla9-ce  marni  (Miigliano) —  //  reste  ^marni)  dans  le  gosier 
(mla0ce  . 

tur-ce  alpnu  LarSi  (C.  2403)  —  Larthi  supplie  avec  instance 
(tur-ce). 

4"  l'adverbe  se  met  avant  le  leruie  qu'il   modifie  : 

zil  eter  [V .  1,  436')  — pleinement  (zil)  excellent. 

zilaG    parxis  (F.  2055)  —  parfaitement  (zilaO)  bon. 

tul  eans  IX.  4)  —  tout  à  fait  (tul)  tranquille. 

marunuxva  ten6as  (F.  2056)  —  extraordinairemt'nt  (ma- 
runuxva)  courageux. 

camei  eterau  (F.  I,  438)  —  //  (^st  merveilleusement  (cam6i) 
excellent . 

acile  ame  (^Krail,VIII,  6j  — arréte-toi immédiatement  {q.c\\^). 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  111 

cepen  tenu  (F.   2070)  —  il  est  grandement  (cepen)  coiira- 
fjeii.r. 

an  farGnaxe  (F.  2327'«''"'^')  —  il  est  misérable  ici  (an). 

mlax  6anra  (Magliano)  —  sois  bien  (mlax)  tranquille. 

cau6as  tu6iu  (Magliano)  —  il  souffre  misérablement  (cauOas). 

eslz  zilaxnGas   (F.    2335  =')   —    accompli    (zilaxneas)  entre 
tous. 

o"  Le  verbe  au  mode  personnel  se  place  avant  le  sujet  : 

aclxa  ais  cemnax  Krall,  YIII,   16)  —  un  éclair  (cemnax) 
grand  (ais)  est  instantané  (aclxa). 

ama  VelGina  (C.  4338)  —  Velthinase  calme  (ama). 

fusle  Veleina  (C.  4538)  —  Velthinareste  en  place  (fusle). 

hareutuse  Veleina  (G.  4538)  —  Yelthina  est  dégoûté  cV ali- 
ments (hareutusei. 

eunxul8e  falas  xiei^  '^'-   i538)  —  le  goût  (xiem)  du  man- 
ger (falas)  est  nul  OunxulGej. 

mena  hen  naper  ci  (G.  4538)  —  deux  (ci)  jours  (naper) 
consécutifs  (hen)  passent  (mena). 

tuGiu  eux  (Magliano) —  l'épaule  (eux)  soufre  (tueiu). 

calu  se  (Magliano)  — peu  de  chose  (se)  est  nécessaire  (calu) 

hineiu  eues  sians  (C.  4116)  —  le  maître  (sians)  regretté 
(eues)  apparaît  (hineiu). 

arasa  eentmase  (G.  48)  —  le  petit  bruit  de  paroles  .(Gen- 
tmase   est  fnti  (arasa). 

trce  clen  (F.  2613'  —  le  fils  (clen)  est  debout  (trce). 

alpnu  Larei  Leeanei  (C.  2403)  —  Larthi  Lethanei  supplie 
(alpnu) . 

svulare  Aritimi  (F.  2613)  —  Aritimi  crie  à  pleine  voix 
(svulare). 

6°  L'auxiliaire  négatif  ipa,  inpa,  in  (§§  27,  28,  153)  se  place 
devant  la  proposition  dont  il  a  })()ur  office  d'annuler  l'existence. 
Dans  la  phrase  ipa  ama  hen  naper  XII  (G.  4538)  il  y  a  une 
proposition  aliirmative  ama  hen  naper  XII  «  le  fait  de  se 
reposer  (ama)  est  douze  jours  (naper)  consécutifs  (hen)  »  ;  la 
formule  négative  ipa  [n  existe  pas  ce  gui  suit)  détruit  par  anti- 
cipation celte  proposition  alfirniativc. 


1  12  DEUXIÈME    PAHTIi-: 

I  h'   iiirmc  : 

ia  ri6nai  iCapouc,  I.  \2)  —  />«v  ii  existe  ceci  :  le  fait  de 
s'élajieer  est. 

inpa  Gapicun  'Notizie,  1895,  p.  339)  —  par  le  fait  que 
n'e.xisir  pas  ceci  (inpa)  :  ane  répartition  est. 

in  ecs  mené  (Maiiliano)  — par  le  fait  (jae  ?i  existe  pas  ceci 
(in)  :  (Ir  la  inàchniri'  le  fait  de  rrtnacr  est . 

158.  Accord.  Il  n'y  a  pas  (TaccorcI  en  étrusque,  puisqu'il 
n'y  a  ni  genre,  ni  nombre,  ni  cas.  C'est  ainsi  que  l'adjectif 
épithèle  demeure  toujours  invariable,  même  lorsqu'il  se  rap- 
porte directcmenl  à  v\\\  substantif  pourvu  d'un  suilixe  de 
relatiou  : 

alpan  tur-ce  (C.  437)  —  en  instance  (tur-ce)  suppliante 
(alpan). 

cver  tur-ce  (Ga.  380)  —  en  instance  (tur-ce)  plaintive  (cver). 

zeris  im-s  se  [Xo/izie,  189.'),  p.  339)  —  sentence  [%%)  de  la 
femme  (im-s)  séparatrice  (zeris). 

seis  tei-s  evitiuras  (Magliano)  —  coupelle  (evitiuras)  d'eau 
{tei-s)  fra/clie  (seis). 

suGi  acil  he-ce  ((1.  3754)  —  le  tombeau  (suGii  est  dans  l'en- 
trée (he-ce)  immédiate  (acil). 

Dans  l'expression  des  noms  propres,  le  prénom  est  ordinai- 
rement Irailé  ("onime  une  épitbète  et  reste  au  nominatif,  alors 
que  le  gentilice  est  au  génitif  : 

Avele  mouiinatif)  Peleara  -s  (génitif)  mi  (C.  492i). 

(G.  5033). 
(G.  3583). 
(G.  4979). 
(G.  3759). 
(G.  4072). 

159.  11  arrive  cependant  que  l'on  trouve  le  prénom  pourvu 
du  même  suffixe  casuel  que  le  gentilice,  comme  si  l'étrusque, 
au  moins  dans  l'expression  des  noms  propres,  avait  subi  par- 
fois l'inlluence  des  règles  d'accord  du  latin  ;  voici  quelques 
exemples  : 


Vel 

Hercle-s 

Aule           — 

Vipi-s 

Larisa        — 

Plaisina-s 

Lare           - 

Velimna-s 

Ame          — 

Tantle-s 

PRÉCIS    GRAMMATICAL  413 

mi  Avile-s  Apiana-s  (G.  6). 
Cai,  Vel-s  Cai-s  lautni  (C.  4o40). 
Larei  Aule-s  Zuxu-s  (C.  2247). 
Mamarce-s  Veleiena-s  (C.  4923). 
Larei-al  Felsn-al    C.  312). 
Larei-al  Ceinan-al  (F.  I,  438). 
Marce-si  CaliaBe-si  (F.  I,  398). 
Tite-si  Cale-si  (C.  48). 
Aule-si  Metelis...  clen-si  (C.  4196). 

160.  L'accord  est  si  peu  dans  l'esprit  de  la  grammaire 
étrusque,  qu'elle  présente  même  cette  construction  singulière 
d'un  prénom  et  d'un  gentilice  se  rapportant  à  une  môme  per- 
sonne et  pourvus  de  suffixes  différents.  Cette  divergence  est 
constatée  par  des  exemples  trop  nombreux  pour  qu'on  puisse 
croire  à  une  irrégularité  fortuite  (voir  Fabretti,  StippL,  III, 
p.  63);  en  voici  quelques-uns  : 

F.  2070  :  Xurcle-s  LarO-al  «  né  de  Larth  Khurcle  ». 

F.  2071  :  Arne-al  Xurxle-s  «  né  d'Arnlh  Khurkhle  »  ; 
Ganxvil-us  Craci-al  «  né  de  Thanaquil  Craci  ». 

F,  III,  370  :  Cuclni-al  Oan^vil-us  <*  né  de  Thanaquil 
Cuclni  ». 

F.  III,  368  :  Satn-al  RamGa-s  «  né  de  Ramtha  Satna  ». 

F.  I,  442  :  0anxvil-us  Seia6i-al  «  né  de  Thanaquil  Seiathi  ». 

F.  III,  329  :  0anxvil-us  Ruvfi-al  «  né  de  Thanaquil  Ruvfi  ». 

F.  2330="  :  Ram6a-s  Apatru-al  (*  né  de  Ramtha  xVpatru  ». 

F.  I,  437  :  Ram6a-s  Ecnati-al  «  né  de  Ramtha  Ecnati  ». 

F.  233-j''  :  0anxvil-us  Pumpn-al  «  né  de  Thanaquil 
Pumpna  ». 

C.  195  :  Arn0-al  Vete-s  «  né  d'Arnth  Yete  ». 

C.  1304  :  0ana-s  Tlesn-al  «  né  de  Thana  Tlcsna  ». 

C.  1313  :  LarOia-s  Pumpu-al  «  né  do  Larthia  Pumpu  ». 

C.  2369  :  Lar6-al  Scire-s  clan  «  fils  de  Larth  Scire  ». 

161.  Propositions  l'Ilipliqucs.  Le  verbe  «  être  »  n'existe  pas 
en  étrusque.  Mais  si  Texpi-ossion  de  ce  verbe  manque,  l'idée 
en  est  très  fréquemment  sous-entendue,  comme  cela  s'observe 

8 


1  1  'l  DEUXIÈME    PAHTIE 

eiu'oi'c  aiijoiiidlini  dans  le  hongrois'.  Nous  avons  vu  plus  luuil 
(ij  lî)7,  2]  (lue  ladjcclir  ('■|)illiôle  pri'crdo  (oiijours  le  nom  aucjuol 
il  se  rappoile.  Lors(juo  la  conslruclion  est  inverso,  c'esl-à-dire 
(]uan(l  radjectif  suit  le  nom  au  lieu  de  le  précédei',  il  laul 
entendre  ladjeclir  comme  un  attribut,  avec  ellipse  du  verbe 
«  ôtre  ».  Le  contexte  indique  le  temps  et  le  mode  à  suppléer. 
Exemples  (le  signe  =  indique  la  place  du  verbe  à  suppléer)  : 

Laris  Vête    =    oui  (C.   193)  —  Laris   Vête    <iest'^  étendu 
(Gui). 

mi  =  sueina  (Ga.  64*J)   —  moi   <;>  sulsy-  funéraire  (su- 
eina). 

Oana  Cavinei  =  tuzl  ((1  44)   —   Thana  Cavinci  <^a  été^ 
bonne  (tuzl). 

A6.  Cumere  =  zil  (C.  1430)  —  Amth  Cumere  ■<«  e7</>>  par- 
fait (zil;. 

inun6  =  zivas  (F.  2335)  —  que  la  parole  <.vo^7>  paisible 
(zivas). 

masu  =  acnina  (C.  4538)  —   le  fait  de  se  détourner  <est> 
obstiné  (acnina). 

pêne  =  zs  (C,  4538)  —  le  fait  d exhorter  <Ce6t^  pressant 
(zs). 

ca6re  =  ytixa.  (Krall,  Xll,  4)  —  le  fait  de  couvrir  -^^esf^  mau- 
vais (ximi- 

aôre  =  acil  (Krall,  XII,  M)  —  le  fait  de  se  ramollir  <Cest'> 
rapide  (acil). 

canzate  =  selvansl  (C.  2403)  —  le  fait  de  retjarder  <est^ 
trouble  iselvanslj. 

mulsle    -  mlax  (Magliunoj  —  le  fait  de  passer  <iest';>  bon 
(mlax). 

reneei  ^  estac  (C.  4538)  —  la  rémission  <C.est^  rapide  de 
eliuie  I  estac). 

hevn  -=  avil  (Magliano)  —    le  tremblement  <iest'^  durable 
(avil). 


•1.  UiedI,   Manyar.  Graitun.,  p.  233.  Une  proposition  coiimie  l'Itomnic  es/  antra- 
fjeux  se  présente  à  la  façon  d'une  équation  Vliomme  =  courageux. 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  115 

tanna  =  larezul  (G.  4338)  —  le  récit  <iesi^  digne  d'être 
connu  (larezulj. 

Il    y  a  des  cas  où  Tattribut  est  autre  chose  qu'un  adjectif. 
L'ellipse  du  verbe  «  être  »  a  lieu  de  môme  : 

mi  =  Useles  Apenas  su0i  (C.  5003j  —  moi  <;e  .5?/w>  le 
tombeau  (suGij  de  Use  le  Apena. 

escuna  =  cati  (F.  2333)  —   quun  avis  <isoit^  le  long  de 
ceci  (ca-ti). 

cehen  =  su6i  (G.  4116)  —  ceci  ■<.est'^  nn  tombeau  (su6i). 

Vipia  Alsinai  =  turce  (F.  2182)  —  Vipia  Alsinai  <Cest^  en 
instance  (turce). 

Tite  =  alpnas  turce  (F.  2603^'")  —  Tite  <Zest:>  en  instance 
(turce)  de  supplication  (alpnas). 

lupu  =  avils  XXV  (F.  III,  370)  —  le  fait  de  mourir  <^esty> 
à  '25  ans  d'àç/e  (avils) . 

curieas  cluGi  =  iucie  (F.  2400')  —  le  moyen  d'user  la  dou- 
leur <Cest^  le  boire  (iucie). 

fuflunsul  =  paxies  vel  cl9i  (Ga.  30)  —  le  vin  <e^/>  le 
moyen  d'user  (cl0i)  suprême  (vel)  pour  le  souci  (paxies). 

mi  =  spural  (F.  I,  106)  — je  <isifi'>\>  provenant  de  la  mêlée 
(spur-al). 

clenar  ci  =;  vls-si  (F.  2033)  —  les  deux  (ci)  /ils  <Csont^ 
partis  dehors  (vls-si). 

162.  Propositions  subordonnées.  L'étrusque  n"a  pas  de  pro- 
positions relatives.  Il  y  supplée  par  des  appositions,  pourvues 
ou  non  pourvues  de  suffixes  casuels,  suivant  la  nuance  de  la 
pensée.  Ainsi  on  a  : 

menas  cltral  (Krall.  YllI,  3)  —  en  dehors  de  la  partie  laté- 
rale cltr-al  passage  (menas).  L'apposition  menas  équivaut  à 
la  proposition  l'elative  :  qui  est  passage  ou  qui  sert  de  passage. 

sacnicleri  cilel  (Krall.  V,  0)  —ci  la  formule  (cil9l)  pour  le 
prier.  L'aj)posilion  sacnicle-ri  (pour  le  prier)  é(iuivaut  à  la 
pi'oposilion  relative  :  qui  est  en  vue  de  la  prière.,  qui  doit  servir 
de  prière. 

spureri  meGlumeric  enas  (Krall,  V,  6)  —  paroles  pour  le 
mêler  et.  pour  le    isoler.    L'.ippo^il ion    spureri    /^'y/zr  le  mêler) 


11G  DEUXIÈME  PARTIE 

ainsi  quo  l'apposition  meGlumeric  [pour  le  isolrr)  représentent 
la  proposition  relative:  (juisont  deslïtK'cs  à  rire  dites  en  chomr 
et  aussi  dites  isolément. 

sacnicstres  cilOs  spurestres  enas  (Krall,  YIII,  14) 
—  paroles  dites  en  ehœur  de  la  formule  com)nemée  de  prier. 
L'apposition  cil9-s  [de  la  formule)  équivaut  à  la  proposition 
relative  :  qui  sont  celles  de  la  formule. 

163.  L'étrusque  n'a  pas  de  propositions  conjonctives.  Les 
suffixes  de  relation,  qui  lui  servent  à  exprimer  les  rapports  des 
mots  entre  eux  (§  129),  lui  servent  aussi  à  exprimer  les  rap- 
ports des  propositions  entre  elles.  Il  applique  un  système  qui 
paraît  avoir  été  celui  de  la  plus  ancienne  syntaxe  ouralo-altaï- 
que  (Winckler,  Das  iJraltaische  und  seine  Grupjien,  p.  52  et 
suiv.  ;  Grunzel,  Entivurf  einer  vergleichenden  Grammatik  der 
altaischen  Spraclien,  p.  38).  Dans  ce  système,  la  proposition 
subordonnée  est  traitée  comme  si  les  divers  éléments  qui  la 
constituent  formaient  un  agrégat  de  nature  nominale.  A  cet 
agrégat  nominal  s'accole  le  suffixe  casuel  destiné  à  marquer  le 
rapport  de  concomitance,  de  causalité,  de  but,  de  finalité,  qui 
lie  la  proposition  subordonnée  à  la  proposition  principale. 
Ainsi  des  phrases  comme  celles  ci  a)  pendant  que  la  mère 
chante^  b)  parée  (jue  la  mère  chante,  c)  pour  que  la  mère  chante 
deviennent  : 

a)  mère-clianter  (agrégat  nominal)  -|-  arec  (suffixe  de  conco- 
mitance i. 

b)  mère-chanter  -\-  à  cause  de  (suffixe  de  causalité^. 

c)  mè-rc-chanter  -}-  eii  vue  de  (suffixe  de  finalité). 
L'agrégat  nominal  peut  se  composer  soit  d'un  sujet  et  d'un 

voi-hi'  [mère-cha/iter),  soit  d'un  sujet  et  d'un  attribut  avec  ellipse 
du  Noi'be  «  être  »  [faiblesse  <Cêtrc^  (jrande). 

164.  Voici  (|uclques  exemples  étrusques  : 

clenar  ar-ce  (F.  2056)  —  les  fils  (clenar)  à  la  fui  (ar-ce), 
c'est-à-dire  quand  les  fils  meurent. 

neesras  acas-ce  (Ga.  799)  —  la  crue  d'eau  (neSsras)  à  l'état 
de  chose  subite  acas-ce),  c'est-à-dire  quand  la  crue  d'eau  a  été 
subite. 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  117 

supri  manin-ce  (C.  53)  —  la  volaille  (supri)  en  possession 
de  petits  (manin-ce),  c'est-à-dire  quand  la  volaille  a  des  petits. 

hu9  naper  lesca-n  (G.  48)  —  cinq  (hu9)  jours  (naper)  par 
le  fait  de  passer  (lesca-n),  c'est-à-dire  comme  cinq  jours  ont 
])assé. 

afun  ei-n  (G.  4538)  —  la  faiblesse  (afun)  jmr  le  fait  de  être 
grande  (ei-n),  c'est-à-dire  comme  la  faiblesse  est  grande. 

zamti  mata-n  (Krall,  XII,  12)  —  le  calfatage  (zamti)  par 
le  fait  de  partir  (mata-n),  c"cst-à-dire  comme  le  calfatage  part. 

Veleina  acilu-ne  (G.  4538)  —  Velthina  avec  le  fait  de  s  im- 
patienter (acilu-ne),  c'est-à-dire  au  moment  où  Velthina  s'im- 
patiente. 

lautnescle  cares-ri  (G.  4116)  —  la  promesse  de  fidélité 
(lautnescle)  pour  le  être  confirmé  (cares-ri),  c'est-à-dire  pour 
que  la  promesse  de  fidélité  soit  confirmée. 

cerurum  hecz-ri  (G.  4116)  —  la  voûte  [ceT\iv\xxQ.)  pour  le 
être  solide  (hecz-ri^  c'est-à-dire  y;o?/r  que  la  voiite  soit  solide. 

neOunsl  ôeze-ri  (Krall,  VIII,  3)  —  la  mer  (ne6unsl)  pour 
le  être  tranquille  (Geze-ri),  c'est-à-dire  pour  que  la  mer  soit 
tranquille. 

clucGras  cape-ri  (^Krall,  VIII,  9)  —  le  placage  latéral 
(clucGras)  pour  le  tenir  bon  (cape-ri),  c'est-à-dire  ^jo^^'  que  le 
placage  latéral  tienne  bon. 

ar  flere-ri  (Krall,  VIII,  10)  —  le  bordagc  (ar)  pour  le  pro- 
téger flere-ri),  c'est-à-dire  pour  que  le  bordagc  protège. 

spureei  apa-si  (F.  2057)  —  la  bataille  (spureOi)  venue  au 
fait  de  être  tnauvais  (apa-si),  c'est-à-dire,  quand  la  bataille 
en  est  venue  à  être  compromise . 

mula  hur-si  (Krall,  VIII,  9)  —  le  fait  de  partir  (mula)  vers 
le  tour  hur-sr,  c'est-à-dire  quand  le  partir  est  venu  à  son  tour, 

rivax  tnuca-si  (Magliano)  —  le  grumeau  (rivax)  ^'^''■*''  l^ 
étouffer  (tnuca-si),  c'est-à-dire  quand  le  grumeau  en  vient  à 
étouffer. 

nunGen  6ei-vi-ti  fa-vi-ti-c  (Krall,  V,  20)  —  la  totalité 
munGen  h'  long  du  être  violent  de  désordre  (Gei-vi-ti)  et  le 
long  du  être  violent   de  souffle  (fa-vi-ti-c),   c'est-à-dire  pcn- 


118  DEUXIÈME  PARTIE 

dani  le  temps  que  touL   est  violent  de  désordre  et  violent  de  vent 
{=  durant  la  tempête  et  l ouragan). 

165.  Les  propositions  subordonnées  n'occupent  pas  toujours 
la  uiriu(>  place  par  rapport  à  la  proposition  principale.  Les 
unes  précèdent,  ce  sont  celles  qui  ont  une  valeur  explicative  ; 
les  autres  suivent,  ce  sont  celles  qui  ont  une  valeur  consécu- 
tive ou  finale.  En  d'autres  termes,  toutes  les  propositions 
subordonnées  qui  sont  caractérisées  |)ar  le  suffixe  de  relation 
-ri  {en  vue  de)  se  mettent  après  la  proposition  principale. 
Toutes  les  autres  se  mettent  avant.  Exemples  de  propositions 
explicatives  : 

F.  2056  clenar  ar-ce  (prop.  snbord.)  —  tenOas  (prop. 
princip.)  =  les  /ils  (clenar)  étant  à  la  fin  c'esl-à-dire  morts 
far-ce)  —  il  est  rouraf/eu.r  (tenBaiS). 

C.  53  supri  manin-ce  (su bord.)  —  vipinal  tra  ul/nisla 
(princip.)  =  la  volaille  (supri)  étant  en  possession  de  petits 
(manin-ce)  —  lun\s  du  nid  (vipinal)  les  arrache  (tra)  le  (juet- 
teur  (ulxnisla  . 

G.  48  hu9  naper  lesca-n  (subord.)  —  letem  Gui  (prin- 
cip.) =  cinq  (hu6)  jours  (naper)  étant  passés  (lesca-n)  —  // 
est  étendu  (0ui)  en  bas  (letem). 

Krall.  XII,  12  zamti  mata-n  (subord.)  —  cluctras  hilar 
(princip.)  =  ce  qui  calfate  ^zamti)  venant  à  s'en  aller  (mata-n i 
—  le  placage  latéral  (cluctras)  est  ftssui'é  (hil&r). 

Magliano  i-n  ecs  mené  (subord.)  —  mlaôce  marni  (prin- 
cip.) =  comme  n'existe  pas  (i-n)  le  fait  de  se  mouvoir  (mené) 
de  la  mâchoire  (ecs)  —  \la  nourriture]  reste  (marni)  dans  le 
gosier  (mla6ce). 

C.  4538  Veleina  acilu-ne  (subord.)  —  scune  zea  zuci 
enesci  fpiincip.)  —  au  moment  où  Velthina  s'impatiente 
(acilu-ne  I  —  le  fait  de  frapjtcr  [zxxci) ,  le  fait  de  crier  (enesci^ 
se  produit  (zea)  à  peine  (scune). 

F.  2057  spureôi  apa-si  (subord.)  —  cepen  tenu  (  pi  incip.)  — 
In  ha  taille  (spureôi)  allant  vers  le  fait  d'être  compromise 
apa-sij  —  il  est  courageux  (tenu)  grandement  fcepen). 

Krall  VIII,  9  mula  hur-si  (subord.)  —  vacl  usi  (princip.)  == 


PRÉCIS    GRAMMATICAL  M  9 

le  fait  de  partir  (mula)    étant  arrivé  à  son  tour  (hur-si)  — 
frappe  (usi)  convenablement  (vacl). 

Gapoue,  ].  7  le6ain  sul  scuvu-ne  (subord.)  —  saca 
(princip.)  =  au  moment  où  le  four  (leeam  sul)  est  démoli 
(scuvu-ne)  —  il  tient  bon  (saca). 

166.  Exemples  de  propositions  finales  : 

C.  4116  Oaure  (princip.)  —  lautnescle  cares-ri  (subord.) 
=■  empresse-toi  (Gaure)  —  pour  que  la  promesse  de  fidélité 
(lautnescle)  soit  confirmée  (cares-ri). 

G.  4116  ipa  murzua  (princip.)  —  cerurum  hecz-ri 
(subord.)  =  ne  i^ipa)  lésine  pas  (murzua)  —pour  que  la  voûte 
(cerurum)  soit  solide  (heczri). 

Krall,  VIII,  3  flerxva  (princip.)  —  neGunsl  6eze-ri  [?>\\- 
hord.)  =  f/arantis-toi  (flerxva)  — pour  que  la  mer  (neGunsl) 
soit  paisible  (Geze-ri). 

Krall,  VIII,  9  vacl  usi  (princip.)  —  clucGras  cape-ri  (su- 
bord.)  =  frappe  (usi)  convenablement  (vacl)  —  pour  que  le 
placaç/e  latéral  (clucGras)  tienne  bon  (cape-ri). 

Krall,  XII,  11  cexa  eus  (princip.)  —  cluce  cape-ri  (su- 
bord.)  =  le  bois  (eus)  est  faible  (cexa)  — pour  que  le  fait  de 
plaquer  latéralement   cluce)  tienne  bon  (cape-ri). 

Capoue,  I.  4  ria  (princip.)  —  cimcleva  acas-ri  (subord.)  = 
ouvre  ria)  —  pour  que  le  fait  de  flamber  (cimcleva)  soit  vif 
(acas-rij. 

167.  Propositions  conditionnelles.  Contrairement  à  ce  qui  se 
passe  ponr  les  autres  propositions  subordonnées,  la  propo- 
sition conditionnelle  ne  comporte  aucun  suffixe  caractéristique. 
Elle  se  présente  sous  la  forme  d'une  proposition  principale, 
qui  se  juxtapose  à  une  autre  proposition  principale  en  la  pro- 
cédant. 

Exemples  : 

F.  2613  trce  clen  (pi-incip.)  —  cexa  (princip.)  =  si  le  fis 
(clen)  est  debout  itrce)  —  il  faiblit  icexa  . 

F.  2599  tlenaces  (princip."!  —  cver  (princip.)  =  si  on  le  fait 
plier  du  genou  (tlenaces  i  —  /'/  est  plaintif  [ovev). 

C.  446  menaxe  clen    |)riiicip.)  —  cexa  tlenaxeis  (princip.) 


120  DEUXIÈME    PARTIE 

=  si  le  fils  iclen)  inarcJw  (menaxe)  —  l'ar l'uni alion  df^  ploie- 
ment (tlenaxeis)  faiblit  (cexa). 

Magliano  ecnia  avil  (princip.)  —  mimeni  cac  (princip.)  = 
.Si  la  paresse  de  mâchoire  (ecnia)  est  durable  (avil)  —  la  nour- 
riture (mimeni  1  sera  une  pâtée  (cac). 

Magliano  suri  teis  evitiuras  (princip.)  mulsle  mlax  (piin- 
cip.)  ^=^  si  est  versée  (suri)  une  coupelle  (evitiuras)  d'eau  (teis) 
—  le  fait  de  passer  (mulsle)  sera  bon  (mlax)- 

G.  4r>38  hinOa  (piin(;ip.)  —  cape  masu  (princip.)  =  s'il  voit 
(hinOa)  —  voici  (jue  (cape)  Il  se  détourne  (masu). 


TROISIÈME  PARTIE 


TEXTES   TRADUITS   ET  COMMENTES 


168.  Pour  abréger  le  commentaire  des  textes  qui  vont  suivre, 
voici  quelques  indications  sur  la  re'daction  des  épitaplies.  Les 
noms  propres  qui  les  composent  présentent  le  plus  habituelle- 
ment les  dispositions  suivantes  *  : 

A  —  1°  prénom,  entier  ou  abrégé  ;  2°  gentilice,  seul  ou  accom- 
pagné d'un  surnom  "  : 

V.  Secu  (C.  334).  Vel  Vete-Lusce  (G.  194). 

Vel  Petinate  (G.  615).  Vel  Vipi-Veru  (G.  544). 

Lare  Plance  (G.  340).  La.  Tites-Crespe  (G.  414). 

0ana  Reisnei  (G.  342).  Laris  Tites-Visce  ((^.  416). 

0ana  CeGurnei  (G.  525).  Vel  Hemni-Viskesa(G.411). 
Ganxvil  Veieurni  (G.  1123). 

169.  1]  —  1°  prénom,  entier  ou  abrégé;  2°  gentilice,  seul  ou 
avec  surnom  ;  3"  prénom  paternel  : 

G.  519  Vel  Sapice  Aules  (fils  d'Auie). 
C.  2335  Aule  Oucerna  Aules  (fils  d'Ati/e). 

1.  Voir  E.  Lattes,  Le  formole  onomas/ir/ie  delV  epif/rafia  clrusca  (Memorie  del 
r.  l.slit.  lombardo,  vol.  XIII,  .'}]. 
■2.  Je  joins  le  surnom  au  gentilice  par  un  trait  d  union. 


122  TROISIÈME    PARTIE 

G.  1172  Le.  Puntna  Velus  (fils  de  Vei). 

C.  18-;  Aule  Vête  Velsa  (fils  de  T>/;  cf.  §  118). 

G.  1174  Lare  Peena  Seeresa  (fils  de  Sethre). 

G.  507  Vel  Vuisini  Arneal  (fils  iVAnith). 

G.  349  Arne  Arntle-Vescu  Arneal  (fils  (ÏArnth). 

170.  G.  —  1°  prénom,  entier  ou  abrégé;  2°  gentilicp,  seul 
ou  avec  surnom  ;  3°  nom  maternel  : 

G.  2o0  Laris  Sesctna  Lumscial  (né  de  Lumsci). 

G.  477  Le.  Tetina  Latinial  (né  de  Lalini). 

G.  280  Larei  Cainei  Guricial  (née  de  Tluiricï). 

G.  1076  0a.  Remznei  Cezrtlial  (née  de  Cezrtli). 

G.  210  L.  Aneini  Prumaenal  (issu  de  Priimatlina  par  sa 
mère), 

G.  410  Lart  Heimni-Viske  Tutnal  (issu  de  Tutna  par  sa 
mère). 

G.  296  Larei  Pumpui  Xeritnal  (issue  de  Kheritna  par  sa 
mère). 

171.  D.  —  1°  jrrénorn,  entier  ou  abrégé  ;  2"  geiitilice,  seul  ou 
avec  surnom;  'i"  prénom  i^aternel,  entier  ou  abrégé;  hP  nom 
maternel  : 

G,  265  A.  Leone  A.  Amenial  (fils  à'Aimth  et  à'Amthni). 

G.  97  A.  Saucni  A.  Ranazuial  (fils  à' Arnth  et  de  Ranazui). 

G.  276  V.  Leone  V.  Sesctnal  (fils  de  Vel  et  d'une  Sesctna). 

G.  967  Lare  Tite  Arneal  Velsial  (fils  d'Arnth  et  de  Velsi). 

G.  179  Arne  Vête  Amealisa  Caias  (fils  (ÏArnth  et  de  Caia). 

G.  180  Lart  Vête  Arneal  Caialisa  (frère  du  précédent). 

G.  186  Lare  Vête  Larealisa  Cainalisa  (fils  de  Larth  et  d'une 
Cahia). 

G.  1814  Arn.  Seiante-Trepu  Arneal  Afunal  (fils  (YArnih 
et  d'une  Afuna). 

172.  R  (femmes  mariées)  —  1°  prénom^  entier  ou  abrégé; 
2"  7iorn  dérivé  du  gentHice  paternel  à  l'aide  du  sulïîxe  -i  (voir 
§  104)  ;  3°  r/entilicr  du  mari  : 

G.  1265  Laei  Heli  Cicus  (femme  de  Cicu). 


I 


TEXTES  TRADUITS  ET    COMMENTÉS  123 

C.  4ilo  Larei  Petrni  Cestnas    femme  de  Cestna). 
G.  1813  0ana  Afunei  Sentinates  (femme  de  Sentinate). 
C.  275  Oanxuvil  Sesctnei  Lecnesa  (femme  de  Lecne). 
C.  1816  Hasti  Afunei  Ciipsnasa  (femme  de  Cupsna). 
C.  2188  Oana  Vetui  Ahnisa  (femme  iïAhni). 

173.  Quelquefois  on  ajoute  l'indication  de  Tascendance 
maternelle,  soit  en  doublant  le  nom  dérivé  du  gentilice  pater- 
nel d'un  surnom  dérivé  du  gentilice  maternel,  soit  en  rappe- 
lant le  nom  de  la  mère  après  le  nom  du  mari  : 

C.  1061  LarGi  Pulfnei-Perisnei  Papasla  (fille  de  Pulfna 
et  d'une  Perisna,  femme  de  Papa'. 

G.  1462  Oania  Velsi  Tlesnasa  Calunal  (fille  de  Vel.si, 
femme  de  Tiesna,  née  d'une  Caluna). 

174.  La  plupart  des  épitaphes  sont  au  nominatif,  comme  le 
sont  la  plupart  des  épitaphes  latines  que  l'on  trouve  dans  les 
nécropoles  étrusques.  En  disant  d'une  épitaphe  qu'elle  est  au 
nominatif,  j'entends  que  le  gentilice  est  au  nominatif. 

Il  y  a  aussi  des  épitaphes  au  génitif,  la  sépulture  pouvant 
être  considérée  comme  la  chose,  la  propriété  du  défunt.  On 
trouve  de  même  des  épitaphes  au  génitif  parmi  celles  que  les 
Étrusques  ont  rédigées  en  latin  (C.  861,  896,  982,  1013,  1014, 
1140,  1469,  3349,  etc.).  Dans  l'épitaphe  au  génitif,  c'est  le  geti- 
tilice  qui  régulièrement  porte  la  marque  du  génitif,  c'est-à- 
dire  le  suffixe  -s  (§  129,  8).  Les  appositions  qui  complètent 
l'état  civil  {prénom,  patronymique.,  mêtronymique.,  swmom) 
restent  ce  qu'elles  sont  dans  les  épitaphes  au  nominatif. 
Ex.  : 

G.    416Laris  (prénom'  Tite-s  (rirufilice)  Crespe  [surnom). 

G.  33ol  Velea  \pr.)  Vipi-s  \(j''iH.^  Larisal  \paironijm.). 

G.  3759  Lare  [pr.)  'Velimna-s  [gent.)  Aule-s   patronijin.). 

175.  Quelquefois  pourtant,  dans  les  épitaphes  au  génitif,  le 
génitif  du  gentilice  entraîne  soit  le  génitif  du  prénom,  soit  le 
génitif  du  surnom.  Il  y  a  là  probablement  quelque  inllucnce 
des  règles  de  l'accord  latin  (voir  §§  158-160).  Ex.  : 

G.  6  mi  Avile-s  [py.)  Apiana-s  [gent.). 

G.  4306  Aule-s  (jor.)Cneve-s(,'7e;?/.)  Larisalisa(;?a^rowym.). 


124  TROISIÈME    PARTIE 

C.  39i')  Vel  {pr.)  Tite-s  {gent.)  Marcna-s  [sitm.) 
C.  .'^i)48  ArnG  'pr.)  Vipi-s  [fi^nl.)  Vercna-s  isum 


176.  ('.  81  isiir  lin  couvercle  de  sarcophage)  : 

Av.  Lecu.  ril.  LXXX. 

Aille  Lecu;  80  ans. 

Av.  abréviation  du  prénom  Aule. 

Lecu,  gcntilicc  du  défunt. 

Ril  est  un  mot  qui  se  rcnconlre  principalement  dans  la 
région  de  Volterra;  il  est  toujours  accompagné  d'un 
chiffre  '  : 

C.  lî>  A.  Ceicna.  Caspu.  L.  Curial.  ril.  XX. 

C.  4C.  0ana.  Fulnai.  S.  ril.  XXX. 

C.  :)G  Ravntu.  Armni.  ril.  LXXXV. 

C.  108  A.  Trepi.ril.  LXV. 

Comme  on  la  reconnu  depuis  longtemps  ",  ril  ne  peut  guère 
avoir  d'autre  sens  que  celui  de  «  année  ».  La  contre  partie  des 
épilaphes  étrusques  ci-dessus  citées  nous  est  donnée  par  des 
épitaphes  en  latin,  provenant  des  mômes  nécropoles  : 

C.  24  :  .4.  Caecina  Selcia,  anno.s  Xfl. 

G.  P)4  :  Ar/nfinia,  L.  f.  ann.  IV. 

C.  77  :  L.   \'rfiiii\,  L.  f.  Philunicus^  annorum  XLV. 

C.  87  :  Pa/jiria,  C.  f.  annoriini  LXXVH. 

Contrairement  à  ce  qui  se  passe  en  latin  pour  anmis,  ril  est 
invariable.  Une  particularité  analogue  s'observe  en  allemand 
dans  l'expression  des  [)oids  et  mesures.  Dans  les  langues 
ougro-finnoiscs  l'invariabilité  des  substantifs  après  les  noms  de 
nombre  est  la  règle  et  la  variabilili'  l'exceplion  ^ 

1.  L't'pitaphe  C.  l'il  fiana.  Cainei.  ril.  leine  L,  publii'c  ilaprès  une  copie  de 
Lanzi,  est  certainement  fautive.  Ril  ne  peut  pas  iHre  séparé  du  rhiiïre.  Le  mot 
doit  se  lire  après  leine. 

2.  Corssen,  Sprachc  d.  Eh-.,  I,  p.  :iS4. 

3.  Winckler,  Da.t  iirallaische  und  seine  Gruppen,  p.  110  :  «  Die  Cardinalzahl- 


TEXTES    TRADUITS   ET  COMMENTÉS  125 

Ril  peut  èlro  considéré  comme  formé  du  radical  *ri  (cf. 
Capoue  :  ri-a)  et  du  suffixe  nominal  -1  (§  109).  Un  radical  appa- 
renté à  *ri  se  retrouve  dans  les  mots  finnois  roi-kii  «  trou, 
ouverture  »,  rai-no  «  déchirure,  coupure  »,  roi-la  «  division, 
incision,  section  »  (Donner,  IIJ,  p.  85,  n"  968).  Le  sens  propre 
de  ril  serait  donc  «  coupure,  section,  division  »  ;  d'où  le  sens 
de  «  division  du  temps,  année  ». 


177.  C.  102  (sur  un  sarcophage)  : 
S.  Sveitu.  L.  avil.  ril.  LXV. 

Sethre  Sveitu,  fils  de  Larth.  Age  65  ans. 

S. abréviation  du  prénom  Se6re. 

L.  abréviation  de  Lar9-al  né  de  Larth^  c'est-à-dire  né  de 
Larth  Sveitu. 

Avil  âge  ou  âgé  de,  sens  depuis  longtemps  entrevu  (Corssen, 
Sprac/ie  der  Etr.,  I,  p.  286).  Le  mot  est  formé  à  l'aide  du  suffixe 
nominal  -1  (§  109),  vocalisé  en  -il  (cf.  ac-i-1,  vac-i-1).  Le 
thème  *av  se  retrouve  dans  av-en-ce  (F.  2340),  ainsi  que  dans 
les  noms  propres  Av-ei,  Av-ei-ni,  Av-ile,  Av-usnei  (cf. 
Schulze,  Latein.  Eigennamen,  p.  348j. 

Comparer  le  hongrois  ai^-xs,  ov-rs  «  rance  »,  olv-ûI-,  ov-ùl- 
«  rancir,  moisir  »  ;  lapon  oh-ine  «  vieux  »  ;  finnois  atn-mo{=  *av- 
7no)  «  temps  très  ancien  »  (Budenz,  p.  831,  n°  917). 

"SLiX  année  \  voir  l'épitaphe  précédente  (§  170). 

wiirter  siud  siiigularnomiiia,  wclclit!  der  Regel  nach  adiioiiiiiial  vor  das 
l)etrellende  Substantiv  treten,  welches  natiirlich  singular  bleibt,  ausser  \vo  oine 
besondere  Vcranlassiing  zum  Plural  vorllegt.  »  —  Riedl,  Maqyar.  Gramnmli/c, 
p.  220  :  H  Nach  den  sowohl  bestiininton  als  unbestimmten  Zahlwôrtern  und  allen 
Mchrzeit  bedeiitenden  \V('irtern,  wenu  dièse  als  Attrlbiita  gebraucht  werden,  sleht 
das  Attributiv  im  Singular. 


12G  TROISIÈME    PARTIE 

178.  I\  2073  (sur  u no  urne  riiiioraire)  : 

...  Pepna.  Ruife.  Arôal.  avils.  XVIII. 

Pepna  liuifc,  /Us  iC Arth]  iS  ■<.ans'^  d'à(/e. 

Kn  tôle  de  répilajjlio  il  dovait  y  avoii-  nti  prénom,  qui  a  dis- 
paru. 

Le  ihMinil  poiiait  le  nom  do  Pepna,  gontilice  connu  (cf.  F. 
2079,  2335  c)  ol  le  surnom  {\i'  Ruife. 

Ar6al  ost  lo  pronom  Ar6  (varianio  de  Arnô),  pourvu  du 
sullixo  casuel  -al,  indi(iuant  la  provenance  (§  129,  n"  1).  Arô-al 
désigne  le  père. 

Avil-s,  iionilif  de  avil  %<?;  voir  Tinsciiption  précédente 
(§  n^j. 


179.  F.  210!)  (sur  un  sarco|)haij:o)  : 

Laris.  Se6res.  Graciai,  avils.  XXVIII. 

<iTomheati'>  de  Laris  Srl/irc,  iir  de  Craci  ;  '28  <Cans\;>  d'âc/e. 

Laris,  prénom  au  nominalif.  C'esl  un  doublet  de  LarG, 
comme  lo  prouvent  les  o|)ilaphes  de  la  famille  Vête  à  Sionno, 
où  l'on  a  lanlôl  Lare  Vête  (G.  182,  186,  187),  tantôt  Laris 
Vete(C.  183,  184,189,  192).  Lar-OetLar-is  dérivent  tous  deux 
du  même  l'adicul  Lar.  L'un  a  lo  suffixe  -0,  oomuio  cil-6, 
far-6, zila-e,  5(iin-6  (cl.  vj  120  ;  l'autre  aie  suJlixe  tliminutif -is 
(>;  108),  comme  parx-is,  sen-is,  sex-is.  Laris  ost  un  diminutif 
de  tendresse. 

Seôre-s,  génitif  do  Se6re.  Pour  l'emploi  du  iiénilif  dans  les 
éjiitaplios,  voir  plus  liaut§  174. 

Se8re  est  d'ordinaire  un  prénom.  Mais  ici  il  sert  de  gentilicc; 
^h'  moine  dans  C.  2727  Vel  Seôre. 

Craci-al,  nom  do  la  môro,  Craci,  avec  le  suffixe  de  prove- 
nance -al  (cf.  il;  129,  n"  1).  Craci  est  un  nom  de  femme  déiivé 
do  Craca  (C.  3099;  cf.  Crac-na  C.  68,  69).  Pour  le  suffixe  -i  et 
la  formation  des  noms  de  femmes,  voir  §  104. 

Avil-s,  voir§  177. 


TEXTES  TFUDLUTS    ET   COMMENTÉS  127 

180.  F.  2071  (sur  un  saicophage)  : 

Lare.  Xurxles.  Arnôal.  Xurxles.  Oanxvilusc.  Graciai, 
clan,  avils.  ciemzaerms.  lupu. 

<CTombeau  f/^>>  Larth  Klmrkhle,  fils  (fArnth  K/iurkh/e  et  de 
Tlianakhvil  Craci.  U meurt  à  huit  ans  (rage. 

Lare  Xurxles.  L'épilaphe  est  au  génilif;  voir  §  174.  Sur  un 
autre  sarcophage  provenant  du  même  tombeau,  le  gentilice 
Xurxle  est  orthographié  Xurcle  (pour  la  permutation  du  c  et 
du  Xi  voir  §  68).  La  re'pélition  de  Xurxles  est  singulière.  D'or- 
dinaire on  se  contente  de  donner  le  prénom  du  père,  le  gen- 
tilice étant  le  même  pour  le  père  et  le  fils.  Le  second  génitif 
Xurxle-s  dépend  du  substantif  clan. 

Arnôal,  prénom  du  père,  Arn9  avec  le  suffixe  casuel  -al 
(§  129,  n"  1).  Remarquer  la  construction  Arn0al  Xurxles.  Le 
prénom  et  le  nom  se  rapportent  l'un  à  l'autre,  mais  il  n'y  a 
entre  eux  aucun  accord  grammatical.  Le  prénom  est  pourvu 
du  suffixe  -al  et  le  gentilice  est  pourvu  d'un  autre  sutlixe  casuel, 
le  suffixe  -s.  On  retrouve  une  construction  pareille  dans  les 
deux  mots  qui  suivent,  Oanxvilusc  Graciai;  seulement  cette 
fois,  la  disposition  des  sulfixes  est  inverse;  c'est  le  prénom  qui 
est  au  génitif  et  c'est  au  gentilice  qu'est  accolé  le  suffixe  -al 
(cf.  §160). 

0anxvilus-c,  génilif  de  Oanxvil,  prénom  féminin,  équiva- 
lant au  Tanaqu'il  des  légendes  romaines  (Tite-Live,  I,  34;  cf. 
Fabretti,  Glossarium,  p.  622).  L'u  de  Oanxvilus  provient  de  la 
vocalisation  de  la  liquide;  on  a  de  même  le  génitif  "Vel-us  = 
Vel-s   (cf.  §  41).  Le  -c  final  est   l'enclitique  de   coordination 

Graci-al,  gentilice  maternel.  Voir  l'inscription  précédente 
(§  1-9). 

181.  Clam  fils.  Le  sens  a  été  depuis  longtemps  déterminé 
(Fabretti,  Glossarium,  p.  SrjS  et  suiv.).  D'après  l'étymologic 
ougro-finnoise,  le  mot  signifie  proprement  t/ui  a  l'organe  viril, 
d'oCi  mâle,  enfant  mâle;  cf.  finnois  kil-ha  «  membre  viril  »  ; 
ostiak  kil-a  »  id.  »  (Donner,  I,  |).  70,  n°  236).  Le  suffixe  -n 
dans  *cl-n   est   un    suffixe  do    dérivation   (§    113, 2\    que    l'on 


\'2S  TKOisii;.Mi:  pahtie 

rotronv(\  <'ii  nduouIc  cl  en  osliak,  alleck' au //o///^v? />ovsr'.v.vor/.v 
/,arr-/i  ■  (|iii  a  dos  piciTPS  »  de  /r/y  «  piorro  »  :  lilr-n  <•  (|iii  a 
une  finie  »  (!(•///<'  àiiic  H  '|{ii(I('n/,-Siiii<iii\  i.  |t.  :2(»l  .  Au  lien  de 
clan  on  liouvc  souvcnl  clen.  I  tic  inscrij)lion  du  territoire  de 
l'alcrii  |)r(''scnlc  nu''mc  la  l'urnic  clin-si  (C.  8420).  L'instabilité 
d(^  la  voN'clle  ne  pcrniel  pas  de  dclcrniincr  la  voyelle  du  Ihcnic. 

Avils,  voir  >;   177. 

Ciem  za9rm-s,  Im'il  <ans^.  L'expression  nuuK'rique  est 
au  |;cnilil"  suivant  lusiige  ordinaire  des  é[)ilaplies.  Celte  expres- 
sion comprend  l'adjectif  ci-em  défccLucux  de  deux  et  le 
nombre  zaBrm  drr  (§  14G).  Sur  cet  emploi  de  la  mélhode  sous- 
Iraclivc  voir  J::;  14."). 

Lupu  //  meurt  ou  //  est  mort.  Le  verbe  a  pour  sujet  le  nom 
du  délunl  sous-entendu.  Lupu  esl  à  rapprocber  du  linnois 
loppu  «  lin,  terme  extrême  »  ;  loppu-  «  se  terminer,  cesser, 
mourir  »;  loii-uHinen  «  dernier  »  ;  lopu-.ssa  «  à  la  fin  ». 


182.  \  .  S])].  111,  370  (sur  un  couvercle  de  sarcophage  : 
Vel6ur.  Larisal.  clan.  Cuclnial.  Oanxvilus.  lupu.  avils. 
XXV. 

Velthur,  /ils  nr  de  Iju'is  <Cet^  de  Tliuiut/,liril  Cm  lui.  Lr 
mourir  <C«  été'^  à  rùf/e  <"«?/'>■   *25  ans. 

Vel9ur  est  un  prénom  (0.  .Miiller-Deecke,  Etrusker,  I,  p.  ir)4, 
n  "  G;.  Le  mot  est  composé  du  prénom  Vel  et  du  substantif  9ur, 
qui  est  l'équivalent  phonctifiuc  (s^i;  64,  71)  du  bon^rois  sor 
((  ran|i\  rangée,  ligne,  suite  »  (IJudcnz,  p.  '{47,  n"  359).  Vel-6ur 
signilic  donc  lii/uri-  de  IW.  On  a  de  même  les  pi'énoms  com- 
posés Lar-eur  (C.  4484,  (>l  Arn-Sur  ((1.  4036);  cf.  Scbuize, 
Latein.  F/K/cnnum..  p.  200.  \a\  pers(Hinage  n'a  pas  de  gentilice, 
sans  doulc  pai'  suilc  d'un  (niMi  du  Ia|ii(id(\  Mais  le  sarcophage 
|)rovienl  ijune  sf'puitiii'c  de  laiiiilic  cl  se  liouvait  mêlé  à 
d"aiilic-  sarc(tpjiaues  |)oilanl  Ions  le  g<'nlilice  Partunu  ou 
Partiunu. 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  129 

Laris-al  nr  de  Laris.  Pour  la  forme  Laris  cf.  i;  179. 

CldJQ.  fils;  voir  §  181. 

Cuclni-al  ôanxvilus,  nom  et  prénom  de  la  mère  du  défunt, 
Thanakhvil  Cucini.  Contrairement  à  l'usage  ordinaire,  le  pré- 
nom est  après  le  gentilice;  de  même  F.  III,  368  Satlnalc 
Ram6as.  Le  prénom  et  le  gentilice,  quoiquélant  liés,  sont 
atlectés  cliacun  d'un  suliixe  de  relation  différent;  sur  cette 
construction,  voir  §  180  Gan^vilus  Graciai  (cf.  §  160). 

Lupu,  mourir  (§  181j.  Le  verbe  est  ici  employé  substantive- 
ment comme  sujet  d'une  proposition  (§  151).  S'il  était  employé 
comme  un  verbe,  il  serait  précédé  du  complément  avils 
XXV.  Dans  la  proposition  lupu  avils  le  verbe  «  être  »  est 
sous-entendu  (cf.  §  161). 


183.  G.  193  (sur  un  sarcophage)  : 

Laris.  Vête.  Gui. 

Laris  Vête  <^est^  couché. 

Laris,  forme  diminutive  du  prénom  Lar8  (voir  §  179). 

Vête,  gentilice  (cf.  C.  183,  184,  189,  192). 

Gui,  formule  usitée  dans  les  épitaphes  de  l'Etrurie  centrale  et 
qui  païaît  proj)re  au  langage  funéraire;  car  on  la  trouve  surtout 
sur  des  tombeaux.  Le  plus  souvent  le  mot  est  seul,  comme  ici, 
avec  des  noms  propres,  qui  le  précèdent,  ou  plus  rarement  le 
suivent  : 

G.  174  Larei.  Putrnei.  Gui. 

G.  467  Lar9i.  Gais.  Oui. 

G.  2o74  Gui.Lart.  Petrni.  LarGalisa. 

G.  4G23  Gui.  ArnG.  Atini. 

Le  mol  Gui,  n'étant  jamais  accompagné  d'une  indication 
d'âge,  n'exprime  pas  une  idée  analogue  à  celle  de  vixit  ou  mor- 
luit\  est.  Ge  n'est  pas  non  plus  un  adieu  ou  un  souhait,  parce 
(|u'un  lu  leiiconlre  parfois  nu  milieu  d'une  [)lirase  et  loin 
d'un  nom  |)ropre,  disposiliou  (jui  exclut  l'hypothèse  d'une  apos- 


130  TROISIÈME    PARTIE 

trophc  (C.  49  ;  4539).  Serait-ce  un  démonstratif?  Un  démons- 
tratif *0u  serait  à  la  grande  rigueur  possible  (cf.  finnois  ^^e,  si 
«  celui-là  »  ;  mordvine  sr/  ;  votiak  so)  ;  mais  on  ne  voit  pas 
comment  rendre  compte  de  la  désinence  -i.  Et  puis  on  a  déjà 
trois  types  de  démonstratifs  (§§  134,  135,  136).  Un  quatrième 
type  n'est  guère  vraisemblable. 

Gui  peut  être  rapproché  du  finnois  hoj-o  «  quelque  chose 
d'allongé,  d'étiré,  qui  n'en  finit  pas,  nonchalant,  indolent  » 
(Erwast,  Finnisch-deutscJies  Worterbuc/i).  De  là  le  sens  de 
couché,  ('fendu.  Le  mort,  dans  son  tombeau,  est  assimilé  à 
une  personne  qui  dort.  Pour  le  6  initial,  voir  §  71. 

Lorsque  l'adjectif  Gui  est  placé  après  le  nom  propre,  il  faut 
le  considérer  comme  un  attribut  et  sous  entendre  le  verbe 
«  être  »  (§  161).  Lorsqu'au  contraire  Gui  précède  le  nom  propre, 
il  est  épithète.  L'épitaphe  C.  4623,  citée  plus  haut,  se  traduit 
ainsi  :  Arnth  Ati?ii  couché. 


184.  C.  181  (sarcophage)  : 

Lare.  Vête.  AruGalisa.  Sui.  Lare.  Vête.  line. 

Larlh   Ve/c,  /ils  d' Arnth  <^esi^  couché.  Larth    Vête,  sois  en 
paix. 

Lare  Vête,  voir  l'inscription  précédente. 

Arnealisa  désigne  le  })rénom  du  père.  Il  équivaut,  pour  le 
sens,  à  Arneal,  d'où  il  dérive.  Une  dérivation  de  Arn0-al  peut 
paraître  singulière,  la  désinence  -al   étant  un  suifîxe  casuel, 
quelque  chose,   par  conséquent,   d'essentiellement  séparable. 
Mais  par  suite  de  l'emploi  presque  continuel  des  formes  en  -al 
dans  l'onomastique  étrusque,  il  est  arrivé  que  des  mots  comme 
Arneal,    LarOal,  sortes  d'ablatifs  d'origine,  ont   fini   par  être         i 
assimilés  à  des  nominatifs.  Le  suffixe,  primitivement  mobile,         j 
s'est,  à  la  longue,  soudé  au  radical  et  de  la  soudure  des  deux         ' 
éléments  est  résulté  un    radical  nominal  nouveau,  Arneal  ou 
Lareal,  susceptible,  à  son  tour,  de  modifications  au  moyen  de 


TEXTES    TRADUITS  ET  COMMENTÉS  131 

suffixes  secondaires.  Ici  le  suffixe  secondaire  est  -sa,  qui  sert 
à  former  des  adjectifs  qualificatifs  (cf.  §  118).  Aru6alisa  signifie 
proprement  qui  a  la  qualité  de  fils  d'Arnth.  L"i  entre  -al  et  -sa 
provient  de  la  vocalisation  de  la  liquide. 

Oui  couché  (§  183).  Le  verbe  «  être  »  est  sous-entendu  (§  161). 

Lar9  Vête  Une  ne  peut  pas  être  autre  chose  qu'une  apos- 
trophe au  défunt.  C'est  le  seul  moyen  d'expliquer  la  répétition 
du  nom  propre.  Naturellement  on  n'a  pas  répété  le  patrony- 
mique Arn0alisa,  qui  n'a  que  faire  dans  une  apostrophe. 

185.  Line,  variante  graphique  de  leine,  que  l'on  retrouve 
dans  d'autres  épitaphes  (C.  57,  66,  73,  88).  On  a  de  môme 
Anini  (G.  168)  et  Aneini(C.  203,  206,  etc.),  Avini  «G.  3983)  et 
Aveini  (G.  425),  Vize  (G.  2195)  et  Veizi-al  (G.  1918).  Line 
(=  leine)  est  un  verbe  dérivé  du  thème  *lei,  lequel  est  appa- 
renté au  finnois  lai-ska^^  inerte,  flasque,  indolent»,  ainsi  qu'au 
hongrois  l^xi-Ja.  «  paresseux,  inerte,  nonchalant  »  (Donner,  III, 
p.  187,  n"  1071).  L'apostrophe  line  ou  leine  est  un  souhait 
de  repos,  analogue  à  celui  des  formules  funéraires  latines  bene 
adquiescas  (Dessau,  Inscr.  lat.,  II,  2,  n°  7960)  ou  ossa  tibi  bene 
quiescant  [Ib.,  n"  8151).  Le  verbe  lei-n-e  est  formé  à  l'aide  du 
sulfixe  de  dérivation  -n  (§  84). 


186.  G.  707  (sur  un  couvercle  de  sarcophage)  : 

Au.  Latini.  Arnal.  cesu. 

Au  le  Latini,  né  d'Arnth.  Sois  en  7'epos. 

Au,  abréviation  ordinaire  du  prénom  Aule. 

Latini,  gentilice  connu  par  de  nombreux  exemples  (cf.  G.  699- 
705). 

ArnOal,  né  d'Arnth;  voir  plus  haut,  §  180. 

Ces-u  est  à  rapprocher  du  finnois  kes-il  «  doux,  apprivoisé, 
paisible  »  (Budonz,  p.  8,  n°  12),  d'où  le  sens  de  être  en  repos.  Le 
verbe  cesu  no  peut  pas  avoir  pour  sujet  le  nom  propre  qui 
précède,  parce  qu'en  étrusque  le  sujet  se  place  après  le   verbe 


132  TROISIÈME    PARTIE 

au  mode  poisonnel  (§  157,  5).  Si  l'on  veut  faire  de  cesu  un 
indicatif,  il  faut  supposer  que  le  nom  propre  est  sous-entendu. 
Il  est  plus  naturel  d'interpréter  le  mot  comme  un  impératif 
soispn  repos^  ^;r/^wa.v,  équivalant,  pour  le  sens,  au  souhait  Une 
de  l'inscription  précédente  (§  185). 


187.  V .  1,  i'i')  (sur  un  ossuaire)  : 
Ram9a  Zertnai  oui  cesu. 
liatnlha  Zcrlnai  'Ces/y-  couchée.  Sois  en  repos. 
RamSa,  prénom  de  femme. 

Zertnai,  nom  de  femme,  formé  par  l'addition  du  suffixe  -i 
au  genlilice  Zertna.  Yoir  sur  cette  formation  §  104. 

Gui  couché;  voir  !^  183.  Ellipse  du  verbe  «  être  »  (§  161). 
Cesu  sois  en  repos;  voir  §  18G. 


188.  F.  2031  (sur  un  tombeau)  : 
eca  su6i  LaOial  Cilnia. 

6'erz  <^'.s^>  un  tombeau .  Ciliiia  née  de  Lathi. 

Eca  ceci^  démonstratif  depuis  longtemps  reconnu  pour  tel 
(Fabretli,  Glossnriuui,  p.  3.5i).  Le  mot  est  foi'mé  de  la  combi- 
naison de  deux  parliculcs  démonstratives,  la  |)arlicule  e  (voir 
^  134)  et  la  particule  ca  (§  135). 

189.  Su-6i  est  un  mot  très  commun  dans  Tépi^^raphie 
étrusque.  Le  sens  de  sépulture  lui  a  été  depuis  longtemps  attri- 
bué (Fabretti,  Spl.  I,  p.  G2;  Miiller-Deecke,  II,  p.  511).  Le  mot 
est  formé  à  l'aide  du  sufllxe  nominal  -6i  (§  122),  que  l'on 
retrouve  dans  clu-6i,  spel-Oi,  spure-6i,  falza-9i.  Le  thème 
*su  est  apparenté  à  une  racine  qui  exprime  l'idée  de  feu  dans 
plusieurs  idiomes  ougro-finnois  :  finnois  su-ii'i-  a  être  allumé  », 
su-tii-tu-  «  allumer   »  ;  zvrénien  so-t-  «    brûler»;  voliak  su-t- 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  133 

«  brûler  »  ;  tchérémisse  so-ta  «  brillant  >>  ;  hongrois  sû-i-  «  cuire, 
rôtir  »,  s((-f-  «  paraître,  luire,  brûler  »  (Budenz,  p.  357,  n°  374; 
Donner,  I,  p.  175,  n°  618).  Su6i  signifierait  donc  chose  brûlée 
et  par  extension  tombeau^  le  terme  appliqué  au  contenu  de  la 
sépulture  finissant  par  désigner  le  contenant,  c'est-à-dire  la 
sépulture  elle-même.  L'emploi  d'un  mot  comme  su-9i  implique, 
au  moins  à  l'origine,  le  rite  de  l'incinération,  dont  l'usage,  du 
reste,  a  toujours  subsisté  en  Etrurie,  même  après  la  prédomi- 
nance de  l'inhumation. 

Laei-al,  née  de  Lalhi ,  (i%\  une  variante  de  LarGi-al  (Fabretti, 
Glossarium,  p.  989). 

Cîluia,  genlilice  de  la  défunte.  C'est  une  variante  de  la  forme 
Cilni  (F.  2031  Cilni-al)  et  de  la  forme  Kilnei  (C.  408).  Le 
même  gentilicc  se  retrouve  dans  le  nom  de  Cilnius  Maecenas. 


190.  F  2602  (sur  un  cippe  funéraire  en  forme  d'édicule)  : 

ecasuOi.  Oanxvilus.  Masnial 

Ceci  <,est^  un  tombeau.  <//  appartient  «>  Thanakhvil  née 
de  M  as  ni. 

Entre  cetle  épitaphe  et  la  précédente  il  n'y  a  qu'une  très 
légère  différence  de  rédaction.  Le  nom  propre  est  au  génitif  au 
lieu  d'èlre  au  nominatif.  Pour  la  forme  0anxvil-u-s  voir 
§i!  41  et  180. 

Masni-al,  née  de  Masni,  peut  indiquer  aussi  bien  l'ascen- 
dance maternelle  que  l'ascendance  paternelle.  Masni  ligure 
dans  une  autre  épitaphe  (C.  1621),  où  il  est  précédé  du  prénom 
VeL  Mais  comme  Vel  peut  être  soit  un  prénom  masculin  soit 
l'abréviation  du  primom  féminin  Velia  (Fabretti,  Glossarium, 
p.  1905),  on  ne  peut  j)as  dire  s'il  s'agit  d'un  homme  ou  d'une 
femme. 


134  TKOISIKME    PAHTIE 

191.  (^.  ri  (sTir  lin  convorclo  d'ossuaire)  : 
mi  Lavsies 

Moi  'Cje  suis'>  appartenant  à  Lav.sie. 

Mi,  pronom  de  la  1"'  personne  (cf.  i;!^  •^*^>  •'!   l'52),  sujet  dn 
verl»('  "  rire  »  sous-entendu   .î^  IGl). 
Lavsie-s,  génilif  de  Lavsie. 


192.  C.  r»003  (sur  le  linteau  d'une  porte  de  tombeau)  : 

mi  Useles  Apeuas  su6i 

Je  <.sMï5>  Ir  tomhcan  d'Uscle  Appna. 

Mi  7noi  (§§  30,  132),  sujet  du  verbe  «  être  »  sous-entendu 
(§1G1). 

Usele-s,  génitif  de  Usele,  gentiliee  qui  nest  connu  que  par 
cet  exemple.  C'est  peut-èlre  la  forme  étruscisée  du  nom  sabin, 
qui  a  donné  naissance  à  Aiiselins,  foi-me  originelle  de  Aurelius 
(Schulze,  Latf'in.  Eigennam.,  p.  468,  noie  4).  Usele  fait  ici 
olTico  de  prénom.  Pour  Taccord  avec  le  gentiliee  voir  §  158-160. 

Apena-s  génitif  de  Apena.  (^e  gentiliee,  dont  on  n'a  pas 
d'autre  exemple,  n'est  probablement  qu'une  variante  du  gen- 
tiliee Apina  (C.  200  Apinal).  Pour  la  permutation  de  Te  et  de 
l'i,  comparer  les  variantes  Fnesci  et  Fnisci,  Vescunisa  et 
"Viscunisa,  zea  el  zia  (§  rjrr. 

Le  génitif  Apena-s  dépend  de  su6i  tunihcau  (voir  §  189). 


193.  F.  2183  (sur  un  cippe  funéraire  en  forme  d'édicule)  : 
eca.  su0ic.  Velus.  Ezpus.  clensi.  cerinu. 
Ci'ci  ainsi  que  le  tombeau  appartient  à   Vel  l\zpu.  îl  -^^l'y^a 
circonscrit  pour  <i.so7i^  //A. 

Eca  ceci;  voir  plus  haut  s;  188.  Le  démonstratif  désigne  le 


TEXTES    TRADUITS  ET  COMMENTÉS  135 

cippe  sculpté  qui  porte  Tinscription  et  qui  se  trouvait  soit  au- 
dessus  du  caveau  funéraire,  soit  près  de  l'entrée. 

Su9i-c  et  le  tombeau.  La  désinence  est  la  particule  copu- 
lativc  -c  (§  154).  SuGi  désigne  la  sépulture  proprement  dite, 
dont  le  cippe  n'est  que  l'emblème. 

"Vel-us,  génitif  du  prénom  "Vel.  La  forme  Vel-us  est  pour 
"Vel-s  (§  41).  L'u  est  amené  par  la  résonance  de  la  liquide;  de 
même  plus  haut  Oanxvilus  (§  180).  Le  génitif  du  prénom  est 
amené  par  le  génitif  Ezpu-s  du  gentilice  Ezpu.  D'ordinaire  le 
prénom  est  traité  comme  une  épithèle  et  demeure  invariable 
(voir  §  158-180).  On  n'a  pas  d'autre  exemple  du  gentilice  Ezpu. 
Il  y  a  ellipse  du  verbe  «  être  »  (§  161). 

Clen-si /Joz^r  le  fils.  La  désinence  -si  est  le  suffixe  marquant 
la  destination  (§  129,  9).  Clen  est  une  variante  graphique  de 
clan  (voir  plus  haut  §  180).  Pour  l'équivalence  de  l'a  et  de  l'e, 
voir  i^  55. 

Cerinu  //  circonscrit  ou  //  a  circonscrit]  le  tombeau  est  consi- 
déré comme  un  enclos  réservé,  comme  une  enceinte.  Le  verbe 
cer-in-u  est  formé  du  radical  cer  et  du  suffixe  de  dérivation 
verbale  -n  (§  84).  Pour  le  sens  de  cer,  cf.  hongrois  kâr-âk 
«  cercle,  rond  »^  kâr-ing-  «  tourner  en  rond  »  ;  linnois  ker-i 
«  périmètre  »  (Budenz,  p.  18,  n"  25;  Donner,  I,  p.  47,  n°  167). 
Du  même  radical  cer  dérivent  les  verbes  cer-ix-u  (F  2335)  et 
cer-ix-u-nG-e  (F  2600"-^). 


194.  C.  4540  (sur  une  stèle  funéraire)  : 

suGis.  eca.  penGuna.  Cai.  "Vels.  Cais.  Gares  (?).  lautni 

D'un  tombeau  voici  l'acis.  Cai  affranchi  [?)  de  Vel  Cai... 

SuGi-s,  génitif  (§  129,  8)  de  suGi  tombeau  (§  189).  Le  génitif, 
dépend  du  substantif  penGuna. 

Eca  voici  ou  bien  ceci  <est>\  cf.  §§  188,  190,  193. 

PenGuna  avis,  avertissement,  variante  de  penGna  (G.  4538, 
4082).  L'u  est  épenthétique.  On  distingue  dans  le  mot  :  1"  le 


136  TROISIÈME    l'AKTIE 

siilfixc  nominal  -na  (§  H 4)  ;  2"  le  suflixe  de  dérivation  verbale 
-e  (§  87);  3"  le  thème  pen  (cf.  C.  4538  pêne),  apparenté  an 
finnois  pemi-  «  allirmer,  avcrlir,  exhorter  ».  L'avis  indiquant 
la  proximité  du  tombeau  est  sans  doute  une  invitation  au 
silence,  afin  que  le  mort  ne  soit  pas  troublé  dans  son  repos. 

Cai  est  proprement  un  prénom  (Fal)retti,  (ilussariuni).  Mais 
ici  le  prénom  sert  de  gentiiice.  L'emploi  de  Cai  ^enlilice  est 
attesté  par  l'addition  du  prénom  Vel-S  devant  Cai-S  ;  de  même 
C.  3353  Se.  Cai  =  Scthre  Cai.  Le  défunt  désigné  ici  par  Cai  est 
un  aiïranchi,  qui  a  pris  le  nom  de  Vel  Cai,  son  patron.  Vel-s 
Cais,  génitif  de  Vel  Cai,  dépend  de  lautni.  Pour  l'accord  du 
prénom  Vel  avec  le  gentilice  Cai,  voir  §§  159  et  175. 

Lautni  affranchi  ou  client.  Malgré  les  observations  de  Pauli 
[Etr.  ForscJi  iind  Stud.,  IV),  le  mot  |)araît  bien  correspondre  au 
latin  lihci'tus  dans  les  deux  inscriptions  bilingues  qui  suivent  : 

G.  1288  :  Leucle.  «pisis.  lavtni 

L.  Phisius  /.  JaiucI. 
G.  3692  :  A>.  Scar/n/s  Scarpiac  l.  pnpa 

Larn6.  Scarpe.  lautni 

Lautni  se  ramène  à  un  radical  *laut,  qui  a  peut-être  ' 
quelque  rapport  avec  le  finnois  luot-ta-  «  avoir  confiance,  don- 
ner sa  foi  ».  En  recevant  sa  liberté  l'esclave  reste  attaché  à  la 
personne  de  son  ancien  maître  par  un  lien  moral.  Sa  foi  est 
comme  engagée.  Il  a  des  obligations  à  l'égard  du  patron. 

La  lecture  de  Bares  est  incertaine  :  il  y  a  doute  pour  le  6 
initial.  Le  mol  peut  être  ou  un  nom  propre  surnom  de  Taf- 
ranchi  Cai  ou  un  partici[)e  passif  en  -es  (§  101)  se  rapportant 
à  lautni. 

1.  Pour  ntre  plus  afiinnatif,  il  faudrait  savoir  exactement  à  quoi  correspond  en 
finnois  le  groupe  étrusque  au  (voir  §  65). 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  137 

195.  C.  4082  (sur  une  piorre  qui  paraît  avoir  servi  de  montant 
de  porte)  : 

cehen  cel  tez  an  pen9na  0aurus  6anr. 
Ceci  <iest^  une  .sépulture \  voici  un   avis  '.affairé^  <isfjis\> 
doux  (cest-à-dire  toi  c/ui  as  à  faire  ici,  va  doucement). 

Cehen,  démonstratif  qui  paraît  être  particulier  à  la  région  de 
Pérousc  (cf.  C.  4116,  4561).  Il  est  formé  du  radical  ce  ou  ca 
(voir  ,^  13o)  et  d'une  enclitique  hen  (§  13o).  Cehen  est  le  sujet 
du  verbe  «  être  »  sous-entendu  (§  161). 

Cel  sépulture;  cf.  finnois  kal-nia  a  tombeau,  souterrain  » 
(Donner,  T,  p.  67,  n°  222). 

Te-z  ici,  voici,  forme  adverbiale  du  démonstratif  te  (§  136). 
Le  sutiixe  -z  correspond  à  uu  suffixe  locatif  -/,  -//,  qui  existe 
dans  les  langues  ougro-finnoises  (Budenz-Simonyi,  p.  386). 
L'adverbe  te-z  est  renforcé  par  un  second  adverbe  de  sens  ana- 
logue, l'adverbe  a-n,  formé  du  démonstratif  a  ou  e  (§  134)  et 
du  suffixe  casuel  -n  i^§  129,  5).  On  a  plusieurs  exemples  de  ces 
deux  adverbes  ainsi  rapprochés  (C.  3235;  4538). 

PenSna,  avis,  est  à  l'adresse  des  personnes  qui  auront  à 
pénétrer  dans  le  caveau  funéraire  pour  des  ensevelissements 
ultérieurs.  Cf.  §  194  penSuna. 

Oaurus  affairé,  empressé,  apostrophe  aux  serviteurs  ou  aux 
ouvriers  qui  peuvent  avoir  à  circuler  et  à  Iravailler  dans  la 
cliauibre  sé[>ulci'ale.  C'est  un  adjectif  formé  à  l'aide  du  sutiixe 
nominal -s  (^i^  H7),  avec  un  u  inoigani(}ue,  de  même  (jue  dans 
"Vel-u-s  pour  "Vel-s  (§§  41 ,  193)  et  0anxvil-u-s  pour  0anxvil-s 
(§§  41,  180).  Le  radical  ôaur-,  (jue  l'on  retrouve  sous  les  formes 
verbales  Saur-a  (C.  4538)  et  Saur-e  (C.  4116),  peut  être  rap- 
proché du  finnois  liùori-  «  aller  cl  venir,  être  occupé,  affairé  »  ; 
cf.  hongrois  sur-og-  «  courir  à  droite  et  à  gauche  »  (Rudenz, 
p.  358,  n"  377).  l*our  la  valeur  du  9  initial,  voir  i;  71  ;  pour  le 
groupe  vocal iquc  au,  voir  i^^  65,  194. 

0an-r  <.vots>  doux,  c'est-à-dire  va  douccmettt,  ne  fais  pas  de 
hruil  pour  ne  pas  troubh'r  le  repos  du  défunt .  La  désinence  -r 
est  un  suffixe  de  dérivation  nominale  (i;  116).  11  y  a  à  sous- 
entendre  le  verbe  «être  »  (§161).  Pour  le  sens,  cf.  Wnnoi's  hen-to 


138  TROISIÈME    PAKTIE 

«mince,   l'ailjlc,   llcxililo.  doux»   (Doiinor,    II,   p.  "JI.   n"  729). 

L'adjeclil'  0an-r,  auginenlé  du  suffixe  casuol  -si  (§  129,9), 
qui  lui  douuo  uuc  valcui-  advorbialo  (§  do6,2),  devient  la  formule 
0an-ur-si  ;-^  6an-r-si)  doucemoH,  c'esl-à-dire  repose  douce- 
mont.  Celle  l'oi-mule  esl  ^l'avéc  à  la  pointe  sur  des  poteries  ayant 
servi  (roiïrandes  funéraires  (F.  803 '^'«;  F.  III.  391  ;  Ga.  396). 
C'est  à  la  fois  un  souliail  à  l'adresse  du  mort  el  un  moyen  d'as- 
surer contre  les  voleurs  de  tombeaux  la  sécui'ité  de  la  vaisselle 
funéraire,  Tinscriplion  à  la  pointe  étant  comme  une  marque 
de  propriété. 

II  existe  un  certain  nombre  de  mots  se  rapportant  au  thème 
San;  tels  sont  l'adjectif  Ban-s  doux  (Krall,  V,  IG;  IX,  4),  le 
composé  ^an-sur  progressif  de  douceur  (Krall,  II,  7;  V,  12), 
les  prénoms  féminins  0an-a,  0an-ia,  0an-xvil>  'es  gentilices 
0an-si,  0an-si-na,  0an-i-cu. 


196.  tla.  643  (sur  un  miioir)  : 

mi  suôina 

Moi  <Cje  .y?/?.v>  r/iose  ft/uéraire. 

Mi,  pronom  de  la  1'"  personne;  voir  §§  30,  132,  191.  11  y  a 
ellipse  du  verbe  «  être  »  (§  161). 

SuBina.  funéraire  ou  c/tose  funéraire,  dérivé  de  su0i  tombeau 
(§  189)  à  Taide  du  sullixe  nominal  -na  (i^  114).  Le  mot  se  ren- 
contre assez  fréquemment  (F.  262;  2094,  209")''"'^  et  suiv.  ; 
2492;  2513;  2604  et  suiv.;  F.  III,  308,  309"'';  313-315;  401; 
(la.  644,  645).  Il  est  quelquefois  accompagné  d'un  nom  propre 
indi(|uant  la  propriété  ;  mais  le  j)lus  souvent  il  est  isolé.  Il  figure 
toujours  sui'  des  ol)Jels  mobiliers,  vases  d'argile  ou  de  bronze, 
boîtes,  plateaux,  trépieds,  candélabres,  statuettes,  miroirs, 
armes  etc.,  c'est-à-dire  sur  des  objets  faciles  à  voler  et  à  colpor- 
ter. C'est  une  marque  destinée  à  les  mettre  hors  d'usage.  Trois 
miroirs  (F.  2091,  2492,  2513)  oui  le  uiol  suOina  gravé  profon- 
dément, non  pas  du  coté  où  sont  d'ordinaire  les  dessins  au  trait 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  130 

et  les  inscriptions,  mais  sur  la  face  même  où  Ton  se  mirait. 
Ainsi  estampillés  ils  ne  pouvaient  plus  servir.  Une  belle  amphore 
alliqne,  provenant  d'Etrurie,  porte  gravé,  en  grandes  lettres,  le 
même  mot  surina  au  milieu  des  personnages  peints.  La  sur- 
face de  la  poterie  a  été  comme  rayée  à  plaisir  et  le  beau  vase 
est  détérioré  (E,  Pottier,  Catalogue  des  vasps  antiques  du  Loiœre^ 
3^  partie,  p.  794).  L'application  de  suBina  était  donc  une  façon 
d'ùter  toute  valeur  marchande  aux  objets  déposés  dans  le  tom- 
beau, pour  les  rendre  invendables  et  les  soustraire  ainsi  aux 
convoitises  des  voleurs;  cf.  ôanursi  (§  195). 


197.  F.  I,  436*  (sur  le  couvercle  d'un  grand  sarcophage)  : 
RamGa.  Huzcnai.  6ui.  ati.  nacnva.  LarGial.  Aparatrus. 
zil  eter  aias  '. 

llamtha  Huzcnai  <i^est~^  concJiée ;  le  long  d'elle  se  tient  serré 
r enfant  tout  à  fait  excellent  cl Aparatru  et  de  Larthi. 

Ram6a,  prénom  de  femme. 

Huzcnai,  nom  de  femme;  c'est  le  gentilice  Huzcna,  aug- 
menté du  suffixe  -i  marquant  l'appartenance  (§  10 i). 

Gui,  couchée;  voir  §§  183,  184,  187.  Il  y  a  ellipse  du  verbe 
«  être  »  (§  161). 

A-ti  le  hnKj  de  celle-ci,  c'est-à-dire  à  côté  d'elle.  La  dési- 
nence -ti  est  le  suffixe  casuel  (§  129,  10);  a  est  le  démons- 
tratif que  l'on  a  déjà  rencontré  dans  la  forme  adverbiale  a-n 
(§  19o);  voir§  134. 

Nac-n-v-a,  se  serrer^  se  tenir  serré,  est  apparenté  au  finnois 
nak-a-lo-i-ts-  «  lier,  serrer  »  ;  cf.  lapon  nagg-  «  serrer,  pres- 
ser ))  ;  vogoule  neg-  «  lier  »  (Donner,  111,  p.  17,  n"  876).  Dans 
nac-n-v-a  il  y  a  à  distinguer  deux  suffixes  de  dérivation  : 

1.  La  même  inscription  est  reproduite  sur  la  caisse  du  sarcophage,  mais  d'une 
façon  si  néglig(!"e  qu'il  n'y  a  pas  lieu  de  s'arrt'ter  aux  variantes  (lu'cllo  pn'sonte  : 
6ui  cesu  au  lieu  de  Oui  (voir  §  187)  —  api  au  lieu  de  ati  —  nacna  au  lieu  de 
nacnva  —  apiatrus  au  lieu  d'aparatrus  —  ais  au  lieu  de  aias. 


140  TROISIÈME    PAUTIE 

l"  lo  sullixc  -n  |v5  8i),  qui  serl  à  former,  du  tlièmo  'nak,  le 
radical  voi-hal  nac-n- ; 

2"  lo  siilHxo  -V  (5>  88),  qui,  dans  les  langues  ougro-linnoises 
serl  à  former  des  viM'bes  avec  signilicalion  passive  ou  rélléchie 
(Hudenz-SimonN  i,    p.    \)2[    Szinnyei,    l'^innisr/i-uf/r .    Spi'ar/nr.^ 

[..  i:^l). 

Lo  siijcl  (le  nacnva  doil  èlic  chorciu;  jjarmi  les  mois  (jui 
suivenl  ;^  157,  .'il.  (^onimo  il  ne  piMil  pas  èlro  (juoslion  du 
génilif  Aparatru-s  d(''lerminé  par  Lar6ial,  il  faul  |»ousser  jus- 
(]u'an  group{;  zil  eter  aias,  (fosl-à-diio  jusqu'à  aias,  donl  zil 
eter  {"^l  lo  qualidcalif.  La  liu  de  répilaphe  s'analyse  donc  ainsi  : 

aias  sujel  de  nacnva, 

zil  eter  ('pilhèle  de  aias, 

Lareial  Aparatrus,  noms  pioj)ios  dépendanl  de  aias. 

198.  i*our  le  sens  do  aias  petit  enfant^  cf.  osliak  nj  «  polit, 
jeune  »  :  mordviuo  /ij-cd  «  onfani  »;  tcliérémisse  i</e  «  poulain, 
pelit  »  ;  hongrois  i-/ii'i  «  jeune  homme  »  (Budonz,  p.  809, 
n"  88()).  Dans  aia-s,  le  radical  aia  (ou  aj)  se  présenle  avec 
Taddilion  du  siillixe  diminulif -S  (voir  i;  HT),  <jne  Ion  relrouvc 
dans  les  laugues  ougro-linuoiscs  (Hudenz-Simonyi,  p.  2.'J-"i  et 
suiv.). 

\i  l'iifanl ,  d(jul  il  est  ici  (|ueslion  cl  (|ui  se  serre  conho  Ram- 
tha  Huzcnai,  n'esl  cerlaiueuienl  p;is  le  sien,  puis([u'il  est  (jua- 
lilii'  de  Lareial  Aparatrus,  dont  le  sons  est  ru'  d'une  mère 
appelée  Ijirllii  (d ///v  d'ApartiIru.  (lomme  il  u'esl  pas  vraisem- 
blai)le  (juon  ail  mis  dans  les  bras  de  la  défunte  un  enfant 
étranger.  Voi/dnl  tP Aparalvii  et  de  Larthi  ne  peut  désigner  que 
le  mari  de  Ramtha  Huzcnai,  a|)pelo  petit  enfant,  c'est-à-dire 
cher  eiijdnl  par  uu  do  ces  diuiiuulil's  (l(>  huidi'csse,  ([ui  soûl 
très  naturels.  Le  maii  et  la  femme  ont  été  ensevelis  dans  le 
même  sarcophage  et  prohahloiuenl  par  les  parents  du  mari, 
d'où  rap|)ella[ion  diminulive  i\i^  aias.  L'épilaphe  dit  des  époux 
(juils  se  ti(Minoul  serrés  l'un  conire  l'autre,  (l'ost  une  façon  de 
rap|)(der  leui'  uuioii.  La  mèuie  idée  inspire  la  sculpture  funé- 
raire étriisiiuo,  (juaud  elle  façonne  à  l'image  d'un  lit  le  cou- 
vercle d'un  sarcophage   et  y  étend  un  couple  qui  s'embrasse 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  141 

{Aniuiii  dclf  hislil.,  J8G:;,  p.  244-252;  Martiui.  Arl.  Etri(s(n(c, 
p.  347,  lig.  239). 

L'épithète  zil  eter  se  compose  on  réalité  do  doux  adjectifs, 
dont  le  premier  est  employé  adverbialement  (§  IfîG,  1). 

199.  Et-e-r  ^./yp/A'///,  adjectif  dérivé  de  *età  l'aide  du  sutïjxe 
de  dérivation  nominale  -r  (§  116).  Le  second  e  n'est  pas  orga- 
nique, comme  le  prouve  la  forme  du  nom  propre  Et-r-u 
(C.  3428).  Pour  le  sens,  cf.  finnois  et  «  partie  antérieure  », 
ctc-en  «  devant  »,  edo-ta-  «  s'avancer  »,  pdc-l-ln-  «  précéder, 
l'emporter  sur  »,  L'étrusque  et-e-r  répond  à  l'adjeclif  finnois 
pte-vd  «  supérieur,  remarquable  ».  Le  suffixe  seul  est  ditTé- 
rent.  Pour  l'invariabilité  de  l'épithète  et-e-r  devant  le  subs- 
tantif, voir  §  158. 

L'adjectif  adverbe  zil  ne  peut  servir  qu'à  donner  à  l'épithète 
et-e-r  une  valeur  superlative.  C'est  du  reste  à  cela  que  conduit 
Tétymologie  ougro-finnoise.  Le  z  initial  étrusque  répondant  à 
une  dentale  suivie  d'une  voyelle  douce  (§  72),  zil  peut  être 
rapproché  du  hongrois  Idl  <(  plein,  complet  »  (Budenz,  p.  203, 
n°  214;  Donner,  I,  p.  121,  n"  430);  zil  eter  signifie  donc  ph'i- 
nemeiit  excellent  ou  lont  à  fait  excellent  '. 

Le  nom  propre  Aparatru  (génitif  Aparatru-s)  est  le  gen- 
til ice  du  mari  défunt.  (Test  une  forme  unique,  comme  du 
reste  aussi  la  forme  Apiatrus,  (|ui  est  inscrite  sur  la  caisse  du 
sarcophage.  L'une  des  deux  formes  est  fautive,  mais  hupndlc? 
Le  nom  d'Apatrui  (F.  23.")5  ^)  donnerait  à  penser  que  Apia- 
trus est  plus  correct  que  Aparatrus. 

Lar6i-al,  nr  de  Larthi,  cf.  plus  haut  !:;  179  :  Craci-al. 


200.  F.  I,  .398  Tombe  dcll''  O/vvy  à  Cornt'do;  inscription  peinte 

1.  Dans  pliisiiMirs  des  idiomes  (lu^ini-linnois,  le  supeil;itil'  s'exprime,  ctnimie 
ici,  par  uii  adverbe  «  h'ès,  le  plus,  graiideiiieiit  »  placé  devant  l'adjeclif  (L'jfalvj-, 
El.  comp.  des  laiif/iies  ouf/ro-finn..  p.  9i  et  sriiv.  ;  Wiiickler,  Irait.,  p.  106-109; 
Szinnyi'i,  Fiiinisc/t-i/i/r.  Spracliw.,  p.  SI,  US,. 


142  THOISIÈME    PARTIE 

sur  une  fresque  qui  représente  une  scène  de  banquet,  dans  la 
première  chambre  du  caveau  funéraire,  face  à  la  porle  d'en- 
trée) : 

Lar*al.  Hu*uniesi.  Marcesic.  Calia6esi.  munie,  nacn- 
vaiasi.  Gamce.  lei. 

[Fait]  pour  Uu/iurir  issue  de  Larlh  et  pour  Marce  Caliathe. 
[Que)  le  parler  K.soiO  paisible  dans  la  direetion  vers  ce  qui  se 
tient  embrassé,  c'est-à-dire   rcrs  le  ronplf  </ui  se  lient  embrassé. 

Lar'al  est  à  restituer  en  LarBal.  C/esl  l'indication  de  Tas- 
cendance  de  Hulunie,  ascendance  maternelle  probablement, 
puisque  le  genlilicc  Hulunie  suffit  à  mar(]uer  lascendance 
paternelle.  I.a  mère  était  une  LarGi. 

Hu*unie-si;  je  restitue  Huluniesi  ;  cf.  C.  1900  Hulunia-s, 
4700  Huluni.  La  désinence  est  le  sulfixe  casuel  -si.  marquant 
le  but,  la  destination  (§  129,  9).  Cela  veut  dire  que  le  tombeau, 
avec  sa  décoration,  a  été  fait  pour  Hulunie  et  son  mari. 

Marce-si-c  et  pour  Marce.  Le  c  final  est  renclilique  de 
coordination  (§5^  UJi,  180);  le  sufïixe  casuel  est  le  même  que 
dans  Hulunie-si.  Le  prénom  Marce  est  assez  rare  (voir  F. 
216G.2I70;  O.  Miiller-Deecke,  hJrusker,  1,  p.  4G7). 

Calia9e-si  pour  Caltuthr.  Pour  l'accord  de  Marce  et  de 
CaliaSe,  voir  ij  l.')9.  On  n'a  pas  d'autre  exemple  du  gentilice 
CaliaBe.  Mais  c'est  la  forme  dérivée  d'un  thème  ([ui  a  donné 
les  -cntilices  Cal-ati  ^C.  o2j,  Cal-e  (C.  104,  7G8,  1927.  1928), 
Cali  (C.  1929),  Cal-iti  (C.  1930),  Calisna  (C.  4280),  Cal-unei 
(1.  4282).  CaliaBe  est  évidemment  le  mai-i  de  Hulunie,  qui 
a  été  enseveli  avec  elle  et  que  la  fresque,  aujourd'hui  à  peu  près 
détruite,  représenlait  assis  sui"  un  lit  de  banquet  à  coté  d'elle. 

Mun>  le  nacnvaiasi  Qamce  lei  forme  une  proposition, 
dont  le  sujet  est  rinliiiilil'  mun  s  le  'a!  loi  c),  dont  le  verbe 
«  être  y>  est  sous-entendu  (§  161),  dont  l'attribut  est  l'adjectif  lei, 
déterminé  par  Gamce,  lequel  est  à  son  tour  déterminé  par 
nacnvaiasi. 

Mun-s-le  parler  est  un  dérivé  du  Ihème  mun-,  que  l'on 
retrouve  dans  le  hongrois  mon-d-  ^^  yïn'Q  »\  cf.  lapon  muone- 
«uommer  ■>  ;   tclu'rémisse    )nan-  «  |)arler  »    (Hudenz,    p.    628, 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  143 

11°  6G8).  Le  thème  mun-  est  ici  pourvu  d'un  suffixe  double  de 
dérivation,  le  suffixe  -si  (§  96),  que  l'on  a  dans  mul-sl-e 
(Magliano). 

Lei,  paisible,  calme,  est  radjeclif  qui,  avec  le  sufïixe  de 
dérivation  -n,  forme  le  verbe  lei-n-e  être  en  repos  (voir  plus 
haut  §  185).  La  formule  munsle  lei  doit  être  interprétée  comme 
une  invitation  à  ne  pas  faire  de  bruit  :  <,qué~>  le  parler  <,soit'> 
calme  ;  voir  plus  haut  (§  193)  la  formule  eanr  va  doucement. 
La  formule  d'avertissement  étant  inscrite  sur  la  paroi  de  la 
chambre  qui  sert  de  vestibule  au  caveau,  il  est  à  présumer 
que  le  sarcophage  était  déposé  plus  loin,  soit  dans  une  niche 
écartée,  soit  dans  une  autre  pièce.  C'est  du  reste  ce  que  semblent 
indiquer  les  mots  nacnvaia-si  Gain-ce,  Le  suffixe  -si  marque 
en  effet  une  direction  (§  129,  9);  ôam-ce  clans  la  direction  est 
l'équivalent  du  finnois  liam-a  <(  marche,  chemin  »,  qui  sert  à 
renforcer  l'expression  des  rapports  de  temps  et  de  lieu  (Donner, 
II,  p.  149,  n°  838).  Dans  Gain-ce  la  désinence  -ce  est  le  suffixe 
casuel(§  129,2). 

Nac-n-v-ai-a-si  cers  ce  (jui  se  tient  serré;  cela  désigne  le 
couple  des  deux  époux,  qui  sont  côte  à  côte  sur  le  lit  funéraire. 
On  a  vu  plus  haut  le  verbe  nac-n-v-a  f§  197).  Nac-n-v-ai  est 
le  participe  en  -i  (§  103),  développé  en  -ai,  comme  dans  Gapint- 
ai-s,  aprens-ai-s(.Vo/i::/^,  189o,  p.  339).  La  désinence  -si  est 
le  suffixe  casuel  (§  129,  9).  L'a  qui  précède  le  suffixe  est  épen- 
thétique. 


201.  ('.  4i  ^sur  le  couvercle  d'une  urne  funéraire)  : 

0ana.  Cavinei.  tuzl. 

Thana  Cavinei  <a  été'>  vertueuse. 

0ana,  prénom  de  femme;  pour  l'élymologie  voir  plus  haut 
§  195. 

Cavinei,  gentilice  désignant  une  leuuue,  lille  de  Cavina 
(§  104). 


I  'l  '(  TliOlSIlblE    PARTIE 

Tuzl,  rcrliii'iLi.,  1)0)1,  csl  l\  it(|)|»r(>cli(M'  ilii  liiinois  tulc.  «.  v^rai, 
V(''ii(li(|ii('  )),  (ïl  pai'  exlcnsioii  «  l'iaiic,  droil,  lioimrle  »  (^BudenZy 
j).  86'i,  11°  900  ;  Donner,  l.  p.  120,  n"  426).  l*oui'  réquivalonce 
(lu  -z  (''lrus(|ii('  ci  (lu  /  limidis,  ^()i^  j:^  72.  Pour  la  vovellc,  voir 
§  04  L,.  Dans  tuz-1,  la  désinence  -1  est  un  sutïixc  de  dérivation, 
servant  îi  l'ornier  des  adjectifs  (i^  109).  ÇA',  linnois  vcie-là 
«  liquide  »,  l/ia-la  «  agréable  »  (Budenz-Simonyi,  p.  295-298). 


202.  C.4  144  (sur  un  ossuaire)  : 
La.  Venete.  La.  Le0ial.  etera. 

Ldi'lh  \'cni-le,  /ils  de  Larth  {\'r/)etr),  nr-  de  Letld;  il  est  excel- 
U'ul. 

La,  al)r(''viation  usuelle  du  prénom  Lar6. 

Le9i-al  ni' de  Le/Jii.  Le  ^entilice  Le0i  ou  Le6ia  est  connu 
par  de  nombreux  textes,  ("est  la  forme  féminine  (§  104)  du  geu- 
tiliee  Le9e  (Scliulze,  Ijilein.  Eifjfmnani.,  p.  177). 

Et-e-r-a  rtrr  excellent,  verbe  dérivé  de  l'adjectif  et-e-r 
excellent  (§  199).  Etera  icvienl  souvent  dans  les  épilapbes  de 
la  région  de  Pérouse  : 

C.  341 H  Aule.  Scevis.  ArnOial.  etera  —  <Tombe>  d'Aide 
Scevi  ne  <i' Arnlhi,  etc. 

{\.  37!I0  Pumpu.  Snute.  etera  —  Punipu  S/u/te,  etc. 

C.  41 4o  Ar.  Venete.  Ar.  etera  —  Arnth  Vmcir,  /ils  dWrnth, 
etc. 

C.  .39().")  Au.  SemSni.  Helvereal.  etera  —  Aide.  Sentilmi, 
né  d'Ilelceri,  etc.  '. 

C.  4114  Lare.  Vipis.  Varnas.  etera —  <Toniùe>  de  Larth 
Vipi- Varna,  etc. 

C.  4325  Vel.  Velxeis  etera  — <^TiJUibe>  de  \  cl  Velkhei,  etc. 

\.  Helvereal  est  écrit  ru  siirLii;irfj;e  au-dessus  de  la  lif^ne,  comuie  s'il  avait  été 
oublié  et  ajouté  après  con|).  N'oilà  pourijUDi  je  le  place,  daus  la  trauscriptitui, 
entre  SemOni  et  etera,  au  lieu  de  le  placer  à  la  lin,  coiuuie  les  éditeurs  du 
Corpus. 


TEXTES    TKADLTTS    ET    COMMENTES  145 

La  forniLilo  etera  ôlail  une  formule  banale,  applicable  à  tout 
le  monde;  elle  était  quelquefois  inscrite  d'avance  sur  Turne 
funéraire,  quand  Turne,  encore  chez  le  marbrier,  n'avait  pas  de 
destination  personnelle.  C'est  ainsi  que,  sur  une  urne  de 
Pérouse,  etera  est  seul,  sans  aucun  nom  propre  (C.  4537). 

Au  lieu  de  etera  on  trouve  souvent  eteri  : 

C.  4624  lautu.  eteri  (sans  nom  propre). 

C.  4549  Salviij.  Precus.  lautn.  eteri  .Sa/vi,  femme  de 
Precu,  etc.). 

C.  2480  Arn6.  Musclena.  LarGal.  lautn.  eteri  [Anith 
Musclena,  né  de  Larth^  etc.). 

G.  809  Vel.  Tetina.  Titial.  lautn.  eteri  (  Vel  Teiiita  né  de 
Titi,  etc.). 

Eter-i  peut  être  considéré  soit  comme  un  verbe  à  un  mode 
personnel,  qui  serait  un  doublet  de  eter-a,  soit,  plus  proba- 
blement, comme  le  participe  en  -i  (§  103)  du  verbe  etera. 
Dans  le  premier  cas,  il  signifierait  //  est  excellent,  le  sujet  étant 
sous-entendu.  Dans  le  second  cas,  le  participe  équivaudrait  à 
Tadjcctif  eter  (§  199)  et  ferait  Totlice  d'attribut  avec  ellipse  du 
verbe  «  être  »  (§  161). 

Lautn,  qui  figure  dans  les  textes  ci-dessus,  n'est  pas  une 
abréviation  de  lautni  affranchi  (voir  ^  194).  C'est  certainement 
un  mot  différent.  Un  ne  voit  pas  bien  l'intérêt  d'une  abréviation 
([ui  ne  ferait  l'économie  que  d'une  lettre.  On  ne  voit  pas  non 
plus  pour  quelle  raison  toutes  les  épitaphes  avec  eteri  auraient 
cette  abréviation  de  préférence  à  la  forme  lautni,  couramment 
employée  ailleurs.  Etant  donné  tous  les  exemples  (]ue  l'on  a 
d'une  dérivation  nominale  à  l'aide  du  suflixe  -n  (voir  ,5^  il.'i, 
laut-n  peut  être  envisagé  comme  un  adjectif  dérivé  du  radical 
'laut-  avoir  confiance,  se  fier  et  ayant  le  sens  de  fidèle.  La 
formule  lautn  eteri  s'entendrait  donc  il  <a  été>  fidèle, 
excellent. 


10 


lie»  TlîOISlKMH    PARTIE 

203.  C.  4201  (unie  cinri-aire)  : 

L6.  Avei.  lautn.  eteri.  ein.  senis.  er*es. 

Lartk  Avi'i  <«  clc^-  /idi-h',  cncllcnl  ^  1res  parfait 

L9,  abréviation  du  pronom  Lar6. 

Avei,  i;('nlilit'0.  Le  mol  signilie  le  vieux.  Il  est  formé  de  av 
durée,  mje  (voir  i^  179  av-il)  et  de  ei  (jrand  [cï.  finnois  aijà 
(*  nombreux,  grand  »). 

Lautn,  fidèle  (voir  §  202). 

'Eteri  rjce//e/it  (voir  §  202).   11  y  a  ellipse  du  verbe  »  être» 

(.^IGl). 

Ein  (/randenieut,  adverbe  dérivé  de  ei  grand,  que  l'on  vient 
de  voir  dans  Av-ei.  Le  suffixe  -n  est  le  sullixe  casuel  ({5  129,  5), 
qui  joue  ici  le  rôle  de  suffixe  adverbial  (§  156,  2). 

Se-n-is,  parfait^  est  un  dérivé  de  l'adjectif  se-n,  formé 
comme  Lar-is,  parx-is  !§  108).  L'adjectif  se-n,  formé  à  l'aide 
du  suffixe  nominal  -n  (^  113),  dérive  du  substantif  se  règle 
[Notizie  4895,  p.  339);  cf.  finnois  .sy/V/  «  ordre  régulier  »,  sdd-til 
«  ordre  »,  siia-ta-  «  placer,  disposer»,  sdd-ntô  «règle,  loi,  pré- 
copte, décret  »,  sdd-n-ii-dll-in-en  «  conforme  de  tous  points  à  la 
règle,  absolument  j)arf"ail  ».  On  peut  donc  attribuera  l'adjectit 
otrus([ue  se-n  le  sens  <\(i parfait. 

Dans  l'i-pitapho  C.  34i2  on  lit  ei  senis,  au  lieu  de  ein  senis. 
Mais  le  sens  est  le  môme,  l'adjectif  ei  étant  employé  adverbia- 
lement (Î5  15G,  1). 

La  lin  de  l'inscription  est  de  lecture  incertaine. 


204.  F.  I.  438  (sur  un  sarcophage)  : 

Lartiu.  Cucinies.  Lar6aL  clan.  'LarSialc.  EinanaL 
camôi.  eterau. 

<^T()nibcau^  de  Larlk  Cutlnie,  /ils  de  Larth  <^/>  de  Larthi 
Einana.  <.fl  a  été'>  meroeilleusemeiit  excellent. 

Lartiu,  variimlc  du  {)iénom  LarG  (cf.  C.  2660  Lartiu-s). 
La   substitution  du    t   au  6  est  lié(|U(Mitc  (cf.   §   68);    on  a   de 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  147 

nombreux  exemples  de  Lart  (C.  180,  188,  200,  206,  306,  314, 
etc.).  La  désinence  -iu  se  retrouve  dans  Lars-iu  (G.  3927). 
C'est  peut-être  un  suffixe  diminutif,  apparenté  au  suffixe  dimi- 
nutif oi,  ôi  (ougrien  -j)  du  finnois  :  rukk-oi  a  petit  misérable  » 
dérivé  de  rukka  «  misérable  »  ;  (voir  Budenz-Simonyi,  p.  241- 
244). 

Cucinies  est  une   faute  du    lapicide    pour  Cuclnies.    Une 

épitaphe  trouvée  dans  la  mènie  sépulture  et  se  rapportant  à  la 

mère  de  notre  personnage  (F.   I,  437  ;  voir  §  209),  donne   en 

effet  le  gentilice  Cuclnie  (cf.  Schuize,  Latein.  E'ujcnn.,  p.  130). 

Lar6-al,  né  de  Lavth  [Cuclnie). 

Clan, /^/.y;  voir  §  180. 

Lar6ial-c  Einanal  né  aussi  d'une  Larthi  Einana.  On  remar- 
quera quici,  contrairement  à  lusage  ordinaire  (§  158),  le  pré- 
nom et  le  gentilice  s'accordent  ensemble  (§  159),  étant  affectés 
du  même  suffixe  -al.  Dans  Lar6ial-c,  le  -c  final  est  la  par- 
ticule de  coordination  (§  154). 

Camei  eterau  doivent  être  joints,  le  premier  servant  d'ad- 
verbe devant  le  second.  Eterau  est  probablement  une  variante 
graphique  de  l'adjectif  eterav  oxcellent,  que  l'on  trouve  dans 
l'épitaplie  F.  2055.  11  y  a  en  efTet  échange  fréquent  entre  le  v  et 
l'u  (>;  73).  Pour  le  suffixe  nominal  -v,  -va,  voir  §  123. 

Cam8i,  merveilleux^  proprement  qui  émerveille, qui  enchante, 
est  le  participe  en  -i  (§  103)  d'un  verbe  cam-G-  étonner,  que 
l'on  peut  rapprocher  du  finnois  kama-la  «  rare,  étonnant, 
effrayant  »  ;  cf.  kcuno-  «  effrayer  »,  kom-e-hti-  «  ensorceler, 
enchanter  »  (Donner,  1,  p.  91,  n°  325).  L'adjectif  cain6i  est 
pris  adverbialement  (§  156,1).  Il  donne  à  eterau  une  valeur 
superlative. 


205.  (1.   I'i30  (sur  un  couvercle  d'ossuaire)  : 

Ae.  Cumere  Fraunall].  clan  zil. 

Arntli  Cumere,  /ils  né  de  Frauna,  <ia  élé"^  parfait. 


148  TUfUSIÈMK    l'AllTIK 

A9.  .ihn'vialiim  du   [in'iKHii  Aril9. 

Cumere,  ^nililicc  (•oiiim  |);ii'  ()lusi('iirs  (''[ùlaphcs  de  la  région 
de  (lliiu^i  Scliul/,  Lalr'nt  Ei</t'nii.,  p.  ;)'i"5).  Le  prc'noiii  du  |)èro 
nCsl  pas  inciilioiiiK',  ce  (jui  sciiiMc  iiKlicjucr  (jn'il  ('-lail  idcii- 
li(|ii('  à  ('(diii  (lu  liU. 

Frauna  1  ,  iiciililicc  de  la  inèro  aven;  le  siilllxc  de  pi-ovi^- 
iiaïKc  -al.  La  inÎMo  s'appcdail  eu  elTel  Fraucnei ;  ou  a  sou 
épitaplie  (C.  1187)  : 

Lar6i.  Fraucnei.  Cumeresa  ■  Lurtld  Frauciiri.  fi^niinr  de 
Cumere. 

MalgiM'  la  dillVucncc  d  uilliui;Ta|jlie,  Fraunal  el  Fraucnei 
s"a|)pli(|iitMil  à  la  luriiic  personne.  Deux  frères,  dont  nous  avons 
les  é|)ilaplies,  son!  ([iialilii'S,  I  uude 

L8.    Fraucni.    Tutnal.   \i\.   1182)  =   Lartli    Fraucnl  né  de 
Tiihia, 
l'auli'e  de 

Ae  Frauni.  Hapre.  Tutnal  ('-.  1183)  =  Aimth  Frauni 
Napre,  né  de  Tulmi. 

Pour  le  sens  de  clan  //A,   voir  s^  180. 

zil  parfait  \  voir  §  11)9.  11  y  a  ellipse  du  verbe  «  èlre  » 
(§161). 


206.  ("..  2771  (sur  iiu  couvercde  de  sai'cophagei  : 

Arn6.  Seate.  Cuisla.  zilat. 

.1/7////  Sfdic.  (IrscctulanI  de  lia  ^^p(ir  sia  ///rre^,  <<«  élé^ 
(K  rtniijdi . 

Arn6,  préuoiu. 

Seate  >i  le  moi  n'a  pas  été  écril  d'une  manière  faulive  par 
Ir  lapicidcy  est  à  rapprocher  du  ^euliliec  Seiate  (1.  2772;  ei. 
Seiati-al  G.  1770,  3044),  Iripud  r>l  unr  vaiiaiilc  du  gentilice 
Seiante.  1res  IrtMiiiciil  dans  la  r('\ui()u  de  Cîhiusi. 

Cui-sla  siguilie  lu'opi'ciucnl  ^  ajjparlenaul  à  Cui  »  ;  pour  la 
désinence -s-la,  cf.  ^  lliJ.  Ici  celLe  désinence  désigne  i'ascen- 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  149 

dânce  maternelle.   Le    gentilice    croù    Cui-s-la  dérive    n'est 
connu  que  sous  la  forme  Cuie,  génitif  Cuie-s   C.  4o23). 

zilat,  variante  graphique  de  zila6  (F.  20oo);  pour  l'équiva- 
lence du  t  et  du  9,  voir  §  68;  zilat  est  un  dérivé  de  zil  complet 
(§  199,  205),  formé  avec  le  suffixe  -t  (§  120).  Devant  zilat, 
il  y  a  ellipse  du  verbe  «  être  »  (§  161). 


207.  C.  4030  'sur  une  urne  funéraire)  : 
Fasti.  Cvinti.  Sales,  clens.  puia. 
Fasli  Cvinti,  la  bien  aimée  du  fils  de  Sale. 

Fasti,  prénom  féminin,  connu  par  de  nombreux  exemples. 

Cvinti,  forme  féminisée  par  le  suffixe  d'appartenance  -i 
(§104j  du  prénom  Cvinte  (G.  1048).  Ici  Cvinti  joue  le  rôle  de 
gentilice. 

Sale-s,  génitif  du  gentilice  Sale  (C.  4049),  dépendant  de 
clens. 

Clen-s,  génitif  de  clen  ou  clan  fils  (Cf.  §  180);  il  dépend  de 
puia. 

208.  Puia  est  un  terme  fréquemment  employé  dans  l'épi- 
graphie  étrusque.  On  a  longtemps  bésité  sur  la  signification 
(Fabretti,  Glossarium,  p.  1476;  (]orsscn,  Sprarhe  d.  Etn/s/>\, 
I,  p.  157  et  suiv.).  Aujourd'hui  le  sens  de  ('pause  est  générale- 
ment accepté.  Il  est  certain  que  cette  interprétation  paraît 
bien  convenir  à  beaucoup  de  textes  construits  comme  les  sui- 
vants : 

C  211-3  ArnGal.  Vel0urs.  puia  —  la  femme  de  Vellhur  né 
<rArnth. 

C.  .3866  0ana.  Arzius.  puia  —  Thana,  femiiu'  dWrziu. 

C.  4390  Oana.  Mani.  Clantes.  puia  —  Thauu  Muni,  femme 
de  Clante. 

C.  4251  Hasti.  Autus.  Viplis.  puia  —  Il  asti,  femme  d'Autu 
Vipli  (voir  §  42")0  r('pil;ij)lie  d'Autu  Vipli). 


150  TROISIÉMi:    PAHTIR 

C.  3411  Oana.  Alfi.  Tituis.  puia  —  Tliana  Alft,  femme  de 
Tititi. 

C.  2727  Vel.  Se6re.  puiac  —  Vf/  Srf/rre  et  <.srt>  femme 
(épi(ii|tlio  ('(illrclivc). 

C.  2400  Vel.  Tite.  Saxu.  puiac  —  Vel  Tite  Sakhii  et  <sa> 
femme. 

C.  758  Arn6.  Vipis.  Serturis.  puiac.  Mutainei  —  Amth 
fils  de  Vipi  Ser/itri  el  <.v«>  femme  Mutainei. 

C.  4001  Aule.  Petrus.  Casnis.  puiac.  Le6i  —  Aide,  /ils de 
Petrif  Casniet  <sa>  femmr  Jj'thi. 

G.  922  Lar6.  Marcni.  puia.  Velia.  Cainei  —  l.arth  Marcni 
<iet  sa>  femme  Velia  Cainri. 

Mais  à  côté  de  ces  textes,  où  l'interprétai  ion  puia  =  femme 
est  acceptable,  il  y  en  a  d'autres,  qui  somblenl  l'exclure.  Ce 
sont  des  épitaphes,  où  le  mot  puia  précède  le  nom  du  mari, 
comme  par  exemple  : 

C.  4040  Caia.  puia.  La^us. 

C.  3'JGO  LarOi.  Vipi.  puia.  Tites.  Satnas. 

C.  2041  puia.  Cumnis.  Oucernas. 

C.  3789  Veilia.  Maslnei.  puia.  La6iaL  Vipis.  Upelsis. 

Dans  ces  épitaphes,  le  génitif  du  nom  du  mari  ne  j)eul  |)as 
dépendre  de  puia,  puisqu'en  étrusque  le  déterminatif  pi-écède 
le  déterminé  (s^  157,1).  S'il  y  avait  dépendance,  on  aurait  La^^us 
puia  et  non  puia  Laxus. 

Du  moment  que  le  génitif  Laxu-s  ne  dépend  pas  de  puia, 
on  ne  peut  l'interpréter  que  comme  s'interprètent  les  génitifs 
accompagnant  un  nom  de  femme,  c'est  à  dire  comme  l'indi- 
cation du  nom  du  mari.  Ces  génitifs,  dans  les  textes,  se  sufîi- 
scnt  à  eux  mêmes.  La/u-s,  à  lui  seul,  signifie  fi-mme  l.nrhii, 
exactement  comme  d.ius  les  épitaphes  : 

C.  322  0ana   Secui.  Tûtes. 

C.  326  0ana.  Titi.  Lecus. 

C.  996  Gania.  Cainei.  Petinates. 

C.  226  0ana.  Velxatini.  Cvenles. 

(].  1265  Laei.  Heli.  Cicus. 

C.  3525  Caia.  Cires. 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  151 

C.  441o  LarGi.  Petrui.  Cestnas. 
Les  génitifs  Tute-s,  Secu-s,  Petinate-s,  Cvenle-s,  Cicu-s, 
Cire-s,  Cestna-s  signifient  femme  Tute,  femme  Secu,  femme 
Peli/iate,  femme  Cvenle,  femme  Cire,  femme  Cestna. 

Il  résulte  de  ces  observations  que,  si  l'on  attribue  à  puia  le 
sens  de  femme,  on  a  des  textes  où  l'idée  de  femme  est  exprimée 
deux  fois,  la  première  fois  par  puia  et  la  seconde  par  le 
génitif.  Caia  puia  Laxus  donne  Caia,  femme,  femme  de 
Lachii.  Puia  forme  ainsi  pléonasme  et  n'a  aucune  raison  d'être. 

Il  est  plus  naturel  d'attribuer  à  puia  la  valeur  d'une  épi- 
ihète  et  un  sens  analogue  à  celui  de  chérie,  bien  aimée  [deliciae]  ; 
l'épitliète  précède  en  elfet  le  mot  qualifié  (§  157,2).  On  aurait 
alors  les  interprétations  suivantes  pour  les  divers  types  d'épi- 
taphes  : 

Caia.  puia.  Laxus  —  Caia,  bien  aimée  femme-de-Lachii. 

©ana.  Arzius.  puia —  Thana,  la  bien  aimée  d'Arziu. 

Vel.  SeSre.  puiac  —  Vel  Sethre  et  <.sa'>  bien  aimée. 

Puia  peut  être  rapproché  d'un  thème  hongrois  *bi(j,  qui  ne 
subsiste  plus  que  sous  la  forme  des  verbes  factitifs  buj-t-, 
hoj-t-,  buj-t-%t-,  exprimant  l'idée  de  «  exciter,  agiter,  pro- 
voquer, pousser  »,  c'est  à  dire  de  mettre  en  mouvement  un 
désir  ou  une  passion  (Budenz,  p.  474,  n°  505).  Dans  puia  il  y 
a  probablement  l'idée  de  «  désir,  amour  »  ;  d'où  le  sens  de 
désirable,  bien  aimé,  que  je  crois  pouvoir  lui  attribuer. 


209.  F.  I,  437  (sur  un  sarcophage)  : 

Lar6i.  Einanei.  SeGres.  sec.  RamGas.  Urusla.  Ecnatial. 
puia.  LarGL  Cuclnies.  "VelG....  avils.  huGs.  celxls. 

Larthi  Einanei,  fille  de  Sethre  [Einana),  née  de  Ramtha  Ecna- 
tia,  laquelle  était  issue  d'Uni  [par  sa  mère),  femme  bien  aimée  de 
Larth  Cuclnie,  fils  de  Vel..\  vingt-cinq  <Cans^  d'âge . 

LarG-i,  |)rénom  de  femme;  pour  le  suffixe  -i,  voir  ^  104. 


152  TUOISIÈME    PARTIE 

Einanei,  nom  de  IriiiiiK'  ;i|»|);irl('ii;iiil  h  hi  r.imillc  Einana 
(voir  55  204). 

Seôre-s,  jirônoin  du  porc  do  Einanei;  le  ^éiiilil'  (h'-pcnd  du 
suljsliinlir  sec  (|iii  suit. 

Sec,  ////'"  '.  Le  sons  a  élé  depuis  louglenips  (h'termino 
(voir  Faluclli.  (l/ossnriiiiu).  Le  mol  est  apparoulé  au  linnois 
si/,i-  ('  enj^endrer,  procréer  »;  cl",  sik-i-o  «  rejeton,  fruit  »  ; 
lapon  sak-lio  «  descendance  »  (Donner,  J,  p.  160,  n"  581). 

Ramôas  Urusla  Ecnatial  donne  ruscendanco  malernolle. 
Einanei  ('lait  née  de  Ecnati  ou  Ecnatia  (pour  le  suffixe  de 
provenance  -al,  voir  i^  129,1.  Ecnatia  avait  pour  prénom  Ram- 
ea.  On  remar(|iu'ra  que  le  prénom  et  le  {^'enlilice  ne  s'accordent 
pas  :  Tiin.  RamGa,  a  le  suffixe  -s  du  génitif;  l'autre,  Ecna- 
ti-al,  a  le  sullixe  de  provenance  -al  i  voii-  sur  cette  construction 
§§  KiO,  180). 

Urusla  fille  d'une  Uru.  épithète  de  Ecnatial.  Sur  la  forma- 
tion des  adjectifs  en  -sla,  voir  §.  119.  Uru-sla  ne  peut  désigner 
que  la  mère  d  Ecnatia.  puis(|U(>  le  nom  même  dEcnatia  l'ap- 
pelle le  gcntilice  paternel. 

210.  Dans  le  groupe  puia  Larel  Cuclnies  le  génitif  Cucl- 
nies  ne  di'pend  pas  grammaticalement  de  puia,  puisrjue  en 
étrusque  le  d('dermiuatif  au  génilif  pr{'cèdc  ton  jouis  le  mot 
qu'il  di'Icrmine  (ij  Uu ,  \).  Le  génilif  Cuclnie-S  doit  s'en- 
tendre comme  signifiant  à  lui  seul  fcninir  d/cl/iie  (voir  v;  208\ 

Puia  l'irn  aimer  sert  d'épillièle  à  Cuclnies  (§  208). 

Lar9-1  est  probablement  une  faute  du  lapicidc  pour  Lar8- 
al.  Pour  la  construction  LarBal  Cuclnies,  voir  j)lus  haiit 
Ramôas  Ecnatial. 

"Vel6..,  pré'uom  du  père  de  Lar9  Cuclnie. 

Avils,  génitif  de  avil  àr/e  (cf.  i;  177). 

Hu0-S,  gé'uitif  (ie  huG  ri/tr/  ,^  i:{9). 

Ce-lxl-s  génitif  de  ce-lxl  'v;////  i;  144). 


1.  Le  mot  s'('-crit    indilTéreinincnt  sec  [C.  ;i2f),  lllO,  1980,  etc.)  ou  se/.  (C.  370, 
408,  :t()in,  ttfi.j,   in.J,  etc.)  ;  pour  la  penniit.vtioii  du  c  et  du/,  cf.  §  68. 


TEXTES    THADLITS    ET    COMMENTÉS  153 

211.  C.  3326  (sur  une  colonne  funéraire)  : 

Hermial.  Capznasla.  man.  sexis.  Capzna. 

Femme  Capzna  née  d'Hermi  —  /«  petite  fillette  —  Capzna. 

Epilaphe  coUeclive.  Le  tombean,  élevé  par  Capzna,  qui  est 
mort  le  dernier,  contenait  la  femme,  la  fillette  et  le  mari. 
Hermial  née  d'Hermi  indique  l'origine  maternelle  de  Capz- 
uasla.  Le  gentilice  Hermi  est  en  elTet  un  nom  de  femme  (G. 
4507  ;  Larei  Hermi).  Contrairement  à  Tusage  ordinaire,  rien 
n'indique  l'ascendance  paternelle  de  la  défunte. 

Capznasla  femme  Capzna  est  un  adjectif  dérivé  de  Capzna, 
à  l'aide  du  suffixe  -sla  qui  marque  l'appartenance,  la  relation 
(§  119).  Dans  l'inscription  précédente  (§  209)  nous  avons  vu 
Uru-sla  appartenant  à  Vru  (comme  fille).  Ici  Capzna-sla 
signifie  appartenant  à  Capzna  (comme  femme).  On  trouve  de 
même  : 

F.  I,  440  LarGi 'VelGurus  sex  "Velusla —  Larthi  fille  de  Vel- 
t/tur,  femme  de  Vel. 

C.  1061  LarGi  Pulfnei  Perisnei  Papasla  —  Larthi  Pulfnei 
Perisnei,  femme  de  Papa. 

C.  1853  Hastia  Cainei  Leusla  —  Hastia  Cai?iei,  femme  de 
Leu. 

G.  2111  "VelGnei  Latinis  Pricesla  —  Velthnei,  fille  de 
Latini,  femme  de  Priée. 

C.  2879  Titi  Sepiesla  —  Titi,  femme  de  Sepie. 

Les  termes  man  sexis  désignent  la  petite  fillette  de  Capz- 
nasla, morte  sans  doute  peu  après  sa  mère  et  ensevelie  près 
délie.  Sex-is,  que  l'on  retrouve  dansC.  4544,  est  un  dérivé  de 
sex  ou  sec)  fille  (§  209).  Le  suffixe  -is  est  le  môme  que  dans 
Lar-is  (§  179)  et  dans  sen-is  i§  203  ;  cf.  §  108)  :  il  a  une  va- 
leur diminutive. 

Man  petit,  épithète  de  sexis.  Pour  le  sens  cf.  vogoule  man 
«  petit,  jeune  »  ;  osliak  mona,  man  a  «jeune  frère  »  ;  lapon  màn'a 
«  enfant  »    Ikidenz.  p.  817,  n"  896). 

On  ne  donne  pas  le  nom  de  la  fillette,  morte  en  bas  âge.  Si 
elle  eût  grandi,  on  Teût  appelée  régulièrement  Capznei,  nom 
dérivé  du  gentilice  paternel  à  l'aide  du  sufiixe  -i  >;  104). 


454  THOISIlhir.    l'AUTlE 

212.  (^  27G7   sui'  un  couvorclc  d'ossuaire)  : 

Larei.  Seianti.  Fraunisa.  atiu.  piutes. 

Larthi  Seianti,  femme  Frmmi.  <iSo?i'>  mari  pleure. 

Lar9i,  forme  dérivée  du  prénom  Lar6  et  qui  uc  s'npplique 
(ju'aux  l'emnies  (voir  §,  104). 

Seianti,  nom  de  femme,  dérivé  du  gentilice  Seiante 
(Schulze.  Lntein.  Eigenn.,  p.  318). 

Frauni-sa  «  femme  Frauni  ».  La  forme  du  p^entilice  est 
lanlùt  Frauni  (C.  1183,3044,3048),  tantôt  Fraucni  (C.  U79, 
1180,  1182,  1180,  etc.).  Le  suffixe -sa  marque  d'une  manière 
générale  l'appartenance.  Il  s'adjoint  souvent  au  nom  du  mari 
(voir  i<  118). 

At-i-u  pleurer,  gémir,  est  apparenté  au  finnois  ât-i-sl- 
<(  gémir  )>.  Le  mot  présente  le  suffixe  fréquentatif  -i  (§  81).  Le 
sujet  est  piutes. 

Piutes  mari,  proprement  quia  été  serré  de  la  main,  c'est-à- 
dire,  à  qui  on  a  donné  la  )nain.  La  désinence  -es  est  celle  du 
participe  passé  passif  (§  101).  Le  radical  verbal  piu-t-  est  formé 
avec  le  suffixe  -t  (§  87).  11  reste  un  thème  *piu,  lequel  est  l'équi- 
valent exact  du  finnois  piv-o  «  creux  de  la  main,  paume  »  ;  cf. 
piv-o-;  piv-o-ill-  «serrer  la  main,  former  le  poing,  saisir  ». 

De  l'inscription  ci-dessus  on  peut  rapprocher  une  autre  ins- 
cription {(].  3088),  qui  se  lit  sur  la  caisse  d'un  ossuaire  et  qui 
sans  doute  complétait  l'épi taphe  commencée  sur  le  couvercle  : 

lautni...  Ecnatnei.  atiuce. 

Kcnatnci  V  affranchie  <,est^  dans  T  action  de  pleurer  {cesl-h- 
dire  est  dans  les  larmes). 


213.  (i.  880  (sur  un  cippc  funéraire)  : 
ein.  ser.  VI.  Remzna.  clanc. 
Au.  Latini.  cesu. 

Le  très  chéri   Vel  Hemzna  et  <.vo??>  fis.  — Au  la   Latini,  re- 
pose en  paix. 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  155 

Epilaphe  collective.  La  sépullnre  a  été  faite  par  la  femme 
après  la  mort  de  son  mari  Vel  Remzna  et  de  son  tils.  Plus 
tard,  quand  la  femme  est  morte  à  son  tour,  son  nom  Au.  Latini 
a  été  ajouté  sous  la  première  ligne,  avec  la  formule  banale 
cesu  quiescas  (voir  §  186). 

Ei-n  beaucoup,  grandement,  adverbe  dérivé  de  ei,  que  l'on 
a  déjà  vu  (§  203). 

Ser  chéri,  à  rapprocher  du  hongrois  ?«>-///-  «  aimer,  chérir  », 
sàr-àlàm  «  amour  »  (Hudenz,  p.  294,  n°  295). 

VI,  abréviation  du  prénom  Vel. 

Remzna,  gentilice  ;  cf.  C.  1192,  1194,  1195,  2673,  etc.; 
Schulze,  Lat.  E'igenn.,  p.  219. 

Clan-c,  et  le  fils.  Pour  le  sens  de  clan  voir  §  180.  Le  c  final 
est  l'enclitique  copulative  (§  154). 

Au,  abréviation  du  prénom  féminin  Aula  (C.  3360). 

Latini,  gentilice  qui,  sous  la  même  forme,  s'applique  indif- 
féremment à  un  homme  et  à  une  femme.  Dans  l'inscription 
C.  691  Gania.  Axnei.  Latinisa.  —  Thania  Akhnei,  femme  de 
Latini,  Latini  est  un  nom  d'homme.  Au  contraire,  dans  l'ins- 
cription, C.  12i6  LarGi.  Latini,  c'est  un  nom  de  femme, 
comme  le  prouve  la  désinence  -i  du  prénom  Lar6-i  (§  104). 


214.   C.  3858  (sur  un  grand  sarcophage  à  deux  places)  : 

Ve.  Ti.  Petruni.  Ve.  Aneinal.  SpurinaL  clan.  Veilia. 
Clanti.  Arnzal.  tusur6i. 

(i.  3860  (sarcophage  analogue  au  précédent  et  provenant  du 
môme  tombeau)  : 

La.  Tite.  Petruni.  Ve.  Clantial.  Fasti.  Capznei.  Ve. 
Tarxisa.  Xvestnal.  tusurOir. 

C.  433  (sur  une  pierre  tombale)  : 

Lrt.  Tule.  Cavinei.  tus. 

Mittheil...  rœm.  Abth.,  XXV,  1910,  p.  319  (sur  une  archi- 
trave) : 


lofi  TliOlSIK.Mi;     PAIITIF, 

tus6i  Gui  hupnine8i  Arnt  Mefanates  Veliak  Hapisnei. 

•le  iNMiiiis  (-(^s  qiiali'o  inscriplions,  parce  (|u"('Ilf'S  prt'soiitciil 
dos  Irails  (•()niiiiims. 

D'abord,  ce  sont  des  ('pilaplics  dinihlr^ï.  On  reconnaît  en  elTcd 
les  couples  suivants  : 

1°  a)   VrI  Tilt'   Pc/r/f/ii,  fils  (h  IVV,  nr  d'une  Anf'ina  SjtKrinn 
(mari). 
I))  Veilla  C/a/ili,  are  (/'Arnza  (femme). 

2"  a)  iMrtli  Tite  Pcl/nini,  fils  de    l>/,  né   de   Clanti  (lils  du 
couple  précédeni  —  mari). 
b)  Fasii  Capznei^  fille  de  \'el  (f'f/pzna),  née  d'une  k'iirestna 
Tarelii  (femme). 

3"  a)  Lart  Tu  le  (mari). 
b)  Cavinei  (femme). 

4"  a)  Arnt  fils  de  Mefanate  (mari), 
b)  \'eHa  Hapisnei  (le  m  me). 

Ensnile,  b's  (piatre  inscriplions  ont  une  formule  à  peu  près 
identi([ue.  Le  tusurOi  de  la  jtremièi'e  ne  ditlère  (|ne  par  une 
lettre  en  moins  du  tusurSir  de  la  seconde.  Dans  la  troisième  et 
dans  la  quatrième  on  retrouve  le  radical  tus.  Selon  toute  appa- 
rence, la  formule,  qui  (>st  très  rare  et  ne  se  rencontre  que  dans 
ces  quaire  ("pilaplies  doubles,  se  rapporte!  à  ridi'-e  d'une  st'pnl- 
tui'c  à  (l(Mix  places.  Or  c'est  préciscuncnl  à  une  idée  de  ce  genre 
que  conduit  l'élymologii^  ouirro-liun<)is(\ 

Le  thème  *tus  peut  être  rapproché  tlu  hongrois  /o.y-,  tos-it-, 
h.s-it  «  pousser  »  ;  ci'.  t.y.s-i-(//il-  «  pousser  du  coude,  coudoyer  »  ; 
lus-hol-  ((  ouvrir  en  priîssanl,  presser  sur  »  :  zyrénien  toc-ki-, 
«  heurter,  pousser  »  ;  mordvine  tos-ti-ie-  ..  frapper,  tinter, 
heurter  »  (Budenz,  p.  226.  n"  236).  Ce  qui  domine  dans  tous 
ces  mots  ougro-finnois,  c'est  rid('>e  de  «  pression  ».  On  peut 
donc  attribiuM'  au  lliènn'  ('liu^(|ue  *tus  le  sens  de  pressé,  serré, 
c'est-à-dire  un  sens  voisin  de  celui  de  nac-n-v-a  v^  tenir  serré 
(§i;  197,  200),  terme  employé  égaleunuit  dans  des  épitaphes 
doubles. 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  lo7 

Dès  lors  les  quatre  inscriptions  s'interprètent  aisément. 

La  troisième,  où  l'adjectif  tus  est  seul  après  les  noms  pro- 
pres, signifie  (jue  les  défunts,  le  mari  et  la  femme,  sont  wrmy, 
embrassés^  en  d'autres  termes  fju'ils  sont  cote  à  côte  dans  le 
même  sarcophage.  Tus  est  attribut  et  il  y  a  ellipse  du  verbe 
«  être  ))(§  461). 

Tus-u-r-B-i,  de  la  première  épilaphe,  est  le  participe  en  -i 
(5:5  103j  d'un  verbe  tus-u-r-6-  ètvp  serré,  jwessé,  embrassé,  lequel 
dérive  de  tus  à  l'aide  de  deux  suffixes  verbaux,  le  èuffixe  -r 
(§  80)  et  le  suffixe  -0  (§  87).  L'u  entre  Ts  et  Tr  est  inorganique. 
Le  paiticipe  tus-u-r-9-i  signifie  donc  s'einbrassant  ou  embrassé 
et  fait,  comme  radjectil' tus,  l'office  d'attribut.  Les  sujets  sont 
les  noms  des  défunts  el  le  verbe  «  être  »  est  sous-entendu 
(§161). 

Tusur6ir  a  le  môme  sens  et  le  même  rôle  grammatical  que 
tusur6i.  Seulement,  au  lieu  d'un  participe  en  -i,  c'est  un 
adjectif  qu'il  nous  présente,  un  adjectif  dérivé  du  radical  verbal 
tusurO-  et  formé  à  l'aide  du  suffixe  nominal  -r  (§  116).  L'adjectif 
tusurô-r  devient  tusurSir,  par  suite  de  l'épenlhèse  d'un  i,  due 
au  voisinage  de  la  liquide. 

Quant  à  tus-Ôi  de  la  quatrième  inscription,  cest,  comme 
tusur6i,  un  participe  en -i  (§  103).  C'est  le  participe  d'un  verbe 
tus-9-  se  serrer,  dérivé  de  tus,  el  formé,  avec  le  seul  suffixe 
de  dérivation  verbale  -0  (§  87).  On  verra  tout  à  l'heure  le  rôle 
de  tusBi  dans  la  proposition.  Auparavant,  il  convient  de  déter- 
miner le  sens  des  mots  qu'il  accompagne. 

Oui  est  connu  (§  183).  C'est  un  adjectif  signifiant  couché. 
Placé  d(;vant  0ui,  le  participe,  ou  plutôt  Tadjectif  verbal  tus0-i 
peut  être  considéré  comme  ayant  une  valeur  adverbiale  (§  lo6,l) 
avec  le  sens  de  cote  à  côte. 

Reste  hupnineBi.  Le  mot  se  ramène  à  un  thème  'hup,  ([iii 
a  pour  équivalent  le  finnois  vlp-iï-  «  demeurer,  temporiser, 
traîner  en  longueur,  ne  pas  bouger  »  (pour  l'h  initial  voir  §  74, 
et  pour  la  voycMe  voir  §  61  lî.,).  Le  thème  *hup  donne  nais- 
sance à  un  radical  verbal  *hiip-n-  à  l'aide  du  suffixe  de  déi'iva- 
tion  -n  (§  84j  ;  de  là   l'adjectif  "hup-n-na  ou   hup-n-i-na, 


'\-')H  TROISIÈME    PAItTIE 

innnubile,  en  repos  ',  l'oi-mé  avec  le  suffixe  nominal  -na  (§  Mi). 
A  son  lour  radjectil'hupnina  donne  naissance  au  verbe  hup- 
nine-e-  (§  87)  rtre  umnobiU'^  re/toseï',  dont  hupnine6-i  est  le 
participe  en  -i  (§  103). 

L'épitaphe  s'entend  donc  ainsi  : 

Ami  fils  de  MefiUKilr  rt  Velia  llapisnei  rt^jtusaiU  cuuchcs  cùle 
à  cote.  Le  génitif  Mefanate-s  dépend  de  clan  /ils  sous-entendu. 
11  faut  remarquer  en  passant  la  graphie  Velia-k,  an  lieu  de 
Velia-c  (§  154);  l'enclitique  de  coordination  s'écrit  d'ordinaire 
par  un  -c. 


215.  C.  15  (sur  une  statue  funéraire)  : 

mi.  cana.  LarSial.  NumOral.  Laucis.  puil 

Moi  <Cçite^  voici  <je  sins>  la  fille  de  Nwnthur  <ety  de 
Larthia  <et>  la  bien  aimée  de  Laiici. 

Mi,  pronom  de  la  première  personne  (§§  30  et  132).  Voir  plus 
haut  d'autres  épitaphes  commençant  de  même  par  mi  (§§  191, 
192,  196).  Mi  est  le  sujet  du  verbe  «  être  »  sous-entendu  (§  161). 

Ca-na  voici,  j)articnle  démonstrative,  qui  renforce  le  sens 
du  pronom.  Elle  est  formée  du  démonstratif  ca  (§§  135  et 
180)  et  du  sutlixe -na  (s^  114).  La  même  formule  mi  cana  se 
retrouve  plusieurs  fois  dans  la  Toscane  du  Nord  (C.  10,  70,  304). 

LarOial  Numéral  /iée  de  Larthia,  née  de  Numthur .  Au  lieu 
d'iudicjuer  le  nom  de  la  défunte  NumOrei,  on  la  désigne  par  le 
nom  de  son  père  NumOr  et  celui  de  sa  mère  LarOia  (|)0ur  le 
sutlixe  -al,  voir  ij  12!),  w"  \). 

Num6r  est  une  forme  syncopée  pour  Num-6ur,  nom  com- 
posé comme  Lar-Sur  (C.  4484),  Arn-Ôur  (C.  4630),  Vel-Gur 
(C.  4290),  Veleina-eura  (('..  4538),  VelGuri-eura  iV .  2003). 
On  retrouve  le  radical  du  nom  dans  Num-a  (C.  3335)  et  dans 

1.  C.  312  Mi.  hupnina.  LarO.  Acrnis.  LarOial  Felsnal  =  mol  linuiobile  (c'est- 
à-dire  qui  repose  ici)  je  suia  Larlh,  fils  d'Acrni,  né  de  Larihi  Felsna. 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  159 

Num-na  (C.  3325).  Comparer  les  formes  latines  Niima,  Numi-tor 
(Scliulze,  Latent.  Eigennamen,  p,  163). 

Lauci-s,  génitif  de  Lauci,  clépemhmt  de  puil.  Le  gentilice 
Lauci  peut  s'appliquer  indifféremment  à  un  homme  ou  à  une 
femme.  Ici  Lauci  désigne  le  mari  de  Numôrei. 

Puil  bien  aimée  est  une  variante  de  puia  (§  208).  Le  sufExe 
-1  est  le  même  que  dans  avil  (^  177  et  §  109). 


216.  G.  3754  (sur  le  montant  de  la  porte  du  caveau  funéraire 
des  Volumnii)  : 

Arne  Lare  Velimnas  Arzneal  husiur  suGi  acil  hece. 
Appartenant  à  Arnth  <é'/>  Lartli  Velimna,  nés  d'Arzni. 
<Sois>  faible  de  bruit  :  le  tombeau  est  tout  de  suite  en  entrant. 

Aru6,  LarO;  les  deux  prénoms  désignent  deux  personnes 
différentes,  deux  frères,  qui,  selon  toute  vraisemblance,  ont 
fait  creuser  le  caveau  en  commun,  pour  leurs  deux  familles. 

Velimna-s  génitif  de  Velimna.  Pour  les  épitaphes  au  géni- 
tif voir  §  175. 

Arzneal,  nom  de  la  mère,  augmenté  du  suffixe  -al  (§  129, 
n"  1).  Arzneal  est  une  variante  graphique  de  Arznial;  pour 
l'échange  de  Te  et  de  Ti,  voir  §  55.  On  connaît  un  i^entilice 
Arzni  (C.  4173). 

Husiur,  faible  de  bruit.  Le  mot  se  décompose  en  hus  +  i^r. 
Le  radical  hus-  est  apparenté  au  finnois  voh-i-st-  «  gémir,  sou- 
l)irer,  murmurer,  faire  du  bruit  avec  la  bouche  ». 

Pour  Th  initial,  voir  §  74.  Quant  au  radical  iur,  il  est  à 
rapprocher  du  finnois  jor-ri  «  paresseux,  lourdaud,  noncha- 
lant »  ;  joro-  «être  paresseux,  inerte»  (Donner,  1,  p.  105, 
n"  376).  Husiur  exprime  une  idée  analogue  à  celle  do  Sanr 
(cf.  plus  haut  §  195).  C'est  une  invitation  au  silence.  Il  faut 
sous-entendre  le  verbe  «  être  »  à  Timpéralif  (§  161). 

Su0i  acil  hece  te  tombeau  est  à  l'aller  immédiat,  c'est-à-dire 
tout  de  suite  en  entrant.  Pour  le  sens   de  su6i  sépulture,  voir 


160  'IROISIKMH    PAIÎTIE 

§§  189,  190,  192,  193,  19i,  lîMiclc.,.  Acil,  rapide,  immédiat, 
esl  un  adjoclif  se  rapporUinl  à  hece.  Le  sens  se  déduit  de  la 
comparaison  avec  le  finnois  ak-rii  «  viUiémenl,  vil",  précipite  »  ; 
cf.  iih-isli  «  loiil  à  cou[)  »  ;  (ik-illi-nan  «  soudain  »,  t'ik-ki  «  subit  »  ; 
tik-a  «  mouvement  subit,  colèrt?  ».  Dans  ac-il,  la  désinence  -il 
esl  le  suilixe  de  dérivation  nominale  -1,  -il,  qui  existe  dans 
toute  la  famille  ougro-finoise  (Budenz-Simonyi,  p.  295  et  suiv.  ; 
voir  plus  baul  i;  109).  Ac-il  est  l'orme  comme  av-il  (§  177). 

He-ce  (hins  k action  d'aller  {=  (k entrer).  Pour  le  suffixe 
casuel  -ce,  voir  ij  129,  2.  Le  veibe  he  rt//^r  (pour  i"h  initial, 
cf.  §  74j  {!st  peut-être  à  rap[)rocliei'  du  linnois  ve-ta-  «  l'aire 
aller,  conduire  »;  cf.  moidvine  ra-te-  «  conduire  »;  vogoule 
vd-t- «  mettre  un  vêlement  »  (Bndenz,  p.  579,  n"614). 

L'indication  de  la  sépulture  (/ai  se  troave  tout  de  suite  en 
entrant  explique  pourquoi  on  recommande  le  silence.  On  pré- 
vient dès  la  porte  qu'il  n'y  a  pas  de  vestibule.  El  en  effet  le 
caveau  esl  aménagé  de  telle  façon  quimmédialemenl  à  droite 
et  à  gauclie  de  l'entrée  on  trouve  une  niche  funéraire  (Dennis, 
Cities  and  Cemeteries,  II,  p,  438  ;  Martha,  Art  Etrusque,  p.  189). 


217.  F.  Spl.  I,  IO(j  (sur  un  casque)  : 

mi  spural 

Je  <isuis^  provenant  de  la  mêlée. 

Mi,  pronom  de  la  première  personne  (Voir  .^  30,  132).  Dans 
spural  il  y  a  à  dislinguiM-  le  radical  spur  et  le  suffixe  casuel 
-al  (§  129,  1).  Le  radical  spur  peut  èlre  considéré  comme 
l'équivalent  de  *supr(Voir  plus  haut,  i;  49,  n"  2).  Or  un  radi- 
cal analogue  à  *supr  se  retrouve  dans  |)lusieurs  des  langues 
ougro-linnoises  avec  le  sens  de  «  trouble,  mélange,  désordre, 
lumulle,  guerre  »  :  finnois,  sop-o  a  parole  embrouillée  »,  sopp-u 
«  trouble,  désordre,  bredouillement  »  ;  hongrois  hàborù 
«  guerre,  tumulte  »  ;  zy.ùy.r-  ou  zy.ry.r-  <(  mêler,  bouleverseï'  »  ; 
mordvinc  sunihra  «   trouble  »    (^Budenz,  p.    125-127,  n"  153, 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  161 

154  ;  DoiiiiGr,  II,  p.  77,  n"  7G5).  D'après  ces  analogies  on  peut 
iltribuer  à  spur  le  sens  de  mrlée^  bataille,  fjuerve. 

Le  casque  est   im  Irophée  de  li^uerre,   qui   a   été  consacré  à 
quelque  divinité. 


218.  Inscriptions  gravées  en  grosses  letlres  sur  de  grandes 
pierres  qnadrangulaires  provenant  Ion  les  de  la  même  région 
(environs  de  Fiesole)  : 

G.  3.  tular  spural  ainpuratum  visl   v  ej^tatr 

G.  8.  tular.  sp.  a.  vis.  vx-  Au.  Cur.  clt 

G.  4.  tular.  spural.  Au.  Papsinas.  L.  A.  Cursnis.  L. 

Les  trois  textes  se  rapportent  au  même  objet.  Ils  commen- 
cent en  elTet  par  la  même  formule.  Le  second  reproduit  en 
abrégé  une  partie  du  premier  et  présente  un  nom  j)ropre  qui 
figure  dans  le  ti'oisième. 

Tular  spural  la  liinilr  dr  proprirl.é  <es/>  provenant  de  la 
guerre . 

Tul-ar  est  composé  detul  propriété  et  de  ar  limite.  Tul  est 
apparenté  au  hongrois /^/Z-oy-^/c*//  «propre,  particulier»  (Budenz, 
p.  239,  n''2i7;  Donner,  I,  p.  141,  n"  .■')07).  Ar  est  à  rapprocher 
du  linnois  ddr-i  «  bord,  terme,  lin  ». 

Spur-a\  prove/iant  de  la  bataille  ;  cf.  î:^  217.  11  y  a  ellipse  du 
verbe  «  être  »  i:;1Gl).  Il  s'agit,  selon  toute  vi-aisemblance,  de 
boi'nes-lVonliéi'es,  mises  en  [)lace  à  la  suite  d'une  gneri'e  et 
marquant  les  liniilcs  du  territoirtî  con(iuis. 

Ainpuratum,  (danl  remplacé  dans  la  seconde  inscription 
par  rahri'viation  a,  doit  être  consi(I(''r(^  comme  ne  formant 
(|u"un  seul  mot.  11  se  décompose  en  ain  -\-  puratum.  Le  |)re- 
micr  de  CCS  deux  ('N'uicnt^,  ain,  se  raniciu'  à  la  mcmc  racine 
que  le  bongrois  y.j  «sillon,  entaille  »  ;  cf.  ay-a/r  «  lèvre  »  {\iu- 
dcn/,  p.  721,  n"  786)  :  la  désinence  -n  est  le  sulïixe  nominal 
_(^113). 

Quant  à  puratum,  on   peut   lui  attribuer  le  sens  de   ligne, 

11 


162  TUoisiKMK  l'Airrir: 

raie,  Irncc.  C'osl  un  siil)slaQlir  formé  à  Taidc  du  suiïixo  -m 
(§H1)  et  dérivé  du  radical  s'(>rl)al  pura-t-  tracer  les  l'u/nes 
(suffixe -t,  §  87);  cf.  linnois  ftirii  «  lii;n(',  raie  »,  plru-sla- 
((  tracer  des  lignes  ».  Pour  la  voyelle  lliémalique,  voir  î:;  64  U3. 
Ain-puratum  signifie  iK/nc  de  fosse  et  désigne  sans  doute  la 
ligne  de  démarcalion  (fossé  ou  sillon)  qui  constitue  la  frontière. 
La  lin  de  rinsci'iplion  est  d'une  lecture  trop  incertaine  pour 
(ju'on  essaie  de  rinlei'préter. 

La  seconde  inscription  (C.  8)  répcMe  les  mêmes  termes  que 
la  j)remière,  en  y  ajoutant  loulefois  ceci  : 
Au.  Cur.  cit. 

Sur  l'inteiprélation  des  deux  premiers  mots,  il  n'y  a  pas  de 
doute.  Au  est  l'abréviation  oi'dinaire  du  prénom  Aule,  et 
Cur  est  l'abréviation  du  gentilice  Cursni,  qui  se  trouve  dans 
la  troisième  inscription  (G.  4).  La  mention  d'Aule  Cursni, 
dans  la  troisième  inscription,  à  côté  du  nom  d'Aule  Papsina, 
iiionlre  (|u'au  moment  de  l'érection  des  bornes-frontières  les 
deux  personnages  exerçaient  en  commun  des  fonctions  offi- 
cielles et  qu'ils  ont  jtrésidé  à  l'opération,  dont  ils  se  portent 
comme  les  garants. 

Ici  Aule  Papsina  nest  pas  nomun'';  uiais  selon  toute  vrai- 
semblance il  est  indi(iué  |)ar  le  terme  clt,  ([ui  signifie  pro|)re- 
ment /rt/r'/Y//  [ad  latus]  ;  le  mot,  formé  avec  le  suffixe  nominal 
-t  (ij  120),  se  ramène  à  la  même  origine  que  le  finnois  hi'ii-ki 
«  côté»  (Budenz,  p.  *{."»,  n"  41  ).  L'inscription  étant  pres(|ue  tout 
entière  en  abrégé,  il  y  a  lieu  de  penser  (jue  clt  est  aussi  une 
abréviation.  J'enlivndrais  donc  Au.  Cur.  clt  ainsi  :  Aule 
Cursni  <e/>  son  collhjue.  L'indication  est  vague;  mais  il  faut 
considérer  que  l'inscription,  avec  ses  termes  abrégés,  est  sim- 
plement un  ia])pel  d'inscrij)tions  ])lus  explicites. 

La  troisième  borne  (C.  4)  porte,  outre  tular  spural,  les 
noms  d'Aule  Papsina  et  d'Aule  Cursni.  L'abréviation  L. 
(^^LarOali,  (|ni  suit  cbacun  des  deux  noms,  indi([ue  ([ue  l'un 
est  iils  de  Larili  l'tipsina  (d  l'autre  (ils  de  Lurlli  Cursni. 

Les  deux  gentilices,  étant  au  génitif  Papsina-s,  Cursni-s), 
déjjendenl  de  quelque  mot  sous-entendu  [œuvre  ou  Iraeail)» 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  163 

219.  F.  2070  (sur  un  sarcophage)  : 

ArnG.  Xurcles.  Lar6al.  clan.  Ram6as.  Pevtnial.  zilc. 
parais,  amce.  marunuj^.  spurana.  cepen.  tenu,  avils. 
maxs.  semcpalxls.  lupu. 

{Tombeau)  d'Arnth  Khurr/e^  fils  de  Lartli  <zKhuTcle  eV>  de 
Ramtlia  Pevtni.  ■<//  es7>.  tout  à  fait  bon;  dans  la  paix  <^il  est^ 
hors  de  pair  ;  homme  de  guerre  il  est  très  courageux.  Il  meurt 
à  soixante  treize  ans  {?)  d'âge. 

Arn6,  prénom  du  défunt. 

Xurcle-s,  génitif  du  gentilice  Xurcle.  On  a  déjà  rencontré 
un  personnage  de  cette  famille  (i^  180).  Sur  les  épitaphes  au 
génitif  voir  §  175. 

Lar0-al  né  de  Larth,  prénom  du  père. 

Clan//7.v  (voir^  180). 

RamGas  Pevtnial;  il  est  né  d'une  mère  appelée  Pevtni  ayant 
Ramtha  pour  prénom.  Le  prénom  est  pourvu  du  suffixe 
casuel  -s,  (andis  que  le  gentilice  a  le  suffixe  -al;  sur  ce  genre 
de  conslruction  voir  §§  IGO,  180. 

Zilc  parxis,  attribut  d'une  proposition  dont  il  faut  sous- 
entendre  le  sujet  Arnth  Khurcle  et  le  verbe  «  être  »  (§  161). 
Zil-c,  parfait,  est  un  adjectif  employé  adverbialement  avec  le 
sens  de  tout  à  fait.  11  dérive  de  zil  complet  (voir  plus  haut 
§  199  :  zil  eter,  qui  correspond  à  l'expression  zil-c  parxis). 
Dans  zil-c,  le  c  final  est  un  suffixe  de  dérivation  nominale 
très  fréquent  dans  les  langues  ougro-finnoises  (voir  §  100  et 
Budenz-Simonyi,  p.  245  et  suiv.).  Etant  donné  la  permutation 
fréquente  du  c  et  du  x  (voir  §  68),  zil-c  devient  quelquefois 
zil-x,  notamment  dans  le  verbe  zil-x-nu  (F.  I,  387). 

Parxis,  bon,  est  à  rapprocher  du  finnois  pai^a  «  bon  » 
(Buden/.,  p.  543,  n°  571;  cf.  lapon  puore  «  bon»;  mordvine 
para;  tchérémisse  puro).  Dans  par-x-is,  la  désinence  -x-is 
provient  de  la  réunion  de  deux  suffixes  de  dérivation  nominale, 
le  suffixe  -X  ou  -c,  dont  il  vient  d'être  question  à  propos  de 
zil-c,  et  le  suffixe  diminutif  -is,  (§  108),  que  l'on  a  déjà  ren- 
contré dans  Lar-is  (§  179\  sen-is  (§  203),  sex-is  (§211).  La 
réunion  des  deux  mêmes  suffixes  se  retrouve  dans  le   finnois 


Ifi'l  nU)  I  SI  KM  K    l'AlîTlK 

nuuri(-/,--aisr  «  pdil  jeune  liomnic»,  l'ùhi'i-l;-ii'iso,  «  assez  court  » 
(I{ii(li'ii/-Siiiioii\  i,  [1.  2i.-j-24()). 

Amce  marunux,  ^""'"^  'f''  f'f"'  ^If'H'^  l'i'  i>fiii\  se  l'apjx^itc  loii- 
joiii'-^  !iii  niètîic  siijcl  Arn9  Xurcle,  (|iii  dniiiine  loules  les  |»r()- 
[)()sili()n'^.  Am-ce  »'>!  le  -iili^l.iiilif  am  |i()iii\ii  du  sulïixe  casuel 
-ce,  iii(li(]iiiiiil  IV'liil  (liiiis  li'((iiel  ou  se  trouve  (i^  129,  2).  Am, 
repos,  pair,  <'->t  ;i  ia|)|)i'Ocliei'  d'uu  j'adical  *a)ii,  *em,  au(iuel 
Budenz  rappoilc  uue  svv'\o.  de  uiots  ou^ro  liuuois  exprimant 
l'id(M'  (le  (I  arièl,  repos,  installation,  étajjlisseiuent  »;  cf.  osliak 
otti-is-  a  s'asseoir  »,  oin-U-  «  établir  »  ;  tchérémisse  om-a/d,  ani- 
as  «  hutte,  ca])anc  »  ;  mordviue  î(f//(/  «  champ,  pièce  de  terre, 
viliaf^e  »  (Hudenz,  p.  873,  ii"  07-]).  Phisieurs  textes  nous  font 
connaître  nu  verbe  am-a  am-e  «  s'arrêter,  se  reposer  » 
(C.  45.38;KraII.  VII.  li;  VIII,  (i,  8:  \,  :5,  5,  9,  14). 

Marunujf  se  décompose  en  maru  +  nux*  13ans  maru  il  y 
a  lidi-e  de  //tcsurcr  ;  cf.  houj^rois  ///rr-  -  mesurer  »  (Hudenz, 
p.  GI7,  n"  G.j7).  Quant  à  nux,  il  f'st  a|tparent('  à  une  série  de 
mots  ou^ro-liunois  exprimant  Ions  lidf'c  diine  chose  r/i/i 
dépasse  :  finnois  noL-ha  "  cliose  (|ui  lait  saillie,  bec  pointu  », 
nok-o  ((  saillant  >»  ;  osliak  nok,  no/  «  en  haul,  au-dessus  », 
luj-f  «  partie  supi-rieure  »;  vog. //oy,  mnr/,  iio)^/  «  au-dessus  » 
Donner,  III,  p.  7,  n"  8().'{).  Maru-nux  signilie  donc  (fu'i  passe 
inensuralion^   e.rtraonl maire. 

220.  Spurana  cepen  tenu,  proposition  dont  le  verbe  est 
tenu  et  dont  le  sujet  est  toujours  ArnG  Xurcle.  De  tenu  on 
peu!  rappiocher  les  mois  linuois  tan-i-a  «  fort,  roid(>  »  ;  taiii- 
kka  ((  fort,  ferme  »;  l<'it-u  «  loj'ce,  aciivile  »;  Icn-a  «  résis- 
tance »  (DoniUM',  I,  p.  li'{,  n"  "iltr.  De  là,  poui'  tenu,  le  sens 
de  Hre  jorL.,  rire  eouratp'ii.r . 

Cepen  <p-an(li'irienL  IxuuKnap'.  adj(>clir  pris  adverbialement. 
Au  premier  aljoi'd  on  serait  lenh'  de  eonsicb'rer  In  linal  comme 
un  sullixe,  accob'  à  un  radical  *cepe.  Mais  la  forme  verbale 
cepene,  qui  se  lit  dans  la  Momie  d'Aiiram  (Krall,  Vil,  15  , 
im|di(|ue  un  radical  cepen-.  Il  laiil  donc  (K'composer  cepen 
en  cep  -)-  en.  In  thème  voisin  de  en  a  donn{'  en  linuois  <'H-a 
«    plus,   davantage    »   et   en    ostiak    cii-tm-,   aii-in-   «    croître   » 


TEXTES    THADUITS  ET  COMMENTÉS  j  65 

(Biidenz,  p.  883,  n"  989).  Par  analogie,  on  peul  attribuer  à 
en  le  sens  de  cjrand;  c'est  le  mot  que  Ton  retrouve 'dans  av-en- 
ce  à  Vélat  de  grand  d'âge  (§  177).  Quant  à  cep,  c'est  un  mot 
dont  le  sens  propre  est  contenani;  cl",  finnois  kappa  «  bois- 
seau »  ;  hepp-u  «  corbeille  »;  kepp-o  «  lonnelet  »  ;  hongrois 
k(")p-ï(  «  baralle,  ruche  »  (Donner,  I,  p.  79,  n"  279).  Cep-en 
signifie  donc  grand  de  eonfenanf,  c'est-à-dire  grand  de  mesure. 
Le  sens  est  à  peu  près  celui  de  marunux  [§  219). 

Spura-na  est  formé  du  radical  verbal  spur-  mêler  (§  217) 
et  du  suffixe  nominal  -na  (>;  lli).  Le  mot  peut  être  soit  un 
substantif  avec  le  sens  fie  homme  de  guerre^  soit  un  adjectif  pris 
adverbialement  (§  lo6,  1)  avec  le  sens  de  à  la  guerre.  Amce  et 
spurana  semblent  s'opposer  comme  les  deux  termes  de  l'expres- 
sion  latine  domi  militiaeque. 

La  fin  de  l'épitaphe  contient  des  mots  que  nous  avons  déjà 
vus  :  avil-s  génitif  de  avil  âge  (§  178)  et  lupu  //  meurt  ou  // 
est  mort  [^  180). 

Maxs  sem<palxls  indique  l'âge  du  défunt.  Les  nombres  sont 
au  génitif,  suivant  l'usage,  Max  correspond  à  trois  ou  quatre 
[^  140,  141).  Semcpalxl  est  le  multiple  par  dix  Aw  nombre  semcp 
(G.  5092),  qui  représente  ^iept  ou  huit  (voir  §§  143,  144). 


221.  I".  2335=*  (sur  un  sarcophage)  : 

Lare.  ArnGal.  Plecus.  clan.  RamGasc.  Apatrual.  eslz. 
zilaxn6as.  avils.  6unem.  muvalxls.  lupu. 

Larlh,  /ils  (TAruth  Vlceu  et  de  liamlha  Apatrui  <ia  ete'^ 
entre  tous  aecompli.  Il  est  mort  à  près  de  trente  ans. 

Lar6,  prénom  du  dé'fiiiil. 

Arn6al,  né  d'Ami  h,  indique  le  prénom  du  p6re.  Plecu-s 
gf'nilif  (lu  ^oulilice  Plecu,  dépendant  de  clan,  fils  (§  180).  Le 
pr(''uom  Arn6  et  le  gtMitilice  Plecu  sont  [)()urvus  chacun  d'un 
sulli.xc  ciisiK'l  (lidV'rcnl .  Dr  niéiiic  Ram9as  Apatrual.  Sur  cette 
couvliiiclioii   (Tun  usage  fr(''(jueul,  voir  v:;;:^  KiO,  180,  219. 


166  TROISIÈME    PARTIE 

Ram9a-s-c  génitif  (lu  prénom  féminin  Ram0a,  avec  la  par- 
ticule (•(tpulnlive  (§  loi).  Cette  RamGa  est  la  mère  du  défunt. 
Son  sarco[)liago  a  été  retrouvé  à  côté  d(^  cidiii  de  son  fils.  L'épi- 
taphe  (F.  2333")  l'appelle  Ramea  Apatrui  ;iii  lieu  que  l'épi- 
laplic  (lu  (ils  l'appelle  Ramea  Apatru.  (Vest  ([ue  très  fréquem- 
ment, lorsque  le  genlilice  maternel  est  |)0urvu  du  siitlixe  casuci 
-al,  on  se  dispense  de  le  féminiser  par  laddition  d\in  -i  (voir 
§  104).  Ainsi  l'on  a  : 

C.  27r»  :  V.  Lecne.  V.  Sesctnal  =  Vel  Lecnp,  /ils  (h  Vol 
<^tH  (ïiine  mèrr^  Scsclnfi. 

Or  la  mère  s'iippelle  Sesctnei  comme  le  prouve  sonépilaphe 
(C.  27o)  :  Oanxuvil.  Sesctnei.  Lecnesa^^  T/ianak/mi/ Sesctnei , 
femme  Lecne. 

G.  1086  :  Arnt.  Marcni.  Fremrnal  =  Arnt  Marcni  <.fils 
d'une  77ière^>  l-'remoia. 

C.  1087  :  Arnt.  Marcni.  Zixnal  =  Ami  Marcni  <ifds  d'une 
mère  VÀkJina^. 

Or  les  deux  mères,  dont  les  épitaphes  ont  élé  retrouvées  dans 
la  même  sépullure  (lue  celles  des  fils,  s-appellent  OanaFremr- 
nei(C.  1088)  el  Oana  Zixnei  (C.  1090). 

C.  1262  :  Vel.  Hele.  Capnal  =  VelUele  <fils  d'wie>  Capna. 
Or  l'épitnphe  de  la  mère  ((].  1261)  donne  le  nom  de  Gania  Cap- 
nei. 

C.  1500  :  LarOia.  Vecui.  Alfnal  ^  Larlhia  Vecui  fille  dune 
Alfna. 

Or  l'épitaphe  de  la  mère  ((!).  1501)  donne  le  nom  de  Alfni. 

222.  Eslz  zilaxn0as,  allrihut  de  Lare,  avecelli|)se  du  verbe 
«  èti'e  •>(>;.   161  ). 

Esl-z,  uniquement,  particulii'remrnt,  entre  tons,  est  un 
adverbe  dérive^  du  nom  de  nombre  esl  ou  esal,  un,  premier 
(§  142).  Lit  désinence  -z  esl  un  sullixe  adverbial  (§  136,  3),  que 
l'on  retrouve  dans  te-z  ici  (§  193). 

Zilaxn-Sas  étant  accompli,  adjectif  (voir  i<  121)  dérivé  du 
verbe  zilaxn- ;  v{.  F.  2033  zilaxn-u  ;  F.  2037,  2059  zilaxnu- 
ce.  Le  verbe  zilaxn-  (b-rivc  lui-même  de  Tadjectif  zilx  ou  zilc 
complet  (voir  i;  21 8  i,  à  laidi*  du  sullixe  -n  (§  84). 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  167 

Avil-s,  génitif  de  avil  âge  ;  voir  §  177. 

0unem  muvalxls  à  trente  <ian<i'>  presque.  Muvalxl  est  le 
mulliple  de  max  trois  ow.  quatre  [%  144).  Quant  à  eunem,  bien 
qu'on  le  renconlre  associé  à  des  noms  de  nombre  (Krall,  XI, 
17  ;  XII,  10),  bien  qu'il  se  présente  avec  une  désinence  -em 
qui  se  retrouve  dans  les  formes  numérales  esl-em,  ci-em  (voir 
§  145),  je  ne  crois  pas  que  ce  soit  un  nom  de  nombre.  Si  l'on  a 
en  elTet  un  nombre  6u  (§  141  \  on  n'a  pas  de  nombre  ôun.  Le 
thème  Bun  est  vraisemblablement  le  même  que  celui  qui  a 
formé  eun-z  (F.  I,  387  .  Gun-xers  (Krall,  VI,  7),  eun-x^lem 
(Krall,  XII,  3),  Gun-xul^e  i^C.  4o38!.  Il  esta  rapprocher  du  fin- 
nois Iiuono  V.  mauvais,  maigre,  faible,  infirme»;  esthonien  hùn 
«  maigre  »  ;  zyrénien  cîn-  «  décroître  »  ;  hongrois  cun-  «  lan- 
guir »  (Budenz,  p.  30,  n°  409  ;  Donner,  II,  p.  49,  n"  726).  L'idée 
qui  s'attache  à  ce  radical  est  celle  d'une  ehose  petite,  de  peu  de 
chose.  Pour  le  6  initial,  voir  î;  71 .  0un-em,  se  trouvant  construit 
d(*  la  même  façon  que  les  noms  de  nombre  esl-em,  ci-em,  doit 
être  interprété  de  même.  Or  les  formes  numérales  esl-em,  ci- 
em  indiquent  une  quantité  à  soustraire  (§  145).  Ciem.  signifiant 
défectueux  de  deux,  6un-em  signifie  défectueux  de  peu.,  c'est- 
à-dire  presque.,  environ. 

Lupu  il  est  mort\  voir  §  181. 


223.  F.  807    sur  la  panse  d'un  vase  de  bronze)  : 

mi.  marisl.  far6.  siansl.  leimi. 

Moi,  je éi  ce) té  du  patron  très  misérable.  ■ 

Mi ///'>/;  voir  §§30  et  132. 
Marisl  qrandement  de  mesure  c'est-à-dire  beaucoup,  très.  Le 
mot  est  composé  de  mar  mesure,  que  l'on  a  déjà  rencontré 
dans  maru-nux //'>/■"'  'I''  mesure  (§  210),  et  de  is  grand;  cf.  fin- 
nois iso  «  grand  »,  vogouie  is  «  âgé,  grand  (d'âge)  »  (Budenz, 
p.  8o0,  n'^  952).  L'addition  du  sulfixe  casuel  -1  (§  129,  4)  trans- 
forme on  un  adverbe  ;§  156,   2    l'adjectif  mar-is.   connu  par 


IG8  THOISIÈMK    PAHTIE 

(rjiuires  loxlcs  (F.  480,  20î)l,  21  il).  Do  môme,  en  linnois  lo 
siillixe  casiicl  -Ha  ou  -////  l'orme  les  ailvcrhes  hiii-llii  «  ici  »,  l'tkc- 
Un  «  auprès  »  avec  les  adjcclils  laii  «  celui-ci  »,  ///•/  v  ])iochc  ». 
L'adverije  mar-isljouc  l'otlico  d'une  |)arlicule  superlalive. 

Far9,  piloi/dhlc,  objet,  de  piiir,  inisérahlr,  est  à  rapprocher  du 
liuuois  j)(u'-l;a  «  miséi-able  »  ;  cl.  Iiougrois  fnr-y.d-  «  peiner  )>, 
I^i'siillixe  -6  esl  un  sullixe  de  dérivalion  nominale  (§  120). 
L'adjeclil' far6  (|uali(ie  le  subslanlil"  sians-1,  qui  siiil.  L'épi- 
tlièle  de  misnuihlc  s'applique  au  mori,  désormais  j)rivé  de 
foules  les  joies  de  la  vie. 

Siansl,  près  du  patron;  le  sulTixe  -1  exprime  la  relation  de 
voisinage  (voir  §  129,  4),  comme  le  suffixe  -lia,  -lia  du  finnois. 
Dans  sians  on  reconnail  le  sullixe  de  dérivation  -ns  (i^  113) 
([ui  s'observe  dans  Fuflu-ns  (F.  2468;  2301),  SeGla-ns  (F.  439; 
2492),  Neôu-ns  (F.  2097);  un  thème  analogue  à*siase  retrouve 
dans  le  finnois  sdi-ià-,  saii-lii  a  être  garanti,  protégé  »;  cf. 
zyrénien  saj-e-  «  protéger  »  ;  ersa-mordvine  saj-e-  «  prendre  »  ; 
osliak  saj-la-  «  protéger  »  (Donner,  II,  p.  91,  n"  780). 

Le  dernier  mot  du  lexle  n'est  pas  dune  lecture  cei'lainc. 
L'idée  de  repos  est  suggérc'e  |)ai'  le  llièmc  lei  (§  183). 

Le  vase  <|ui  [)orte  cette  insci'i|>lion  élait  ou  bien  une  offrande 
funéraire  l'aile  par  nu  esclave  à  son  maili'o,  ou  bien  l'urne 
mAmc  (|ui  contenait  les  cendres  de  l'esclave  enseveli  pi'ès  de 
son  ma  lire. 


224.  ('.  .'{910  (sur  une  urne  funéraire)  : 

Afli.  HustnaL  sex-  far0ana. 

.1///,  /ilh'  née  de.  Ihistiia  <:ie-st.'^  une  chose  misérable. 

Afli,  l'orme  féminisée  (^  104)  du  genlilice  Afle  (c.  3906-3914). 

Hustnal  née  de  llustna  dc'signe  l'ascendance  maternelle, 
puis(|ii('  le  nom  de  Afli  r;i|)|)elle  l'ascendance  paternelle.  La 
mère  s"aj)pelait  en  clfel  Hustnei,  comme  h^.  prouve  son  é|)i- 
lapbe  ((;.  3908).  Sur  la  iiou-rcminisalion  du  gcntilice  maternel 
pouivu  de  -al,  voir  §  221. 


TEXTES    TUADLITS   ET   C0M3IENTÉS  169 

Sex  OU  sec,  JlUc,  voii'  |:^  20Î). 

FarQana  chose  misrrablc,  pitoyable,  objet  de  regrets,  proba- 
blenicnt  pour  far8-na,  subslaniif  dérivé  do  farô  de  l'inscription 
précédente  (^  223  ,  à  l'aide  du  suliixe  nominal  -na  (§  114). 
La  même  formule  se  retrouve  sous  la  forme  har6na  (C.  3135). 
Poui-  la  permutation  de  Tf  et  de  l'h.  cf.  Fasntru  (G.  947)  et 
Hasntru  (C.  945,  946),  Fasti  et  Hasti  (Fabrelli,  Glossarium). 


225.  F.  2327"'^''''    sur  un  sarcophag-e)  : 

an.  farônaxe.  Marces.  Tarnes.  RamSesc.  Xaireals  (ligne 
horizontale). 

Ganxvil  Tarnai  (verticalement).  LarG.  Teiniis  (vertica- 
lement). 

Ici  est  misérable  la  fille  de  Marce  Tarne  et  de  Ranithe  Khaire, 
Thanakhvil  Tarnai,  femme  de  Larth  Teinii. 

Sépulture  dune  femme  appelée  Thanakhvil  Tarnai,  fille  de 
Marce  Tarne  et  de  Ramthe  Khaire.  Les  noms  des  parents  occu- 
pent toute  la  ligne  horizontale.  Faute  de  place,  le  nom  de  la 
défunte,  ainsi  que  le  nom  de  son  mari  Larth  Teinii,  ont  été 
inscrits  sur  les  bandes  verticales  du  sarcophage,  à  droite  et 
à  gauche. 

An,  ici,  voir  §§  134  et  195. 

Far0naxe  être  misérable,  être  objet  de  pitié,  verbe  dérivé  de 
radjcrtif  far9na  (ou  farôana  §  224).  Le  sutfixe  -x  est  un  suffixe 
lie  dérivation  verbale,  que  l'on  retrouve  dans  zixn-x-e  (C.  4538); 
voir  i;  80.  Far9naxe  a  pour  sujet  Oanxvil  Tarnai. 

Marce-s  Tarne-s.  génitif  du  prénom  et  du  gentilice  du 
père  de  Oanxvil  Tarnai.  La  forme  ordinaire  est  Tarna,  d'oîi 
le  dérivé  Tarna-i  (voir  i;  104).  Mais  la  permutation  de  l'a  et 
de  l'e  est  fréquente  (voir  §  55).  Le  pronom  et  le  gentilice  sont 
ici  tous  deux  pourvus  du  môme  suffixe  casuel  -s;  la  conslruc- 
ti(jn  la  j)lus  ordinnire  ne  comporte  pas  d'accord  (§  1591.  Même 
observation    à    pro[)Os   du    [)rénom    <'t    {\\\    nom    de    la    mère 


170  TROISIÈMP-    PARTIE 

Ramees-c  Xaireal-s,  (|ni  sont  aussi  tous  les  doux  au  génitif. 

Dans  RamGe-s-c,  le  -c  linal  est  roncliliqiio  copnlntive 
(§  l")4j.  Ram9e  est  une  variaulo  du  pi'énoui  fominin  RamSa; 
de  même  plus  liaiil  Tame  pour  Tarna. 

Xaireal-s,  ii('iiilil'  de  Xaireal.  Lu  mère,  élanl  lillc  de 
Xaire,  aurait  du  s'app(d('r  iM'iiiilirrcmeiil  Xaire-i,  comme  la 
déliuite,  fille  do  Tarne  (Tarna)  s'u})polle  Tarna-i  (§  104). 
Mais  en  tant  (|ue  lille  de  Khairr,  elle  peut  rire  désignée  aussi 
sous  le  nom  de  Xaireal  nn^  de  Khalrc,  le  sul'lixe  -al  marquant 
l'origine  (.^  129,  1).  Xaireal  d<' vient  un  vérilablo  substanlif,  où 
le  suffixe  séparablo  -al  lait  si  bien  corps  avec  le  mot  qu'on  en 
vient  à  pouvoir  ajouter  le  suffixe  casuoi  -s. 

Lar9  Teinii-s  JCmmo  de  Ijirih  Tcinii.  Le  génitif  Teiniis 
indique  la  dépendance  matrimoniale  (§  210).  Remarquer  qu'ici, 
contrairement  à  ce  qui  se  passe  dans  le  reste  de  l'inscription 
et  conformément  à  l'usage  (§  158),  le  prénom  ne  s'accorde  pas 
en  cas  avec  le  gentilicc. 


226.  F.  I,  387  (sur  un  sarcophage)  : 

Tute.  Lare.  anc.  farGnaxe.  Tute.  Arn0als.  lupu.  avils. 
esals.  cezpalxals.  HaSlials.  ravnOu.  zilxnu.  cezpz.  purts- 
vana.  ôunz. 

Tute  <Cfi  cté^  Imi'IIi  cl  iei  [maintenant)  il  est  misrrahle,  Tute. 
La  mort  du  fils  d'Àrnth  <«  été^  à  quatre-vingt  (?)  u)i  <Cans^ 
d'df/e.  Le  fils  d'Hatldia  <ia  /"7r'>-  un  homme  fort,  im  homme 
accompli  ;  huit  (?)  fois  il  a  été  couronné;  <Ccela  est  réduif^ 
à  rien. 

La  l'édaclion  de  cette  épitaplie  est  singulière.  Le  défunt  avait, 
pour  prénom,  Larô  et,  pour  gentilicc.  Tute.  II  nvail  coniuio 
|»èro  un  Arn6  Tute  et  comme  mère  une  Haôlia.  Il  aurai!  dû. 
par  consc([uent,  être  appcb' Larô  Tute  ArnGal  HaGlial.  Mais, 
au  lieu  de  laisser  ainsi  groupés  les  différents  éléments  de  lap- 
pellaliou.  ou  l(>s  a  arbitrairement  séparés.  On  a  employé  tantôt 


TEXTES  TRADUITS   ET    COMMENTÉS  J7l 

l'un,  tantôt  l'aulre,  ici  Tute,  là  Arnôal,  plus  loin  HaGlial. 
Cette  façon  de  procéder,  tout  à  fait  insolite  et  peu  naturelle, 
donne  à  penser  que  le  rédacteur  de  Tépitaphe  a  été  gêné  dans 
l'arrangement  des  mots  par  quelque  contrainte  métrique.  Du 
reste  le  tour  antithétique  de  la  pensée  conviendrait  bien  à 
des  vers. 

Tute,  gentilice,  connu  surtout  sous  la  forme  dérivée  Tut- 
na(C.  2986). 

Le  troisième  mot,  anc,  est  important,  parce  qu'il  permet  de 
retrouver  la  construction.  An-c  est  la  particule  adverbiale  an 
ici  (voir  §§  134,  19o,  225),  avec  Tenclitique  copulative  -c 
(§§  154,  180).  Il  y  a  donc  coordination  de  deux  propositions. 
L'une  est  Tute  LarG  — -  Tute  <ia  été':>  Larth,  avec  ellipse  du 
verbe  «  être  »  (^  161)  ;  l'autre  se  compose  du  verbe  far6naxe 
suivi  du  sujet  Tute.  Pour  le  sens  de  farGnaxe  rire  misérable^ 
voir  l'inscr.  précédente  (§  225). 

227.  Arn8al-s  génitif  de  ArnOal /?^^'  crArnth.  ArnO-al  est, 
à  l'origine,  le  prénom  Arn6  augmenté  du  suffixe  casuel  -al 
(§  129,  1).  Mais  le  mot  se  comporte  comme  un  substantif  dérivé, 
capable  de  prendre,  à  son  tour,  un  suffixe  de  relation  ;  de  môme 
plus  haut  (^  225)  Xaireal.  Le  génitif  Arn9al-s  no  peut  pas 
dépendre  de  Tute,  puisque  Tute  le  précède  et  que,  d'après  les 
règles  de  la  construction  étrusque,  Tute,  s'il  était  déterminé 
par  ArnGal-s,  devrait  venir  après  lui  (§  157).  Arn6al-s  ne  peut 
donc  dépendre  que  du  verbe  lupu  mourir  [^  181),  employé 
substantivement  (5^  151).  Ce  verbe  lupu  est  lui-môme  le  sujet 
d'une  proposition  dont  le  verbe  «  ôfrc  »  est  sous-entendu  (§  161). 
L'a  (tribut  est  l'expression  numérique  avils  esals  cezpalxals 
à  fjuatre-vitujt-un  ans  cVârje. 

Pour  avil-s,  (Tnrjo,  \o\v^  J77. 

Esal-s,  génitif  de  esal  (=^esl),  un,  prruiicr{%  142).  Cezp-al- 
Xal-s,  mulliple  par  10  (^  144)  du  nombre  cezp,  «jui  ligure 
plus  li)iu  sous  la  forme  cezp-z.  Le  nombic  CBzp  est  supé- 
rieur à  six,  |)uisqu'il  ne  ligure  pas  sur  les  (h's  de  Tosca- 
nella  (§  142),  et  il  est  inférieur  à  10,  |»uis(|u'ii  donne  lieu  à 
un  multiple.  On   peut  hésiter  entre  7,  8  et  9.  Mais  en  raison 


\12  THOISlÈ.Mi;    l'AliTIE 

(les  limites  ordinaires   de  la  vie  liiimuino,  9  est  peu  probable. 

Ha9lial-s,  ^eiiilil'  ilo  HaOlial,  //e  (rihithlia,  sorte  de  siibs- 
taiilil  lurmc''  exacbMiieiil  de  la  même  manière  que  Arnôal  voir 
|iliis  liaiil  ArnSal-s  lupu.  HaOlia  on  HaOli  esl  nn  nom  de 
l'emme.  Le  uV'nilif  Ha0lial-S  d(''pend  des  Ircjis  verbes  (|ni 
suiveni,  ravn6u,  zilxnu,  purtsvana,  comme  |)lus  baut, 
Arn0al-S  (b'pendail  de  lupu.  lui  élrns(|ne,  les  ver])es  se  coiu- 
porlenl  soiiNcnl  comnu"  des  subslanlifs    s;  151). 

Rav-n6-u  rtrc  fori^  verbe  déi-ivé  dnn  radical  que  l'on  re- 
lron\e  dans  le  linnois  rap-e-a  «  forl,  solide  »  ;  cf.  rav-e-a 
«  puissant,  violent  »  (Donner,  111,  p.  14.5,  n"  1037).  Le  radical 
rav  esl  augmenté  d'un  snllixe  -n0  (ïj  9)5),  lequel  cori'espond 
au  sutlixe  l'ré(|uenlalil"  -iid  en  usage  dans  [)lusieurs  langues 
ougro-linnoises  (Hudenz-Simonyi,  p.  19  el  suiv.). 

Zilx-n-u,  rire,  acromii/i,  verbe  déi'ivé  de  l'adjectir  zil-x  ou 
zil-c  (?5  218);  cf.  §  222  :  zilax-n-eas. 

228.  Purlsva-n-a,  veihe  dériv('  du  substantif  *purtsva  à 
l'aide  du  sullixe  de  dérivation  verbale  -n  (>;  Hi);  c'est  le  même 
snibxe  qui,  de  zilx,  donne  le  verbe  zilx-n-u.  Le  substantif 
*pur-t-s-va  est  un  dérivé  du  ladical  verbal  pur-t-s-,  lequel 
(b'rive  du  llième  *pur  à  l'aide  de  deux  sulllxes,  le  sullixe  -t 
(§  87)  et  le  sullixe  -s  (^  86).  IVjur  le  sullixe  nominal  -va,  voir 
ij  123.  Le  tlième  *pur  peut  être  ra|)procbé  du  linnois  pi'ir-i 
«  cei'cle,  tour,  enceinte  »  (pour  la  voyelle,  voir  5;  64  La).  De 
là  pour  le  substantif  *pur-t-s-va  le  sens  de  chose  (nd  onlourc, 
couronne,  et  pour  le  verbe  pur-t-s-va-n-a  le  sens  de  être 
couronne.  (iCtte  couronne  rappelle  soit  les  dignités  dont  le 
défunt  avait  été  revêtu,  soil  cerlaim's  r(''comj)enses  militaires, 
analogues  à  celles  (jue  décernaient  les  Momains. 

Cezp-z  sejii  {{)\\  luiil]  fois.  Www  le  nombre  cezp,  voir  §  142. 
La  désinence  -z  est  le  sullixe  adverbial,  ([ue  l'on  a  vu  dans 
esl-z  (55  222:  cf.  i^  156,  3)  el  que  l'on  retrouve  dans  Ôun-z,  le 
deinier  mol  de  l'épitapbe. 

0un-z  peu,  rien,  présente  le  même  radical  (]iu^  9un-em  à 
peu  près  (i;  222).  L'adverbe  6un-Z  doit  êli-e  considi-ré  comme 
l'attribut  de    la  proposition   dont    les    trois   inlinitifs  ravn6u, 


TEXTES    TRADUITS   ET   COMMENTÉS  173 

zilxnu,  purtsvana  roprésonleiiL  le  sujel.  Le  sens  est  :  le  fait 
clêtre  fort,  le  fait  cï rtre  un  homme  accompli,  le  fait  dctre 
huit  fois  couronné  <,est^  peu  de  chose,  c'est-à-dire  tout  cela 
se  réduit  à  rien.  11  est  probable  que  ravn9u  être  fort  se  rap- 
porle  à  la  constitution  physique  et  que  zilxnu  être  accompli 
se  rapporte  aux  qualités  morales. 


229.  F.  I,  388  (sur  un  sarcophage)  : 

Tûtes.  Seere.  LarSal.  clan.  Pumplialx*  Vers,  ^il'x"* 
zilcti.  purtsvavcti.  lupu.  avils.  maxs.  zaGrums. 

<Tombeau'^  de  Tute  Sethre.  fils  de  Larth  <CTute>  et  de  Pum- 
plia....  Il  est  mort  en  passe  de  devenir  accompli,  en  passe  de 
devenir  apte  à  couronne.  <"//  étaif^  à  treize  (2)  ans  d'âge. 

Tute-s,  génitif  de  Tute,  gentilice  du  défunt.  Sur  les  épita- 
phes  au  génitif  voir  i;  175. 

Se0re,  prénom  du  défunt.  Dans  l'usage  ordinaire  le  prénom 
précède  le  gonlilice. 

Lar0-al  né  de  Larth.  Ce  LarG  Tute  est  probablement  celui 
(|ui  l'ait  r(jbjet  de  Tépilaphe  précédente,  §  226. 

Clan  fis,  voirie  180. 

Pumplial-x  né  de  Pumpli  ou  Pumplia.  La  parlicule  copula- 
tine  -c  (voir  i^  \l\'\,  180)  est  ici  un  x-  Les  deux  lettres  pei-muleut 
fréquemment  (>;  08)  :  voir  plus  haut  sec  et  sex  (§  209).  Les  mots 
qui  suivent  Pumplial-x  sont  de  lecture  incertaine. 

Zilc-ti,  purtsva-vc-ti.  Les  deux  mots  sont  pourvus  du  môme 
suffixe,  le  suffixe  casuel  -ti  (5;  129,  n"  10),  qui  signifie  le  hmy  de. 
L'adjectif  zilc  signifiant  parfait,  accompli  (§  218),  zilc-ti  s'in- 
tei'prèle  le  long  du  <^être  on  devenir'^  accompli,  c'est-à-dire 
tandis  (jue  se  jn'(don(je  Faction  de  df^ve/ùr  accompli  ou  en  passe 
de  devenir  accompli.  Dans  purtsvavcti,  si  l'on  fait  abstraction 
du  suffixe  -ti,  il  reste  radjectif  purtsva-vc  apte  à  couronne, 
composé  de  purtsva  couronne  [^  228)  et  d'un  radical  vc  ou 
vac,  ([uc  Ion  retrouve  dans  le  texte  de  la  Momie  d'Agram  sous 


174  TROISIKME    l'AUTlE 

la  forme  vac-1  (Kiall,  III,  15,  16  clc.)  et  qui  signifie  dispos,  apte 
à,  propre  à\  cf.  linnois  uk-i-tia-  «  presser,  stimuler,  exciter  » 
c'est-à-dire  «  rendre  dispos  »;  pour  le  v  initial,  voir  i;  73. 

Le  sons  de  purtsvavcti  est  donc  en  passe  d'<iélre  on  de 
devenir^  apte  à  couronne. 

Lupu  il  est  mort  (§  181). 

Avils  à' âge  (§  177). 

Max-s,  génitif  du  nombre  max  Irais  ou  </uatre  (voir  §  140). 

Za6rum-s,  génitif  du  nomljre  zaOrum  dix  (§  146). 


230.  F.  :205ri  fsur  un  sarcophage)  : 

Ale6nas.  V.  V.  Gelu.  zilaG.  parxis.  zila6.  eterav.  clenar. 
ci.  acnanasa.  vlssi.  zilaxnu.  celusa.  ril.  XXVIII.  papalser. 
acnanasa.  VI.  manim.  arce.  ril.  LXVII. 

Deux  /ils  tout  à  fait  bons,  tout  à  fait  excellents  entouraient 
d'affeciio)i  Vel  Alrihna,  fils  de  !>/;  ils  sont  rapidement  partis. 
L'aîné  (?)  était  u)i  lionune  accompli,  il  avait  ''2S  ans;  le  cadet  (?) 
<iétaU^  un  enfant  à  peim-  nip'  de  (I  ans.  —  <CAletluuC>  rrteurt 
à  67  ans. 

Ale6na-s,  gentilice  au  génitif,  dépendant  du  verbe  6elu. 
Hii  ,1  les  épilaphes  de  plusieurs  des  membres  de  la  famille 
Aleôna,  (pii    avaient    été   ensevelis    dans   la    mémo    sépulture 

(F.  2o:i:;-2069). 

V.  V.  Abréviations  du  prénom  Vel.  Les  deux  sigles  indiquent 
le  prénom  d'Aleôna  et  le  prénom  de  son  père. 

0elu  l'iildurcr  (T aff cdion,  proprcunent  réchaujj cr,  coninuî  le 
latin /o/v'/v.  Cf.  linnois//^'/-//"  «  chaleur,  senliment  ardent  >^./icl~ 
la-  «  être  tendre,  doux,  affectueux,  traiter  avec  indulgence  » 
(Donner,  11,  p.  28,  n''710).  Pour  Téquivalence  du  6  initial  étrus- 
que et  tie  17/  linnois,  voir  i;  71. 

0el-u  est  une  forni(>  simple,  sans  autre  suflixe  ([ue  la  voyelle 
tinale,  cai-aciéristi((ue  d'un  verbe  (^i:;  77.  1  i8).  11  n'y  a  pas  de 
marque  du  pluriel,  preuve  que  le  sujet  clenar  n'est  pas  le  plu- 


TEXTES  THADLITS  ET  COMMENTÉS  175 

riel  do  clen  (=  clan)  fiU  (§  80),  mais  une  sorte  de  collectif  au 
singulier.  La  désinence  -ar,  indiquant  la  collectivité,  est  à  rap- 
procher de  Tostiak  ar-at  «  quantité,  multitude  »,  ar  «  nombreux, 
abondant  »  ;  cf.  vogoule  ar-i  «  nombreux  »  ;  hongrois  ar-di) 
«  forêt  »  (Budenz^  p.  793,  n°  864).  L'emploi  d'un  collectif,  au 
lieu  du  pluriel,  s'observe  dans  quelques  dialectes  ougro-finnois, 
notamment  dans  le  tchérémisse  '  et  le  samoïède  ".  Le  même 
fait  se  remar([ue  dans  les  langues  ouralo-altaïques,  qui,  à  un 
certain  moment  de  leur  évolution,  paraissent  n'avoir  exprimé  le 
pluriel  qu'à  l'aide  de  mots  collectifs  ^ 

231.  Zila0  parxis  zilaG  eterav  tout  à  fait  bons,  tout  à  fait 
excellents,  épithètes  de  clenar.  Les  deux  adjectifs  parxis  et 
eterav  sont  renforcés  chacun  par  un  autre  adjectif,  l'adjectif 
zilaG  parfait^  employé  ici  adverbialement  avec  la  valeur  d'une 
particule  superlative,  comme  dans  l'expression  zil  eter  (§  199) 
et  zilc  parxis  (^J;  219).  Zil-a6  est  un  dérivé  de  zil,  que  l'on  a 
déjà  rencontré  sous  la  forme  zil-at  (5;  206;  pour  la  permutation 
du  t  et  du  9,  voir  §  68).  Dans  zil-aS,  l'a  est  une  voyelle  épen- 
thétique.  La  désinence  9  est  un  suffixe  de  dérivation  nominale 
(§  120i.  Pour  le  sens  de  parxis  bo7i,  voir  §  219. 

Eter-a-v  est  probablement  une  forme  abrégée  de  eterava, 
adjectif  dérivé  du  verbe  etera,  lequel  dérive  lui-même  de  l'ad- 
jectif eter  (v^  199).  La  désinence  -va  est  la  même  que  dans 
purts-va  ^  228),  marunux-va  F.  2056,  2057),  eit-va  (F. 
2056  ,  zusle-va  (Ivrall,  111,  3)  ;  pour  le  sulfixe  -va,  voir  ^  123. 
Au  lieu  de  la  forme  eterav  on  trouve  (F.  L  438)  eterau  ^§  204). 

Acnanasa  vls-si  très  soudainement  partis  c'est-à-dire  morts) 
avec  ellipse  du  verbe  «  être  »  et  ellipse  du  sujet,  lequel  ne  peut- 
être  que  le  sujet  du  premier  verbe,  c'est-à-dire  clenar  ci. 

1.  Boller,  SUziuifjsberlchle  d.  K.  Académie  der  Wissensch.  (Wieii  ,  XII,  p.  141. 

2.  Castrén,  Gvamm.  Samoiède,  p.  107. 

3.  Grunzel,  Enlwurf  eincr  verr/leich.  Gvammalik  der  nUaischen  Sprac/ieii 
(Leipzif,'.  lS9;j),  p.  48:  Die  allcreint'achstc  unci  primitlvstc  Art  dor  Pluralbezei- 
clinung  ist  oline  Zweitel  die  syntaclischo  dui-cli  Doppelsolzuiig,  w'u-  \\\r  sie  noch 
iin  Japanischeii,  Maiiiisciiuischeii  und  Moiigoiischeii  anU-etl'eii.  Eiacn  weiteren 
Soliritt  macht  die  Sprache  durcli  Vorselzcn  eiiies  Wortes  der  Vielheit,  spuler 
durch  Xacliselzen  eines  Saminelworles. 


176  TUOisiKMi;  l'AiiTii': 

Acnanasa  Irrs soialdincnifnl ,  dussihU,  pi'ojiromonl  iji-und  de 
soii(/iiini'l('\  iidjcclir  ('iii|)loy(!  coin  nie  aïKcrhc  dovaiil  vlssi 
(s;  loG,  1).  Ac-n-an-a-sa  so  décoinposo  en  ac-n  +  an-a-sa. 
Le  radical  vorhal  ac-n-,  formé  avec  lo  sujlixe  de  dérivation  -n 
(5;  84)  se  ramène  au  llième  ac,  déjà  vu  dans  ac-il  (s;  210)  et  (|ui 
cx|)iiine  une  idée  de /Y//7/r//7r'.  An-a-sa,  ad  jecliF  foi  nié  avec  le 
sutCxe  nominal  -sa  '  >;  I  IS\  dérive  du  vei'be  *an-a  ^'/r^  (/rinul; 
cf.   finnois  «/</  «  beaucoup,  loul  à  fait  ». 

Vls-si,  vers  lo  {Jcliors^  esl  l'adjectif  vis,  augmenté  du  sullixe 
casuel  -si,  qui  mar(]ne  le  poinl  d'ari'ivée(§  129,  9).  Si  de  lad- 
jeclif  vl-s  on  relire  le  sullixe  di»  (h'rivalion  nominale  -s  (>;  H7), 
il  reste  un  radical  vl-,  phonétiquement  identique  (i;'  73)  à  celui 
qui  a  formé  le  linnois  id-ko-  «  au  delioi's,  an  loin  »  ;  cf.  ul- 
os,    (»  vers  le  dehors   »  ;    iilo-  <(  s"eii  aller,  partir  ». 

232.  Zilaxnu  riro  acconiiiri,  est  le  mèmeverlx^  que  zilxnu 
(§227);  la  est  épenihélique,  comme  dans  le  zilaO  i^  231). 
Zilaxnu  ne  peut  avoir  pour  sujet  (jue  la  personne  désignée  j)ai' 
celusa,  hujuelle  avait  28  ans,  ril  XXVIII  (sur  le  sens  de  ril, 
voir»:;  17G\  Celusa  nest  pas  un  nom  [iropre  :  c'est  probable- 
ment un  terme  iinliipiant  Tordre  de  la  naissance.  On  peut  le 
rapprocher  du  hongrois /v/7-  «  aller,  se  mouvoir,  commencera 
se  mouvoii'  ».  d'ofi  Lt'il-t-  «  faire  lever  »  et  l;iil-al  v  lever  du 
soleil  »  (Pmdenz,  p.  13,  n"  17;  Donner,  I.  j).  G.'!.  ir2l(>-217). 
Le  mol  s'ap|)li(]nerail  à  laîné,  c'est-à-dire  à  celui  des  enfants 
avec  lequel  commence  la  nouvelle  g('' m'' ration,  l^a  désinence 
nominale  -sa  est  la  même  ([ue  dans  acnana-sa. 

A  celusa  paraît  s'opposer  papalser,  mot  composi-  de  "^d,^- 
2\  nr  (le  papa,  c'est-à-dire  r/z/r////,  brbr,  et  de  ser  ( iirri ,  (inidiir 
(voii-  plus  haut  i:;  213).  Papalser  di'signerail  le  petit  dernier,  le 
bfMijamin  de  la  famille.  Le  mot  est  le  sujet  d'une  proposition 
dont  le  verbe  «  èlre  »  esl  sous  entendu  el  ipii  a  pour  atlribut 
acnanasa  "VI  manim.  Dans  l'expi-ession  acnanasa  VI  manim 
on  reli-ouve  l'adjeclil'  ou  adverbe  acnanasa  aussitùt  (§  23J), 
qui  évidemment  porte  sur  le  chiIVre  VI.  Ce  chilTre  suppose  le 
motril  année  sous-entendu.  Le  sens  estdonc  aussitôt  <Cùfjcdo~:> 
6  <Cans^  ou  àju'i/ir  àijv  drd  ans.  Ouant  à  manim  iictit  enfant 


TEXTES   TKADLITS   ET   COMMENTÉS  177 

c'est  un  dérivé  de  Fadjeclir  uxam  peut  déjà  vu  plus  haut  (§  21  j). 
La  désinence  -im  est  la  forme  vocalisée  d'un  suffixe  diminutif 
-m  (§  112)  que  Ton  retrouve  dans  le  finnois  ohi-me  a  tempe  » 
[oJii  «  côté  »),  dans  le  vogoule  naur-em  «  enfant  »  [n'aur 
«  poulain  »),  kaj-m  «  petit  homme  »  [kitj  «  mâle  »),  dans  le 
liongrois  f/âr-m-ak «^  enfant  »  [r/'or-âk»  enfant  »).  YoirBudenz- 
Simonyi,  p.  249-251. 

Les  derniers  mots  de  Tépitaphe  arce  ril  LXVII,  à  la  fin 
67  ans,  ne  peuvent  se  rapporter  qu'à  Vel  Aleôna,  le  père  des 
deux  fils  mentionnés  ci-dessus,  et  dont  le  nom  est  en  vedette  au 
début  de  l'inscription.  C'est  lui  qui  sans  doute  avait  fait  amé- 
nager la  sépulture  de  ses  enfants  et  rédigé  l'épi taphe.  Lui  mort 
et  enseveli  dans  le  même  tombeau,  on  a  ajouté  après  coup  les 
derniers  mots  à  la  fin  (c'est-à-dire  à  sa  mort)  il  <iétait  dgé^ 
de  67  ans. 

Ar-ce  à  la  /in  est  le  substantif  ar,  poui-vu  du  suffixe  casuel 
-ce  (§  129,  2).  Ar  est  à  rapprocher  du  finnois  àari  «  margelle, 
limite,  bord,  terme  ».  Cf.  tul-ar  (§.  218j. 


233.  F.  20o6  (sur  un  sarcophage)  : 

Arne.  AleGnas.  Ar.  clan.  ril.  XXXXIII.  eitva.  tamera. 
sarvenas.  clenar.  zal.  arce.  acnanasa.  zilc.  marunuxva. 
tenOas.  eOL  matu.  manimeri. 

<^Toniùeau^  (TAnitlt  Aletitna,  fis  dArnlli;  /,>  ans.  'renible- 
ment  <ile~^  frappe  le  destin  :  <Cses\;>  f/uatre  /ils  <^ét(int^ 
morts.,  tout  d'abord  il  <^esty^  tout  à  fait  extraordinairement 
courageux.  A  la  longue  le  fait  d^ être  sevré  d'enfants  le  fait 
mourir. 

ArnG  Ale0nas,  épilaphc  au  génitif  (§  ITo);  le  prénom  n'est 
pas  accordé  avec  le  gentilicc  (§  159). 

Ar,  abréviation  de  Arn-9,  prénom  paternel. 

Clan //A- ;  voir  §  18U. 

ril  an  ;  voir  §  176. 


li 


178  TliOISIÈMi:    l'AliTlE 

Eit-va  terrible,  adjoclif  C'iii[)loyc  a(l\  ci'hialcnicnt  J;;  lo6,  1), 
se  rapportant  au  vei'be  tamera.  Dans  le  mk»!  ei-t-va,  le  radi- 
cal ei  est  j)(»iirvu  (le  deux  sullixes  de  cli'rivalion  :  ï"  le  sutDxe 
verbal  -t  (v;  87  ,  (jHi  dans  les  langues  ougro-linnoises  a  souvent 
un  sens  faclilir  (Hudenz-Simonyi,  p.  79etsuiv.);  2"  le  suffixe 
nominal  -va  (§  123).  Pour  le  sens  de  ei-t-  eff'rai/er,  cf.  hon- 
grois ij-iid-  «  être  ellVayé  »,  [/-on  «  lorril)le  »  ;  linnois  i-)nelie, 
ili-me  «  (diose  étonnante  »  (Hudenz,  p.  81.'{,  n"  891). 

Tam-e-r-a  attaquer,  assaillir,  frapper,  verbe  formé  avec  le 
suflixc  de  (b'rivalion  verbale  -r  (vj  8oi.  Le  thème  *tain  peut 
être  raj)prochédu  houiirois  tàm-'j.d-  <(  s'élever  contre,  assaillir  » 
(Budenz,  p.  17G,  n"  49G). 

Sarvenas  destin,  sujet  de  tamera.  Le  mot  est  un  substantif 
en  -as  ',s5  99 1.  (b-i-ivé  du  radical  verbal  sarve-n-.  Ce  radical 
verbal  dérive  liii-niéme,  avec  le  suffixe  -n  (§  84),  de  ladjeclif 
sar-ve,  lequel  est  l'orme  avec  le  suffixe  nominal  -va,  -ve 
(ii!  123)  et  se  ramène  au  thème  *sar.  INjur  le  sens,  cf.  hongrois 
A7//'«  ordre,  séi'ie  »  ;  eslhonien  .sy/'-c/,  «  mettre  en  ordre  ;)  (Hudenz, 
p.  293,  n"  294;  Donner,  1,  p.  184,  n"  Go2).  Sarvenas  signifie 
propremen t  ordonnance,  disposition. 

Clen-ar  ensemble  de  /ils.  mot  collcclif  (j^  230). 

Zal  '/uafre  (?),  voir  i^    140. 

Clenar  zal  est  le  sujet  il  une  proposiliou  subordonnée  dont  le 
verbe  «  être  »  est  sous  ciilendu  (i^  101);  ar-ce  à  la  jin,  à  la 
mort  {§  232)  fait  l'office  d'attribut.  Le  suffixe  casuel  -ce  (§  129, 
2)  marque  la  subordinafiim  de  la  proposition  à  la  proposition 
principale  (^^  163,  104).  Le  sens  est  les  (jualre  fils  <étani> 
morts. 

Dans  la  proposiliou  |)rincipal('  acnanasa  zilc  marunuxva 
ten6as,  Ions  les  mots,  sauf  tenSas,  sont  connus. 

Acnanasa,  c'est  l'adverbe  aassitôt,  tout  de  suite,  d'idiord 
(voir  §s;  231,  232).  Zilc,  c'est  l'adjecl if  nnnplet,  parfait  employé 
adverbialement,  et  (jui  donne  une  \aleui'  su|)erlative  au  mot 
(juile  suit  (i;218).  Marunuxva,  adjectif  employé  adverbialement 
(i:^  loO),  est  un  dérivé  de  l'adjectif  marunux  liors  de  mesure 
(§  219).  Pour  le  suffixe  nominal  -va,  voir  §J;  123  et  231 . 


TEXTES    TRADUITS  ET  COMMENTÉS  J79 

Ten-6as  courageux,  fort^  est  un  adjectif  dérivé  du  verbe 
ten-u  être  fort,  courageux  (§  220).  Le  suffixe  -Sas  est  le  même 
(§  121)  que  dans  zilaxii-9as  (§  222). 

Ee-1  à  la  longue,  adjectif  employé  adverbialement.  Il  y  a  à 
distinguer  le  radical  e9  et  le  suffixe  nominal  -1,  que  Ton  a 
vu  dans  tuz-1  (§  201  ;  cf.  §  109).  Le  thème  e9  est  apparenté  au 
hongrois  idô,  «  temps,  âge,  durée  »  ;  pour  la  voyelle  théma- 
tique, voir  §  62  E  2.  On  retrouve  le  même  thème  dans  le 
verbe  e6-rse  attendre  (Krall,  lY,  2;  Y,  4,  etc.). 

Matu /«//■(? />«?V<>  et  par  suite  faire  mourir.  Cf.  finnois  rnat- 
ka  «  voyage  »  (Budenz,  p.  632,  n°  679);  matu  a  pour  sujet  le 
verbe  manimeri  employé  substantivement  (§  loi). 

Manim-eri  être  sevré  d'enfants  se  compose  de  manim  enfant 
(voir  plus  haut  §  232)  et  de  eri  être  séparé,  être  sevré;  cf.  fin- 
nois eri  «  séparé,  disjoint  »,  er-akko  «  endroit  écarté,  soli- 
taire »,  eri-t-  «  être  séparé  »,  ero  «  départ  »,  erà  ((  endroit 
éloigné  ». 


234.  F.  2037  et  F,  III,  329  (copie  rectifiée),  sur  un  sarco- 
phnge  : 

I^AleÔna...  ArnSal.  cla'n".  Ganxvilusc.  Ruvfial.  zilax**** 
spure0i.  apasi.  svalas.  marunuxva.  cepen.  tenu,  eprônevc. 
eslz 

Aletlina,  fils  dArntJi  et  de  Thanakiivil  Ruvfi  <«  ^7e>  un 
homme  accompli  [?).  La  bataille  étant  venue  à  être  compromise, 
il  a  été,  absolument  au  delà  de  toute  mesure,  très  courageux  et.., 

La    restitution  du  nom   propre  Ale6na  n'est  pas   douteuse. 

Le  sarcophage  provient  en  effet  de  la  sépulture  des  AleGna 
(Fabretti,  .suppl,  III,  p.  119-128);  la  mère  du  défunt,  Oanaxvil 
Ruvfi,  est  mentionnée  ailleurs  comme  étant  la  femme  d'un 
Ale0na  F.  III,  333  et  la  mère  d'un  Lar6  AleGna,  fils  d'ArnB 
(F.  332  . 

ArnOal.  prénom  du  père,  avec  le  suffixe  de  provenance  -al 
(§  129,  1). 


180  riioisii'cMi;   l'Aiiiii; 

clan  /i/si^  180). 

0anj(Vilus-c  Ruvfial  ^/  (/r  TliaïKi/.Ini/  lînr/i.  Pour  Ja  parli- 
ciilc  copuhilivc  -Cj^voir  t^i;  UJi  el  180.  0anxvil-us  esl  1(^  géni- 
lifdo  Oanxvil  .i;  I80\  l'onr  la  coii^lriiclion  Oan^vilus  Ruvfial, 
voir  si  KiO;  v\.  ^  180  Oan^vilus  Graciai. 

Zilax**'  Lii  rcsliliiUon  est  incorlaine.  Mais  lo  sens  i\{'  jx-rfpc- 
lion  lésnltc  du  radical  zil,  (jiic  l'on  a  di-jà  ronnoniré  pliisioiirs 
fois  (?;?^  199,  200,  23r. 

Spure-9i,  sultslaiilif  foriiK;  comnio  su-Gi  (i;  189i.  avec  lo 
sullixe  iioiniiial  -61  (§  122).  Il  dérive  du  verbe  spure-  iiiHer\ 
cl",  spur-  al  (i;  217).  Le  sens  païaîl  èlre  lialalUc 

Apa-si  esl  le  v(Ml)e  apa,  rti'c  tnccvlaln^  vire  mauvais^  pourvu 
du  sullixe  casuel  -si  (^  129,  7i,  (jui  niai(|ue  le. point  d'arrivée. 
Apa  (cf.  Capoue  I.  8  ap)  peu!  èlre  rapproché  du  finnois  epa 
«  ineei'lain,  douleux  »,  <'j)i-  «  douler,  liésiler,  èlre  inceilain  ». 
L'expressidH  spure0i  apasi  est  une  pro[)osilion  circonslan- 
ciellc  (jui  signifie  In  halmllc  <.(''la)it.  rr/t/fry-  à  rtr('  incertahiP. 
235.  La  proposition  principale  est  cepen  tenu,  il  a  été 
f/randfiiipnl  coHrcujru.r;  sui-  relie  ex|ti'ession,  voir  s;  220.  Les 
mois  svalas  marunu^va  renforceni  le  sens  de  cepen  yrc?//- 
(lonit'iil,  (le  la  même  manière  (inOn  a  an  i;  2X\  zilc  maru- 
nu^va  reul'oi'(;ant  le  sens  de  tenOas.  (le  sont  deux  adjectifs 
pris  adverbialement  ;  ils  constituent  une  de  ces  formules  super- 
latives (|ui  sont  familières  à  la  langue  élrus([ue. 

Sva-l-as  se  i;unène  à  uu  radical  *sva  aj)parenté  au  finnois 
sepi-,  si'p<i-^  si'v'i-,  scrii-  «  cnvelop[)er,  embrasser,  faire  le  tour  » 
(Donner,  II,  p.  70,  n"  757).  De  *sva  on  a  un  dérivé,  le  substan- 
tif S\a-1  <'irc(invi)lurKin,  four  roinp/d,  chose  révolue  et  com- 
plète, ([iii  ligure  avec  le  sulbxe  casuel  -ce  (s^  129,  n"  2),  dans 
plusieurs  formules  funéraires,  pour  niar(|uer  que  le  défunt  a 
tel  âge  révolu,  ciccouipli,  F.  2101  Atnas.  Vel.  Larôal,  clan, 
svalce.  avil.  LXIII  r---  ]'el  At/in,  fih  né  de  Larth.  Aye  révolu 
(pro|»r('nu'nl  (}<p'  éi  l'élut  de  chose  révolue)  :  OS  <^ans'^. 

Au  subslanlif  sval  se  rattache  le  verbe  sval-a,  faire  le  tour, 
enihru'tser  couiplèiemeut,  ((ue  Ton  Irouve  avec  le  suffixe  -si 
(§    129,    n"  9)    dans    linscription   F.    111,    330.  11  y  esl  dit  du 


TEXTES   TRADUITS   ET    COMMENTÉS  181 

défunt  qu'il  a  éto  en  ctat  de  perfection,  zilaxnu-ce  (cf.  §  222, 
zilaxn-0as;  s;  227  :  zilxnu  (4  le  lernio  zilaxnuce  est  immédia- 
tcinent  préc(;dé  d(3  svala-si,  qui  évidemment  le  complète.  La 
formule^  svala-si  zilaxnuce  signifie  en  état  de  perfection  jits- 
quau  tour  complet,  c'est-à-dire  en  état  de  perfection  récolue^ 
achevée,  absolue.  L'adjectif  ou  substantif  verbal  sval-as  (§  99) 
a  sans  doute  un  sens  analogue  et  devant  marunuxva  doit  avoir 
la  valeur  d'un  adverbe  signifiant  absolument.  Pou.r  le  sens  de 
marunuxva,  au-dessus  de  mesure,  voir  §  233.  La  fin  de  l'ins- 
cription est  trop  mutilée  pour  qu'on  essaie  de  l'interpréter. 

La  particule  copulativc  -c,  qui  terniinc  eprOnev-c  montre 
qu'il  y  avait  encore  une  proposition. 

Esl-z  est  un  mot  que  l'on  a  déjà  rencontré  avec  le  sens  de 
in  priniis  :  cf.  §  222  :  eslz  zilaxnGas. 


236.  Torp,   Vorç/r.  Inschrift  von  Lemnos,  p.  41  : 

Tatlanes.  Lar6.  Velus,  lupu.  avils.  XXX"VI.  maru.  paxa- 
euras.  caOsc.  lupu. 

La  mort  de  VpI  Tatlane,  fils  de  Lartli  <ja  e7e>>  à  l'âge  de 
36  ans  ;  <ice  gui  «>>  mesuré  sa  vie  c'est  la  succession  de  cha- 
grins et  une  mort  volontaire . 

Le  défunt  "Vel  Tatlane  était  fils  de  Lar6  Tatlane  ;  de  là 
l'abréviation  Lar6,  pour  Lar6al,  né  de  Larth.  Contrairement  à 
l'usage  ordinaire,  le  prénom  "Vel  a  été  placé  après  le  gentilice 
Tatlane  (cf.  i^  182).  "Velus  est  pour  "Vel-s  ;  l'u  est  épenthé- 
lique;  cf.  "Velusum.  (§  38),  Oanxvilus  (§  180).  Les  génitifs 
"Velus  Tatlanes  dépendent  du  verbe  lupu,  mourir  (§  181), 
employé  substantivement  (î;  l.-ii^  et  qui  est  le  sujet  de  la  pro- 
position. L'attribut  est  avils  XXXVI.  Il  y  a  ellipse  du  verbe 
"  (Hre  »  (J:;  ICI). 

Après  cette  |)remière  proposition  en  vient  une  autre,  dont  le 
verbe  est  maru  et  (pii  a  deux  sujets,  d'abord  le  subsLantif 
paxaGuras,  ensuite  b'   vci-bi;  lupu  employc;   substantivement 


182  TROISIÈME    PARTIE 

(§  loi)  et  précédé  de  lépithèle  ca6s  avec  lencli  tique  de  coor- 
dination -c  (§J5  454  et  180). 

Le  verbe  maru,  mcsuvpr,  Ibniter,  se  rapporte  à  la  môme 
racine  que  les  adjectifs  mdiT-is  grand  de  inf^surr  (i^  223),  maru- 
nux  au-dessus  de  mesure  [^  219),  et  maru-nuxva  (5;  2\Vâ).  La 
mesure  indiquée  par  maru  a  trait  au  nombre  30,  qui  précède 
immédiatement.  Le  sens  est  :  ce  qui  a  donné  cette  mesure  d\in- 
7iées,  c'est-à-dire  cette  courte  mesure. 

Pax-a-6ur-as  succession  de  char/rins  est  composé  de  pax-a, 
être  ))Hillteureux  et  de  9ur-as  succession.  Le  verbe  pax-a  peut 
être  rapprocbé  du  hongrois  bo.j  a  mal,  déconvenue,  échec  ». 
Quant  à  ôur-as,  substantif  formé  avec  le  suffixe  -as  (§  99),  il 
se  ratlaciie  à  bi  racine  Sur  ligne,  série,  qui  donne  le  prénom 
Vel-Gur  (î^^  182,  237). 

Ca6-S-C  lupu  et  un  mourir  volontaire;  le  chagrin  avait 
poussé  le  malheureux  au  suicide.  Pour  le  sens  de  lupu  voir 
§  180.  Le  c  final  de  ca0-s-c  est  rcnclitique  de  coordination. 
L'adjectif  ca6-s  volontaire,  formé  avec  le  suffixe  nominal  -s 
(§  117),  est  apparenté  au  hongrois  kdd-v  «  envie,  désir  » 
(Kudenz,  p.  9,  n°  14;  Donner,  1,  p.  23,  n°  80). 


237.  F.  TII,  2G7  (sur  un  sarcophage)  : 

Velôur.  Partunus.  Larisalisa.  clan.  RamGas.  Cuclnial. 
zilc.  cexaneri.  tenSas.  avil.  svalOas.  LXXXII. 

Velthur^  /ils  de  Laris  Partunu,  né  de  Jlatnf/ia  Cuclni.  Pou- 
vant défaillir^  <Cil  a  élé>  courageux.  L'âge  -^jUait^  de 
S9  </7/?s>  révolus. 

Velôur,  prénom  familier  à  la  gens  des  Partunu  (§  182). 
Larisalisa  qui  a  la  particularité  d'é/re  un  Larisal,  c'est-«à-dirc 
né  de  Laris.  Sur  cette  forme  d'adjectifs,  voir  s5§  118,  184. 
Lar-is  est  un  diminutif  de  Lar  (§  179). 

Clan//7.s- fî<  180). 

Ram6as  Cuclnial  indique  l'ascendance  maternelle.  RamSa 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  183 

est  un  prénom  féminin  (§  187).  Cuclni  est  un  gentilice  fémi- 
nisé en  i,  que  l'on  a  déjà  rencontré  (§  J82),  à  propos  d'un 
autre  Partunu,  né  d'une  ôanxvil  Cuclni.  Pour  la  construc- 
tion disparate  du  génitif  Ram6a-s  accolé  au  gentilice  Cuclni- 
al,  voir§;^  160,  180. 

Zilc  parfait  [%  218).  Cexa-n-e-ri/?ow  défaillir,  pour  ne  pas 
résister,  verbe  cexa-n-e  (Krall,  VII,  7)  augmenté  du  suffixe 
casuel  -ri  (§  129,  7).  Le  mot  forme,  à  lui  seul,  une  proposition 
finale  dépendant  de  zilc.  Le  sens  est  parfait  pour  défaillir, 
c'est-à-dire  étant  dans  des  conditions  dâr/c  telles  que  la  défail- 
lance était  permise. 

Cexa-n-e,  verbe  formé  à  l'aide  du  suffixe  -n  (§  84),  dérive 
do  cexa  être  faible,  faiblir,  apparenté  au  finnois  keh-no 
«  faible,  mauvais  »  (Budenz,  p.  4.3,  n"  58;  Donner,  I,  p.  34, 
n°  124^. 

Ten-6as  //  a  été  courageux,  forme  une  proposition  indé- 
pendante avec  ellipse  du  verbe  «  être  »  (§  161).  Pour  le  sens, 
cf.  i<  23.3. 

Avil  ràf/e,  sujet  du  verbe  «  être  »  non  exprimé  (§  161). 
Pour  le  sens  de  avil,  cf.  §  177. 

Sval-eas  révolu  est  formé  comme  ten-6as,  zilaxn-6as 
(§  222).  Pour  le  sens,  voir  §  235. 


238.  F.  2339  (inscription  tracée  au  pinceau  sur  la  paroi  d'une 
chambre  funéraire)  : 

Lar8.  Ceisinis.  "Velus,  clan.  cizi.  zilaxnuce.  meani. 
municlee.  meGlm.  nur<pzi.  canBce.  calus'"**  lupu"" 

Larth  Ceinni,  fils  de  Vel.  Il  <^a  été^  en  état  de  perfection 
<icomnie'^  orateur  :  sans  dire  des  paroles  adulatrices,  seul  dans 
l'assemblée  mal  disposée Il  est  mort 

Ceisinis,  génitif  de  Ceisini,  gentilice  dérivé  de  Ceise  ou 
Ceisi  (cf.  Fabretti,  (ilossarinm.  p.  816-817).  Pour  les  épitaphes 
au  génitif,  voir  i^  175. 


18i  TIUlISIK.Mi;    l'AUTlIi 

Velus,  i;'(''iiilil' (In  pii'-noiii  Vel  ;  cf.  >;  236. 

Clan///v.  cf.  .:;  180. 

Zilaxnu-ce  l'ii  rUil  de  prrf'cit'xni .  ('f.  i;?^  222,  227. 

Cizi  cniii pldc  zilaxnuce  d  indhpic  la  nature  ilc  \i\  pfrfrr- 
linii.  Le  mol  esl  à  rapprotluT  ilii  liiiiii»is  /nil-sii-  a  nppolcr  en 
criant,  mmimcr,  citer  en  justice  »  (Donner,  I,  p.  29,  n°  103). 
L'idée  (|ni  domine  est  celle  de  parler  lutitl.  Ciz-i  est  nn  parti- 
cipe en  -i  (sj  lO'J).  On  peu!  lui  ailribner  le  sens  de  parleur, 
oralfiir. 

Meani  on.  suivant  nne  antre  l(>ctnie,  meiani)  est,  comme 
ciz-i,  un  participe  en  -i.  Il  qnnlide  municleG.  Le  verbe 
mea-n-,  formé  à  l'aide  du  sutlixe  -n  (§  Si),  se  ramène  à  un 
thème  *me,  *inei  on  *mi  (sur  la  permutation  de  l'e  et  de  l'i, 
voir  §  y'i),  apparenté  à  celui  ([ni  a  donné  en  finnois  mai-ma 
«  appât  »,  )nai-re  «  doux  »,  niai-r-i-lclla-  «  caresser,  flatter  », 
inni-sfa-  «  i;onter  »,  mai-st-o  «  goût  ».  On  peut  ainsi  attribuera 
mea-n-i  le  sens  de  qui  fltiltc,  adulateur. 

Municl-e9  sy/;^v  dire  des  paroles.  La  désinence  -e6  est  le  suf- 
fixe privatif  (<5  129,  3».  Le  radical  verbal  mun-i-cl-  est  formé  à 
l'aide  du  sufïixe  double  de  dérivation  -cl  (>5  90).  L'i  n'est 
qu'une  voyelle  intercalaire.  Le  thème  *mun  est  celui  que  l'on  a 
déjà  vu  dans  mun-sl-e  parler  (§  200)  ;  cf.  hongrois  nam-d/j.- 
«  dire  »  (Huden/,  p.  628.  n°  668). 

239.  MeGlm  isolé,  seul,  séparé,  adjectif  apparenté  au  hon- 
grois mal-  u  couper  »,  d'où  le  dérivé  ntaf-él-  (lîudenz,  p.  621, 
n"  660),  lequel  présente  exactement  le  même  suffixe  -/,  que 
l'élrnsfine  meG-l  (sur  ce  suffixe,  voir  v>  82).  La  désinence  -m 
est  un  suffixe  de  dérivation  nominale  (cf.  §  lit),  que  l'on 
retrouve  :  dans  le  finnois  anta-tna  «  ciiose  donnée  »,  de  aula- 
«  donner  »  ;  dans  le  mordvine  rano-aïa.  «  protégé  »,  de  rano- 
<(  prot(''ger  »  ;  dans  le  xoliak  pot-eai  i<  passé  »,  de  pot-  «  pas- 
ser »  ;  dans  le  vogoule  âsi-em  •>  terminé  »,  de  àst-  «  finir  " 
(Budcnz-Simonyi.  p.  202  el  suiv.  S/.innyei,  Finuiseh.  v(pr. 
Spraclnr.,  p.  î'i-îl.')). 

Nur-tpz-i  est  un  par! ici pe  en  -i  s^  10.'3),  comme  ciz-i  et 
mean-i.   Le  radical   verbal  nur-cpz-  est  formé  avec  le  suffixe 


TEXTES    ThADUITS   ET  COMMENTÉS  185 

double  -cpz  (§  94),  Le  thème  *nur  peut  être  rapproché  du  fin- 
nois /iiir-i-s,  «  murmurer,  gronder  »  ;  nïir-e-a^  «  découragé, 
abattu  »  ;  iiur-pc-a  «  de  mauvaise  humeur,  désagréable  ». 
Nur-9z-i  peut  s'entendre  mal  disposé. 

Can-9-ce,  dans  rassemblée,  est  qualifié  par  nur-<pz-i.  La 
désinence  est  le  suffixe  casuel  -ce  (§  129,2).  Can  -9  est  formé 
avec  le  suffixe  nominal  -0  (§  120).  Le  thème  *can  est  peut-être 
apparenté  à  celui  qui  a  donné  le  im\\o'\?>  kan-sa  «  peuple,  nation  ». 

La  fin  de  Tépitaphe  est  mutilée.  Il  n'y  a  de  bien  net  que  le 
mot  lupu  //  est  mort  (§  181). 


240.  F.  2333  (sur  le  couvercle  d'un  sarcophage)  : 

Camnas.  Lar6.  LarSals.  Atnalc.  clan,  an  suGi.  lautni 
zivas.  cerixu.  tesamsa.  su0i6.  atrsrc.  escuna  cati  '  su6iti 
munO  zivas  mursl  XX, 

De  Larth  Camna,  fils  de  Larth  et  d'une  Atna,  voici  le  tombeau: 
Affvancld,  circule  paisiblement.  Que  le  fait  de  cesser  de  pleurer 
<Cmit^  à  partir  du  tombeau  et  r/tfun  avis  en  bonne  lumière 
<isoit^  le  long  de  celui-ci  <Cavec  ces  mots  ;>■  que  les  paroles 
dites  le  long  du  tombeau  <Csoient^  paisibles.  W  pièces 
<C.d' amende^. 

Camnas,  génitif  du  gentilice  Camna,  dépendant  de  suGi 
tombeau  (§  189). 

Lar9  LarGals  Atnalc  clan,  nppositions  à  Camnas.  Le 
défunt  a  pour  prénom  Lar9,  lequel  est  ici  placé  après  le  gen- 
tilice (voir  v<  229)  ;  Lar9als  indique  le  prénom  du  père.  Lar- 
9al-s  est  un  adjectif  dérivé  de  LarGal  et  signifie  ayant  la  qua- 
lité de  descendant  de  Larth.  La  désinence  -c  di'  Atnal-c  est 
rcnclilicjuc  de  cooi-dinalion  lïji;  134  et  I80l  Atna  est  le  genti- 
lice de  la  mère  du  défunt. 

Anuo^>^■;  cf.  §§  L34,  195,  225. 

1.  n'apri'S  Danielsson  citt'  par  Turp  {Etvusl;.  neilri"f/e,  l,  p.  31),  il  faudrait  lire 
calti  au  lieu  de  cati. 


186  TKOisiÈMi;   1'\i;tii: 

Avec  lautni  (•oiinm'iiccnl  îles  iceomiiiiiiKlalidns  rjiilcs  ]);ii'  le 
dôriiiil  à  rallViiiiclii.  (|ii('l  (jnil  si»il,  (jiii  pour  des  fiiiK'i'aillos 
iilir-i'iciiios  aura  à  [lénélrer  dans  la  sépulture  de  lu  famille. 

Lautni  a/franchi  (§  I9i).  H  faiil  enlendre  ici  le  mol  comme 
un  vocatif,  parce  que,  précédant  le  verbe  ceri/u,  il  ne  peut 
j)as  en  être  le  sujet  (!:;  1.^)7,5). 

ZivaiS  paisi/j/c,  adjectif  employé  comme  adverbe  (§  156,  1). 
Le  mot  est  apparenté  au  linnois  f/'iv-e-,  Inv-u-  «  être  tranquille, 
silencieux  »;  cf.  osliaU  trv-i'ifi  «  silencieux,  paisible  »  ;  vogonle 
ttir-iint-  <(  dcveuir  silencieux  »  (Huden/,  p.  .364,  n°  385).  Ponr 
r(''(|uivalence  i\n  z  étrnsque  et  du  /  ou^ro-finnois,  cf.  Î5  72. 

Ceri-x-u  ch'cuh'r,  verbe  dérivé  du  tbème  *cer  cercle  (voir 
plus  liant  i;  193  cerinu).  Le  tbème  *cer  donne  cer-x-  (cf.  i:;  80 
pour  le  sulfixe  c  on  x))  d'où  ceri-x-u,  avec  11  intercalaire 
développé  par  le  voisinage  de  la  lifjnido. 

241.  Tesamsa  s  arrêter  de  pleurer  est  composé  de  tes-  pleu- 
re/' al  de  amsa  s'arrêter. *Tqs,  ([ue  Ton  retrouvera  plus  loin  sous 
les  formes  tes-im  (i^  345  bis),  tes-n-e  (^  317),  tes-nst-eis 
(§  311),  {)eul  être  rapprocb('  du  linnois  tih-m-n,  tis-ni-a  «  rosée, 
pluie  fine  »,  lih-kii  «  rosée,  pleur  »,  tilt-ku-  «  larmoyer,  san- 
gloter ».  Quant  au  verbe  am-s-a,  formé  avec  le  suffixe  de 
dérivation  -s  (§  86),  il  se  ramène  au  tbème  am  paix,  repos 
(§  219). 

Tesamsa  su6i9  constituent  à  eux  denx  tonte  une  proposi- 
tion. puis([ne  atrsr-c,  qui  suit  immédiatement,  est  jtourvn  de 
Tencliticpie  copulalive  -c  (.^.i;  154  et  180)  et  semble  commencer 
une  ])roposition  nouvelle.  Il  faut  donc;  considérer  tesamsa 
comme  un  sujet,  su9i6  comme  nu  allribnt  et  sous-entendre  le 
verbe  «  cMrc  »  (s^  161),  hupud  sera  an  suhpjnclit',  pnis(ju'il  s'agit 
d'une  recommandation. 

Su6i-9  est  le  snbstanlif  su9i  toinheau  augmenlé  du  suDixe 
casnel  -9  (i;  129,  11),  (|ui  ex|)rim(>  réloignenienl.  le  point  de 
départ.  Le  sens  de  tesamsa  su9i-9  est  (jue  l'acte  de  .s'arrêter 
de  pleurer  <isoity-  êi  partir  du  tmidieau,  cest-à-dire  qu'il  faut 
cesser  toute  démonstration  bruyante  dès  l'entrée  de  lenclos 
fu  né  l'aire. 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  187 

Les  mots  atrsrc  escuna  cati  constituent  une  proposition.  Il 
est  en  eflet  impossible  de  joindre  cati  et  suGiti,  qui,  étant 
tous  deux  pourvus  du  même  sufïxe  casuel  -ti  (§  129,  10),  ne 
peuvent  pas  se  rapporter  Tun  à  l'autre  :  l'accord  des  cas 
n'existe  pas  en  étrusque  (§§  ir)9,  160).  La  phrase  devant  être 
coupée  entre  cati  et  su6iti,  il  reste  une  proposition  de  trois 
mots,  dont  escuna  est  le  sujet  et  cati  l'attribut,  avec  ellipse 
du  verbe  "  (Mro  »  au  sul)jonctif;  atrsrc  est  une  épilhète  de 
escuna. 

242.  Atrsrc  se  décompose  en  atr  +  sr  +  c.  La  désinence 
-c  est  la  particule  copulative.  Atr  est  à  rapprocher  de  l'ostiak 
ederet  du  vogoule  ^/Yi?;-,  qui  signifient  «  clair,  éclairé,  serein  » 
(Budenz,  p.  2o0,  n°  2o7  ;  Donner,  I,  p.  137,  n°  483).  Le  mot 
latin  atrium,  qui  a  une  origine  étrusque  au  dire  de  Yarron 
(de  Ling.Lat.  Y,  161),  désigne  la  partie  centrale  de  la  maison 
romaine,  la  courette  sur  laquelle  les  différentes  pièces  prenaient 
jour.  Sr  est  apparenté  au  finnois  .sir-o  «  droit,  beau,  conve- 
nable ))  (Donner,  I,  p.  18i,  n°  654).  Atr-sr  a  donc  le  sens  de 
bien  convenable  de  clarté  cest-à-dire  bien  éclairé,  bien  en 
lumière. 

Ce  qui  doit  être  bien  éclairé,  c'est  escuna.  Le  mot  signifie 
déclaration,  proclamation,  d'oii  acis\  cf.  hongrois  Mk-ïic-,  dsk- 
ils-,  uÂk-ïid-  «jurer»  ;  vogoule  esy-,  ici-,  escj-  «  louer,  vanter  »  ; 
ostiak  iz-ik-  «  louer,  glorifier  »  ;  zyrénien  oéku-  «  louer  »  (Bu- 
denz, p.  798,  n"  873).  Dans  tous  ces  mots  ougro-finnois  il  y  a 
l'idée  de  parler  fort,  déclarer,  proclamer.  Pour  le  suffixe  -na 
de  escuna,  voir  J^  1 14. 

Ca-ti  le  lonçi  de  celui-ci,  c'est-à-dire  le^lony  du\ tombeau  '. 
Le  mot  se  rapporte  à  su0i-6,  le  substantif  le  plus  voisin.  Ca 
est  le  pronom  démonstratif  (§  13o),  augmenté  du  sufiixc  -ti 
(§  129,  10).  On  veut  que  l'avis  soit  placé  bien  en  vue,  pour  que 
les  esclaves  et  les  ouvriers  (pii  auront  à  circuler  (Uins  le  caveau 

l.  Si  au  lieu  de  cati  il  laut  liro  calti,  le  sens  n'est  pas  très  ditTérent.  L'adjec- 
tif cal  signifie  nécessaire,  convenable,  utile;  cf.  hongrois  Iciil-là-  «  être  néces- 
saire ..  (Hudenz,  p.  13,  n°  18;  Donner,  I,  p.  C8,  n"  227)  ;  de  là  pour  cal-ti  le  sens 
de  le  lonçi  de  ce  qu'il  faut,  c'est-à-dire  à  un  endroil  approprié. 


ISS  TKOisiÈMi:   l'AirriE 

fuiisseiit  liic  1  ordonnance,  (^e  qui  suit  csl  lu  texte  niùine  (ie 
l'ordonnance  (|ui  devra  ôtre  affichée. 

SuSiti  inunô  zivas  ([nc  If  lamjafjt'.  <itemr^  h-  lon<j  du  tom- 
beau <Csoit^  paisible,  c'est-à-dire  que  le  lorKj  du  tombeau  on 
parle  à  voix  basse.  C'est  une  prescriplion  analogue  à  plusieurs 
de  celles  que  Ton  a  antérieurement  lencontrées  (§Î5  lOo,  :200, 
216).  Su6i-ti  esl  le  siihslantir  su6i  loinhedu,  augmenté  du  suf- 
fixe casuel  -ti  (cf.  plus  iiaut  ca-ti). 

Mun6  langage  est  un  substantif  formé  avec  le  suffixe  -9 
(s^  120)  et  dérivé  du  radical  mun-  dire^  que  l'on  a  déjà  vu  sous 
les  formes  mun-sle  (>;  200  )  et  mun-icle6  (§  238).  Suôi-ti,  place 
immédiatement  devant  munS,  doit  être  considéré  comme  déter- 
minant mun6  ;  il  faut  donc  traduire  ainsi  :  le  langage  <item('> 
le  long  du  tombeau.  Ce  langage  devra  être  zivas  paisible  (voir 
plus  haut,  piO). 

Mur-sl  XX  W  pièces.  Il  s'agit  probablement  d'une  amende 
en  cas  de  contravention.  Mur-sl  est  à  rapprocher  du  hongrois 
morz^  «miette,  menu  morceau  »  ;  cf.  vogoule  mor-ce,  «  petite 
chose  »  fBudenz,  p.  630,  n"  673).  Mursl  désigne  une  coupure 
mon('laire  très  jtolite.  puiscju'il  s'agit  d'une»  amende  d'esclave. 
Pour  le  sutïixe  nominal  -1  voiri;  109. 


243.  (j.  4116  (inscription  gravée  sur  la  paroi  d'une  chambre 
fuuéraire,  voûtée  en  bel  appareil,  dite  Grotla  San  Mamio,  près 
de  Pérouse)  : 

cehen.  su0i.  hin0iu.  eues,  sians.  etve.  6aure.  lautnescle. 
caresri.  Aules.  LarBial.  PrecuSurasi.  LarBialisvle.  Cest- 
nal.  clenarasi.  eô.  fanu.  lautn.  Precus.  ipa.  murzua. 
cerurum.  ein.  heczri.  tunur.  clutiva.  zelur********  r. 

Ceci  <c.ç/>  ?fn  totnlieau.  Le  maître,  appelé  à  grands  cris, 
<:iny-'est  apparu:  «  empresse-toi  de  tenir  ^Ctay-  promesse  de 
fidélité.  Pour  Precuihura  né  d'Àule  Precu  et  de  Larthi,  ainsi  que 
pour  les  fils  de  Larthi  et  de  Cestna  construis  tout  de  suite  <im 


I 


TEXTES    TRADUITS   ET  COMMENTÉS  189 

tomheaiC^^  fidèle  Precus.   Ne  lésine  pm  puni'  que  la  voûte  soit 
bien  solide...  » 

Cehen  ceci,  démonstratif  (§  13o),  que  l'on  rencontre  parti- 
culièrement clans  la  région  de  Pérouse  (§  195).  Après  cehen  il 
y  a  ellipse  du  verbe  «  être  »  (§  161). 

Suei  tombeau  (§  189). 
Hineiu  eues  sians,  proposition  dont  le  veihe  est  hinSiu  et 
le  sujet  sians,  accompagné  de  Tépilhète  Gués. 

Hin0-i-u  apparaît  ou  est  apparu.  Etant  donné  la  valeur  de 
l'h  initial  étrusque  (§  74),  hin0-i-u  peut  être  rapproché  du 
finnois  vain-o  «  sensation,  perception  »  et  plus  spécialement 
«  sensation  par  le  nez,  flair  des  chiens  »  (Budenz,  p.  4S0, 
n"  479).  Le  radical  verbal  hin-S-  est  formé  avec  le  suffixe  de 
dérivation  -9  :§  87).  Ce  radical  se  présente  dans  les  textes  sous 
plusieurs  formes  : 

hin9-a  (G.  4538),  qui  est  la  forme  la  plus  simple  et  à  laquelle 
on  peut  attribuer  le  sens  de  voir  ; 

hin6-i-a  (F.  2147),  qui  est  une  sorte  de  fréquentatif,  avec  le 
suffixe  -i  (§  81),  que  nous  avons  vu  dans  at-i-u  (§  212);  le 
sens  paraît  être  rer/arder; 

hinO-ial,  qui  paraît  être  composé  de  hin6-  et  de  ial  nou- 
veau; cf.  tchérémisseyV/7  «  jeune  »  ;  vogoule yV/V-yv  «  nouveau  » 
(Budenz,  p.  144,  n"  172).  Le  sons  est  nouveau  de  vision,  c'est- 
à-dire  qui  revient  à  la  vue,  qui  reparait.  Le  mot  semble  être 
l'équivalent  du  grec  s^owlov  spectre,  ombre.  Sur  une  fresque 
de  Yulci,  oi!i  l'on  voit  Achille  immolant  des  prisonniers  troyens 
aux  mânes  de  Patrocle  (Martha,  Art  étrusque,  p.  395,  fig.  269), 
l'ombre  de  Pati'ocle  assiste  à  la  scène  dans  un  coin  du  tableau 
et  au-dessus  de  son  image  on  lit  hinGial  Patrucles  (F.  2162) 
l'ombre  <iest  celley>  de  Patrocle.  On  désigne  de  même,  sur  des 
miroirs  gravés,  l'ombre  de  l'irésias  (F.  2144)  et  l'ombre  d'Hé- 
lène (F.  2475). 

La  forme  hin6-i-u,  que  l'on  a  ici.  peut  être  rapprochée  de  la 
forme  hin6-i-a,  iu(li(iuée  plus  haut,  en  ce  sens  (ju'elles  ont, 
toutes  les  deux,  le  même  snllixe  IVi'iinenlatir  -i  i;  81).  Mais  la 
désinence  vocali(|ii('  iii-laiil   [las  la  même,  il  y  a  ap[)arcnce  que 


1!)0  lUÛlSIHMi:    PAKTIE 

le  sens  csl  tlinV'roiil.  I">lanl  (Iouik-  cjuo  la  désinence  u  (uu^rien  u 
et  v)  a  souvciil,  diins  les  veri)es  uiigro-finnois,  une  valeur  pas- 
sive ou  léllécliic  (  IJiuleiiz-Simoiiyi,  p.  92  el  suiv.  Szinnyei, 
Finn.  u</r.  Sprdclnr.,  p.  l.'}]),  on  jxuil  allriljiiei-  à  hin6-i-u  la 
signilicalion  île  <'trr  ru,  apparattrc. 

Oues  (ijijielé  par  son  nom,  i)i'oprement  criv,  adjectif  verbal, 
ayanl  le  sens  d'un  |iarli('i|)('  passé  passif  (cf.  §5;  U)l,  212).  Le 
radical  verbal  Gu-  est  l'équivalent  phonétique  (ij  71)  du  finnois 
Jni-Ui-  «  crier,  appeler  »  (Donner,  11,   p.  112,  n°  79G). 

Sians /;«/ro;i ;  voir  plus  haut  sians-1  (sj  223). 

Dans  Texplosion  de  son  désespoir,  resclavc  appelle  à  i^rands 
cris  le  maître  qu'il  a  perdu  ;  il  croit  le  voir  apparaître  et  l'en- 
tendre parler.  Ce  qui  suit  rciirodiiil  los  jiaroles  du  maître. 

244.  Dans  le  groupe  etve  Gaure  lautnescle  caresri,  il  y  a 
une  proposition  consécutive  ou  finale,  marijuée  par  le  sutlixe 
-ri  (§  166).  Cette  proposition  est  constituée  j)ar  l'attribut  cares 
et  par  le  verbe  lautnescle,  celui-ci  employé  substantivement  et 
faisant  l'oHîce  de  sujet  (,5;  151).  Il  y  a  ellipse  du  verbe  «  être  » 
(§  161).  Abstraction  laite  de  lautnescle  caresri,  il  reste,  pour 
la  |tro|»osilion  |)rincipale,  etve  Gaure.  De  ces  deux  mots,  lepre- 
miei',  etve,  est  un  adjectif  dérivé  de  et  en  avant  (cf.  §  199  et- 
e-r)  à  l'aide  du  sullixe  -ve  ou  -va  (§  12.3).  Le  sens  est  qui  est 
en  avant,  (jin  va  de  l'avant,  empressé,  zélé.  Le  mot  a  ici  une 
valeur  adverbiale. 

Gaure  esl  un  verbe  signifiant  être  affairé,  empressé  (§  195 
Gaur-u-Sj.  Aucun  sujet  n'étant  exprinu',  Gaur-e  ne  peut  être 
interprété  ici  que  comme  un  impératif  adressé  au  serviteur  par 
l'ombre  du  maître. 

Lautn-esc-1-e  faire  proniesse  de  fidélité  est  composé  de 
laut-n-  être  fidèle  (ij  194)  et  de  esc-l-e  promettre,  jurer, 
déelarrr.  Ce  dernier  verbe,  formé  avec  le  sullixe  -1  (Ji^  82),  dérive 
du  tlirnio  qui  a   donui'   esc-u-na  pradamation,   avis  (§  2-42.) 

Car-es-ri  est  le  participe  passif  eu  -es  (J^  101),  pourvu  du 
sullixe  casuel  -ri  (§  129,  7).  Le  thème  *car  est  apparenté  au 
finnois  kar-e-a  «  dur  »,  kar-a-sta-  «  durcir,  fortifier,  confirmer  » 
(Donner,  1,  p.  3i,  n"  125). 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  191 

La  phrase  etve  Gaure  lautnescle  caresri  sipiific  donc 
occupe-toi  avec  zèle  pour  cjue  la  promesse  de  fidélité  soit  confir- 
mée tenue],  c'est-à-dire  mets  de  l'empressement  à  tenir  la  pro- 
messe de  fidélité  que  tu  mas  faite.  Cetle  protnesse  de  fidélité  qs\. 
celle  que  Fesclave  a  faite  à  son  maître  au  moment  où  il  a  été 
all'ranclii.  A  ce  niomeiil,  il  a  cessé  d'être  la  chose  du  maître 
pour  devenir  une  personne,  mais  celte  personne  il  Fa  liée  à  son 
ancien  maître,  devenu  son  patron,  par  une  obligation  morale. 
C'est  à  cette  obligation  morale  que  le  patron  fait  appel.  11 
demande,  comme  témoignage  de  lidélité.  que  l'allranchi  veille 
à  la  construction  du  tombeau. 

245.  Aules  LarGial  Precu0urasi  pour  Precuthura,  fils 
d' Aille  [Precu  et  di-  Larlhi.  PrecuGura  est  le  maître  défunt; 
il  donne  son  état  civil,  loi  qu'il  doit  être  consigné  dans  l'cpi- 
taphe.  Le  suffixe  casucl  -si  marque  l'intention,  le  but  (§  129, 
9  .  Precu-Gura  est  composé  comme  "Vel-Qur  >;§  182,  237), 
"VelGina-Gura  C.  4o38),  "VelGuri-Gura  F.  2ôU3;.  Oura  signifie 
proprenu^nt  lignée,  suite  (voir  i;  236  0ur-as). 

LarGialis-vle  Cestnal  clenarasi  ainsi  rjuaux  fils  nés  de 
Larthi  et  de  Cestna.  La  coordination  ainsi  que  est  marquée  par 
le  suffixe  copulatif  -vie,  apparenté  au  suffixe  hongrois  -vxl,  -vdf 
(jui  exprime  le  rapport  de  concomitance  (§  loo).  Pour  le  collec- 
tif clen-ar,  voir  i;  230. 

LarGialis  ou,  ce  qui  revient  au  même,  Lar6ial-s,  peut  s'en- 
(l'ndre  de  deux  façons,  soit  comme  un  adjectif  dérivé  de  Lar- 
Gial  et  signifiant  qui  a  la  propriété  d'être  né  de  Larthi,  soit 
comme  un  génitif  ib^  LarGial,  c'est-à-ilire  comme  le  génitif 
d'une  personne  née  de  Larthi.  Dans  le  |)remier  cas,  les  lils  indi- 
qués par  clenara-si  seraient  les  lils  de  Larthi  et  d'un  Cestna 
(Cestnal,  pai-  conséquent  les  frères  utérins  de  PrecuGura. 
Dans  le  second  cas,  ce  seraient  les  fils  d'une  so'ur  de  Precu- 
Gura. La  première  hypothèse  est  plus  vi'aisemblablc.  Precu- 
Gura mettant  les  fils  de  Cestna  au  même  rang  que  lui  et  parais- 
saut  ainsi  les  traiter  comme  des  frères. 

EG  fanu  à  partir  de  maintenant  construis.  E-G  est  le  démons- 
tratif e  i;^  I3i),  (pii  cuire  dans  la  cuuiposilion  de  e-ca  (i^  188); 


I!I2  TROISlÈMi:    l'.MlTIE 

il  est  ici  poiirNii  du  sulllxi'  casiiel  -6,  (jui  iiiar([ii('  le  [toiiil  de 
dépari  (  i;  12!),  I  1.  E9  si^nilic  projtreiiiciil  c/ /;«////•  f/"/r7\,  c'esl- 
;i-dii('  dès  inaintenant,  tout  de  suite. 

Fanu  rtaùlis,  construis;  il  s'agil  du  louibcau  évidemment, 
(îf.  finnois /y«;ie-  ((  poser,  installiT,  établir  »  (rhulenz,  p.  216). 

Lautn  Precus  /idrlt^  Prrcus;  c'est  Taposlroplic  du  maître, 
l'our  le  sens  de  lautn //VA' /^,  cf.  s?  IMt.  Precus  esl  un  adjectif 
foruu'  avec  le  sullixe  nominal  -s  (s^  HT),  ("est  le  nom  que  por- 
tail l'i^seiave  de  Prcru  avant  son  affranchissement,  et  (|u'il  ne 
dcNiail  jilu'^  porter.  Mais  ce  uom,  son  ancien  maître  continiu'  à 
le  lui  d<)niu:'r  par  habitude,  et  au'^si  par  une  familiarité  afl'ec- 
lueuse,  que  souligne  répithèto  lautn. 

I-pa  est  l'auxiliaire  négatif  i  augmenté  de  l'enclitiijue  -pa 
i^§§27,28,  lo3).  Ildétruitrafïirmationduverbemurzua,  qui  suit. 

Murzua,  étant  donné  l'apostrophe,  doit  ètie  intej'prété 
comme  un  impératif.  Le  mot  est  formé  à  l'aide  de  deux  sullixes 
de  dérivation  verbale,  le  sntiixe  -t  (§  87),  devenu  -z  (§  72),  et 
le  suffixe  -V  (i;  88),  devenu  -u  (§  73).  Le  thème  *mur  signi- 
fiant cAo.sr/>^///6' (s^  242  mur-s-l),  on  a  pour  le  verbe  mur-z- 
u-a  le  sens  de  rapetisser.  Il  s'agit  probablement  des  dépenses  ; 
de  là  l'idée  de  lésiner.  Le  maître  dit  à  son  affranchi  :  tie  lésine 
pas  ei  il  explique  pourquoi. 

Cerurum  ein  hecz-ri  /jour  (/uf  la  voûte  <::^soil'y  très. solide. 
La  proposition  finale  esl  ninrqu('e  par  le  suffixe  -ri  (j^  16G).  Le 
sujet  est  cer-ur-um  compo-é  do  cer  cercle,  rond  (§  193  ceri- 
n-u  ;  v;  210  cer-i-x-U;  et  d(!  ur-um  (jui  domine,  faite,  cotnble, 
substantif  formé  avec  le  suffixe  nominal -m(s5  Itt);  cf.  hongrois 
itr-oiii  u  ()in;icle,  faîte  »  (Hudenz,  p.  812,  n"  1)3 Ij.  Il  y  a  idlipse 
du  verbe  «  être  »  (sj  101  i . 

Hec-z-riest  l'attribul  hec-z,  avec  le  sullixe  casiu^l -ri  (?;  121), 
7);  cf.  i)lus  haut  car-es-ri.  L'adjectif  hec-z  vo/zV/e  est  formé 
avec  le  suffixe  nominal  -t  (§  120)  devenu  -z  (§  72).  Le  thème 
"hec  est  à  ra])prochcr  de  finnois  viiki  «  force,  résistance  ».  Pour 
1  h  initial,  voir  i;  74. 

L'adjectif  hecz  (sst  moililii'  par  l'adverbe  ei-n  grandement, 
beaucoup,  très  (§  203). 


TEXTES    TRADUITS   ET  COMMENTÉS  193 

Le  maître  insiste  sur  la  solidité  de  la  voûte,  pour  que  le 
caveau  ne  risque  pas  de  s'écrouler  et  aussi  pour  que  des  voleurs 
ne  puissent  pas  s'introduire  dans  la  sépulture  en  perçant  le 
plafond. 

La  fin  de  l'inscription  est  mutilée  et  ne  peut  pas  être  inter- 
prétée. 

246.  De  l'inscription  ci-dessus  il  y  a  lieu  de  rapprocher  l'ins- 
cription suivante  (F.  2279),  qui  est  à  la  fois  gravée  et  peinte 
sur  le  pilier  de  la  tombe  del  Tifone,  à  Cornéto  : 
eie.  fanu.  saOec.  lavtn.  Pumpus 
scun*"  sueis.  in.  flenzna 
teisnca.  caL  ipa.  ma*ani  tineri. 

Construis  et  mets  en  état  [le  tombeau]  admirablement,  fidèle 
Pumpus.  Comme  il  n'y  a  pas  de  moyen  de  protéger  un  tom- 
beau..., le  fait  de...  <Cest>  nécessaire., pour  que...  ne  pas... 

Ei9  effrayant  et  par  suite  étonnant,  admirable,  parfait',  cf. 
§  233  eit-va.  L'adjcclif  est  ici  employé  adverbialement  (§  156, 
1). 

Fanu  construis  (§  24o\ 

SaSe-c  et  mène  à  bien,  c'est-à-dire  achève,  mets  tout  à  fait  en 
état.  La  désinence  est  l'enclitique  coordinafrice  -c  (§  lo4).  Sa9e 
est  à  rapprocher  du  finnois  sdta-  «  faire  obtenir,  conduire, 
accompai^ner,  achever  »  (Hudenz,  p.  272,  n"  27o  ;  Donner,  I, 
p.  173,  nMîlIK 

Lavtn  Pumpus  fdèle  Pumpus  est  une  apostrophe,  comme 
plus  haut  lautn  Precus  (§  245).  L'inscription  est,  comme  la 
précédente,  la  reproduction  d'un  ordre  donné  à  son  esclave  par 
le  maître  défunt.  Seulement  nous  n'avons  pas  ici,  comme  plus 
haut  (s^  243),  des  indications  sur  les  circonstances  oii  l'ordre  a 
été  donné.  Peut-être  ces  indications  se  trouvaient  elles  sur 
une  |taroi  du  tombeau  aujourd'hui  endommagée. 

Pumpus  est  un  ancien  esclave  delà  famillePumpuà  laquelle 
la  sépulture  appartenait,  comme  le  prouvent  d'autres  épilaphcs 
trouvées  au  même  endroit  (F.  2280,  2281).  Pour  le  sens  de 
lautn,  voir;:;  l'.l'i-.  Ici   lu  de  lautn  est  remplacé  par  un  v  (cf. 

13 


'l»Jt  TltOISlÈMK    PARTIE 

La  suite  soinblf  contenir  des»  recoinmaïulaliuns  leclini(iiies. 
On  reniarqiio  d'abord  une  jtroposilion  subordonnée  explicative 
scun...  sueis  in  flenzna.  I.e  caiaclèrc  de  cette  proposition 
se  reconnnil  au  \erl)e  négatili  (i;,5!  27,  28)  augmenlé  du  suffixe 
causal  -n  (§   129,  IV).  In  signifie /jr/r  le  fait  que  n  existe  pas. 

La  chose  qui  n'existe  pas  est  indiquée  pai'  le  substantif 
flenzna.  La  désinence  -na  est  le  sulfixe  nominal  (§  H 4).  Le 
mol  se  ramène  à  un  radical  *fle,  que  nous  retrouverons  dans 
les  dérivés  fler,  flere,  flerxva  (Krall,  i/ir/ex),  et  qui  se  rapporte 
à  la  même  origine  que  le  iïniu)\<,  jjri-asta-  «  protéger,  sauver, 
conserver  ».  Le  radical  *fle,  pourvu  du  suilixe  verbal  double 
-nt  ou  -n0  (i;  94),  d(Uine  le  dérivé  'fle-n0,  qui  devient  flenz-, 
par  suite  d'un  aflaiblissement  du  6  en  z,  analogue  à  celui  qui  a 
produit  les  formes  Arnza,  Larza,  à  coté  de  ArnS  et  de  Lare 
(§  72).  On  peut  traduire  flenzna  par  moijen  de  prutéyer  [contre 
les  voleurs). 

Su3i-s,  génitif  de  su8i  tombeau  (§  189),  dépendant  de 
flenzna. 

Scun...  la  lecture  du  mot  est  douteuse;  c'est  évidemment 
une  é|)itliète  (|ualiliant  su6is. 

Teisnca  cal  constitue  la  proposition  principale.  Le  sujet 
est  le  verbe  teisnca  employé  substantivement  (s;  loi).  L'attri- 
but est  radjeetif  caL  Il  y  a  (dlipse  du  verbe  «  être  »  (sj  IGl). 
IjC  sens  de  teisnca  est  incertain.  Cal  nécessai?'e,  utile  est 
apparenté  au  hongrois  hnl-hi-  «  être  nécessaire  »  (lUiden/., 
p.  i:;,  n"  18;  Donner,  I.  p.  (IN,  n°  227). 

La  mutilation  du  te.\t(!  ne  pei'met  pas  d'inter|)réler  ce  qui 
suit.  On  [)eut  seulement  reconnaître  une  |)i'oposilion  finale, 
laquelle  est  marquée  par  le  suilixe  -ri  de  tine-ri  (§  lOG),  et 
cette  proposition  est  négative,  puisqu'elle  est  précédée  de  l'au- 
xiliaire négatif  ipa  (cf.  i;  245  ipa  murzua». 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  195 

247.  C.  48  (cippe  funéraire)  : 

L.  Titesi.  Calesi.  cina.  es.  mestles.  hu6.  naper.  lescau. 
letem.  Gui.  arasa.  Sentmase.  laei.  trecs.  *6enst.  meva6a.    ' 

<iÉlevé'>  à  Larth  Tite  Cale.  Le  j)etit  enfant  court;  cinq  jours 
étant  passés^  il  est  étendu  sous  terre.  Il  est  fini  le  babillarje;  il 
est  loin  le  tapage  à  travers  (^)  la  maison. 

L.  abréviation  du  prénom  LarO. 

Tite-si  Cale-si,  nom  et  surnom  du  défunt,  avec  le  sulBxe 
de  destination  -si  (§  129,  9).  Pour  Taccord  du  nom  et  du  sur- 
nom, voir  §  159. 

Cin-a,  courir.,  verbe  dont  es  mestles  est  le  sujet.  Ci-n-a 
est  formé  avec  le  suffixe  -n  (§  84)  d'un  thème  *ki,  dont  on 
retrouve  la  trace  dans  le  finnois  kei-n-o  a  sentier  »  ;  cf.  mor- 
dvine  ki  «  route  »  ;  vogoule  kie-t-  «  faire  aller,  envoyer  »  ;  ostiak 
ki-t-  «  chasser,  pousser  »  ;  zyrénien  ki-s'-  «  couler  »  (Budenz, 
p.  10,  n°  16). 

Cs  petit,  épithète  de  mestles.  Pour  le  sens  cf.  hongrois  kis 
«  petit  .)  (Budenz,  p.  24,  n"  29  ;  Donner,  I,  p.  29,  n°  104). 

Mest-1-es  enfant,  proprement  porté  au  sein,  participe  pas- 
sif en  -es  (§  101)  du  verbe  mest-l-,  dérivé  de  *mest  sein  à 
l'aide  du  suffixe  verbal  -1  (§  82).  *Mest  est  à  rapprocher  du 
mordvine  màsta  «  poitrine  de  femme  »  (Budenz,  p.  609,n''G49). 
L'élymolog'ie  du  latin  flius  conduit  de  même  à  l'idée  de 
«mamelle»  (*fela)  Le  radical  mes-t-,  augmenté  du  suffixe 
verbal  -1  (cf.  §  82),  donne  le  verbe  mes-t-1-.  La  désinence 
-es  est  celle  que  Ton  a  vue  plus  haut  dans  6u-es  (^  24.3), 
car-es  '>;  244). 

Hue  naper  le-sc-a-n  comme  cinq  jours  se  sont  écoulés;  la 
proposition    subordonnée   causale   est   marquée  par  le  suffixe 
casuel  -n  (§  129,  5),  qui  s'ajoute  au  verbe  lesca. 
Hu6  est  le  nombre  cinq  (§  139). 

Naper /Vî?<r,  proprement  solaire,  est  apparenté  au  hongrois 
ntp  a  soleil,  jour  »  (Budenz,  p.  391,  n°  416).  La  désinence  est 
le  suffixe  nominal  -r  (§  116)  avec  une  voyelle  intercalaire, 
comme  dans  et-e-r  (§  199). 

Le  verbe  le-sc-a,  dont  nap-e-r  est  le  sujet,  est  formé  avec 


196  TROISIÈME    PAIiTIE 

le  sutlixc  double  -se  (i;  IK-l),  ol  dérive  du  thème  *le  en  bas;  cf. 
hongrois  (a  «  en  bas  •>  (lîiidenz.  p.  G8G,  n°  740).  Le  sens  propre 
de  le-sc-a  est  h)inbci\  dOfi    l'idée  (h^  s  écouler^  passer. 

Letem  6ui  ïl<iest'y>  alloïK/è  bas,  c'est-à-dire  il  <Cest^  étendu 
sous  terre.  Il  y  a  ellipse  du  verbe  «  être  »  (§  IGl).  Pour  le  sens 
de  eui  allonf/é  voir  §  t8i.  Let-e-m,  est  un  adjectif  verbal  formé 
avec  le  sufïixe  -m  (§  \\\).  Le  radical  verbal  le-t-  dérive  de  *le 
en  bas  h.  l'aide  du  suffixe  -t  (§  87).  On  peut  attribuer  à  le-t-  le 
sens  de  descendre  et  à  le-t-e-m  celui  de  descendu.  L'adjectif 
le-t-e-m,  construit  avec  Tadjeclif  Gui, ne  pouvant  avoir  qu'une 
valeur  adverbiale,  on  peut  traduire  par  en  bas,  au-dessous. 

Ara-s-a  ôentmase  <iil'>  est  fini  le  fait  de  babiller.  Ara-s-a 
finir  est  un  dérivé  de  ara ///«V  (cf.  ar-ce  à  la  fin  §  232),  à  l'aide 
du  suffixe  verbal  -s  (!^  86).  Le  sujet  de  ara-s-a  est  le  verbe 
Gentmase  employé  substantivement  (§  lot). 

0en-tmase /rt/re  bruit  de  paroles,  verbe  composé  de  6en  et 
de  tmase.  Pour  le  sens  de  6en  parole,  cf.  finnois  hen-ki 
«  soutUe  »,  peut-être  san-a  «  parole  »  ;  hongrois  hany  «  son  » 
(Donner,  II,  p.  .j7,  n"  739).  Tma-s-e  faire  du  bruit  présente 
le  même  sulfixe  -s  (§  86)  que  ara-s-a.  C'est  un  dérivé  de  *tma, 
apparenté  au  finnois  tem-u-  «  faire  du  bruit  »  (Donner,  I,  p.  152, 
n"  rJifJ) . 

Laei  trecs'***  mevaGa  //  s  est  ('■loii/né,  tacte  de  faire  du 
taparfe  à  travers  (?)  la  maison. 

Laei  •<' éloigner,  être  loin,  verbe  dont  te  sujet  est  l'infinitif 
mevaGa  employé  substantivement  (1:;  toi).  Pour  le  sens  cf. 
finn<»is  lùj-a  «  étendu,  large,  ample,  éloigné  »  (Donner,  III, 
p.  184,  n"  1069). 

Mev-a-Ga  faire  du  tapatje,  verbe  formé  avec  le  sulfixe  -9 
(5)  87)  et  dérivé  d'un  thème  *inev,  apparenté  au  finnois  nieu-ha- 
«  faire  du  tumulte  » . 

Le  mot  ([ui  précède  mevaGa  es!  incertain.  C'est  probable- 
mentdc  ce  mol  que  dépend  le  génitif  trec-s  de  la  maison.Voin' 
le  sens  de  trec,  cf.  esllidiiieii  tar-e  u  maison  d'habitation  »; 
mordvine  tar-ka  «  emplacement,  espace  »  ;  hongrois  ter 
«  espace  »  (Donner,  I,  p.  135,  n"478). 


TEXTES    TKADUITS    ET    CO.AIMENTÉS  197 

248.  Ga.  799  (sarcophage  deCornéto,avec  une  figure  d'homme 
àdcmi-couché  sur  le  couvercle;  le  personnage  tient  en  mains  un 
volumen  déroulé,  sur  lequel  est  une  inscription  de  neuf  lignes. 
Les  cinq  premières  lignes  seules  se  lisent  d'une  manière  à  peu 
près  suivie)  : 

1.  [Lajris.  Pulenas.  Larces.  clan.  LarGal.  Ra/acs 

2.  Vel6urus.  nefis.  prumis.  Pules.  Larisal.  Creices 

3.  ancn.  zix.  ne6sras.  acasce.  créais.  Tarxnale.  s* 

4.  rem.  /ucairc^.  ipa.  ru9cva.  ca6as.  hermeri.  sl/cale** 
o.  aprinôvale.  ruGcva.  ca9as.  paxanac.  alumna9e.  hermu 
6.  melecravicces.  puts.  xini '. 

<TombeaiC:>  de  Laris  Puiena,  fils  de  Larce,  enfant  adoptif 
très  chéri  de  Vellhur  Patacs  fils  de  Larth,  ayant  comme  mère  la 
file  de  Laris  Creice  femme  dePule.  Un  très  aôonda?it  ruisselle- 
ment  cï eau  <C('tant'>  soudain^  la  rivière  d'en  bas  (?)  K.élant^^ 
à  partir  du  ruisseau  de  Tarkhna,  très  impétueuse  de  courant  au 

point  qu'une    embarcation    légère  (?)  ne   peut  pas  tenir ^ 

r embarcation  légère  est  peu  à  peu  entraînée  et  descend  le  cou- 
rant d'une  façon  inquiétante  ;  le  fait  de  résister  est  mauvais 
faute  d'être  vigoureux  de  rame 

Les  deux  premières  lignes,  ainsi  que  le  premier  mot  de  la 
troisième  ligne,  donnent  ce  qu'on  pourrait  appeler  l'état  civil 
du  défunt.  11  s'appelait  Laris  Puiena.  Son  père  était  un  Larce. 
Sa  mère,  fille  de  Creice,  s'était  mariée  deux  fois,  une  première 
fois  avec  Larce,  dont  elle  avait  eu  ce  fils,  une  seconde  fois  avec 
Pule,  qui  sans  doute  avait  élevé,  comme  sien,  l'enfant  du  pre- 
mier mari,  si  bien  que  le  fils  de  Larce,  au  lieu  de  porter  le 
nom  de  son  vrai  père  Larce,  était  couramment  désigné  par  le 
surnom  do  Pulénien  (Puiena). 

Laris  petit  Larth;  sur  ce  diminutif,  voir  §  179. 

Pulena-s  génitif  de  Pule-na,  adjectif  dérivé  de  Pule,  à 
l'aide  du  suffixe  -na  (§  114).  Pour  les  épitaphes  au  génitif,  voir 
5^  175. 

Larce-s,  génitif  dépendant  de  clan /î/.y  (§  180).  Larce  est 

1.  Les  lettres  en  italiques  sont  celles  dont  la  lecture  n'est  pas  tout  ;i  fait  sûre. 


198  TROISIÈME    PARTIE 

quelquefois  employé  comme  prénom  (C.  301,  413,  768,  181,2 
2995).  Mais  ici,  c'est  un  gentilice;  de  même  C.  1281-1283;  3594 
et  suiv. 

249.  LarGal  Ra*acs  VelBurus  nefis  prumis,  opposition  à 
clan.  Les  lonnes  doivent  être  analysés  à  rebours,  toute  la 
phrase  dépendani  de  prumis. 

Prumis  enfant  adoptif,  mot  composé  de  pr-  entrer^  Hre  m- 
trodnit  et  de  iim-is  qui  appartient  à,  qui  touehe  de  jorès^  parent. 
Le  sens  de  pr-  est  déterminé  par  le  rapprochement  avec    le 
tchérémisse  pur-  «.  entrer  »  ;  pur-t-  «  faire  entrer,  introduire  »  ; 
cf.  zyrénien-votiak  pir-  a  entier  »,  pir-t-  «  introduire,  recevoir  » 
(Budenz,  p.  474,  n"  307).  Quant  à  um-is,  il  se  rapporte  au  finnois 
0)na  «  propi'e,  qui  est  la  propriété  de  »  ;  cf.  omainen  «  parent 
proche  »,  omaisuus  «  propriétés  »,  omaksu-  «  reconnaître  pour 
sien  »,  orna-  «  posséder»,  oni-i-sta-  «  revendiquer  ».  Pr-um-is 
signifie  proprement  qui  appartient  par  introduction  c'est-à-dire 
parent  ^adoption.  La  désinence  -is  est   le  suffixe    diminutif 
(§  108),  qui  a  ici,  comme  dans  sex-is  (§  211),   la  valeur  d'un 
diminutif  de  tendresse.  Il  existe  un  doublet   de  prumis,  c'est 
prumaOs,  que  l'on  rencontre  dans  \\m^  épilapbc  d'Orviéto  (C. 
5092  ;  voir  plus  haut  §  38).  Dans  prumaOs,  les  éléments  de  la 
composition  sont  les  mêmes  que  dans  prumis.  Seulement  le 
radical  um-  est   devenu  um.-a-6  par  l'addition    du  suffixe  -8 
(§120;  cf.  zil-a-6)  et  à  uma6    s'est  joint  le  suffixe  nominal 
diminutif -s  (ij  117;  cf.  aia-s  §  198. 

Nefis  '  très  cliéri,  adoré,  amour,  épithète  de  prumis. 
Cf.  ostiak  nap-se  «  délices,  amour  passionné  »;  finnois  îiop-i't- 
Id-sù  a  avide,  passionné  »  (Donner,  III,  p.  78,  n°  598).  La  dési- 
nence -is  est  la  mêuie  que  dans  pr-um-is.  Le  mot  nef-is  se 
retrouve  dans  une  épitnphe  d'Orviéto  (C.  5094). 

Lar8al  Ra'acs  "VelOurus  iudi(|uout  l'auteur  de  l'adoption, 
lequel  s'appelait  Vellhur  *'""' /lis  de  Lnrtli.  "VelGur-u-s  équivaut 
à  "Vel9ur-s  (cf.  §  180  0anxvil-u-s)  ;  c'est  le  génitif  du  prénom 


\.  Los  éditeurs  du  Cor}nis  (t.  M,  p.  (il,  ii"  500:5)  contostont  la  leçon  nefis.  Mais 
le  t(''moignai,^e  de  l'inscription  5093,  sur  lequel  ils  se  fondent,  est  fort  incertain. 


r 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  199 

Velôur.  Le  prénom  est  ici  mis  à  la  fin  de  la  se'rie  des  noms 
(cf.  sjs;  236,  240).  Pour  le  gentilice,  peut-être  faut-il  restituer 
Patacs,  d'après  C.  835  et  89o.  Patacs  est  un  nominatif,  fai- 
sant office  d'épithèle  devant  VelGurus.  Quant  à  Lar6-al  né  de 
Larfh,  il  marque  l'ascendance  paternelle  de  Velthiir  Patacs. 

250.  Pules  Larisal  Creices  ancn,  nouvelle  apposition  à 
clan.  La  traduction  doit  se  faire  dans  l'ordre  inverse  de  la  cons- 
truction. Anc-n  signifie  ayant  une  mère.  Pour  le  sens  de  anc, 
cf.  ostiak  anki  «  mère  »  ;  vogoule  cînga;  votiak  anaj;  hongrois 
a«'a  (Budenz,  p.  74"),  n°  805).  La  désinence  -n  est  un  suffixe 
qui  sert  à  former  des  adjectifs  exprimant  la  possession  (§  113, 
n°  2).  On  le  retrouve  en  vogoule  et  en  ostiak  sous  la  forme  -h 
et  -n  :  elmi-n  «  qui  a  une  pointe  ;>,  kvoli-h  «  qui  a  une  mai- 
son »,  tini-h  «  qui  a  de  la  valeur  »,  nee-h  «  qui  a  une  femme  », 
pil-n  «  qui  a  un  fils  »,  kave-n  «  qui  a  une  ou  des  pierres  », 
lile-n  «  qui  a  une  àme,  vivant  »,  name-n  «  qui  a  nom  »,  v'ite-n 
«  qui  a  de  l'eau  »  agme-n  «  qui  a  une  maladie  »  (Budenz- 
Simonyi,  p.  261).  Anc-n  est  exactement  formé  de  la  môme 
manière  que  le  mot  cla-n  ou  cle-n,  dont  le  sens  propre  est 
qui  a  un  membre  viril  c'est-à-dire  mâle  (§  181). 

La  mère,  indiquée  par  anc-n,  est  spécifiée  par  les  termes 
Pules  Larisal  Creices.  Pour  interpréter  ces  noms  propres, 
il  faut  se  rappeler  qu'en  Etrurie  la  femme  mariée  est  désignée 
p:ir  deux  gentiliccs,  celui  de  son  père  et  celui  de  son  mari,  de 
la  manière  suivante  : 

G.  3486  0ana.  Sutrinei.  Raufis  --^  fille  Sutrina,  femme 
Rauf. 

G.  3323  0a.  Surnei.  Feôius  =  file  Sitrna,  femme  Fethiii. 

G.  3519  Fasti.  Herini.  Surnas  ^==flle  Herina,  femme  Surna. 

G.  3544  0an.  TrenOinei.  Caspres  =  file  Trentliina,  femme 
Caspre . 

G.  3659  Caceinei.  Selva0res  =  /ille  Cacei?ia,  femme  Sel- 
vathre. 

D'ordinaire,  il  n'y  a  qu'un  des  deux  gentilices,  celui  du  mari, 
qui  soit  au  génitif  (§  210),  le  gentilice  paternel  se  présentant 
sous  la  forme  d'un  adjectif  en  -i  (Sutrine-i,  Surne-i,  Herin-i  ; 


200  TROISIÈME    PARTIE 

cf.  §  104).  Dans  nolro  inscription,  la  mcro  du  défunt  est  dési- 
gnée aussi  au  moyen  des  deux  gentilices  ;  seulement,  par  une 
dérogation  à  l'usage,  les  deux  gentilices  sont  au  génitif.  Lequel 
se  rapporte  au  père  ?  Lequel  au  mari? 

L'expression  Larisal  Creices  permet  de  répondre  à  la  ques- 
tion. Elle  signifie  né  de  Laris  Crcice,  comme  les  expressions 
ArnOal  Xurxles  (§  180),  LarGal  Scires  (c.  2369)  signifient 
/!(■  (fArnth  Khurklde,  né  de  Larth  Scire  (cf.  §  160).  Il  est  évi- 
dent (jiK^  l'expression  né  de  ..  ne  peut  s'appliquer  qu'au  père. 
Donc  la  mère  du  défunt  était  une  Creice.  On  l'aurait  sans 
doute  appelée  tout  simplement  Creicei  /i/Ie  Creice,  si  l'on 
n'avait  pas  tenu,  pour  une  raison  qui  nous  échappe,  à  rappeler 
le  prénom  (Laris)  de  son  père,  d'où  la  nécessité  d'introduire 
le  génitif  Creices. 

Pule-s  est  le  gentilice  du  mari  de  la  Creice,  du  second 
mari,  bien  entendu,  puisque  le  premier  était  Larce.  Suivant 
l'usage  ordinaire,  le  gentilice  marital  n'est  accompagné  d'au- 
cun prénom  (voir  les  épitaplies  citées,  à  la  page  précédente). 

251.  Un  adjectif  comme  anc-n  pourvu  de  ?nère  exprime 
dune  manière  générale  la  possession,  sans  spécification  de 
l'objet  possédé.  Il  semble  donc  ne  pas  pouvoir  comporter  des 
qualificatifs.  Pourtant  les  langues  ougro-finnoises  admettent 
cette  construction. 

C'est  ainsi  que  l'on  a  en  vogoule  et  en  ostiak  des  adjectifs  de 
pos.se.ssion  accompagnés  de  qualificatifs  : 

vogoule  :  niau  seni-p  «  ayant-un-œil  <qui  est>  petit  »  [man 
«  petit  »  ;  sem  «  o'il  »  ;  -/>,  suflixe  de  possession);  t/i  nam-p 
«  ayanl-un-nom  <qui  est>-  celui-ci  »  {tii  «  celui-ci  »;  nam, 
nom  ))\ 

ostiak  :  joura  sern-pa  «  ayant-uu-ieil  <qui  est>  oblique  » 
joura  «  oblique  »  ;  .seni  «  œil  »  :  -pa  suffixe  de  possession)  ;  n'elk 
kurpa  «  ayant-des-pieds  ■<  qui  sont  >  quatre  »  n'elk  «  quatre  », 
kur  «  pied  »);  jam  sani-pa  «  ayant-un-cœur  <qui  est>  bon  » 
(jam  «  bon  »,  sam  «  cœur  »)  ;  kat  ime-p  «  ayant-femme  <  au 
nombre  de  >  deux  »  [kat  «  deux  »,  itnc  «  femme  »)  '. 

1.  Biulcnz-Siuionyi,  p.  27:2. 


TEXTES    THADUITS    ET    COMMENTES  201 

Il  faut  interpréter  anc-n  comme  équivalant  au  lalin  matrem 
habefis,  le  complément  matrem  étant  incorporé  au  participe, 
mais  conservant  tout  de  même  assez  d'indépendance  pour  pou- 
voir être  spécifié  :  habens  matrem  quae  est  ou  bien  cui  nomen 
est  etc. 

252.  A  partir  de  zix  neSsras  (ligne  3)  paraît  commencer  un 
récit.  Malheureusement  létat  du  texte  ne  permet  pas  une  inter- 
prétation suivie.  Quelques  mots  donnent  à  penser  qu'il  s'agit 
d'un  accident  survenu  au  moment  d'une  crue,  accident  dont  le 
défunt  aurait  été  soit  la  victime  soit  le  héros. 

Zix  neSsras  acasce,  im  très  abondant  ruissellement  (Veau 
<iétant~>  soudain,  proposition  subordonnée  avec  ellipse  du 
verbe  «  être  »  (§  161).  La  subordination  est  marquée  par  le 
sullixe  casuel  -ce  (§  163). 

Zix  i^''-'^  abondant,  épithète  de  neôsras.  Le  mot  peut  être 
rapproché  du  finnois  tûh-và  «  très  large,  très  touffu,  luxu- 
riant ».   Pour  le  z  initial  et  pour  la  voyelle,  §§   72  et  63  I  4. 

Ne0sr-as,  ruissellement  d'eau,  substantif  composé  de  ne9 
eau  et  de  sr-as  ruissellement.  Ne9  est  à  rapprocher  du  hongrois 
nàd-v  «  humidité,  eau  »;  cf.  finnois  neite  «  humidité  »,  (Budenz, 
p.  394,  n°920).  De  ne9  dérivent  les  formes  NeG-u-ns  (F.  2140), 
NeB-u-nus  (F.  2140),  neO-u-ns-l  i^Krall,  index;  cf.  0.  Miil- 
ler-Deecke,  Etrusk.,  II,  p.  54).  Sr-as  est  formé  avec  le  suffixe 
nominal  -as  (§  99),  comme  sarven-as  (§  233),  paxaQur-as 
(§  236).  Le  thème  sr  est  à  rapprocher  du  linnois  sir-a-^  sir-i- 
slà-  »  s'échapper,  couler,  ruisseler  »  (Donner,  1,  p.  186, 
n"  662). 

Ac-as-ce  à  l'état  soudain.  Abstraction  faite  du  suffixe  -ce 
(v5  129,  2),  il  reste  l'adjectif  ac-as,  que  l'on  retrouve  dans 
l'inscription  de  Capoue  (l.  19).  Le  mot  est  formé  avec  le  suf- 
fixe nominal  -as  (§  99)  et  dérive  du  thème  ac,  que  l'on  a  dans 
ac-il  (§  216)  et  dans  ac-nanasa  (§§  231,  233). 

253.  Cre-al-s  est  composé  de  cre  et  de  als.  Le  verbe  cre 
peut  être  rapproché  du  finnois  kar-a-  «  sauter,  courir,  se  pré- 
cipiter »  (Donner,  I,  p.  36,  n"  133).  Quant  à  al-s,  c'est  un 
adjectif  formé  avec  le  suffixe  nominal  -s  (>;  I  I7i  cl  d('i-ivé  d'un 


202  TROISIÈMK    PARTIE 

tli(''me  al,  qui  est  apparente^  au  finnois  «/«  «en  jjas  »  ;  cf.  mord- 
vino  ((la  ;  iionj^rois  a/  (Budenz,  p.  728,  n''  792).  Cre-al-s,  signifie 
donc  proprement  ce  f/iii  est  à  bas  de  course^  et  désigne,  selon 
toute  vraisenn])lance,  une  région  basse  où  Feftet  de  la  pente 
rapide  ne  s'exerce  plus.  L'expression  pourrait  s'appliquer  à  une 
rivière  coulant  paisiblement  au  fond  d'une  vallée  et  recevant 
les  eaux  d'atïluents  plus  ou  moins  torrentueiix.  Une  rivière 
de  ce  genre  existe  précisément  en  contre-bas  des  hauteurs 
où  se  trouvaient  jadis  la  ville  de  Tarqurnn  et  sa  nécropole, 
c'est-à-dire  dans  la  région  même  d'où  provient  l'inscription. 

Cre-al-s  est  le  sujet  d'une  proposition  subordonnée  (§  463), 
où  le  verbe  «  être  »  est  sous-entendu,  et  dont  l'attribut  est 
lucairce,  proposition  tout  à  fait  identique,  comme  construc- 
tion, à  la  proposition  ne0sras  acasce. 

Luc-air-ce  présente,  comme  acas-ce,  le  suffixe  casuel  -ce 
(§  129,  2).  Abstraction  faite  de  ce  suffixe,  il  reste  lue-air,  com- 
posé du  verbe  lue-  et  de  l'adjectif  air.  Le  verbe  lue-  se  rat- 
tache à  la  même  racine  que  le  finnois  llkkii-  <(  être  en  mouve- 
ment, se  mouvoir  »  (Donner,  III,  p.  192,  n°  107o);  pour  la 
voyelle  thématique,  voir  §  04,  U3.  Quant  à  l'adjectif  air,  c'est 
l'équivalent  du  finnoisyV/r-e-i^/,  jar-ke-a  «  puissant,  épais,  fort  ». 
Lueair-ce  signifie  donc  à  ï('ttat  de  puissant  de  mouvement  et 
s'applique  au  courant  de  la  rivière. 

Entre  créais  et  lucairce  sont  intercalés  deux  mots.  Du 
second  on  ne  distingue  nettement  que  les  trois  lettres  finales 
rem;  celle  désinence  paraît  être  une  désinence  nominale 
(§  111)  ;  il  y  a  là  probablement  un  adjectif  employé  comme 
adverbe  (§  156,  1)  pour  renforcer  le  sens  de  lucairce.  Quant 
à  Tarxnal-0,  il  présente  le  suffixe  casuel  -6,  qui  marque  le 
point  de  départ  (i:^  129,  11).  Tar/n-al  est  le  nom  propre  Tarxna 
augmenté  du  suffixe  de  provenance  -al  (§  129,  1);  le  sens  est 
provenant  de  Tarkhna.  Mais  Tarxn-al  peut  être  considéré 
aussi  comme  ayant  la  valeur  d'un  adjeclif  dérivé  de  Tarxna, 
ce  qui  expliquerait  l'addition  du  suffixe  -9  (cf.  §  9).  Tar-x-na 
est  un  nom  d'homme,  qui  signifie  le  fort  (cf.  finnois  tar-ma 
«  force  »).  Mais  c'est  aussi  un  nom  de  ville,  la  forte,  la  forte- 


TEXTES    TKADUITS    ET   COMMENTÉS  203 

resse,  et  sans  doute  le  nom  élriisque  de  la  ville  appelée  Tar- 
quinii  par  les  Latins,  dont  la  nécropole  a  fourni  notre  inscrip- 
tion. J'attribuerais  donc  à  Tarxnal-e  le  sens  de  à  partir  du 
<  coii7\i  d'eau  >  qui  vient  de  Tarkhna,  c'est-à-dire  à  partir  de 
l'endroit  oii  ce  cours  d'eau,  brusquement  grossi  par  une  pluie 
d'orage,  est  venu  impétueusement  déboucher  dans  la  rivière  et 
créer  ainsi  un  courant  d'une  violence  imprévue. 

254.  La  phrase  ipa  ru8cva  caGas  hermeri  (ligne  4)  est  une 
proposition  consécutive  négative;  la  subordination  consécutive 
est  marquée  par  le  suffixe  -ri(§  129,  7)  accoK^  au  verbe  herme 
{§§  163,  164);  la  négation  est  indiquée  par  l'auxiliaire  négatif 
ipa  (§§  27,  28,  lo3).  Les  propositions  consécutives  devant  se 
rattacher  à  ce  qui  précède  (§  166),  il  faut  joindre  ipa  ru6cva 
etc.  à  lucairce. 

RucGva  caSas  paraît  constituer  une  expression  toute  faite  : 
car  on  retrouve  le  même  groupe  à  la  ligne  suivante  '.  RuScva 
est  probablement  une  épithète  de  nature,  destinée  à  préciser 
le  sens  de  caSas.  Le  mot  est  formé  à  l'aide  de  deux  suffixes 
nominaux,,  le  suffixe  -c  (§  100)  et  le  suffixe  -va  (§  123).  Il  peut 
être  rapproché  du  finnois  rùt-ki)  u  pièce,  morceau,  chiffon, 
lambeau  ».  L'adjectif  ru9-c-va  pourrait  s'entendre  fait  de 
pièces  et  de  morceaux. 

Ca6-as  est  un  substantif  en  -as  (§  99),  formé  comme 
ne9sr-as  (§  252).  Le  thème  caG  est  apparenté  au  finnois  katt-a- 
«  couvrir,  protéger  »  (Donner,  I,  p.  11,  n"  38).  Ca9-as  signifie- 
rait donc  proprement  couverture  ou  cloison  étanche.  Etant 
donné  que  le  contexte  semble  indiquer  qu'il  s'agit  d'une  em- 
barcation, il  est  possible  que  ruQcva  caGas  désigne  une  espèce 
de  pirogue  faite  de  peaux  assemblées. 

Herme-ri,  pour  résister,  est  le  verbe  herm-  (cf.  plus  loin, 
1.  7,  8  hermu),  pourvu  du  suffixe  de  destination  -ri  (§  129,  7). 
Le  mot  peut  être  rapproché  du  vogoule  verm-  «  être  fort  »  ;  cf. 
zyrénien  vermi-  «  pouvoir,  avoir  de  la  force,  résister»  (Budenz, 
p.  4o6,  n°  486).  Pour  Th  initial,  voir  §  74. 

1.  Gamurrini  donne  ruOcva  à  la  ligne  4  et  lu9cva  à  la  ligne  5.  Mais  cette 
diversité  n'est  pas  vraisemblable. 


204  TliOISlKMK    l'AlilII': 

Après  la  série  des  j)roj)osilioiis  sul)or(loiin('es  (|ui  vicnnenl 
d'èliM^  analysées,  il  faut  une  proposition  principale.  VA\q.  est 
probablement  représenic'e  par  le  mot  (jui  Icruiine  la  li^ne  4. 
Mallieureuscment  la  lecture  est  incertaine  et  le  sujet  reste 
indéterniin(''. 

255.  Aprinôvale  ruBcva  caOas  /'fn/ôarra/ion  est  entraînée  de 
peu  {c'c?,i-k-d[vc, pefil  à  pclit).  Le  verbe  aprin9vale,  dont  le  sujet 
est  ru6cva  caôas,  est  composé  de  apr  etinOvale.  Le  premier 
de  ces  deux  éléments,  apr,  présente  un  radical  dont  on  retrouve 
Tanalogue  dans  le  bongrois  o.prù  «  menu,  petit  »  (Huden/, 
p.  747,  n"  809).  Quant  au  verbe  in0-va-l-e,  formé  avec  le 
snlfixc  verbal -1  (§  82),  il  vient  d'un  substantif  in6-va,  (|ui  pré- 
sente le  sufïixe  nominal  -va  (i:^  \'1'X).  Le  radical  *in-9-  peut 
être  ra])procbé  du  bongrois  iiidnl-  «  se  mettre  en  bran  h;  », 
i/id'/f-,  «  mettre  en  branle  »(liudenz,  p.  818,  n"8î)8j.  On  peut 
attribuer  à  inGvale  le  sens  de  ai/rr  à  la  </rrirc^  rire  entrniné . 

Paxana-c  alumnaBe  et  d'une  manière  in(p(iétante  deseoid 
le  courant  ;  la  proposition  est  liée  à  la  précédcmte  au  moyen  de 
l'enclitique  de  coordination  -c  (§§  54,  180).  Le  sujet  est  tou- 
jours ru6cva  ca6as.  Le  verbe  al-umnaôe  est  composé  de  al 
e)i  bas  (cf.  plus  liant,  >;  cre-al-s)  et  de  uinna6e,  verbe  dérivé 
de  *\iXQ.- s'écouler,  s'' en  aller  ;  cf.  bongrois  o/y/-/-//t-,  om-ol-  «  s'en 
aller  en  ruines  »  (iindenz,  p.  840,  n"  1)29).  Dans  um-na9-e 
le  thème  *uin  est  augmenté  du  sutlixe  double  -nô  (i^  94)  avec 
un  a  intercalaire. 

Paxana  ennuyeiix,  factieux,  adjectif  employé  adveibialement 
(§  dfjG,  1).  Le  mot  est  formé  avec  le  suflive  -na  (§  114).  l*our 
le  sens  de  paxa,  voir  !^  230  paxa-Suras. 

255  bis.  Hermu  melecravicces  puts  xiro.,  le  fait  de  résister 
est  mauvais  faute  d'être  très  cnergirjuc  de  rame. 

Hermu  résister  est  soit  le  même  verbe  que  herme-ri,  soit  un 
verbe  apparenté  (§  254).  Il  est  ici  employé  substantivement  et 
comme  sujet  de  la  proposition  (§  151).  11  y  a  ellipse  du  verbe 
«  ("'Irc!  »  f!:;  IGl).  L'attribut  est  xi^^»  b'quel  est  explif]né  par 
melecravicces  puts. 

Xim,  mauvais,  est  apparenté  à  une  abondante  séi'ie  de  termes 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  20S 

oiigro-finnois  exprimant  liduc  de  «  ruine,  abaissement,  chute, 
profondeur  »  ;  finnois  kum-o  «  élat  de  ruine  »  ;  kiimo-  «  ren- 
verser, ruiner  »  (Budenz,  p.  110,  n"  137);  le  x  inilial  est  justifié 
par  le  hongrois  homorû  «  concave  »  (cF.  §  70)  ;  pour  la  voyelle 
Ihématique,  voir  §  63,  I,  4. 

Put-s,  défectueux,  insuffisant,  adjeclif  employé  adverbiale- 
ment (§  lo6,  1)  avec  le  sens  de  faute  de.  Le  mot  est  formé  à 
l'aide  du  sulïîxc  nominal  -s  (§  117).  On  trouve  plusieurs  fois 
dans  la  Momie  d'A^ram  (^Krall,  index)  le  verbe  put-e  être  défec- 
tueux, apparenté  au  finnois pr///?^-  «  manquer  »  (Budenz,  p.  529, 
n°  556). 

Melecravicce-S,  de  Facte  d'être  vigoureux  de  rame,  génitif 
de  l'inlinilif  melecravicce  employé  substantivement  (§  151  d) 
et  dépendant  de  puts.  Klant  donné  l'instabilité  de  l'orthographe 
étrusque,  qui  tantôt  supprime  des  lettres  et  tantôt  en  ajoute, 
melecravicce  peut  être  considéré  comme  l'équivalent  de  melc- 
ravce,  lequel  se  décompose  en  melc  -j-  ravce.  Le  radical 
mel-c,  formé  avec  le  suffixe  nominal  -c  (§  100),  |)eut  être  rap- 
})roché  du  finnois  mêla-  «  ramer  ».  Quanta  rav-c-e,  être  vigou- 
reux, c'est  un  dérivé,  à  l'aide  du  suffixe  verbal  -c  (§  80),  du 
thème  *rav,  que  l'on  a  vu  plus  haut  dans  rav-n6-u  être  fort 
[^  238).  Melc-rav-c-e  peut  donc  s'entendre  faire  effort  de 
rame. 

La  suite  du  texte  est  trop  mutilée  pour  pouvoir  être  inter- 
prétée. 


256.  <i.  76  (statue  de  femme  portant  d;ins  les  bras  un  enfant 
('mmaiH(»l('' ;  sui-  le  bras  droit  on  lit  :) 

mi.  cana  LarOias.  zanl.  Velxinei.  se  *****ce. 

Moi  <jp(e~>  voici  </e  suis  t offrande^  de  lAirthia  ;  le  rejeton 
Velkliinei  -^iesty- 

Mi  cana,  formule  (juc  l'on  a  déjà  rencontrée  s;  215. 

Cana  est  une  particule  démonstrative,  dérivée  du  démons- 


20G  TROISIEME    PARTIE 

Iralil"  ca  (voir  5;  188)  à  laide  du  suffixe  nominal  -na  (§  H4). 
Mi  est  le  prouoni  de  la  1"  personne  (^5;^  30  et  132).  C'est  la  sta- 
tue qui  est  censée  parler. 

LarOias,  urnilif  de  LarOia;  il  di'pciid  (ruii  siihsianlif  sous- 
enteudu  signifiant  offrande.  LarSia  est  la  mère  de  reniant  au 
maillot,  lequel  est  une  fille,  comme  le  prouve  le  gcnlilice  Vel- 
Xinei,  féminisé  en  i  (^  104). 

Zan-1  rejeton,  enfant,  ai)i)osilion  au  nom  propre  Velxinei. 
Le  mot  est  formé  à  l'aide  du  suffixe  nominal  -1  {§  109).  Il  peut 
être  rapproché  du  hongrois  tdn-r/od-,  tan -es-  «  végéter  »,  tdn- 
es-td-  «  propager,  faire  pousser  n.  Pour  le  z  initial,  voir  i;  72. 

Il  est  prohahle  que  la  lin  de  Tinscriplion  indiquait  la  situation 
critique  où  se  trouvait  l'enfant. 


257.  Vj.  437  (sur  une  statuette  votive  en  bronze)  : 

"V.  Cvinti.  Arntias.  culpiansi.  alpan.  turce. 

Velia  Qainti,  fdle  d'Arntia,  <iesty-  d'une  voix  aujiië  en  ins- 
tance  sïtppliante. 

V,  abréviation  du  prénom  "Velia,  forme  féminisée  en  -i 
(§  104)  du  prénom  Vel  (Fabrolti,  Glos.sarium,  p.  19H  ;  0.  Mïil- 
ler-Deecke,  Elrusker,  I,  \).  451  etsuiv.). 

Cvinti,  l'oi-me  féminisée  (cf.  C.  3720,  40o0)  du  genlilice 
Cvinte  (C.  10i8). 

Arntia-s,  génitif  de  Arntia,  variante  graphique  de  ArnSi 
ou  Arn0ia  ;  pour  l;i  [)eruiutalion  du  t  et  du  6,  voir  ,5^  (»8.  ArnSi 
ou  Arneia  est  la  forme  féminisée  du  prénoui  Arn6  (.i;  104). 

Culpiansi  est  la  lecture  (pii  résulte  du  fac-similé  donné  par 
le  Corpus.  Cul-pia-n-siy//.svy//'«  r acuité  de  cri,  c'est-à-dire  en 
élevant  la  voix  jusqu'au  son  le  plus  aigu.  Le  mot  porte  sur 
alpan  et  marque  la  détresse  de  la  supplication.  La  désinence 
est  le  suffixe  casuel  -si  (§  129,  9),  (|ui  intli(|U('  le  point  d'arri- 
vée. Dans  cul-pia-n,  le  premier  élément,  cul,  peut  être  rap- 
proché du  finnois  kol-o  «  cri,  bruit,  fracas  »  (Donner,  I,  p.  55, 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  207 

n°  190).  Quant  à  pia-n,  substantif  formé  avec  le  sufïïxe  -n 
(§  H3),  il  peut  t'ire  rap})roché  du  finnois />?//-o  «  pointu,  aigu  »  ; 
pour  l'équivalence  de  Vu  finnois  et  de  Ti  étrusque,  voir  §  63, 
I,  4.  L'a  de  pia  vient  probal)lement  de  la  vocalisation  d'un 
thème  comme  *pij. 

258.  Alpan  turce,  en  instance  suppliante.  Ces  deux  termes, 
isolés  ou  réunis,  reviennent  fréquemment  dans  les  formules  de 
consécration  d'offrandes.  Al-p-a-n,  suppliant,  dérive  de  al  bas, 
que  l'on  a  vu  plus  haut  dans  cre-al-s  (§  253)  et  al-umna6e 
(§  2o5).  Le  thème  al,  augmenté  du  sulFixe  de  dérivation  -p 
(§  84  bis),  donne  naissance  au  radical  verbal  *al-p-  se  baisser, 
être  bas  ;  à  son  tour  le  verbe  *al-p-  donne  naissance  à  l'adjectif 
al-p-a-n  humble,  suppliant,  par  l'addition  du  suffixe  nominal 
-ni§113). 

Tur-ce,  en  instance  ;  la  désinence  est  le  suffixe  casuel  -ce 
(§  129,  2).  Tur  semble  avoir  la  même  origine  qu'une  série  de 
termes  ougro-finnois  exprimant  tous  l'idée  d'une  insistance  que- 
relleuse :  finnois  tor-a  «  querelle,  dispute  «  ;  vepse  tora-da  «  se 
disputer  »;  hongrois  ^or-o/-  «  gronder  »  (Budenz,  p.  2o7,  n°26o; 
Donner,  I,  p.  131,  n"  462). 

Les  mots  culpiansi  alpan  turce  forment  l'attribut  d'une 
proposition  dont  le  verbe  «  être  »  est  sous-entendu  (§  161). 


259.  C.  438  (statuette  de  bronze  trouvée  avec  la  précédente)  : 

"V.  Cvinti.  Arntias.  selansl.  tez.  alpan.  turce. 

Velia  Quinti,  fille  crArntia,  <<<?•'••/>-  aveugle;  <ila~;>  voici  en 
instance  suppliante. 

Cette  inscription  est,  à  peu  près,  identiijue  à  celle  (jui  vient 
d'être  commentée.  Elle  n'en  dilfère  que  par  deux  mots  selansl 
et  tez,  au  lieu  de  culpiansi. 

Selans-1,  attribut  do  la  proposition,  avec  ellipse  du  verbe 
«  être  »  (§  161).  Je  traduis  par  aveucjle .  Le  sens  propre  est 
obscur,  caché,  clandestin  ;  cf.  finnois  sal-a,  sal-ainen  c  caché  »  ; 


208  TliOISlKMK    PARTIK 

sala-ja-  «  cacher,  dissiimilor,  dérobor  à  la  vue  »  (Budenz,  p.  223, 
n°  231).  L'adjectif  selans-1,  dérivé  ào  selans,  est  formé  avec 
le  suffixe  nominal  -1  (§  109).  Dans  sel-a-ns  on  retrouve  le 
même  sulfixe  -ns  (v^  115)  que  dans  sia-ns  (§  223). 

Tez  alpan  turce  conslilne  une  seconde  proposition,  où  le 
verbe  «  élre  »  est  également  sous-entendu.  Pour  l'expression 
alpan  turce  voir  l'inscription  précédente  (§  258). 

Tez  ici,  voici,  forme  adverbiale  du  démonstratif  te  (voir 
§§  136,  195). 


260.  F.  2614'*^''  (sur   la  jambe  d'une  statuette  de  bronze)  : 

mi.  turce.  Vel.  Sveitus. 

Je  <^st(is  l ojfrandp^-  de   Vel  Sveitii  <:^qui  esty-  en  instance. 

Mi,  j)r(»nom  de  la  1''  [)ersonne;  V()ir^§3(),  132,  191,  192,  196, 
256. 

Après  mi  il  y  a  ellipse  du  verbe  «  être  »  (§  161). 

Turce  en  instance,  formule  des  ollrandes  en  vue  d'obtenir 
une  faveur  (§  258).  Le  mot  se  rapporte  à  Sveitus. 

Vel,  prénom  d'Iiomme. 

Sveitu-s  i;('nilif  de  Sveitu.  Il  faut  sous-entendre  un  mot 
comme  chose,  don,  o/frande,  (|iii  entraîne  le  génitif  (cf.  §  256), 

l'our  le  gentilice  Sveitu,  cf.  i;  177. 


261.  V.  2180  (sur  le  manche  d'un  miroir  de  bronze)  : 

Vipia.  Alsinai.  turce. 

Versenas.  Caiia. 

<^La  fcninie^  de  Versena,  Caia  Vipia  A/si/iai  <^esiy-  en 
instance. 

L'inscription  doit  être  lue  de  bas  eu  haut.  Il  n'est  pas  admis- 
sible, en  etTet,  que  le  prénom  Caiia  demeure  ainsi  en  suspens 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  209 

à  la  fin  d'une  phrase.  Il  n'a  Je  raison  d'être  que  s'il  accompagne 
un  gentilice.  Le  gentilice  est  ici  "Vipia  (voir  Fabrelti,  (îlossa- 
rium,  p.  1967  et  1968)  accompagné  d'un  surnom  Alsinai,  qui 
rappelle  le  nom  de  la  ville  étrusque  d'Alsnan  (Dennis,  Cities,  I, 
p.  221),  origine  probable  de  la  famille.  Dans  Alsina-i,  l'i  final 
est  le  suffixe  de  féminisation  (§  104). 

"Versena-s  génitif  du  gentilice  Versena.  Sur  l'usage  du 
génitif  pour  indiquer  le  nom  du  mari,  voir  §§  172,  210. 

Turce  en  instance  (§  258). 


262.  Notizie  degli  scavi,  1895,  p.  242  (sur  un  manche  d'us- 
tensile en  bronze)  : 

d'un  côté  :  eca  cau0as.  Axuias.  versie. 

au  revers  :  Aule  Numnas  turce. 

To/rz  les  gnnissements  de  la  pauvre  Akkiiia.  —  Aide  <ifds 
rtfe>  Numna  <Cest^  en  instance. 

Eca  voici  (§  1 88) . 

CauBas,  pauvre,  misércd)h,  se  décompose  en  eau  +  ^^-S» 
Pour  la  désinence  -6as,  cf.  zila^n-Oas  (§  222),  ten-6as  (§  233). 
Le  radical  *cau  peut  être  rapproché  du  finnois  kô'û-lui  «  pau- 
vre, misérable  »  (Donner,  I,  p.  86,  n°  304).  Cau9as  ([ualific 
Axuias. 

Axuia-s,  génitif  de  Axuia,  dépendant  du  verbe  versie.  Le 
gentilice  Axuia  ou  Axui  est  connu  (C.  4810).  C'est  la  forme 
féminisée  (§104)  du  gentilice  Axu  (c.  3726,  3727,  3728,  4087). 
Axuia  est  sans  doute  la  femme  d'Aule  Numna,  qui  consacre 
r<)tVrande. 

Versie.  Je  traduis  [)ar  les  gémissements.  Le  sens  exact  est 
le  gémir.  C'est  un  verbe  faisant  l'office  de  substantif  (§  151). 
Voici  le  gémir  d'Akhuia  revient  à  voici  que  Akhuia  gémit.  Cette 
construction  est  conforme  aux  habitudes  de  la  syntaxe  ouralo- 
altaïque.  C'est  le  type  de  la  proposition  sous  sa  forme  la  plus 
simple.  Au  lieu  de  dire  le  ph-e  )ueurt.  t^sl  mort  ou  mourra,  on 

14 


210  Ti!(>isii:>ii:   I'akime 

(lil  (lu  jirii'  h-  iiiniirir  -<«,  (I  (''l<''^  011  scra'^'  \  D'aprrs  I(!S  l'èglos 
(IrMInivaloiicG  '^§  7.")  .  versie  corrcs|)on(l  à  un  radic.il  linnois  com- 
mençant par  nn  ii  ou  un  i'i.  On  peut  donc  le  rapproclior  du  finnois 
nr-ina  a  mui'niur(\  livmissoment,  gémissomonl,  vagissement  », 
iiri-sta-  <(  géuiii'  ».  D.ius  ver-s-i-e,  il  y  a  (\v\\\  suffixes  de 
iléi'ivaliou  verbale,  le  sullixe  -s  (v^  80)  et  le  sulïixe  -i  (§  81). 

Numna-s.  génilif  du  geutilice  Numna  (C.  2325),  dérivé  de 
Nuiïia  \i).  ;{M35). 

Turce  <ni  instancr  ;  Noir  i;  2o8. 


263.  F.  2(l().'{  (^inscriplion  tracée  en  cercle  sui'  une  pla([ue  de 
bronze  représentant  eu  bas  relief  une  tôle  de  Méduse)  : 
mi.  suGil.  VelBuriGura.  turce.  Au.  Vel6uri.  Fniscial. 

Moi  Vellhurilhara  <^d('huitl^  à  cùlr  (lu  tnutbeau  -^je  t'ap- 
pf'//el>  avec  inslancn^  Aula  Vclthuri,  /illc  dn  Fnisci. 

Mi,  prouom  delà  1"  personne;  cf.  §§  30,  132,191,  192, 
19G,  2G0. 

su9i-l  ''/  (('ité  <h(  loniheau.  La  désinence  -1  esl  le  sullixe 
casuel,  uiai'(puint  le  voisinage  (§  129,  4).  Pour  le  sens  de  su0i 
tonihcan,  voir  i;  18!).  Su6il  se  rapporte  à  Vel6uri9ura  :  il  faut 
entendre  :  niai  VeUhnrilhura  <iqui  si/i.s'^  à  rùlr  du  tombecm. 

Veleuri-Gura  rojeiun  de  Vehliuri.  Sur  les  noms  propres 
composés  avec  Sur,  voir  i^  23()  ( paxa-6uras  i . 

Turce  en  instance \  cf.  i;  2.")8.  (]ette  instance  implique  un 
appel.  Le  rejeton  de  Vcitlinri,  c'esl-à-dire  le  fils  de  l'e/t/inri^  en 
déposant  sur  le  tombeau,  en  guise  d'ollVande  funéiaire,  le  bas- 
relief  de  bronze  avec  la  tète  de  la  Méduse,  s'adresse  à  sa  mère 
défunte  et  Ftippelle  avec  instance;  les  noms  qui  suivent  sont 


1.  Winckler,  Das  iiraltaisclie  und  seine  Gnippen  (Berlin,  188.")),  p.  34  :  «  Dio 
einfache  Satzform  hattc,  wie  wir  sahen,  ein  an  der  Spitzc  steheniles,  adnominal 
zu  fasscndcs,  Eloiiicnt  mit  daraiif  folgendeui  Verljainoiiien  als  regens,  weichcs 
letztere  nicht  imnier,  aber  mit  Vorliebe  ein  possessif-Suffix  annatim  :  Vateris) 
—  strrljpii  —  'sein).  » 


TEXTES    TliADLlTS   ET   COMMENTÉS  2H 

probablement  une  aposirophe,  mais  une  apostrophe  développée, 
où  figurent  tous  les  noms  de  la  déi'unle,  comme  il  convient  dans 
une  épitaphe. 

Au.  abréviation  du  prénom  de  femme  qui  correspond  au  pré- 
nom masculin  Aule.  La  forme  est  incertaine  (Aula,  Auli,  ou 
Aulia;  voir  0.  Miiller-Deecke,  I,  p.  444). 

VelOuri,  nom  de  femme;  c'est  le  prénom  Velôur  (§  182) 
avec  la  féminisation  en  i  (§  104). 

Fnisci-al  née  de  Fnisci.  Fnisci  est  nu  nom  de  femme.  On 
trouve  aussi  la  forme  Fnesci  [Xotizie,  1885,  p.  17). 


264.  C.  2403  isur  une  slaluotte  de  bronze)  : 

canzate  selvansl  ecn  turce  alpnu  LarOi.  LeGanei. 

Le  fait  de  regarder  <e.5'/>  obscur;  aussi  Lartlii  Lcthanei 
supplie  avec  instance. 

L'ordre  des  mots  est  assez  difficile  à  détoiminer,  à  cause  de 
renchevètrement  des  lignes.  L'éditeur  du  Corpus  propose  de 
]ir(^  l'inscription  de  bas  en  haut  :  ecn  turce  LarGi  LeGanei 
alpnu  selvansl  canzate.  Si  Ion  analyse  de  près  les  fac-similés 
(Conestabile,  Bull,  de  l'Instit.,  1862,  p.  7G  et  Fabretti,  Corpus, 
pi.  XLIV),  on  voit  que  le  graveur  a  d'abord  écrit  les  trois  lignes 
suivantes  :  canzate  |  selvansl  |  ecn  turce.  Puis,  n'ayant  plus 
de  place,  il  a  rejeté  sur  le  côté,  en  doux  lignes  :  alpnu  |  LarGi. 
Enfin,  ayant  encore  à  écrire  le  mot  LeGanei,  il  l'a  glissé,  tant 
bien  que  mal,  dans  le  blanc  ([ui  restait  entre  la  2'=  et  la  3''  ligne, 
c'est-à-dire  sous  selvansl  et  au-dessus  de  ecn  turce.  La  façon 
dont  le  mot  est  gravé  indique  nettement  une  suicluirge. 

Canz-at-e  regarder,  voir,  verbe  dérivé  d'un  radical  *cant, 
apparenté  au  hongrois  Irj.nd-âl-  «  considérer  »,  h'y.ndi-kâl- 
«  reluquer  »  (IJudenz,  [).  i51-4o2,  n"  481).  Le  sullixe  de  déri- 
lion  verbale  -t  (§  87),  ajouté  au  radical  *cant,  a  doniu''  cant-t-; 
d'(ti"i  la  lornie  canz-a-t-,  p.ir  adoucissement  d'un  t  (§  72)  et 
inlercahilion    d'une  voyelle.    Le    verbe    canzate    est    euijiloyé 


212  riioisiKMi':  PAniii': 

subslanlivcnuMil  coinnio  sujet  de  la  proposilion  donl  selvansl 
csl  l'alli'ibul  (i;  161).  11  y  ;i,  ellipse  du  verbe  «  être  »  (i^  151). 

Selvansl,  ohsctir,  Iroiibli-^  esl  évidemment  apparenté  à  se- 
lansl,  (|iie  1  on  a  vu  j)lus  haut  (î^  25!)).  Il  n'y  a  entre  les  deux 
mois  (jutnir  léi;ère  dillerence  dans  le  radical,  sel-v-  au  lieu  de 
sel.  (Pour  la  désinence  -ans-1,  voir  §  259).  Le  radical  sel-v- 
dérive  de  sel,  à  l'aide  du  siillixe-v  (§  88),  que  l'on  a  rencontré 
dans  nacn-v-a  (.^  197). 

Ec-n,  à  causfi  de  cela,  aussi,  est  le  démonstratif  ec  (ou  eca, 
§  188),  augmenté  du  siillixe  casiiel  -n,  (jui  exprime  la  cause 
(iî  '129,  .5). 

turce  en  instance,  c'est-à-dire  avec  'inslancc  (cf.  §  258). 

Alpn-u  supplier,   verbe  dérivé  de  alpan  suppliant  (§  258). 

Le  mot  est  une  foi'me  syncopée  pour  alpanu.  Le  sujet  est 
Larôi  LeGanei. 

Lar6i  prénom  féminisé  (ij  104). 

Le6ane-i,  gentilice  féminisé  également.  Le  même  nom  se 
retrouve  dans  une  épitapbe  de  Chiusi  C.  2402  :  0a.  LeGanei. 
"VelGesa  =^  Thana  Lcthanei,  fetnnie  de  Vellhe. 


265.  C.  445  (sur  un  candélabre  d(»  bronze)  : 
A.  Vels.  eus.  GuplGas.  alpan.  turce. 

De  Aide  Velscu  Fo/franih  <Cesl  /'aite'>  avec  instance  sup- 
pliante. 

A  abréviation  du  prénom  Aule. 

Vels-cus.  D'aj)rès  les  fac-similés,  il  y  a  bien  un  point 
enlri!  Vels  et  Cus.  Mais  c'est  |)robablement  une  faute  du  lapi- 
cide.  Legenlilice  Velscu  est  d'ailleurs  connu  (C.  2123). 

0upl6as  uiiHihilitr,  acte  propitiatoire,  offrande  (cf.  (i.  446 
GuflGas  .  Le  mot  esl  un  substantif  en  -as  i>^  99)  dériv('  d'un 
verbe  Guf-l-G-  rtre  airnablr  (cf.  (^.23il  Guf-1-G-i),  lequel  dérive 
lui-même  de  l'adjeclif  Guf-1  (F.  2335  h)  à  l'aide  du  suffixe  veibal 
-e(§  87).  L'adjectif  Guf-1,  formé  à  l'aide  du  sullixe  noniiiial  -1 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  213 

(§  109),  se  1-amèiie,  en  dernière  analyse,  à  un  thème  *euf,  qui, 
d'après  les  règles  d'équivalence  (§  71),  peut  être  rapproché  du 
finnois  huv-à  «  bon,  bienveillant  »,  hiïv-i-tta-  «  être  favorable 
à  »,  hûv-à-i-llà-  «  caresser,  tlatter  ». 

Alpau  turce  en  instance  suppliante  (§  258),  c'est-à-dire  avec 
2(nc  instance  suppliante  (§  264). 


266.  F.  2603  bis  (sur  une  statuette  de  bronze)  : 
Tite.  alpnas.  turce.  aiseras.  6ufl9icla.  trutvecie. 

Tite  <iest~>  en  instance  de  supplication  :  «  d  majesté  suprême, 
sois  favorable,  sois  constante  de  protection.  » 

Tite,  nom  très  commun  dans  l'épigraphie  étrusque.  11  est 
employé  inditTéremment  comme  prénom  (C.  3415;  4103)  et 
commegentilice  (G.  104,  2854,  4095,  4475  etc.).  Tite  est  le  sujet 
d'une  proposition  dont  le  verbe  «  être  »  est  sous-entendu  (§  161) 
et  dont  l'attribut  est  turce. 

Alpnas  turce  eji  instance  de  supplication,  formule  analogue 
à  alpan  turce  (§  258,  265).  Mais  au  lieu  de  l'adjectif  alpan,  on 
a  alpn-a-s,  génitif  d'un  verbe  *alpn-a  supplier,  dérivé  de 
alpan.  Ce  génitif  dépend  de  turce.  Après  turce  sont  énoncés 
les  termes  de  la  supplication  faite  par  Tite. 

267.  Aiseras  s'écrit  quelquefois  eiseras  [C  2341;  Krall, 
V,  20).  Le  mot  se  décompose  en  ais  +  eras. 

Ais  (ou  eis)  se  trouve  plusieurs  fois  dans  le  texte  de  la  Momie 
d'Agram  (ais,  Krall,  IV,  21  ;  V,  18;  VIII,  16.  —  eis,  X,  10).  Le 
mot  est  apparenté  au  finnois  is-o  «  grand  »  ;  cf.  vogoule  is,  jis 
«  vieux  »  ;  ostiak  is  «  vieux  »  ;  zyrénien  iz-id  «  grand  »  (Budenz, 
p.  824,  n°907;  p.  857,  n°  952). 

Le  second  élément,  qui  entre  dans  la  composition  de  ais-er-as 
est  le  substantif  er-as,  chose  extraordinaire,  formé  avec  le 
suffixe  -as  (§  99),  comme  0upl9as  (§  2G5).  L(î  tlièino  *er  est 
à   ra[)procher  du  finnois  cri-   «  rire  séparé,  disjoint,  à  i)art   », 


214  TUOISIÈME    l'AUTIC 

d'où  ridée  de  «  disliiiuué,  singulier,  exlraoïdinaire  »  (cf.  finnois 
('i'i-iio))iahi('ii   «  adiiiir.il)Ie,   iiiiiiiue  n). 

Le  sens  de  ais-er-as  est  donc  c/iose  extraord'nuiirc  de  fjran- 
deur  ou  majesté  .s(/jjrr///r. 

L'adjectif  correspondanl  à  aiser-as  esl  ais-er  Krall,  IV, 
20)  on  eis-er  Kiall,  V,  10,  14,  15),  termes  phonéiiqiiomciit 
idenliqnes  aux  litres  alc-ap  (Denys  d'IIalic.  LVI,  29)  et  ae.sar 
(Suétone,  Oclav.,  97),  (\\n  servaient  à  désii^^ner  la  divinité  en 
étrusque  [qiiod  acsar  etrusca  liiuiua  dons  vocaretur^  dit  Sué- 
tone). Quant  à  radjeclif  simple  a,is  f/ra/id,  il  répond  à  répilliète 
a'.TO']  indicjuée  par  une  glose  d'Hésycliius  '  comme  étant  une 
qualilicati<in  des  dieux  étrusques  (alo-oi  JitrA  'j-h  T'jppYjVwv).  De 
ces  rapprochements  il  rt'sulle  ([u'aiseras  est  comme  un  titre 
donné  aux  dieux. 

Au  point  de  vue  gramnuilical,  aiseras  n'a  rien  à  voir  avec 
la  pro[)osition  Tite  alpnas  turce,  qui  est  complète  et  se  sullit 
à  elle-même.  D'autre  pari  aiseras  ne  peut  pas  être  le  sujet  de 
6ufl9icla,  parc(^  (|u"en  étrusque  le  sujet  ne  précède  jamais  le 
verl)e  à  un  mode  pcrsonm'l.  11  faut  donc  considérer  aiseras 
comme  un  vocatil.  Tite,  en  consacrant  la  statuette,  apostrophe 
la  divinité.  Il  ne  la  nomme  pas,  parce  (]ue  le  sanctuaire  où 
est  l'olfrande  sutlil  n   indiipior  la  destination. 

Du  moment  quaiseras  est  un  vocatif,  6ufl0icla  ne  peut  être 
qu'un  impératif.  \jQ  mot  si;  décompose  en  6ufl9  +  c-l-a.  Nous 
avons  vu  (ij  26o)  le  sens  du  vei'l)(>  6ufl9-  rtrc  facurable.  Poul- 
ie sufïixe  c-1,  voir  î^  90. 

Trutvecie  sois  c())isl(nil  de prutpclnm,  autre  impératif.  Le  mot 
est  compos(*  :  I"  d(^  tru-t-  protrijcr,  veri)e  (h'rivé  d'un  radical 
*tru(|ue  l'on  relrou\e  dans  le  linnois  tiir-ca  «  secours,  refuge, 
prott^ction  »  ;  2"  de  vec-i-e  rire  fcnnp.  roiistant;  cf.  finnois, 
vfiki  «  ferme,  stahle,  sur  ».  Le  verbe  vec-i-e  est  formé  à  l'aide 
du  sullixe  de  d(''rivation  -i  (.î;  81).  Pour  le  v  initial,  voir  ^  74. 


1.  Vdir  plus  haut,  p.   'Jii.  nutc  1. 


TEXTES    TKADLITS   ET  COMMENTÉS  213 

268.  Ga.,  380  (sur  un  phallus  de  bronze)  : 
cver  turce. 

En  instance  plaintive. 

Pour  le  sens  de  turce,  §  258. 

Cver  plaintif  est  formé  du  radical  *cve  et  du  suffixe  nominal 
-r  (§  116!,  que  Fou  a  déjà  rencontre  dansete-r  (§  199).  Le  radi- 
cal *cve  peut  être  rapproché  du  finnois  kipu  «  douleur  »  ;  cf. 
votiak  keb-er  «  souci,  chagrin  »  (Donner,  I,  p.  82,  n"  291). 

L'inscription  est  impersonnelle.  Il  est  probable  que  les  ven- 
deurs d'offrandes  avaient  dans  leurs  boutiques  un  assortiment 
d'objets  à  inscriptions  banales,  qui  pouvaient  servir  à  tout  le 
monde,  comme  celle-ci. 


269.  F.  2382  (miroir  avec  figures  au  trait  ;  dans  le  nombre, 
Minerve  avec  un  bouclier  sur  lequel  on  lit)  : 

Tite  Cale.  Atial.  turce  Malstria  cver. 

7>/("  Cale  né  d'Atia  <iesty-  en  instance.  Malstria  est  plaintive. 

Tite  est  ici  un  prénom;  voir  §  266. 

Cale,  gentilice;  voir  i;  246  :  Tite-si  Cale-si. 

Ati-al,  né  (UAti  ou  né  d'Atia,  indique  l'ascendance  mater- 
nelle. 

Turce  f^n  instance  {^  2o8). 

Etant  donné  que  l'ollVande  est  un  iiiiioir,  c'est-à-dire  un 
objet  de  toilette  féminine,  il  est  probable  que  la  personne  en 
vue  de  laquelle  l'offrande  est  faite  est  une  femme.  Malstria  est 
probablement  son  nom.  La  désinence  -ia  parait  être  le  suffixe 
de  féminisation  (ij  lOi)  que  Ton  a  dans  Arn0-ia  (C.  3418, 
4218,  etc.),  et  dans  Lar8-ia  (C.  198,  447,  etc.).  Mal-str- est 
un  dérivé  du  thème  *inal  à  l'aide  des  suffixes  -st  (§  97)  et  r 
(s^  85).  Le  thème  'mal-  se  retrouve  dans  le  verbe  mal-e  (Krall, 
VII,  3,  4,  5)  et  dans  les  noms  propres  Malamenas  (G.  177, 
Malavinisa  fG.  2570),  Malavis/  [V .  2475,  2497,  2507,  2508). 

Cver,  pldinlif;  voir  i;  2()8. 


'2\C^  THOISIÈMK    PARTIE 

270.  F.  lOGO  (miroir  de  bronze  avec  figures  au  Irait)  : 
Flere        Pelias        Turia        Nele 

Le  dessin  représente  Nélée  (Nele)  et  Pelias  i Pelias)  rclrou- 
vanl  leur  mrre  Tyro  (Turia)  dans  le  sanctuaire  de  liera,  où, 
suivant  la  légende,  elle  a  été  condamnée  à  remplir  un  office 
subalterne  (cf.  Roscher,  Lexikon  der...  Mythologie,  HT,  1 ,  p.  JOo- 
100).  Dans  un  coin  de  la  composition,  il  y  a  nne  statue  de  divi- 
nité et,  devant  cetic  statue,  nn  autel,  où  se  lit  flere. 

Ce  mot  n'est  pas  un  nom  propre.  On  le  retrouve  plusieurs 
l'ois^  soit  sous  cette  forme,  soit  sous  la  forme  fler  dans  le  texte 
de  la  Momie  dWgram  (Krall,  Index,  p.  57).  Plusieurs  statuettes 
donnent,  dans  rinscriplion  de  consécration,  la  forme  fleres. 
Inscrit  seul  sui-  un  autel,  aux  pieds  d'une  divinité,  flere  a  bien 
l'air  d'être  un  terme  d'invocation.  Le  graveur  l'a  mis  sur  le 
miroir  comme  une  indication,  pour  marquer  que  la  scène  de  la 
reconnaissance  de  la  mère  et  des  fils  se  passe  cà  l'intérieur  d'un 
temple. 

Le  radical  *fle  de  flere  est  le  même  que  celui  du  finnois  pel- 
a-Ma- i<  délivrer,  pr(»tégcr  »  (lîudenz,  p.  510,  u"  535). L'addition 
du  suffixe  nominal  -r  (cf.  et-r  ij  199  et  §  HO)  a  donné  l'adjec- 
tif fler,  protecteur,  tutidaïrc,  d'où  le  verbe  flere,  protéger. 

Flere  ne  peut  être  ici  qu'un  impératif.  C'est  un  appel  à  la 
divinité  du  sanctuaire  :  protège  ou  bien  sois  lutélaire. 

Une  invocation  analogue  à  flere  se  trouve  sur  une  statuette 
votive  (C.  4562),  qui  porte  ce  seul  mot  :  flezru  (ou  flezrl).  Ce 
tei'me  se  ramène  à  la  mèuu'  racine  (jue  flere  et  a  sans  doute 
un  sens  très  voisin. 


271.  C.  4501  (sui-  une  statuette  de  bronze  représentant  un 
enfant  assis)  : 

fleres.  tec  sansl.  cver. 

<iQuil  soity-  protégé  :  <il  est>  de  nouveau  pitoyablement 
phiinlif. 


TEXTES  TBADUITS  ET  COMMENTÉS  217 

Fleres,  ^protégé,  terme  d'un  emploi  très  fréquent  dans  les 
invocations.  C'est  une  sorte  d'appel  au  secours.  Fler-es  est  le 
participe  passé  passif  du  verbe  fiere  (§  270).  La  désinence  -es 
(§  dOl)  est  celle  qui  a  déjà  été  signalée  dans  piut-es  (§  212), 
dans  6u-es  (§  24.3),  dans  car-es  (§  244).  Aucun  sujet  n'est 
exprimé;  il  s'agit  évidemment  de  l'enfant  représenté  par  la 
statuette. 

Tec.  L'éditeur  du  Corpus  donne  tec,  tout  en  reconnaissant 
qu'on  peut  lire  zec;  seulement  il  estime  que  le  trait  carac- 
téristique du  z,  très  légèrement  tracé,  est  un  trait  accidentel, 
et  que  le  t  n'est  pas  douteux.  La  lecture  traditionnelle  est  zec 
(F.  1930;  cf.  Torp,  II;  Lattes,  Correzioni...  al  Corpus,  p.  276). 
Tec  signifie  de  nouveau  ;  ci.  finnois  tak-a  «  ce  qui  est  derrière  », 
tak-ai-sin  «  en  arrière,  en  retour,  de  nouveau  »  ;  hongrois  tâg 
«  hier  »  (Budenz,  p.  196,  n°  208  ;  Donner,  I,  p.  111,  n°  396). 

Sans-1,  lamentablement,  adjectif  employé  comme  adverbe 
(§  136,  1);  la  désinence  est  le  suffixe  nominal  -I  (§  109).  Le 
substantif  san-s,  formé  avec  le  suffixe  -s  (§  117),  dérive  d'un 
thème  *san,  apparenté  au  hongrois  sân  «  regretter,  avoir  pitié  » 
Donner,  II,  p.  51,  n°  729). 

cvev  plaintif  (§  268). 


272.  C.  447  (sur  une  statuette  de  bronze)  : 

LarGia.  Ateinei.  flores,  puantrn  si.  turce. 

<Q«^'>  Larthia  Ateinei  ^soit>  protégée.  A  cause  d'un  pré- 
sage de  malheur  <elle  est>  en  instance  aiguë . 

LarQia  est  le  prénom  Larô  féminisé  (§  104). 

Ateinei,  forme  féminisée  (.^  104)  du  gentilicc  Ateina,  dérivé 
(le  Atei  (C.  4271).  On  trouve  plus  fréquemment  les  formes 
Ataina,  Ataine  (G.  1179,  1610,  2448). 

Puantrn  est  la  leçon  de  Fabrctti  (1055  Ins)  et  c'est  celle  qui 
parait  le  plii>  conforme  au  fac-similé.  Le  Corpus,  d'après 
Deeck<\  doimc  muantrn. 


218  TliOISIÈMli    l'AKTlE 

Puantrn  se  décompose  en  pu  -)-  antr-n.  La  désinence  -n  est 
le  sntïixe  casuel  exprimant  la  relation  de  cause  (§  129,  5).  Pu 
est  à  ra{)pn)chcr  du  hongrois  bii  [hûv]  «  tristesse,  chagrin  »,  bûs 
«  triste  »  (Hudenz,  p.  471,  n"  502).  Ant-r,  substantif  formé 
avec  le  sulfixc  nominal  -r  (§  110),  peut  se  ramoner  à  la  même 
origine  que  le  finnois  ente  «  qui  est  devant,  en  avant  »,  entée 
(ou  cnne)  «  présage  ».  On  obtient  ainsi  |)our  pu-antr-n  le 
sens  de  à  cause  d'un  présarje  fie  malheur. 

SI,  aigu,  .sonore,  épithète  de  turce  en  inslance  (§  238).  Pour 
le  sens  de  si,  vï.  linnois  sel-v/i  «  clair,  net  ».  SI  turce  en  ins- 
tance aiguë  (ou  diine  voir  aiguë)  rappelle  les  formules  alpan 
turce  en  instance  suppliante  (§  258)  et  cver  turce  en  instance 
p/aintive  (§  268). 


273.  {].  301  (sur  une  statuette  de  bronze  figurant  une  femme 
avec  une  coupe  dans  la  main  droite)  : 

Larce.  Lecne.  turce  fleres  uGurla  nueiei. 

Larcr  i.ecne  <^esiy  en  instance  :  «  <Qu'e/ie  soit>  protégée  ; 
F  attitude  i:oiUée  persiste  ». 

Larce  est  ici  uu  [)rénom,  couime  dans  C.  413,  768,  1812, 
2995,  etc.  Au  contraire  on  la  vu  plus  haut  (§  248)  employé 
comme  genlilice.  Lar-ce  a  la  même  origine  qne  le  prénom 
Lar-D.  (Voir  Schulze,  Latein.  Kigrnnam,  p.  83,  84). 

Lecne,  gentilice  ;  cf.  205  et  suiv. 

Turce  en  inslance  (§  258).  Ce  qui  suit  turce  représente, 
selon  toute  vraisemblance,  les  paroles  diles  par  Lecne  dans 
son  ///.s7<'///rr,  c'est-à-dire  dans  sa  prière,  l  ne  rédaction  analogue 
se  lroii\  ('  |)Iiis  he.iit  i;  2()0. 

Fleres  protégé  ^§  271).  Le  sujet  est  sous-entendu.  11  peut 
être  ou  bien  Lecne  lui-nn^'me,  ou  bien  la  femme  de  Lecne, 
figurée  par  la  statuette.  iJans  le  premier  cas  il  faut  traduire  : 
<fpie  je  sois>  protégé;  dans  le  second  cas  :  <qu'elle  soit> 
protégée.  Le  verbe  «  être  »  n'est  pas  exprimé  (§  161). 


TEXTES    TUADLITS   ET  COMMENTÉS  219 

Ce  qui  suit  fleres  explique  pourquoi  Ton  implore  la  protec- 
tion divine. 

U6u-r-l-a  ou  VL^-r-l-a,, persister,  est  un  verbe  formé  à  l'aide 
de  deux  suffixes  de  dérivation  verbale,  le  suffixe  -r  (§  85);  et 
le  suffixe  -1  (§  82);  le  second  u  est  une  voyelle  intercalaire, 
amenée  par  la  liquide.  Le  thème  *u9  est  apparenté  à  celui  qui 
a  donné  le  finnois  od-o-tta-  «  attendre,  traîner  en  longueur, 
durer  ». 

Nuei-ei.  sujet  de  uGurla.  (Test  un  substantif  en  -ôi  (§  122), 
comme  su-6i  (§  189).  Le  thème  *nuei  peut  être  rapproché  du 
finnois  noj-u-  «  se  pencher,  s'appuyer,  être  courbé  »  (Donner, 
III,  p.  18,  n°  877).  Nuei-0i  se  rapporte  probablement  à  quelque 
déformation  de  la  colonne  vertébrale. 


274.  C.  2627  (sur  une  statuette  de  bronze)  : 

eit  piscri  sure 

ArnOalitle  Pumpus 

<<//>  pousse  des  cris  effroyablement  aigus...  fils  dWrnth 
Punrpu. 

Ei-t,  effroijahlemont^  adjectif  employé  comme  adverbe 
(v5  l.o6,l)  et  modifiant  piscri.  Pour  le  sens,  voir  ei-t-va  (^  233). 

Pis-c-r-i  étant  ai(/u,  participe  en  -i  (§  103)  du  verbe  pis-c-r-, 
lequel  dérive  d'un  thème  *pis  à  laide  des  suffixes  -c  (§  80)  et 
-r  (§  82).  *Pis  peut  être  rapproché  du  finnois /;«y-/:e-  «  donner 
im  coup  de  pointe,  piquer  »  ;  cf.  zyrénien  bîc-ki-  «  piquer  » 
(Budenz,  p.  452,  n"  482)  ;  pour  la  voyelle,  voir  §  63,  I  4.  Piscri 
modifie  sure. 

Sur-e,  pousser  des  cris.,  est  apparenté  au  finnois  sor-i-na, 
«  bruit  éclatant  »,  sor-i-sta-  «  faire  un  l)ruit  éclatant  ».  Le  sujet 
de  sure  est  le  personnage  indiqué  par  la  série  des  noms  qui 
suivent.  Son  prénom  est  d'une  lecture  incertaine.  11  est  fils 
à'Arntk  Puni  pu.  Pour  la  construction  ArnQal  Pumpus,  voir 
§§  160,  180. 


220  TROISlKMi;    l'AUTIE 

275.  F.  2613  (sur  une  staluoilo  do  bronze,  dite  1'  «  Apollon 
de  Ferrare  »)  : 

mi.  fleres.  svulare.  Aritimi.  Fasti.  Ruifris.  trce.  clen. 
cexa. 

«  (Juc  jp  suis  protégée  !  »  crie  à  pleine  voix  Fasti  Arilimi  femme 
de  Riiifri.  <Si>  le  fils  est  debout^  il  faiblit. 

Mi  moi:  cf.  §§  30,  132,  191,  192,  190,  263. 

Fleres  protégé  (§  271).  La  formule  moi  protégée  signifie  giie 
je  sois  protégée,  c'est-à-dire  au  secours!  C'est  un  cri  d'appel 
lancé  par  Aritimi. 

Svulare  crier  à  pleine  voix  est  le  dérivé  d'un  radical  appa- 
renlé  au  radical  ougro-finnoisvi',  qui  exprime  l'idée  de  «  son  »  : 
hongrois  sn  (sy.v)  c<  son,  voix  »,  sù-l-  «  résonner  »,  siiv-ôl-tâ-, 
suv-it-  «  hni'lcr,  miigir^  silller  »  ;  finnois  .sy/r-/='/  <(  son  »  (Budenz, 
p.  301,  n"  306;  Donner,  II,  p.  111,  n"  795).  Sv-u-l-a-r-e  est 
formé  à  l'aide  do  deux  suffixes,  le  sullixc  nominal  -1  (§  109),  et 
le  suflixe  verbal  -r  (§  85);  l'u  et  l'a  sont  dos  voyelles  interca- 
laires, amenées  par  les  liquides.  Le  radical  *sv-u-l,  avec  l'idée 
do  son,  sifflement,  se  retrouve  dans  le  latin  suhulo  «  joueur  do 
lliile  »,  dont  l'origine  étrusque  est  attestée  par  Varron  [Ling.  lat., 
VII,  3,  35)  et  par  Festus. 

Aritimi  Fasti,  nom  de  femme,  comme  l'indique  le  prt'uom 
f(''miiiiu  Fasti  (Fabretti,  Glossariu/n,  p.  445-410).  Contrairement 
à  l'usage,  le  prénom  ici  est  placé  après  le  geulilico;  voir  une 
construction  analogue  au  §  182  :  Cuclnial  Oanxvilus.  Le  gen- 
tilice  Aritimi  est  un  dérivé  do  Ari  (C.  1690),  Aria  (C.  861); 
cf.  Ariana  (C.  11).  Le  prénom  Ar-n9  a  la  mémo  origine.  Dans 
Aritimi,  (|ui  est  probablement  une  façon  d'éciire  *Ar-t-m-i, 
on  distinguo  doux  suffixes  de  dérivation  connus,  le  sutlixo  -t 
(s^  87)  et  le  suffixe  -m  (s^  83).  La  désinence  -i  est  le  suffixe  de 
féminisation  (ï;  104). 

Ruifris,  gf-nilif  do  Ruifri,  gontilico  dérivé  do  Ruife  (voir 
!:)  178,1.  Ruifri  ost  le  mai-i  de  Aritimi.  Pour  Tusago  do  mettre 
au  génitif  lo  nom  du  mari,  voir  i;  2t0. 

Trce.  On  pourrait  être  tonte,  au  picmior  abord,  d'assimiler 
trce  à  la  formule  turce,  (|uo  Ion  a  déjà  plusieurs  fois  rencontrée 


TEXTES  TRADUITS    ET  COMMEiNTÉS  221 

ci-dessus  (§  258);  elle  se  présenterait  ici  sous  une  forme  syn- 
copée. Mais  cette  assimilation  est  impossible,  parce  que  la  cons- 
truction régulière  exige  ici  un  verbe.  Sans  verbe  placé  devant, 
le  substantif  clen ///.y  (cf.  §  180)  resterait  en  suspens.  Car  on  ne 
peut  pas  le  rattacher  comme  sujet  au  verbe  cexa  qui  suit,  le 
sujet  en  étrusque  ne  précédant  pas  le  verbe. 

Trc-e,  être  debout,  peut  être  rapproché  du  finnois  tor-o, 
tor-ro,  «  en  hauteur,  en  saillie,  debout  ».  (Donner,  I,  p.  129, 
n"  455).  Au  radical  tr  s'ajoute  le  sulïîxe  de  dérivation  verbale 
-c  (§  80).  Trce  a  pour  sujet  clen. 

Cexa  //  faiblit]  le  sujet  est  le  même  que  celui  de  trce,  c'est- 
à-dire  clen  sous  entendu.  Les  deux  propositions  trce  clen,  cexa 
(clen)  sont  juxtaposées  et  en  relation  conditionnelle  l'une  avec 
l'autre.  Il  faut  entendre  :  si  le  fils  est  debout,  il  faiblit.  Pour  le 
sens  de  cexa,  cf.  finnois  keh-no  «  faible,  débile  »  (Budenz,  p.  43, 
n"  58  ;  Donner,  I,  p.  34,  n°  124). 


276.  F.  2599  (sur  une  statuette  de  bronze)  t 

fleres  tlenaces  cver 

<iQuil  soity-  pruléfjé.  Si  on  lui  fait  plie?'  le  genou,  il  est 
plaintif. 

Yleves protégé.  Sur  cette  formule  voir  §  271. 

Tlenac-es,  participe  passé  passif  du  verbe  tlenac-,  formé 
comme  fler-es  (§  101).  Le  radical  verbal  tlen-a-c-  est  un  dérivé 
(voir  suffixe  -c,  §  80)  du  radical  verbal  tle-n-,  formé  de  *tle, 
comme  lei-n-e  est  formé  de  lei  (^  185;  pour  le  suliixe  -n,  voir 
§  84).  Le  radical  *tle  est  à  rapprocher  du  linnois  tela  «  rouleau, 
cylindre.  |)ivot  »  (Doiiikm',  1,  p.  140,  n"  503).  On  peut  attribuer 
au  verbe  tle-n-ac-  le  sens  àa  pivoter,  tourner.  Comme  le  mot 
se  retrouve  dans  une  inscription  (§  277)  à  coté  d'un  terme 
exprimant  l'idée  de  marche  (menaxe),  le  pivotement  dont  il 
s'agit  est  j)rolial)l('menl  cidui  di'  la  jambe,  c'est-à-dire  le  mouve- 
ment du  genou.  Tlenac-  signifierait  donc  faire  aller  le  genou, 


-)0-) 


THOISlK.Mi;    P.M!  I  11 


plier  le  (jenou^  cl  tlenac-es.  atljcclif  verbal  avec  le  sens  d'un 
participe  passé  [)as>il,  duil  senlendic  ployé  du  (jeuou^  c'est- 
à-dire  qui  subit  l'action  de  plier  le  yenou  ou  à  (jui  Fou  fait  plier 
II'  ip-nou.  Le  mol  pai'ail  avoir  ici  une  valeur  conditionnelle  :  s'il 
est  forcé  de  plier  le  (jenou.  Le  sujel  n'csl  pas  e\j)riiné  :  cesl  la 
p(M"sonne  représentée  par  la  staluctle. 
Cver  il  <iest'^  plaintif .  Pour  le  sens,  voir  plus  haut  ^  268. 


277.  C.  446  (sur  une  statuette  d'enfant  debout,  en  bronze)  : 

Velias.  FanacnaL  GuflBas.  alpan.  mena/e.  clen.  cexa. 
tu6ines.  tlena/eis. 

De  Velia,  née  de  Faïuuna,  l'o/framle  K.esty-  suppliante. 
<Si.>  le  /ils  //tnrehe,  le  (jenou  endolori  faiblit. 

Velia-s,  i^énitif  du  pronom  Velia,  forme  féminisée  de  Vel. 
Le  g('nilif  dépend  de  ôuflGas. 

Fanacn-al  née  de  Fanama.  On  pourrait  aussi  l'appeler 
Fanacn-ei  la  fille  Vanacna;  cf.  C.  3402  Fanakni.  Le  prénom 
et  le  gentilice  sont  cliacun  pourvus  d'un  sullixe  casuel  diflV'- 
rent  ;  voir  sur  ce  genre  de  construction  vii;  160,   180. 

OuflGas  propitiation,  offrande]  cf.  Ji  265  6upl9as.  Il  y  a  ellipse 
du  verbe  "  être  »  (§  161). 

Alpan  suppliant  (§  258). 

Mena/e,  niareher,  est  apparenté  au  finnois  mené-  «  aller»  ; 
cl.  Iiongrois  man-.,  vogoule  uten-,  min-.,  mordvine  maue-, 
ostiak  men-,  man-  (Hudenz,  p.  (ill,  n*^  651).  Dans  men-a-x-e, 
il  y  a  le  sullixe  de  dérivation  -5^(^580);  c'est  le  même  suiïixe 
que  dans  tlenac-es  (§  276)  ;  pour  ré(|uivalence  c  =  X-  ^"'r 
§68  et  §  180  (j^urxles).  Le  verbe  menaxe  a  ])our  sujet  clen 
le  fils^  qui  est  représenté  parla  statuelle.  Il  s'agit  évidemment 
du  fils  de  la  personne  (pii  fait  Tolfrande.  La  priqiosition  menax© 
clen  doit  être  en  tendue  comme  une  proj)Osilion  conditionnelle  : 
si  le  fils  )H  arc  lie. 


TEXTES   TliADLTlS   ET   COMMENTÉS  223 

Cexa  faihUt.  est  impuissant,  voir  Jj  26o.  Le  sujet  est  tlena- 
Xeis  dont  tu6ines  est  répithèle. 

tu9in-es  endolori,  malade,  participe  passé  passif  en  -es 
(§101)  d'un  verbe  tu0in-  dérivé  du  radical  tuS-  à  Taide  du 
suffixe  -n  (§  84).  Le  radical  tu9-  peut  être  rapproché  du  fin- 
nois tietd-^  «  savoir,  faire  savoir  »,  c'est-à-dire  «  sentir,  per- 
cevoir, faire  sentir,  faire  percevoir  ».  Pour  le  rapprochement 
de  tu0-  et  de  tieta-,  voir  §  64  U  .3. 

Tlenax-eis  articulation  de  picotement,  c'est-à-dire  le  genou. 

On  a  vu  plus  haut  i^  276)  le  radical  tlenax-  piloter  sous  la 
forme  tlenac-es;  pour  la  permutation   du  c  et  du  x,  voir  §  68. 

Eis  articulation  est  apparenté  au  hongrois  iz  «  membre  »  ; 
cf.  finnois y^irs-e/ie  «  articulation,  membre  »;  mordvine  àz-nà\ 
votiak/o:;  (Budenz,  p.  829,  n°  914  ;  Donner,  I,  p.  103,  n°  370). 


278.  G.  4196. 

Statue  de  bronze,  un  peu  phis  grande  que  nature,  repré- 
sentant un  homme  debout,  le  front  haut,  le  bras  droit  porté  en 
avant  et  un  peu  levé.  L'altitude  a  quelque  chose  de  celle  d'un 
orateur  à  la  tribune,  d'oii  le  nom  de  Arringatore  (le  haran- 
gueur), par  lequel  la  statue  est  souvent  désignée.  On  croit 
généralement  que  c'est  un  monument  honorifique.  Mais  l'ins- 
cription, gravée  négligemment  sur  le  bord  du  vêtement,  est 
difficile  à  lire,  même  à  petite  distance  ;  elle  ne  convient  pas 
à  un  monument  honorifique,  qui  doit  au  contraire,  ce  semble, 
mettre  bien  en  évidence  le  nom  du  personnage  honoré.  Le 
caractère  de  l'inscription  indique  plutôt  une  consécration 
d'olfrande  (1).  Los  statuettes  votives,  recueillies  en  Etrurie, 
ont  toutes  l'inscription  gravée  de  même,  en  surcharge,  soit 
sur  le  vêtement,  soit  sur  la  jambe,  le  bras  ou  le  dos  de  la 
figure.  L'aspect  de  lu  slalue  s'accorde  d'ailleurs  très  bien  avec 

(1)  Lanzi,  Sri;/>/io  cli  linqua  elrusca,\\,  p.  54". 


22 i  TROISIÈME  PAirni: 

l'hypothèse  d'iino  olIVando  pioiiilialoiio.  C'est  l'image  d'une 
personne  ([ui  adresse  une  piaère.  Le  geste  du  hras  peut  être 
interprété  comme  un  geste  d'adoration.  (Darembcrg  et  Saglio, 
l>i) lionnaire,  I,  \\.  80  et  suiv.  ndoratio). 

Aulesi.  Metelis.  Ve.  "Vesial.  clensi.  cen.  fleres.  tece. 
sansl.  tenine.  tuQines.  j^isvlics. 

Pdiir  Aille,  /ils  (le  Vel  Meteli^  né  de  Vesi.  JJn'il  .soit> 
protégé  par  ceci.  Le  malheureux  est  cloué  [sur  son  lit)  ;  le  canal 
diirine  endolori  résiste. 

279.  Aule-si  est  le  prénom  Aule  avec  le  sulïixe  -si,  mar- 
quant lintenlion  (i;  129,  9). 

Meteli-s,  génitif  du  gentilice  Meteli,  dé|)endant  de  clan 
fils  sous  entendu  (i^  180).  Ou  trouve  le  gentilice  Meteli  surtout 
applicjué  à  des  femmes  (C.  43,  ;3o42,  3558,  3717,  4303).  Ici 
c'est  un  nom  d'homme,  malgré  la  désinence,  en  apparence 
féminisée  (vj  104). 

"Ve,  abréviation  de  "Vel,  prénom  du  père. 

"Vesi-al,  né  de  Vesi,  indique  l'ascendance  maternelle.  Vesi 
est,  comme  Meteli,  un  gentilice  qui  s'applique  indill'éiem- 
ment,  sans  changement  de  forme,  à  des  hommes  (G.  4094-4103) 
et  à  des  femmes  (C.  1370). 

Ce-n  au  moyen  de  ceci  est  le  démonstratif  ca  (du  ce)  aug- 
menté du  sullîxe  casuel  -n,  qui  exprime  la  cause  (i;  129,  5). 
l*our  le  démonstratif  ca,  voir  s^  188.  La  vai'iaiite  ce  est  attestée 
par  la  forme  ce-hen  (i;  195). 

Fleres.  protégé,  c'est-à-dire  t/n'il  soit  protégé  (voir  s;§  271 
cl  suiv.).  Le  sujet  est  Aule  Meteli  sous-entendu. 

Tece  sansl  le  malheureux  est  cloué  [sur  son  lit).  Pour  le 
sens  du  sujet  sansl,  voir  ij  271  .  Tece,  être  appliqué,  cloué,  ne 
pas  pouvoir  bouger,  est  apparenté  au  liunois  taki-sta-  «  appli- 
quer, plaquer,  coller  «  ;  tah-i-stu-  «  être  applicjué,  être  réduit  à 
l'ininiohililé.  languir  »  (Donner,  I,  p.  112,  n"  398). 

Henine  faire  effort,  résister,  verhe  dérivé  du  thème  ten,  (jue 
l'on  a  déjà  rencontré  dans  tenu  être  fort,  être  courageux 
(§  230)  et  dans  ten-Gas  fort  (§  233).  Entre  l'n  du  lliènu'  et 
InsnlPixe  de  dérivation,   il    s'est   développé   un  i  intercalaire. 


TEXTES  TRADUITS   ET    COMMENTÉS  223 

Le  sujet  do  tenine  est  xisvlics   qui  a  pour  épilhète   tuGines. 

TuGines  endolori-,  voir  l'inscription  précédente  §  277. 

xisvlics,  canal  d'urine,  mol  composé  de  xis  et  de  vlics. 
l'oiir  le  sens  de  xis  urine,  cf.  finnois  kuse  «  urine  »  ;  vogoule 
Luz;  tchéréniissc  kuz;  ostiak  xos  \  hongrois  hiid'  (Budenz, 
|).  120,  n°  lirj;  Donner,  I,  j).  20,  n°  67).  Au  sujet  du  rappro- 
cliement  de    x^s  et   de  kuse,  voir  §  63,  I,  4. 

Vl-i-c-s,  catutl,  émissaire,  se  rapporte  à  un  thème  vl  que 
que  nous  avons  déjà  rencontré  sous  la  forme  vls-si  vers  le 
dehors  {%  231).  Dans  vl-i-c-s  il  y  a  deux  suffixes  de  dérivation 
nominale,  le  suffixe  -c  (i;  100)  et  le  suffixe  -s  (i;  117).  L"i  n'est 
pas  organique. 

LoCi'randc  est  à  rinlention  d'un  malade  qui  soullVe  d'une 
léteution  duriiie. 


280.  C.   53  (insci'iption  gravée   sur  l'aile  d'une  colomhe   de 
hronze)  : 

fl.   supri.  manince.   vipinal.  tra    ulxnisla.  clz.  tatanus. 

Quand  le  volatile  forudle  a  di's  petits,  l'animal  guetteur  (/) 
<en>  arrache  du  nid  ;  d'un  autre  côté  la  belette  <en>  saiç/ne. 

û  supri  le  volatile  femelle,  c'est-à-dire  la  colomhe.  Supri 
est  la  forme  participiale  en  -i  (§§  103,  228)  d'un  verbe  supr- 
étre  ailé,  apparenté  au  finnois  s7pe,  slpi  «  aile  »  (Donner,  II, 
p.  69,  n°  7o6)  et  formé  à  l'aide  du  suffixe  verbal  -r  (§  85).  Je 
traduis  fl  par  femelle  :  c'est  l'équivalent  |)honéti(|ue  du  hon- 
grois fél  «  moitié  »,  d'où  le  substantif  fiil-a-sér/-  «  épouse  » 
(Buden/,  p.  506,  n°  533).  La  construction  volatile  femelle  est 
conforme  aux  habitudes  de  la  grammaire  ougro-tinnoise  ; 
n'ayant  pas  de  genre  grammatical,  elle  est  contrainte  de 
marquer  le  sexe  par  une  périphrase.  C'est  ainsi  qu'en  finnois 
owiWi  nais-hoira  «  chien  femelle  »  naaras-harhu  «  ours  femelle  » 
(Buden/,,  [).  392,  n"  418;  Donner,  III,  p.  32,  n"  899).  De  même 
en  vogoule  iiedunt  signifie  «  oie  femelle  »  ;  cf.  ne,  «  femme, 
épouse  ».  (Budenz,  p.  401,  n"  427). 

Manince  à  l'état  de  :  pourvu  de  petits.  La  désinence  est  le 


226  TllOISlKMK    l'AI'.riE 

sulfixe  casuul  -ce  i,^  12!j,  2).  Man-in  esluii  dérivé  du  mulman 
petite  (jiic  l'on  a  déjà  rcncoiilri'  plusieurs  l'ois  (!5§  221,  232); 
man  est  augmenté  ici  du  suUixc  -n  (=rrin),  qui  désigne  le  pos- 
sesseui-  d'une  chose  ;  c'est  le  même  sutiixe  qui  forme  cla-n 
ai/ant  un  niciubre  viril,  enfant  niàle  (^  181),  ainsi  que  anc-n 
ai/anl  une  nu'va  (ij  250).  Les  mots  fl  supri  manince  cons- 
tituent une  sorte  de  coin|)lémeut  circonstanciel  :  lovsf/nc  la 
colombe  a  des  petits.  L'étrusijue  n'ayanl  pas  de  pluriel,  il  est 
probable  que  le  [)arlicipe  supri  a  ici  la  valeur  d'un  nom  coUec- 
tit  et  ([u'il  laul  entendre  la  volaille,  les  roloinbes. 

281.  Vipinal  tra  ulxnisla  le  (jHcLtcur  arrache  du  nid.  Dans 
vipin-al  hors  du  nid,  la  désinence  est  le  suiïixe  casuel  -al, 
marquant  l'origine  (.^  129,  1).  Le  substantif  vip-n  ou  vip-na 
est  à  rapprocher  du  finnois  iippu  «  trou,  caverne,  endroit 
creux  ofi  l'eau  reste,  marécage  »  ;  cf.  apa  «  dépôt  boueux, 
sédiment  »  ;  npo-  «  s'enfoncer^  s'enliser,  être  submergé  )>. 
L'idée  qui  domine  est  celle  de  «  creux  ».  Ici,  le  «  creux  »  dont 
il  s'agit,  c'est  la  cavité  ofi  la  colombe  avait  couvé  ses  œufs, 
c'est-à-dii'e  la  niche  du  colombier. 

Tra  tirer,  arracher  ;  cf.  esthonien  ter-i-  «  tirer  à  soi  »  ; 
lapon  (dialectal)  tuore-  «  tirer  »  ;  mordvine  tar-çja-  «  tirer  ». 
(Donner,!,  p.  133,  n"471);  le  complément  sous-entendu  de 
tra  est,  selon  toute  vi-aiseniblance,  indi([ué  par  le  mot  le 
plus  voisin,  (jui  est  manince  :  ce  sont  lesyy("///s  (|u'on  arrache. 
(]elui  (|ui  les  arrache  est  désigné  par  ulxnisla.  La  désinence 
-sla  forme  des  substantifs  et  des  adjectifs  (?;  119).  Ulxn  est  un 
dérivé  du  radical  *ul,  que  l'on  retrouve  dans  le  hongrois  ol-fil- 
hod-  «  guetter,  dresser  des  pièges,  être  à  l'alfùt  ».  Le  (/aettcar 
est  probablement  un  chat. 

Cl-z,  à  coté,  adverbe  formé  comme  te-z  (Jjv^  130,  259,  310) 
avec  le  suiïixe  advei'bial  -z  (i:;  ITiC»,  3).  Cl  est  apparenté  au  iinnois 
l.i'il-ke  «  coté  n  (lîuden/,  p,  33,  n"  41).  .1  côté  signifie  ici  à  côté 
de  cela,  en,  outre. 

Tat-a  signifie  [)ropremenl  o^^yr/j-,  c'est-à-dire  ici  ouvrir  la 
'jorge,  saigner.  Comparer  le  hongrois  tàt-  «  ouvrir,  rendre 
béant    lîudonz,  p.  180,  n°  204). 


TEXTp;S    THADUirS   ET   COMMENTÉS  227 

Nus  martre,  belette,  sujet  detata.  Pour  le  sens,  cf.  hongrois 
iiii-s-to  «  marlre  »  (Donner,  III,  p.  6,  n°  862). 

La  colombe  de  bronze,  avait  été  consacrée  dans  un  temple, 
en  guise  d'oiïrande  propitiatoire,  pour  arrêter  les  ravages  d'en- 
nemis insaisissables  qui  dépeuplaient  un  pigeonnier. 

En  Italie,  àTépoque  romaine,  les  pigeons  étaient  très  recher- 
chés pour  lalimentation  et  faisaient  l'objet  d'un  commerce 
rémunérateur.  Un  pigeonnier  était,  pour  une  ferme,  une 
grosse  source  de  revenus.  D'après  Yarron  il  y  en  avait  qui 
contenaient  jusqu'à  5,000  oiseaux  (Yarro,  de  re  rust.,  III,  7  ; 
cf.  Daromberg  et  Saglio,  Dictionn.,  l.  I,  2,  p.  1161  ciùus  et  1333 
columbarium).  Il  est  à  croire  qu'à  l'époque  étrusque  l'élevage 
des  pigeons  était  déjà  en  faveur  parmi  les  populations  agricoles 
de  l'Italie  centrale.  On  s'explique  ainsi  qu'un  fermier  toscan, 
lésé  dans  ses  intérêts  et  à  bout  d'expédients,  ait  eu  recours  à 
l'intervention  divine  pour  sauver  ses  couvées  de  pigeons. 


282.  C.  195  (sur  une  urne  funéraire)  : 
mi  murs  ArnBal  Vêtes  Nufres  Laris  Vête  mulune  LaGia 
Petruni  mulune. 

Mui  <.yV  suis  le  tombeau^  du  petit  Aruth  Vetc  Niifre;  Laris 
Vête  adieu  ;  Lathia  Petruni,  adieu. 

Mi,  pi'onom  de  la  première  personne;  voir  !:;§  30  et  132. 

Murs  petit  ;  cf.  hongrois  mor-ta  «  miette  »  (liudcnz,  p.  630, 
11°  673)  ;  murs  est  une  épilhète  qualifiant  Vête  Nufre.  Cf. 
mur  si  i::;  2i2. 

ArnBal  Vêtes  Nufres  désigne  le  défunt  dont  les  cendres 
étaient  dans  l'urne^  ]^e  génitif  Vêtes  est  amené  par  l'idée  sous- 
entendue  de  tombeau  (s^  17i).  Vêtes  est  le  gentilice,  Nufres 
le  surnom  et  ArnBal  le  prénom.  Il  faut  remarquer  la  cons- 
truction ArnB-al  Vete-s  :  le  prénom  et  le  nom  sont  chacun 
pourvus  d'un  sullixe  casucl  dilléient.  Sur  cette  construction, 
dont  il  y  a  de  nombi'eux  exemples,  voir  §§  160  et  180. 


228  TiiOisiKMi:   l'Ai'.iii-; 

Laris  Vête  mulime.  La9ia  Petruni  mulune.  La  (('pétiLion 
(le  mulune  iii(Ii(|iie  une  aiio^^lioplM'.  Laris  Vête  ot  LaGia 
Petruni  sonl  los  parents  dr  Arnô  Vête  Nufre.  L'ciifaiil  iikjiL 
leur  (lil  adieu.  Mulune  signifie  pr()|)i-('nioMl  so/s  /trt/rrf/.r, 
r('Joiiis-/o/.  Li'  mot  a  la  nièiiic  oriiiiue  (pir  le  liiiuois  iii/r/r 
{tnirli)  «  ànio,  esprit,  pensée,  (h'sir  »  (IJuden/,,  p.  i()'j,  n"  iOUj. 
L'idée  d'  «  àuie  »  eonduil,  à  l'idée  de  «  satisfaclion  intérieure  »' 
d(iù  radjeetil"  linuois  niifliilncn  «  agréable  »  et  le  verl)e  mirl- 
lii- v  se  plaire,  se  ri'jouir.  être  heureux  ».  I)aii>^  mulu-n-e,  il 
y  a  un  suflixe  de  dérivation  verbale,  le  sullixe  -n  (J^  84j.  l*our 
le  ra[)procbcnient  du  radical  *mul  avec   le  linnois  mieli    voir 

.i<  6'i.  i:;l 

283.  \)r  cctlc  ('"pilaplie  ou  peut  i'ap|)roclier  l'é-pilaplie  sui- 
vante, (pii  paraît  être,  elle  aussi,  un  adieu  (G.  10."»    : 

mi  Aviles  (?)  Tites  ***uxsie.  mulenike. 

Je  <isuis  le  LonihcdiC^  dArilc    Tilc...    u/.lis'if^    nd'icu. 

Le  nom  de  la  leiiiuie  est  nialheureusemeiit  incomplet;  il  \\  ^'w 
subsiste  (jne  la  lin.,  uxsie.  La  (b'siueiu'e -ie  esl  une  désinence 
féminisée  (§  104);  ])ar  consé(juent  c'est  bien  y\\\\\  nom  j^ropre 
(pi'il  s'agit  et  d'un  nom  d(»  femme. 

Mulenike  se  rauu'Mie  à  mul-n-ce,  c'est-à-dire  au  même 
ladical  \(M-l)al  (jue  mulune,  aui;un'nté  du  sulllxe  casu(d  -ce, 
exprimant  l'état  (s^  12!),  u"  2).  Le  sens  est  :  <.vo/.s>  en  vhti  de 
(  iinh'iih'iiicitl . 

284.  Dans  les  deux  textes  (|ui  pré'cèdent,  le  (b'fnnt  s'ailresse 
à  des  sur\  i\ants.  Voici  maintenant  d'autres  lextos,  contenant 
de  même  la  l'ormule  de  ladieu.  mais  ofi  c'est  uu  \i\aiit  (|ui 
s'adresse  à  nn  unnl. 

Ces  textes  sont  gravés  à  la  pointe  sur  des  p(dei-ies. 

)•'.  III.  :{!)!  :  mini  Kaisie   Bannursi  annat  mulvannice. 

F.  2GI  '(  :  mini  mulveneke  VelGuir  Pupliana. 

Pauli.  /','//•.  Forscl,.,  |||,  p.  :»!)  ;  mi  ni  mulvunke  Laris 
Numenas. 

F.  I,  %\\  :  mine  vitu  ?  muluevneke  Arias  (?)  Cainaia  ?) 
voir  l'auli,  Kir.  Forsrh..  lll.  p.  GO. 

Dans  la  premièi'c  de  ces  inscriptions  nn  mot  attire    tout   de 


TEXTES    TKADUITS   ET   COMMENTÉS  229 

suite  raltonlion,  c'est  Gannursi ',  parce  que  la  formule  est 
connue.  C'est  une  variante  graphique  de  Ganursi,  <.wz.y>  au 
?v7Jo.y,  que  Ton  retrouve  ailleurs  (F.  803  bïs\  Ga.  396)  et  que 
Ton  a  vu  plus  haut  (§  195).  Ganursi  n'étant  pas  toujours 
accompagné  d'autres  mots,  la  formule  se  suffit  à  elle-même. 
C'est  un  souhait  adressé  au  mort  comme  dernier  adieu  et 
inscrit  sur  le  vase  qui  doit  servir  d'olTrande  funèbre. 

Oannursi  étant  un  souhait,  il  est  probable  que  les  mots  qui 
suivent  sont  aussi  une  formule  de  souhait. 

Le  premier  de  ces  mots,  annat,  est  facile  à  décomposer.  De 
même  que  Gannursi  est  pour  Ganursi,  de  même  annat  est 
pour  anat,  adverbe  composé  de  an  et  de  at,  c'est-à-dire  du 
démonstratif  a  (cf.  §  134),  pourvu  d'abord  du  suffixe  -n  (a-n 
§  19o),  pourvu  ensuite  d'un  suffixe  -t,  qui  est  peut-être  un  suf- 
fixe partitif  (Szinnyei,  Finnisch-ugr.  Spracluc,  p.  6o).  La 
langue  étrusque  semble  aimer  le  groupement  des  adverbes 
démonstratifs  :  c'est  ainsi  que  l'on  a  tez-an  (C.  323o,  3432, 
4538).  A-n-a-t  signifie  probablement  ici  maintenant. 

285.  Dans  mulvannice  il  y  a  aussi  un  n  de  trop.  Mulva- 
nice  est,  sans  aucun  doute  possible,  apparenté  à  mulune,  et 
mulenike,  que  l'on  a  vus  plus  haut.  Seulement,  au  lieu  de  se 
rallarlier  directement  au  radical  mul,  il  s'y  rattache  indirecte- 
ment par  l'intermédiaire  d'un  dérivé  *mul-v-  (ou  mul-va; 
voir  i;  123).  Le  radical  *niul-v  donne  le  verbe  mulv-n-  i>;  84), 
lequel,  avec  le  suffixe  -ce  (^.^  129,  2)  donne  mulv-n-ce.  Le 
sens  est  <.sy>«v>-  en  état  de  contentement.  Cela  équivaut  au  vale 
lies  Latins  et  à  notre  atiicii. 

Reste  maintenant  le  début  de  l'inscription,  mini  Kaisie.  On 
pont  renlendre  de  deux  façons,  soit  que  l'on  fasse  du  nom 
piique  Kaisie  (cf.  F.  2261)  un  vocatif,  soit  qu'on  le  considère 
comme  une  apposition  ;i  mi.  De  toute  façon  et  quel  (jue  soit  le 
rôle  grammatical  atlribu('  à  Kaisie,  les  mots  mini  forment,  à 

(1)  Lo  rciloul)lL'uieiit  de  l'n  dans  Oannursi  est  accidentel  et  lient  sans  doute  l'i 
une  manie  du  lapicide;  car  on  le  retrouve  dans  annat  et  dans  mulvannice. 
La  vraie  orthographe  est  Oanursi,  comme  le  prouvent  les  formes  Oana  et  Oania. 
On  ne  trouve  Tluinnla  que  dans  une  épitaplic  en  latin  (C.  2). 


230  TROISIÈME    PAliTli: 

eux  seuls,  une  proposition.  (|ui  (''(|iiiv;iiil.  selon  loulc  vi'aisom- 
blance,  à  nos  formules  :  nie  voici  1  on  liicii  :  rV'.v/  moi 
ou  bien  encoie  :  à  moi  maintenant ,  à  mon  tour.  Ni  est 
probablement  une  particule  aifirmative;  cl',  finnois /in;*  «  ainsi, 
oui  parl'aileuienl  ». 

L'inscription  se  traduit  donc  ainsi  : 

Crst  moi,  Kaisie  ;  repose  en  paix  <C^^>  maintenant  adieu. 

286.  Les  auli'es  inscriptions  sur  vases  se  traduisent  de  nièmcî  ; 
F.  2614  :  mini  mulveneke  VelQuir  Pupliana  ^  cVs/ ///'// .' 

adieu,   Velllitiir  Pupliana. 

Paiili,  Etr.  Forse/i.,  HI,  p.  ')î)  :  mini  mulvunke  Laris 
Numenas  ^~=  ''r^t  moi!  adieu ^  La/is,  //'A  r/r  Smnejia. 

V .  I,  2:U  :  mine  vitu  (?)  muluevneke  arias  (?  cainaia  (?) 
=  c'est  moi!...  adieu... 

On  renia npicra  les  diverses  formes,  mulvannice,  mulve- 
neke,  mulvunke,  sous  lesquelles  s(^  présente  le  souhait  dadieu. 
I*]n  réalit('  c'est  le  même  mot  mulv-n-ce,  prononcé  avec  des 
nuances  euplioni(|ues  (lill'('rentes,  li'S(pu^lles  ont  donné,  à  côté 
(le  Tn,  soit  un  a,  soit  un  e,  soil  un  u.  Quant  à  la  forme  mu- 
luevneke, si  la  lecture^,  est  certaine,  (die  parait  provenii-  d'une 
trans|)osition  de  lettres  due  au  graveur,  ([ui  a  écrit  muluev., 
au  lieu  de  muluve.... 

287.  A  la  S('rie  des  textes  qui  précf'ilent  peut  ('dre  ralla(di('e 
rinsci'iiilion  snivanl(^  ((ia.  771)  : 

mi  muluk  Aviiesi, 
qui  est  grav(''e  à  la  pointe  sur  un  vase  en  forme  d'oiseau.  ÎSon 
qu'il  y  ait  là  I  expression  d  un  adieu,  mais  le  vase,  comme 
ceux  qui  ont  ('d(''  cit(''s  ci-dessus,  est  une  offrande  fnu("d)i'e.  I']t 
|)uis  le  mol  muluk  appaitieni  à  la  même  famille  que  mulune 
etmulvannice.  (l'est  un  d(''riv(''  de  mul  ùme.,  sentiment,  à  l'aide 
dusullixe-k  ou -c  (sj  KM)).  Le  sens  est  vraisemblablement  voi- 
sin de  celui  des  dériv(''s  finnois  mieJu-l;-as.  mielu-inoi 
«  agr(''able,  doux,  suave,  délicieux  »,  d'où  l'idée  de  «  cliéri  ». 
Muluk  ([ualifie  le  nom  propre  qui  suit. 

Aviie-si  /)our  Aria.  La  dt-sinence  est  le  suffixe  casuel  -si 
(ij  12!),  9).  Aviie  est  probablement  le  gentilice  Avei  (C.  457, 


TEXTES   TliAUUllS   ET   COMMENTÉS  231 

4201-4203),  modifié  par  le  suffixe  de  féminisation  -i  ou  -ia 
(cf.  §  104).  Aviie  équivaut  à  *Avei-ie  ou  *Avei-ia,  par  contrac- 
tion Avia  [C  4244). 

Mi  désigne  le  vase,  qui  est  censé  parler.  Le  sens  de  Tins- 
criplion  est  : 

moi  <iie  siiis^  pour  Avia  chérie. 

Le  vase,  par  sa  forme,  par  sa  technique,  par  sa  décoration 
incisée,  qui  prétend  imiter  des  plumes  d'oiseau,  n'était  pas 
une  poterie  banale,  mais  devait  avoir  un  certain  prix  à  l'époque 
archaïque  où  il  a  été  façonné.  Or  l'inscription,  gravée  en  lettres 
irrégulières,  n'a  d'autre  etTet  que  d'en  déparer  la  sui'face.  Elle 
a  donc  été  mise  à  dessein,  afin  d'ôter  au  vase  sa  valeur  mar- 
chande. Un  objet  ainsi  déprécié  ne  pouvant  pas  tenter  les 
voleurs  de  tombeaux,  la  propriété  de  l'offrande  funéraire 
demeurait  assurée  pour  jamais  à  la  défunte  Avia.  Voir  suOina 
(§  196). 


288. F.  2o98.  Vase  peint,  de  fabrication  étrusque,  représentant 
les  adieux  d' Admet e  (Atmite)  et  d'Alcoste  (Alcsti)  entre  deux 
génies  funèbres  qui  s'impatientent  et  menacent.  La  femme  se 
jette  au  cou  de  son  mari.  Dei'rière  elle,  on  lit  : 

eca.  ersce.  nac.  axrum.  flerôrce. 

<CLes^  voici  cruscmblc  au  moment  de  la  séparation  :  «  aimé, 
adieu  ». 

Eca  voici;  cf.  §§  188,  190,  193,  194,  etc. 

Er-s-ce  à  la  séparation.  Déduction  faite  du  suffixe  casuel 
-ce  (si  129,  2),  il  reste  un  radical  er-s,  apparenté  au  finnois  eri- 
«  être  séparé,  disjoint,  éloigné  »  (cf.  ais-er-as,§  267).  La  dési- 
nence -s  est  le  suifixe  de  dérivation  nominale  (§  117). 

Nac,  lié,  uni,  simultané,  adjectif  employé  ici  adverbialement 
(§  l.jG)avec  le  sens  de  simultanément.  Le  tlième  nac,  que  nous 
avons  déjà  vu  sous  la  forme  dérivée  nac-n-va  (§  197),  marque 
l'idée  de  liaison;  cf.  vogoule  neij-  «  lier  »  ;  finnois  nak-a-lo-its- 


232  TuoisiÈMi:  pautle 

«  li(M-.  sorrei-  »  (Donner,  111,  p.  17,  n"  876).  L'expression  eca 
ersce  nSiC  voici  simultanément  à  la  séparation  s'applique  proba- 
blcmenl  aux  paroles  échangées. 

Axrum  aimé  ou  mon  ai  nu'-.  La  désinence  -m  (-um^  peut  èlre 
soit  le  sutïîxe  nominal  -m  >;  111),  soil  le  sullixc  possessif  de 
la  ["personne,  coninie  dans  Velus-um,  Arneial-um  (§§  38- 
40).  Dans  ax-r-  il  y  a  nn  sullixe  de  dérivation,  le  suffixe  ver- 
bal -r  {§  85).  INiur  le  sens  d<'  ax  <lésir,  amour,  cl",  fijinois  ali- 
ku-,  «  s'élancer  vers  »,a/i-nia  «  avide,  vorace,  ii'oni'inand  »,ali- 
)uis  «  avide,  passionné  pour  »,  ah-neus  «  avidité,  désir,  goût, 
passion  ». 
Voir  plus  haut  (§  262)  le  nom  propre  Axu-ia. 

Fler6ce  adieu,  proprement^  <^sois^à  l'étal  de  sain  et  sauf . 
La  désinence  est  le  suffixe  casuel  -ce  (§  129,  2).  Fler-e-r  est 
un  dérivé  de  fler  tutéluire  ou  de  flere  protéger  (§  270)  ;  la  forma- 
lion  est  obscure.  Axrum  flerOrce  sont  les  paroles  d'adieu 
(iu'('rliang('iit  b^s  deux  personnages  ;iu  moment    de  se  séparer. 


289.  Ti a.  30  (vase  à  boire,  à  figures  rouges  sur  fond  noir; 
sous  le  pied,  une  insci'iplion  gravée  à  la  pointe)  : 

fuflunsul  paxies  vel  clôi. 

Le  vin  <^esl^  le  meilleur  inoijcn  (T user  les  ennuis. 

(If.  la  même  inscription  1'.  22.")(l;  I.  |i.  i.')3  suspecte^;  cf. 
(^)rssen,  1,  p.  ^30.  —  Au  lieu  de  clOi.  (lamun-ini  lit  cu6i. 

Fuflunsul  est  p(nir  fufluasl;  le  mot  est  birmé  comme  ne6- 
unsl  (Krall.  Inde.r  .  Lu  a  été  amené  pai'  le  \oisinage  de  la 
li(iuide.  Fufluns,dont  le  nom  se  trouve  sur  plusieurs  miroirs 
à  ligures,  (b'signe  une  divinité  analogue  au  Dionysos  gi'ec  et 
au  liacchus  latin  O.  Miiller-Deecke,  II,  p.  78,  note  136). 
C'est  la  vigne  ou  le  dieu  de  la  vigne.  Fufluns-1,  substantif 
dérivé  de  Fufluns,  (b'signe  ce  (jui  se  rajifiorte  au  dieu  de  la 
vigne  c'est-à-dire  le  vin.  Pour  le  sullixe  nominal  -1,  voir  s<  i09. 

Le  sujet  fuflunsul  a  pour  attribut  le  substantif  cl6i,  formé 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  233 

comme  su-9i  (§  189  et  spure-0i  (j^  234).  Clei  ou,  comme  le 
donne  F.  2400',  clu0i  ,  dérive  du  radical  verbal  clu- apparenté 
au  finnois  kul-u-  «  décroître  »,  kulu-t-  «  ronger,  diminuer, 
user»;  voliak  kul-u-  «décroître  par  usure»  (Fîudenz,  p.  2, 
n''  3;  Donner,  I,  p.  62,  n"  210).  On  peut  traduire  cluOi  par 
moyen  d'user.  Pour  le  suffixe  -Si,  voir  §  122. 

290.  Vel,  placé  devant  cl9i.  ne  peut  être  qu'une  épithète.  Le 
mot  est  l'équivalent  phonétique  (§  73;  du  finnois  ///-  «  au-dessus  » 
(Budenz,  p.  848,  n°  943).  De  là  le  sens  de  le  plus  élevé,  suprême. 
Le  radical  vel  a  donné  naissance  à  un  nombre  infini  de  déri- 
vés et  de  composés.  Tels  sont,  par  exemple,  les  noms  propres 
Vel(,^  236  elc.\  VelGur  §  182),  Velasna  (G.  7),  Velce  G. 
2095),  Velelia  (G.  4933),  VeleOnei  (G.  21lli,  Velimna 
(G.  4298).  Velisna  G.  234),  Velnei  (G.  221).  VelnOe  (G.  316  , 
Velsa  (G.  185  .  Velsi  (G.  4282  .  VelOina  (G.  4538,,  Velusna 
(G.  72),  Velxatina  (G.  227),  Velxinei  (G.  76),  etc.  Tous  ces 
noms  font  sans  doute  allusion  au  plus  oii  moins  àc  hauteur  de 
la  taille.  La  même  idée  de  hauteur  se  prête  à  des  noms  de 
villes,  d'autant  plus  que  la  plupart  des  cités  étrusques  étaient 
des  acropoles.  De  là  les  noms  de  Volaterrae  (en  étrusque 
Vela9ri),  de  l'ô/.ymfi  (en  étrusque  peut-être  Velsuna),  de  Vulci, 
Volcientes  (peut-être  Velce  ,,  de  Velsina  (^Bologne),  que  les 
Latins  écrivent  à  tort  Fe/y/zm  (Servius  ad  AEn.,  X,  198),  par 
suite  d'une   confusion   entre  1'/ latin    elle   digamma  étrusque 

voir  §  73),  lequel  a  en  elTel  la  forme  d'un  F  tourné  vers  la 
gauche.  Enfin,  l'idée  de  hauteur  ex|)lique  le  n^uu  de  ]''ol- 
tumna  ',  attribué  à  la  divinité  suprême  de  IFlrurie,  à  celle 
dont  le  sanctuaire  était    le  centre    politique   et   religieux  de  la 

confédération  toscane  "■. 


1.  Volliimna  est  la  forme  latine  donnée  par  Tite-Llvc  :IV,  2.'i,  "  ;  IV,  Gl,  2  :  VI, 
'1.  i,.  La  forme  étrusque  devait  être  Veltumna  (Cf.  latiu  Volaterrae  =  étrusque 
VelaOri). 

2.  Voir  les  textes  de  Tite-Live,  cités  à  la  note  précédente.  C'est  peut-être  de 
cotte  divinité  S2<j9yé>ne  (Foi^!<w«a),  que  les  Romains   ont    fait  le  dieu   Summanus 

IMiiie.  Il,  32,    138  ;  Saint-Augustin,   de    civ.  clei,  IV,  23),  qui   était    comme  une 
doublure   de    leur  Jupiter,  et  dont   la  statue,  en    terre   cuite,  ornait  le  faîte  du 


2'M  TI'.OISIKME    l'AKTIE 

291.  L"('<[ualion  vi/i  =^  suprrnie  moi/cn  iTuser,  suppose  un 
ilélcrmiiialil' ou  i^ouilif,  indiquanl  la  chose  ([ui  s'uso  par  rolTcl 
(lu  vin.  C'est  celle  chose  que  doit  exprimer  paxies.  11  l'iiiil 
doue  considérer  paxies  uon  comme  un  parlicipe  |)assii"cii  -es 
analogue  à  fler-es  (i;  271),  mais  comme  le  génitif  du  verbe 
lia,x}&  (^o'oi'' df'.s-  amuis,  employé  substanlivemeut  (v^  lol,d). 

Paxie  est  très  voisin  du  finnois  pah-ko  «  nécessité  pres- 
sante »;  cf.  pah-ill-  «  avoir  mal  »  ;  vogoule  pak-  <(  souffrir  »  ; 
hongrois  /ay-  «  avoir  mal  »  (lUidenz,  p.  487,  n"  516).  Mais, 
d'après  les  équivalences  indiquées  j)lus  haut  (§  69\  le  hongrois 
/a;- exigerait  *faxie  en  étrusque  et  non  paxie.  Il  convient 
donc  plutôt  de  rappro(di(M- paxie  du  hongrois  Aa;  «  mal,  décon- 
venue, échec  ».  Le  sens  serait  ttroir  de  la  nialc  chance,  avoir 
(les  r/}/niis. 

Dans  pax-i-e  le  sullixe  -i  est  le  sullixe  fréquentatif  (|ui 
existe  dans  Ions  les  idiomes  ougro-linnois  (i:^s5  81 ,  212  atiu;  cf. 
lîuden/.-Simonyi,  p.  34  et  sui\'.).  On  a  d(''J;i  renconlrcï  la  i"acinc 
pax  dans  paxaeuras  (§  236)  et  dans  paxana  ;?;  255). 

L"inscri|)ti()n  ci-dessus  est  parfailenuMit  à  sa  place  sur  un 
vase  à  boire.  L'idée  qu'elle  exprime  est  un  de  ces  aphorismes 
([uisontd(^  tous  les  temps. 

Lu  ri  pide,.l/cc.v/r,  796-798: 

X7.1  Ta-i'  olo'  60oûv£xa 

•AîOo piA'-c"!  T£  -'.''jXo:;  t'j-fjtoy  7x.'J'^oi>. 

<)\ide,  /l/'.v  anialoria.  1,238  : 

Carn  j aijil  inalla  (Itlailnrcjuc  nicro. 

Martial,  VIII,  51,  26: 

Ut,  jn(/nlctn  curas ^  ranncn  alranujac  hihani. 


vieux  ti-iiiple  (lu  Capitole,  c'est-à-diro  (riin  s;inctiiaire  conslniit  sous  les  Tarquins, 
à  l'époque  (le  rinduencc  étnisque,  et  suivant  la  mode  toscane  tuscanico  more 
(Vitruvc,  III,  3,  ;;). 


TEXTES    THADLITS   ET  COMMENTÉS  235 

292.  F.  2400  d  (inscription  gTavée  au  trait  sur  le  pied  d'un 
cratère)  : 

ituna  Lar6i  Marcel  curieas  cluGi  iucie. 

Encore  (?)  Lavthi  Marrri  :  le  moyen  d*user  la  dou/ciir  <CesO 
le  boire. 

Dans  ituna  te  t  nest  pas  absolument  certain  :  on  le  réta- 
blit d'après  une  autre  inscription  (F.  Il,  72;  cf.  Pauli,  Etr. 
SliuL,  m,  p.  7i,   n"237). 

Ituna  peut  être  soit  un  adjectif  (suffixe  -na  §  114)  employé 
adverbialement  (§  lo6,  1)  et  signifiant  en  addition,  encore, 
soit  un  verbe  à  l'impératif  avec  le  sens  de  ajoute,  c'est-à-dire 
continue  à  verser  du  vin.  Le  sutïixe  de  dérivation  serait  -n  (§  84). 
Pour  \q.  sens.  cf.  finnois  jal-ka-  «  adjoindre,  ajouter,  conti- 
nuer >\  jat-ka,  (exclamation)  «continue,  va  toujours  »,  jat-ko 
«  complément  »>.  L'exhortation  s'adresse  à  la  femme  Lar6i 
Marcel,  dont   le  nom  suit  immédiatement. 

CluBl  moyen  d'user.  Le  mot  correspond,  sans  aucun  doute, 
au  cl0i  de  l'inscription  précédente  (§  289).  A  son  tour  curieas 
correspond  à  paxles.  C'est,  comme  paxie-s,  un  génitif  déter- 
minant cluGi.  Le  verbe  cur-ie-a  a  ie  sens  de  être  malade, 
souffrir;  cf.  hongrois  kt'jr  «  maladie  ».  Dans  cur-ie-a  on 
retrouve  le  suffixe  de  dérivation  veibale  -i  (§  81)  qui  est  dans 
paxi-e.  Seulement  le  suffixe  -i  s'est  ici  développé  en  -ie. 

iNous  avons  donc  sur  ce  second  vase  une  formule  très  voisine 
de  celle  de  tout  à  l'heure.  On  parle  du  moyen  d'user  la  souf- 
france. Mais  ce  moyen,  quel  est-il  ?II  est  évidemment  exprimé 
par  le  dei-nier  mot  de  l'inscription,  par  le  verbe  iucie,  qui, 
employé  substantivement,  sert  d'attribut;  ce  verbe,  selon  toute 
vraisemblance,  doit  avoir  une  signification  rappelant  celle  de 
fuflunsul/^  vin.  Or  iucie,  d'après  l'élymologie  ougro-finnoise, 
a  le  sens  de  boire.  VA.  finnois /«o-  «  boire  »  ;  vepsey'o-  ;  votiak 
ju-\  hongrois  iv-  (Budenz,  p.  826,  n"  911  ;  Donner,  I,  p.  108, 
n°  388).  Dans  iu-c-i-e  il  y  a  deux  suffixes  de  dérivation,  le 
suffixe  -c  (§  80)  et  le  fréquentatif  -i  (i;81). 

Ainsi  les  deux  inscriptions,  celle-ci  et  celle  qui  a  été  précé- 
demment commentée,  présentent,  sous  une  forme  différente,  le 


2;^(>  TIIOISIÈME    PARTIR 

niriiic  iiplKJiisiiio.   IjCs  tlt'ux  iiil('r|ir('(;ilions  se  conlirmciil  l'iino 
rauli'c. 


293.   Xotizic   (lr(jli   srari,    18!)"),    p.   33!)   (sur  une  lame   do 
ploiiil»   : 


Se.  Velsu.  Le.  c.  Le  ....  .  inpa  [ea  picun 

eapintas.  Ae.  Velsu.  Le.  Velsu 

Le.  c.  Ls.  Velsu.  Le.  c.  Le.  Suplu 

Ae.  Suplu.  Ls.  Hasmun 

se.  Cleuste.  Le.  Cleuste.   VI.  Runsau 

Gancuil.  Velsui.  ces.  zeris.  ims.se 

mutin,  aprensais.  inpa.  eapicun 

eapintais.  ceusn.  inpa.  eapicun 

luu.  eapicun.  ces  zeris 

Titi.  Setria.  lautnita 

Sel  lire  \'r/.\/(,  //A  (/f  Lar//i,  fjirth —  Instance   (h  partar/e 

jKnu-  ransc  de  non-jinrhuic  :  Anith  Y  cl  su  ^  Larth  VcJsii^  fils  de 
L'irlh,  Laris  \'c/sii,  /ils  de  Larth,  fjirlh  Su//ln,  Anilli  Suplu, 
Ijiris  llusniuii,  Srlhrc  Cleuste,  Ijirth  Cleuste^  Vid  lîunsuu,  Tha- 
naruil  Vidsui.  —  Sentence  de  la  feniine  faisant  of/icc  d'urhitrc  : 
<'  attendu  (/u'il n  ij  a  pa^  eu partai/e  de  certains  revenus;  attendu 
(ju'il  n' ij  a  pas  eu  partaifc  à  la  satisfuction  des  demandeurs,  le 
partaip'  est  caduc  ».  L' arbitre  <^aeté^>  Titi  Setlirif/,  l'a/fran- 
cliie. 

Liiisci'iplioii  est  muliléo  au  dôhiil,  niais  complMo  à  la  fin. 
La  picmièi'o   li<:;nG  coiilionl    (rahoi'cl  (|U('l(jnos  noms  |)i()pr('s  : 

Se,  ahrt'vialion  du  prénoiu  Se^re  <).  ^liillor.  Deocko.  I.  T, 
p.  40!);. 

Velsu,  f^onlilice  di'jà  connu  sous  la  foriuc  Velsu-sa.  [cminc 
de    1V'/.S7/  C.  1872)  ;  cf.  C.    i022   Velsunia. 

Le,  al)i('vialion  du  piv-noni  Lare. 

c,    al)i('vialiun  de  clan ///.v  (?;  180), 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  237 

Le  premier  personnage  mentionné  est  St^Uire  Vcisu,  fils  do. 
Larth  <iyelsiC>.  Pour  le  second  personnage  nous  n'avons  que 
l'abrévialion  L9  {=  LtS^rBal  ft/s  de  Larth).  Le  genlilice  Velsu 
se  retrouvant  plus  bas  aux  lignes  2,  3  et  6  (Velsui),  il  y  a 
lieu  de  croire  que  l'inscription  se  rapporte  à  une  seule  et  même 
famille,  divisée  en  deux  groupes  :  le  premier  groupe  compre- 
nait les  noms,  presque  tous  disparus,  qui  étaient  cités  avant 
la  formule  inpa  eapicun  Gapintas  de  la  ligne  1-2;  le 
second    groupe  embrasse  U>s  noms  des  lignes   2  à  G. 

294.  La  formule  inpa  Gapicun Gapintas  va  nous  faire  voir  de 
quoi  il  s'agit.  Cette  i'oi'mule  contient  d'abord  l'auxiliaire  néga- 
tif i  (voir  ^27,  28  246  :  in)  renforcé  de  rencliti(|ue  -pa(cf.  ipa, 
s^.  254),  mais  avec  intercalation,  enlre  i  etpa,  du  suffixe  casuel 
-n  (§  129,  5),  qui  marque  la  cause,  le  moyen.  I-n-pa  signifie 
àowQ,  par  le  fait  que  n  existe  pas  ;  il  introduit  une  proposition 
causale  ou  explicative. 

Ce  dont  on  nie  l'existence  c'est  évidemment  la  chose  exprimée 
par  Gapicun,   qui   suit    immédiatement. 

Qa,pic\in,  division  en  parts,  est  un  substantif  formé  à  l'aide  du 
sutfixe  nominal  -n  (§  113).  Le  verbe  Gapicu,  dont  il  dérive,  est 
composé  de  Gap  et  de  icu.  Le  thème  Gap  peut  être  rapproché  du 
iïnno'is  liajj-l-a-  «  fi'ai)p(;r  »  ;  cf.  mordvine  sa/ji-  «  fendre,  faire 
une  entaille  ».  sapa  «  encoche  »  ;  lapon  rappa-  «  découper  »  ; 
hongrois. vc//»  «  blessure  »  (Hudenz,  \).  263  et  334  ;  n"'  269  et  342  ; 
Donner,  II,  p  100,  n'^  781).  Quant  à  icu,  diviser,  c'est  l'équi- 
valent du  finnois  yrt/,Y<- «  |)arl;iger  »  (Donner,  I,  p.  97,  n"  354). 

La  proposition  causale  inpa  Gapicun  explique  Gapintas, 
qui  constitue,  à  lui  seul,  la  proposition  principale,  soit  (piil 
faille  sous-entendre  le  verbe  «  être  »  (§  161),  soit  qu'il  n'y  ait 
pas  de  verbe  du  tout,  le  substantif  Gapintas  étant  simplement 
l'énoncé  d'un  fait,  à  la  façon  d'une  tôle  de  chapitre. 

Dans  Gap-int-as,  on  retrouve  le  radical  Gap  partager,  que 
l'on  vient  de  voii-  dans  Gap-icun.  La  seconde  partie  du  mot, 
int-as  c^t  1111  stibstiinlil'  veilial  l'orme  comme  sarven-as 
i§  233;  cf.  §  99),  paxaGur-as  (s^236;>,  neGsr-as  (§  252),  caG-as 
(§  254),  GuplG-as   iv<  265),   aiser-as  (5;  266). 


23S  TKOISIÈMi:    l'AI'.TIE 

Le  radical  int-  jieiil-rtre  lapproclit'  du  lioiit;iois  ind-'it-,  i/id- 
ûl-  <(  mettre  ou  se  mettre  en  momeinenl  )>  (lUidciiz,  p.  818, 
II"  898).  Intas  signilie  proprement  niisc  en  mouvi^nient,  ins- 
tance^ et  correspond  au  latin  aclio  «  procédure,  procès  ». 

Ainsi  kl  division  en  deux  groujx's  des  memjjres  de  la  famille 
Velsu  vient  de  ce  qu'il  y  a  un  procès  eu  Ire  eux.  La  formule 
inpa  Gapicun  GapinGas  est  le  rappel  du  lilii;(>  :  en  /'ai\o/i  de 
ce  qitil  ni/  a  jhis  eu  parldijc^   inslancc  de  p(ii'laij(^. 

Après  Gapintas  vient  une  séri(;  d<'  noms  propres  indi([uant 
sans  doute  les  personnes  ((ui  l'ont  le  procès.  Ces  personnes  sont 
ap[)arentées  entre  ell(;s,  [)uis(|ue  lénuméralion  commence  par 
un  Velsu  et  tinit  par  une  Velsui.  Nous  avons  là  les  membres 
de  la  famille  qui  ont  été  lésés  dans  leurs  inlérèls  j)ar  la  conduite 
incorrecte  du  Sethre  Velsu  de  la  1"  ligne.  I^]n  voici  les 
noms  : 

r  Arne  Velsu. 

2"  Deux  frères  :  Lar6  Velsu,  lils  de  Lar6  iL9.  c.=  LarGal 
clan)  et  Laris  Velsu,  lils  de  LarG  (LG.  c).  Os  deux  frères  sont 
probablement  les  neveux  du  précédent  et  représentent  leur 
père  décédé. 

3°  Deux  frères  :  LarG  Suplu  <d  ArnG  Suplu.  lils  d'une 
Velsui  et  d'un  Suplu. 

4"  Laris  Hasmun,   lils  ou  mari  d'une  seconde  Velsui. 

5"  Deux  frères:  SeGre  Cleuste  et  LarG  Cleuste,  lils  d'une 
troisième  Velsui  et  d'un  Cleuste. 

(*»"  Vel  Runsau,  lils  ou  nuiri  d'une  (lualrième  Velsui. 

7"  Kniin  Gancvil  Velsui,  non  mariée. 

295.  Dans  la  |)lirase  ces  zeris  ims  se  (  lii^iie  G)  il  est  aisé  de 
reconnaître  un  i^énilif  im-s  d('q)endant  de  se.  J*our  le  sens  de 
im  fcninif,  cf.  ostiak  h/t-a,  nn-i  (*  femnu'  »  ;  linnois  cmd 
((  mère  »  ;  lioui^rois  nnin  «  fcmtdle  »  (lîuden/,  p.  78'{,  n"  8M1). 
Se  est  identi([ue  au  linnois  sy/V/  «  disj)osition,  ordre  régulier  », 
d'où  le  à(iv\\iS  .sdd-ntô  «  règle,  loi,  prescription,  décret  )>.  Ims 
se  peut  donc  se  traduire  par. svy? //"y? rr  de  !a  femme AAAU^U'Uwwa 
est  déterminée  par  les  mots  ces  zeris,  qui  précèdcnl  ims. 

Ces  jmisi/de    est  apparenté   au    linnois   kesii  «   doux,  ai)pri- 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  239 

voisé  »  (Budenz,    p.  8,  n"  12  ;  voir  plus  liant  le  verbe  ces-u 
être  en  repos  (§§.  18(»,  187). 

Zer-is  est  un  adjectit"  verbal  [nunieii  ayenlls],  formé  avec  un 
suffixe  -is  (§  107),  analogue  à  celui  que  Ton  observe  dans  les 
mots  finnois  kual-iaise  «  obéissant,  qui  obéit  »,  alka-jaise 
«  commençant,  qui  commence  »,  ainsi  que  dans  les  formesy?/- 
fv'  «  buveur  »  kors-u  «  cbercheur  »  du  zyrénien-votiak  (Budenz- 
Sinionyi,  p.  192  et  197).  Le  radical  zer  est  à  rapprocher  du 
hongrois  tor-  «  briser,  rompre,  interrompre  »  (Budenz,  p.  233, 
11°  243  ;  Donner,  I.  p.  134.  n"  474  ;  pour  le  z  initial,  voir  §  72). 
L'expression  ces  zeris  veut  dire  proprement  interrupteur  pai- 
sible, trancJu'ur  paisible,  ces  ayant  une  valeur  consécutive, 
c'est-à-dire  signifiant  de  façon  à  rendre  paisible.  En  d'autres 
termes  ces  zeris  désigne  une  personne  qui  tranche  un  litige 
de  façon  à  apaiser  les  parties  ;  c'est  une  sorte  d'arbitre. 

296.  Les  lignes  7,8  et  9  contiennent  la  sentence,  laquelle 
comporte  des  considérants  (lignes  7  et  8)  et  une  conclusion 
(ligne  9). 

Il  y  a  deux  considérants  :  on  les  reconnaît  aisément  à  la  for- 
mule inpa  eapicun/>«r  le  fait  que  {=  attendu  que)  il  ny  a  pas 
eu  division  en  parts  [\o'\v  ligne  1). 

Le  premier  considérant  fait  valoir  que  certaines  choses  ont 
été  distraites  de  la  masse  à  partager  et  par  conséquent  détour- 
nées au  détriment  des  demandeurs.  Ces  choses  sont  désignées 
par  mutin  aprensais. 

L'adjectif  mutin  qudquo  est  à  rapprocher  du  finnois  mû 
«  autre  »,  d'où  le  dérivé  niu-ta-uia  «  un  certain  autre,  quelque 
autre  »  ;  cf.  lapon m?^-//-ey«  «  nonnullus  »  ;  vogoule  mol  «  autre  », 
môt-en  «  aller  »  (Budenz,  p.  (i04,  n"  G43).  Mu-t-ia  est  consti- 
tué, comme  le  finnois  mûtama,  par  un  radiciil  mu,  auquel 
sont  accolés  deux  suffixes  pronominaux  ougro-finnois,  le  suf- 
fixe -t  dahord  Budenz-Simonyi,  p.  289  etsuiv.),  le  sutlixe  -m, 
ou  -n  cnsuilc  dJudcuz-Siinoiiyi,  [).  287).  L'adjectif  mutin  ([ua- 
lifie  aprensais. 

Aprens-ai-s  est  un  génitil'dépendaiit  du  substantif  Gapicun. 
Abstraction  l'aile  de  l-s  liual  ([ui  est  la  marque  du  génitif,  la 


2'l()  TROISIKMK    PAlîTIE 

désinence  ai  esL  l'équivalenl  pliuiirliqiie  du  sullixe  parlicipial 
-i  (5;.   103  ;  ougro-finnois  -/')  ;  cl',  i;  ij""». 

Aprens-  est  composé  de  apr,  pflil,  )nf'ini  (voir  i;.  2.'),")  apr- 
inGvale)  cl  de  ens-,  radical  vei-hal  apparenté  au  finnois  ans-ai- 
«  mériter,  i;agner  »,  ans-io  «gain  ».  Le  |»aiiicipo  apr-ens-ai 
peut  donc  sinlerpréter  ce  (jtii  se  (icuiiic-pclU^  cest-à-dire  /r? 
iiifj'rrts,  los  revenus.  Le  lexte  ne  dit  pas  de  (jucls  revenus  il 
sagil.  Voici  donc  le  premier  considérant  :  attendu  (juil  n' ij  a 
pas  eu  répartition  de  certains  revenus. 

297.  Le  deuxième  considérant  se  réfère,  non  plus  à  des 
délournemenis  avérés,  mais  à  la  façon  dont  s'est  l'aile  la 
r(''[)arlilion  des  revenus  non  détournés.  Cette  l'épartilion  a  été 
plus  on  moins  arbilraire,  el  les  intéressés  n'ont  pas  élé  con- 
leuls.  Le  Icxie  dit  :  attendu  (ju'il  n'ij  a  pas  eu  répartition  faite 
à   lu  salixfaetion.  des  demandeurs. 

Inpa  Bapicun,  voii-plus  haut. 

Le  génitif  6apint-ai-s  est  à  rapprocher  du  génitif  aprens- 
ai-s.  Les  deux  mots  ont  le  même  snlïixe  participai  -ai  [nomen 
a(jentis).  D'après  le  sens  attribué  plus  haut  au  verbe  Gapint-,  le 
parlicipe  0apint-ai  signifie  celui  qui  fait  un  procès  de  partage, 
cest-à-dii'C  le  demandeur  du  procès  en  partage.  L'étrusque  ne 
faisant  pas  la  disiinclion  du  pluiiel  el  du  singulier,  on  peut 
traduire  |)ar  les  denmndeurs.  Le  génitif  Sapintai-S  dé[)end  de 
ceusn. 

Ceus-n  ''/  la  satisfaction  de,  adjectif  pourvu  du  sullixe  ad\ei'- 
bial  -n  (i;.  io(),2).  Pour  le  sens,  cf.  hongrois  l,dz-on-  «  remer- 
cier »  (Donner,  L  p.  27,  n"  !I7). 

A|)rès  les  considéi'anls,  vient  la  sentence  (ligne  9)  luu 
Gapicun  la  répartition  <C '"•'>•/>  caduque.  Le  verbe  luu  être 
caduc  peut  être  rapproché  du  finnois  lieddiu-,  lip-Lu-ht-, 
«  branler,  vaciller,  chanceler  »  (Donner,  III,  p.  192,  n"  lOTo). 
l'<»ur  la  voyelle,  voir  i;.  ()1.  V  .'{. 

Les  derniei's  mots  de  linscriplion  sont  comme  une  signature  : 
rarbitre  (ces  zeris)  est  Titi  Setria  l^iffranchie.  i*our  l'interpré- 
lalidu  (le  ces  zeris,  voir  plus  haut  v^  295. 

Titi  est  le  [)rénom  Tite  féminisé  en  -i  ^§.  104). 


TEXTES   TlîADUITS   ET   COMMENTÉS  241 

Setria  variante  graphique  de  Seôria,  forme  féminisée  du 
prénom  Se6re.  Ici  Setria  est  employé  comme  genlilice  ;  de 
même  dans  C.  39ii,  41  iO. 

Lautnita  on  lautniGa  C.  808)  est  un  dérivé  de  lautni affran- 
chi. Le  mot  s'applique  toujours  à  des  femmes.  L'origine  du 
du  suffixe  -6a  est  obscure. 


298.  Ploml)  de  Magliano. 

Milani,   Monumenli  aniichi.  t.  II,   p.  37    et  suiv.    (Lame  de 
ploml),  couverte  de  lettres  sur  la  face  et  au  revers)  : 
Face  A  '  : 
\ .  cau6as.  tu0iu.  avils.  LXXX.  ez. 

2.  5^ini9m.  cas9ial9.  Iac9.  hevn.  aviL 

3.  nesl.  man.  murinasie  falza9i. 

4.  aiseras.  in  ecs.  mené.  mla9ce  marni.  tu9i.  tiu. 
D.  xiiïiôiïi-   cas9ial9.  Iac9.  marisl  menitla  afrs. 

6.  ci.  alaG.  ximôm*  avilsx-  eca.  cepen.  tu6iu.  9ux- 

7.  ixu.  tevr.  hesni.  mulveni.  e9.  tuci.  am.  ar.... 
Face  H  : 

8.  mlax  9anra  calu  se. 

9.  ecnia.  aviL  mimeni  cac.  marcal  urcac. 
10    e0.  tu9iu.  nesL  man. 

M.  rivax-  lescem.  tnucasi. 

12.  suri.  seis.  teis.  evitiuras.  mulsle  mlax 

13.  ilaxe  tins.  Iurs9.  tev  liuviGun.  lursG  sal 

14.  afrs.  nac  vs. 

Face  A  (consultation  faite  à  la  divinité)  : 

Lf  prre,  àfjé  de  80  ans,  souffre  miser ablenu' ni.  Hélas!  depuis 
la  défaillance  qui  a  suivi  f  hiver  ('^j,  le  tremblement  <iest~>  per- 
sistant.   La   nourriture    est    coupée   en    tout  petits  morceaux; 

1.  I/insciiption  est  gravée  en  colima(;on.  Il  n"y  a  pas  de  division  en  lignes  et 
le  signe  de  ponctuation  manque  (luclqucl'ois  entre  les  mots.  Je  divise  et  numé- 
rote pour  la  coinuiodité  du  commentaire. 

10 


242  THOISIK.ME    PARTIE 

<^7)iais\>,  o  mdjeslé  suprême,  comme  il  n'y  a  pas  mouvement  de 
mâchoire,  elle  demeure  à  l ouverture  [du  (josier),  Fafpjlomcrat 
</e>  fait  souffrir.  Hélas!  depuis  la  défaillance  qui  a  suivi 
rhiverif),  le  pelit  père  est  e.rtrémi'menl  traînant  de  marche.  A 
la  suite  de  deux  chutes  hélas!  voici  que  rapidement  l épaule  est 
<^devenue^  très  douloureuse .  Les  cfémissements  sont  fréquents. 
La  bonne  humeur  a  disparu.  C'en  est  fait  d'un  sommeil 
tran(juitle. 

Face  B  (réponse  de  la  divinité)  : 

Sois  bien  trcmq  aille  :  il  faut  peu  de  chose.  <^Siy>  l'inertie  de 
mâchoire  est  persistante,  <:^que^  la  nourriture  <^soit^  une 
purée[?),  une  purée  de  «p'aines  convenable  de  mesure .  A  partir 
de  ce  moment  la  douleur  <^sera^  très  petite.  In  (plumeau 
venant  accidentellement  éi  étouffer  [le  vieillard),  <isi^  une  cou- 
pelle d'eau  fraîche  est  versée  lentement  [dans  la  bouche),  le  pas- 
sacje  <^sera^  bon.  <CS'il'^  subsiste  une  trace  de  contusion  enflée, 
au  ntoijen  de  frictions  qrasses  la  trace  de  c(mtusion  <^sera^ 
peu  épaisse.  Le  petit  père  <^sera^  en  même  temps  gentil. 

Liçjne  1.  CauOas  misérable,  adjectif  pris  adverbialement 
(i^  I.jC,  1).  On  a  déjà  l'eiicontré  ce  mot  >;  2G2). 

TuSiu  souffre,  voi'be  dérivé  de  tu9-i,  faire  mal  (voir  plus 
bas,  ligne  ï).  Nous  connaissons  déjà  un  autre  dérivé  de  tu6i,  le 
participe  itassiC  tu6i-n-es  endolori,  malade  (i^i;  277,  279). 
TuBiu  a  pour  sujet  ez. 

Avils  LXXX  ez,  le  père  de  Si)  <Cans'y  d'àye.  Avil-s,  géni- 
tif de  avil  énje,  durée^  durable   (voir  i;   177). 

Ez,  père,  est  réquivaleni  |)li()ii(''li(|ue  (5^  72)  du  finnois  ati 
«  père  »  et  du  hongrois  at  x  (liudejiz.  |».   700,  n"  82G). 

Ligne  2.  Ximem  se  décompose  en  xim  +  6  +  m.  On  a  déjà 
vu  le  lliènie  xim  fivee  le  sens  de  mauvais,  malheureux  (§  255 
bis).  Le  substantif  xim-ôj  formé  avec  le  sutiixe  nominal  -9 
(§  120),  signifie  malheur.  Quant  à  la  désinence  -m,  c'est  pro_ 
bablement  le  suffixe  possessif  de  la  première  personne  (§  43)  ; 
•'  "">  pour  xini-6-m,  le  sens  de  mon  malheur!,  cri  de  désespoir 
analogue  à  hei  inil>i !  hélas!  La  répétition  de  ximôm  ^i  1^» -% 
o''  et  G'  lignes  île  l'inscription  ne  s'explique  que  par  l'hypothèse 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  243 

d'une  exclamation.  L'hypothèse  est  encore  cunhrmoc  par 
Taposlroplie  aiseras,  ô  majesté  suprême^  de  la  ligne  4;  pour  le 
sens  de  aiseras,  voir  plus  haut  §  267. 

299.  Cas6ial6  lac6  hevn  avil  le  iremblemenl  <ifjm  scst pro- 
duil^  après  la  défailUuice  consikuticc  ù <Cesty>  per- 
sistant. Dans  cette  proposition,  il  y  a  ellipse  du  verbe  «  être  » 
(§  161).  Le  sujet  est  hevn  et  Tatlrihut  avil.  Le  sujet  hevn  est 
déterminé  par  lacO,  qui  lui-même  ('>t  déterminé  par  cas9ial6. 
Pour  le  seus  de  avil  durable,  cltroni(/tir,  persistant^  voir  §  177. 

'H.evji  tre/nble/nent  est  un  substantif  formé  avec  le  suffixe  de 
dérivation  nominale  -n,  (ij  113)  comme  Gapicu-n  §  294).  Le 
llième  hev  corres})ond  à  celui  qui  a  donné  en  finnois  vOpjin- 
((  vaciller,  branler,  être  agité  »,  vapa-  «  trembler  »,  vap-ise- 
«  trembler  »,  vajj-era  «  vacillant  ».  Le  tremblement  du  vieil- 
lard l'empêche  de  prendre  lui-même  sa  nourriture. 

Lac-9  équivaut  à  une  épithcte  :  venue  à  la  suite  de  la  fai- 
blesse. Le  9  final  est  le  suffixe  casuel  qui  marque  le  point  de 
départ  (§  129,  11).  Pour  le  sens  de  lac  défaillance,  syncope  i^^.)^ 
cf.  finnois  lak-at-  «  décroître,  dépérir,  cesser  »,  lak-astu-  «  dépé- 
rir »  (Donner,  IlL  p.  174,  n°  1060). 

Cas9ial-9  a  le  môme  suffixe  casuel  que  lac-9.  Le  terme  indique 
la  circonstance  à  la  suite  de  laquelle  est  survenue  la  défail- 
lance. Le  sens  exact  est  obscur,  11  y  a  peut-être  une  relation 
entre  cas9  et  le  hongrois  k-js-t  <<  humidité  »;  cf.  finnois  kas-t- 
«  humecter  »  lîudenz,  p.  7,  n"  11  ;  Donner.  1,  p.  25,  n"  87), 
Le  mot  désignerait  alors  une  saison,  la  saison  humide. 

300.  Liyne  3.  Nesl  man  murinasie  falza9i,  la  nourriture 
est  découpée  en  morceaux  très  petits.  Le  sujet  est  falza9i,  le 
verbe  murinasie  cl  l'a  II  ri  but  nesl  man. 

Falza-9i,  ce  qui  se  met  dans  la  bouche,  nourriture,  est  un 
substantif  en  -9i  (§  122),  comme  su-9i  (§  189),  spure-9i 
(ij  234),  clu-9i  (§  289).  Il  dérive  du  radical  verbal  fal-z-,  kM[uel 
déiive  lui-même  de  *fal-  man(jer;  cf.  hongrois  fv.l-  «  avaler, 
dévorer  »,  f-j.l-at  «  bouchée  »;  vogouley^ô/-  a  manger  »  ;  finnois 
pala  «  morceau,  bouchée  »  (Budenz,  p.  492,  n"  519).  Dans  le 
radical  fal-z-,    le  z    est   probablement    une   modification  du 


244  TKOISIÈIME    l'AiniK 

suffixe  verbal  -t  (i^  87;  cf.  i^  72),  modification  amenée  par  le 
voisinages  du  siiilixo  -Gi. 

Muri-nas-i-e  rire  coui)é  en  morceau.r,  est  composé  de  mur 
)no)'ceai(,  pirce  (cl".  §  242  mur-s-1;  i^  2i"j  mur-z-u-a;  §  282 
mur-s)  et  de  nas-i-e  rV/v^  ( oupr,  verbe  formé  avec  le  suffixe 
-i  (^i::;  81)  et  dérivé  d'un  thème  *nas,  que  Ion  peut  rapprocher  du 
hongrois  lùU-  «  couper,  amputer  »  (Budenz,  p.  414,  n"  442; 
Donner,  III,  p.  'p6,  n"  î)18).  L'i  de  mûri  paraît  être  une  voyelle 
intercalaire. 

Man,  petit,  mot  déjà  vu  s;|:^  211,  232,  280.  L'attribut  a  ici  une 
valeur  consécutive   et   signifie  de  façon  à  être  petit. 

Nes-1,  conrrnahie,  bon,  parfait,  adjectif  employé  adverbiale- 
ment (§  156,  1)  et  faisant  l'olïice  d'une  particule  superlative 
devant  man.  La  désinence  est  le  suffixe  nominal  -1  (i:)  109).  Le 
thème  nés  est  apparenté  au  liunois  nûs'ù  «  beau,  joli,  apte, 
convenable  ». 

Ligne  4.  Aiseras,  <)  majesté  saprètne  (voir  §  267),  appel  à  la 
divinité,  exclamation  de  détresse,  comme  xiniGm. 

301.  In  ecs  mené />«r  le  fait  fjue  n'existe  pas  V action  de  se 
mouvoir  de  la  màclioire,  c'est-à-dire  comme  la  mâchoire  ne 
rem  ae  pas.  In  est  le  verbe  négatif!  (i!§  27  et  28),  augmenté  du 
suffixe  casuel  -n  (§  129?  5),  qui  marque  la  cause.  Voir  plus 
haut  §  2!I4  :  inpa. 

Ec-S  génitif  d(3  ec  màrliuire,  (jeneire  ;  v^.  finnois  ik-ene 
«  gencive  »  ;  esthonien  i(je  (Hmlen/,  p.  818,  n"  897). 
Le  génitif  dépend  du  verbe  mené  aller.,  marcher,  em- 
ployé substantivement  (i^  ITil).  Pour  le  sens  de  mené  voir 
finnois  men-e-  «  s'en  alUn-  »  ;  cf.  plus  haut  menaxe  (i;  277). 
La  proposition  causale  in  ecs  mené  expli(|ue  ce  qui  vient 
après. 

MlaGce  marni  elle  [la  nourriture)  reste  à  louverluve  [du 
(/osier).  MlaGce  se  décompose  en  *mla  +  G  +  ce.  Le  radical 
mla  est  ap[)aienté  au  finnois  malo  «  fente,  ouverture  ».  Le  -G 
est  le  suHixe  de  déi-ivation  nominale  (  J:;  120  .  La  désinences  -ce 
est  le  sulfixG  casuel  (i;  129,  2). 

Marni  demeurer  ;  cf.  hongrois  my.r-y.d-  «  rester,  séjourner  » 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  245 

(Biidenz,  p.  (502,  n"  640).  Dans  mar-n-i,  il  y  a  un  suffixe  de 
dérivation  verbale,   le  suffixe  -n  (§  8i). 

Tu6i  tiu  le  fait  d'être  aggloméré  fait  mal.  Tu9-i  faire  mal; 
cf.  ligne  1  tue-i-u  (§  298). 

Tiu  se  mettre  en  grumeaux.,  s'épaissir,  ce  qui  a  pour  effet 
d'obstruer  le  gosier.  Le  radical  verbal  *ti-  peut  être  rapproché 
du  finnois  taaja  «  dense,  épais  »  ;  cf.  taaja-  «  se  condenser, 
s'épaissir  ». 

Ligne  5.  Xim9in  hélas!  voir  plus  haut  §  298. 

CaseialS  lac9  à  partir  de  la  défaillance  ete.\  môme  formule 
que  plus  liAut  (ligne  1  ;  voir  §  299). 

302.  Marisl  menitla  afrs  le  père  est  considérablement  traî- 
nant de  marche.  Maris-1,  adverbe  (§  136,  2)  formé  de  l'adjectif 
mar-is  grand  de  mesure  (voir  §  223)  et  du  suffixe  casuel  -1 
(§  129,  4). 

Menitla  être  traînant  de  marche.,  mot  composé  de  mené  aller., 
marcher  (voir  plus  haut  §  301  :  in  ecs  mené)  et  du  verbe  tla, 
que  l'on  peut  rapprocher  du  finnois  talu-  «  traîner,  aller  lente- 
ment »  (Donner,  I,  p.  141,  n°  508). 

Afrs,  petit  père,  substantif  sujet  de  menitla.  Le  mot  a  la 
même  origine  que  le  hongrois  a.py.  «  père  »  (Budenz,  p.  746, 
n"  807).  Le  radical  *af  (=  ap)  a  donné  le  dérivé  *af-r  (§  116), 
auquel  s'ajoute  un  diminutif  de  tendresse^  le  suffixe  -s 
(§  117). 

Ligne  5.  Ci  ala-0  à  la  suite  de  deux  chutes.  Ci  est  le  nombre 
deux  (voir  §  139).  Ala-6  est  le  verbe  ala,  pourvu  du  suffixe 
casuel  -9  (§  129,  H),  qui  marque  le  point  de  départ  (voir  plus 
haut  §299  :  casGial-Q  lac-G  .  Le  verbe  ala  tomber  est  employé 
substantivement  (§  l.jl).  l*ourle  sens,  cf.  hongrois  a/»  en  bas  »; 
finnois  «/«  «  partie  inférieure  »  (Budenz,p.  728,  n''792).  Le  même 
radical  a  donné  al-umnaOe  descendre  (§  255)  et  al-pan  sup- 
pliant (ij  258;. 

Ximem  hélas! ;  voir  plus  haut  §  298. 

Avil-sx  eca  rapide  de  durée  voici  que,  c'est-à-dire  voici  que 
rapidement.  Avil-sx  "'^t  composé  de  avil  durée  (cf.  §  177)  et 
de  sxrapide;  cf.   finnois  suka  «  rapide,  preste  ».  L'adjectif  est 


246  TUOISIKME    PAUTIE 

ici  employé  adverLialeniciil  i>;  1-JG.  1 1  et  modifie  eca  >'oici  (cf. 
^  188). 

Cepen  r/randement,  beaucoup;  voir  plus  liant  ^  220. 

Tueiu  0UX  fépoulc  a  mal.  Pour  le  sens  de  tu0iu.  voir  plus 
iiaul  ;^  298. 

Oux-  cp'iulf,  poul  être  rapproché  du  hongrois  cnci  «  nteud, 
l'enlleuient  »  ;  ci",  zyrénien  Uxj  «  cheville  »  Huden/,.  p.  .'Ho, 
n°  401  ;  Donner.  1.  p.  1G7,  n"  589^. 

Liqno  7.  Ixu  tevr  if  'jrniir  <^v/>  frrqupiit.  11  s'agit  du  vieil- 
lard, ([ui  sonllVe  des  suites  de  sa  chule.  Ixu  ijcrnir  est  à  rap- 
procher du  finnois  ihka-  «  sangloter,  gémir,  se  plaindre  ». 

Tev-r  fréquent  est  un  dérivé  de  tev  (voir  Face  B,  ligne  13), 
formé  à  laide  du  snffixe  nominal  -r  (>;  11  G).  Ponr  le  sens.  cf. 
finnois  tapa  «  coutume,  halnlude  »,  lav-all-'inm  «  habituel  » 
(Donner.  1,  p.  1  i8.  n"  :;28i. 

Hesni  mulveni  la  honnr  humeur  a  disparu.  Hes-n-i  périr, 
diyjura/trr.  esl  un  verbe  formé  avec  le  sullixe  -n  >;  S  i  i.  Le  thème 
*hes,  dont  il  dérive,  peut  être  rapproché  du  finnois  vasli- 
«  être  à  bout,  défaillir  »;  cf.  hongrois  vas--  «  périr  »  (Budenz, 
p.  rn.j,  n°G09).  Ponr  l'h  inilial,  voir  >;  Ti:  pour  la  voyelle, 
voir  ^  G2  E  2. 

Mulveni  sentir,  rouloir.  être  bien  disposé,  verbe  employé 
substantivement  (§  151)  et  servaut  de  sujel  à  hesni.  Ou  a  déjà 
vu  ce  verbe  dans  les  formules  d'adieu  mulvannice,  mulve- 
neke,  mulvunke  sois  bien  disposé  (§  284). 

E6  tuci  am  ar...,  à  partir  de  ce  moment  le  repos  immobile 
<iesi^  fini,  c'est-à-dire  que  le  vieillard  ne  dori  plus  bien. 

E-6  à  partir  de  eeei;  cf.  i;  29'"»  e9  fanu. 

Tu-c-i,  immobile,  paisible.  j)articipc  eu  -i  (i;  103)  d'un  verbe 
tue-,  qui  peut  être  rapproché  de  lesthonien  toej-u  «  inerte, 
endormi  »;  cf.  lapon  tok-ko-ne-s,  «  inerte,  inutile  »  ;  hongrois 
toh-onv.  «  paresseux,  indolent  »  (Buden/,  p.  22 i-,  n"  232:  Don- 
ner, I,  p.  112,  n"400).  Tuci  qualifie  am. 

Am  repos,  sommeil,  pai.r:  c\.  v<  219  am-ce. 

Ar...  Le  mot  est  incomplet.  Il  manque,  soit  le  sutlixe  -ce, 
maripianl  \'v\\\\    ;<  129.  2),  soit  le  sullixe  -si,  iuar(|uaul  le  point 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  247 

d'arrivée  (§  129,  9).  Pour  le  sens  de  ar  fui,  voir  §  232  ar-ce.  Ici 
le  mot  est  attribut  de  la  proposition,  où  le  verbe  «  être  »  est 
sous-entendu  (j:^  161).  Le  sens  paraît  èlre  :  <ey/>  à  la  fm. 

303.  Le  texte  commenté  ci-dessus  est  une  consultation  médi- 
cale adressée  à  une  divinité.  La  consultation  est  écrite  à  la 
pointe  sur  une  lame  de  plomb,  comme  Tétaient  en  Grèce  les 
consullalions  faites  à  l'oracle  de  Dodone  (Bouché-Leclercq, 
Uist.  de  la  divinatioiu  IV,  p.  317-318).  Ici  aussi,  comme  quel- 
quefois à  Dodone,  la  réponse  est  libellée  au  revers. 

Face  B. 

Ligne  8.  Mlax  6anr-a  voz.s  ùieti  tranquille.  MlsiX^  convenable, 
bon,  est  un  adjectif  employé  adverbialement  (§  156,  1);  il  est 
formé  avec  le  sutîixe  nominal  -x  (§  100).  Le  thème  *inl  est  à 
rapprocher  du  hongrois  mél-lo  «  digne,  npte  à  »  (Budenz, 
p.  611,  n°6o0\ 

Le  verbe  Gan-r-a  sv  tranquilliser,  i-tre  tranquille,  dérive  de 
l'adjectif  Gan-r.  paisible,  que  l'on  a  vu  plus  haut  §  195. 

Calu  se  peu  de  chose  est  nécessaire.  Le  verbe  cal-u,  être  néces- 
saire, est  à  rapprocher  du  hongrois  knllii-  n  devoir,  falloir  »  ; 
cf.  finnois  kel-pa,  kelra-  «  être  convenable,  nécessaire  »  ;  tché- 
rémisse  i^/?/-;  votiak  hol-,  kal-  (Budenz,  p.  15,  n"  18;  Donner, 
1,  p.  68,  n"  227).  Voir  plus  haut  §  2i6  :  cal  nécessaire. 

Se,  peu  de  chose,  est  un  adjectif  employé  substantivement. 
Le  sens  propre  ^9,1  petit,  mince,  étroit;  cf.  finnois  souk-ka 
«  étroit,  mince  »  ;  hongrois  si'ik  (Budenz,  p.  319,  n''327;  Don- 
ner, I,  p.  170,  n"  597). 

Lif/ne  8.  Eenia  avil  <.v/>  l'inertie  de  mâchoire  <iest> 
persistante.  Ee-nia  se  décompose  en  ee  f/encive,  inâchoire  (cf. 
pins  haut,  ec-s,  ^  301)  et  en  ni-a  rire  béant',  cf.  hongrois 
n'i-l-  «  être  béant,  s'ouvrir  »  ;  iii-t-  «  ouvrir  »  (Budenz,  p.  416, 
n"  4i5).  La  bouciie  reste  ouverte  parce  que  la  mâchoire  ne  peut 
jtius  remuer.  Voilà  pourquoi  je  traduis  par  inertie.  L'infinitif 
eenia  est   employé  substantivement  et  joue  le   rôle  de  sujet 

(§  1^>1). 

Avil,  durable  cf.  |)lii-  lui  ni  hevn  avil  (§  299). 

304.  Mimeni  cac  Oiue>  la  iiourrilurc  <_soit~>  une  purée 


248  TROISIÈME    PAI'.TIE 

(?).  Mimeni  est  le  p-ulicipo  en  -i  (1^103)  d'un  verlic  mim-n- 
servii'  de  nourrilurc^  dérivé,  à  l'aide  du  sutlixe  -n  (§  84),  du  subs- 
tantif *iniin  DoiirvilHi'p  \  cf.  finnois  inaim-a  «  nourriluro,  appât, 
amorce  ».  Mim-n-i  sii;nilie  propromont  ce  </t('i  nourrit.  Il 
est  le  sujet  de  la  proposition  dont  cac  est  i"alli-ilml.  Le  verbe 
«  ùtrc  »  est  sous-cnkcndu  (§  Kil).  Il  s'aiiit  évidemment  ici  dune 
prescription  impérativc , 

Cac.  Le  sens  du  mol  est  incertain,  .le  traduis  par/;///V'>,  parce 
qu'il  s'ai;i(  dun  imds  j'jui  avec  dos  t^raines,  de  (pudipie  cliosc  qui 
ne  se  découpe  j)as,  qui  ne  se  mà(die  pas  et  (pi'uu  peu  d'eau 
sulUt  à  diluer.  Il  y  a  bien  un  mot  linnois  hahko  «  pàléc  »,  que 
l'on  j)oui'rait  rapprocher  de  cac  (Donner,  l,  j).  2,  n"  Tî).  Mais  ce 
mot  est  donné  par  Szinnyci  [Finn.  Maç/ijar  Szi'itfir)  comme  étant 
d'ori_i2,ine  germani(|ue;  il  est  donc  impossible  d'en  l'aire  état. 
Peul-ètre  y  a-l-il  (|ueb|ue  |)arenté  entre  cac  et  le  linnois /i-(?A- 
kcn  "  mou.  pevi  compact  ».  Il  est  vrai  (ju'avcc /7?A-A:^^/ on  atten- 
drait plutôt  une  forme  comme  *cax  (voir  cex-a  i^  27o).  Mais 
les  variantes  sec  (>;  200)  et  sex  (§  224)  peruKdtraient  de  consi- 
dérer cac  coniine  une  variante  de  *cax    cf.  t:^  Ii8). 

Mar-cal  ur-cac  précise  le  g(Mire  de  j)réparation  qui  con- 
vient. Ur-cac  est  composé  de  uret  de  cac.  On  peut  rapj)rocher 
ur  du  linnois  ora  «  ir(U'me  vert  ».  Le  mot  désigne  vraiseinblable- 
ment  une  {j;raiue  tendre  ([)ois,  fève  ou  (jn(d(|ue  chose  d  iinalo- 
Kue  . 

Mar-cal  se  décompos(>  en  mar  +  cal  et  si^^nilie  co)}rpnahlc 
dp  inpsurp .  On  a  déjà  vu  mar  nipsurp  dans  h^s  composés  mar- 
isl  (§§  223,  302)  mar-u-nux  <>n  mar-u-nux-va  (§§219,  233). 

Quant  à  cal  ponvenable,  c'est  l'adjectif  (§  24G)  correspondant 
au  verbe  cal-u  ptrc  ncepssairp.,  ronrpufddp,  que  nous  venous  de 
voir  (ligne  8,  §  303).  En  disant  (|ue  la  purpp  doit  être 
roiivenablp  de  inesurp  on  entend  sansdoiile  (pi"(dle  ne  doit  être 
ni  trop  é|)aissc  ui  trop  claire. 

fjf/fip  10.  E0  tu9iu  nesl  man  d  /jrtr/ir  dp  ce  monipnl  le  fait  dp 
souffrir  est  très  petit . 

E-6  à  partir  de  ceci;  voir  |)liis  haut  i;  302  e9  tuci  am. 

Tu6-i-u  so/i/frir,  rieoir  uklI :  voii'  plus  haut  §  298. 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  219 

Il  s'agit  de  la  suiïocation  douloureuse  que  produisait  la  uour- 
riture  restant  dans  le  gosier.  Le  verlie  tu6iu  est  employé  subs- 
tantivement (§  loi)  et  sert  de  sujet  au  verbe  «  être  »  sous-en- 
tendu (§  161). 

Nesl  man  très  peut.  On  a  déjà  vu  les  deux  termes  réunis 
§300. 

SOb.  Ligne  11.  Rivax  lescem  tnuca-si  un  grumeau  venant 
à  étrangler  accidpntellement .  proposition  absolue,  où  le  sujet 
rivax  précède  le  verbe  tnuca,  celui-ci  étant  pourvu  dun 
suffixe  casuel,  le  suffixe  -si,  qui  marque  le  point  d'arrivée 
(§  129.  n''  91. 

Rivax  :  jo  traduis  pur  grumeau,  qui  parait  le  mieux  répondre 
au  sens  général.  Le  radical  *riv  peut  être  rapproché  d'une  foule 
de  termes  ougro-finnois  qui  tous  se  ramènent  à  l'idée  de  «  boue, 
crotte,  mortier  »,  c'est-à-dire  à  l'idée  d'une  matière  visqueuse 
et  assez  dense  :  finnois  i^upa  «  dépôt  de  boue  »  (Donner,  III, 
p.  149,  n"  10i2).  Riv-x  (ou  riv-a-x)  est  un  dérivé,  formé 
à  l'aide  du  sulfixe  -c,-x  §  100)  :  c'est  un  adjectif  signifiant  pro- 
prement c^»  qui  est  condensé  en  boue  ;  de  là  le  sens  de  grumeau. 

Lescem.  passager,  accidentel,  est  un  adjectif  verbal  en  -m 
('§  111.  faisant  ici  l'office  d'un  adverbe  (§  lo6,  1  .  Le  mot  dérive 
du  verbe  lesc-^  que  l'on  a  déjà  rencontré  sous  la  forme  lesc-an 
(§  2i7),  et  qui  a  le  sens  do  tomber. 

Tnucasi  arrivé  au  fait  d\Hrangler.  Pour  le  sens  du  verbe 
tnuca,  cf.  finnois  tunhe-  «  bourrer  de  force,  pousser,  introduire 
en  bourrant  »  ;  mordvine  tango-,  tongi-  «  id  »  (Budenz,  p.  260, 
n"  26eS;  Donner.  I,  p.  I  tO.  n"  390).  La  désinence  -si  est  le  suf- 
fixe casuel  marquant  le  point  d'arrivée  (§  129,  9). 

306.  Ligne  12.  Suri  sais  teis  evitiuras  mulsle  mlax  <'>«> 
est  versée  goutte  à  goutte  une  coupelle  d'eau  fralelw,  le  fait 
de  passer  <^sera^  bon.  Il  y  a  là  deux  |)i'()posi[i()ns  principales 
juxtaposées,  la  preniiéic  est  suri  seis  teis  evitiuras,  la 
seconde  est  mulsle  mlax.  La  première  piv)positi(»u  peu!  être 
consid('rée  comme  la  condition  de  la  seconde. 

Suri  est  versé  à  petites  gouttes.^  c'est-à-dire  est  versé  lente- 
ment (dans  la  buuclie  du  vieillards.  Suri  est  à  rapprocher  du 


250  TROISIÈME    PAUTIE 

liiinois  soro  «  goutic  ([iii  l(iinl)C  »,  soro-la-  «  faire  loml)or  gouUe 
iiii'outlc  »(Donihr.  I.  p.  IH."»,  n"G58).  Le  siijcl  de  suri  est  evi- 
tiuras. 

Evitiuras.  .le  Irailiiis  par  rotipclle.  Le  sens  exact  est  dillieUe 
à  drli'i'iiiiiKM".  Les  éléments  du  mot  sont  :  1"  le  verl)e  evit-  intro- 
duire, iru/crcr  (cf.  liongrois  ay-  «  simbilier,  se  ])(''nélrer  de  », 
■3.r-v.t-  «  iml)il)er.  ingérer,  inlroduiie  »  ;  Buden/,  p.  7()0,  n"  827); 
2"  le  siil)slaiilir  iur-as,  formé  avec  le  sufïixe  -as  (i:^  99),  comme 
sarven-as  >;  2;5:î  .  aiser-as  (i^  26G),  6apint-as  i^i;  294),  et  (|ui 
dérive  du  verhc  iur-  rtrr  arrondi;  cf.  lapon  yor/v-  «  entourer, 
être  arrondi,  (ourner  en  cercle  »;  icliérémisse  jor  «  cercle  »  ; 
voliak  jor-s  «  circuit,  enceinte  »  (  Bndenz,  p.  140,  n°  168;  Don- 
ner, I,  p.  iO'î,  n"  372 1.  Iur-as  a  donc  le  sens  de  rondelle;  de 
là  pour  evitiuras  le  sens  de  rondelle  à  ingestion,  c'est-à-dire 
cuiller  o\\  ron pelle  à  hoire. 

Ce  que  doit  contenir  la  coupelle  est  déterminé  par  teis,  le- 
quel est  qualifié  par  répitlicte  seis. 

Sei-S  frais,  assez  froid,  dérive,  avec  signilication  dimlnulive 
(§  117),  du  radical  sei.  i\\n  est  apparenté  au  finnois ///?/?  <(  fri- 
mas »;  cf.  su-ie-he  ((  gelée  Ijlanche  »;  voliak  sij-al-  *<  avoir 
froid  ))  (Hnd(>nz,  p.  i:i8,  n"  l(;7  ;  Donner,  II,  p.  120,  n°  803). 

Tei-s,  génitif  de  tei  eair.  cf.  hongrois  tô  «  lac,  étang  » 
(rad.  ly.ry.y,  ostiak  tuu,  laicj,  Icu  ;  voliak  //  (Hudenz,  p.  222, 
n"229;  Donner.  I,p.  I.'w,  n"  559). 

Mulsle,  passer^  verbe  dérivé  du  radical  mul-,  que  Ton  peut 
ra[)pi(jclier  du  hongrois  ninl-  «  passer  »  ;  mordvine  niolc- 
«  aller  »  (IJudcnz,  p.  035,  n"  OSI).  Dans  mul-sl-e,  il  v  a  un  snf- 
lixe  de  dérivation  douhie,  le  suHixe  -si  (î^  96l*,  cf.  pins  haut 
i;  200  :  mun-sl-e.  Le  verbe  mulsle  est  ici  employé  substanti- 
vement s;  151)  et  sert  de  sujet  à  la  proposition  dont  l'attribut 
est  mlax.  I^c  verbe  «  être  »  est  sous-entendu  (§  Kil). 

Mlax  l)'ni\  voir  plus  haut  i;  303. 

307.  L'uinc  \\\.  Ilaxe  tins  lursô  <.v"//>  subsiste  une  aspé- 
rité de  coup  saillante,  c'est-à-dire  si  la  place  de  la  co7itusion  est 
enflée.  (^,ette  proposition  princi])ale,  juxtaposée  à  la  proposition 
principale    (|ui    suit,  iloit  èlre    enleuilue  au  sens    coudilicunud. 


TEXTES    TRADUITS  ET  COMMENTÉS  2ol 

Ilaxe.  subsister,  verbe  formé  avec  le  suffixe  -x  §  80)  ;  le  thème 
*il  est  apparenté  à  celui  qui  a  donné  naissance  au  finnois  yV/7- 
eltd  «.  ensuite,  postérieurement  »,  Jâl-el/c  «  en  résidu  »\  jal- 
keen  «  ensuite  »,  jiil-ki  «  vestige,  trace  qui  subsiste  ».  Ilaxe  a 
pour  sujet  lursQ  qualifié  par  tins. 

Ti-n-s,  élevé,  saillant,  adjectif  formé  avec  deux  suifixes  no- 
minaux, le  suffixe  -n  (§  113)  et  le  suffixe  -s  (§  117).  Le  thème 
*ti  est  apparenté  à  l'ostiak  taj,  hoj,  tej,  tij  «  ce  qui  est  au- 
dessus,  sommet,  pointe  »  (Budenz,  p.  212,  n°221). 

Tev  huviôun  par  l'acte  de  frictionner  de  graisse  fréquemment 
indique  le  moyen  par  lequel  sera  obtenu  le  résultat  lursO  sal. 
L'exposant  -n  à  la  fin  de  huviSu  est  le  suffixe  instrumental 
(§  129,  oi. 

^ex,  fréquent,  Jtabituel,  qualifie  huvi9u.  Le  mot  a  le  mémo 
sens  que  le  dérivé  tev-r,  que  Ton  a  vu  plus  haut(>:5  302). 

Huvi6u-n,  du  verbe  huviôu  huiler,  lequel  dérive  d'un  radi- 
cal *huvi  1=  *livi=:^  'hui)  corps  gras;  cf.  finnois  voi  «  beurre  »  ; 
hongrois  vy.j  ;  mordvine  vaj  ;  lapon  vucjj  ;  vogoule  voj  (Budenz, 
}).  oo7,  n°o85).  Pour  l'équivalence  de  l'h  initial  étrusque  et  du 
V  ougro-finnois,  voir  §  74.  Des  radicaux  comme  *huv  et  voj 
peuvent  être  rapprochés,  en  raison  de  l'équivalence  du  v  et  du 
/  ';  ainsi  on  a  le  vogoule  kuj-t-  «  mettre  en  mouvement  »  et 
l'osliak  '/ov'ij-  «  ondulation  »  (Budenz,  p.  72);  le  mordvine  hov 
«■  clair  de  lune  »  et  le  tchérémisse  yoj-  «  être  clair  »  (Budenz, 
p.  100);  le  hongrois  liui:-df<  «  froid»  et  le  votiak  sij-al-  «  avoir 
froid  »  (Budenz,  p.  139);  losliak  tovi  «  printemps  »  et  le  vo- 
goule toja  «  id  »  (Budenz,  p.  187).  Du  radical  *huv  corps  gras 
dérive  le  verbe  huv-i-e-u  huv-O-u)  graisser  ou  être  gras,  à 
laide  du  suffixe  -9  (^  87). 

LursG  sal  la  contusion  <^est  ou  devient^  mince,  c'est-à-dire 
(|ue  l'enllure  de  l'épaule  devient  peu  épaisse  et  disparaît.  Pour 
le  sens  de  lurs9  voir  plus  haut. 

SaXmince;  cf.  {\nno[^  sa/e-va  «  grêle,  mince,  délicat  »  (Don- 
ner, II,  p.  9,  n°  094). 

1.  Sur  l'altiTiiuicc  du  j  ot  du  ;',  voir  los  observations  do  Donner,  f.  II.  p.  114, 

n"  v.n. 


ono 


TKOISIÈME    PARTIE 


Lù/nc  14.  Afrs  nac  vs  /-"  firrr  <^f\/  ou  devient^  en  rm'me 
temps  r/(>7}lil.  Pour  Jo  sons  de  afrs,  voir  ])lns  liaiil  ij  302.  Il  y  a 
ellipso  (lu  verbe  «  être  »  (i;  IGl  .  Lallribut  est  Tadjeclif  vs 
modifié  par  l'adverbe  nac.  Pour  le  sens  de  nac  simultané, 
voir  §  288.  L'adjectif  a  ici  une  valeur  adverbiale  et  signifie 
en  même  temps. 

Vs  (jcntil  est  apparenté  an  finnois  ûs-ta-vii  «  amical,  fami- 
lier »  (lUiden/,  p.  822,  n"  90G).  L'oracle  fait  allusion  à  l'humeur 
du  vieillard,  qu'on  lui  a  dit  être  mauvaise  (voir  §  302  :  hesni 
mulveni). 


308.  C.  4538  (cippe  de  Pérouse)  : 

Face  A. '  Face  B. 

eulat. tanna. larezul  Vel9inas  - 

ame  vaxr  lautn.Vel9inas  e-  atena  zuc- 

stla  Afunas  sleleG  caru  i.enesci.ip- 

tez  an  fusleri  tesnsteis  a.spelane- 

5  rasnes  ipa  ama  hen  naper  Bi.fulumx- 

XII  "Veleinaôuras  aras  pe-  va  spelGi. 

rasce  mulmles  cul  zuci  en-  reneôi.  est- 

esci  epl  tularu  ac.VelGina 

Aulesi.VelGinas  Arznal  cl-  acilune. 

10  ensi.0ii.9iLscuna.cenu.e-  turune.sc- 

plc.feli  C  LarBals  Afunes  une.zea.zuc- 

clen.9unxul9e  i.enesci.a9- 

falas.xiem.fusle.Vel9ina  u  mics.Afu- 

hinBa  cape  municlet  masu  nas.pen9n- 

1;>  naper. sran  czl  9ii  falsti  V-  a.ama.VelB- 

el9ina.hut. naper. pêne  zs  ina.afun 


1.  Dans  le  tcxlo  los  mots  ne  sont  pas  ton  jours  sépares.  J'ai  mis  des  points  là 
où  il  y  en  a.  Quand  il  n'y  en  a  pas,  j'ai  laissé  des  hlanrs  pour  permettre  de 
distinguer  les  mots. 


TEXTES    TI'.ADLITS    ET    COMMENTES 

masu.acnina.cle  L.  Afuna  Vel-  Guruni.ein 

einam  lerzinia  inte  ma  me-  zeriu  nacx- 

r.cnl.VelGina.zia  satene  a.eil  Gunx- 

20  tesne.eca.VeleinaGuras  G-  ulGl.ix.ca 

aura  helu  tesne  rasne  cei  cexa  zixux- 

tesnsteis  rasnes  xiiïiQ  sp-  e. 
elGuta  scuna  Afuna  mena 
hen.naper.ci.cnl  hareutuse 


2o3 


Passant,  le  récit  mérite  (F être  connu;  arrétc-toi  ;  songe  à 
Velthina,  le  fidèle  affranchi.  A  partir  du  moment  où  Afuna  est 
mort,  il  s'entête  à  ne  pas  bouger  d'ici.  Il  est  grand  de  sanglots, 
<^e/>-  en  sang.  Point  de  sommeil  douze  jours  durant.  Il  se 
meurtrit  de  coups,  il  fait  des  cris  exactement  comme  si  c  était 
Velthinathura  [son  fils)  cjui  fût  mort.  Sur  une  pierre  il  a  une 
marque  de  propriété  <^acec  ces  mots~^  «  pour  Aule,  fils  de 
Velthina  et  cFArnza.  «  //  court,  vite  il  efface  et  écrit  sur  la 
pierre  :  «  Cai,  fis  de  Larth  Afuna.  »  Le  désir  de  nourriture  est 
nul.  Velthina  ne  bouge  pas  de  place.  S'il  voit  [des  aliments),  voici 
que,  sans  dire  un  mot,  il  se  détourne.  Plusieurs  fois,  au  cours  de 
la  journée,  pendant  cinq  jours,  on  le  presse  :  «  mange, 
Velthina  ».  Il  se  détourne  obstinément.  Larth  Afuna  s'approche  : 
«  mon  bon  Velthina  —  le  reproche  est  fait  avec  douceur  —  tu  es 
maintenant  bien  obstiné,  Velthinji.  »  Explosion  d'injures, 
de  larmes.  \'oici  maintenant  Velthinathura  qui  s'empjre.sse.  C'est 
un  déchaînement  de  larnies,  de  coups  d'ongles.  Le  malheureux 
est  grand  de  sanglots  <^et^  en  sang.  Hélas!  Afuna,  qui  n'est 
plus,  le  rend  fou.  Deux  jours  passent.  Velthina  s'obstine  à  refuser 
de  munger.  S'il  dit  des  imprécations,  s'il  se  meurtrit  de  coups, 
s'il  fait  des  cris,  il  n'y  a  plus  accès  violent  de  fureur,  <iet^ 
l'accès  passe  vite.  Le  déclin  est  rapide.  An  moment  où  Velthina 
s'impatiente  et  gronde,  il  n'a  plus  la  force  de  se  meurtrir  de  coups 
et  de  faire  des  cris.  Il  sufft  pour  l'apaiser  qu' Afuna  lui  dise  dou- 
cement :  «  Velthina,  calme-toi  ».  Le  dépérissement  allant  en 
augmentant,    il  y   a  des  interruptions  dans    la    connaissance  ; 


'2'')i  l     TROISIKIME    PARTIE 

hienlàt  l'Ile  cesse  tout  à  fait  et  voici  (/uc   tout   à  coup   il  n'  1/  a 
plus  quu/i  faible  tressaillement. 

Face  A. 

309.  lJ(jiie  1.  Eul-at.  adjeclif  fornié  avec  le  suffixe  nominal 
-tii;  l:2()),  comme  zil-a-t  ;<  20(V)  ou  zil-a-ô  ij:^  280).  L'origine 
(lu  mol  esl  obscure.  Faute  (re\eui|)les  en  nombi-e  suHisanl,  il 
csl  «lillicile  de  diic  à  (|uoi  ri'poud  exaclemenl  le  j^roujx'  iuilial 
eu.  Peul-êlrc  y  a-l-il  (|uel(|ue  rapport  enlre  eul-at  et  le  iinjiois 
olk-e-^  olj-e-  «  arriver  [)ar  hasard,  se  trouver  là  »  (  IJiulenz, 
p.  ')o8,  n"  088).  Le  sons  (jui  parait  le  mieux  convenir  est  celui 
de  / tassa /i t. 

Tanna  7'écit  est  ibrmé  du  radical  tan  et  du  suffixe  nominal 
-na  i^  1  1  i).  Pour  le  sens  de  tan,  cf.  hongrois /a//-/7-  <■  instruire  », 
/y./i-iil-  «  étudier  »  (IJudenz,  p.  177,  n"  197). 

Lare-zul  (lif/jic  de  connaissaytce,  mot  composé  de  lare  et  de 
zul.  Le  verhe  lare  c/rr  çclchrc,  contiu,  public,  peut  être  rap- 
proché de  lostiak  ler-t  «  connu  »  ;  ler-amt-  «  faire  connaître, 
publier  »  (lUiden/,  p.  249,  n°  2?)7).  De  là  pour  le  prénom  Lar-S 
le  sens  de  le  noble,  le  fameu.r  ;  le  -0  fmal  est  le  suffixe  nominal 
(§  120).  L'adjectif  zul  di'jne,  prccieu.r  déi'ive  d'un  radical  *zu 
apparenté  au  hongrois  dij  a  [)i'ix  »  div-y.t  «  valeur  »  (Budenz, 
p.  254,  n°  260).  Le  suffixe  nominal  -1  (§  109)  est  le  même  que 
dans  av-il(§  177),  et  dans  tuz-1  (§  201). 

Lif/Jie  2.  Ame  arrctc-toi,  propiement  veste  eu  rejjos,  ne  bouije 
pas,  verbe  déi'ivé  de  am  repos,  paix,  sonuneil  (voii-  ^i;;  219,  'K32). 
L'impératif  s'adresse  à  la  personne  désignée  j)ar  eulat. 

Vaxr  lautni  Vel0inas  estla  sonye  à  Veltliina,  le  /idèle 
a/l'runcbi . 

Vaj^-r  /i<lèle  épithèh'  de  lautni.  Le  mot  est  apparenté 
au  finnois  ulika  «  obstination,  volonté  ferme  et  raison  née  »  ; 
cf.  iitikio  ((  dessein  assuré  ».  La  désinence  est  le  suffixe  nominal 
-r  (§  110),  que  l'on  a  déjà  vu  dans6an-r  (§  195),  ete-r  (§  199), 
tev-r  (i^  302). 

Lautni  affranchi  ;  voir  §  194. 

Vel6ina-s,  génitif  du  genlilice  Vel9ina,  ([ui   reviendra  j)lu- 


TEXTES    TI\ADL'1TS    ET    COMMENTÉS  255 

sieurs  fois  dans  rinscription  A,  lignes  J3,  IG,  17,  18,  19;  B, 
lignes  1,  8,  15-16).  Ce  gentilice,  sous  cette  forme  ou  sous  une 
forme  très  voisine,  est  abondant  en  Etrurie  et  surtout  dans  la 
région  de  Pérouse  (Schulze,  Vaiv  Gesch.  /ateinisc/ier  Eir/enua- 
men,  p.  259).  Le  génitif  dépend  du  verbe  estla,  dont  VelOinas 
est  le  régime. 

Ligne  3.  Estla  songe,  évidemment  comme  à  un  exemple  à 
imiter. Estla  dérive  du  substantif  es  esprit,  pensée,  apparenté  au 
hongrois  es  «  esprit  »  (Budenz,  p.  800,  n"  876).  Le  substantif  es, 
augmenté  du  sutiixe  -t  (§  87),  a  donné  le  radical  verbal  *es-t-, 
lequel,  à  son  tour,  augmenté  du  fréquentatif -1  («^  82),  a  donné 
le  verbe  est-1-.  C'est  d'une  manière  analogue  que  s'est  formé 
le  verbe  honirrois  iis-ni-él  «  réfléchir  ». 

310.  Afunas  slele6  à  partir  du  mourir  d'Afuna. 

Afuna-s  génitif  dépendant  de  sleleG.  Le  nominatif  Afuna  se 
trouve  plus  bas  (A,  1.  17,  23\  Afuna  était  l'ancien  maître  de 
ratTranclii  "VelGina,  un  maître  auquel  il  était  tendrement  attaché. 

Sle-l-e-9  à  partir  du  mourir.  L'idée  du  point  de  départ  est 
marquée  par  le  suffixe  casuel  -6  (§  129,  H).  Le  verbe  sle-l-e 
finir,  mourir,  est  employé  substantivement  (§  151\  Le  mot  est 
formé  à  l'aide  du  suffixe  verbal  -1  (§  82).  Le  thème  *sl  est  appa- 
renté au  hongrois  sél  «  extrémité,  bord  »  (Budenz,  p.  286, 
n"  288;. 

Caru  tez  an  fusleri  //  s'entrtr  à  demeurer  iei,  c'est-à-dire 
([u'il  s'installe  à  ["entrée  du  tombeau  où  son  Afuna  est  enfermé. 
Il  n'y  a  pas  de  sujet  exprimé.  Mais  le  sujet  logique  est  "VelGina. 
Pour  le  sens  de  ca>ru.s'endurcir, s  entêter,  voir  plus  liant  le  parti- 
cipe passif  car-esfi^«re/,  rendusolide,  confirmé [%2ïï  car-es-ri). 

Ligne  i.  Tez  an  ici,  c'est-à-dire  à  l'entrée  du  tombeau  où 
s'élève  le  cippc  avec  l'inscription.  Le  mot  se  rapporte  à  fusleri, 
qui  suit.  Pour  la  forme  de  cet  adverbe  composé  de  tez  et  de 
an,  voir  ij  195. 

Fusleri />'>/^y'  di^meurer  en  place,  cest-à-dire  y)o«r  s  installer 
sans  bouger.  La  désinence  -ri  est  le  suffixe  casuel  (§  129,  7) 
exprimant  la  direct  ion.  la  linalité.  Tezan  fusleri  est  une  pro- 
position subordonnée   consécutive,    dépendant   de    caru.   Elle 


2r)()  TROISIÈME    PAUTIE 

vient  a|»irs  caru,  parce  que  les  propositions  consécutives  se  met- 
tent a|)rès  le  verbe  de  la  proposition  principale  (§  lOo). 

Le  verbe  fusle  est  un  dérivr  à  laide  du  suiRxe  verbal  -1 
(§82);  il  c-l  loi-nié  comme  est-l-a  (i?  309)  et  sle-1-e-e  (i^  :M0}. 
Le  radical  *fus  est  à  ra|)proclier  du  finnois  pi'tsn-  «.  rester  en 
place,  ne  pas  bouger  »  ;  cf.  mordvinc  pesé-  «  rester  fixé  » 
(Budenz,  p.  54G,  n»  575). 

311.  Tesnsteis  rasnes  //  rsf  <jraml  de  scuk/IoIs,  meurtri  de 
coups  doiKjle^  allusion  aux  démonstrations  ordinaires  de  la 
douleur  dansranti([uité  :  elK'S  consistent,  outre  les  larmes,  à  se 
meurtrir,  à  se  déchirer  la  peau  avec  les  ongles,  à  s'arracher 
les  ciieveux. 

Tesnsteis,  composé  d(^  tesnst  et  de  eis.  Le  radical  tesnst- 
dérive  du  verlx;  tesne  (voir  j)lus  bas  A,  lignes  20,  21)  au  moyen 
du  sullixe  -st  (voir  ij  !)7),  (pie  l'on  retrouve  dans  le  finnois 
kalsa-sl-  a  examiner  »,  nucra-st-  «  railler  ^),  pcla-st-  c  délivrer  » 
(liudenz-Simonyi,  p.  72).  Le  verbe  tes-n-e,  |)ourvu  du  sullixe 
verbal  -n  (i;  8i),  peul-ètre  ra|)|)roclié  du  finnois  tis-ma^  tih-nia 
«  l'osée,  pcdite  pluie  »;  cf.  tili-ku-  «  larmoyer  »,  Cf.  §  211  tes- 
amsa. 

Eis  (p'and  est  une  variante  grajdii<[ue  de  ais,  comme  b^  prou- 
vent les  formes  eis  et  ais,  eiser  et  aiser,  eiseras  et  aiseras, 
que  l'on  trouve,  employées  les  unes  |)(>nr  les  autres,  dans  la 
Momie  d'Agram  (Krall,  iiulei].  Voir  ais-er-as  i5  2()7. 

J.Hpu'  5.  Ras-n-es,  déchiré,  en  sdiKj^  parlici]»e  j)assé 
passif  en  -es  (s^  101)  du  verbe  ras-n-e  déchirer,  (|ui  se  trouve 
plus  loin  (A,  lignes  20,  21).  Ras-n-e  est  formé,  comme  tes- 
n-e,  <à  l'aide  du  sullixe  verbal  -n  (>;  Hil.  Pour  le  sens  de  *ras, 
cf.  linnois  rc/s-c/  «  laïuheau,  piéci;  déchirée  »  (^Donner,  III, 
p.  133,  n"  1024). 

Ipa  ama  hen  naper  XII  A-  [ail  de  se  calnier  n  existe  pas 
<C^pendaiitr;>  douze  jours  consécutifs. 

Ipayy«v  u'f'diste  est  l'auxiliaire  négatif,  par  lequel  on  annule 
l'allimiation  (|ui  suit.  Sur  cet  auxiliaii'e  négatif,  voir  J^^  27,  28, 
153,  251,  294. 

Ama  hen  naper  XII,  proposition  oi!i  le  sujet  est  le  verbe  ama 


TEXTES    T15ADLTTS    ET    COMMENTES  257 

employé  substantivemonl  (§  loi),  et  où  Tattribut  est  hen  naper. 
11  y  a  ellipse  du  verbe  a  être  »  (§  161). 

Ama,  se  calmer^  s  arrêter ^  est  apparenté  étroitement  au  verbe 
ame  ^^A,  ligne  2),  dont  il  n'est  peut-être  qu'une  variante  gra- 
phique. 

Hen  consécutifs  continu,  épithète  de  naper.  Le  mot  est  dérivé 
du  verbe  he  aller,  que  l'on  a  rencontré  })lus  haut  sous  la  forme 
he-ce  (§  216).  Pour  le  suffixe  nominal  -n,  voir  §  113, 
Naper /o«r;  voir  i;  247. 

312.  Lignes  6-7.  Vel6ina0uras  aras  perasce  mulmles  cul 
zuci  enesci  •<  que  >>  la  mort  de  Vellhinathura  <^soit  >■  par 
aventure  imaginée,  suffisamment  il  se  meurtrit,  il  fait  des  cris, 
c'est-à-dire  il  se  frappe  et  il  crie  exactement  comme  si  sonpjropre 
fils  Velthinathura  était  mort. 

11  y  aà  distinguer  deux  proposilionr-,  l'nnequi  pose  l'hypothèse 
(VelGinaGuras  aras  perasce  mulmles),  et  l'autre  qui  énonce 
le  fuit  (cul  zuci  enesci). 

Le  sujet  de  la  première  proposition  estar-as,  mort,  substantif 
dérivé  du  verbe  SiT-a,  finir  {voir  §  2i7  :  ara-s-a).  Pour  la  dési- 
nence -as  (§  99),  voir  §  30G  :  evitiuras. 

Veleina6ura-s,  génitif  qui  détermine  aras.  Le  nom  propre 
Vel6ina9ura  signifie  lignée  de  Velthina  ;  sur  la  formation  du 
nom,  voir  i;  2i-o  :  Precu-Gurasi. 

Perasce /^rtr  aventure , par  hasard,  se  décompose  en  peras-ce. 
La  désineuce  -ce  est  le  suffixe  de  relation  (§  129,  2),  qui  donne 
ici  à  l'expression  une  valeur  adverbiale  (§  156,  2;  cf.  acas-ce 
§252).  Le  substantif  per-as  est  formé  comme  ar-as.  Le  mot 
signilio  proprement  chute  (/•«.s7/.s)  et  par  smie  accident,  hasard; 
cf.  zyrénien;jo/'-  «  tomber»;  xo^ouie  pur  mat-  «  id  »  ;  hongrois 
hor-ûl-,  bur-ùl-  «  id  »  (Jîudenz,  p,  465,  n°  495).  L'adverbe 
perasce  détermine  mulmles. 

"^uhxiles  imaginé,  parlici|)e  passé  passif  en  -es  (§101),  attribut 
de  aras.  Le  verbe  «  être  »  est  sous  entendu  (§  161).  Le  verbe 
mul-m-1-e  imaginer  se  ramène  au  radical  *vii\x\esprit,  âme  (voir 
§  282  mul-une).  Le  substantif  *mul  donne  le  radical  verbal 
*mul-m-,  à  l'aide  du  suffixe  de  dérivation  -m  (§  83).  A  son  tour 

17 


258 


TROisiKMi:  PAirnr: 


le  radical  veil);il  *mul-m-  donne  le  dérivé  mul-m-l-  ù  laide 
du  suflixe  -1  (§  82). 

Cul  suffisant;  l'adjcclif  est  employé  comme  adverbe  (§  156,  1). 
Le  sens  est  prccls&incnt,  c'est-à-dii'e  exactenioil  assez  pour  jus- 
tifier rhypotlû'se.  Cul  est  apparenté  au  finnois  h'ùl-ld  «  sufiisant, 
suffisammcnl,  précisémeni,  loul  jiisie»  (Donner,  I,  p.  GH,n"224\ 

TtViCi  frapper,  c'est-à-dire  se  meurtrir  de  coups,  comme  dans 
les  plus  violentes  manit'eslations  de  la  douleur.  Le  mot  est 
Téquivalenl  phonéticjue  du  linnois  tdk-i-a-,  lok-ai-stà-  «  heurter 
violemment,  tVapiter  l>rus(juenient  ».  r*our  la  valeur  du  z  étrus- 
que voir  ^  74. 

Enesci /rt/re  des  cris,  verbe  dérivé  du  radical  en-  dire;  cf. 
linnois  »'/V//?e  <(  voix,  son  »  ;  hongrois  èn-dk  <(  chant  »  (Budenz 
]).  788,  n"  856).  Dans  *eii-8-sc-i^  le  radical  en  est  augmenté  du 
sutîixe  double -se  (>;  95),  d'où  le  radical  dérivé  *en-sc- qui,  avec 
une  voyelle  intercalaire,  devient  en-e-sc-.  Le  suilixe  double -se 
se  retrouve  dans  le  finnoisy^^o-s/x'-/-  a  boire  »  et  dans  le  voliak 
kura-sk-  «  mentlier  »  (Hudenz-Simonyi.  }).  27  et  suiv.). 

313.  Lit/lies  ,s  !l.  Epi  tularu  Aulesi  VelGinas  Arznal  clensi 
.s7//'  une  pierre  il  a  une  nunupn'  <le  propriété  <[  axicc  ces  mots  ^  ; 
pour  Aille,  fils  de  Velthina,  né  d'Arz/ia.  Gela  veut  dire  (jue  Vel- 
thina  avait  pi-éparc'  |i(»iir  sa  future  sépulture  un  cippe  funéraire 
(jui  pui'lait  son  (''|)ila|)li('. 

Epi  .S7//W/;/-"  pierre.  Le  suilixe  -1  esl  le  suilixe  casuel  (§  129, 
4).  Pour  le  sens  de  ep,  cf.  hongrois  ép-il-  «  bàlir,  consiruire  » 
(Buden/.  p.  798,  n"  859.) 

Tularu  Immer,  avoir  maripii'  de  propriété,  verbe  dérivé  de 
tular  home,  limite  de  propriété;  voir  i;  218. 

Ligne  10.  0ii  eil  scuna  cenu  //  court,  il  corrige  nul, 
c'est-à-dire  cest-à-dirc  il  ejfave  ce  cpi' il  avait  écrit. 

Le  verbe  6ii  conrir  est  à  rapprocher  du  finnois  hii-lit-  «  pati- 
ner »  ;  mordvine  cij-e-  «  s'élancer  »  ;  hongrois  si-et-  «  se  hàler  >^ 
(lîudenz,  p. 341,  n"352;  Donner,  1,  p.  172,  n''G07).  Dans  Gi-i, 
le  second  i  ne  fait  pas  partie  intégrante  du  radical,  comme 
le   prouve  la  forme  6i-l,  qui   suil. 

0i-l,  rapide,    vite,   est  le  verbe  Qi- courir,  augmenté  du  suf- 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  239 

fixe  nominal  -1  j:;  109);  0il  est  un  adjectif  employé  adverbiale- 
ment (§  loG,  1). 

Scuna  en  pièces,  en  ruines,  nul;  cf.  finnois  suk-ku  «  en 
pièces  »  ;  suk-ka  «  état  de  ruine  »  (Budenz,  p.  269,  n°  273).  Dans 
scu-na,  la  désinence  est  le  suifixe  nominal  -na  (§  M4).  L'ad- 
jectif scuna  se  joint  comme  attribut  au  verbe  cenu  et  a  une 
valeur  consécutive  (=  de  façon  à  être  détruit . 

Cen-u,  curriyer,  est  à  rapprocher  du  finnois  kani-  «  mettre 
en  ordre,  corriger,  nettoyer  ». 

Epie  feli  C.  LarGals  Afunes  clen,  et  il  dit  sur  la  pierre  : 
Cai  /ils  de  Lartli  Afuna. 

Ep-l-c,  et  sur  la  pierre,  est  le  substantif  ep  (voir  1.  8), 
avec  le  sulïixe  casuel  -1  (§  129,  4)  et  l'enclitique  de  coordina- 
nation  -c  (§  1S4). 

Fel-i  il  dit,  c'est-à-dire  //  met  l' inscription  suivante .  Le  verbe 
fel-  est  apparenté  au  hongrois  fdl-dl-  «  répondre  »  ;  cf. 
vogoule  pol-unt-  «  dire,  annoncer  »  ;  tchérémisse  pel-est- 
«  parler,  dire  »  (Budenz,  p.  olO,  n°  536).  Vel0ina  substitue 
Tépitaphe  d'Afuna  à  la  sienne;  Afuna  devient  ainsi  le  titu- 
laire et  le  propriétaire  du  cippe. 

Liipu'  11.  C.  abréviation  du  prénom  Cai  ou  Cae. 

Lar6al-s,  adjectif  dérivé  de  Lar6al  né  de  Larth.  LarGals 
signifie  dont  la  (jualité  est  d'être  fils  de  Larth. 

Afune-s  poui-  Afuna-s,  génitif  dépendant  de  clen.  On  a  les 
variantes  Afunes  et  Afunas,  comme  on  a  les  variantes  clan  et 
clen  /ils  [%  180j. 

314.  Li(jne  12.  OunxulGe  falas  xiem,  le  yoùt  de  nuinr/er  est 
nul. 

Je  traduis  6unxul9e  par  être  nul.  Le  sens  exact  est  être  ex- 
trême de  réduction.  Le  mot  est  composé  de  6unx  et  de  ul0e. 
Le  radical  Gun-x-  être  réduit  est  un  radical  verbal,  formé  avec 
sufiixe  -X  (§  80),  et  dérivé  du  thème  *Gun,  ([ue  l'on  a  déjà  vu 
dans  Gun-z  peu  de  chose,  rie?i  (§  228)  et  dans  Gun-em  défec- 
tueux de  peu  (§  222).  Quant  à  ul-G-e  être  extrême,  c'est  un 
verbe  formé  avec  le  suffixe  -G  (§  87)  et  dérivé  du  thème  *ul,  ce 
gui  est  au-dessus,   llième  qui  s'écrirait  vel,  si  au   lieu   de   se 


260  TROISIÈME    PARTIE 

présenter  en  coinposilioii,  il  ("lait  isole  ou  initial  (^§  64  Ul  et 
73).  Pour  le  sens  de  vel  sn^rrinc,  voir  ^  290. 

Lujui'  13.  Fala-s,  du  inan<je)\  génitif  du  verLc  fala  manger^ 
dépendant  de  xieiïi*  l'onr  l'étymolog'ie  de  fala,  voir  ^  300 
fal-zaOi. 

Xiem  l/)i/jt(lsion,  désir,  (joùt;  cf.  hongrois  haj-l-  «  pousser, 
conduire  »  ;  vogoule  kuj-t-  <(  donner  une  impulsion  »  (Budenz, 
p.  72,  n"  96).  Le  suffixe  -m  est  un  suffixe  de  dérivation  nomi- 
nale (§  111). 

Fusle  VelSina  Vcdthina  ne  houtje  pas  de  place,  cest-à-dire 
qu'il  ne  se  préoccupe  pas  de  rentrer  à  la  maison  pour  manger; 
il  demeure  installé  à  côté  du  tombeau.  Pour  le  sens  de  fusle 
ne  pas  hou(joi\  voir  plus  haut  fusleri  (ligne  4,  §  310).  Le  rappel 
du  nom  de  Vel6ina  est  ici  nécessaire,  parce  que  dans  la  propo- 
sition précédente  (OvinxulGe  falas  xieiïi)  le  sujet  a  été  changé. 

Ligne  i h:.  HinGa  il  voit,  ou  très  probablement  ^'zï  voit.  On 
ne  spécifie  pas  ce  qu'il  voit,  mais,  d'api'ès  le  conlexte,  il  n'est 
pas  douteux  qu'il  s'agit  soit  de  la  personne  qui  lui  apporte  à 
manger,  soit  des  aliments  (ju'on  lui  présente.  Pour  le  sens  de 
hinOa  voir,  cf.   plus  haut  hinôiu  rire  vu,  apparaître   (§  243). 

Ca-pe  voici  qur,  locution  formée  de  la  particule  démonstra- 
tive ca  (^§  188)  et  de  la  })articule  pe,  (jui  s'emploie  comme  encli- 
ti(}ue.  C'est  la  même  enclitique  (jue  l'on  retrouve  accolée  à 
l'auxiliaire  négatif  i;  cf.  plus  haut  i-pa  (î:^  311).  Pour  ré([uiva- 
lence  de  l'a  et  de  l'e,  voir  plus  haut  ij  313  :  Afunes  (=  Afu- 
uas). 

Municl-et  .s«/?,s  y>rty/tv  est  pour  municl-e9;  la  permutation 
du  t  et  du  G  est  fréquente  (voir  g  68);  deux  lignes  plus  bas,  on 
a  de  même  la  foi'me  hut  (ligne  17)  au  lieu  de  la  forme  habi- 
tuelle huG.  Dans  municl-et,  la  désinence  et  (=  eG)  est  le 
sullixe  privatif  (^  129,  '\].  Pour  le  sens  de  municl-eG,  voir  plus 
haut  ;<  238. 

Masu  //  se  détourne,  pi'oprement  il  s'éloigne,  verbe  appa- 
renté au  hongrois  nuissii  «  loin  »  ;  lapon  niece  «  lointain  »  (Hu- 
denz,  p.  620,  n"  659). 

315.  Lignes  lo-16.  Naper  sran  czl  Gii  falsti  "VelGina  hut 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  261 

naper  pêne  zs,  plusieurs  fois  au  cours  de  la  journée,  pendant 
cinq  jours,  <'^y/>  pressant^  t avertissement  :  allons!  inange. 
Velthina!  La  phrase  s'analyse  de  la  manière  suivante  :  le  sujet 
est  pêne,  verbe  employé  substantivement  (§  151);  le  verbe 
«  être  '  est  sous-entendu  §  (61  :  l'attribut  est  zs.  Tout  ce  qui 
pre'eède  pêne  est  une  se'rie  de  coraple'menls  circonslanciels. 
Il  y  a  avantage  à  traduire  en  suivant  Tordre  inverse  de  la 
construction. 

Pêne  le  fait  d'avertir,  d  exhorter  ;  cf.  finnois  penn-  «  afiir- 
mer.  avertir,  exhorter  »;  voir  plus  haut  le  substantif  pen-9una 
=  penena)  avis  (§  194,  19o)- 

Zs  lourd  c'est-à-dire /«//  avec  instance ,  pressant  \  cf.  finnois 
tùs-kii  «  lourd,  pesant  »;  esthonien  tùz-e  «  lourd  »  Donner, 
T.  p.  125,  n'  442).  Pour  léqui valence  du  z  initial  étrusque  et 
du  t  finnois  suivi  dune  voyelle  douce,  voir  §  74. 

L  avcrti-sement   est    fait  pendant   cinq  jours,   but    naper. 

Pour  le  nombre  hut  =  hu8),  voir  §  139.  Pour  le  sens  de 
naper.  v-ir  p]ii=  haut,  ligne  5  (§  311). 

0ii  falsti  Veleina  allons,  mange ^  Velthina!  sont  les  termes 
mêmes  de  1  avertissement  ;  6ii  ivoir  plus  haut,  ligne  10,  §  313) 
signifie  proprement  cours,  dépéche-toi.  Fa.lsXi,  mange,  est  un 
dérivé  du  verbe  fal-a  voir  fala-s,  ligne  13,  §  314),  à  Taide  du 
suffixe  double  -st  ::  '.'7  .  que  Ion  vient  de  voir  dans  tesn-st- 
eis   ligne  4.  .5  311   :  Velôina  est  un  vocatif. 

Naper  sran  czl  de  temps  en  temps  au  cours  de  la  journée 
précise  encore  les  circonstances  de  laverlissement.  Czl  à  inter- 
valle, c'est-à-dire  par  moments,  de  temps  en  temps.  Pour  le 
sens.   cf.   permien  had  «  temps  »;  Ichérémisse  kod,  kot,   god 

temps  »;  ostiak  kut  «  intervalle  »  (Donner,  L  p^,  22,  n°  73), 
Czl  est  lin  adjectif  formé  avec  le  suffixe  nominal  -1  (§  109); 
mais  cet  adjectif  est  pris  adverbialement  (§  156,  1).  Il  est 
détr^rmin»'  p;ir  naper  sran. 

Naper  sran  signifie  proprement  le  jour  s'ëcoulant,  c'est-à- 
dire  au  cours  de  la  journée.  Pour  naper  voir  ligne  3,  §  3il. 

Sra-n  est  le  verbe  *sra  s'écouler,  qui  a  donné  le  substantif 
dérivé  sr-as,  déjà  vu  plus  haut   dans  le  composé  ne9-sr-as 


2C)2  ÏKOISIÈME    PARTIE 

ruissellement  d'eau  (§  2o2).  Dans  sra-n,  In  désinence  est  le 
suffixe  casiiel  -n  (§  129,  5),  qui  exprime  la  lelution  de  cause, 
mais  qui  parait  avoir  aussi  quelquefois  la  valeur  d'un  expo- 
sant tiMuporel.  Voir  i;  2'i7  :  huG  naper  lesca-n  cinq  jours 
s'étant  écoulés. 

Liijur  17.  Masu  acnina  le  fait  de  se  détourner  <^est^ 
obstiné.  Le  verhe  masu  est  employé  suljstanlivemeut  (5^  151). 
11  y  a  ellipse  du  verbe  «  èlrc  »  (^  161).  L'allribut  acuina 
déi'ive  diin  radical  *ac,  (pii  ('X|M'ime  l'idée  de  vivacité  (cf.  §21G  : 
SiC-H  rapide  ;  §  231  :  a.c-n3ina,sai  rapidement)  et  en  même  temps 
l'idée  de  véhémence,  violence,  d'où  le  sens  de  colère,  entêtement, 
obstination;  cf.  finnois  dk-ïst-  «être  en  colère,  obstiné  »  ; 
al;-s'ù  i(  colère,  entêtement  ».  Le  radical  *ac  a  donne'' un  premier 
dérivé  *ac-n  (§  113),  qui  adonné,  à  son  tour,  un  second  dérivé 
*ac-n-na  i;  1 1  i),  ou  acnina. 

316.  Cle  "Lt.KÏMUdi.sWipproche  Larth  A  fana,  sans  doute  le 
père    du   défunt;  cf.   plus  liaut  i;  312  :  LarGals   Afunes  clen 

[lifjne  il).  D'après  cela,  le  défunt  devait  être  un  enfant,  élevé 
par  Velthina  et  qu'il  pleurait  comme  un  fils.  Cle,  sUi.pprocher, 
est  apparenté  au  linnois  ki'd-ki  «  côté  »  (Budenz,  p.  33,  n°  41)  ; 
voir  plus  liant  i;  218    cl-z,  ''/  cé)té. 

Veleinam  lerzinia  inte  ma  mer  cnl  VelGina,  mon  bon 
Velthina — Vadmonestatio)}  est  murmuréi'  —  <^tu  es'y-  mainte- 
nant vrainyent  obstiné,  Velthina  ?  ». 

Vel9ina-m,  n<m  Velthina.  est  le  nom  jjropre  auii'mcnlé  du 
suffixe  possessif  do  la  preuiièro  personne  -m  (§§  37,  133). 
Afuna  ])arle  d'un  Ion  alfeclueux  et  essaie  de  prendre  VelGina 
l)ar   la  douceur. 

Lif/nc  18.  Lerzinia  inte,  h a<lm(mrstalion  est  murnnirèe, 
c'est-à-dii'e  le  reproche  est  fait  avec  (hnicear.  Il  linil  (-(tnsi- 
d('rer  ces  deux  mots  connue  formant  une  soi'te  de  parentbèse. 
Ils  commenlejit  et  justilienl  l'emploi  ilu  possessif  de  tendresse 
Veleina-m. 

Ler-z-in-i-a,  être  murmuré,  peut  èlrc  rapproché  du  finnois 
lir-it-ell-  «  parler  doucement  ».  Dans  ler-z-in-i-a  il  y  a  trois 
suffixes  de  (b-rivalion  :  !"  le  suffix(>  -t  (i;  87)  devenu  -z  (cf.   fie- 


TEXTES    TRADUITS    ET    COJIMENTÉS  263 

nz-na  §  2i(i)  ;  2°  le  suffixe  -n  ou  (in-  §  84)  ;  3°  le  suffixe  -i  (§  81). 
Le  verbe  lerzinia  a  pour  sujet  un  autre  verl)e,  linfinitif  inte 
avertir,  pris  suijsUmtivement  (§  loi).  Inte  peut  être  rapproché 
du  hongrois  intii-  «  avertir,  aviser  »  (lîudenz,  p.  819,  n"  900). 

Ma  maintenant,  aujourdliui,  particule  affirmative,  que  Ton 
retrouve  dans  le  hongrois  m-j..  (Budenz,  p.  596,  n"  628). 

Ligne  19.  Mer  cnl  tu  <<?.y>  assurément  obstiné.  Le  sujet  et 
le  verbe  sont  sous-entendus  (§  161).  L'apostrophe  Vel6ina, 
qui  suit,  montre  bien  que  le  sujet  est /^/. 

Mer  assurément,  certainement  y  }^d.viic\ÛQ  affirmative,  comme 
le  finnois  mar,  «  certes,  assurément  ». 

Cnl  obstiné,  dlmmeur  mauvaise,  adjectif  dérivé  de  en  à  l'aide 
du  suffixe  -1  (§  109).  Pour  le  sens,  cf.  finnois /v/V?»'/  «  humeur 
fantasque,    méchanceté  ».  (Donner,  I,  p.  74,  n''  237). 

Vel0ina.  La  répétition  de  l'apostrophe  marque  la  fin  des 
paroles  dites  par  Larô  Afuna. 

317.  Zia  satene  tesne  il  se  produit  [de  la  part  de  Velthina) 
l'acte  d'injurier,  l'acte  de  pleurer.  Voilà  l'effet  des  paroles 
d'Afuna. 

Le  verbe  zia,  se  produire,  naître,  est  apparenté  à  l'ostiak^^-y-, 
tl-l-  «  naître,  être  né  »  ;  tî-li-  «  croître  »  ;  cf.  vogoule  te-l- 
«  être  né  »;  tomber  »  ;  finnois  tïio-nt-  «  pousser,  faire  tomber  » 
(Budenz,  p.  258,  n°  266).  Pour  le  z  initial,,  voir  §  72.  Zia  a  pour 
sujets  les  deux  infinitifs  satene  et  tesne,  employés  substanti- 
vement (§  151). 

Satene,  dire  des  injures,  verbe  formé  à  l'aide  du  suffixe  de 
dérivation  -n  (§  84).  Le  mot  est  apparenté  au  finnois  sad-a-ta- 
«  maudire,  faire  des  imprécations»  (Donner,  I,  p.  175,  n"  617). 

Tesne,  pleurer,  voir  plus  haut  le  dérivé  tesn-st-eis  (§  311). 

Ligne  20.  Eca  VelOinaGuras  6aura,  voici  <^nmintenant'y 
r empressement  de  \'elthinatliura.  Après  le  maître  Lare  Afuna, 
voici  le  fils  de  VelSina,  qui  à  son  tour  essaie  d'intervenir. 

Eca  voici  ;  §  188. 

VelGinaôuras  du  fils  de  Velthina;  le  génitif  dépend  de 
6aura  :  sur  le  nom  "VelSinaGura,  voir  plus  haut  ;^  312. 

Saura,  action  de  .s'empresser,    infinitif  employé  substantive- 


26i  TROISIÈME    PAKTIC 

ment  (§  loi).  La  conslrnclion  voici  le  s'empresser  de 
VeltJiinalInira  (Minivaul  à  la  pioposilion  :  voici  Vellhinatlvira 
qui  s'empresse.  Pour  le  sons  de  Gaura.  voir  j:;  11).')  Saurus  ri 
v<  2'i4  Gaure. 

318.  Li(inc  21 .  Helu  tesne  rasne  s'rcliaiipr  l'action  de  pleu- 
rer, rnclion  (le  se  déchirer. 

Helu.  s  échapper ,  se  donner  libre  cours,  proprcmenl  couler. 
Le  mol  est  rt''(|iii\al('nl  du  finnois  valu-  «  couler,  se  répandre». 
Pour  la  valeur  de  Ih  initial,  voir  §  71.  Le  verbe  helu  a  pour 
sujets  les  deux  infinilil's  tesne  et  rasne,  emj)loyés  sulf^tauli- 
vement(§  \t)\). 

Cei  tesnsteis  rasnes  le  malheureux  <,cs!.^  grand  de  san- 
glots, déchiré. 

Cei,  malheureux,  peut  (Mre  rapprocln-  du  linnois  kai-ha 
«  envieux,  jaloux,  mal  disposé  »  (Donner,  1,  p.  10.  n"  33).  Le 
mot  est  sujet  du  verl)e  ((  être  »    sous-enteudu   (i;  IGl). 

iJfjne  22.  Tesnsteis  rasnes,  voir  plus  haut  s;  31  I . 

XimG  hélas  !.,  [)r()prement  malheur  !  ;  voir  plus  haut  X^vci- 
G-m  (vj  928'.  L'inlerveuliou  de  VelGinaGura  n'a  eu  d'autre 
elVct  (|ue  d'exaspérer  encore»  le  dé'sespoir  de  VelGina. 

319.  SpelGuta  scuna  Afuna  A  fana  disparu  le  met  en 
fureur,  c'est-à-dire  l'idée  (pu' Afuna  est  mort  le  rend  furieux. 
Il  ne  s'agilpasici  du  LarQ  Afuna  dont  il  a  ét('  question  à  la 
ligne  17,  mais  de  l'Afuna  de  la  ligne  3,  c'est-à-dire  du  défunt. 

Spel-Gu-t-a  mettre  en  fureur,  d('rivé  d'un  verbe  spe-1- 
(voir  plus  loin  spel-aneGi  à  l'aide  d(>  deux  suffixes,  le  suilixo 
nominal  -G  (i:^  120)  et  le,  sullixe  verbal  -t  (>:;  87\  (|ui  a  ici 
une  valeur  cansalive.  Le  mémo  sullixe  cau^alil"  existe  dans 
les  langues  ougro-liunois(!S  :  hongrois  vêts-  «  yvx'w  »  vds-t- 
«  faire  périr  )•>  ;  finnois ^;</V/.y(?-  «  être  libre  »,  puas-ta-  «  délivrer  » 
(Szinnyei,  Finnisch-ugr.  Sprachw .  p.  129;  liudonz  Simonyi< 
p.  79-89).  Le  radical  verbal  spe-1,  formé  à  l'aide  du  sutiixc  -1 
(s5  82),  se  ramène  à  un  thème  'sp,  ([ui  est  à  rap[)roclier  du  Hn- 
nois  sappi  «  fud.  bile,  colère  »,  sappe-  «  être  en  colère  »; 
zyrénien  sep  «  bile  »  (P>udeuz,  p.  791,  n"  860;  Donner,  II, 
p.  87,  n"  77r;). 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  265 

Lig?ies23-'2ï.  Scuna  Afuna  Afuna  ruiné,  c'est-à-dire  disparu, 
qui  nest  phis.  Pour  le  sens  de  scuna.  voir  plus  haut  ligne  10, 
§  313.  Afuna  est  le  sujet  de  spelGuta. 

Mena  hen  naper  ci  passent  deux  jours  consécutifs.  Pour  le 
verhemena  passer,  aller,  voir  l'inscription  de  Magliano  (ij  301 
in  ecs  mené;  §  302  menitla  .  Pour  l'expression  hen  naper, 
voir  plus  haut  ligne  o,  §  311.  Pour  le  nombre  ci  deux,  voir 
§  139. 

Cnl  hareutuse  VelGina  Velthina  est  obstinément  en  aversion 
de  nourriture,    c'est-à-dire  continue  à   rofuser  de  nianqer. 

Cnl  obstiné;  cf.  plus  haut  §  31G.  Ici  l'adjectif  est  employé 
adverbialement  (^§  loG,  1). 

Hareutuse  être  en  aversion  de  nourriture,  avoir  dégoût  de 
nourriture.  Le  mot  se  décompose  en  har  et  eutuse.  Le  premier 
élément  har  est  réquivalent  du  finnois  vero  «  tribut,  chose  due, 
aliment  »  ;  pour  Ih  initial,  voir  i;  74. 

Le  second  élément  eut-u-s-e  est  un  verbe  formé  avec  le 
suffixe  -s  (§  86).  Le  radical  *eut  peut  être  rapproché  du  hon- 
grois ut-cd-  «  détester,  abominer,  exécrer  ».  (lUidenz,  p.  870, 
n"  969). 

320.  Face  B. 

Satena  zuci  enesci  <s'>  //  dit  des  injures,  <.y'>  //  se 
meurtrit  de  coups,  <.y'>  il  fait  des  cris.  Sat-e-n-a  est  le  verbe 
dont  on  a  vu  plus  haut  linfinilif  satene  (§  317).  Pour  le  sens  de 
zuci,  enesci,  voir  plus  haut,  lignes  7-8,. i;  312,  ('es  i)roposilions 
paraissent  avoir  un  sens  conditionnel  (i;  167). 

Ipa    spelaneSi    pas    n'existe   grande    violence    de   fureur. 

Velthina  se  livre  toujours  aux  mômes  manifestations  de 
douleur  (injures,  coups,  cris)  ;  mais  comme  le  jeune  prolongé 
l'a  alTaibli,  les  accès  n'ont  plus  la  uu''mc  violence. 

Ipa  est  l'auxiliaire  négatif  (voir  ligne  5,  §  311).  Spel-ane-6i, 
grande  violence  de  fureur,  est  compose  de  spe-1-  être  en  fureur 
(voir  §  319  spe-l-Gu-t-ai  et  du  substantif  ane-0i,  formé 
avec  le  sulfixe  -Gi  (.^  122)  comm.'  su-Gi  (§  189),  falza-0i  (§  300). 
Ane-Gi  dérive  d'un  vcrbt»  *an-  être  grand,  fort,  violent,  qui 
est  apparenté  au  linnois  ani  «  très,  beaucoup,  tout  à  fait  ». 


200  Tuoisiibin  i'aiîtie 

Ce  môme  vorl)o.  poiiivii  du  siilli\(>  nominal  -Sas  (§  121), 
donnerait  l'adjc^clif  *an-8as,  vmlcnl ,  /nrl,  loitnc-  conimc  sval- 
eas  ^.i;  2:nj,  ten-eas  (j5  22.'i  ,  zilaxn-Gas  1 5;  222)  :  or,  nous 
savons  par  Ilésychius  que  le  venl  du  .Nord,  lîorée,  ('"est-à-dirc 
le  (jrand  vent,  se  disait  avoa;  en  étrusque. 

Fulumxva  spelGi  la  fureur  passe  rapidement,  proposition 
(|ni  |i;ii'ait  devoir  être  coordonnée  à  la  ])i'éeédente.  Aon  seu- 
Ifuit  ni  les  accès  n'ont  plus  la  même  violence,  mais  encore  ils 
n'ont  plus  la  lurmc  durée.  Le  verbe  fulumxva  ou  ful-m-xv-a 
passer  vile,  est  formé  à  l'aide  du  sutlixe  -m  (i^  83)  et  du  sulFixe 
double  -XV  (§  90  /;/.v\  que  présentent  les  formes  iler-xv-a 
(Krall,  Yll,  3)  et  un-xv-a  (Krall,  XII,  4,  6).  Le  radical  *ful 
est  à  rappro(dier  du  bongrois  fo/'-  c  couler,  courir  »  (Budenz, 
p.  :m,  n"  5o8). 

Spel-6i  fureur  est  un  substantif  en  -61  (i;  122),  formé  comme 
spelane-ei  et  dérivé  du  radical  spel-.  C'est  le  sujet  du  verbe 
fulumxva. 

321.  ReneGi  estac  Je  dépérissement  est  bruscjue  de  chute, 
c'esl-à-dii-e  <|ne  le  déclin  des  forces  se  produit  brusquement.  11 
y  a  ellipse  du  verbe  «  être  »  (s;  IGl)  entre  le  sujet  reneOi  et 
Taltribul  estac. 

Le  sulistanlif  rene-0i  déix'-risscmetit,  fornK'  comme  spelane- 
61,  a  la  même  origine  que  le  finnois  rau-sc-a  «  maladif, 
inlirme  >%  run-stu-  «  languir,  dépch'ir  »  (Donner,  111,  p.  I2(t, 
n"  1018). 

Estac  prompt  de  eliut(\  adjectif  alli'ibut  de  rene6i.  Le  mot 
est  composé  de  es-t-  tondu-r,  et  de  ac  prompt,  rapide:  cf. 
acil  (v5  216),  acnanasa  (sj  2.31)  et  plus  baul  ac-ni-na  (A, 
ligne  17,  i;  31;)  .  l*our  le  sens  de  est-,  cf.  bongrois  us-  «  tom- 
ber »  ;  finnois  is-tu-  <■<■  s'asseoii'  »  (Hudenz,  p.  7!I7,  n"  871).  Dans 
est-,  le  -t  linal  est  un  sulfi.xe  de  dérivation  verbale  li;  87),  le 
nirinc  que  dans  le  finnois  is-tu-. 

Veleina  acilune  turune  au  numicut  où  Vidtliina  s'impa- 
tiente, demande  [quidipie  cjutse)  avec  insistance,  proposition 
subordonnée,  marquée  par  les  deux  verbes  acilu  d  turu  pour- 
vus du   snibxe  comitalif  -ne    i^  120,  G\  Sur  ce  genre  de  cons- 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  267 

truclion,  voir  §  165.  Le  nom  VelOina  est  rappelé',  parce  qu'il 
y  a  eu  changement  de  sujet  dans  les  propositions  précédentes. 

Le  verbe  acilu,  êti^e  pressé^  ^impatienter,  est  un  dérivé  de 
Tadjectif  acil  vif,  rapide  (§  216),  lequel  dérive  lui-même  de  ac 
(voir  B,  lignes  7-8  :  est-ac). 

Le  verbe  turu,  insister,  demander  instamment,  est  en  rapport 
d'origine  avec  tur  instance  (voir  plus  haut,  §  2.58^  ;  cf.  finnois 
tora  «  dispute,  reproche,  insistance  grondeuse  et  opiniâtre  » 
(Budenz,  p.  257,  n"  265;  Donner,  I,  p.  131,  n"  462). 

Scune  zea  zuci  enesci,  disparu  se  produit  (=  ne  se  produit 
plus)  l'acte  de  se  meurtrir,  de  jeter  des  cris .  C'est  la  proposition 
principale,  à  laquelle  est  subordonnée  la  proposition  VelGina 
acilune  turune.  Le  sujet  est  zuci,  enesci,  les  deux  verbes 
déjà  vus  plus  haut  (A,  lignes  7-8  ;  B,  lignes  2-3  ;  voir  §  312).  Le 
verbe  est  zea,  variante  graphique  de  zia  se  produire  (ligne  19; 
§  317).  Scune,  disparu,  nul,  est  une  variante  graphique  de 
scuna  (ligne  10;  §  313).  Pour  l'équivalence  e  =  a,  voir  plus 
haut  Afunas  (ligne  3)  et  Afunes  (ligne  11,  §  313).  L'expression 
scune  zea  se  produire  disparu  veut  dire  :  ne  plus  se  produire. 

322.  A0U  mies  Afunas  penSna  ama  VelSina  <il' ':> apaise 
la  douce  exJiortation  d'Afuna  <  disant  >  ;  «  calme  toi,  Vel- 
fhina.  »  Yelthina  est  si  faible  qu'il  ne  réagit  plus.  Lui,  qui 
recevait  si  mal  les  paroles  de  Larth  Afuna  (§  317),  est  devenu 
tout  à  fait  maniable  :  maintenant  il  suffit  qu'Afuna  lui  dise  «  ilu 
calme!  »,  pour  qu'il  s'apaise. 

A0U,  apaiser,  a  la  même  origine  que  le  hongrois  éd-és 
«  doux  »;  ci",  vogoule  at-ln  «  doux  »  (Budenz,  p.  764,  n°  832). 

Mic-s,  doux,  épithètc  de  pen9na.  Abstraction  faite  de  la 
désinence  -s,  qui  est  le  suffixe  nominal  (§  117),  il  reste  un 
thème  *mic,  (|ui  ('M|uivaut  au  finnois  muka  «  proche  »,  muka- 
inen  «  qui  suit  de  près,  qui  s'adapte,  qui  se  prêle  »,  muka-ra 
<(  apte,  habile,  mou  »  (Budenz,  p.  508,  n°  631).  Pour  la  voyelle, 
voir  §  63,  I,  4. 

Penena  avis,  exhortation  ;  cf.  §§  194,  195  et  plus  haut  v^  315 
pêne  exhorter. 

Ama  cal  rue  toi  ;  rî.  i;  3  11 . 


2G8  TROISIÈME    PARTIE 

VelGina  osl  un  vocatif. 

Lu/ne  IG.  Afun  ou  Afuna.  La  leclure  est  incerlaino.  Los  fac- 
similés  ne  sont  pas  (raccoid.  Les  uns  (Fabrclti,  pi.  XXXVIII) 
donnent  afun;  les  autres  (Conestabile,  Danielsson-Pauli) 
indiquent  une  lettre  (un  a  probable)  à  la  (în  du  mot.  lue  chose 
n'est  pas  douteuse.  C'est  qu'il  ne  peut  pas  y  avoir  ici  le  nom 
propre  Afuna,  déjà  plusieurs  fois  mentionné  dans  l'inscription. 
11  faudi'ait,  avant  lui,  un  verbe  au(|ucl  on  pût  rattacher,  comme 
sujet,  le  nominatif  Afuna;  or.  il  n'y  en  a  pas.  La  leçon  afun  ne 
soulève  pas  la  même  dilliculté  ;  afun  est  un  substantif  formé 
avec  le  suliixe  nominal  -n  (§  H3),  comme  hev-n  (§  299).  On 
peut  le  rapprocher  du  hongrois  ap-iid-  «  languir,  dépérir  » 
(Budenz,  p.  7!ll,   n"  86 1).  Le  sens  est  faiblesse.,  dépérissement. 

Le  groupe  afun  0uruni  ein  forme  une  proposition  subor- 
donnée causale  (^^^  Ib."),,  caractéiisée  par  le  suffixe  instru- 
mental -n  (§  129,  5)  accolé  à  l'adjectif  attribut  ei  grand  (cf. 
§  20.3).  Afun..  ei-n  signilie  :  par  le  fait  que  la  faildesse  ^iesf^ 
(jrande.  Le  mot  intermédiaire  6uruni)  doit  avoir  pour  office  de 
modifier  ou  de  préciser  le  S(uis  de  ei.  11  nous  olfre  le  radical 
9ur,  que  nous  avons  déjà  rencontré  dans  paxa-6ur-as  (§  236), 
ainsi  que  dans  les  noms  propres  Vel-ôur  (i:;?^  182,  237),  Vel- 
Guri-Gur-a  (§  263),  Precu-9ura  (i:^  2i5).  Ce  radical  exprime 
ridée  de  liijiiée.^  succession.  Avec  h'  sulfixe  de  dérivation  verbale 
-n  f§  84),  Sur  donne;  le  vei-l)e  ôur-n-  (— -  0ur-un-),  dont 
6urun-i  est  le  participe  en  -i  i^^  1()3\  d'ofi,  pour  ce  mot,  le 
sens  de  se  succédant,  successif.  Comme  en  étrusque  les  adjectifs 
peuvent  être  (employés  adverbialement  (i^  156,  1),  Guruni  peut 
son  tendre  :  d'une  manière  successive  ou  procp^essive.  On  a  ainsi 
pour  la  pi'oposilion  l'interprétation  suivante  :  par  le  fait  que 
la  jaildessc  est  (jrande  d'une  nuinière  progressive,  c'est-à-dire  est 
dv  plus  en  plus  grande. 

323.  Zeriu  nacxa  le  fait  d'avoir  de  la  conncdssancc  a  des 
interruptions.  Zer-i-u,  s'interrompre.,  est  un  dérivé  du  verbe 
zer-  (ouper,  briser,  rompre,  trancher,  (jue  l'on  a  déjà  rencontré 
dans  le  |)lomb  judiciaire  de  Magliano  (§  295  ces  zer-is).  La 
dérivation  est    faite   à  l'aide  du  suliixe  fréepicntatif  -i  (§  81). 


TEXTES    TUADLITS    ET    COMMENTÉS  269 

Zeriu  a  pour  sujet  le  verbe  nacxa,  employé  subslantivement 
(§  loi).  Les  deux  mots  forment  la  proposition  principale,  expli- 
quée par  afun  elc. 

Nac-xa,  avoir  de  la  connaissance,  dérive  d'un  radical  *nac  à 
l'aide  du  suiFixe  de  dérivation  verbale  -x,  -c  (§  80).  Il  peut  être 
rapproché  du  linnois  nak-e-  ((  voir,  regarder,  observer  « 
(Budenz,  p.  400,  n"  426;  Donner,  III,  p.  23,  n°  883);  l'idée 
à'obsercer  conduit  à  l'idée  de  reconnaître. 

0il  Gunxulel  vite  <:^il  est;>  nul  ;  le  sujet  est  le  dernier  sujet 
exprimé,  c'est-à-dire  nacxa  le  fait  d'avoir  de  la  connaissance. 
Pour  le  sens  de  6il  vite,  hiontôt,  voir  plus  haut  A,  ligne  10, 
§  313.  Pour  le  sens  de  GunxulGl  nul,  voir  plus  haut  A,  ligne 
12,  §  314  GunxulGe  être  nul.  Dans  6unxul6-l,  la  désinence  est 
un  suffixe  de  dérivation  nominale  (§  109),  le  même  suffixe  -1 
que  dans  6i-l. 

324.  Ix  ca  cexa  zixvixe  justement  voici  que  est  faible  le  fait 
de  tressaillir;  il  s'agit  des  derniers  tressaillements  qui  pré- 
cèdent la  mort. 

1\,  justement,  précisément,  est  un  adjectif  employé  adverbia- 
lement (§  156);  c'est  une  particule  destinée  à  renforcer  le  sens 
de  voici.  Le  mot  est  apparenté  au  hongrois  ig-oz  «  droit,  juste, 
vrai  »  ;  cf.  finnois  oik-e-a  «  droit  »  ;  eslh.  oige  «  droit,  direct  » 
(Budenz,  p.  810,  n°  887).  En  finnois  l'adverbe  oikein  «  directe- 
ment, justement,  précisément  >>  joue  le  rôle,  lui  aussi,  d'une 
particule  superlative. 

Ca  voici;  cf.  ^  188  et  plus  haut  (§  314  ca-pe). 

Cexa  Mre  faible;  cf.  §§  273,  277. 

Zixu-x-e,  tressaillir,  palpiter,  verbe  formé  à  l'aide  du  suffixe 
de  dérivation  -x  (§  80),  comme  plus  haut  nac-x-a.  Le  mot 
est  apparenté  au  finnois  ti'ikku-  «  avoir  des  soubresauts,  être 
secoué  ».  Pour  la  voyeUe  théuuili(|ue  el  \v  z  initial,  voir  i;  63  I  4 
et  §  72.  L'infinitif  zi^uxe  est  employé  substantivement  (§  \.-S\) 
et  sert  de  sujet  à  cexa. 


27(1  TROISIÈME    PAIiTIE 

325.  Toxlo  (lit  (le  la  Moniii'  (t Ayrain,  (■(•rit  sur  des  bandes 
de  loile  ayanl  servi  à  cnvelop|)er  une  momie  éj^yplienne,  an- 
joiird'liui  an  musée  d'Agram. 

Le  texte  est  cilé  d'après  la  publiealioii  de  .1.  Krall^  l)ic  clras- 
/{ischt'ii  MiDnicnbiniJcn  des  A(jr(un('r  iHilioHal-Musrums  {l)pnk- 
■schriflen  d.  /:.  Acad.  d.  TIV.v.syv/.v.  tu  W  ie/i,  idiilos.-histor.  Clas.^ 
XLI,  1892). 

Il  est  impossible  de  tenter  une  inlerprélation  complète  :  il  y 
a  trop  de  mutilations  et  de  lacunes.  Je  n'étudierai  ci-dessous 
(|ue  les  passages  les  mieux  conservés  et  qui  présentent  uiu' 
suite  de  (juelques  lignes. 

326.  Colonne  YIII,  lignes  3  et  suiv.  (Krall,  p.  37).  Tète  de 
clia])iti'e,  qui  se  reconnaît  à  un  espace  d'au  moins  trois  lignes 
laissé  en  blanc  '. 


cp/i.  huôis.  zaerumis.  flerxva.  neSunsl  3 

sucri.  Bezeric.  scara.  priGas.  ra^-  tei  4 

menas,  cltral.  mulax-  /usina,  vinum  ?> 

/>a/ve/vm.  acilB.  ame.  ranem.  scar-"  6 

re//xzina.  caveG.  zuslevac.  macra.  vurGi  7 

/vv/xzineti.  ramueO.  vinum.  a!r//J6.  ame  8 

mu/a.  hursi.  puruBn.  vacl.  usi.  c/ucGras  9 

crtperi.  zamGic.  vacl.  ar.  flereri.  sacnisa  10 

sacnicleri.  trin.  flere.  neGunsl.  une  1 1 

mlax.  puGv.  GaclG.  Grt/'.  le'i.  c/vas.  fier  12 

Gezine.  ruze.  nuzlxne.  zati.  zatlxne  13 

sacnics/res.  cilGs.  spurestres.  enas  li 

eGrse.  tinsi.  tiurim.  avils.  xis.  hetrn  1  j 

a[r/ja  .  ais.  cemnax-  Gezin.fler.  vacl.  16 

etnam.  tesim.  etnam.  celucn.  trin.  aie...  17 
Ce  qui  commoicf  <est^  le  qiiinzième.   Prmds  des  préean- 
tions pour  f/i/e  la  mer  soit  lente  de  mouvement  et  detneure  Iran- 
quille. 

1.  Les  lignes  sont  nuinérolécs  suivant  l'onlrcde  Krali.  Les  lettres  en  italique 
sont  celles  dont  la  lecture  n'est  pas  certaine. 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  271 

Lignes  4-G.  <ZS'il^  se  prése/Ue  {dans  le  rivage)  une  coupure 

profo?ide,   <;^^>■   l'eau  <iest^  toujours une  fois  double  le 

promontoire  latéral  qui  forme  la  passe,  marin...,  arrête-toi, 
tout  de  suite. 

Lignes  G-8.  <CSi'^ ,  tout  an  moins,  il  se  présente  une  plaifc 
de  sable.,  <isi^  cette  playe  s  élèce  en  pente  sans  pierres  et  très 
belle,  si  la  mise  au  sec  (du  hAG'àu) peut  avoir  lieu  sans  crainte  le 
long  de  la  plage,  marin,  arréte-toi  tout  de  suite. 

Lignes  9-11.  Le  moment  étant  venu  départir,  donne  des  coups 
de  marteau  convenablement  tout  autour  (de  la  carène),  pour  cjue 
l'assemblage  latéral  tienne  bon,  et  <^que^  le  calfatage  <^soit^ 
convenable,  pour  (pue  le  bordage  soit  cloison  protectrice. 

Le  prêtre  doit  dire  la  prière  [suivante)  : 

—  d'une  voix  éclatante  — 

Lignes  11-13.  «  0  mer,  sois  tutélaire.  <^Que^  la  prière 
<isoity-    bonne,    <^^^'>   à  partir   de   f appel   de    ^invocation 

paisible.   Qu  un  calme  tutélaire  <^soit^  dans  le  n^oment  où 

le  tonnerre  est  multiple  de  fracas,  dans  le  )noment  où  f  éclair  est 
multiple  de   lueurs.  » 

Ligne  14.  — Paroles  dites  en  chœur,  <^(jui  sont  celles'^  de 
la  formule  par  laquelle  la  prière  a  commencé  — 

Lignes  15-16.  <^Quey>  le  fait  d'attendre  <^soit'^  vif  d'atten- 
tion dans  la  direction  de  Jupiter.  <^Si^  la  durée  <^'.v/>  longue^ 
<jl  y  «>  quelque  chose  de  manqué.  <^Si^  une  lueur  vive  est 
instantanée,  le  calme  <^sercr>  tutélaire. 

<^Sois'^  bien  sonore,  d'un  ton  tantôt  pleurard,  tantôt 
perçant... 

327.  Ligne  3.  Celi  huGis  za6rumis  ce  qui  vient  <^est^  le 
quinzième.  De  quel  quinzième  s  agit-il?  D'un  chapitre?  D'un 
jour?  D'une  prescriplion?  On  ne  peut  pas  rétal)lir  avec  certi- 
tude le  mot  sous-entendu,  faute  d'avoir  (ont  ce  qui  pre'cèdo. 

Celi.  La  lecture  est  probable,  sans  être  tout  à  fait  certaine. 
Celi  le  commençant,  ce  qui  commence,  ce  qui  vient  est  un  par- 
ticipe en  i  (§  103),  foi-mé  comme  ciz-i  (§  238)  et  mimen-i 
(§  304).  Le  verbe  cel-  est  apparenté  au  hongrois  kâl  «  aller, 
venir,  se  lever  »  [n-jp-kiil-nt  «    lever  de   soleil  »);  cf.   permien 


272  TKOISIÈME    l'AHTIE 

kel-  «  se  li'tiînor  en  avant  »  ;  kïl-dn-  «  se  lever  »  (Budcnz, 
p.  J3,  n°  17;  Donner,  I,  p.  65,  n"216).  Celi  csl  le  sujet  de  la 
proposition  ;  huGis  zaGrumis  est  Taltribut.  Le  verbe  «.  être  » 
est  soiis-cntcndii  (5;  JOT. 

HuGis  zaGrumis  <ininzih)if%  formes  dérivées  des  nombres 
huG  r/;/y  elzaGrum  ^//./'  (^5^5  i39-146).  Ce  sont,  selon  toute  vrai- 
semblance, (les   nombres  ordinaux  l  voir  i;  147). 

328.  Flerxva  neGunsl  sucri  Gezeric  prend.s  <;/e.y  précau- 
tions pour  que  la  hier  <C->oil~>  lente  de  muurenient  et  demeure 
tram/uille. 

Fler/va,  se  précautionner ^  se  (/arantir,  dérivé  du  verbe  fler- 
pratétjer  (§  270),  à  l'aide  du  snlïixc  double  -xv  (§  90  bis),  que 
Ton  a  rencontré  dans  fulum-xv-a  (§  320). 

NeGunsl  sucri  Gezeric  est  une  pioposition  subordonnée 
linale,  caractérisée  par  le  suffixe  de  destination  -ri  (§  129,  n"  7), 
qui  est  joint  à  l'adjectif  suc  et  au  voibe  Gez-e.  ].iC  sujet  de 
cette  proposition  finale  est  neGunsl. 

NeGunsl  mer,  proprement  le  Hijuide,  est  un  dérivé  de 
NeGuns,  comme  Fuflunsul  ou  Fuflunsl  rin^  est  un  dérivé  de 
Fufluns  dieu  de  la  viyne  (voir  !:;  289).  NeGuns  (F.  2097)  ou 
NeGunus  i^F,  2140)  est  la  divinité  des  eaux  O.  iMlillcr-Deecke. 
Il,  p.  54).  (i'(ist  ce  nom  (|ui,  déformé  soil  parla  prononcialion 
S(nt  par  tle  fausses  élymologies,  est  devenu  le  lalin  Xcptunus. 
Le  mol  NeGu-ns  es!  l'oiiné  avec  le  sullixe  -ns  tj^  115)  comme 
Fuflu-ns,  SeGla-ns.  Pour  le  sens  de  la  racine  *neG  humidité, 
eau,  voii'  i;  252  neG-sras  ruissellement  cl  eau. 

Suc-ri  pour  le  <Cétre'^  lent  de  inoucenicnt.  L'adjectif  SUC 
])eut  être  rapproclu'  du  linnois  sieh  aile-  (^  temporiser,  être  en 
relard  ».  Pour  l'équivalence  de  l'u  étrusque  et  du  groupe  lin- 
nois ie,  voir  ,^  04  l'  3. 

0eze-ri-C  cl  pour  rester  tranc/uillc,  c"est-ù-dii'e  et  iparcon- 
sé(jucnt)  pour  rester lrun(juille.  L'iidjeclif  suc  a  d'abord  exprimé' 
la  manière  d'être  de  la  mer;  le  verbe  Geze  exprime  maintenant 
le  fait  ([ui  doit  résulter  de  cette  manièi'e  d'èlre.  Dans  6eze-ri-c, 
il  y  a  le  même  sulfixe  -ri  que  dans  suc-ri.  Le  -c  linal  est  len- 
clili(|ue  de  coordination  (§§  154,  180). 


TEXTES  THADUITS   ET  COMMENTÉS  273 

0eze  se  ramène  (§  74)  à  la  même  origine  que  le  finnois 
hid-as  a  lent,  indolent,  nonchalant,  paresseux»,  hit-ainen,  hit- 
iiri  «  id.  »,  Int-i(sta-  «  faire  quelque  chose  avec  indolence  ». 
Pour  la  voyelle  thématique,  voir  §  G2  E  2.  Pour  la  consonne 
initiale,  voir  i^  71. 

329.  Ligne  4.  Scara  pri6as  rax  ^  il-  ■'^e  présente  une  cou- 
pure pénétrante^  c'est-à-dire  une  coupure  profonde  dans  la 
liyne  du  rivcuje. 

Scara,  se  présenter,  se  rencontrer,  est  formé  avec  le  suffixe 
de  dérivation  -r  (§  83).  C'est  le  dérivé  d'un  thème  *sc-  dont  on 
retrouve  la  trace  dans  le  finnois  sak-a-r-a,  «  pointe  saillante  » 
(Donner,  I,  p.  162,  n"  S72).  L'idée  de  saillie  et  celle  de  ren- 
contre sont  connexes.  Le  verbe  scara  a  pour  sujet  rax- 

PriGas  pénétrant,  proprement  où  fon  entre,  épithèle  de 
rax-  C'est  un  adjectif  formé  avec  le  suffixe  -9as  (J5  121), 
comme  zilaxn-Gas  (§  222),  ten-Oas  (§233),  sval-Gas  (§  237). 
Le  radical  *pr  est  à  rapprocher  du  tchérémisseyj^^y-  «  entrer  », 
pur-t-  «  introduire  »  ;  cf.  zyrénien  jJir-  «  entrer  »  (Budenz, 
p.  474,  n°  507).  Dans  pr-i-6as,  l'i  n'est  pas  organique.  Voir 
plus  haut  §  248  pr-umis,  parent  d introduction,  d'adoption. 

Rax,  coupure,  fente,  ouverture.  Il  s'agit  d'une  ouverture  dans 
la  ligne  du  rivage.  Pour  le  sens,  cf.  finnois  rako-  «  se  fendre, 
se  déchirer  »,  rak-o  «  chose  coupée,  fente,  fissure  »  (Donner, 
m,  p.  84,  n°  967). 

330.  Tei  menas  cltral  mulax  fusina,  reau  <^est^  tou- 
jours...?... au  delà  de  la  pointe  de  côté  c/ui  forme  passage. 

Tei,  eau,  est  le  substantif  que  l'on  a  déjà  vu  dans  le  texte  de 
Magliano  §  386  seis  tei-s  evitiuras,  coupelle  d'eau  fraîche). 
Tei  est  le  sujet  du  verbe  «  être  »  sous-entendu  (§  161).  L'at- 
tribut est  l'adjectif  fusina,  dont  la  lecture,  comme  la  significa- 
tion, est  incertaine.  Si  la  première  lettre  est  hien  un  f,  le  mot 
peut  être  rapproché  du  verbe  fus-le  ne  pas  bouger  (§  314)  et 
l'adjectif,  formé  avec  le  suffixe  -na  (§  Hi),  aurait  le  sens  de 
immobile. 

Mula-x,  persistant,  adjectif  employé  ici  adverbialement  avec 
le  sens  de  toujours  (§  136,  1).  Le  mot  est  formé  avec  le  suffixe 


274  TROISIÈME    PAliTIE 

nominal  -x  (§  100).  Il  dérive  du  verbe  mul-a  passer,  passer  le 
temps,  .séjourner,  durer  (cf.  §  38G  mul-s-1-e)  ;  ces  dillerenles 
acceplions  se  retrouvent  dans  le  vcibe  lionj^rois  inûl  «  passer  » 
et  le  verbe  vogoule  uiul-t  «  passer  le  temps,  séjourner  »  (Hudenz, 
p.  63.J,  p.  G81). 

Cl-tr-al,  en  venant  de  la  pointe  de  coté,  c'est-à-dire  une  fois 
doublé  le  promontoire  latéral.  La  désinence  -al  est  le  sullîxe 
casuel  (§  129,  1).  Cl-tr  est  composé  de  cl,  côté  et  de  tr- 
pointe.  Pour  le  sens  de  cl,  cl',  linnois  hul-li  «  cùté  »  (Budenz, 
p.  33,  n"  41).  i*our  le  sens  de  tr,  cf.  finnois  ler'i  «  tranchant, 
pointe  »  (Biiden/,  p.  232,  n"  242  ;  Donner,  I,  p.  J2t).  n"  4o6^ 

Men-as,  passaije,  entrée,  est  une  apposition  à  cltral  et  lient 
lieu  d'une  [)roposilion  relative  :  (jui  est  le  passage,  qui  forme  le 
passage.  L'enti'ée  de  la  baie  est  fermée  par  un  promontoire 
latéral.  La  désinence  de  men-as  est  le  snllixe  nominal  -as 
(ii  99),  que  Ton  a  vu  dans  sarven-as  (^  233),  neBsr-as  i^^  2."J2  . 
aiser-as  (§  266),  Sapint-as  ij  294),  evitiur-as  (§  306'. 
Men-as  dérive  du  verbe  men-a,  men-e.  aller,  passer  (§§  30J. 
319). 

331.  Ligne  5.  Vinum,  marin,  navigateur,  proprement  qui 
flotte,  qui  est  porté  sur  Vean.  qui  nage,  adjectif  verbal  formé 
avec  le  suffixe  participial  -m  i;  1 1 1  ),  comme  lesce-m  (i;  30o).  Le 
radical  verbal  *vin-  est  un  dérivé  de  *vi,  à  laide  du  suffixe  -n 
(§84).  *Viest  l'équivalent  exact  du  finnois  ui-  «  tlotlei',  nager  » 
(cf.  v5  73);  mordvine  aje-;  zyrénien  uj  ;  vogoule  iij  ;  lapon 
vuoje-  (IJuden/.  j).  868.  n"  967).  Le  mordvine  uj-n-e-  présente 
un  dérivé  tout  à  fait  analogue  à  l'élrusiiue  vi-n-, 

Vinum  dt)it  être  considéié  comme  une  apostropbe.  Ln  elfet 
le  groupe  acilG  ame  ne  peut  guère  être  qu'une  proposition 
impéralive,  puis(|u'il  n'v  a  jias  de  sujet  expiimé  après  ame,  la 
pbraso  ranem  scare  reuxzina,  qui  suif  imiiKMlialenienl.  étant 
une  reprise  symétrique  de  la  pbrase  scara  pri9as  rax 
[ligne  4).  Avec  une  proposition  impérative  lapostroplic  est 
toute  naturelle.  D'autre  pari  on  retrouve  plus  bas  [ligne  8)  la 
même  formule  im[)érativê  acil6  ame,  précédée  du  même  mol 
vinum,  (jui  cetlc  fois  est  bien  un  vocatif. 


TEXTES    TKADLITS  ET  COMMESTÉS  2lo 

Ptuvei-ID.  e?t  d'une  lecture  trop  peu  sûre  pour  qu'on  puisse 
1  iuterprêlei'. 

Acil8  ame,  arri'le-toi  tout  de  suite.  Ces  Jeux  mots  sont  déjà 
connus.  Ou  a  vu  ams.  arrèle-toi,  dans  Tinscriplion  de  Pëiouse 
(§  309  .  Quant  à  acil-9.  c'est  l'adjectif  acil.  rapide,  immédiat^ 
■soudain  §  216  .  augmenté  du  suifixe  casuel  -6  §  129.  II.  qui 
lui  donne  une  valeur  adverbiale   ^  l."6.  2  . 

La  proposition  impéralive  acil6  ame.  succédant  immédiate- 
ment et  sans  liaison  aux  propositions  principale-  scara  pri9as 
ra)(  et  tei  menas,  elc,  il  est  probable  que  ces  propositions 
principales  out  une  valeur  conditionnelle.  De  là  rinlerpréla- 
tion  :  <<y  //>>  se  présente  une  coupure  profonde,  <isi>  l'eau, 
etc.,  marin,  arréte-toi  tout  de  suite. 

332.  Ligne  6.  Ranemscare  reu^zina,  <W>  à  tout  le  moins 
se  rencontre  une  plage  de  sable. 

Ranem.  à  tout  le  moins,  adjectif  qui  est  formé  avec  le  suffixe 
-m  §111,  comme  lescem  ^  3Ûo  .  Il  est  ici  employé  adverbia- 
lement (§  156.1  .  Le  mot  est  à  rapprocher  du  finnois  raana 
«  user,  amaigrir  ^>  :  cf.  lapon  ran-cas  «  mince  ^>  Donner.  III, 
126.  n**  1018>.  On  peut  attribuer  à  ranem  le  sens  de  atténué, 
très  petit,  d'où  l'adverbe  à  tout  le  moin<.  c'est-k-dive  faute  de 
mieux.  Faute  d'une  baie  bien  abritée,  le  marin  profitera,  pour 
s'arrêter,  dune  plage  favorable. 

Scare  se  rencontre  ;  voir  plus  haut  ligne  4^  §  329.  Si  la  leçon 
scare  est  certaine,  c'est  une  variante  graphique  pour  scara. 
Cf.  plus  haut  ^  313  Afunes  =  Afunas. 

Reuxzina  hanc  de  sable.  Krall  hésite  entre  la  lecture  reu- 
Xzina  o[  reurzina.  La  leçon  reuxzina  paraît  plus  probable. 
Le  mut  est  uu  sub-lanlif  avec  la  désinence  nominale  -na,  si 
fréquente  en  étrusque  >;  114  .  Si  l'on  fait  al)slraction  de  cette 
désinence,  il  reste  un  radical  reuxz-.  qui  se  ramène  à  une 
racine  'reu,  C.etle  racine  *reu  se  retrouve  dans  le  finnois  rau- 
ska  «  chose  brisée  »,  rou-ke-a  «  cassé  »,  rou-hea  «  friable  >*, 
rou'hu-  ou  rou-hi-  «  écraser,  piler  »,  rou-ltp-he  a  choses 
hachées  ou  écrasées  menu  »  ;  cf.  vogoule  rau  «  pelil  morceau  »  : 
ostiak  rart-t-  «  piler  -.Budenz.   p.   641.  u  686  ;  Donner.    111. 


27l»  riioisii'vMK   l'vr.TiE 

|).  90,  n"  980).  *Reu.  aiiurnonli'  du  ^iulfixc  iioniinal  -^  [^  100), 
a  donné  *reux,  <liii,  à  son  loin-,  a  donné  naissance  an  dérivé 
verbal  'reu-^-t-  ou  *reu-x-z-.  ;•  laide  du  sulljxe  -t  (5;  87).  Le 
t  s'est  adouei  en  z,  comme  dans  nur-cpzi  ij^  239;  fle-nz-na 
(s5  2i6).Le  substantif  reu-^^-zi-na  signifie  proprement  Piiscmble 
de  jx'tils  (b'Iriliis,  de  déhrls  jiilés^  c'esl-à-dire,  selon  tonte 
vraisembianee,  rlrar/e  de  snlde.  Le  mot  est  sujet  du  verbe 
scare.  Je  traduit  par  une  projjosition  conditionnelle,  comme 
|)lus  liant  (lii>nc  4),  les  deux  propositions  scara  priGas  rax 
et  scare  reuxzina  se  faisaut  évidemment    |)endanl. 

333.  L'njnr  6.  CaveG  zuslevac  macra,  s'il  .s'é/èrr  en  pente 
sans  ii'icrre  el   splendide. 

Macra  s  rlcrer  en  petite  a  pour  sujet  reuxzina  sous-entendu. 
Dans  mac-r-a,  il  y  a  un  sutîix(>  de  dérivation,  le  sufiixe  -r 
(v5  8.")),  (|u('  nous  venons  de  voir  dans  sca-r-a  (ligne  4,  §  329). 
Pour  le  sens  de  pente,  cl",  finnois  m///,i  «  colline,  bauteur  »  ; 
lapon  mdk-la  «  protubérance  »  (Rudenz,  p.  010,  n"  049). 

Cav-e9,  sans  pierre ,  est  le  substantif  *cav,  pourvu  du  sulbxc 
casuel  à  signification  privative  -e6  ij^  129,  n"  3).  Cav  pierre  est 
à  l'approcber  du  finnois  /,(ipi(  «  noyau,  caillou  ».  (Donner,  I, 
p.  70.  n"200). 

Zusleva-c  et  sjilmdide  est  radjectif  zusleva,  augmenté  de 
rencliti(jue  de  coordinn tiou  -c  (^i;  154,  180).  Dans  zusle-va, 
il  y  a  le  même  suffixe  de  dérivation  nominale  -va  (§  123)  que 
dans  eit-va  et  marunux-va  (v^  233).  Abstraction  faite  de  ce 
suffixe,  il  reste  le  radical  verbal  zus-l-e  (Krall,  II,  il),  dérivé 
de  *zus  à  l'aide  du  sulfixe  -1  (§  82).  Pour  le  sens  de  *zus,  heau, 
magnifiqne,  cf.  Iiongrois  dis-i/s  «  beau,  remar(|nable  »  ;  dis-ld- 
«  être  florissant  n  (Hudenz,  p.  255,  n"  201  ;  Donner,  I,  p.  125, 
n"  440). 

lÂfjnes  7-cS\  Surei  reuxzineti  ramueô  <Csi^  la  mise  au  sec 
(du  bateau)  est  sans  erainte  le  Ioikj  du  rira(p'  de  sable. 

SurGi  mise  au  see,  pi'oprement  dessèchement,  substantif 
formé  avec  le  sulfixe  -Gi  (?^  122),  comme  su-Oi  (§  189),  spure-Gi 
(§  234),  falza-Gi  j^  300),  spelane-Gi  (i;  320).  Pour  le  sens, 
cf.    vogoule  sur-  «  dessécher   »  ;    hongrois   sâr-y.d-  «   devenir 


TEXTES    TRADUITS  ET  COMMENTÉS  277 

sec  »;  ostiak  .sOr-  «  id.  »  ;  lapon  sor-ro-  «  se  dessécher  (Budenz, 
p.  279,  n"  280  ;  Donner,  I,  p.  190,  n"  672;,  Sur8i  se  rapporte  à 
rhabitude  qu'on  avait  dans  Fantiquité  de  tirer  les  navires  sur 
le  rivage,  quand  la  plage  s'y  prêtait. 

Dans  la  proposition  dont  sur9i  est  le  sujet  il  y  a  ellipse  du 
verbe  «  être  »  (§161).  L'attribut  est  ramue9,  déterminé  par 
reuxzineti. 

Ramu-e6,  ■■^a/is-  rraintp,  présente  le  même  suffixe  privatif 
-e9  (§  129,  n"  3)  que  cav-e9,  à  la  ligne  précédente.  Ce  suffixe 
est  accolé  au  verbe  'ramu  craindre^  s  inquiéter,  apparenté  au 
hongrois  râina-l-  «  s'agiter,  s'émouvoir  »  rémil-l-  «  être 
effrayé  v  (Budenz,  p.  6o3-6oo,  n"^  699-700;  Donner,  III,  p.  154, 
loo,  n"'  1047.  1048).  Reuxzine-ti  le  lang  du  rivage  de  sable  ; 
c'est  le  mot  reuxzina  de  la  ligne  précédente,  augmenté  du 
suffixe  casuel  -ti  (§  139,  10).  Pour  la  permutation  de  l'a  et  de 
l'e,  voir  Afunes  (§  313). 

Vinum  acil9  ame  marin,  arrête-loi:  voir  plus  haut,  ligne  G,   . 
§  331. 

334.  Lifjnc  9.  Mula  hursi  le  fait  de  partir  <Z.étanty>  à 
<^son^  tour,  c'est-à-dire  le  moment  étant  venu  d'appareiller.  Il 
est  singulier  que  le  texte  parle  de  départ  juste  au  moment  où  il 
vient  de  prescrire  un  arrêt.  C'est  que  probablement  l'arrêt 
n'est  qu'un  prétexte  pour  préparer  les  opérations  d'un  départ. 
Les  prières  propitiatoires  pour  obtenir  une  mer  calme  devant 
s'accomplir  sans  doute  à  une  date  déterminée  et  au  moment 
d'un  appareillage,  on  fait  escale  au  jour  dit  pour  avoir  l'occa- 
sion d'appaieilN'r  suivant  les  rites. 

Mula  aller,  partir,  passer  ;  voir  §  306  :  mul-sl-e  passer  ;  cf. 
plus  haut  §  330  mulax-  Le  verbe  mula  est  employé  substan- 
tivement (§  loi).  Le  verbe  «  être  »  est  sous-entendu  (5^  161). 
Hur-si  à  <^son  toury-,  substantif  pourvu  du  suffixe  -si  indi- 
quant le  point  d'ari'ivée  (sj  129  n"  9).  Pour  le  sens,  cf.  finnois 
vieri-  «  tourner  »  ;  vuoro  «  tour,  alternative,  changement  », 
vuoro-in  «  successivement,  tour  à  tour  »  (Budenz,  p.  855, 
n"951).  Pour  l'h  initial,  voir  §  74. 

Le   groupe    mula    hursi    forme    une    sorte    de    proposition 


278  TROISIÈME    PAHTIE 

absolue,  analogue  au  groupe  spureSi  apasi  la  halailh 
<irtai}l'>  venue  à  être  imh'cise  (§  234)  ou  au  groupe  rivax--- 
tnucasi,  un  r/runieaii  <j''tant'y-  venu  à  étouffer  (^  30a). 

335.  Puru-6-n  vacl  ms\  frappe  eonroiahlentent  tout  autour 
(de  la  carène). 

Puru-9-n  cirru/airemenf,  adverbe  formé  avec  le  sufïîxe 
-n  (sj  129,  5  el  ii  lijG,  2).  Puru-6  est  un  adjectif  formé,  comme 
zila-6  (^  230),  avec  le  sulfixe  nominal  -6  (§  120).  Il  dérive 
d'un  radical  verbal  *pur,  (|ui  exjHime  l'idée  de  eerc/e,  eneeinte\ 
cf.  §  328  purtsvana.  On  peut  le  rapproclicr  du  finnois  pïrrl 
«cercle  »  ;  (pour  l'équivalence  u  élrusque  r=  ii  finnois,  voir 
§  64  U  3).  Le  eere/e,  dont  il  s'agit  ici,  c'est  le  tour  de  la  carène, 
qu'il  est  prudent  d'examiner  avant  de  partir. 

Vac-1  eonvenable  bon,  adjectif  employé  adverbialement 
(§  156,  i).  La  désinence  est  le  suffixe  de  dérivation  nominale -1 
(§  109).  Pour  le  sens,  cf.  linnois  uk-i-tta-  «  presser,  stimuler  » 
•  c'est-à-dire  «  rendre  bien  dispos».  Peut-être  y  a-t-il  quelque 
rapport  avec  le  lapon  z-jok-as,  ruok-es,  vuok-o/c,  «qui  convient, 
apte,  digne  »  (Budenz,  p.  832,  n°  919).  Le  groupe  initial  vuo 
en  lapon  répond  quelquefois  à  un  u  finnois,  comme  le  prouve 
le  rapprocliement  du  lapon  vuojc-  «  nager  »  et  du  finnois  ui- 
«  nager  »  (cf.  ij  3.'>l  vinum).  Or  c'est  à  un  u  initial  linnois  que 
doit  répondre  le  v    initial  étrusque  (5^  73). 

TJsi  frapper,  verbe  apparenté  au  finnois  osu-,  osa-  «  toucher, 
atteindre,  frapper,  frapper  le  but  ».  L(^  verbe  usi  n'a  pas  de 
sujet,  j)uis(|iril  est  immédiatement  suivi  de  la  proposition  con- 
sécutive cluGras  caperi.  11  convient  donc  de  le  traduire  par 
un  imp('ratif,  comnio  plus  liant  les  verbes  ame  (lignes  6  et  8). 

336.  Lvjnes  9-10.  ClucBras  caperi  yvo^^r  que  le  plaeage  de 
edté  tienne  hon.  11  s'agit  ici  des  plancdies  de  la  carène,  qui  sont 
assemblées  et  clouées  latéralemenl  sur  la  carcasse  du  bateau. 

ClucSras  plaeaye  de  côté  est  nu  substantif  formé  avec  le 
sullixe  -as  (^5  99),  comme  men-as  (ligne  5,  ^  330).  Le  radical 
clucSr-  se  décompose  en  cl  +  uc6r-.  On  a  vu  plus  liant  dans 
cl-tral  (§  330)  le  sens  de  cl,  (]ui  signilie  cé)lé.  Quand  à  uc-6r-, 
c'est  un  radical  verbal  dérivé  d'un  thème  *uc,  que  nous  fournit 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  279 

le  verbe  cl-uc-e  (Krall,  XII,  12).  Ce  thème  est  apparenté  au 
hongrois  Ok-ldl-  «  frapper  (de  la  corne  ou  d'une  épée),  piquer  ». 
Uc6r-as  désigne  un  ensemble  de  pièces  piquées,  c'est-à-dire 
clouées,  dou  le  sens  de  placage.  Dansuc-G-r-  il  y  a  deux  suffixes 
de  dérivation,  le  suffixe  -0  on  -t  (§  87)  et  le  suffixe  -r  (§  85). 

Cape-ri  est  le  verbe  cape  avoir  de  la  prise,  teivir  bon,  pourvu 
du  suffixe  -ri,  qui  marque  la  destination  (§  129,  n°  7)  et 
caractérise  ici  la  proposition  subordonnée  consécutive  (§  166)  ; 
de  même  plus  haut,  lignes  3-4,  §  328  neGunsl  suc-ri  0eze- 
ri-c.  Pour  le  sens  de  cape,  cf.  finnois  kâp-pa-  «  saisir  vive- 
ment, arracher  «  ;  kàpi-  «  racler,  écorchcr,  saisir  »  ;  hongrois 
/(•a^-,  «  saisir.»  (Budenz,  p.  4,  n°  6;  Donner,  I,  p.  80,  n°281, 
282). 

337.  Ligne  10.  ZamGic  vacl  ar  flereri,  et  que  le  calfatage 
soit  convenable  pour  que  le  bordage  protège,  c'est-à-dire  protège 
l'intérieur  du  bateau  contre  les  infiltrations.  Il  y  a  là  deux  pro- 
positions :  1"  une  proposition  principale  impérative,  zamGic 
vacl,  avec  ellipse  du  verbe  «  être  »  (§  161)  ;  2°  une  proposi- 
tion subordonnée  consécutive,  ar  flere-ri.  marquée  par  le 
suffixe  -ri  ;  cf.  plus  haut  §  336  clucGras  caperi. 

ZamGi-c  est  le  substantif  zam-Gi  augmenté  du  suffixe  de 
coordination  -c  (§  154  ;  cf.  §  328  Gezeri-c).  Zam-0i  est  formé 
avec  le  sutFixe  nominal  -Gi  (§  122),  comme  plus  haut  sur- 
Gi  (§  333).  Un  radical  étrusque  *zam  correspond  à  un  radical 
ougro-linnois  ayant  un  /  initial,  mais  un  t  suivi  d'une  voyelle 
douce  (§  72);  on  peut  donc  le  rapprocher  du  tchérémisse  tem- 
«  bourrer,  rassasier  »  ;  cf.  hongrois  tôm-  «  bourrer  »  (Budenz, 
p.  230,  n"  239;  Donner,  I,  p.  151,  n°  544).  De  là,  pour  zam- 
Gi  le  sons  de  bourrage,  calfatage. 

Vacl  convenable  ;  voir  à  la  ligne  précédente,  §  335. 

Ar  bord,  extrémité;  il  s'agit  ici  de  la  paroi  de  la  carène^  du 
bordage.  Voir  §  232  ar-ce. 

Flere-ri  pour  protéger.  Pour  le  sens  de  flere,  voir  §  270. 
Le  verbe  flere-ri  n'a  pas  ici  de  complément  exprimé;  mais  il 
est  clair  qu'il  s'agit  de  l'intérieur  du  navire.  Le  bordage  doit 
être  calfaté  afin  de  constituer  une  cloison  protectrice. 


280  TR01SIÈ:\IE    PAHTIE 

338.  Sacnisa  sacnicleri  lo  prrire  <^.s7>  pour  pru'i\  c'osl-à- 
(lirc  le  jirrtre  (luit  prier  ou  priera . 

Sacnisa.  Je  Iraduis  \\^\' prrire  Le  sens  propre  v/sï  persudsif^ 
s/'dtfcfpfir.  Le  l'ùle  du  j)rrli('  aiili(|ue  est  en  elïel  d'agir  sui-  la 
divinili'  cl  d(î  forcer  sa  l'i'sislance  par  des  formules  el  des  rites 
d'une  contrainte  persuasive.  La  désinence  -sa  est  un  suffixe 
nominal  (§  M8).  Le  radical  *sac-ni,  ou  *sac-n  dérive  d'un 
thème  *sac,  apparenté  au  finnois  W,7/-  «  mettre  en  branle, 
émouvoir,  toucher,  lléchir  »  ;  cf.  sakii-loi-lti-  «  attirer  »  (Don- 
ner, I,  p.  IGG,  n"  r)83).  Sacnisa  est  le  sujet  du  verbe  «  être  » 
sons  entendu  fv;.  KM  ). 

Lu/ne  11.  Sacnicleri,  pour  prier,  est  le  verbe  sacnicla 
(Krail,  V,  22;  VI,  8),  pourvu  du  suffixe  casuel  -ri  (i:;  120,  7), 
qui  ex|)rime  le  but,  la  deslinalion.  Le  verbe  sacni-cl-a  (ou 
sacn-cl-a)  est  un  (b'iivé  formé  à  l'aide  du  suffixe  double  -cl 
^i;  !)U),  comme  muni-cl-e9  (?5  2.38)  et  Gufulei-cl-a  (§  266). 

Trin  ('cUilanl,  sonore,  c'est-à-dire  (Vune  roi.r  éclatante.  C'est 
une  parenthèse  rituelle  pour  indi(iuer  le  ton  à  prendre  |)ar 
le  prêtre.  Trin  est  un  adjectif  eniplo}(''  adverbialement 
(§  \i)^),  1).  Il  est  formé  à  l'aide  du  suffixe  nominal  -n  (§  113) 
et  dérive  d'nn  thème  apparenté  au  finnois  tur-i-.s-  «  faire 
<lii  bniif,  ronfler,  boui'donner,  ('dater  »  (Donner,  I,  p.  12(>, 
n"  447). 

Les  termes  sacnileri  et  trin  suffisent  à  inditiuer  qu'il  s'agit 
de  paroles  là.  prononcei".  De  là  vient  que,  sans  autre  transition, 
la  prière  commence  immédiatement  avec  flere  ne6unsl. 

339.  Flere  neBunsl  sois  tutélaire,  ô  nter.  Pour  le  sens  de 
flere,  protér/er,  voir  plus  haut  i;  337  flere-ri.  Pour  ne^unsl 
mer,  voir  t^  328. 

Une  mlax  est  une  proposition  composée  du  verbe  une 
demander,  employé  subsfanlivement  et  servant  de  sujet, 
(§  151),  et  de  l'adjectif  attribut  mlax  assez  graiid,  assez  ho)i, 
convenable ,  (voir  §  .303  mlax  Oanra).  Le  verbe  «  être  »  est  sous 
entendu  (î;  161).  Une   mlax    peut  s'entendre  de  trois  façons  : 

1°  le  demander  <^esl^  bon. 

2"  <if/uey^  le  demander  <^soit^  bon. 


TEXTES    TRADUITS   ET  COMMENTÉS  281 

3°  <<-5i>-  la  demander  <^est^  bon. 

De  ces  trois  interprétations,  la  première. est  à  rejeter,  puis- 
que la  personne  qui  prie  ne  peutpas^  en  toute  sécurité,  affirmer 
la  validité  de  sa  prière.  Etant  donné  l'esprit  inquiet  et  scru- 
puleux de  la  liturgie  antique,  la  troisième  interprétation, 
l'interprétation  dubitative,  parait-être  la  plus  vraisemblable. 
Pour  le  sens  de  une  demander^  cf.  hongrois  un-sol-  «  exciter, 
demander  en  excitant  »  ;  finnois  ano-  «  demander,  prier  »  ; 
lapon  ano-  «  demander  »  ;  moi'dvine  ana-  «  réclamer,  men- 
dier »  (Budenz,  p.  867,  n°  965). 

340.  Ligne  12.  PuGs  GaclG  B^r  tei  zivas.  Plusieurs  lettres 
sont  incertaines.  S'il  y  a  bien  ce  que  Ivrall  a  cru  pouvoir  lire, 
voici  comment  le  début  de  la  phrase  pourrait  s'entendre  :  à 
partir  de  l'appel  de  F  invocation .  .  .  . 

PuG-s,  génitif  de  puG /prière ;  cf.  finnois /j///^/^/-  ((demander», 
puuti)  «  demande  ».  Le  génitif  puG-s  dépend  de  GaclG  qui  suit. 

0acl-G  à  partir  de  l'appel,  l^a  désinence  -G  est  le  suffixe 
casuel  exprimant  le  point  de  départ  (§  129,  11);  Gac-1,  sub- 
stantif formé  à  l'aide  du  suffixe  nominal  -1  (§  109),  dérive 
d'un  radical  *Gac,  équivalant  au  finnois  haie-  «  demander, 
chercher,  invoquer  »  (sur  la  valeur  du  G  initial,  voir  §  71). 

Ce  qui  suit  n'est  pas  assez  sûr  pour  qu'on  essaie  une  inter- 
prétation. C'est  un  adjectif  attribut  juxtaposé  à  zivas  ou  un 
adverbe  modifiant  zivas. 

Zivas  paisible;  voir  vj§  240,  242.  Le  mot  se  rapporte  à  la 
mer. 

341.  Ligne  13.  Fier  Gezine  ruze  nuzlxne  zati  zatlxne, 
que  le  fait  de  conserver  u/i  calme  tulélaire  <isoit^  dans  le 
moment  où  le  tonnerre  est  multiple  de  fracas,  on  l'éclair  est 
multiple  de  lueur. 

Au  point  de  vue  grammatical,  la  phrase  se  décompose  ainsi  : 
1"  sujet  fier  Gezine;  2"  verbe  ((  èlre  »  sous  entendu  (s^  161); 
3"  attributs  ruze  nuzlxne  et  zati  zatlxne. 

Le  verbe  Gezine  dcmrurrr  calme  est  un  dérivé  du  verbe  Geze, 
que  nous  avons  vu  plus  luiut  (ligne  4,  §  328  Geze-ri-c;.  Au 
radic.il  Gez-  s'est  ajouté  b;  suffixe  -n  (§  84),  que  l'on  retrouve 


282  TMOISIÈME    PAHTIE 

dans  vi-n-um  (|)lii'^  li.uil,  ligne  r>,  !<  331).  Le  vorl)o  Oezine  ost 
employé  substantivement  (sj  ilW). 

Fier  /((If^/aire,  cpitliète  de  Gezine.  Le  radical  nominal  fier 
a  donne  le  verbe  flere  (voir  i^jj^  270,  337,  339).  Dans  fle-r,  Tr 
désinenliel  est  le  suflixe  nominal  (§  116),  que  Ton  a  vu  dans 
et-e-r  (?<  199). 

Ruze  nuz-lx-ne  p?2  tiKhne  temps  que  Je  fait  de  tonner  <iest^ 
multiple  (le  fi'acas.  L'idée  de  concomilance  est  rendue  par  le  suf- 
fixe casuel  -ne  (i;  129,  G)  accolé  à  l'ai  tribut  nuzl^.  Le  sujet  de 
celle  j)ro|)()silioii  subordonnée  (^  163)  esl  ruze  tonner;  pour  le 
sens  de  ce  mot  cf.  finnois  rota-^  «  faire  du  fracas  »,  rii-tu 
«  fracas  »  ;  lapon  (dial.)  rud-j-  «  tonner  »  (Donner,  111,  p.  114, 
n°  1003).  Ruze  esl  em])loyé  substantivement  (§  151). 

Nuzlx-ne  :  abstraction  faite  du  sufîlxede  concomitance  -ne, 
il  reste  nuzlx,  qui  se  décompose  en  nuz  +  Ix-  Le  radical  nuz 
a  la  môme  origine  que  le  finnois  nut-a-j-  «  faire  du  bruit  », 
nût-i-s-  «  murmurer,  craquer  »  (Donner,  III,  p.  39,  n°  906). 
Quant  à  IX)  c'est  un  adjectif,  auquel  on  peut  attribuer  le  sens 
de  multiple  par  comparaison  avec  le  finnois  luk-e-  a  compter  »  ; 
c'est  le  môme  adjectif  qui,  augmenté  du  sufïixe  de  dérivation 
-1  (§  109)  sert  à  former  les  jnulliples  de  l'unité  dans  la  numé- 
ration (voir  !:;  144).  Nuz-lx  signifie  donc  multiple  de  fracas  et 
fait  allusion  aux  nombreux  coups  de  tonnerre  qui  se  produisent 
pendant  l'orage. 

Zati  zat-lx-ne  en  même  temps  qne  le  fait  de  luire  est  mul- 
tiple de  lueur.  La  construction  fait  pendant  à  la  précédente. 
Ici  aussi  la  concomitance  est  rendue  par  le  sullixe  -ne.  Le  sujet 
est  le  verbe  zati  luire,  apparenté  au  hongrois  tut-  «  paraître, 
être  visible  »  (Buden/,  p.  211,  n°  221).  Pour  le  z  initial, 
voir  §  72. 

Zat-lx  muttiple  de  lueur  pré'sen  le  le  même  verbe  zat-  composé 
avec  l'adjectif  Ix  multiple,  (|ui  est  aussi  dans  nuz-lx-ne. 

342.  Lifjne  14.  Sacnicstres  cilGs  spurestres  enSiS.  paroles 
dites  en  elurur  <iqui  sont  celles'^  de  la  formule  commencée  de 
prier,  c'est-à-dire  de  la  formule  par  laquelle  on  a  commencé  de 
prier.  La  formule  dont  il  s'agit  est  sans  doute  l'invocation  ini- 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  283 

tialo  :  flere  neGunsl  sois  tutélaire,  d  mer  (§  339).  La  phrase 
sacnicstres...  enas  ost  une  indication  rituelle  en  parenthèse 
et  no  l'ait  plus  partie  de  la  prière.  Le  prêtre  a  d'abord  prié  seul. 
La  foule  doit  reprendre  en  chœur  après  lui  les  j)remiers  mots 
de  la  prière. 

Pour  la  traduction  et  le  commentaire  il  y  a  avantage  à  suivre 
l'ordre,  inverse  de  la  construction. 

En-as,  langage,  paroles,  substantif  formé  avec  le  suffixe  -as 
(§  99),  comme  |)lus  haut  men-as  (ligne  o,  §  330).  Le  i-adical 
en-  se  retrouve  dans  le  finnois  /i/i/ii  a  voix,  son  ».  On  a  vu 
(s^  3f2)  le  verbe  enesci  faire  des  eris  (=  en-sc-i  . 

Spurestres  mélangées,  dites  en  chœur,  est  le  participe  passé 
passif  en  es  (i5  101),  formé  comme  0u-es  (sj  243),  car-es  (§244), 
fler-es  (§  271),  mulml-es  (§  312).  Le  verbe  spurestr-  est  un 
dérivé  de  spur-  mêler,  que  Ton  a  déjà  rencontré  sous  les  formes 
spur-al  provenant  de  la  mêlée  (§  217)  et  spure-9i  mêlée, 
bataille  (§  234).  Spure-str-  est  formé  comme  mal-str-ia 
(§  269),  à  l'aide  du  suffixe  de  dérivation  triple  -str  f§  98).  Le 
participe  spurestres  qualifie  enas. 

Cil9-s,  gt'uilif  dépondant  de  enas.  Le  substantif  cil-6,  formé 
avec  le  suflixe  nominal  -6  (§  120;,  est  apparenté  au  finnois 
kil-ed  «  sonore,  aigu  »,  kil-jaist-  «  élever  la  voix  »  (Donner, 
I,  p.  57,  n"  19o),  Le  sens  propre  parait  être  celui  de  «  excla- 
mation, énoncé  »;  comme  il  s'agit  d'une  prière,  je  crois  pou- 
voir lui  attribuer  le  sens  de  formule.  Cela  correspondrait  au 
Carmen  des  Latins. 

Sacnicstres  commencé  de  prier  est,  comme  spurestres, 
un  participe  passé  passif  en  -es  (§  101).  Le  mot  est  composé 
1°  de  sacn-  prier  (voir  plus  haut,  §  338  sacnisa);  2°  de  cs-t-r- 
C07nmencer,  verbe  appai'cnté  au  hongrois  kiiz-da-  «  com- 
mencer »  (Budenz,  p.  28,  n"  35).  Dans  cs-t-r-,  il  y  a  deux 
sufhxes  verbaux,  le  suffixe  -t  (§  87)  et  le  suflixe  -r  (§  85). 

343.  Ligne  15.  EGrse  tinsi  tiurim,  <jjuey-  le  fait  d'at- 
tendre <isoit^  vif  d'dtlf'nlioii  dans  la  direction  de  Jupiter,  pro- 
position oii  l'infinitif  eOrse  (employé  substantivement  (§  151) 
fait  l'office  de  sujet.   L'attribut  est  tiurim.  11  s'agit  ici  d'une 


28  i  THOISlÈMi:    PARTIE 

pi'cscriplion  riluolle  à  riis;i<;c  de  ronicianl.  Tnc  fois  la  priôrn 
(lilo  par  le  itrôlre  et  l'épélée  en  pailii^  par  lo  chn'iir,  il  convicnl 
(le  s'arrèlcr.  Il  faut  savoir,  avant  do  continuer,  si  la  formule  est 
bonne.  On  le  saura  en  examinant  le  ciel  avec  attention  et  en 
surveillant  Tappai-ition  de  cerlains  signes. 

E9-r-S-e  est  un  verhe  dérivé,  qui  [trc'sente  deux  sufdxos, 
d'iibord  le  suflixc  -r  (i^  85),  que  Ton  vient  de  voir  dans  spu- 
rest-r-es,  et  ensuite  le  sulïixe  -s  (>:;  80),  déjà  signalé  dans 
ara-s-a,  eentma-s-e  (v:;  247)  et  dans  hareutu-s-e  (î;  319).  L'n 
autre  passage  dn  texte  dWgrani  (Krall,  XI,  i'.V)  nous  fournit  un 
autre  dérivé,  le  verbe  e0-r-i,  fini  n'a  (|ue  le  premier  des  deux 
suflixes.  EGrse  et  e6ri  se  ramènent  à  une  racine  e9,  apparentée 
à  celle  (|ui  a  donné  naissance  an  hongrois  ido  «  temps  ».  Cf. 
i;  233  e6-l  «  à  la  longue  ». 

Tin-si  'Y'r.v  /e  haut,  vers  le  ciel,  vers  Jupiter.  Le  substantif 
ti-n  est  formé  à  l'aide  du  suffixe  nominal  -n  (§  113).  On  a  vu 
plus  haut  l'adjectif  tin-s  ]iaul,  élevé  (§  307).  Le  thème  *ti  est 
apparenté  à  l'ostiak  tnj,  toj,  tej,  tîj  «  ce  qui  est  au-dessus, 
sommet,  pointe  (Budeuz,  }).  212,  n"  221).  C'est  ce  lliènu»  *ti 
qui  forme,  nvec  le  suffixe  de  dérivntion  verbale  -n  (|^  84),  le 
verbe  ti-n-  élrc  en  lutut,  dont  le  participe  en  -i  (§  103),  *ti- 
n-i  ou  ti-n-ia  fournit  le  nom  du  Jupiter  étrusque,  celui  cjui 
est  en  haut,  celui  t/ui  est  dans  le  cit'l  (0.  Miïllei-Deecke, 
Etvuskcr,  H, p.    42,  note  2). 

344.  Tiu-ri-m  rif  (l'uttention,  adjectif  composé  de  tiu  être 
attentif  vi  de  ri-m  rif.  Pour  le  sens  de  tiu,  cf.  linnois  taju 
«  faculté,  conception,  intelligence  »,  taju-  «  se  j)lier  à,  conce- 
voir )).  Ouant  à  l'adjecli!"  ri-m,  il  est  formé  avec  le  sullixe 
nominal  -m  (§  111)  et  dérive  d'une  racine  que  l'on  retrouve 
dans  le  finnois  rei-ma-.,  rei-ma-stu-  «  pi'cndre  feu,  dcNcnir 
ardent  »  ;  cf.  vogoule  (dial.)  rêj,  rr  u  chaleur  »,  rei-l- n  devenir 
chaud  »  (lîud(>n/.;  p.  (i:i8,  n"  70:);  Donner,   III,  p.  10!),  n'M)î)7). 

Avils  xis  lomj  de  durée  c'est-à-dire  qui  sr  /)rolonf/e  un  cer- 
tain temps.  Nous  avons  d('jà  vu  le  substitutif  avil  âge,  durée 
{^"^  177,  237,  29!)).  Ici  ce  subsiantif  est  [)ourvn  du  suffixe  casuel 
-s   (§    129,    !))    et  dé|»iMid    de  xis    low/,   adjcdif   apparenli'  au 


TEXTES  TRADUITS   ET    COMMENTÉS  28^ 

liongi'ois  hossù  «  long  »;  cf.  \  ogoiile  kosa ;  zyrénien  kùz; 
tcliérémisse  kuzo  (Binleiiz,  p.  H(j,  n"  142). 

La  proposition  avils  xis  doit  être  entendue  comme  une 
proposition  conditionnelle.  Le  sujet  est  er6se,  avec  ellipse  du 
verbe  «  être  »  (ï;  16).  Le  sens  est  :  si  le  fait  d'attendre  se  pro- 
lontje.  La  proposition  principale  est  représentée  par  hetrn  <jl 
ij  a)>  cliose  fautive ,  cest-à-dire  il  //  a  une  défectuosité .  Les 
signes  célestes  se  faisant  attendre,  la  prière,  telle  cju'on  vient 
de  renoncer,  doit  être  tenue  pour  incorrecte. 

Hetrn  <//  y  «>  chose  fautive,  adjectif  ou  snbstantif  formé 
avec  le  suffixe  nominal  -n  (§  U3)  et  dérivé  d'un  radical  verbal 
hetr-.  Ce  radical  verbal,  formé  à  laide  du  suffixe  verbal  -r 
(§  85),  dérive  d'un  tbème  *het,  apparenté  au  finnois  vato-  «  faire 
quelque  chose  de  travers  »  ;  cf.  hongrois  vét-  «  manquer,  rater  » 
(Budenz,  p.  578,  n"  G12). 

345.  Li(jne\iS.  Acl/a  être  extrêmement  rapide,  être  instantané. 
La  leçon  n'est  pas  certaine.  Krall  donne  avec  hésitation  aclxn. 
Mais,  dans  une  autre  partie  du  texte  (p.  34,  ligne  18)  il  croit 
pouvoir  rétablir  aclxa,  et  précisément  dans  un  passage  qui 
présente  la  même  formule  acl^a  ais  cemnac.  Du  reste  aclxn 
n'est  pas  possible,  parce  qu'il  faut  un  verbe,  dont  cemnax 
serait  le  sujet.  Je  rétablis  donc  aclxa.  Le  mot  est  un  verbe 
dérivé  de  acl  ou  acil  rapide,  immédiat,  que  nous  avons  vu  plus 
haut  (ligne  6,  §  331  acil-G  ame).  Le  suffixe  de  dérivation  est 
le  sutfixe  -x(§80),  lemèmequc  dans  ila-x-e  (§  307),  nac-x-a 
(§  323),  zixu-x-e  (§  324). 

Ais  grand,  épithète  de  cemnax.  Pour  le  sens  de  ais,  voir 
§  267  aiseras. 

Cemnax  ''^^^^"''  substantif  formé  avec  le  suifixe  nominal  -x 
(§  100),  comme  riva-x  (§  305).  C'est  un  dérivé  du  verbe  cem- 
n-  l/fire.  flamber,  ijui  lui-même  dérive  d'un  thème  *cem,  à 
l'aide  du  suffixe  verbal  -n  (§  84).  Ce  thème  *cem  ])eul  être  rap- 
proché du  finnois  kim-a  «  aigu,  clair,  brillant,  éclatant  »,  ku/i- 
a-lta-  «  briller,  luire  »  (Donner,  1,  p.  91,  n°322). 

La  proposition  acxla  ais  cemnax  doit  être  entendue  au 
sens  conditionnel. 


28()  THOISIÈME    PAUTIE 

Oezin  fier  le  calme  <es/  ou  sercCy  salutaire^  c'cst-à-dirc  que 
la  prière  a  élé  agréée  par  la  divinilé. 

Qezi-n  calme,  )'epos-,  siibstautil"  formé  avec  le  sulîixc  nomiual 
-n  (5^  M;V);  pour  le  sens,  cf.  v:^  328  Seze-ri-c  ;  j:^  ;Jil  6ezi-n-e. 

Fier  salutaire  ;  voir  i)ius  liauL  lir/ne  12,  §  341, 

346.  Li(jnes  16-17.  Vacl  etnam  tesim  etnam  celucn 
trin  '<^soi.sy>  cotœenablement  sonore,  tanl.ùl.  jtleiirard.,  lauloL 
perçant  de  so/i.  Il  s'agil  des  intonalioiis  (juil  convieut  de 
prendi'e  eu  éuouçaul  la  prière.  De  toute  l'açou,  il  l'aul  ([ue  la 
prière  s'eut(nide  bien  (trin).  Seuleuicut  il  y  a  des  mois  qu'il 
faut  prononcer  d'un  tou  suppliant;  il  y  en  a  d'autres  qu'il  faut 
lancer  dune  voix   très  pei'çante,  comuie   un  ap[)el  au  secours. 

Vacl  coneenablement ;  voir  i;  335.  L'im[)éi'atif  du  verbe 
((  être  »  est  sous-enleudu  (>;  IGl).  L'adjectif  vacl,  pris  adver- 
bialement, modifie  l'attribut  trin  sonore  (voir  §  338). 

I^nlre  vacl  el  trin  se  trouvent  deux  atljeclifs,  tesim  et 
celucn,  pris,  eux  aussi,  adverbialeuient,  et  (jui,  eux  aussi, 
modilieut  trin.  Ces  deux  adjectifs  sont  coordounés  à  l'aide  de 
la  conjonction  etnam  répétée. 

Le  sens  |)ropre  de  etnam  est  malnleiiant,  alors  ;  le  mot  est 
formé  du  d(Muonslralif  e  (5^  488),  à  l'aide  du  sulFixe  -tnam 
(v5  140,  3),  comme  cala-tnam  (Krall,  X,  y,  3),  vacl-tnam 
(Krall,  VI,  10;  VIII,  li,  cn-tnam  (Krall,  YII,  12  ,  sun-tnam 
(Krall,  XI,  13",  pu-tnam  (K'rall,  X,  y,  3).  Uépélé,  le  mot  doit 
s'entendre,  comme  le  nanc  latin  répété,  au  sens  de  tantôt... 
tantôt. 

Tes-im  pleurard  ou  d'une  manière  pleurarde,  allusion  au 
ton  ])itoyable  d'un  suppliant  ou  d'un  mendiant.  Ailleurs 
(§  354)  on  trouvera  l'expression  etnam  farGan  à  ce  mon/e?it, 
d'une  roi.r  pito//(/ljle.  Tes-im  est  foimé  d'un  tbèmc  verbal  *tes-, 
à  l'aide  du  sullixe  de  di-rivation  nominale  -m  (^  lll).  Le  mot 
a  la  même  origine  ([ue  tes-n-e  pleurer  {'^  317)  tes-n-st-  san- 
(jlotcr  \^  311),  tes-am~s-a  cesser  de  pleurer  (§  241). 

Cel-uc-n  perçant  de  sonorité,  adjectif  composé  de  cel-  el 
de  ucn.  l*our  le  sens  tlu  tlième  verbal  cel-,  cf.  linnois  kal-hka- 
«  résonner  »,  kel-ke  ((  résonance   »  (Donner,  I,  j).  55,  n"  191). 


TEXTES    TKADLITS    ET    COMMENTÉS  287 

Quant  à  uc-n  perçant,  adjectif  formé  avec  le  suffixe  nominal 
n-  (§  113),  il  se  ramène  au  thème  verbal  *uc-,  que  Ton  a  vu 
pins  haut  dans  cl-uc-9-r-as  (§33G)  et  qui  ex|)rime  l'idée  d'une 
chose  (\u[  pitj(/p.  i\u\  perce.  La  suite  du  texte  manque. 


347.  Momie  d'Agram.  Colonne  V,  lignes  2-23  (Krall,  p.  34). 

ecn.  reri.  lecin.  me.  zec.  fasle.  hemsince  2 

sacnics/res.  cilôs.  spurestresc  3 

enas.  eOrve.  tinsi.  tiurim.  avils.  xis  4 

cisum.  pute.  tu/.  0ansur.  ha6r8i.  repinGic  5 

sacnicleri.  cilGl.  spureri.  meGlumeric  6 

enas.  rax6.  su0.  nunGenG.  etnam.  farGan  77 

aiseras.  seus,  cletram.  srencve.  racG  8 

suG.  nunGenG.  e.vtr^^i.  al<pazei.  eim.  tul  9 

var.  celi.  suG.  nunGenG.  eiser.  sic.  seuc  10 

'***mL/X'  nunGen.  xis.  esvisc.  fa\ei  11 

cisum.  pute,  tul   Gansur.  haGrGi.  repinGic  12 

sacnicleri.  cilGl.  spureri.  nieGlumeri  13 

enas.  sin.  eiser.  sic.  seuc.  xis.  esvisc  14 

fase.  sin.  eiser.  faseis.  raxG.  sutanas  15 

celi.  suG.  vacl.  Gesnin.  rax»  cresverae  16 

hevtai.  truG.  celi.  erc.  suGce.  citz.  trinum  17 

hetrn.  aclx^.  ais.  cemnac.  truQ.  traxs.  rinuG  18 

citz.  vacl.  nunGen.  Gesan.  tins.  Gesan  19 

eiseras.  seus.  unum.  mlax.  nunGen.   Ge/viti  20 

favitic.  fasei.  cisum.   Gesane.  uslanec  21 

mlax-  eluri.  reric.  zec.  aGelis.  sacnicla  22 

cilGl.  spural.  meGlumesc.  enas.  '***  23 


288  TUOISIKME    l'AiniR 

Lignes  2-3.  ...  ici  iinr  inlerruplion  <^(i  lieii^  par  suppression 
cl  par  le  fait  que  manque  le  reste  <^à  savoir^  :  «  que  la  surface 
<isoit'^  apaist'e  d'aqi talion  ». 

Enoncé  en  chœur  de  la  formule  par  laquelle  on  a  commencé  la 
prière. 

Lignes  'i-o.  Que  le  fait  d'attendre  soit  vif  d'attention  dans  la 
direction  de  Jupiter;  <C">''>  l'attente  se  prolonge,  <Cc'est  que^ 
il  1/  a  quelque  chose  de  défectueux. 

Hecommundation  :  «  <^'>ot/ez'^  parfaitement  tranquilles  »  et 
sîispension  [de  la  prière). 

Lignes  6-11.  Dans  la  formule  à  prier,  paroles  à  dire  par  le 
clupur  et  à  dire  isolément  : 

Isolément  :  P invocation. 

En  chœur  [et  à  ce  moment  d'un  ton  pitoi/able)  :  «  o  qraitdeur 
suprême,  <^sois'^  favorable,  <^sois\^  grand e  d'étendue  polie  ». 

Isolément  :  F  invocation. 

En  clui'ur  :  «  <^sois^  bien  apaisée,  bien  plate,  constannneut 
tout  éi  fait  dormante  ». 

Celui  qui  a  commencé  '  :  rinrocation. 

En  chœur  :  «  o  grandeur  suprême,  <^sois^  tout  éi  fait  favo- 
rable... étale-toi  bien,  totale,  lointaine  et  immobile  ». 

Lignes  12-13.  //  y  a  <ju(dque  chose  de  défectueux.  Recom- 
mandation :  «  <is<jyez'^  tout  à  fait  tranquilles  »  et  suspension. 

Dans  la  formule  à  prier,  paroles  éi  dire  en  chœur  et  à  dire 
isolément  : 

Lignes  14-1(3.  i(  <^Sois'^    calme,   ô  grande  divinité,   <.yow> 
tout  Cl  fait  gracieuse  ;  élalc-toi  vaste  et  apaisée;  <^sois^  calme, 
ô  grande  divinité,  <^soisy>  bien  étalée  ». 
Voix  isolée.  Chœur. 

Celui  qui  a  commencé  :  r invocation. 

Appel  régulier  [du  clui'ur). 

Intervalle. 

Lignes  16-19.  <5i>  l'éclair est  lent  à  s  élancer  ((]),  <^cest 

que^  le  ton   de   voix   qui  est  désirable  dans  la  phrase  initiale 

■1.  C'est-à-dire  le  soliste. 


TEXTES   TRADUITS  ET  COMMENTÉS  289 

dite  par  le  soliste  <^a  e/^'>  mauvais.  Si  im  éclair  vif  et  éclatant 
<C^est~^  instantané,  <^c'est  que^  la  projection  aignë  <^de  la 
voix  a  été^  bonne  à  souhait. 

Lignes  19-21.  Invocation  générale^  invocation  à  voix  élevée  : 
«  o  grandeur  suprême^  <^sois^  favorable  ;  <isi~^  la  prière 
<^est'^  bonne,  au  milieu  de  la  tempête  universelle  et  de  l ou- 
ragan <Csois~^  bien  étalée  ». 

Ligne  21-23.  Au  moment  de  certains  appels  et  de  certaines 
émissions  [de  voix),  fais  convcnableme/it  un  effort  de  violence  et 
puis  interromps-toi.  Pour  le  reste  de  la  prière,  emploie  un  ton 
plus  doux. 

Dans  la  formule,  paroles  dites  par  le  chœur  et  isolées 

348.  Ligne  2.  Ecn  zeri  lecin  ici  une  interruption  <CPst'y  au 
moyen  cVune  coupure,  cesl-à-diie  qu'on  supprime  ici  quelques 
mois  dans  la  formule. 

Ecn,  ici,  est  le  démonstratif  ec-  (=  eca,  voir  ^  188),  aiig- 
menlé  du  suffixe  casiiel  -n  (§  129,  S),  qui  lui  donne  une  valeur 
adverbiale  (§  136,  2)  ;  voir  §  264. 

Zer-i  interrompre,  radical  verbal  que  l'on  a  déjà  rencontré 
sous  les  formes  zer-is  interrupteur  (§  293)  et  zeriu  avoir  des 
interruptions  (§  323)  ;  zeri  est  sujet  du  verbe  «  être  »  sous 
entendu  (i;  161). 

Lecin  par  le  fait  de  couper  est  le  verbe  lec-i,  pourvu  du 
suffixe  instrumental  -n  (v<  129,  5).  Leci  est  apparenté  au 
finnois  /e/A'-y^-a- «couper  »  ;  cf.  hongrois /eZw/  «  trou,  tranche  »; 
osliak  lêk  «  coupure  à  travers  champs  «  ;  lapon  A/7./-  «  ouvrir  » 
(Budenz,  p.  691,  n"  748;  Donner,  III,  p.  469,  n°  1035). 

Inc  zec  fasle  hemsince  et  par  le  fait  quil  n' g  a  pas  le  reste 
(à  savoir)  fasle  hemsince,  c'est-à-dire  par  [absence  des  der- 
niers mots  <Ccjui  sont^  fasle  hemsince.  La  formule,  sans 
doute  indiquée  précédemment,  est  ainsi  écourtée. 

I-n-c  présente  l'enclitique  de  coordination  -c  (§  134).  I-n, 
par  le  fait  de  ne  pas  être,  est  l'auxiliaire  négatif  i  (§§  27,  28) 
pourvu,  comme  leci-n,  du  suffixe  instrumental  -n  (§  129,  5). 
On  a  déjà  vu  in  aux  i;^  2ï{\  et  316,  ainsi  que  la  forme  ren- 
iforcée  in-pa  (§  294). 

19 


290  TROISIÈME    PARTIE 

Zec  le  reste.  Il  s'agil  do  la  lin  de  la  lorniulc.  Le  mot  paraît 
èli'e  en  rappoi't  ('lymologique  avec  le  limiois  tah-de  «  reliquat  ». 

349.  Fasle  hemsince  <^qiie^  le  fait  de  s  étaler  <^soit^  à 
l'i'ldt  de  chose  apaiser  d'agitation.  On  deinaiidc  à"  la  mer  de 
s'étaler  bien  apaisée.  Le  verbe  fasle  est  employé  substajili- 
vemeiit  (§  161)  et  sert  de  sujet  au  verbe  «  être  »  sous-entendu 
(i;  l(»I).  Hemsince  sert  d'attribut. 

Fasle  s'étaler  est  formé  à  l'aide  du  sullixe  de  dérivation  -1 
(5;  82),  comme  esM-a  (§  309)  fus-l-e  (§  310),  zus-l-e  (§  333). 
(Vest  un  dérivé  du  veibe  fase,  que  l'on  rencontrera  un  peu 
plus  loin  (Krall,  V,  15)  et  qui  est  apparenté  au  hongrois /^/i-<7/- 
«  s'étendre,  s'étaler  »  ;  cf.  fds-it  «  étendre,  tendre  »  {Badenz, 
p.  i)'2\,  n"  548).  Le  dérivé  hongrois  fds-ul-  est  l'équivalent 
exact  du  dérivé  étrusque  fas-l-e. 

Hem-sin-ce.  La  désinence  est  le  suffixe  casuel  -ce  (§  129,  2). 
Hem-sin,  apaisé  darjitation^  est  composé  de  hem,  agitation  et 
de  sin  apaisé.  Pour  hem,  cf.  linnois  vem-pa-  «  secouer,  agiter  » 
(au  sujet  de  l'h  initial,  voir  i>  74).  Si-n  apaisé,  calmé,  rassis, 
adjectif,  formé  avec  le  suffixe  -n  (§  113),  se  ramène  à  un 
thème  *si,  apj)arenlé  au  finnois  sij-a  «  lieu,  place  »  ;  cf.  y;)- 
o-tta-  «  installer,  poser,  asseoir  «  ;  sij-o-tla  «  s'installer,  s'as- 
seoir (Budenz,  p.  134,  n'^  1G2;  Donner,  IL  p.  94,  n"  780). 

350.  Ligne  3.  Sacnicstres  cil0s  spurestresc  enas  est  la 
phrase  consacrée  pour  iu(li(}uer  la  reprise  par  le  clui'ui"  de  la 
formule  initiale  fiere  neôunsl;  voir  §342.  (^etle  phrase,  (jui 
revient  plusieurs  fois  dans  le  texte  de  la  Momie,  présente  ici 
une  variante  singulière.  An  lien  de  spurestres,  le  texte  porte 
spurestres-c,  avec  une  enclili(iue  de  coordination,  qui  est  tout 
à  fait  inexplicable,  étant  donné  la  construction  grammaticale. 
Celte  leçon  étant  unique,  une  erreur  du  copiste  est  probable. 

Lig)ie  4.  Eôrse  tinsi  tiurim  avils  xis  mêmes  formules 
qu'aux  §  343,  344,  3 1."). 

351.  Ligne  5.  Cisum  pute  il  g  a  (jaelqiie  manque,  c'est-à- 
dire  qu'il  y  a  dans  la  j)rièie  quelque  chose  de  défectueux;  cf. 
plus,  §  345  hetrn. 

Cisum  se  décompose   en  ci  4-  sum  et  signifie  proprement 


TEXTES    THADLITS    ET    COMMENTES  291 

quantité  de  quoi,  c'est-à-dire  quantité  indétenninée.  Ci  est  appa- 
reillé au  hongrois /i/  «  qui,  lequel?  quelque  »  ;  cl",  finnois  A'e-, 
kc-ne  ;  mordvine  ki  (Budenz,  p.  28,  n"  36).  Sum  est  à  rappro- 
cher du  linnois  .so?««,  sem-a  a  quantité,  nombre  »  ;  hongrois 
sûnï  «  nombre  »  (Donner,  II,  p.  loG,  n"  847). 

Pute  manquer^  vtrc  défectueux  ;  cf.  finnois  pûttu-  «  man- 
quer »  (Budenz,  p.  529,  n°  556).  Le  verbe  est  employé  ici,  soit 
d'une  façon  impersonnelle  (//  juanque),  soit  substantivement 
avec  ellipse  de  ".  être  »  [il  y  a  manque). 

Tul  Gansur  ha0r8i  recommandation  :  «  <^soijez^  tout  à  fait 
parfaits  de  tranquillité  ».  C'est  la  recommandation  faite  par  le 
capitaine  ou  le  prêtre,  pour  rassurer  la  foule  émue  par  les 
signes  défavorables.  La  recommandation  est  tul  BsnisuT  ne  vous 
inquiétez  pas. 

Tul  approprié,  légitime,  régulier  (cf.  §  218),  adjectif  employé 
adverbialement  (§  156,  1)  avec  le  sens  d'une  particule  super- 
lative [tout  (i  fait). 

0an-sur,  parfait  de  tranquillité,  est  composé  de   Gan  tran- 
quille (cf.  §  195  Gan-r  ;  §  284  Ganursi)  et  de  sur,   apparenté 
au  finnois  sor-ea  «  juste,  exact,  régulier,  beau   »  (Donner,  1 
p.l83,  n°6l9). 

HaiB-r-Qi  recomniandatio?i  Qii  un  substantif  en  -0i  (§  122), 
formé  comme  spure-0i  (g  234),  spelane-0i  (§  320),  sur-8i 
(§  333).  Il  dérive  d'un  radical  haG-r-,  formé  à  l'aide  du  sutïixe 
-r  (§  85),  qui  se  ramène  an  thème  haG-  (cf.  Krall,  IX,  4,  12, 
20  :  haG-e-c  .  Le  thème  haG-  est  l'équivalent  du  finnois  rdti- 
«  demander,  réclamer,  exiger»;  (pour  la  valeur  de  l'h  initial, 
voir  §  74). 

Repin-Gi-c  et  interruption  est,  comme  haG-r-Gi,  un  subs- 
tantif en  -Gi  (§  122),  augmenté  du  suffixe  de  coordination  -c 
(§  154).  Le  radical  rep-in-,  formé  à  l'aide  du  suffixe -n,  -in 
(§  84),  dérive  d'un  thème  *rep-,  apparenté  au  finnois  rep-e- 
"  être  déchiré  »;  cf.  hongrois  rup-nd-  «  fendre,  fêler  ».  Repin- 
Gi  signifie  j)roprement  .scm/o^i  et  indique  un  temps  d'arrêt  dans 
la  prière.  La  phrase  ([ui  a  été  énoncée  ayant  été  reconnue  in- 
correcte, on  suspend   pour  un  moment  la  cérémonie,  comme 


292  TROISIÈME    PARTIE 

pour    prendre   le    Iciiips   de  clierc  lier   une  loruiult'  meilleure. 

352.  Ligne  6.  Sacnicleri  cilGl  spureri  meelumeric  enas 
dans  la  formule  à  prirr,  parolcfi  à  mrlor  et,  à  isoler.  La  précédente 
formule  n'ayant  pas  réussi  à  cause  de  quelque  incorrection,  on 
recommence  la  prière  en  la  modifiant.  Celte  fois,  la  prière 
comporte  ce  (ju^on  pourrait  appeler  des  versets  et  des  répons. 
L'officiant  dit  seul  certaines  paroles;  le  chœur  en  dit  d'autres 
et  l'on  alterne. 

Sacnicleri  cil6l  dans  la  formule  à  prier;  on  a  déjà  vu  ces 
deux  mots,  sacnicleri  au  §  338.  cile  au  §  342.  La  désinence  de 
cile-1  est  le  suffixe  casuel  -1  (§  129,  4),  indiquant  Tendroit  près 
duquel  se  trouve  l'objet,  ou  la  chose  à  la(|uelle  on  est  occuj)é. 

Spureri,  «  ??u'/er,  est  le  verbe  spure  ;/^^'/i?r,  pourvu  du  suf- 
fixe de  destination  -ri  (§  129,  7).  Pour  le  radical  spur,  voir 
plus  haut  spurestres  sj  342). 

Me9lumeri-c  et  à  isoler,  est  le  verbe  meGlume  isoler,  aug- 
menté du  suffixe  -ri,  comme  spureri.  et  pourvu  de  l'encli- 
tique de  coordination  -c  (§  134).  Le  texte  d'Agram  donne  plus 
bas  (Krall,  p.  34,  ligne  23)  le  participe  passé  passif  meOlum- 
es.  Le  verbe  meGlume  dérive  demeGlm.sr^^// (ou  meSlum  ,  (jue 
l'on  a  vu  plus  haut  i;  239. 

Enas  parole  ;  voir  i;  342.  L'apposition  spureri  meGlumeric 
représente  une  proposition  relative  :  -j;/ui  sont:,  à  mêler  et  à 
isoler  (§  1IÎ2). 

353.  Liijne  7.  Rax8  isolé,  est  ou  bien  l'adjectif  rax6  em- 
ployé adverbialement  (§  156,  1)  ou  bien  l'adjectif  pris  au  sens 
de  soliste.  Puisque  dans  la  prière  il  doit  y  avoir  alternance 
d'une  voix  isolée  et  du  chd'ur,  le  riliud  marque  le  changement 
des  voix.  Rax6  doit  être  considère''  comme  une  indication  ri- 
tuelle entre  parenthèses.  L'adjectif  rax-6  est  foi'uié,  avec  le 
suffixe  -e  f§  120),  comme  zila-ô  (§  231).  Il  dérive  du  substan- 
tif rax  coupure  (§  329).  De  l'idée  de  cJiose  coupée,  détachée  à 
l'idée  de  chose  isolée  la  ti-an-iliou  (^st  toute  uatiii-ellc.  Ou  re- 
trouve la  mémo  transition  dans  me9lum  seuf  qui  se  rattache  à 
une  racine  ougro-finnoisc  signifiant  couper  (voir  §  239). 

Sue  la  phrase  ou  le  cri.  Le  mot  est  formé  à  l'aide  du  suffixe 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  293 

nominal  -6  (§  120)  et  dérive  d'un  llième  *su,  apparenté  an  fin- 
nois .situ  «  bouche  »  (Budcnz,  p.  266,  n°  272).  Su9  tient  lieu 
d'une  phrase  entière,  qui  a  été  donnée  dans  une  autre  partie 
du  rituel  et  qu'on  juge  inutile  de  répéter  chaque  fois  intégra- 
lement. De  môme,  dans  nos  chansons,  on  écrit  «  refrain  »,  sans 
reproduire,  après  chaque  couplet,  les  termes  du  refrain.  Je 
crois  qui!  faut  entendre  par  là  le  cri  d'invocation  flere 
neôunsl  (§  339).  Voilà  pourquoi  je  traduis  :  l'invocation. 

354.  Nun9en6  ensemble,  en  totalité,  adverbe  formé  de  l'ad- 
jectif nun0en  totalité,  tous  (Krall,  passim),  à  l'aide  du  suffixe 
casucl  -6  (s!  129,  2;  cf.  150,  2).  L'adjectif  riunôen  est  formé 
avec  le  sutfixe  nominal  -n  (§  113  ,  comme  he-n  (§  311),  tri-n 
(§  338).  C'est  un  dérivé  du  verbe  *nunee,  lequel  dérive  à  son 
tour  d'un  radical  verbal  *nu,  à  l'aide  du  sulfixe  de  dérivation 
verbale  -nô  (^  94),  que  nous  avons  vu  dans  rav-n6-u  (§  227). 
Le  radical  *nu  peut  être  rapproché  du  hongrois  7ii  (enclitique) 
«  aussi  nombreux  »  (Budenz,  p.  402,  428;  Donner,  III,  p.  31, 
n°  896).  NunGene  est,  comme  raxO,  une  parenthèse  pour  indi- 
quer le  changoinent  de  voix. 

Etnam  farSan  à  ce  moment  miser ahlenient,  c'est-à-dire  à  ce 
moment  avec  une  intonation  de  détresse.  Cela  est  encore  une 
indication  rituelle  :  il  faut  que  l'invocation  qui  va  suivre  soit 
lancée  avec  un  accent  propre  à  inspirer  la  pitié. 

Etnam  ci  ce  moment,  alors,  maintenant,  adverbe  dérivé  du 
démonstratif  e  ou  a  (§  188  )  et  formé  à  l'aide  d'un  suffixe  -tnam 
(§§  133,  3  et  346). 

Far8-a-n  misérablement,  adjectif  employé  adverbialement 
(§  156,  1).  L'adjectif  est  formé  avec  le  suffixe  nominal  -n 
(§  113],  comme  nunOe-n.  C'est  nn  dérivé  de  farG  misérable, 
malheureux., pitoyable  que  l'on  a  déjà  rencontré  (§  223)  ;  cf.  les 
dérivés  farGna,  farOnaxe  i§§  224,223,  226). 

355.  Ligne  8.  Aiseras  sens  o  c/randeur  suprême,  <isois^ 
favorable.  Pour  le  sens  de  aiseras  grandeur  suprême,  voir 
§§  267,  300.  11  s'agit  de  la  mer,  qu'on  iuvof[uc  comme  une 
divinil('. 

Seu-s  favorable,  adjectif  formé  avec  le  suffixe  -s  (§  117). 


294  TKOISIÈME    PARTIE 

C'est  un  dérivé  de  *seu,  que  l'on  peut  rapprocher  du  finnois 
suo-  «  être  Ijien  disposé,  facile  de  caractère  »  (Budenz,  p.  188, 
n*  205;  Donner,  II,  p.  104,  n°  78o).  Il  y  a  ellipse  du  verbe 
«  être  »  (§  161). 

Cletram  srencve  soi\  fjrand  d'Hcndue  polir.  Cle-tr-a-m 
yjo//,  reluisant^  est  un  adjectif  foi'iiK'  avec  le  sufïixe  -m  (§  111). 
Il  dérive  d'un  radical  verbal  *cle-tr-  rtre  uni,  qui  lui-même 
dérive  de  *cle  à  l'aide  du  suffixe  -t  (i^  87)  et  du  suffixe  -r  (§  85)  ; 
pour  le  sens,  cf.  finnois  kal-p-a  «  poli,  glissant  »,  kel-c-a  «  uni, 
poli  »  (Donner,  I,  p.  59,  n"  201).  L'attribut  cletram  a  une 
valeur  consécutive  :  de  façon  à  être  poli. 

Sr-en-cv-e  soi's'  grand  d'étendue,  verbe  composé  :  1"  de  sr- 
s' étendre,  être  étendu,  épanoui,  dilaté  (cf.  finnois  siro  «  état 
d'expansion  »);  2°  de  en-cv-e  être  e/rand,  verbe  formé  de  en 
grand  [ci.  cep-en,  i;  220)  à  l'aide  du  suffixe  double  -xva,  -xve 
(§90  bis).\c\  le  suffixe  est-cve  au  lieu  de  -xve.  Mais  plusieurs 
passages  du  texte  donnent  srenxve  iKrall,  II.  10;  III,  13,  10; 
IV,  10;  IX,  15). 

Race  su9  isolément  r  invocation  ;  voir  plus  haut,  §  35.3.  Race 
est  une  variante  graplii([ue  de  raxO.  Sur  la  permutation  du  c 
et  du  x<  voir  §  68  et  ci-dessus  srencve,  srenxve. 

356.  IJgne  9.  NunOenO  estrei  alcpazei  eim  tul  var  en- 
semble :  ((  sois  grande  d'apaisement,  gra))de  d'aplatissement, 
toujours  parfaitement  dormante.  » 

NunOene  ensemble;  voir  plus  haut  i;  354.  C'est  le  cliunir  qui 
reprend. 

Estr-ei  grand  d'apaisement  c'est-à-dire  très  apaisé.  Nous 
avons  déjà  plusieurs  fois  rencontré  l'adjectif  ei  grand,  attri- 
buant une  valeur  superlative  aux  mots  qu'il  accompagne  (voir 
§§  203  et  322).  Le  radical  Ncrbal  est-r-  est  foriné  avec  le  suf- 
fixe de  dérivation  -r  (§  85)  et  dérive  du  verbe  es-t-  tomber, 
s  apaiser  (voir  §  321  es-t-ac).  Cela  se  rapporte  toujours  à  la 
mer.  Les  différentes  parties  de  la  prière,  bien  que  coupées  ])ar 
les  alternances  du  soliste  et  du  chœur,  se  suivent  grammaticale- 
ment; c'est  la  continuation  de  la  phrase  iuipé'ralive  <^sois'^ 
favorable  (i<  355;. 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  295 

Alcpazei   rjrand  d' abaissement,    d'aplatissement.  Abstraction 
faite  de  Yi\à\çc\.'\ï  ei  grand,  il  reste  le  radical  verbal  al-cpaz-  ou 
al-cpz-.  radical  formé  exactement  de  la  môme  manière  que  celui 
de  nur-<pz-i  (§  239),  avec  le  suffixe  de  de'rivation  double  -cpz 
(§  94j.  Al-<pz-  se  ramène  à  la  racine  al  en  bas;  cf.  §  302  al-a6. 
Eîm  constamment  est  à  rapprocher  du  finnois/z-wz-i^r/  «  rigide, 
stable,  constant  ».  L'adjectif  est  ici  employé  adverbialement 
(s;  156,  1). 
Tul  tout  à  fait  :  voir  plus  haut  tul  ôansur  (§  3ol). 
Ligne  10.  Var/rtv.  fatigué,  c'est-à-dire,  puisqu'il  s'agit  d'eau, 
dormant;  adjectif  apparenté  au  vogoule  ur  «  être  maigre  »;  cf. 
zyrénien  or  «  être  à  bout  de  forces  »  (Budenz,  p.  754,  n"  817), 

Celi  su9  le  commençant  :  l'invocation.  Le  commençant  ou 
celui  qui  a  commencé  (voir  §  327),  c'est  la  personne  qui  parle 
seule,  le  soliste,  dont  la  voix  alterne  avec  celle  du  chœur.  Le 
mot  celi  tient  la  place  ici  de  l'indication  rax6  isolément.  Pour 
le  sens  de  su9,  voir  §  353. 
357.  Nun9en9  eiser  ensemble  :  «  o  très  grande  [divinité).  » 
Nun9en9,  voir  §  354. 

Eiser,  o  très  grand,   est   une  variante   graphique  de  aiser 
(§  267).  Ce  mot  est  ici  une  invocation  à  la  divinité. 

Sic  seuc.  <sv>/v>  tout  à  fait  gracieuse.  Sic,  tout  à  fait  ;  cf. 
finnois  siki  <■<  absolument  ».  Seu-C.  gracieux,  gentil,  est  à  rap- 
procher de  seu-s,  favorable,  qu'on  a  vu  plus  haut,  §  355. 
Les  deux  adjectifs  ont  la  même  racine,  mais  non  le  même 
sufïixe.  Ici  le  suffixe  est  -c  (§  100),  comme  dans  zil-c  (§  219). 
Après  seuc,  le  texte,  au  début  de  la  ligne  11,  est  mutilé.  Il  y 
avait  probablement  quelque  chose  comme  [une]  mlax  <'^'>  l(i 
prière  est  bonne  (cf.  ^  339;. 

Ligne  \  1 .  Nun9en  xis  esvisc  fasei  <sois>  grande  à  t' étaler 
totale,  lointaine  et  immobile. 

NunOen.  total,  s'appli([ue  ici  à  la  mer.  On  pourrait  être  tenté 
de  cunsitlércr  nun9en  comme  une  indication  rituelle,  destinée 
à  marquer  la  reprise  du  chœur  après  la  voix  isolée.  Mais  l'in- 
dication nuii9en9  est  déjà  à  la  ligne  précédente  et  rien  dans 
l'intervalle  ne  laisse  supposer  qu'il  y  ait  eu  un  changement  de 


296  TKOISIÈME    PAHTIE 

voix.  La  lacune  est  trop  [X'iile  pour  que  le  changement  de  voix 
y  ait  élé  lorniulé. 

Xis  lontj^  prolongé,  lointain;  cl',  s;  345. 

Esvisc^  immobile,  équivaut  à  es-v-s-c  et  [)résenle  trois  élé- 
ments :  1"  le  radical  verbal  es-v-,  dérivé  de  *es  tomber  icf.  §  356 
es-t-r-ei)  à  Taide  du  suffixe  -v  (§  88)  ;  2°  le  suffixe  nominal  -s 
(s!  H 7)  ;  cf.  §  355  seu-s  ;  3"  l'enclitique  coordinatrice  -c  (§  154). 

Fasei,  grand  cV étalement,  composé  de  fas-  s" étaler  (cf.  §  349 
fas-l-e)  et  de  ei  grand,  que  nous  venons  de  voir  dans  es-tr-ei 
et  alcpaz-ei  (§  356).  Les  trois  adjectifs  nunSen,  xis  et  esvis  ont 
une  valeur  adverbiale  (§  156,  1).  Ils  précisent  l'idée  contenue 
dans  le  verbe  fas-.  On  demande  à  la  mer  de  s  étaler  en  tota- 
lité, au  loin  et  d'une  manière  immobile  {sans  bour/er). 

358.  Ligne  12.  Cisum  pute  tul  Bansur  haBrei  repinGic. 
C'est  la  formule  de  la  ligne  5  (§  351).  La  prière  est  encore  dé- 
fectueuse et  ne  vaut  rien.  11  faut  s'arrêter  un  instant  pour  cher- 
cher autre  chose.  On  va  recommencer  avec  une  formule  un 
peu  modifiée. 

lÀgne  13.  Sacnicleri  cil0l,  etc.  (comme  à  la  ligne  6,  §  352), 
dans  la  formule  à  prier,  paroles  à  mêler  et  à  isoler,  c'est-à-dire 
paroles  à  dire  alternativement  par  une  voix  isolée  et  par  le 
chœur.  Le  texte  porte  me0luineri  sans  l'enclitique  de  coordi- 
nation -c,  qui  se  trouve  partout  où  cette  phrase  est  reproduite. 
Il  y  a  là  probablement  un  oubli  du  copiste. 

359.  Ligne  14.  Sin  eiser  sic  seuc  <Csois>  calme,  ô  très 
grande  <idivinité'> ,  <Csois'^  tout  à  fait  gracieuse.  Nous  avons 
déjà   rencontré   ces  mots    plus   haut  :    sin   dans  hem-sin-ce 

ligne  2,  §  3i9):  eiser  sic  seuc  à  la  ligue  10  f§  357). 

Xis  esvisc  fase  étale-toi  lointaine  et  immobile.  C'est  la  môme 
formule  qu'à  la  ligne  M  (§  357).  La  seule  différence  est  qu'au 
lieu  de  l'adjectif  fas-ei  (jrand  d'étalement,  il  y  a  ici  le  verbe 
fase  étnlr-toi,  épands-toi. 

Sin  eiser  faseis  <.sois\>  apaisée,  n  grande  divinité,  sois 
grande  cVétalement.  Retour  de  formules  déjà  vues,  sauf  que 
l'adjoclif  fas-ei  est  remplacé  par  radjcclif  synonyme  fas-eis 
grand  d'expansion,  composé  de  fas-  et  de  eis  grand  (cf.  eis-er). 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  297 

360.  Il  est  à  remarquer  que  dans  tout  ce  passage,  contraire- 
ment à  ce  qu'on  a  vu  plus  haut,  Tindication  générale  paroles  en 
chû'iir  et  paroles  isolées  n'est  pas  suivie  des  mentions  raj^G, 
nun6ene,  pour  marquer  l'alternance  des  voix.  Le  texte  donne, 
immédiatement  après  enas  (ligne  14)  le  texte  de  la  prière  sin 
eiser,  etc.  Il  est  impossible  cependant  de  croire  que  le  rituel 
n'ait  consigné  sur  Talternance  des  voix  aucune  indication.  L'in- 
dication existe  en  effet,  mais  à  la  fin  de  la  ligne  15.  Elle  est  re- 
présentée par  les  deux  mots  rax6  sutanas,  dont  l'un  signifie 
isoU\  soliste,  dont  l'autre  signifie  mêlée. 

Ligne  13.  Sutanas  mêlée,  ehœur,  est  un  substantif  en  -as 
(§  99),  formé  comme  men-as  (§  330).  Il  dérive  d'un  verbe 
sut-a-n-  dérivé  lui-même,  à  l'aide  du  suffixe  -n  (§  84),  d'un 
radical  *sut-,  que  l'on  retrouve  dans  le  finnois  sota  «  guerre  ». 
L'idée  de  «  guerre  »  et  l'idée  de  «  mêlée  »  sont  très  intimement 
liées.  C'est  ainsi  qu'en  étrusque  le  même  thème  spur  présente 
les  deux  sens  (voir  §§  217,  234,  342).  C'est  ainsi  qu'en  hongrois 
le  mot  luihorù  signifie  «  guerre  »  et  «  confusion,  tumulte  » 
(Budenz,  p.  127,  n°  154). 

L'indication  rax6  sutanas  [soliste,  chœur),  placée  après  le 
libellé  de  la  prière,  veut  dire  que  les  termes  de  cette  prière 
doivent  être  énoncés  deux  fois,  d'abord  par  le  soliste,  ensuite 
par  le  chœur. 

Ligne  16.  Celi  suG  le  commençant  :  l'invocation,  c'est-à-dire 
après  le  chœur  (sutanas),  reprise  de  V invocation  initiale  par  le 
soliste. 

361.  Ligne  IG.  Vacl  Gesnin  rax  appel  régulier,  intervalle. 
L'appel  régulier,  c'est  la  répétition,  par  le  chœur,  de  la  for- 
mule flere  neGunsl,  qui  constitue  l'invocation  initiale  et  que 
vient  de  reprendre  le  soliste.  Vacl  Gesnin  tient  la  place  de  la 
phrase  :  sacnicstres  cilGs  spurestres  enas  (ligne  3).  Quant 
à  rax  coupure,  intervalle,  il  répond  à  ratlenl(^  (eGrss)  du  signe 
céleste  (ligne  4). 

"Vacl,  régulier,  convenable,  ordinaire  ;  voir  §  333. 

ôesnin  appel,  substantif  formé  avec  le  suffixe  nominal  -n 
(§113)   et  dérivant  d'un   radical  verbal   Ges-n-,   lequel  dérive 


298  TROISIÈME    PARTIE 

liii-mèmo  il'iin  llirine  *6es  h  Viùdo  du  suHixo  verbal  -n  (§  84). 
Lo  llièine  *ees  se  rolrniive  plus  l)as  dans  les  formes  Ges-an, 
ees-ane  (lignes  19,21),  On  a  l'équivalent  du  thème  'Ges  dans 
le  linnois  ham-ta-  «  appeler,  citer,  défier,  menacer,  adresser  la 
parole  »  (pour  le  G  initial,  voir  §  71).  Rax  coupure,  intervalle; 
sur  ce  mot  voir  §  329. 

Dans  tout  ce  passage,  le  rédaclcur  du  rituel  procède  par 
indications  abrégées  :  soliste —  chœur  —  cfliii  cpn  commence  : 
l'invocation  —  l'appel  régulier  —  intervalle. 

362.  Cresverae  hevtai  tru6  t^st  le  texte  donné  par  Krall, 
mais  hevtai  n'est  pas  certain  et  la  leçon  cresverae  est  sus- 
pecte en  raison  de  la  désinence  insolite  ae.  On  peut  cependant 
entrevoir  le  sens. 

Ligne  17.  TruG  éclair  est  un  substantif  formé  avec  le  suffixe 
nominal  -6  (i;  120).  Il  dérive  d'un  thème  *tr,  apparenté  au 
finnois  tir-ki-a  «  clair,  éclatant  »  (Donner,  I,  p.  136,  n°  483). 

Laissons  de  C(Mé  hevtai,  sur  lequel  on  ne  peut  faire  que  des 
conjectures  incertaines.  Mais  il  n'en  est  pas  de  même  de  cres- 
verae. Abstraction  faite  de  la  désinence  douteuse  -ae,  il  reste 
un  radical  verbal  cresver-,  qui  se  décompose  en  cre  +  sver. 
Le  premier  de  ces  deux  éléments  peut  être  rapproché  du  fin- 
nois kara-  «  s'élancer,  courir,  sauter,  fuir  »  ;  cf.  hongrois  kâr- 
g-("a-(^  faire  fuir,  chasser,  poursuivre  »  (Donner,  I,  p.  30, 
n°  133).  Voir  plus  haut  §  2o3  créais.  Quant  à  sver-,  formé 
à  l'aide  du  sullixe  verbal  -r  (§  85),  il  peut  être  rapproché  du 
finnois  sip-o-  «  marcher  en  se  traînant  »;  cf.  hip-e-r-tà- 
«  s'avancer  lentement  »  (Donner,  11,  p.  188,  n"  790).  l^e  fin- 
nois hip-c-r-ln-i'X  rétrus(|ue  sve-r-  présentent  le  même  suflixe 
-r.  De  ces  comparaisons  il  résulte,  pour  cre-sver-,  le  sens 
de  être  lent  à  s'élancer.  Il  s'agit  de  l'éclair  qui  se  fait  attendre. 
La  formule  répond  à  celle  du  §  343  avils  xis- 

J'interpréterais  donc  la  phrase  cresverae  etc.  comme  une 
proposition  conditionnelle,  au  même  titre  que  la  phrase  avils 
xis  :  '«7'  l'éclair...  est  lent  à  sr  produirr.. . 

363.  Celi  erc  suGce  citz  trinum  hetrn,  <.cest  quey-  clans 
l'invocation  cjui  a  commencé  et  cjui  a  été  dite  isolémcfit  la  sono- 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  299 

rite  désirable  <a  (Hr>  manqure.  Cette  phrase  est  l'explication 
du  signe  défavorable  qui  résulte  du  manque  d'éclair.  Elle  pré- 
cise ce  qu'en  d'autres  endroits  du  rituel  on  indique  simplement 
par  les  mots  vagues  cisum  pute  //  y  a  quelque  défectuosité 
(§  3ol). 

Celi  commençant,  qui  a  commencé  (voir  §  327). 

Er-c  est  l'adjectif  er  séparé,  disjoint,  pourvu  du  suffixe  do 
coordination  -c  (§  154).  Séparé  signifie  ici  distrait  du  chœur 
c'est-à-dire  énoncé  isolément.  Pour  le  sens  de  er,  voir  §  288 
er-s-ce  à  la  séparation.  Le  participe  celi  et  l'adjectif  er-c  qua- 
lifient le  substantif  suôce  t[ui  suit. 

Su9-ce  dans  f  invocation  ;  \a  désinence  est  le  suffixe  casuel 
-ce  (§  129,  2).  Pour  le  sens  de  su9,  voir  §  3o3. 

Citz  désirable,  adjectif  dérivé  de  *cit  envie,  désir  ;  cf.  hon- 
grois kâd-v ;  votiak  ktd ;  zyrénien  kid  (Biidenz,  p.  9,  n°  14; 
Donner,  I,  p.  23,  n°  80).  Le  z  désinentiel  paraît  être  le  suffixe 
nominal  -t  ou  -0  (§  120),  qui  s'est  adouci  en  z  (§  72),  à  cause 
du  voisinage  d'un  autre  t.  L'adjectif  citz  se  rapporte  à  trinum, 
qui  suit. 

Trin-um,  sonorité,  est  à  rapprocher  de  trin,  sonore  (voir 
§  338).  Trin-um  est  une  sorte  de  participe  [nomen  verbale), 
formé  à  l'aide  du  suffixe  -m  (§  111),  comme  vin-um  (§  331). 
Il  dérive  d'un  radical  vei'ba!  tri-n-  formé  du  thème  tri-  à  l'aide 
du  suffixe  -n  (§  84).  Trinum  est  le  sujet  d'un  verbe  «  être  » 
sous-entendu  (§  161).  L'attribut  est  hetrn. 

Ligne  18.  Hetrn  manqué,  c'est-à-dire  qu'il  y  a  eu  une  défec- 
tuosité dans  lu  façon  de  lancer  l'invocatiou.  On  a  déjà  vu  ce 
mot  §  345. 

364.  Aclxa  ais  cemnac  tru6  si  un  éclair  ç/raud  et  éclatant 
est  instantané  ;  c'est  à  peu  près  la  phrase  que  l'on  a  déjà  ren- 
contrée au  §  346.  La  seule  diiïérence,  c'est  qu'au  §  346  le  verbe 
aclxa  a  pour  sujet  le  substantif  cem-n-a-/  lueur,  dérivé  d'un 
radical  verbal  cem-n-,  tandis  qu'ici  le  sujet  est  tru9  éclair 
(voir  §  362),  accompagné  de  deux  épithètes,  qui  sont  ais 
d'abord,  puis  cem-na.  L'adjectif  cem-na  est  formé  du  thème 
cem  à  laide  du  suffixe  nominal   -na  (§  114).  Le  c  linal  de 


300  TROISIÈME    PAHTIE 

cemna-c  <"sl  r('iir]ili({ne  di'  coonlinalion  (>5  154).  Pour  lo  sons 
(If  ais  i/r(uul,  voir  aiseras  (>;  2G7). 

Traxs  rinuS  citz  vacl  ■  :j-\"'/  y//<",  /f/  projection  aif/iië  (de 
la  voix)  <«  (C'7t'>  convena()lfi  à  souhait.  11  s'agit  de  l'eUort  de  la 
voix  donnée  par  le  soliste.  Gel  ertbrl  ayant  élé  ce  qu'il  devait 
ôlro,  le  signe  céleste  a  été  favorable. 

Traxs  aitju,  adjectif  dérivo  de  tr-  jiointt'  ;  cf.  >;  320  cl-tr-al. 
La  dérivation  est  double,  d'abord  à  l'aide  du  sulFixe  x  (?;  100  5 
cf.  i;  203  mlax),  ensuite  à  l'aide  du  sufïixe  -s  (§  1 17). 

Rinu-0  projccl'ion,  substantif  formé  à  l'aide  du  suffixe  -6 
(§  120)  coQinie  tru-ô  §  302  .  Le  radical  rinu-  peut  être  rap- 
proché du  finnois  riui-ttà-,  «Jeter  avec  violence  »  (Donner,  III, 
p.  125,  n"  1017)  ;  pour  la  voyelle,  voir  §  63, 1,  4. 

Li<jn('  19.  Citz  vacl  convenable  à  souhait.  L'adjectil'  citz  (voir 
plus  haut  i;  303,  est  ici  pris  advcibialcment  (§  156,  1).  Pour 
vacl  conrrnable,  \o\y  §  333. 

365.  Ligne  1!).  NunBen  Gesan  tins  9esan  invocation  r/éné- 
ralc,  invocatio/i  à  roi.r  haute.  Après  l'éclair  favorable  on 
reprend  en  chœur,  et  dune  voix  très  élevée,  la  formule  d'invo- 
cation énoncée  à  la  ligne  20. 

NunGen  total,  tjénrral,  c'est-à-dire  en  chœur;  l'adjectif  est 
ici  ('pilhète  à  Besan.  Pour  le  sens  voir§  354. 

Gesan  invocation,  appel;  voir  plus  haut,  §  361  ôesnin.  Dans 
eesa-n,  la  désinence  est  le  suffixe  nominal  -n  (§  113;  cf.  i§  294 
Gapicu-n). 

Tin-s  rlevr,  c'est-à-dire  à  trl's  haute  voix;  voir  §  307. 

Li(jnr'li).  Eiseras  seus  n  (jrandeur  suprême,  <isois'~>  favora- 
ble. For-uiule  déjà  vue,  ligne  8,  s;  355  aiseras  au  lieu  de  eiseras). 
C'est  le  commencement  de  l'invocation  annoncé  par  Besan. 

Unum'imlax  <•«>  ma  [ou  la)  prière  <est>  bonne  [e.  à  d. 
agrrrc  .  On  a  vu  plus  haut  .îj  329  une  mlax»  I^^^i,  a"  lieu  de 
une,  on  a  unum.  Le  mot  peut  s'expliquer  de  deux  façons, 
soit  comme  nu  substantif  en  -m  i;  111)  à  la  façon  de  vinum 
(§  331)  ou  de  trinum  (j;  363),  soit  comme  le  verbe  un-  i)<»urvu 
du  sulfixe  possessif  de  la  première  personne  (§§  43-45;  cf. 
lupu-m). 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  301 

366.  NunGen  8eiviti  favitic  fasei  pendant  tout  le  temps  que 
durera  la  tempête  r/énérale  et  l'ouragan  <sois>  bien  étalée; 
c'est  la  fin  de  l'invocation. 

Niin6en  total,  général,  universel;  voir  plus  haut  ligne  19 
nunGen  Besan.  L'adjeclif  ici  sert  d'épithètc  à  ôeiviti  et  à 
fa  vit  i. 

Ligne  21.  Oeiviti  et  faviti-c  sont  coordonnés  par  l'encli- 
tiqne  -c  (i^  la4  .  Les  doux  mois  ont  une  structure  identique. 
Tous  deux  sont  pourvus  du  suffixe  casuel  -ti  (§  129,  10),  qui 
exprime  l'idée  de  durée,  de  prolongement  (=  le  long  de).  Tous 
deux  présentent  le  môme  élément  de  composition,  le  thème 
hi-  (cf.  Krall,  VIT,  2  hi-a),  qui  signifie  être  fort,  être  violent; 
cf.  finnois  voi-  «  être  fort  »  (Budenz,  p.  o89,  n°  622).  Le  thème 
s'écrit  ici  vi-,  parce  qu'il  n'est  pas  inilial  (cf.  §  74). 

Reste  à  déterminer  le  sens  de  Sei  et  de  fa. 

0ei  est  l'équivalent  (§  71)  du  finnois  haja  état  de  dispersion^ 
de  désordre  et  de  bouleversement  (Donner,  II,  p.  130,  n"  817)  ; 
d'où  pour  9ei-vi-  le  sens  de  être  violent  de  bouleversemant,  de 
tempête. 

Fa  est  apparenté  au  hongrois  fuj-,  fa-  «  souffler  »;  cf. 
vogoule  puo-  ;  mordvine  pova-  et  fa-  ;  tchérémisse  pu-\  finnois 
puh-ka-  (Budenz.  p.  .j40.  n"  "j68\  Fa-vi-  signifie  donc  être  vio- 
lent de  rrnt. 

Fasei  grand  d'étalement  :  voir  ligne  TI ,  s^  3o7. 

La  |)hra<e  nunGen  Geiviti  favitic  fasei  correspond  à  peu 
près,  pour  le  sens,  à  la  phrase  du  §  341  :  Gezine  ruze  nuzlxne 
zati  zatlxne  que  le  repos  <soit>  tandis  que  le  tonnerre  est  mul- 
tiple de  fracas,  que  réclair  est  multiple  de  lueur. 

367.  Ligne  2! .  Cisum  9esane  uslanec  mlax  eluri  zeric  au 
moment  de  faire  certaius  appels  et  certaines  émissioîis  [de  voix), 
fais  convenablement  ttn  effort  de  violence  et  puis  fais  une  pause. 

Cisum  quelque,  un  certain,  voir  §  3ol.  L'adjectif  se  rapporte 
auxd(M)x  v(Ml)('S(jui  suivent  Qosane,  uslane,  qui  sont  coordon- 
nés par  rcncliliijiic  -c  (§  154).  Les  deux  verhes  sont  employés 
suhstanlivement  (s;  tol\ 

Les  deux  verbes  6esa-ne.    usla-ne  sont  pourvus  du  même 


'M)2  iRoisiKMi:  l'AiîTii': 

sullixe  cuMicl,  le  suUixe  -ne,  ex[)i'imaiil  la  cuuconiilance 
(!:;  129,  G).  0esa-ne  signifie  àonc pendant  l'iulc  d'invoquer  (voir 
§  3G]  6es-nin  .  Qiianl  an  verbe  us-l-a  (cl".  Krall,  VII,  13  us- 
1-i),  c'esl  un  dérivé  du  radical  vei'bal  us-  (voir  i;  335  us-i 
frappe).  Le  sens  propre  paraîl  èlrc  lancer;  cf.  linnois  osii-^ 
osa-  «  lancer  contre  un  but,  viser,  toucher,  frapper  ».  Usla 
signiliciail  ibinc  lancer  [la  ruir),  nnettre  [la  voix)  et  usla-ne 
pendant  l  acte  d  émettre. 

L'Kjnc  22.  Mlax  bien-,  convenablement;  voir  §§  303,  339. 
YX\x.vï  faire  c/fort  de  violence,  pour  que  le  son  soit  plus  aigu. 
Le  mol  so  décompose  en  el  +  uri.  Pour  el-,  cf.  finnois  al-hii 
«  vif,  violent  »  ;  dlli  «  fougue  ».  Uri  est  ajjparenlé  au  linnois 
///■/,  uri-tiïs  «  elfort  'j,  ïir-itld-  «  faire  elfort  w.  Le  ra|)procliement 
peut  se  faire  parce  que,  à  cause  de  la  composition,  l'u  n'est 
pas  initial  (cf.  §  G4). 

Zeri-c  est  le  verbe  zer-i  interrompre,  s'interro)nj)re  (§  348), 
avec  reiiclili(|uc  de  coordination  -c  (ij  lo4).  L'interruption 
désigne,  selon  toute  vraisemblance,  une  pause  après  cbaque 
eflorl  de  voix. 

368.  Zec  aGelis  sacnicla  pour  le  reste,  fais  la  prière  plus 
doucement^  c'est-à-dire  pour  le  reste  de  la  prière  (abstraction 
faite  des  quelques  passages  où  il  convient  de  forcer  la  voix), 
emploie  un  ton  moins  (klatant. 

Zec  restant,  adjectif  employé  ici  adverbialement  (§  ISG). 
Voir  ,^  348. 

A0elis  plus  doux,  adjectif  employé  adverbialement  (§  loG). 
Le  MU)t  est  c(unposé   de  a0-e  rire  doux  (cf.  v:^  322  aô-u)  et  de 
lis  plus  (p-and;   cf.    finnois  Usa  «   aiidilion,   augmentalion  » 
A0e-lis  signifie  proprcmenl  plus  çp-and  de  douceur. 

Li(jne  23.  Cil0l  spural  me0lumesc  enas  dans  la  forviule 
paroles  provenant  du  chœur  et  isolées  c  est-ù-dire  paroles  dont 
les  unes  sont  dites  par  le  chœur  et  les  attires  par  le  soliste.  C'est, 
sous  une  autre  forme,  la  phrase  de  la  ligne  G,  §  3o2  sacnicleri 
cil0l  spureri  me0lumeric  enas.  Ici,  au  lieu  de  sacnicleri 
cil0l,  on  a  cil0i  seulement.  Spur-al  est  le  substantif  spur 
mêlée  [ci.  §  217)  avec  le  sullixe  casuel  -al  (§  129,  1). 


TEXTES    TRADUITS    ET   COMMENTÉS  303 

MeSlum-es  iso/é  csile  participe  passé  passif  .§  101^  du  verbe 
me9lum-e  iso/e?'  (§  3o2).  Le  c  de  meGlumes-c  est  renclitique 
de  coordination  (§  loi). 

Enas  paroles,  voir  §  342. 

La  suite  du  texte  est  mutilée. 


369.  Momie  d'Agram. 

Colonne  IX,  lignes  1-22  (Krall,  p.  38)  : 

^Zu  slevf.  zarve.  e[cn  zeri]  lecin  in  zec  1 

fier.  Gezince.  sac  [7iicst]res.  ci/0  y  2 

spurestres.  enas.  [eQr^Je.  tinsi.  tiurim.  3 

«dis.  xis.  cisum.  pute.  tul.  eanv.  //aOec  4 

rejj/nec,  sacnicleri.  ci/0/,  spureri  5 

meelumeric.  enas.  raxO.  tur.  hexsô  G 

vinum.  trin.  flere.  neBunsl.  irn.  mlax  7 

nunOen.  zusleve.za/v;e.  fa>]eic.  ecn.  zeri  8 

lecin.  in.  zec.  fler.  GezincV.  s  acnicstres  9 

cil9s.  spurestres.  e/ui\.  ^e6jrve.  tinsi  10 

tiurim.  avils.  xis.  cisum.  petite  /  ul  6a/^v  U 

ha9ec.  repinec.  sacnicleri.  cil9l.  s^pureri  12 

me9lumer/c.  enas.  rax9.  su9.  nun9en9  13 

zusleve.  faseic.  far9an.  fleres.  /ieQ\xn[si  14 

rax9.  cletram.  srenxve.  nun9en9  15 

estrei.  al^azei.  zusleve.  rax9.  eim   t  (tl.  rar  16 

nun9en6.  eslrei  a/<fazei  tel  fasi  eim  17 

tul.  var.  celi.  su9.  nun9en9.  flere.  ne9unsl  18 

un.  mlax  nunOen.  xis-  esvisc.  fasei  19 

cisu?/<.  pute.  tul.  9ans.  ha9ec.  repinec  20 

sacnicleri.  cil9l.  spureri.  me9lumeric  21 

enas 22 


304  TKOISIÈME    PAHTIE 

Lignes  1-2.  i<...  sois spiciidide,  étendue  ». 
Ici  une  interruption  <^a  lieu^  par  suppression ,  pur  T absence 
des  derniers  mots  :  «  <^sois^  à  l'rtat  de  cahne  tulélaire  ». 

Lignes  2-5.  Enoncé  en  chœur  de  la  formule  par  hujuelle  on  a 
comme?icé  la  prière. 

Que  le  fait  d'attendre  soit  vif  d'attention  dans  la  direction  de 
Jupiter;  ■<çî>  l'attente  se  prolonge,  <c^il  y  «>  quelque  défec- 
tuosité. Fais  <C("//p>  recommandation  :  «  <iso//e:-^  tout  éi  fait 
tranquilles  »  et  suspends  [la  cérémonie). 

Lignes  5-G.  Dans  la  formule  à  prier,  paroles  éi  dire  en  chœur 
et  é(  dire  isolément. 

Lignes  G-iS.  Isolément  :  l'apostrophe  «  ■<vo/.y>  en  bonne  dispo- 
sition, marin  »  ; —  (lune  voix  éclatante  :  «  sois  tulélaire,  orner, 
<yi'>  1(1  prière  <es7>  bonne,  <:soisy,  complètement  splendide, 
étendue  et  grande  d'expcmsion  ». 

Lignes  8-1 3.  Ici  une  interruption  <«  lieu^ par  suppression ,  par 
l'absence  des  derniers  mots  :  «  <rsoisy-  éi  l'état  de  calme  tutélaire  ». 

Enoncé  en  chanir  de  la  formule  par  Icujuelle  on  a  commencé 
de  prier. 

Que  le  fait  d'altcudre  soit  rif  d'at/e/ition  dans  la  direction  de 
Jupiter;  <isiy-  r  attente  se  prolonge,  -il  y  «>  quelque  défec- 
tuosité. Fais  ^cettey.  recommandation  :  «  ^^soyez^  tout  éi  fait 
tranquilles  )^  et  suspends    da  cérémoniey. 

Dans  la  formule  à  prier,  paroles  à  dire  en  chcv.ur  et  éi  dire 
isolé)nent  : 

Lignes  13-14.  \s<demcnt  :  l'invocation. 

En  chœur  :  «  -'soisy^  splendide  et  bien  étalée  »  —  d'une  voix 
p'itoyable  :  «  sois  tutétaire,  é)  mer  ». 

Lignes  15-16.  Isolément  :  n  sois  grande  d'étendue  polie.  » 

Kn  ehd'ur  :  «  .sois  y  bien  apaisée,  bien  u/iie.  splendide.  » 
Isolément  :  «  <6ow  >  toujours cdjsolument  dormcmte  ». 

Lignes  17-19,  En  clurur  :  «  étale-toi  à  l'état  d'eau  bien  apai- 
sée, bien  unie,  <c^sois^  toujours  absolument  dormante.    » 

Celui  qui  a  cotnuicncé  (c'esl-à-dire  le  soli-^le'  :  l'invocatwtt. 

En  chauir  :  «  sois  tutélaire,  ô  mer,  si  la  prière  <e6^/>  bonne, 
sois  grande  d'étalement,  totale,  lointaine  et  immobile  ». 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  305 

Lignes  20-22.  <//  y  «>  quelque  défecluosilè.  Fais  la  recom- 
mandation :  «  <  soyezy>  tout  à  fait  tranquilles  »  et  suspends 
<:;^la  cérémonie^. 

Dans  la  formule  à  prier,  paroles  à  dire  en  chœur  et  à  dire 
isolément 

370.  Lirjne  \.  Zusleve  splendide;  voir  §  333  zusleva-c. 
Zarve  étendu,  adjectif  formé,  comme  zusleve,  à  l'aide  du  suf- 
11x0  nominal  -va  (§  123;  [loiir  la  permulalion  de  Fe  et  de  Ta, 
voir  §  5o).  Le  thème  *zar  est  l'équivalent  phonétique  du  hon- 
grois *tàr  (voir  §  72),  que  Ton  a  dans  tar-j-ad-  «  s'étendre  », 
tdr-d(j-ât-  «  étendre  »  (Budenz,  p.  208,  n"  220  ;  Donner,  I, 
p.  13o,  n"  478). 

Lignes  1-6.  Presqnc  tous  les  mots  sont  déjà  connus  :  ecn 
zeri  lecin  in  zec  est  la  foimule  du  §  348.  La  seule  différence 
est  qu'ici  il  y  a  in,  au  lieu  de  in-c.  Mais  Tahsence  de  l'encli- 
tiqne  de  coordination  ne  change  pas  le  sens. 

Fier  9ezin-ce  <.çoz.y>  dans  un  calme  tutélaire.  C'est  la  foi'- 
mule  supprimée  dans  la  prière.  Au  §  348,  la  formule  était 
fasle  hemsince  que  l'expansion  <csoity-  à  l'état  de  chose  apaisée 
d'agitation.  Les  mois  sont  différents,  mais  le  sens  est  à  peu  près 
le  même.  Fier  tutélaire,  voir  §  341. 

0ez-in  calme,  repos  ;  voir  i^  311  6ez-in-e  être  calme. 

Sacnicstres  cilOs  spurestres  enas.  même  formule  qu'au 
§  3i2. 

EGrse  tinsi  tiurim  avils  xis.  même  formule  qu'aux  §§  343, 
344,  345. 

Cisum  pute  tul  6ans  ha9ec  repinec.  Pour  cette  formule 
voir  §  351.  H  y  a  cependant  ici  (luelijues  variantes  légères. 
0ans  tranquille  est  substitué  à  Gansur  parfait  de  tranquillité. 
Les  veilios  haO-e  récUuner,  reconunander  et  repine  faire  une 
p(im<c  remplacent  les  substantifs  ha9-r-6i  et  rep-in-9i.  Les 
deux  verbes  sont  liés  par  reucliti(|ue  de  coordination  -c,  répé- 
tée deux  fois,  au  lieu  qu'au  §  351  lencliliquc  n'est  jointe  qu'à 
repinGi.  (^es  modiliciitious  ne  changent  rien  au  sens. 

Sacnicleri  cil9l  spureri  me9lumeric  enas,  même  formule 
qu'au  ^  352. 

20 


;}06  TUOISIlblE    PARTIE 

371.  Lignes  G-7.  Rax6  tur  hexs6  vinum  isolément  :  /'apos- 
trophe  u  <:^soisy-  bien  (/tsjjusr,  marin.  La  personne  (le  soliste), 
qui  commence  la  prière,  apostrophe  l'équipage  pour  obtenir 
des  assistants  la  disposilion  d"t'S[)ril  nécessaire. 

Ra)(9,  formule  fréquente,  voir  ij  .'];)3. 

Tur  appel,  instance^  apostrophe  ;  voir  l'expression  tur-ce  m 
instance,  dans  les  consécrations  d'ollVandes,  5^  2î)8. 

He^sô  dispos,  bien  disposé,  adjectif  construit  avec  le  verbe 
«  ôtre  »  sous-entendu  (§  161).  11  est  formé  avec  le  sutiixc  -6 
(§  120)  et  ilérive  d'un  radical  verbal  *hex-s-.  dérivé  lui-même 
d'un  thème  *liex  à  l'aide  du  suliixe  -s  (i;  80).  *Hex  l'^^ut  être 
rapproché  du  hongrois  vig  «  joyeux,  de  bonne  humeur  » 
(Budenz,  p.  o80,  n"  6lo. 

"Vinum  marin;  voir  §  331. 

Trin  d'une  voix  éclatante.  Après  l'apostrophe,  la  j)crsonne 
qui  va  prier  change  de  ton  et  prend  la  voix  éclatante  qui 
convient  à  l'énoncé  de  la  prière.  Pour  le  sens  de  trin,  voir 
§  338. 

Flere  neGunsl  sois  tutélaire,  6  mer\  pour  celle  formule,  voir 
i;  339. 

Un  mlax  <siy-  la  prière  <cesty  bonne.  C'est  la  formule  du 
§  339,  avec  cette  seule  ditTérence  qu'ici,  au  lieu  du  verbe  une 
prier,  demcuvU^r.  ou  a  le  substantif  un. 

372.  NunÔen  zusleve  zarve  cumpU'tement  splcndide,  étendue. 
Pour  le  sens  de  zusleve  cl  zarve,  voir  i;  370.  Pour  le  sens  de 
nun9en  tout,  voir  §  3o4.  Nunôen  doit  étie  ici  pris  adverbiale- 
ment (v5  156,1)  avec  la  signification  de  en  totalité.^  complètement. 
En  ellet,  il  ne  peut  pas  désigner  le  chœur  et  un  changement 
de  voix,  puisqu'immédiatement  après  a  lieu  le  changement  de 
voix  par  la  reprise  du  chœur  (spurestres  enas). 

Fasei-c  <?/  grande  d'étalement.  Le  c  hnal  est  l'enclilique  de 
coordination.  Pour  le  sens  de  fasei.  voir  §  338. 

Les  lignes  8-[3  reproduisent  textuellement  les  lignes  1-6. 

Ligne  13.  Rax9  su6  isolément,  l'incocation.  Pour  l'explica- 
tion de  l'expression,  voir  §  333. 

Nuneene  (cf.  §  334),  en  chœur. 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  307 

Lifpif  14.  Zusleve  faseic  <so/s>  laiie  et  grande  et  étalement. 
Pour  zusleve,  voir  i;  370  ;  pour  fasei-c,  voir  ligne  8. 

FarGan  d'une  voix  pitoyable,  parenthèse  rituelle  au  milieu 
de  la  prière  ;  on  l'a  déjà  vue  au  §  354. 

Flere  neGunsl  sois  Ititélaire,  ô  mer\  cf.  §  330.  Le  texte  de 
Krall  donne  fleres.  Mais  la  formule  flere  ne6unsl  revient  si 
souvent  que  la  correction  de  fleres  en  flere  s'impose. 

Ligne  15.  Rax6  cletram  sreaxve  isolnnent  :  «  <csois-^ 
grande  détendue  polie  ».  Pour  la  formule  cletram  srenxve, 
voir  §  355.  Srenxve  est  une  variante  graphique  de  srencve 
(voir  §68). 

Ligne  IG.  Estrei  al^azei  <^soisy.  bien  apaisée,  bien  plate. 
Sur  cette  formule,  voir  §  356. 

Eim  tul  var  sois  toujours  absolument  dormante  ;  voir  §  356. 

Ligne  17.  Estrei  alcpazei  tei  fasi  étale-toi  à  l'état  deau 
grande  d'apaisement,  bien  plate  de  surface.  Fasi  est  une  va- 
riante du  verhe  fase  s'étaler  (§  358). 

Tei,  eau,  est  un  attribut  à  valeur  consécutive  de  façon  à  être 
une  eau,  etc.  Pour  le  sens  de  tei,  voir  §§  306,  330. 

Ligne  10.  NunGen  xis  esvisc  fasei  étale  toi  bien,  totale, 
lointaine  et  innnobile ;  formvUe  déjà  vue  §  357.  Pour  Hunôen 
employé  adverbialement,  voir  §  372.  Ici  nuneen  ne  peut  pas 
désigner  un  changement  de  voix,  puisque  ce  changement  a 
déjà  été  indiqué  cinq  mots  auparavant  et  que  dans  Tintervalle 
il  n "y  a  aucune  mention  du  soliste. 

Lignes  20-22.  Mêmes  formules  qu'aux  lignes  4-5. 


308  TROISlÈMi:    l'AKTIE 

373.  Momie  d'Agram.  —  Coloniio  VII,  lii;nes  2-1 1.    (Krall, 


cela.  hia.  etnam.  ciz.  vacl.  trin.  velGre  2 

maie.  cela.  hia.  etnam.  ciz.  vacl.  aisvale  3 

maie.  ceia.  hia.  trin6.  etnam.  ciz.  aie  4 

maie.  ceia.  hia.  etnam  ciz.  vacl.  vile,  vale  QD                 o 

staile.  stc/ile.  hia.  ciz.  trinSasa.  sacni^n  6 

an.  cile.  cexane.  av/1.  sucivn.  firin.  arQ  7 

vaxr.  ceus.  cil0cval.  svem.  cepen.  tutin  8 

renxzua.  etnam.  cepen.  ceren.  sucic.  firin  9 

tesim.  etnam.  cel//cum.  caiôim.  ^e/er/va  H> 

hecia Il 


Lignes  2-3...  «  cric!  de  tchifrfjir!  » 

Tantôt  l'apostrophe  :  «  bien  éclatant,  élèrp  la  voix!  attention! 
cric!  de  l'énerf/ie!  » 

Lignes  3-4.  Tantôt  rapostrnphe  :  «  (n((jnif'nte  rn)ivenalileinent 
[la  voix)  !  attention  !  crie!  de  l'èin'iujie!  de  la  sonorité!  n 

Lignes  4-5.  Tantôt  Vapostrophc  :  «  trop  bas!  /itlention!  crie! 
de  l'énergie!  » 

Tantôt  l'apo.strojjhc  :  «  bie/i  \ar  an  tfni  de  pitié!  pi  as  encore!  ». 

Ligne  (>.  <C.Si^  est  énerfpi(/ae  l'a/fostrojdie  a  /aalédietion  ! 
malédiction!  »  <ic'est  cjae^  le  prieur  à  haute  voix  est  maurais 
de  prière. 

Lignes  7-8.  Wjici  <Cj)ar  exe/nph-^>  une  [(U'uiule.  Etre  abattu 
<Cest^  en  situation.  <ict'^  au  contraire  par  le  t(ni  <^<ju' il  prends 
il  est  depuis  le  début  constamment  satisfait. 

Lignes  8-9.  D'après  le  ti/pe  de  la  formule  <jl  esf^  tout  ce 
fju'il  1/  a  de  plus  in(/uiet      et:    et  il  est  plein  d'entrain. 

Lignes  9-10.  Tantôt  il  est  très  plein  de  sécurité  et  le  ton  <est:> 
au  contraire  pleurard. 

Lignes  10-H.  Tantôt  un  cri  perçant  de  détresse  <^est^  dési- 
rable <e^>  son  énergie  est  extraordinaire  de  sécurité. 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  309 

374.  Ce  passage  éniimère  les  apostrophes  qui  doivent  être 
lancées  à  la  foule  soit  par  rofficiant,  soit  par  le  chef,  pendant 
la  durée  des  prières,  pour  que  le  ton  soit  bien  ce  qu'il  doit 
èlre. 

Lignes  2-3.  Cei-a  crie.  Il  sagil  du  cri  d'invocation.  Pour  le 
sens,  cf.  finnois  haje  «  écho  »  ;  kaja-  «  faire  écho,  renvoyer  le 
son  »  ;  hongrois  kaj-dl-  «  appeler  à  grands  cris  »  (Donner,  I, 
p.  7,  n°  25). 

Hia  de  l'énergie!  allons!  proprement  sois  fort.  Gela  répond  à 
peu  près  à  noire  expression  populaire  hardi!  Hia  est  l'équiva- 
lent phonétique  du  finnois  roi-  «  être  fort»  (Budenz,  p.  589, 
n"  622).  On  Ta  déjà  rencontré  sous  la  forme  vi-  dans  ôei-vi-ti 
(§  36()!.  Sur  la  permutation  du  v  et  de  l'h,  voir  §  74. 

Etnam  à  ce  moment,  alors\  comme  le  ?iifnc  des  Latins.  De  là, 
poui'  etnam  répélé,  le  sens  très  proljable  de  tantôt... tantôt; 
voir  §  346. 

Ciz  cri,  appel,  apostrophe  ;  voir  §  238  :  ciz-i  le  crieiir,  le  par- 
leur, f  orateur. 

Vacl  trin  velôre  bien  cclatant  élève  [la  voix),  c'est-à-dire 
élève  la  voi.r  de  manière  à  être  bien  éclatant.  Trin  se  rattache 
au  verbe  vel6re  comme  attribut,  avec  une  valeur  consécutive. 
Pour  le  sens  de  vacl  bien,  voir  §  335.  Pour  le  sens  de  trin 
éclatant,  voir  §  338. 

VelGre  élever,  vei-be  dérivé  de  l'adjectif  vel  haut  [xoiv  §  290)  ; 
il  est  formé  à  l'aide  de  deux  suffixes  de  dérivation  verbale,  le 
suffixe  -9  (.i;  87;  cf.  Krall,  X,  8  :  vel-G-a)  et  le  suffixe  -r(§  85). 

Maie  fais  attention  est  à  rapprocher  du  finnois  mal-te  «  tran- 
(|iiillité  d'esprit  »,  nial-tla-  «  observer,  considérer,  être  maître 
de  soi  ». 

Cela,  hia  cric  !  allons!  voir  ligne  2. 

Il  est  possible  (]ue  l'aposlrophe  ne  forme  pas  une  phrase  con- 
liiiiic  mais  soil  une  si-rie  de  cris  isolés,  jetés  à  des  instants 
dillV' lents. 

Lignes  3-4.  Etnam  ciz  lantôi  l'apostrigthr  ou  A'v  apostrophes; 
vi)ir  ligne  2,  i;  37 i. 

"Vacl  bien;  voir  ^  335. 


'MO  TROISIÈME    PAKTIE 

Aisvale  axqmcnic  do  (jrdudcu)'  c'csl-à-dirc  cric  plus  fort. 
Le  mol  osl  compose  de  ais  (jrdud  (cf.  i:^  207  ais-eras  cl  de 
vale  drixissi'r,  apparenté  au  vo^^oiilc  iil-le  «  au-delà,  à  Ira- 
veis  ..  ;  cf.  o>liak  kII-i  «  au-dessus  »   (Huden/,  p.  7i0,  u"  801). 

Maie,  cela,  hia;  voir  lip,iie  2. 

Trin9  d'ioia  voix  rclnfanfo,  ai|j(M;lif  d('rivt''  d(î  l'adjcclif  trin 
(§338),  formé  à  l'aide  du  ^^lli\e  9  (^  120). 

Etnam  ciz  tantôt  l'apostrophe^  voir  ligue  2,  §  374. 

Aie  rst  bas.,  c'est-à-dire  c'psI  trop  bas\  pour  le  sens  voir  J:;  302 
ala-6. 

Maie  cela  hia,  voir  lii;ue  2. 

Ligne  5.  Etnam  ciz  vacl  tantôt  FapostropJir  :  bien  !  voir 
lig'ue  2. 

Vile  (jéniis  c'est-à-dire  crie  sur  //n  Ion  de  minière  ;  cette  expres- 
sion rappelle  nue  indication  dount'e  plusieurs  fois  dans  le  rituel, 
liudication  farGan  d'an  ton  pitoi/able  (i;§  3.^54,  372);  cf.  aussi 
tesim.  pleurard  (5;  346).  i*our  le  sens,  voir  finnois  ajel-ta- 
«  se  plaindi'c,  gémir  ». 

Vale  dépasse,  c'est-à-dire  sols  plas  pitoyable  encore;  voir 
plus  haut  lii^ue  3,  ais-vale. 

Le  signe  Q  D  iudiiiue  prohaldeuienl  une  s('paratiou,  une  fin 
de  paragraphe. 

375.  ÏÀ(/ne  ().  Staile  staile  hia  ciz  l'apostrophe  est  çnerfjicjae  : 
a  sois  f/ranrl  de  tnalcdictionl  »  D'après  le  coutexle,  cette  |)ro- 
position  doit  èti'e  eutendueau  sens  condiliouuid  :  si  l'apostrophe 
est,   etc... 

Staile  être  <jrand  de  malédiction  (^sl  un  \erlie  ('()mpos(''  du 
verhe  *st-  ou  *sat-  maudire,  injurier  [vï.  §  317  sat-e-ne)  et  de 
aii-\-e  être  f/ranil,  verhe  formé  avec  le  sufiixe  de  dérivaliou  -1 
(s^  82)  et  dérivé  de  ai  i/rand;  r\'.  liunois  aijd  «  nomhreux,  mul- 
tiple ».  La  répétition  indi(|ue  un  cri  d'impalieuce,  que  confirme 
Teuiploi  du  verhe  hi-a  être  énergique  (voir  i;  374). 

Ciz  apostrophe  (voir  §374). 

TrinSasa  sacnicn  <^c'est  que^  le  eriear  à  haute  voix 
<Cest'^-  inaurais  de  prière,  explication  du  mouvement  d'im- 
patience (jui  a  provoqué  staile,  staile. 


TEXTES    TRADUITS  ET  COMMENTÉS  3  H 

Tri-n9-a-sa  le  crieur  sonore,  le  héraut,  substantif  formé, 
comme  sacni-sa  (§  538),  à  l'aide  du  suffixe  nominal  -sa  {§  118). 
Le  mot  dérive  d'un  radical  verbal  tri-n6-  formé  à  l'aide  du 
suffixe  double  -n8  (§  93),  comme  rav-n9-u  (§  228).  Pour  le 
sens  du  thème  *tri,  voir  §  338  tri-n. 

Sacni-cn  mauvais  de  prière.  Krall  donne  sacnitu,  mais  en 
indi(|iiant  (|uc  la  lecture  est  incertaine.  On  peut,  je  crois,  réta- 
blir sacnicn,  d'après  un  autre  passage  du  texte  (Krall,  XII,  H). 
Sacnicn  se  décompose  en  sa.cni prier  (voir  §  338)  et  en  mau- 
vais (cf.  cn-1  §  3t6).  La  prière  est  mauvaise,  parce  que  le  ton 
est  en  désaccord  et  en  contradiction  avec  le  sens  des  paroles 
énoncées,  comme  l'indique  ce  qui  va  suivre. 

376.  Lirpie  7.  An  cil0  voici  une  formule;  entendez  :  voici, 
par  exemple ,  une  formule.  Pour  le  sens  de  an,  voir  §§  134,  193, 
22o.  Pour  le  sens  de  cûQ  formule,  voir  §  342. 

CeX^^®  cal  le  fait  dêtre  décourarjé,  <iest^  convenable.  Le 
texte  n'est  pas  sûr.  Krall  croit  entrevoir  sal  ou  zaL  Etant  donné 
la  forme  des  lettres,  on  pourrait  aussi  lire  caL  Avec  cal  con- 
venable le  sens  est  simple.  On  a  déjà  vu  ce  mot  plus  haut  §  246 
et  ^  304  fmar-cal)  ;  cf.  Krall,  X,  y  3  cal-a-tnam. 

Ce^a-n-e  être  découragé,  proprement  être  réduit  à  rimpuis- 
sancc,  n'être  bon  êi  rien,  verbe  formé  avec  le  suffixe  -n  (§  84)  et 
dérivé  du  verbe  cex-a  être  faible,  impuissant.  (§§  275,  277,  324). 
l)'a})rès  les  paroles  de  la  formule,  celui  qui  énonce  la  prière 
devrait  prendre  un  ton  malheureux,  découragé. 

Sucivn  firin  arG  va/r  ceus  par  l'intonation  au  contraire 
<^il  csty>  depuis  le  commencement  constamment  satisfait.  Le  ton 
n'est  pas  en  rapj)ort  avec  les  sentiments  impliqués  dans  la  for- 
mule. 

S\xci-v-n par  l'intonation.  La  désinence  est  le  suffixe  causal 
ou  instrumental  -n  (§  129,  n"  4).  Suci-v  est  pour  suci-va, 
substantif  formé  avec  le  suffixe  -va  (§  123)  et  dérivé  d'un  verbe 
suci  donner  un  son,  que  nous  l'etrouvons  à  la  ligne  9  suci-c. 
Le  verbe  suc-i  peut  être  rapproché  du  finnois  soi-,  «  faire 
entendre  un  son  »  ;  cf.  hongrois  sa  (solv-)  «  son,  voix  »  :  vogoule 
suj    «  son    »;  tchérémissc   c.o/c-t-    «  jouer  d'un   instrument   » 


312  TROISIÈME    PARTIE 

(Buden/,  p.  381.  n"  306;  Donner  11,  p.  113,  n"  797).  S'il  existe, 
comme  le  pense  Uiulcn/  (p.  103;.  une  racine  ouj^ro-linnoise  .s.r/, 
exprimant  l'idée  de  «  résonner  »,  suc-i  se  ramènerait  à  un 
thème  *suc.  Si,  comme  le  pense  Donner  (II,  p.  114-Ho),  lu 
racine  ongro-linnoise  n'est  pas  v./y,  suc-i  se  ramènerait  à  un 
thème  *su,  augmenté  du  snllixe  de  (h'-rivation  verbale  -c  (§  80). 
Pour  le  llième  *su,  voir  §  353  su-9. 

Firin  au  coniraire  est  un  adjectif  employé  adveibialement 
(§  156,1).  Le  mot  est  formé,  comme  tri-n  (338i,  à  l'aid(^  du 
suffixe  -n  (v^  I  13  .  11  dérive  d'un  verbe  fir-i-,  qui  peut  être  rap- 
proché du  Wnwo'i'^ ppr-(i-  «  se  retirer,  revenir,  aller  on  arrière  »  ; 
cf.  pert'i  «  partie  postérieure,  contraire  »  :  ostiak  pira  «  en 
arrière  »  ;  hongrois  /"ar  «  ce  qui  est  derrière  »  (iiudenz.  p.  495, 
n°  522).  Firin  est  employé'  ici  à  la  façon  du  latin  rursns,  eu 
retour . 

Kv-^  à  partir  de  l' extrémité^  du  bout,  c'est-à-dire  ici  à  partir 
du  commencement  ;  car  il  y  a  deux  bouts,  le  bout  initial  et  le 
bout  final.  Pour  le  sens  de  ar,  voir  §§  232,  337. 

Ligne  8.  "Vaxr  constauunent,  adjectif  employé  adverbialement 
(§  150,1).  On  a  déjà  vu  ce  mot  an  i;  309  :  vaxr  lautni  u//'ranr/ii 
constant,  fidrle. 

Ceus  satisfait  \  le  sens  propre  est  reconnaissant;  cf.  §  297 
ceus-n.  Le  mot  peut  être  rappro(dié  du  hongrois  hnz-on- 
«  remercier  »  ;  cf.  vogoule  hros-  «  saluer  »  (Budenz,  p.  46,  n" 
62;  Donner,  1,  [>.  27,  n"  97).  Ceus  est  l'attribut  d'une  proposi- 
tion dont  le  verbe  «  être  )>  est  sous  entendu  (§  161  j  et  qui  a 
pour  sujet  le  sujet  logique  de  tout  ce  passage,  c'est-à-dire  trin- 
9asa.  le  trirur  de  laprirrr. 

377.  Cil6cval  svem  cepen  tutin  renxzua  d'a/iri-s  le  tijpe  de 
formule  il  .^-est  tout  ce  cju'il  y  a  de  plus  treuddant  <^et^  il  est 
plein  d  entrain. 

Cil0cval  (Taprès  le  tijpe  de  formule,  proprement  en  prove- 
nance du  tijpc  de  formule;  la  désinence  est  le  suffixe  casuel  -al 
(!:!  129,  n"  1).  Cilecva  (voir  Krali,  Vil,  18)  est  composé  de  cile 
f'jrniulr  [\o\v  i;  3t2)  et  de  c  va ////><",  modèl/',  apparenté  au  fin- 
nois kûc-a  «  modèle,  exenijile  ».  Dans  la  proposilion  le  verbe 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  313 

«   être  »    est  sous-enteridii  (§  161).  Le  sujet   est  toiijoui's  trin- 
9asa.  L'attribut  est  tutin. 

Svem  cepen.  forQiuio  superlative  qui  modifie  tutin.  On  a 
déjà  vu  cepen  <jrand,  proprement  f/rafid d<'  contpnan^e  i\)our  le 
sens,  cf.  §§  220.  235,  302).  L'adjectif  est  prisadverhialement  et 
est  lui-même  modifié  par  ladjectif  svem,  pris  aussi  adverbia- 
lement. Svem  aù^'oiu  ou  absolument^  est  un  adjectif  verbal  en 
-m  (§  111),  dérivé  d'un  radical  verbal  *sv-,  ([ui  exprime  l'idée 
de  tour  complet,  embrassement,  enveloppement  (cf.  §  233  sv-a-1- 
as  .  Ce  radical  peut  être  rapproché  du  finnois  sev-i-  «  embrasser, 
entourer,  entortiller  «  ;  cf.  sep-à-  «  embrasser  »  (Donner,  II, 
p.  70.  n°  757). 

Tutin  arfilé,  inquiet,  adjectif  formé  avec  le  sutFixe  -n  (^;  1 13), 
comme  tri-n  (§338  et  firi-n  (§  376).  Pour  le  sens,  cf.  finnois 
///^/-///«-«agiter,  secouer,  remuer,  bercer». 

Liqne  9.  Renx-z-u-a  il  est  plein  d  entrain,  verbe  formé  à 
l'aide  de  deux  sutlîxes  :  1°  le  suffixe  -t  ou  -6  (§  87)  devenu  -z 
(voir  §  72  et  §94  nur-<p-z-i)  ;  2"  le  suffixe  -v  (§  88)  devenu  -u 
(cf.  §  73).  Pour  le  sens,  cf.  finnois  rankka  «  violent,  vif  » 
(Donn(M-.  III,  p.  108.  n"  995). 

378.  Etnam  cepen  ceren  sucic  firin  tesim  tantôt  <cil  est> 
très  fier  et  fintonation  au  contraire  est  pleurarde. 

Etnam    maintenant,  tantôt...   tantôt]  voir  §  316. 

Ceipen  grandement,  adjectif  pris  adverl)ialement  ;  voir  à  \a 
liiini'  ])récédentc. 

Cer-en  grand  de  fierté,  adjectif  composé  de  en  grand  (cf. 
cep-en)  et  de  cer  haut,  superbe;  cf.  finnois  ker-sk-a-  «  vanter, 
exagérer»;  hongrois  kér-k-ad-  «  vanter  ».  Ceren  est  l'attribut 
dune  proposition  dont  le  sujet  est  toujours  trin^asa.  11  y  a 
elli|)se  du  verbe  «  être  »  i§  lOH. 

Suci-c  et  l'acte  d'avoir  un  ton,  verbe  employé  substaulive- 
niriit  (§  151).  sujet  du  verije  «  être  »  sous-entendu  (§  161).  Voir 
plus  haut  suci-v-n  ligne  7.  Le  -c  final  est  l'enclitiqiu»  de  coor- 
diiuition. 

Firin  au  contraire;  voir  plus  haut  ligne  7. 

Ligne  10.  Tesixa.  pleurard,  larmoyant;  voir  §  346. 


31  '{  TROISIÈME    PARTIE 

Etnam  o//  ///m,  fanhU;  voir  ligne  9. 

379.  Celucum  caitim  cererxva  hecia  un  cri  pcrrruil  est 
désirable  <iet  au  (oiilrairc'^  sa  force  est  extraurdinaire  de 
fierh'. 

Celuc-um  <r}  perçant^  pi'opromont  perceincnl  de  son,  mot 
composé  (lo  cel-  n'snnni'r  cl  de  uc-U-m  percement:  cf.  cel- 
uc-n  >;  34G).  Uc-u-m  est  nu  substantif  on  -m  (i^  111) 
t'ornic  commo  vin-u-m  (s;  331).  Lo  cri  perrani  siguilio  un 
cri  de  détresse.  Celucum  est  sujet  du  verbe  «  être  »  sous- 
entendu  (§  161). 

Caitim  drsirable,  c'est-ù-dire  en  situation.  Le  mot  est  aussi 
formé  avec  le  suffixe  -m  (>;  111)  vocalisé  en  -im,  comme  dans 
tes-im  (§  346).  Il  dérive  d'un  radical  verbal  *cai-t-,  qui  |)eut 
se  ramener  à  un  thème  *cai  (pour  b^  suffixe  -t,  voir  s;  87); 
lo  thème  *cai  est  apj)arenté  au  hongrois  krj  «  agrémcnl. 
délices»  (Budenz,  p.  10,  n"  16). 

Cer-er-xv-a  hecia  <^son'^  énerçjie  est  extraordinaire  de 
fiertr.  Il  s'agit  de  l'énergie  du  crieur  (trinGasa).  Le  verbe 
cer-er-xv-a  est  composé  de  cer  et  de  er-xv-a.  Ou  a  vu 
plus  haut  le  Ihème  cer  dans  cer-en  (ligne  9).  Il  exprime 
l'idée  de  grandeur,  fiertr,  sécurité  or<jueilleuse.  Quant  à  er- 
XV-a  être  e.rtrcun'dinaire,  c'est  un  verbe  dérivé  du  thème  er 
disjoint,  séparé,  à  part  (^voir  s;  267  ais-er-as).  La  dérivation 
est  faite  à  l'aide  du  suffixe  double  -xv  (i:;  90  his\,  (jue  l'on  a  vu 
jdiis  haut  dans  fulum-xv-a  (v^  32()i  et  dans  fler-xv-a  (i;  328). 

Hecia  être  fort,  veiix'  employé  substanlivemenl  ()i  l'il)  et 
servant  de  sujet  à  cererxva.  Nous  avons  (h'j.à  rencontr('  le 
radical  *hec  dans  hec-z-ri  (>5  2io).  Le  V(Mbe  hec-i-a  est  h)rmé 
à  l'aide  (lu  ^iillixe  -i  (ij  81). 

La  suite  e>l  d'une  lecture  trop  iiiccrlaincî  ])Oiir  qu'on  puisse 
essayer  de  l'interpréter. 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  315 

Momie  d'Agram.  —  Colonne  XII  (Krall,  p.  41). 

0/  .  etnam  1 

aisnrt.  iX'  nac.  reusce.  aiseras.  seus  2 

eunxulem.  mu9.  hilar8une.  etertic  3 

caGre.  xii^^-  enax.  unxva.  ine0luin6.  pu^s^  4 

mue.  hilarBuna.  tecum.  etrin9i.  mue  5 

nac,  Ituca,  unxva.  hetum.  hilareuna.  Gène  6 

hursic.  cap/eu.  cexam.  enac.  eisna.  hine^/  7 

hetum.  hilareuna.  etertic.  caera  8 

etnam.  aisna.  ix*  matam  Iml  vacl/nam  9 

Gunem.  cialxus.mas/'^  unia/ti.  ursmna/  10 

aGre.  acil.  an.  sacnicn.  cile.  cexa.  sal  11 

eus.  cluce.  caperi.  zamtic.  sveni.  eumsa  12 

matan.  c/uctras.  //ilar.  13 

à  ce  moment  le  prêtre  <idit^  :  «  bien  ensemble,  criez  : 

o  r/rnndeur  suprême,  sois  favorable!  » 

Ligne  3.  <:zSi  cest^  annulé,  <^c'est  que^  Vabsencc  de  fis- 
sures et  r etanchéité  parfaite  n  existent  pas. 

Lignes  4-o.  Fais  la  (/ucstion  <isuivantey-  cFune  voix  forte  : 
«  <iil  y  a  quelque  chose  de  défectueux  ;  le  bordaç/e  est-il  parfai- 
tement exempt  de  fissures?  » 

Lignes.  Réponse  :  v.  <iil  l'esté  parfaitement.  » 

Ligne  6...  fais  la  question  :  «  est-il  exempt  de  fissures  par- 
tout? » 

Lignes  6-7.  A  la  suite  de  <.cette'>  parole  et  en  réponse  fais  le 
tjeste  de  main  <:^signifiant'^  impuissant!  et  puis  dis  : 

Lignes  7-8.  «  jn'être,  vois  <ltoi-)nêmey>  :  il  est  exempt  de 
fissures  partout  et  il  est  parfaitement  é tanche.  » 

Ligne  9. /l  ce  moment  le  prêtre  :  i<  eh!  bien!  enroule!  » 

Lignes  9-10.  Ré  cju  lié  rement,  environ  vingt  fois  par  la  suite, 
renouvelle  les  questions. 

Lignes  10-11.  <^Car^  la  jjourriture  <Cdu  bois'^,  due  à  la 
rouille  de  clou,  <C^est^  rapide. 

Lignes  11-13.  Voici  une  formule  mauvaise  de  prière  :  la 
planche  de  sapin  est  en  trop  mauvais  état  pour  que  les  clous  aient 


316  TROISIÈME    PARTIE 

de  la  prise  et  ce  (/lù  calfate  s'en  allant  e.rtrènienient  vite^  le  pla- 
caqe  lai  (l'ai  a   des  fissures . 

381.  Li(infs  1-2.  Etnam  à  ce  moment,  alors  :  voir  i;i;  ?>T)ï,  '{"i, 
378,  elc.  Aisna  A'  prêtre  ou  le  chef\  mol,  dérivé  de  ais  (jrand 
(voir  s;  2()7  ais-eras).  La  désinence  esl  le  suffixe  nominal  -na 
(§  Il  4).  Aisna  esl  le  sujet  d'un  verbe  sous-(;nlentIa,  signilianl 
dire^  ordonner. 

Ix  nac  reusce  crie  hien  enseinhie.  L'ordre  s'adresse  à  l'as- 
sislanre. 

l*oui'  le  sens  de  '\-^  justement^  [rrécisémenf,  très,  voir  i^  324 
ix  ca. 

Nac  siniultanê,  adjectif  employé  adverbialement;  voir  §288. 

Reu-sc-e  crie.  On  pourrait  se  demander  si  la  désinence  -ce 
n'esl  j)as  le  sulîixe  casuel  (sj  129,  2).  Mais  la  forme  reusc-es-c 
(Ivrall,  p.  3.'),  litiiic  2j,  si  du  moins  elle  est  certaine,  donne 
à  penser  que  reu-sc-e  est  un  verbe,  formé  à  l'aide  du  suffixe 
double  -se  (§  9.J),  comme  ene-sc-i  (§  312).  Le  radical  *reu 
peut  être  rapproclié  du  finnois  roli-i-s-  «  grogner,  crier,  faire 
du  lapnge  »  iDonucr.  III,  p.  99  et  suiv.,  n"*  983  et  suiv.). 

Aiseras  seus,  o'  grande nr  suprême,  <.sois^  favorable  ;  on  a 
di\\h  vu  celle  formule  de  prière,  adressée  à  la  mer,  dans  une 
aulre  partie  du  riliiel  (i^ij  355,  36o^. 

Lif//u'  3.  Gunxulem  annulé,  nuf  non  arenu,  adjectif  verbal 
formé  avec  b;  suffixe  -m  i^  1 1  li.  comme  lescem  (§  305).  Pour 
le  sens  du  radical  Sunxul-  devenir  nul.  voir  i;  314  :  GunxulGe. 
eunxulem  doit  être  entendu  ici  comme  représentant  une  pro- 
position conditionnelle  avec  ellipse  du  verbe  :  <;.s7  cela  est^ 
annulé,  c'esl-à-ilire  si.  après  observation  des  signes  célestes, 
laugure  a  été  défavorable,  et  si  par  consé(juent  le  cri  de  prièi'e 
aiseras  seus  doit  être  considiu-c'  comnn»  nul  et  non  avenu. 

382.  Lir/nes  3-i.  Mu0  hilar8une  etertic  caSre  xim  <.e'est 
fjae^  le  fait  d'être  parfaitenn'nt  nul  de  fissures  et  le  fait  d'être 
excellerninent  êtanche  est  )u((uvars. 

M.U.Q,  parfait,  pi'oprement  .v/^y^'V/V'^/r,  adjectif  employé  adver- 
bialement (§  156,  1).  Le  mol  est  apparenié  au  votiak  ))iod 
«  seigneur,  supérieur  »  (  lUidenz,  p.  389,  n"  415). 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  317 

HilarGune  être  nul  de  fissures,  verbe  employé  substantive- 
ment (§  151),  sujet  d'un  verbe  «  être  »  sous-enlendu  (^  161); 
l'attribut  est  x^iïi-  Le  verbe  hilarGune  est  composé  :  de  Gun-e 
rtre  nul,  que  nous  venons  de  voir  dans  Gun-xulem  (cf.  §  228 
Gun-z  1res  peu  de  chose,  rien);  2"  de  hila-r  fissure,  mot  formé  à 
laide  du  suffixe  nominal  -r  (§  110),  comme  cve-r  (§  2G8).  Le 
radical  *liil-  peut  être  rapproché  du  finnois  vuli  «  inlervalle  » 
(Budenz,  p.  4Si,  no  484).  Pour  Vh  initial,  voir  §  74;  pour  la 
vovelle  du  thème,  voir  S  63  I  1.  Il  s'agit  ici  du  bordaire  du  vais- 
seau,  dont  les  planches  ne  doivent  hiisser  entre  elles  aucun 
interstice. 

Etertic  et  excellennnent  est  l'adverbe  eterti  augmenté  du 
suiîixo  de  coordination  -c.  L'adverbe  est  formé  par  le  suflixe 
casuel  -ti  (§  129,  10  ;  cf.  §  156,  2)  ajoulé  à  l'adjectif  eter  e.rcel- 
lent  (voir  §  199  eter  aias  f enfant  e.rcellent). 

CaGre  signifie  proprement  couvrir,  recouvrir,  {\'oii  l'idée  de 
ôouclier  coniplèlenient,  d'être  ètanche.  Le  mot  est  formé  à  l'aide 
du  sulïixe  de  dérivation  verbale  -r  (§  85)  et  se  rattache  à  une 
racine  *caG,  que  l'on  retrouve  dans  le  tinnois  katt-a-  «  couvi'ir, 
mettre  un  toit  >'  (Donner,  L  p.    H.  n°  38);  cf.  §  254  ca0-as. 

Xim  mauvais;  voir  sj  298  xim-Q-m. 

383.  Lignes  4-5.  Enax  unxva  questionne  d'une  voix  forte. 
L'impératif  s'adresse  au  capitaine.  Le  prêtre  a  reconnu  que  les 
signes  célestes  sont  défavorables;  il  soupçonne  quelque  défec- 
tuosité; le  capitaine  doit  vérifier  l'état  de  son  bateau. 

Ena-x  sonore,  à  haute  voix,  adjectif  formé  avec  le  suHixe  -x 
(^  100  1  (d  dérivé  du  verbe  en-  faire  entendre  un  son;\o\Y  §  312 
ene-sci  et  §  342  en-as. 

IJn-XV-a  fjuestionner,  verbe  dérivé  de  un-  deuiander,  prier 
(§  339  une  mlax).  Le  suffixe  -xv  (§  90  bis)  est  le  même  que 
dans  fler-xv-a  1?;  327)  et  cersr-xv-a  (^  379). 

MeGlumQ  puts  muG  hilarGuna  tecum.  uiœ  chose  est  défec- 
tueuse :  le  placage  est-il  parfaitement  nul  de  fissures? 

MeGlum-G  une  seule  chose,  substantif  dérivé  de  meGlum 
seul,  isolé  (§  239;  cf.  §  353,  me8lume-ri).  Pour  le  suffixe  -G, 
voir  §120. 


:n  8  THOISIK.MH    PAP.TIE 

PutS  <lrfc(lu('iLi\  ;i(lj('(iir  (h'-rivé  tJu  ladical  *put,  {|Lic  Ton 
irlroiivo  dans  le  voilic  pute  rire  défectueux  (voir  §  351).  Pour 
le  Millixe  -S,  voir  i;  I  17. 

Mu6  hilarôuna  ('■<!  parfuitcniftil  )iul  de  fissures  ;  voir  plus 
hanl.  liuiH'  '1  :  mu9  hilarOune. 

Tecum  phocu/t',  sujet  di'  hilarGuna.  Le  mol  est  loruié  avec 
le  sullixe  uouiinal  -m  (,^  111),  comme  vinum  (j^  331).  Vowv  le 
sens.  ci',  (iuuois  /ak-i-se- a  ficlier,  j)Ia(iuei',  faire  adhérer  »  (lUi- 
(leuz,  p.  720,  n"  790;  Donner,  I,  p.  112,  n"3î)y).  Il  s'agit  ici  de 
l'assemlilagc  de  phuiches  cloué(;s  qui  forme  le  hordage  du  navire. 

384.  Etrin6i  mu9  réjtonsi-'  :  iiurfailenteul .  Etrin-6i  signifie 
propi'emenl  ('lan  eu  uvauf,  jj/'u/f^c/iou,  objection,  d'où  le  sens 
de  riposte,  réponse.  Le  uujt  est  composé  de  *et  en  avant  (voir 
v^  11)!J  eter)  et  de  rin-Gi  é!an,  assaut,  substanlif  formé  à  laide 
du  suHî.ve  -ôi  (ij  122),  comme  haGr-Si  (§  351).  On  a  vu  plus 
haut  {^  364)  le  mot  rin-u-Q  projcrtio/i. 

MuG  parfaitement:  voir  au  début  de  la  ligne  muG  hilar- 
Guna. On  a  demandé  :  <<  rst-cr  Itien?  »  on  répond  «  l)ien  »,  en 
supprimant  le  verbe  hilarGuna. 

Nac  !?  huca  '  ?  I  unxva.  Les  (buix  j)remie]'s  mots  sont  dune 
leclui'e  iuccrlaini'  ;  mais  il  ne  peut  guèrc^  y  avoii"  de  doute  sur 
le  s(Mis  :  il  s'agit  ici  dune  reprise  de  la  queslion,  comme  lin- 
di(jue  1(^  mot  unxva  (voir  ligne  4  . 

.  Hetum  hilarGuna  /^st-i/  partout  nul  di-  fissures?  Le  sujet  est 
toujours  tecum  de;  la  ligne  ;>.  On  insiste  pour  savoir  si  la 
carèue  est  eu  bon  l'dal. 

Hetum,  continu,  nwné  (jus(|u'au  bouli,  est  ici  employé 
advcM'bialemeut  (5:;  lo6,  1)  avec  le  sens  de  d'une  nianirre  conti- 
nue, c'est-à-dire  partind.  Le  mol  est  un  adjectif  eu  -m  (§  Hl), 
déi'ivé  d'uu  verbe  he-t-  conduire,  faire  aller,  qui  lui-même 
dérive  de  he  aller  i§  216  he-ce),  à  l'aide  du  sullixe  verbal  -t 
(§  87).  L'idée  de  conduire  et  de  être  continu  sont  connexes 
(cf.  latin  productus).  Cf.  i;  311  he-n. 

385.  Liijiu^s  6-7.  0en-G  hursic  caplGu  cexam,  à  la  suite 
de  la  parole  et  en  réponse  fais  un  yeste  de  main  <^sifjnificmt^ 
impuissant. 


TEXTES   TRADUITS   ET  COMMENTÉS  319 

0en-6  aprrs  la  parole,  est  le  subslanlif  6en  parole  (cf.  §  247  : 
9en-t-mase  fah-f  un  bruit  de  parole),  avec  le  suffixe  casuel  -0, 
marquant  le  point  de  départ  (ij  129,  11). 

Hursi-c  ('t  à  <^ton^  tour  c'est-à-dire  et  en  réponse .  Pour  le 
sens  de  hursi,  voir  §  334  mula  hursi.  Dans  hursi-c,  le  c 
final  est  renclitiqne  de  coortlination. 

CaplOu  faire  un  (jeste  de  main,  verije  dérivé  du  radical  cap- 
mi.yir,  prendre  avec  la  main  (voir  §  330  cape-ri).  11  y  a  deux 
suffixes  de  dérivation,  le  suffixe  -1  (§  82)  et  le  suffixe  -6  (§  87). 
L'ensemble  constitue  le  suffixe  double  -16  (§  93),  que  l'on  peut 
retrouver  dans  le  finnois  nosta-lla-,  paina-lta-,  dérivés  de 
nosta-  «  élever  »  et  de  paina-  «  presser  »  (Budenz-Simonvi^ 
p.  77  et  suiv.i. 

CQX&-xa.  faible,  impuissant,  adjectif  formé  avec  le  suffixe  -m 
(§  111),  et  dérivé  A^c%t2,  être  faible  (§§  275,  277,  324).  C'est  un 
attribut  qui  suppose  le  verbe  ye  .v;//.y  sous-entendu.  On  insiste 
pour  que  le  capitaine  cbei'chebien  s'il  y  a  des  fissures.  Il  répond 
d'un  geste  d'impuissance,  qui  veut  dire  :  «  J'ai  beau  chercher, 
je  ne  trouve  rien  ». 

Ena-c  et  dis  est  le  verbe  ena.  dire  à  l'impératif,  avec  l'encli- 
tique de  coordination.  Pour  le  sens  de  en-a,  voir  §  312  ene- 
sc-i,  i^  342enas;  cf.  plushaut  ligne  4,  l'adjectif  enax- 

386.  Lignes  7-8.  Eisna  hinQw.  prêtre,  vois  [par  toi-même). 

'Eisna,  prêtre,  est  une  variante  graphique  de  ais-na  (ligne  2)  ; 
cf.  §  267.  aiseras.  Après  avoir  fait  le  geste  indi(iué  par  cexam, 
on  interpelle  le  prèlie. 

HinGu  vois,  regarde  c'est-à-dire  tu  peux  te  rendre  compte 
par  toi-même.  Pour  le  sens  de  hinOu,  cf.  §243  h.inQ-i~\i  être 
vu,  et  §  314  hinOa  voir. 

Hetum  hilarGuna  etertic  ca9ra  il  est  partout  nul  de  fissures 
et  il  est  cicellemment  étuncke .  C'est  la  formule  déjà  vue  ])lus 
haut,  lignes  3-4.  Le  sujet  est  toujours  tecum  le  bordaye 
(ligne  o). 

Ligne  9.  Etnam  aisna  ix  matam  '/  ce  moment  te  prêtre 
<^dit^  :  <(  départi  » 

Etnam  aisna,  voir  la  même  formule  plus  haut  lignes  1-2. 


32(1  THOISIÈ-AIi:    PARTIE 

Ix/Kstc,  précisément:  voir  de  mr-rne  ligne  2.  T.c  im»!  a  ici 
une  valonr  analoiiuc.  à  rh  !  bien! 

o 

Mata-m  (Irjxirl  on  paru,  subslanlif  ou  adjoclir  vorhal  l'oniid 
avec  le  sullixe-m  i;  1 J I),  coniino  ce)(ain  «le  la  ligne  7.  Pour  le 
sens  du  radical  mat-,  voir  v<  23'}  Ta.aXvi  faire  partir. 

Après  matam,  il  y  a  dans  le  lexle  trois  peliles  barres  verli- 
cales  enlro  deux  antres  pins  grandes.  (7esl  évidemment  un 
signe  de  si'paialion.  iiidii|nanl  ([ne  I On  \a  passera  nii  aiilre 
ordi'e  didi'es. 

387.  Vacl-tnam  réduHrrcincul ,  adverlje  lormc  comme 
e-tnam    \()ir  .^  3.Vi  :.  dt-rivé  de  vacl  ivï.  i;  ^\\\V)). 

Li(pie  10.  Gunem  cial^us  ''/  peu  prés  W  [fuis).  Pour  le  sons 
«le  6unem,  à  peu  prés^  cni'iron,  voirs;  222. 

Cialxus  rimjiii'incinrnt,  vitujt  fois,  adjectif  ordinal  §  147), 
employé  adveihialement  (i;  loG,  1). 

Masnsignilie  pro[)renu^nt  au  loin,  en  s'éh/Kjnanl  l'\  [)ar  exlen- 
si(Ui  au-delà,  ensuite,  ultérieureme)U.  De  l'adjeclifinas  lointain 
dérive  le  verbe  mas-u  séloiipner,  se  détourner,  (juo  Ton  a  di'jà 
vu  (v5,§  3li,)}l.")j.  L"n  final  est  un  suflixe  adverbial. 

Un-ialti  sois  nouveau  de  (/uestion  cest-à-dire  renoueidle  tes 
(juestiiuis  \\\\\  snjel  «le  l'élal  du  navire).  Le  mot  est  composé  de 
un-  demander  \y.\.  '^  339  une,  et  ci-dessus,  ligne  4,  un-xva)  et 
de  ial-t-i  être  nouveau,  verbe  dérivé  dnn  radical  *ial,  (jne  Ion 
j)eut  lapproclier  de  l'osliak  jH-ip  «frais,  jeune,  nouveau»; 
cf.  vog(nil(;  jiil-pel  a  nouveau  »  ;  Icbérémissey''//  «  frais,  jeune  » 
(Budenz.  p.  144,  n'M72).  Dans  ial-t-i,  le -t  est  un  sullixe  de 
dérivalion  verbale  (i;  87) . 

Ursmnal  a9re  2^ca\.  le  ramollissement  i^dii  hois]  (jui  jj/'ocien.t 
de  la  rouille  de  elnu  est  rapide. 

Ursmnal  prorenant  de  la  rouille  de  clou.  Absti'action  l'aile 
dusnilixe  casu(d  -al  mar(]nanl  l'origine  (vj  129,  n"!),  il  resie  un 
radical  noniinal  ursmnacini  se  décompose  ainsi  : 

l"ur  cherillc.  clou,  à  iap[)i'0cber  du  linnois  ora  «  foret,  clou 
•  le  fer  »  (Uuilenz,  p.  7:50,  n"  812); 

2"  sm-na  rouille:  cf.  vogoulc  si)n,  siui-el  (f  rouille  »  ;  /yré- 
nien  siin  (Donner,  II,  p.  142,  n°  828).  Dans  l'étrusque  sm-na. 


TEXTES    TlîADLlTS    ET    COMMENTÉS  321 

la  désinence  na  e>l  le  suffixe  de  dérivalion  nominale  (§  114). 
A6re  le  fait  de  se  ramollir,  c'est-à-dire  le  fait  de  se  pourrir  ;  il 
s'agit  du  bois  de  la  carène.  A.0-r-e  est  formé  avec  le  suffixe  -r 
(§  83),  comme  plus  liant  ca0-r-e  (ligne  4)  ;  c'est  un  dérivé  de 
*ae  doux  icf.  §  322  aGu  ;  §  368  aGelis). 
Acil  raj) idc  ;  cf.  ;5§  21 G ,  33  ! ,  333 . 

388.  Lignes  11-13.  An  sacnicn  cil6  voici  une  formule  mau- 
vaise de  prière.  L'expression  voici  indique  comme  une  surprise, 
une  chose  imprévue.  11  se  passe  ceci  :  or  prie  mal,  et  puis  tout 
à  coup  on  est  victinio  d'une  avarie,  qu'un  peu  de  surveillance 
eût  pu  conjurer. 

Pour  le  sens  de  an  voici.,  cf.  §§  134,  193,  223. 
Sacnicn  mauvais  de  prière,  voir  §  373. 
CilB  formule  ;  voir  §§342,  373. 

Cexa  sal  eus  cluce  caperi  /e  mince  bois  de  sapin  ne  vaut 
rien  pour  que  le  placage  de  côté  ait  de  la  prise. 

Cexa  (Hre  faible.,  être  sajis  valeur  ;  voir  §§  273,  277. 
Sal  mince.,  cf.  §  307. 

Cus  bois  de  sapin  ;  cf.  finnois  kûsi  «  pin  »  ;  \(\.\)0\\guossa,  gosa., 
kuosa:  zyréuien  kôz]  votiak  kiz;  moi'dvine  kuz  (Donner,  II, 
p.  23,  n°  78).  Le  /nince  bois  de  sapin  signifie  la  planche  de 
sapin. 

Cluce  le  fait  de  clouer  de  côté  est  le  verbe  simple  dont  nous 
avons  vu  plus  haut  le  dérivé  cl-uc-6r-as  (§  336). 

Caperi  pour  le  fait  de  tenir  bon;  voir  plus  haut  §  336.11 
s'îigil  diiiis  ce  passage  des  planches  clouées  sur  la  carcasse  du 
navire  et  ([ui  consiiluent  le  bordage  extérieur.  A  l'endroit  où 
elles  sont  clouées,  la  rouille  congé  le  l)ois  et  il  vient  un  mo- 
ment où  elles  ne  tiennent  plus.  11  faut,  par  une  surveillance 
de  tous  les  instants,  parer  à  celte  avaiie  possible  :  sans  quoi 
toutes  les  ])iières  du  monde  ne  servent  de  rien. 

389.  Zamtic    svem  Gumsa   matan  et  ce  (jui  calfate  s'en 

allant    extrêmement    vite,   pioposition    subordonnée    causale, 

marquée   par  le   suffixe    casuel  -n  (§  129,  n"  3),  qui  se  trouve 

accolé  au  verbe  mata. 

Zam-t-i-c  ce  qui  calfate  :  abstraction  faite  de  renclitiquc  de 

21 


322  TROISIÈME    PARTIE 

coordination  -c,  il  reste  zam-t-i,  participe  en  i  (i;  103)  du 
verbe  zam-t-  bourrer,  calfater,  dérivé  do  *zam-  hoiirrer  voir 
§  337)  à  l'aide  du  sutHxe  verl)ai  -t  (îj  87).  Ce  qui  calfate  c'est 
rétoiipo  l)ourrée  dans  les  interstices  des  planciies, 

Svem  absolument,  extrêmement,  fait  l'office  d'une  particule 
superlative,  ^^  377.  Ici  il  niodilic  6um-sa. 

Oum-sa  rapide,  adjectif  employé  adverbialement  (§  156,  1). 
Le  mot  est  formé  à  l'aide  du  suffixe  nominal  -sa  (i^  118).  Pour 
le  sens,  le  radical  *6um  est  à  rapj)rocher  du  finnois  homma 
«  hâte  »;  cf.  hongrois  hani-a-r  «  vite,  rapide;;  (Donner,  II, 
p.  149,  n°837). 

Mat-a-n  par  le  fait  de  partir,  est  le  verbe  mat-a,  pourvu 
du  sulhxe  causal  -n  (si  129,  n°  5).  Pour  le  sens  de  mat-a,  voir 
plus  haut,  Yv^na  9  mat-a-m. 

Cluctras  hilar  le  placaye  de  côté  est  fissuré.  Cluctras  est 
une  variante  graphique  de  clucGras  (,^  336).  Quant  à  hilar 
fissure,  c'est  le  mot  que  nous  avons  vu  plus  haut  entrant  dans 
la  composition  de  hilar9une  être  nul  de  fissures  (ligne  3, 
§  382). 

Ici  est  la  lin  du  texte  de  la  Momie  d'Agram. 


390.  Texte  de  Capouo. 

Inscription  boustrophedoii  ',  gravée  à  la  pointe  sur  une  pla- 
que d'argile  (Biicheler,  liheinisclies Muséum,  t.  LV,  1900,  p.  1-8). 


\.  FjCS  (lèches  indiciuent  l;i  diroction  de  l't'ci'ituro.  I/inscriplion  est  divisée  eu 
plusieurs  paragraphes  par  des  lignes  horizontales  après  les  lignes  7,  17  et  20.  La 
ponctuation  est  très  variable.  C'est  tantôt  un  tiret,  tantôt  un  point  sur  la  ligne 
tantôt  un  point  au-dessus  de  la  ligne,  tantôt  deux  points,  tantôt  trois  points, 
superposés,  tantôt  trois  points  en  triangle,  tantôt  une  étoile. 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  323 

1  -^    luvacil-suxu 

2  ^  ai.  savenes-ati-riasax''e//«f7/;z^^/c.',>^)/("///eA'e/u7Vo;i) 

3  -»   [lacune  de   14  lettres ^   eri6u9  •   suvacil  •   vipir-su- 

rjle6am-sul  •  citar  :  tiria- 

4  4r-  cim  •  c.leva.acas-ri  •  //eal  •  x  *  tei-vacil  •   ice  . 

isunisav  .  lasie  {lacune  de  9  lettres) 
o  -»   [lac.  de  4  lettres),  rizile  :  picas  .  ri  .  sav  •  lasiei-s- 

vacil  •  lunasiefacaix.nac  .  fuli 

6  <r-  nuvnes  .  vacil  •  sav  .  cnes  •  itnamulirizilepicas  . 

niianevacill 

7  -^  eBam  •  sul  •  scuvunemar  •  zac  •  saca  : 

8  <-  i>vei  •  tuleiluc  •  vea  .  piraseleGam  .  sul .  ilucu  •  cnes  • 

Xuper  •  pricipen  •  a  .  pires. 

U  -^  rac  '  vanies  .  • .  fuh  .  • .  zus  •  leriGnai  •  tul .  tei  •  snuzain  • 

tehamai  .  0icuvei.s  •;  cu-Gnis  •  iun 

10  (r-  irmar  .  zain  .  tehamai  •  Giital  *  sac  •  riutus  •  e  •  cun  • 

zai .  itial  •  xuscuv  •  seriGnai .  tu 

11  -^  1  •  tei  •  cizusie^/ .  cun  :  siricimu  •  nun  :  cperie  •  G  *  isu 

mazuslevai  .  a  .  pirenun  •  ver 

12  <-  ia  •  V  .  G  •  leGa  •  ium*  vacil  •  ialeGam  .  sul .  nun  •  G  • 

erivacil  •  iariGnai  •  tae  •  OaOene 

13  -^  i  :  caper  •  pricelutulea  •  piraseuni  -al  •  fitu  •  G  •  tae  • 

sr'ui  •  0  •  r-^ei  •  isumunial  •  G  •  ara 

14  <-  epn  •  icei  •  nun  •  G  •  cuciiei  •  tur  •  zai  •  tirr>T\  •  tae  •  i  • 

tiia;?eal  •  xaper  •  tuleacpes  •  ilucuvacilzuxn 

15  -^  ee  •  1  •  f  •  ariGnai  •  tultrv  .-.  vanec  •  calus  .  zus  • 

leva^itui  x  nem  •  ravinaiG  •  acas  •  a  .  • .  G 

16  <-  es  •  ci  •  tar  •  tiria  •  ci  .  fir  •  zai//  •  /vai  •  tulas  ne  na- 

tiuras  .  travaiuser  •  hivus  •  nifus  •  c  •  ri 

1 7  -^  Gnai  •  tula  •  hivus .  travaiuser  •  sne..  ciuras  I    I    I 


18  ^  isvei  .-.  tuleiluc  .  .  vean  •  pui'-  laruns  ilucu  •  Gux  : 

sin  •  tiGurial  •  xue  •  s  *  xaG  •  sanulis  •  mulu 

19  -»  rizileziz  :  riin  •  puiian  •  acas  •  riziman  •  tuleleGam  • 

sul  •  iluc  •  uperpris  •  antiar  •  vus 

20  <r-  taaius  •  nun  •  Geri. 


32i  TROISIÈME    PAUTIE 

Encore  une  quaranlaino  de  lii^iies,  mais  imilih'os. 

Lignes  3-4...  Lr  four  s'oiirrr  riro'il.  Lf  lon<j  des  flcu.r  mon- 
tants il  a  des  trous,  pour  (jue  la  flauibée  soit  vicf.  Une  che- 
minée... <<(?.s7>.  Ktile. 

Lignes  4-5.  5/  l'argile  incandescente  se  fend,  ....est  réduit  en 
poussière  (lacune),  étendu  d'eau.  Si  l'art/ile  à  harliotine  l'st  très 
ténue,  elle  est  bonne. 

Lignes  5-7.  l^ar  une  projection  vive  la  ligne  de  fente  est  asper- 
gée. En  même  temps  si  cr  qui  coule  est  étalé,  c^ est  bien.  L'arijHe 
s  est-elle  épaissie?  elle  est  malaxée  encore  et  étendue  d'eau.  Si  la 
barbotine  est  absolument  comme  elle  doit  être,  elle  tient  encore 
au  moment  où  le  four  est  démoli. 

Lignes  8-10,  ,S"?/  y  a  insuffisance  de  chaleur,  <Cc'est  gue^'  le 
tirage  est  mauvuis  ;  le  four  est  mal  réiflé  :  la  cendre  (f)  épaissie 
est  mauvaise;  (piehjue  chose  à  l'intérieur  est  dérangé;  une 
bouche  [d'air]  a  été  oubliée;  t  air  passe  d'en  bas  d' une  manière 
étouffée;  la  chenrinéc  étant  pleine  d'impuretés,  le  feu  est  lent  et 
abondant  de  fumée;  il  y  a  trop  de  fa(/ots  humides  et  la  jlarume 
ne  se  propage  pas . 

IJgnes  10-11.  Si  le  nt'tlogacp;  est  tout  à  fait  complet  et  renou- 
velé., si  l  air  passe  d'en  bas  rif  d' élan,  si  la  cheminée  est  ramonée,  la 
flamme  crépite  admirablement ,  la  chaleur  gui  suit  le  tourbillon- 
nement général  est  tout  de  suite  magnifigue. 

Ligues  M-12.  Sile  mauvais  fonctionnement  [du  four)  est  abso- 
lument tenace,  si  la  chaleur  n' est  pas  encore  tout  éi  fait  comme 
elle  doit  être,  si  le  four  n'est  pas,  dans  toutes  ses  parties, 
tout  éi  fait  comme  il  doit  être.,  c'est  (ju'il  n'y  a  pas  de  tirage. 

Lignes  12-14.  <^Mais  que':>  fourrier  soit  très  attentif.  Si 
l'air  s'engouffre  extraordinaire  d'élan,  si  la  flamme  produite 

par   II'  sonfjle  d'air   est   mal  réglée,    une  grande   chaleur 

résulte  du  souffle  d'air,  le  bâtis  [du  four)  craque,  il  est  grand 
de  fissures,  complètement  gondolé;  un  grand  cri  éclate  :  c  ah! 
malheur!  » 

Lignes  14-15.  ()uanil  l'ouvrier  est....,  s  il  se  produit  un 
commencement  de  tirage  énergique,  s' il  est  tant  soit  jieu  mauvais, 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  325 

convenablement,   est  réduit  le  passage    d'air   impétueux   et    la 
ventilation  est  sans  danger. 

Lignes  15-17.  £"/,   -si    une  cliose    nécessaire  est  oubliée,  sois 

absolument    .4    la  moindre    défaillance    d'attention,    une 

apostrophe  éclate  :   «  ouvre  des  deux  côtés!  —  Les  deux   der- 
niers  [t7'ous),    en  plein!    —    Chauffe,   donne   de  lair, !    — 

Fainéant,  brute,  dépéche-toi  !  —  Donne  de  l'air,  fainéant^ 

Lignes  18-20.  S'il  g  a  insuffisance  de  chaleur,  <^cest  que^  le 
tirage  est  mauvais.  Voici  le  meilleur  mogen  de  reconnaître  <ila 
chose^.  Le  coude  \jonctio?i  du  four  et  de  la  cheminée),  est  mau- 
vais; un  résidus  gras,  qui  s'échappe  d'un  trou.,  suinte  doucement  ; 

il  sort  de  plus  en  plus  sale;  le  pied  du  four  est  mouillé , 

aussitôt  qu'il  suinte,  le  four  tire  peu 

391.  Lignes  1-2.  Il  y  a  trop  de  lacunes  pour  que  ce  qui  reste 
puisse  être  interprété. 

Ligne  3.  Sipir  suri  leSam  sul  le  four  s'ouvre  resserré,  c'est- 
à-dire  ([ue  remboucluire  du  four  doit  être  étroite, 

Sipir  resserré,  étroit,  est  un  adjectif  employé  adverbialement 
(§  156,  1).  Il  est  formé  avec  le  suffixe  nominal -r  (§  116),  comme 
et-e-r  (§  199),  fle-r  (§  341),  tev-r  (§  302).  Le  mol  est  à  rappro- 
cher du  linnois  supp-e-a  «  resserré  »  (Budenz,  p.  316,  n"  322; 
Donner  II,  p.  64,  n"  749). 

Suri  s'ouvrir,  est  apparenté  au  finnois  s/ro-  «  s'ouvrir, 
s'épanouir  ».  (Donner,  I,  p.  184,  n°  654).  Suri  est  coupé  en 
deux  dans  le  texte  par  un  petit  trait.  Mais  il  n'y  a  pas  lieu  de 
s'arrêter  à  ce  détail.  Dans  toute  l'inscription  la  ponctuation  est 
mise  à  tort  et  à  travers.  Ici  les  syllabes  d'un  même  mot  sont 
séparées  ;  là  des  mots  distincts  sont  unis.  Il  est  manifeste  que 
le  graveur  n'obéissait  à  aucune  règle.  II  semble  avoir  mis 
machinalement  un  signe  de  ponctuation  partout  ou  s'arrêtait 
la  puinle  de  son  stylet. 

Le6ani  sul,  expression  qui  revient  plusieurs  fois  dans  l'ins- 
rriplion  (lignes  3,  7,  8,  12,  19,  etc).  C'est  une  alliance  de  mots 
toute  fuite.  L'étymologie  conduit  au  sons  de  renflement  ardent, 
ce  qui  ne  peut  gnèrcî  désij^ner  (|u*un  four,  en  forme  de  <lùme. 

Leea-m«/ï/e/^/,  lormé  avec  le  suffixe  -in(§  11 1)  comme  mata  m 


326  TROISIÈME    PARTIE 

(§  386).  Le  radical  verbal  le-G-  peu l  T' Ire  conside'ré  comme  dérivé 
d'un  Ihème  *le-  à  l'aide  du  sulHxe  ver])al  -9  (ij  87).  Or  un  thème 
analoii'iio  paraît  avoir  douu('  naissance  au  tinnois  A/V/-.s7c/-  «  ])i-il- 
ler,  llanihcr  »,  liid-lh'i-  «  Ijrùler  »  ;  cl",  eslhonion  /p-/,-  «  llam- 
banl  »;  /r-d  «  cendre  dn  loyer  »  (Budenz,  p.  686,  n"  738). 

Sul  rcnjJi'mcnt  ;  cf.  linnois  suid-n  a  verrue,  excroissance  » 
(Jiudeji/  p.  3r)7,  n"  37r)). 

392.  Ci  tar-ti  ri-a  i^  ionr/  des  di^ux  moulants  il  a  des  trous. 
L'idée  do  le  long  de  est  exprimée  i)ar  le  suffixe  casuel  -ti  (>;  129, 
10)  accolé  à  tar. 

Ci  deux^  voir  i;  139. 

Tar  montant,  contrefort,  est  apparenté  au  finnois  tar-tu- 
«  adhérer,  être  coUé  à,  tenir  l'eriue  »  (lîudenz,  p.  18i,  n"  203  ; 
Donner,  1,  p.    135,  n"  476).  Il  s'agit  des  cùtés  dn  four. 

Ri-a  aroir  des  ouvertures  est  à  rapprocher  du  linnois  rei-kd 
«  trou,  ouveiinre  »,  rai-no  «  déchiiure  »  (Donner,  111,  p.  85, 
w"  968).  Le  thème  ri-  a  donné  naissance  au  dérivé  nominal  ri-1 
dirision,  coupure  (du  temps),  anncc  (voir  §  176).  Les  ouvertures, 
dont  il  est  ici  (luestion,  sont  pour  le  tirage  du  foyer,  comme  le 
montre  ce  qui  suit.  Le  sujet  de  ri-a  est  toujours  leOam  suL 

Ligne  4.  Cimcleva  acas-ri,  pour  cjue  la  flambée  soit  vire. 
La  proposition  finale  est  marquée  par  le  suffixe  casuel  -ri 
(§  129,  7)  accolé  à  l'adjectif  attribut  acas  rapide,  vif  [yoiv  §  252 
acas-ce  à  l'état  rapide).  Civa.-cl-e-vsi  flandn'-e,  flamme,,  est  un 
substantif  foi-mé  avec  le  suffixe  -va  (si  123)  et  dérivé  d'un 
radical  verb.il  cim-c-1-,  lecpud  (h'rive  lui-même  du  tliènie 
cim  (voii-  plus  loin  |^  406  *cim-u-)  à  l'aide  du  suffixe  double 
-cl  (^  90  ;  cf.  i^  238  mun-i-cl-eO).  ]*our  le  sens  de  *cim,  cf. 
finnois  kim-a  «  clair,  brillaul,  (''(datant  »,  him-a-lta-  «  briller  » 
(Donner,  1,  p.  91,  n"  322.  *Cim  est  uu<^  variante  graphi(|ue  de 
*cein,  (|ue  nous  avons  rencontré  dans  cem-n-a-x  (§  345).  La 
permutation  de  l'e  et  de  l'i  est  fré(iuente  (i;§  55  et  321).  Sur 
plusieurs  points  d'ailleurs  la  graphie  de  l'inscription  diO'ère  de 
la  graphie  ordinaire  :  elle  est  boustrophédon ;  elle  présenle  dans 
la  ponctuation  un  d('sordre  iusolile  ;  la  forme  usuelle  vacl 
(n5>^  335,  337,  etc.)  est  écrite  vaciL 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  327 

393.  Nealx  tei  vacil  une  cheminée...  <iest'^  utile.  De  ces 
Irois  mots,  le  premier  est  dune  lecture  incerlaine  et  ne  peut 
être  interprété.  Le  troisième,  vacil,  qui  sert  d'attribut  à  la 
proposition,  n'est  quune  variante  de  1  adjectif  vacl  convenable, 
utile  (§§  335.  337.  364.  374  .  Reste  le  sujet  tei.  Malgré  la  res- 
semblance que  ce  mol  présente  avec  tei.  qui  signifie  eau 
{§§  330,  340,  372),  il  se  ramène  à  une  origine  différente.  C'est, 
sous  une  autre  forme,  le  thème  'ti  qui  a  donné  ti-n-s  §  307) 
Il  correspond  à  l'ostiak  taj.  toj,  tej.  tij  «  sommet,  pointe  »  (  Bu- 
denz.  p.  212,  n°  221  .  Le  sommet  d'un  four,  c'est  évidemment 
la  cheminée.  Le  mot  incertain  qui  précède  et  qualifie  tei  in- 
dique sans  doute  la  forme  ou  les  dimensions  de  la  cheminée. 

Ice  isuni  sav  <C?'>  ^ argile  incandescente  se  fend. 

Ic-e  -^  fendre,  se  diviser,  a  la  même  origine  que  le  substantif 
ic-u-n  division,  que  nous  avons  vu  dans  le  composé  6ap-ic- 
u-n  !§§  294.  296  . 

Is-u-n-i,  qui  est  incandescent,  est  le  participe  en  -i  (^i;  103) 
d'un  verbe  is-u-n-.  formé  à  l'aide  du  suifixe  -n  §  SV  et 
dérivé  d'un  thème  Is.  Ce  thème  est  à  rapprocher  du  vogoule 
is  «  incandescent  »  :  cf.  mordvine  eze-  «  s'échauffer  »;  hon- 
grois iz-n  :•  incandescent  »   Budenz,  p.  829,  n*'  913  . 

Sav  argile;  ci.  finnois  sav-e  sav-ï)  «  argile,  bouc  Donner, 
11,  y.  109.  n^  793\  L'argile  dont  il  s'agit  est  celle  avec  laquelle 
le  fi'iir  n  ete  hati. 

Lasie  e^t  /nis  en  poussière,  verbe  formé  avec  le  suffixe  -i 
(^  81  ;,  comme  ver-s-i-e  ^  262),  trutvec-i-e  ^^  266\  iuc-i-e 
(§  292).  Le  radical  las-  est  à  rapprocher  du  finnois  lese- 
«  moudre  ^>  :  cf.  hongrois  lis-t  «  farine  »  (Budenz.  p.  702. 
n°  761  .  Le  suj.t  .N'  lasie  a  disparu.  D'après  le  contexte  il 
faut  sous-enlendre  quelque  chose  comme  sav  argile. 

Ligne  3.  Rizile  rtre  mouillé,  dilué  dans  l'eau,  verbe  formé 
avec  le  suffixe  -1  ^  82\  Le  thème  *riz-  est  apparenté  au  finnois 
ruf-ju  luiniide.  mouillé  »  Donner.  111.  p.  119.  n^'  1008). 
Rizile  désigne  la  suite  de  l'opération  commencée  par  lasie.  11 
^  iiuil  de  préparer  une  sorte  de  mastic  pour  boucher  la  tissure 
du  four.  On  réduit  en  poussière  des  mottes  d'argile  sèche  ;  on 


;i28  TUOISIÈME    PAUTIK 

en  fail  île  la  barboline  en  la  diliiiinl   dans  l'eau    (h'Iail  proba- 
blement indiqué  dans  la  lacune',   puis  on  malaxe  le  tout. 

394.  Picasri  sav  lasieis  vacil  <.si^  /'a/y/i/r  à  i^mln'ti 
<iesr>  yrandc  de  tt'nuùttu  <lcU('  cst^  honuo  ;  cette  pli  rase 
explique  pourquoi  il  faut  malaxer  avec  soin  le  mélange  d'eau 
et  d'argile.  Il  importe  que  l'argile  diluée  soit  à  l'étal  de  pous- 
sière impalpable,  afin  (|u"elle  pénètre  dans  les  plus  petites  lis- 
sures. 

Sav  rnuiilr  (voir  ligne  précédente). 

Vic-diS-vi  pour  enduit;  la  désinence  est  le  suffixe  casucl  -ri 
(§  129,  7),  indiquant  la  destination.  Le  subslanlif  pic-as 
enduit,  couverte  est  formé  avec  le  suffixe  -as  (§  9îr,  comme 
neesr-as  (§  2:52).  aiser-as  (i;  200.  Oapint-as  (§  294),  men-as 
(^sj  331;,  en-as  (i^  3i2  .  Le  radical  pic-  est  à  rapprocbei-  du  liu- 
w()\%  puke-  «  mettre  un  vêtement,  se  couvrir»  ;  cf.  puku  «  vête- 
ment '>   Hudcn/,  j).  172,  n°  .^JOi).  l'oui'  la  voyelle,  voir  v<  63  1   4. 

Lasi-eis  (jrand  de  ténuité,  c'est-à-dire  très  ténu.  L(;  mol  est 
composé  de  las-i-  (voir  à  la  ligne  précédente)  et  de  ei-s  rp'and ; 
cf.  fas-eis  (?;  3a9). 

"Vacil  <e//e  es/>  bonne,  c'est-à-dire  elle  est  comnit^  il  faut 
(pi'(^lle  soit.  Pour  la  forme  vacil,  voir  ligne  4,  >;  393. 

395.  Lun  asie  fac  par  une  projection  vin-  est  asporcfée  la 
fente,  c'est-à-dire  qu'on  projette  violemment  la  barboline  à 
l'endroit  de  la  fente,  pour  (]u'elle  pénètre. 

Lu-n/J«r  ïacte  de  lancer.  La  désinence  est  le  suffixe  instru- 
mental-n  (§  129,  5).  Le  verbe  lu-  est  apparenté  au  hongrois 
lij.^  Ii]x^-  a  lancer  »  ;  cf.  vogoule  //"-  ;  tchérémisse  li'/-;  linnois 
///o- (lîudenz,  p.  707,n"7(;9;  Donner,    NI,   p.  170,  n"  1056). 

As-i-e  être  aspergé,  verbe  formé  avec  le  sulFixe  -i  (i^  81), 
comme  las-i-e  (^  393).  Le  thème  *as  est  à  rapprocher  du  hon- 
grois éfz-  a  se  mouiller,  s'humeclei'  »  (Hudenz,   p.  703,   n"  829). 

Fa,c  ft^ntf'  peul  (Mrerapproch(''  du  hongrois  f-j.h-xd-  «  s'échap- 
per, sortir  de,  crunipert'  n;v\.  linnois  p<il,-ii  n  lissure  »  (Hudenz, 
p.  189,  n"  :\\~    Fac  est  le  sujcl  du  Nci'bc  asie. 

396.  Aix  nac  fuli  nusnes  <iu\siiiU  en  inénic  temps  <Csi'>  ce 
f/ui  a  coulé  <,est^  étalé,  e'c^t  him^  ce  (jui   re\  ienl  à  dire  qu  im- 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  329 

médiatoment  il  est  bon  d'arrêler  avec  la  truelle  el  de  ramasser 
lu  barbotine  qui  coule,  pour  l'étaler  et  la  faire  entrer  dans  la 
lissure. 

Aix  précisément  aussitôt,  variante  graphique  de  la  parlicule 
ix  lii  32 i). 

Nac  simultané,  adjectif  employé  adverbialement;    pour  le 

sens,  voir  §  288.  On  retrouve  ailleurs  (§  381)  l'alliance  ix  nac. 

Fuli  ce  qui  a  coulé,  participe  en  -i  (§  103  )  du  verbe  fui-,  que 

Ton  a  déjà  rencontré  sous  la  forme  dérivée  ful-um-xv-a  être 

courant,  être  passager  (§  320). 

Nu-s-n-es  <Cest^  étalé,  participe  passé  passif  en  -es  (i:^  lOl) 
du  verbe  nu-s-n-  étaler,  forme  dérivée  d'un  thème  *nu  à  l'aide 
du  suffixe  -s  (§  86),  et  du  suffixe  -n  (§  8i).  Le  thème  *nu  est 
apparenté  au  hongi'ois  n'û-l-  «  s'éteniJre  )>,  nùj-t-  «  étendre  » 
(Budenz,  p.  42.^,  n"  io3).  Nusnes  est  attribut.  Le  verbe  «  être  » 
est  sous-entendu  (i;  101).  * 

Ligne  0.  Vacil  bon  c'est-à-dire  c'est  bien.  Vacil  constitue  à 
lui  seul  une  proposition.  La  proposition  nac  fuli,  etc.  iloit  être 
con'iidérée  comme  conditionnelle.  Pour  le  sens  de  vacil,  voir 
^  394. 

397.  Sav  cnes  <•«>  l'argile  <C.est^  épaissir;  il  s'agit  de  la 
barbotine  qui  est  restée  dans  l'augel,  et  qui  s'est  un  peu  épais- 
sie. Pour  le  sens  de  sav,  voir  §  393.  Il  y  a  ellipse  du  verbe 
«  être  »  ('§  161). 

Cn-es  épaissi,  participe  en  -es  §  101),  comme  nusn-es 
(début  de  la  ligne).  Le  radical  *cn  est  en  rapport  avec  le  fin- 
nois kln-i  «  ferme,  immoi)ilc  »  ;  cf.  kln-i-ttd  «  attacher  forte- 
ment, fixer,  faire  adhérer  »,  k'tn-tu-  «  adhérer  »  (Donner,  I, 
p.  71,  n"2.39). 

Itna  muli  rizile  flic  est  encore  remuer,  étendue  d'eau,  pour 
rendre  à  la  barlidline  épaissie  sa  lluidilc'. 

It-na  encore,  de  nnurcdu,  |)roj)r('m<'nt  (ulditiiuincl ;  voir 
plus  hiiul  i;  292  it-u-na;  cf.  Www^n^  j  ut- h  a-  «  ajouler  ».  La  dési- 
nence -na  est  le  sullixe  nominal  (ij  114).  Lailjeclir  est  ici  pris 
adverbialement  (§  J.'JG,  I). 

Mul-i    être    bouleversé,    remué  en  tous  sens.    l*our    le   sens 


330  TROISIÈME    PAKTIE 

csllionion  }/io/-/:u-  «  s'aii'ilpr  »  ;  Ichérémissc  iiiiil-uht-  «  soconcr  » 
(liiKlenz,  p.  461,  n"  492  . 

Rizile  rire  mouillr  ;  voir  plus  liaut,  >;  31)3.  Les  deux  verbes 
muli  et  rizile  sont  juxtaposés  sans  particule  coordinatrice. 

Picas  niiane  vacil  <C*'''>  rcmlult  <iest^  absolument  comme 
il  faut  qu'il  soit. 

Picas  enduit  :  voir  ligne  5,  §  3!)4.  11  y  a  ellipse  du  verbe 
«  être  ).  (?i  161). 

Vacil  ((inrcnalih',  voir  ligne  4,  §  394. 

Niia-ne  en  perfection,  adverbe  modifiant  vacil.  11  est  formé 
avec  le  suflixe  casuel  -ne  (§  129,  7;  §  156,  2).  Le  thème 
*niia  peut  être  rappi-oché  du  hongrois  iiu-r  «  écorcher  »  ; 
cf.  tchérémisse  ni-a-l-d-  «  caresser  )>  ;  lapon  naj-ast-  «  racler  »  ; 
vogonle  /////-  «  écorcher  ».  (l^iidenz,  p.  428,  n"  4o8  ;  Donner, 
m,  p.  2(>,  n"  888).  Niia-ne  signifie  avec  grattage,  avec  action 
de  polir  et  répond  à  peu  près  à  l'expression  ad  unguem.  Cela 
suggère  l'idée  d'un  travail  achevé,  parfait. 

398.  Ligne  7.  Le6am  sul  scuvune  marzac  saca  au  moment 
où  le  four  est  démoli  <^l' enduit^  tient  comnlètement  <^encore^ , 
ce  qui  signifie  que  lors([u'on  met  le  four  en  pièces,  ce  n'est  pas 
suivant  le  lil  de  la  fente  obturée  que  se  fait  la  cassure. 

LeSam  sul  le  four  ;  voir  ligne  3,  §  391.  Ces  mots  servent  de 
sujet  au  verbe  scuv-u,  lequel  est  pourvu  du  suffixe  comitatif 
-ne  (§  129,  6)  ;  ils  forment  donc  avec  le  verbe  scuv-u  une 
proposition  subordonnée,  avec  le  sens  de  au  moment  où,  tandis 
que,  alors  que  [^  164).  Le  verbe  scu-v-  être  mis  en  ruines,  être 
mis  en  pièces,  être  détruit  est  formé  avec  le  suffixe  -v  (§  88). 
On  a  vu  plus  haut  l'adjectif  scu-na  ruiné  j^s^  313,  319),  qui 
est  un  dérivcMlu  même  thème. 

Mar-zac  co)nplet  de  n/esure  se  compose  de  mar  «d  zac.  Le 
premier  ('dément,  mar  mesure,  est  un  mot  que  l'on  a  déjà  ren- 
contré dans  mar-is  grand  de  mesure  {'^^  223,  302\  dans  mar- 
u-nux,  mar-u-nux-va  l/ors  de  mesure  (§§  219,  233),  ainsi  que 
dans  mar-cal  convenable  de  tnesjire  (§  304).  Le  second  élément, 
zac  ((unplet,  pourrait  être  rap[)r()ché  du  liongrois  tok-é-lnt-as 
«  complet,  parfait».  Pour  l'équivalence  z  =^  t,  voir  ,^5  72. 


TEXTES    TRADUITS   ET    COMMENTES  331 

Saca  adhérer  est  apparente  au  finnois  sak-eht'ù  «  adhérer  for- 
tement ».  Le  sujet  est  picas. 

399.  Ligne  8.  Ici  commence  un  nouveau  paragraphe, 
comme  l'indique  la  barre  tirée  entre  les  lignes  7  et  8.  Isvei 
tule  ilucve  s  il  ij  a  défaut  de  chaleur,  <^c'est  que"^  la  ventila- 
tion est  mauvaise. 

Is-vei,  défaut  de  chaleur  ;  ce  mot  forme  à  lui  seul  une  pro- 
position défaut  de  chaleur  <^est^  et  cette  proposition  doit  être 
entendue  comme  conditionnelle  :  si  le  four  chauffe  mal.  Is-vei 
se  décompose  en  is  -f-  vei.  Le  sens  de  is  chaud  résulte  du  sens 
attribué  plus  haut  à  is-u-n-i  être  incandescent  (ligne  4,  §393). 
Vei  manque,  est  l'équivalent  du  finnois  vaj-a  «  défaut,  man- 
que ».  Le  V  initial  s'est  conservé  parce  qu'il  est  en  composition  ; 
cf.  §  74  et  §  267  trut-vecie. 

Tul-e  le  faire  du  vent,  verbe  employé  substantivement  (§  loi), 
sujet  du  verbe  «  être  »  sous-entendu  (§  161).  Il  s'agitde  la  ven- 
tilation du  four.  Tul-e  se  retrouve  dans  le  finnois  tûl-i  «  vent  »; 
tû-l-e-  «  faire  du  vent  »  (Donner,  I,  p.  142,  n^Sll). 

Il-u-c-ve  mauvais,  adjectif  formé  avec  le  suffixe  -ve  §  123); 
pour  la  désinence  -ve  au  lieu  de  -va,  voir  §  370  zusle-ve, 
zar-ve.  Le  radical  il-u-c  (ou  il-c)  est  à  rapprocher  du  finnois 
ilk-e-â  ((  laid,  méchant,  mauvais  ». 

Ap  irase  leGam  sul  le  four  est  mal  réglé,  c'est-à-dire  qu'il  y 
a  dans  le  four  quebjue  chose  qui  ne  va  pas. 

Ap  signifie  proprement  douteux,  incertain,  suspect  et  par 
extension  mauvais;  cf.  §  234  spureOi  apa-si  la  bataille  étant 
venue  à  être  incertaine  (tournant  mal).  Ap  l'-t  l'équivalent  du 
finnois  epii  «.  incertain  ». 

Ira-s-e  étre'disposé,  agencé,  arrangé,  verl)e  formé  avec  le  suf- 
fixe de  dérivation  -s  (§  86),  comme  ôentma-s-e  (§247)  e6r-s-e 
(§  343).  On  retrouve  un  peu  plus  loin  (même  ligne)  le  thème  ir 
dans  ir-es.  Ce  thème  est  apparenté  à  celui  qui  a  donné  nais- 
sance au  finnois  y w'-/i7'  «  ordre,  régularité,  série  »;  cL  jdr-Je-sta- 
metlre  en  ordre  (Budenz,  p.  79i,  n"  866). 

LeGam  sul  le  four;  voir  §§  391 ,  398 . 

400.  Ilucu  cnes  x^per  la  cendre  ['?)  épaissie  est  mauvaise. 


332  TROISIÈME    PARTIE 

Ilucu  ('Ire  /)iaurai.s  Gsl  le  verbe  dont  on  vient  de  voir  le  radi- 
cal dans  iluc-ve.  Le  siijol  est  xuper. 

Cn-es  épaissir'   (voir  ligne  G,  i;  397),  épilJiMe  de  xuper. 

Xuper,  sui)slanlir  formé  avec  le  sutHxe  nominal  -r  (>;  11  G). 
Je  Iradnis  par  cfjuire,  mais  le  sens  est  incertain.  Le  mot  est 
ap[)arcnté  au  hongrois  /toporc,  hoport  «  renllement  »  ;  cf. 
mordvinc  kopcr  ,  kopir  «  dos  »  ;  hoperr,  kupor  «  monticule  » 
(lUideii/,  |).  Mi,  n"  139).  11  s'agit  probablement  des  cendres  qui 
se  sont  atnoncrh'f's  dans  le  four  et  en  gênent  le  fonctionnement. 

Pri  cipen  ap  ires  quelque  chose,  qui  est  à  f  intérieur,  est  mal 
arraïK/é.  Suite  des  causes  dn  mauvais  fonctionnement.  11  y  a 
(|uel(jue  chose,  on  ne  sait  pas  quoi,  qui  ne  va  pas  bien. 

Pr-i  intérieur,  pi'oprement  qui  est  entré,  qui  n  été  introduit, 
participe  en  -i  (î^  103)  du  verbe  pr-,  que  Ton  a  vu  dans  pr-i-6as 
(§329),  ainsi  que  dans  les  composés  pr-umis(.^  248)  etpr-umaGs 
(§  38).  Pour  le  sens,  cf.  tchérémisse  pur-  a  entrer  »  ;  zyrénien 
plr-  «  être  introduit  »  (Hudenz,  p.  474,   n"  507). 

Ci-pe-n  quelque  chose  est  le  relatif  ci  qui,  quelquun,  quelque, 
que  Ton  a  déjà  rencontré  dans  ci-sum  (§§  351,  358,  367,  370). 
Quant  à  la  particule  pe-n,  c'est  une  forme  adverbiale  de  l'encli- 
tique pe,  pa,  pei,  pi;  voir  ca-pe  (^^  314),  ca-pi  (§  135),  i-pa, 
i-pei  (§  153).  La  forme  in-pei-n  (§  153)  montre  que  l'enclitique 
peut  s'augmenter  d'un  suffixe.  Ci-pe-n  est  le  sujet  du  verbe 
«  être  ))  sous-entendu  (i;  IGl). 

Ap  )nal,  voir  plus  haut  §  399  ap  irase. 

Ir-es  ordonné,  rangé,  disposé,  réglé,  est  le  participe  passé 
passif  en  -es  (J:^  101)  du  verbe  ir-,  dont  on  vient  de  voir  le  dérivé 
ir-a-s-e  (§  399). 

401.  Ligne  9.  Rac  vanies  une  ourerture  <^a  été^  oubliée. 
Pi'oposition  avec  ellipse  du  verbe  «  être  ».  Pour  le  sens  de  rac 
ouverture,  voir  s;  329  rax*  l''^n  ee  (|iii  concerne  la  permutation 
du  c  et  du  X?  voii-  i;  G8, 

Vanies  oublié,  participe  passé  passif  en  -es  (i^  101),  comme 
ir-es.  Le  verbe  van-i-  c^l  formé  avec  le  suffixe  -i  (i;  81),  comme 
as-i-e  (ligne  5,  §395).  Le  thème  "van  est  l'équivalent  de  celui 
quia  donné  le  finnois  2//î-Aç  «  oubli  »,  un-ho-tta^  «  oublier  »  ; 


TEXTES    TRADUITS    ET   COMMENTÉS  333 

pour  lo  V  iiiilial,  voir  §  73.  L*oiil)li  dont  il  est  question  se 
rapporle  à  (iiielque  bouclie  Jaéralion  qui  n'a  pas  élé  ouverte 
quand  il   fallait. 

Fuhzus  leriGnai  tul  l'air pass^  (Vcn  bas  d'unf  tnanih-c  étouffée 
c'est-à-dire  l'air  ne  passe  pas  bien  en  bas,  sans  doute  parce  que 
les  bouches  nont  pas  élé  bien  ouvertes. 

402.  Fuh-z-u-s  obstrué^  bouché,  adjectif  formé  à  l'aide  du 
suffixe  -s  §  177)  et  dérivé  du  radical  verbal  *fuh-z-.  Dans 
"fuh-z-,  lez  iinal  est  le  même  suffixe  «juc  dans  alcpa-z-ei(§  356), 
nur-cp-z-i  (§  239)  fle-nz-na  (§  246),  fal-z-a-Gi  (§  300).  Le 
thème  *fuh  est  apparenté  au  hongrois  fuj-t-  «  suffoquer  »  ;  cf. 
mordvine  pava-  «  étrangler  »;  lapon  puce-  «  id  »  (Budenz, 
p.  oit ,  n°  o69). 

LeriGnai  tul  l'air  passe  en  bas.  Le-ri9nai  est  composé 
de  le  et  de  riGnai.  La  particule  le  se  retrouve  dans  le  hongrois 
la  «  en  bas  ».  Cf.  §  247  le-sc-a-n.  Quant  h  riG-n-ai,  c'est  un 
verbe  formé  à  Taide  du  suffixe  -n  ;§  84),  comme  is-u-n-i 
(ligne  4,  §  393).  Le  thème  *riG  peut  être  rappioché  du  finnois 
ruU-o  «  vif,  soudain,  rapide,  hàlif  »  (Donner,  III,  p.  122,  n°  101 1). 
La  désinence  -ai  équivaut  probablement  à  un  e:  voir  plus  bas 
(ligne  1 1)  zuslev-ai  et  i;  37U  zusleve. 

Tul  cm\  vent ;yo'ir  ligne  8,  ;<  399  tul-e. 

403.  Tei  snuzain  tehamai  Gicuveis  cuG  par  le  fait  que  la 
cheminée  <^est^  pleine  d'iuïpuretés,  il  se  produit  uu  feu  qui 
couve,  ahondcuit  de  fumée 

Tei.  Je  traduis  par  cheminée,  comme  à  la  ligne  i,  §  393. 

Snuzain  est  l'adjeclif  snuzai  augmenlé  du  suffixe  inslru- 
mental -n  (§  129,  o)  ;  la  proposition  tei  snuzaii  [la  cheminée 
<Cesty-  ple'ine  d'impuretés)  prend  ainsi  la  valeur  d'une  propo- 
sition subordonnée  causale  f§  16i).  Snu-zai  l'sl  composé  de 
snu  cl  (le  zai.  Le  })remi('r  (h;  ces  deux  éléments,  snu 
est  apparenté  au  finnois  son-ta  «  fumier,  boue  »  (Donner,  II, 
p.  54,  n°733).  Le  second  élément .  zai,  est  ré([uivalent  du  linnois 
ta'û-te  [taû-s'i]  «  plein  »  (pour  le  z  initial,  voir  §  72)  ;  cf.  eslhonien 
idv-e,  tdi-e,  tdi-t-sa  (Donner.  I,  p.  121,  n°430). 

Tehamai   v^  produire,   arriver    malheureusement,    accidere, 


334  TROISIÈME    PARTIR 

verbe  formé  à  l'aitle  du  sullixe  de  dérivalion  -m  (ï;  83),  coiiimc 
mul-m-l-es  (s;  312).  Le  radical  teh-m-  se  ramène  donc  à  un 
llième  *teb  =*tev,  lefjuei  peutèh-e  l'approché  du  linnois  lap-a-us 
«  accidenl,  événement;  cf.  lap-a-hlu-  «  arriver,  se  pi'oduire  » 
(Donner,  I,  p.  l'iT,  n°  ."527).  Dans  tehamai  on  a  un  second 
exemple  de  Th  nou  inilial  ;  voir  plus  haut  liiiue  !l,  |:5  401  fuhzus. 
Pour  la  désinence  -ai,  voir  s^  102  ri9nai. 

Gicuveis  (/rand  de  fiiinrc,  épillièle  de  cuS,  esl  composé  di; 
Tadjeclif  eis  y/y/y/c/  (voir  ligne  T»,  i;  394  lasi-eis)  et  du  verhe 
6ic-u-v-  <m  6ic-v-.  (îe  verbe,  l'oruK'  avec  le  suUixe  -v  (ii  88), 
comme  scu-v-u-ne  (ligne  7,  ij  398)  se  ramène  à  un  lbème*6ic, 
qui  estré(juivalenl(§  71)  du  (innois  liaika  «  odeuj',  parfum  »  ;  cf. 
Jiaihu-  «  fumiir  ». 

CuG  fou  (pli  (ijurr^  ff'ii  Irnt,  {•\'^\-l\-A\vQ  feu  (jià  prend  )))al \ 
pour  le  sens,  cf.  linuois  kul-c-  «  brûler  secrètement  ». 

404.  Nis  funir  marzain  tehamai  Siital  sac  par  le  fait,  (jup 
du  pi'iil  huis  Innnidc  <i(''<t~^  plein  de  mesure  {^=  très  abondant)^  il 
SI'  produit  une  rtinrrlle  sans  diffusion  (qui  ne  se  r('[)and  pas  de 
procdie  eu  |)roclie,  qui  ne  gagne  pas  tout  le  fagol).  La  propo- 
siliou  nis  funir  marzain  esl  une  proposition  causale,  comme 
plus  liant  tei  snuzain.  iNouvelle  cause  de  mauvais  fonction- 
ne m  en  I. 

Nis  humide;  cf.  \\\\\\(n<.  7ips-te-lie  «  liumidité  »;  esthonien 
ncs-i'  <'    humide  »  (Donner,  111,  p.  49,  n"  921). 

Fu-nir  baijiiette  de  bois,  fai/ot^  substantif  composé  defu  et  de 
nir.  Pour  fu  bois^  cf.  hongrois  /à  «  arbre,  bois  »;  finnois />/7; 
IcIuM'émisse,  zyr('nien,  votiak  pu  i  l)ud(Mi/,,  |).  480,  n"  oll).  Nir 
hayuette  correspond  à  l'csthonien  nir-a  «  lambeau  »  ;  cf.  zyrénien 
71  or  «  baguette  »  ;  hongrois  nir  «  bouleau  »  ;  vogoule  n'ir,  nir 
((  verge  »  (Donner,  111,  [).  ly.i,  n"  927). 

IJepie  10.  Mar-zai-n /j/^///  de  ///r^vz/yv' c'est-à-dire  très  abon- 
dant, trop  abondant .  Le*  mot  esl  couiposé  de  zai,  que  Ion  vient 
de  voir  dans  snu-zai-n,  et  de  mar  mesure,  (\\\o  Ton  a  vu  plus 
haut  dans  mar-zac  (ligne  7,  i:;398). 

Tehamai  se  produire  \  voira  la  ligne  pré'cédente. 

ôiital  dépourvu  de  vitesse,  épithète  de  sac.  L'adjectif  6iital 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  335 

présente  une  formalion  tiès  particulière,  dont  la  trace  s'est 
conservée  dans  le  vogoiile  et  le  hongrois.  On  y  observe  le 
sntfixe  privatif-tal(5;  130  bis).  C'est  ainsi  que  l'on  a,  en  vogoule, 
par-lal  (.(  privé  d'oreilles,  sourd  »,  no-tal  >■<■  sansfemme,  C(3liba- 
taire  »,  tin-tal  «  sans  valeur  ».  En  hongrois  le  suffixe  est 
devenu  /a/  -a/*,  -tal-dn  ou  tl-an,  il-an.  Ex.  éô-tal-an  «  sans  sel  », 
às-tdl-aii  «  sans  raison»  (Bndenz-Simonyi,  p.  277;  Szinnyei, 
Fiîinisch-ugr.  Sprac/nr . ,  p.  105-107).  0ii  rowyvV  un  est  verbe 
que  l'on  a  déjà  rencontré  s^  313. 

Sac  étincelfe,  flamme,  thème  apparenté  à  celui  qui  a  donné 
le  finnois  sàk-e  «  étincelle  »,  sd/c-d-,  sdk-e-ÏU-  a  étincelcr, 
briller  ».  Le  bois  humide  ne  s'allume  que  par  endroits  et  la 
flamme  ne  se  propage  pas. 

405.  Ici  s'arrête  l'énumération  des  causes  qui  empêchent  le 
four  de  bien  fonctionner.  Yoici  maintenant  le  moyen  de  remé- 
dier aux  inconvénients. 

Riutuse  cun  zai  itialx  uscuv  lerlGnai  tul  <•'.?'>  le  fait 
de  nettoyer  est  tout  à  fait  eomplet  et  renouvelé,  F  air  passe  d'en 
bas  vif  d'élan,  c'est  à  dire  qu'il  y  a  un  tirage  énergique. 

Riu-t-u-s-e  nettoyer,  punjer  à  fond  est  un  verbe  formé  à 
l'aide  de  deux  suffixes,  le  suffixe  -t(§  87)  et  le  suffixe  -s 
(§  86),  avec  un  u  épenthétique.  Le  thème  *riu  correspond  à 
celui  qui  a  donné  le  finnois  raiv-a-  «  purger,  purifier  ».  L'in- 
finitif est  ici  employé  substantivement  (§  151)  et  sert  de  sujet 
au  verbe  «  être  »  sous  entendu  (§  161).  L'attribut  est  cun  zai. 
La  proposition  est  conditionnelle. 

Cun  supérieur,  adjectif  employé  adverbialement  (§  156,  1) 
et  faisant  l'office  de  particule  superlative  avec  le  sens  de  supé- 
rieureinent,  au  suprême  deyrc,  tout  à  fait.  Cf.  finnois  kon-o 
«  quelque  chose  qui  est  en  avant,  qui  fait  saillie  »  (Donner,  T, 
p.  72,  11°  245). 

Zai  complet  ;  voir  plus  haut  lignes  9  et  10,  §§  403,  404. 

It-ial-x  (^t  nouveau  d'addition  c'est  à  dire  et  renouvelé. 
Le -X  final  est  le  suffixe  de  coordination.  11  s'écrit  d'ordinaire 
par  un  -c,  mais  la  permutation  du  c  et  du  x  ^st  fréquente 
(§     68)   ;    on    a    d'ailleurs    dans    Pumplial-x    (§    229)     un 


33G  TUOISIKMK    PAFiTIE 

exemple  de  renclili(jue  coordiiialiicc  -y^.  Abstraction  faite  de  la 
désinence,  il  reste  le  composé  it-ial.  On  y  retrouve  d'abord 
le  thème  it,  que  Ton  a  vu  plus  haut  dans  it-na  (ulditioiuiel 
(ligne  6,  i;  '-VM).  On  y  retrouve  ensuite  le  llirme  ial-  non- 
î^pai/,  que  Ion  a  vu  dans  un-ial-t-i  sois  iiDurcau  (h  question 
(§  387). 

Us-cuv  foi'l  dvian.  Le  radical  us-  a  déjà  été  plusieurs 
l'ois  renconlré  ;  il  exprime  l'idée  (U;  projeclion,  risée,  atteinte 
d'ioi  but,  coup  lu'riis  (v^i;  33o,  367).  Quand  à  l'adjectif  cuv,  il 
correspond  au  liunois  Lop-e-u  «  superbe,  arrogant  »  ;  esthonien 
koh-c  «  fort,  ('nergi(|U(^  »  ;  hongrois  huc-éF-  «  orgueilleux  )> 
(Donner.  I,  p.  78,  n"  27G) . 

Le-ri9nai  tul  Pair  passe  <Ven  bas  ;  c'est  l'expression  (ju'on  a 
déjà  vue  à  la  ligne  î),  iU)\.  L(^  texie  de.  liiicheler  porle  seriGnai. 
Mais  c'est  certainement  leri6nai  (|u'il  faut  lire. 

406.  Lif/ur  11.  Tei  cizusie[sj  <^si^  la  cheminée  <^est^ 
ijrattct'^  c'est  à  dire  ranumée. 

Tei  clu'uiinéc  ;  voir  ligne  4,  §  393. 

CizusiejSj  (jrattc,  rauujuc.  Je  rétablis  par  conjeclure  la  der- 
nière letlre,  qui  ne  peut  pas  cire  un  a,  comme  le  porte  la  copie 
(le  liiicheler.  Le  mot  est  le  participe  passé  passif  (§  101)  d'un 
verbe  ciz-(u)-s-i-,  (|ui  est  formé  avec  deux  suffixes,  le  sulïîxe 
-S  (>^  8G)  et  le  sutlixe  -i  (§  81).  Le  thème  *ciz-  peut  être 
rapproché  du  linuois  kit-kc-  «  frotter,  gratter  »  (Donner,  I,  p. 
19,  n"  63\ 

Cun  siri  cimu  saprricurcuicut  crcpitc  le  /hnuboieuicnt  ;  c'est 
la  proposition  principale  après  la  proposition  conditionnelle; 
c'est  la  consé({uence  du  lamonage. 

Cun  supérieurement  ;  voir  à  la  ligne  précédente  §  405. 

Siri  crépiter,  cra(/uer  ;  cf.  linuois  sir-a,  sir-a-Jei-,  sir-i-s-e 
«  cré|)iter,  faire  un  petit  bruit,  ga/ouiller  »  (Donner,  I,  p,  186, 
n"  662). 

Cimu  le  fait  de  flamber^  la  /laudjée^  la  flamme.^  verbe  em- 
l)loyé  subslanlivoment  (^5  \^i\),  servant  de  sujet  à  siri.  Pour  le 
sens,   voir  ligne  4,  §392  cim-c-l-e-va. 

407.  Nun  «perie-e   isu  ma  zuslevai  la  chaleur  cjui  suit  le 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  337 

tourbillonnement  (jénéral  (des  flammes  dans  le  four)  <^esty> 
maintenant  splendide. 

Nun  (jénéral,  universel,  épithète  de  cperieS.  La  désinence 
est  le  suffixe  nominal  -n  (§  \  13),  comme  dans  he-n  {%  311)  et 
tri-n  (5;  338).  Pour  le  sens  du  thème  *nu,  voir  §  334 
nu-n0e-n-e. 

9erie-0  n  la  suite  du  fait  de  tourbillonner.  Le  point  de  départ 
est  marqué  par  le  suffixe  casuel  -6  (§  129,  11).  Le  verbe 
çper-i-e  est  formé  à  l'aide  du  suffixe  fréquentatif  -i  §  81).  Le 
thème  *9er-  peut  être  rapproché  du  vogoule  pèr-  «  tourner  »  ; 
cf.  finnois^j/?o?v7-  «  tourbillonner  »  ;  hongrois  for-og-  «  tourner  » 
(Budenz,  p.  o32,  n"  o62).  Le  tourbillon  dont  il  s'agit  est  celui 
que  font  les  flammes  dans  le  four  quand  il  est  bien  allumé  et 
qu'il  tire  bien. 

Is-u  le  fait  de  chauffer:  voir  le  dérivé  is-u-n-i  (ligne  4, 
v^  3!)3  .  Isu  est  le  sujet  du  verbe  «  être  »  sous-entendu  (§  161). 

Ma  maintenant  ;  voir  §  310. 

Zuslevai  splendide,  variante  graphique  de  zusleva  (§  333)  et 
zusleve    >;  370). 

408.  Ap  ire  nun  ver  <  v/!>  le  fait  d'être  mal  réglé  <^est^ 
absolument  te)iace,  c'est  à  dire  si,  en  dépit  de  toutes  les  précau- 
tions prises,  le  four  s'obstine  à  mal  marcher. 

Ap  ire  le  fait  d'être  mal  réglé,  infinitif  pris  substantivement 
(ii  loi),  sujet  du  verbe  «  être  ».  Pour  le  sens,  voir  ligne  8,  §  399 
ap  ir-a-s-e. 

Nun  total,  adjectif  pris  adverbialement  (156,1)  avec  le  sens 
de  en  totalité,  romplèteinent,  absolument.  Voir  plus  haut,  même 
ligne,  nun  «perieS. 

Y ev  tenace,  obstiné,  constant,  peut-être  rapproché  du  finnois 
ur-hc-a  «  courageux,  ferme,  i>iébranlable,  constant  ».  Pour  le 
V  initial,  voir  i;  73. 

la  v6  le9a  ium  vacil  <isï^  le  fait  de  chau/fcr  à  nouveau 
n'est  pas  tout  à  fait  convenable,  c'est  à  dire  si,  après  avoir 
bien  nettoyé  le  four,  on  constate,  en  le  rallumant,  qu'il  ne 
chauffe  pas  comme  il  devrait  chaulVcr. 

Ligne  /!^.  I-a  ne  pas  être  est  l'auxiliaire  négatif  qui  détruit 

•21 


338  l'I'.OISlÈME    l'AIlTllî 

l'uflirmaliou  le9a...  vacil.  (l'est  r<uixiliairo  qiio  Ton  a  déjà 
plusieurs  l'ois  roucouiré,  soit  sous  la  forme  i-pa,  soit  sous  la 
lomic  i-n  ou  i-n-pa  (voir  .i;^  19-25  ;  245,  254,  294,  301, 
316). 

V6  nouveau^  épilhèle  de  leOa.  Le  mot  correspond  au  finnois 
nie  (r/si)  «  nouveau,  récent  »  ;  cl-  ml-e-sta  »  de  nouveau  » 
(Budenz,  p.  864,  n"  961).  Pour  le  v  initial,  voir  §  73  et  à  la 
l'uinr  II   :  ver. 

Leôa  II'  fait  d'hrc  chaud,  infinitif  employé  substantivement 
et  sujt'l  (lu  verbe  «  être  »  sous-entendu  (§  161).  Pour  le  sens, 
voir  leG-a-m  (ligne  3,  >:;  391). 

lum  vacil  lout  à  [ail  cjuivrnahlc  i*our  le  sens  de  vacil,  voir 
iKjmt  4,  i^.  393.  lum  signifie  proprement  hini  et  fait  ici  roliice 
d'une  particule  adverbiale  superlative.  Le  mot  est  apparenté  au 
vogoule  yV^y/i-rtv  «  bon  »  ;  cf.  hongrois  yo  ;  ostiak  jem  (Budenz, 
p.  146,  n°  173). 

409.  la  leôam  sul  nuii6  eri  vacil  <.v/>  le  four  n  est  pas  en 
totalité  remai'ijuablcmcnt  bon,  cest-à-dire  si  lout  ne  fonc- 
tionne pas  parfaitement. 

la  n'existe  pas,  auxiliaire  négatif;  voir  au  débul  de  la  ligne. 
Ce  qui  n'existe  [»as  c'est  l'allirmalion  contenue  tians  la  [)ropo- 
sition  qui  suil,  dont  leOaiïi  sul  est  le  sujet  et  dont  le  verbe 
V  èlre  »  n'est  pas  exj)rimé  (s^  161). 

Le6am  sul    le  four  ;  voir  ligne  3,  i;  391  . 

"Vacil  bon,  ronrenablc,  voir  même  ligne  ium  vacil.  i^alhi- 
but  vacil  est  modifié  par  l'adjeclif  eri  extraordinaire  pris 
adverbialement  (!:5l56,  1)  et  qui  lui-même  est  modilié  par  l'ab- 
verbe  nun-6  totalement.  Pour  le  sens  de  eri,  voii'  ais-er-as 
(§  267).  Pour  le  sens  de  nunO,  voir  i^v;  354,  407.  Dans  l'adverbe 
nun-G,  la  (b'sinence  est  le  sutlixo  casuel  -9  (§  12!l,  ii"  11). 

la  riônai  <^c'est  que^  il  )î existe  pas  de  courant  d'air.  Pour 
le  sens  de  lavoir  plus  haut,  même  ligne.  Pour  le  sens  de  ri6nai 
passer,  courir,  aller  vite  (ligne  9,  i;  402). 

410.  Tae  6a9enei  <^Mais  rjuey-  l'ourrier  <isoit>  (jrand  d'en}- 
pre.sse))ient,  cesl-à-dire  de  surceillance.  Puisque  le  mauvais 
fonctionnement  du  four  vient  d'un  défaut  de  tirage,  l'ouvrier 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  339 

doit  donner  de  l'air,   mais  bien  se   garder  d'en  donner  trop  et 
trop  vite. 

Tae  peut  être  considéré  comme  l'équivalent  de  tai,  puisque 
le  prénom  Cai  s'écrit  quelquefois  Cae.  Or  tai  peut  è(re  rappro- 
ché du  finnois  tai-t.a-  «  })Ouvoir,  savoir  »  ;  cf.  vogoule  taj-  «  être 
possible,  être  digne,  convenir  à,  avoir  la  faculté  de  »  (Ikidenz, 
p.  251,  n"  259  ;  Donner,  J,  p.  M8,  n"  423).  Tae,  c'est  Vhomme 
capable^  c'est-à-dire,  en  l'espèce,  le  potier. 

0a9e-n-ei  grand  d' empressement.,  c'est-à-dire  très  attentif ,  mot 
composé  de  ei  grand  (voir  §  203  et  §  356  estr-ei,  al«paz-ei)  et 
du  radical  verbal  GaS-e-n-,  qui  est  formé  à  l'aide  du  suffixe  -n 
(§  84).  Le  thème  *ea6-  j)eut  être  rapproché  du  finnois  hdt-i-  «  se 
presser,  se  hâter»;  cf.  hdtd  «  hàle,  presse,  situation  critique  ». 
Dans  la  proposition  tae  GaGenei  il  y  a  ellipse  du  verbe  «  être  » 
(§  IGt).  D'après  le  contexte,  il  semble  que  cette  proposition 
doive  être  entendue  au  sens  impératif. 

411.  Ligne  13.  Caper  pricelu  tule  <.5'2>  V aération  s' en- 
gouffre extraordinaire  de  tirant. 

Cap-er  extraordinaire  de  tirant,  adjectif  composé  de  er  dis- 
joint, à  part,  extraordinaire  (cf.  §  267  ais-er-as;  §  409  eri)  et 
de  cap-,  saisir,  entraîner,  arraclier,  radical  verbal  apparenté 
au  finnois  kappa-  «  saisir,  arracher,  entraîner  »  (Donner,  T, 
p.  80,  n°  282);  cf.  i?  336  cape-ri. 

Pricelu,  s  introduire,  s'engouffrer,  peut  être  considéré  comme 
ré([uivalent  de  *pri-c-l-u,  c'est-à-dire  comme  le  radical  verbal 
pr-,  e;^/rer  (voir  plus  haut  ligne  8,  §  401  pr-i),  augmenté  du 
suffixe  double  -c-1  (i^  90;  cf.  ,^  238  muni-cl-ee). 

^\)\Çi  faire  du  vent;  voir  plus  haut,  ligne  8,  §  399.  L'infinitif 
est  pris  substantivement  et  sert  de  sujet  au  verbe  pricelu 
(§  151).  La  proj)osition  paraît  devoir  être  prise  au  sens  condi- 
tionnel. 

Ap  irase  unial  fituO  <si>  la  flamnic  produite  par  le  cou- 
rant d'air  est  mal  réglée.  Etant  donné  le  contexte,  il  est  pro- 
bable que  cette  proposition  est  aussi  conditionnelle. , 

Ap  irase  est  mal  réglé,  mal  ordonné  ;  voir  plus  haut,  ligne  8, 
§  399. 


340  TROISIÈME    PARTIE 

Uni-al  jirovrnanl  dn  sou//lc  (Va'ir.  La  désinence  -al  esl  le 
siillixe  (.'asuel  ox{)rimaiit  l'origine  (§  129,  1).  Uni  est  apj)a- 
renté  au  finnois  o/*/v'/^  (nom.  onfjc)  «  souille  léger  ».  Unial  est 
comme  répitlièle  de  fitu6. 

Fit-u-e  flamme,  substantif  formé  à  laide  du  siillixe  nominal 
-6  (§  120)  et  dérivé  d'un  radical  verbal  fit-,  lequel  dérive  lui- 
même  du  Ibème  *fi  à  l'aide  du  suffixe  -t  (§  87).  Le  thème  *fi 
est  apparenté  à  celui  qui  a  donné  le  hongrois  fè-n'  «  éclat, 
lueur  »  ;  cl",  finnois  pai-vd  «  soleil,  jour  »  ;  pai-sta-  «  briller  »  ; 
zyrénien  bi  «  feu  »  (Budenz,  p.  513,  n"  540). 

412.  TaeseiuBce.  La  lecture  n'est  pas  certaine.  Il  n'y  a 
pas  à  cJKM'chei'  dinterprétalion. 

Ei  isum  unial  une  grande  chaleur  <i_est'^  résultant  du  cou- 
rant (Tair.  Il  y  a  ellipse  du  verbe  «  être  »  (§  161).  Pour  le  sens 
de  ei  (jrand,  voir  §  203  et  plus  haut  §  410  GaGen-ei. 

Is-u-m  chaleur  csïnn  sul)stantif  verbal  en  -m  (§  111),  formé 
comme  vin-u-m  (§  331),  tri-n-u-m  (§  363).  Pour  le  sens  de 
is-u  chauffer,  voir  ligne  4,  ij  393  is-u-ni  ;  ligne  8,  §  399  is- 
vei. 

Xini-al  ]rrorenant  du  courant  d'air;  voir  plus  haut,  môme 
ligne. 

413.  ©ara  epn  la  construction  craque.  Le  verbe  Gara,  se  dila- 
ter, craijuer,  esl  apparenté  au  liiinois  haro  «  état  de  bifurca- 
tion »,  hdra  «  rauieaux,  branches  divergentes  ». 

Ligne  14.  Ep-nA'  bâtis,  la  construction,  c'est-à-dire  la  maçon- 
nerie du  four.  L(!  mot  esl  lormé  à  l'aide  du  suffixe  nominal  -n 
(§  113).  1!  est  à  rapprocher  du  hongrois  cp-it-  «  construire,  édi- 
fier »,  ép-ûlàt  ((  bâtiment  »  (I>udenz,  p.  790,  n"  859)  ;  cf.  §  312 
ep-1  sur  la  pierre. 

Ic-ei  nunG  cucii-ei  //  <icst'^  grand  de  fssures,  coinplctement 
gondolé.  L'extrême  chaleur  a  dilalé  et  déformé  les  parois  du 
four,  qui  ont  craqué  par  endroits. 

Ic-ei  grand  de  fissures,  adjectif  composé  de  ei  grand  {voir  h 
à  la  ligne  précédente  ei  isum)  cl  de  ic-  se  diviser,  se  fendre 
(cf.  ligne  4,  §  393).  Le  sujet  dt;  la  proposition  esl  epn  sous- 
entendu.  Il  y  a  ellipse  du  verbe  «  être  »  (^  161). 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  341 

Nun6  en  totalité;  voir  ligne  12,  §  409. 

Cucii-ei.  Je  traduis  par  f/o/)doIé;\Q  sens  propre  est  qrand  de 
courbure.  On  retrouve  Y i\A]('c[\i  ei  grand  [cï .  ic-ei).  Le  radical 
cucii-  peut  être  assimilé  à  un  radical  *cuc-j-  (voir  §  oo  Caiia), 
c'est-à-dire  à  un  thème  *cuc-  augmenté  du  suffixe  verbal  -j  ou 
-i  (§  81).  Pour  le  sens  du  thème  *cuc,  cf.  finnois  kuk-kii  «  état 
accroupi,  flexion  des  jambes  »  ;  kiihii,  «■  courbé,  bossu  »,  kuk-rd. 
«  bosse  ». 

Tur  zai  xiiïi-ri  Je  cri  <Cest^  plein  (=  à  pleine  voix)  :  mal- 
tieur!  C'est  ou  le  cri  de  colère  du  patron  contre  l'ouvrier  négli- 
gent, ou  le  cri  de  désespoir  de  l'ouvrier  s'apercevant  du  dom- 
mage. 

Tur  cri,  appel;  voir  §  258  tur-ce;  §  371. 
Zâi plein,  c'est-à-dire  à  pleine  voix;  pour  le  sens  de  zai,  voir 
lignes  9  et  10,  §§  403,  404  et  40o. 

Xim-ri.  La  lettre  m  est  donnée  comme  incertaine  par  Bii- 
cheler.  Xim-ri  convient  bien  au  sens.  On  a  déjà  vu  les  formes 
xim  (§  378)  xini-8  (§  318)  xim-O-m  (§  298).  L'idée  exprimée 
est  celle  de  ruine,  malheur.  Ici  xina-ri  peut  être  entendu 
comme  l'adjectif  xiiïi?  augmenté  du  suffixe  -ri  §  129,  7).  Le 
sens  propre  est  :  pour  <^être^  malheureux!,  c'est-à-dire 
quelque  chose  comme  l'exclamation  malheur! 

414.  Tae  itiiane  alxa  per  tule  a<pes  ilucu  <5i>  pendant 
que  l'ouvrier  est  persistant  [d'attention)  commence  une  ventila- 
tion forte,  <^si^  elle  est  tant  soit  peu  mauvaise .  Il  y  a  deux 
propositions  conditionnelles  juxtaposées.  Après  avoir  montré 
où  peut  conduire  une  distraction  de  l'ouvrier,  on  montre  main- 
tenant combien,  avec  un  peu  d'attention,  on  peut  enrayer  un 
tirage  dan2:ereux. 

Tae  itiia-ne  pendant  que  l'ouvrier  persiste,  proposition  su- 
bordonnée, qui  est  mar([uée  par  l'addition  du  suffixe  comit.itif 
-ne  (5;  129,  n°  4)  au  verbe  itiia.  Ce  verbe  est  formé  à  l'aide  du 
suffixe  -i  (§  81),  doublé  comme  dans  cucii-ei  (même  ligne). 
Le  thème  it-  est  celui  (|ue  l'on  a  vu  plus  haut  dans  it-na 
(ligne  G,  ^  397)  et  dans  it-ialx  (ligne  10,  §  405).  L'idée  est 
celle  d'addition  et  de   continuation.  Le  finnois  jat-ka  signifie 


342  TROISIÈME    PARTIE 

«  ajoulor,  poui'suivro,  conliiiuor  ».  La  conliiiKalion,  dont  il 
s'agil  ici.  iit^  piMiL  rire  que  celle  d(*  la  surveillance. 

Alxa  per  tule  <si>  commencr  une  vmtilalion  éneryùpte. 

Alx-a,  lumtticiicer,  peut  èlre  rapproché  du  finnois  al-Jai 
(.  début  »,  alha-  «  commencer  ».  Le  sujet  est  le  verbe  tule, 
pris  subslautivement   (§    151)   el  ([ui  est  (Qualifié  par  fadjeclif 

per. 

Per  fort,  éncrqlqiif ;  cf.  linnuis  p'ir-a-hlia  «  robuste,  l'ermc, 
dur,  vigoureux,  solide.  » 

Tule  faire  du  vent:  voir  ligne  8,  §  399. 

Acpes  diminué,  participe  passé  passif  en  -es  (§  101)  du  verbe 
acp-  ou  af-,  que  l'on  a  vu  plus  haut  (§  322)  sous  la  forme  af- 
U-n  duiriniition  des  forces^  dreroissance,  langueur.  L'adjectif 
verbal  a<p-es  csl  pris  adverbialement  avec  le  sens  de  le  moins, 
tant  soit  pra. 

Ilucu  rtre  maurais  (voir  ligne  8,  §  iOO).  Le  sujet  est  toujours 
le  verbe  tule,  pris  subslanlivcmient. 

415.  Vacil  zuxne  el  fari6nai  conrcnahlement  (c'est-à-dire 
comme  il  faut)  est  comprimé  le  passaç/e  (fair  impétueux.  C'est 
l'cxplicalion  de  ce  qui  précède.  Quand  l'ouvrier  est  attentif,  il 
peut,  au  moment  voulu,  faire  le  nécessaire  pour  tempérer  l'ex- 
cès du  tirage. 

"Vacil  courenaldement,  adjectif  employé  comme  adverbe. 
Voir  plus  haut   ligne  4,  §  393. 

Zux-n-e  être  obstrué,  comprimé^  verbe  formé  avec  le  sullixe 
d(î  dérivation  -n  (§  84).  Le  thème  *zux-  est  apparenté  au  fin- 
nois tdk-dlitn-.  toh-di-stn-  «  [)ousser.  itoui-rer,  obstruer  ».  l'itanl 
donné  la  permutation  fréquente  du  c  et  du  x  i§  68),  zux-n-e 
peut  être  rapproché  de  zuc-i  (v^  312).  Pour  le  z  initial,  voir 
§  72). 

Lif/nc  15.  El  impétueux,  rinic/i/,  ndjectif,  ('pillièle  de  farlQ- 
nai.  Pour  le  sens  voir  s;  3()7  el-uri  faire  effort  de  riidenxe. 

Farienai  le  passcuie  d\in\  verbe  eui|)loyé  substantivement 
^^5  I.'JI  ,  comme  sujet  de  zuxne.  Le  mot  se  décompose  en 
fa  :  rienai.  Pour  le  sens  de  riGnai  voir  ligne  9,  >;  402.  l'our  le 
sens  de  fa-  souffler,  voir  §  306  fa-vi-ti-c. 


TEXTES  TRADUITS  ET  COMMENTÉS  343 

Tul  trs  le  vent  <i?y/>  sans  danger.  Pour  le  sens  de  tul, 
voir  ligne  9,  §  402.  Le  vent  désigne  ici  un  courant  d'air  vif,  un 
bon  tirage.  Le  tirage  peut  et  doit  être  en  elïet  très  actif;  mais 
s'il  est  constamment  surveillé,  il  n'y  a  aucun  danger. 

Tr-s  signifie  proprement  salutaire.  L'adjectif  est  formé  à 
l'aide  du  suffixe  nominal  -s  (§  M7).  On  peut  le  rapprocher  du 
linnois  ter-ve  «  en  i)onne  santé  »  ;  ter-vc-llinen  «  salubre,  salu- 
f.iire  »  ;  ter-ho,  bon  vent,  vent  doux. 

416.  Vanec  calus  zuslevaetui  (?)  et  puis  <isi.y>  une  chose 
nécessaire  est  oubliée.^  <^sois^,  absolument  sévère  ('?). 

Vane-c  est  oublié  ;  la  désinence  est  le  suffixe  de  coordination 
-c  (§  15i).  Pour  le  verbe  van-e,  voir  plus  haut  van-i-es  (ligne 
9,  §401). 

Cal-u-s  chose  nécessaire,  substantif  formé  à  l'aide  du  suf- 
fixe nominal  -s  (§  117)  et  dérivé  du  verbe  cal-u,  être  nécessaire 
(voir§  303\ 

ZuslevaGtui.  Dans  ce  groupe  on  isole  aisément  l'adjectif 
zusleva  ou  zuslevai  (cf.  ligne  11),  qui  signifie  splendide,  remar- 
quable (§  333).  Mais  ce  qui  suit  est  incertain.  Peut  être  y  a-t-il 
là  quelque  recommandation  impérative  :  <^sois^  absolument 
sévère  (?),  l'adjectif  zusleva  étant  employé  au  sens  adverbial 
(§  156,  1). 

417.  Nem  ravinaie  à  partir  du  moment  oii  l'attention  oscille, 
c'est-à-diie  aussitôt  que  l attention  est  flottante,  en  d'autres 
termes  «  la  moindre  distraction.  C'est  une  proposition  subor- 
donnée (§  164),  dont  le  sujet  est  nem  et  dont  le  verbe  ravinai 
est  pourvu  du  suffixe  casuel  -6  (§  129,  11)  marquant  le  point 
de  dé' pari. 

Nem  attention,  est  apparenté  au  finnois  nam-i-tta-  «  exhor- 
ter, avertir  »  ;  cf.  lapon  nam-a-s  «  vif,  pénétrant  »  ;  vogoule 
n'j.m-  «  mentionner,  rappeler  »,  ny.m-i-s-  «  penser,  réfléchir  »  ; 
osliak  )i(im-a-s  «  rétlexion  »  (lîudcii/.,  p.  788,  n"  855  ;  Donnei', 
Jll,  p.  81,  n°  964). 

Ravinai-6,  abstraction  failc  du  suffixe  casuel  -0,  il  resle 
un  verbe  rav-in-ai,  avec  la  mènic  désinence  que  le  verbe 
leri6n-ai   (ligne  9,   §  402).   Le  radical   rav-in-,   formé   avec 


344  thoisikmf:  paiitie 

le  sufHxc  (le  de'rivalion  -n,  -in  (§  84),  se  rattache  à  un  Ihème 
*rav,  qui  exprime  une  itJtMï  de  «  mouvement  vague,  balan- 
cement, oscillalion  »  ;  cf.  finnois  rap-a-'its-  «  se  balancer, 
osciller  »  (Donner,  lit,  p.  144,  n^  1036). 

Acasa  9es  relate  brusquement  une  apostrophe. 

Aca-s-a  rtrr  brusque^  soudain,  verbe  formi'  ù  l'aiilc  du  suf- 
lixo  (le  ({('rivalioii  -s  (>;  86"),  comme  plus  haut  ir-a-s-e  (ligne  8, 
§  399).  Le  llirme  ac  est  celui  (|U('  Ion  a  déjà  vu  dans  le  com- 
po>(^  est-ac  brusque  de  chute  (i;  321),  ainsi  (|iie  dans  les  adjec- 
tifs ac-il  ;:;  210  el  ac-as  ij  2'>2  ;  voir  ci-dessus,  ligue  4,  i;  392 
ac-as-ri;. 

Oes  appel,  apostrophe,  sujet  de  acasa.  On  a  (b'jà  rencoulré  ce 
thème  sous  les  formes  Bes-n-i-n  (§  361),  Ges-a-n  (§  365),  Bes- 
a-ne  (l:^  367),  qui  toutes  expriment  une  idée  (V appel  ou  iVinvo- 
cation.W  s'agit  ici  des  apostrophes  brusques  du  potier  à  l'adresse 
des  esclaves  chargés  de  faire  aller  le  four.  Ce  qui  suit  indique 
(|uelques-unes  de  ces  apostrophes. 

418.  Ligne  16.  Ci  tar-ti  ria  ouvre  le  Joneq  des  deux  côtés  !  il 
s'agit  des  bouches  daération.  On  a  ih'jà  vu  celte  formule 
ligne  3,  §  392. 

Ci  fir  zain  les  deux  derniers!  pleinemott  !  il  s'agit  dos  deux 
derniers  trous,  (|u"il    faut  ouvrir  tout  grands. 

Ci  deux  ;  voir  ligne  3,  §  392. 

Fir  dernier,  proprement  ce  qui  est  en  arrière,  ce  qui  rient 
après,  est  l'équivalent  du  finnois  perd  «  postérieur  ».  On  a  déjà 
rencontré  ce  thème  dans  le  dérivé  firin  en  arrière,  au  contraire 
(§3761. 

Zai-n  est  l'adjectif  zai  |)lein  (s:;  403,  40i,  405,  413),  pourvu 
du  suilixe  casuel  -n  (§  129,  5),  qui  lui  donne  une  valeur 
adverbiale  (§  156,  2). 

Is-ai  chauffe!,  impératif  du  verbe  is-ai  chauffer.  La  dési- 
nence est  la  même  que  dans  leriSnai  (ligne  9,  §  402).  Pour  le 
sens,  voir  is-u-n-i  (ligue  4,  i;  3!)3). 

Tula  soujjh'!  encore  un  im|)(''ralif.  Il  s'agit  ^q  faire  du  rent, 
de  fhjnner  de  l'air,  ])0ur  activer  le  tirage. 

419.  Snenatiuras  travaiuser  hivus    |)araissent   être   des 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMMENTÉS  34S 

apostrophes  qui  accompagnent  les  injonctions.  Ce  qui  le  fait 
croire,  c'est  que  les  mêmes  mots  reviennent  à  la  ligne  sui- 
vante, dans  un  ordre  différent;  ils  sont  donc  grammaticale- 
ment indépendants  les  uns  des  autres.  Dans  snenat-iuras  on 
retrouve  le  substantif  iur-as,  cercle^  rond,  circuit,  enclos,  que 
Ton  a  vu  dans  evit-iuras  (§  306).  Il  est  possible  qu'ici  iuras 
ait  le  sens  de  houle  et  soit  une  façon  injurieuse  de  désigner 
la  tête.  Quant  à  sne-nat  ou  sne-nt-,  c'est  un  verbe  formé  à 
laide  du  suffixe  double  de  dérivation  -nt  (§  93)  ;  il  dérive  d'un 
thème  *sne,  ou  *sn,  que  l'on  peut  rapprocber  du  hongrois 
sunri  ((  saleté,  ordure  »  (Budenz,  p.  291,  n"  292').  Le  verbe 
*sne-nt-  signifierait  àono,  salir,  et  l'on  aurait  pour  snenat-iuras 
un  sens  comme  réceptacle  à  ordure  ou  boule  de  saleté. 

Travaiu-ser  paraît  être  une  injure  analogue  à  la  précé- 
dente. La  première  partie  du  mot  est  obscure.  La  fin  ser  est 
peut-être  à  rapprocher  du  hongrois  sxr  «  excrément  »  (Budenz, 
p.  278,  n"  278). 

420.  Hivus,  nifusc  riGnai  fainéant  et  brute  dépêche-toi. 
Pour  le  sens  de  ri0nai  courir,  aller  vite,  voir  ligne  9,  §  402. 
Cela  s'adresse  toujours  à  l'esclave. 

Hiv-u-s,  fainéant,  est  un  adjectif  formé  avec  le  suffixe 
nominal  -s  (§  117).  Le  thème  *hiv  est  à  rapprocher  du  finnois 
vaipu  ((  n'en  pouvoir  plus,  être  à  bout  de  forces  ».  Pour  l'h  ini- 
tial, voir  §  74. 

Nif-u-s-c  est  un  adjectif  coordonné  au  précédent  par  l'en- 
clitique -c,  et  formé  de  même  avec  le  suffixe  nominal  -s 
(§  117).  Il  est  apparenté  au  finnois  nippo  «  caractère  morose, 
désagréable  ».  Je  traduis  par  brute:  mais  ce  n'est  évidemment 
qu'un  à  peu  près. 

Lif/ne  17.  Tula  soufjle,  fainéant  ;  pour  tula  voir  plus  haut 
§  399.  L'esclave  n'allant  pas  assez  vite,  le  cbef  accumule  de 
nouveau  les  injures  hivus,  travaiuser,  snenatiuras. 

Entre  les  lignes  17  et  18,  une  raie  liorizontale  est  tracée,  qui 
indique  un  nouveau  paragraphe. 

421.  Li(jne  18.  Isvei  tule  ilucve  <v'//  y  a>  manque  de 
chaleur,  si  la  ventilation  <^est'y  mauvaise  ;  voir  la  même  for- 
mule plus  haut,  ligne  8,  §  399. 


3i()  THOISIÈME    PARTIE 

An  puiv  larunis,  roici  h.  ninijcn  de  connaissance  préférable. 

An  roiri  :  cf.  ^;^  225,  240,  376,  388. 

Puiv  la  lin  (lu  mot  est  d'une  lecture  incertaine.  Peul-êlre 
est  ce  puii  ([u'il  faut  lire,  comme  à  la  ligne  suivante.  Le  radi- 
cal est  le  même  que  celui  de  puia  cniutir,  chérie,  aimée  (§  208). 
De  là  le  sens  de  désirable,  préférable. 

Laru-ns  moijen  de  reconnaître  [le  mal).  Le  mot  signilie  pro- 
premeul  qui  fait  connaître,  j^a  désinence  est  le  suHixe  nominal 
-ns  (1^  115),  que  l'on  a  déjà  vu  dans  sia-ns  (§  243).  Le  radical 
verbal  lar-u-  se  rattache  au  thème  lar-  connaître  ou  être 
connu  ;  et.  sj  308  lar-e-zuL 

Ilucu  eux  ^^^  [trotabérance  <^est  mauvaise^ .  Pour  le  sens  de 
ilucu,  voir  ligne  8,  !^  400.  On  a  déjà  vu  le  substantif  0ux  signi- 
lianl  protubérance,  épaule  (§  302).  La  protubérance,  dont  il  est 
ici  question,  est  la  jonction  du  four  horizontal  et  de  la  chemi- 
née verticale.  Celte  jonction  l'orme  un  angle.  Nous  disons  un 
coude.  On  pourrait  dire  tout  aussi  bien  une  épaule.  Le  ))ioyen 
de  reconnaître  [le  mal)  consiste  à  regardci'  si  le  coud(»  du  tour 
est  en  bon  état. 

422.  Sin  ticpu  rial  x^es  xa6  douceme/it  suinte  un  résidu 
c/ras,  f/ui  sort  d' un  trou. 

Sin  doucement,  adjectif  pris  adverbialement  (§  150,  1). 
Pour  le  sens,  voir  î^  357. 

T!i<^Vi  suinter.  Le  texte  de  Biicheler  porte  tiSu.  Je  conjecture 
ticpu.  \a'  0  archaïque  et  le  9  peuvent  aisément  être  confondus. 
Le  verbe  ti<p-u  est  à  rapprocher  du  finnois  tipp-a  «  goutte  », 
tii)-u  «  dégoutter,  suinter  »  (lUideH/,  [).  3G5,  n"  38G;  Donner,  I, 
p.  149,  n"535). 

"Ri-dX  provenant  d' un  trou;  la  désinence  est  le  sutfixe  casuel 
mai(|nanl  lOrigini»  (i;  120,  1).  Pour  le  sens  de  ri  ouverture, 
Voir  ligiu'  3,  i^  392  ri-a. 

Xu-es  graissé,  gras,  c'esl;-à-dii-e  probablement  épais  (comme 
une  sorte  de  goudron);  x^-ôs  esl  le  partici|)e  |)assé  passif  d'un 
verbe  *xu-/apparenté  au  finnois /v7  0  gras  »  ;  cf.  hongrois ///'-;- 
«  devenir  gras  »  ;  vogoule  l;C)-t-  «  id  ":  iimi-dvine  Inij-a  «  gras  » 
(Buden/.,  p.  70,  n"  92;  Donner.  I.   j..  !l,  n"  31). 


TEXTES    TRADUITS    ET    COMxMENTÉS  347 

Xa6,  résidu^  peut  être  rapproché  du  finnois  kado-  «  se 
perdre  »  ;  cf.  hongrois  hy.f/-  «  laisser  »,  Irj.g'-H-  «  rejeter  »  ; 
inordvine  kadi-  «  laisser  »  (Budenz,  p.  67,  n"  91  ;  Donner,  I, 
p.  13,  n°  48). 

423.  Sanulis  mulu  //  sort  de  plus  en  plus  noir.  Sanu-lis 
est  composé  de  sanu-  rire  noir  de  charbon  eL  de  lis  qui  nug- 
mente.  Pour  le  sens  de  san-u-  cf.  honi^rois  sén  «  charbon  » 
(Budenz,  p.  290,  n°  291).  Pour  le  sens  de  lis,  cf.  finnois  Usa 
«  addition».  Usa- a  augmenter,  additionner  ».  Nous  avons  déjà 
rencontré  le  même  thème  lis  dans  a6e-lis  yv///.y  doux  (§  368). 

Mul-u  passer,  s'en  aller,  sortir;  autre  formation  du  thème 
verbal  mul-,  que  l'on  a  vu  plus  haut  dans  roxl-di.  partir  (§  334). 
Le  sujet  est  toujours  xa6« 

Ligne  19.  Rizile  ziz  le  socle  est  mouillé,  c'est-à-dire  que  le 
suintement  fait  une  traînée  sur  le  corps  du  four,  lequel  est 
comme  le  socle  de  la  cheminée.  Pour  le  sens  de  rizile  être 
mouillé,  voir  plus  haut  ligne  5,  §  393. 

Ziz  socle  proprement  digue,  amas,  masse,  sens  que  donne  le 
finnois  tutil,  qui  est  l'équivalent  phonétique  de  ziz  (voir  §  72). 

Ri  in  puii  un  trou  n  étant  pas  une  chose  qui  est  désirable, 
c'est-à-dire  un  trou  ri  étant  pas  une  bonne  chose. 

'R\trou;\oïv  plus  haut  ri-al  (ligne  18,  >^  422). 

I-n,  par  le  fait  que  nest  pas,  verbe  négatif  augmenté  du 
suffixe  causatif;  -n  (§  129,  o)  ;  pour  la  forme  in,  voir  §§  246, 
301,  316,  370;  cf.  §  294  i-n-pa 

"Pu-ii  chose  qui  est  désirable.  Voir  plus  haut  ligne  18,  §  421. 

424.  An  acas  rizi  voici  que  vite  <^s'il^  se  mouille  (c'est-à-d. 
suinte);  le  sujet  est  ri  le  trou.  Etant  donné  le  contexte,  la  pro- 
position ne  peut  guère  ôtre  entendue  qu'au  sens  conditionnel. 

An  voici,  voir  plus  haut,  ligne  18,  §  421 . 

Acas  rapide  soudain,  adjectif  pris  ici  adverbialement  (ïj  l.')(), 
1)  et  qui  renforce  le  sens  de  an.  Pour  le  sens,  la  formule  an 
acas  équivaut  à  notre  conjonction  aussitôt  que. 

Man  tule  le6am,  sul  petitement  tire  le  four.  Dès  qu'il  y  a 
un  trou  ou  une  feule,  le  tirage  du  four  est  moins  bon.  Tous  les 
mots  de  cette  phrase  sont  déjà  connus,  msinpetit  par  les  §§  211, 


348  TROISIÈME    PARTIE 

300,  305,  424,  tule  par  les  §§  399,  411,  414,  421,  424,  leGam 
sul  par  les  §§391,  398,  399. 

La  lin  du  paragraphe  n'est  pas  dune  lecture  assez  sûre  ponr 
qu'on  puisse  l'inlerpréter.  Deux  mots  seulement  sont  bien 
nets  :  d'abord  ilucu  rire  mauvais  (voir  §  400),  qui  fait  allusion 
H  ce  qu'il  peut  y  avoir  de  défectueux  dans  le  four;  ensuite 
nuu6  eri  (à  la  fin  du  paragraphe),  qui  signifie  enlirrcmcnt  par- 
fait (voir  ligne  12,  §  409),  et  qui  probablement  fait  allusion  à 
une  réparation  faite. 

Le  texte  contient  encore  un  certain  nombre  de  lignes.  Mais 
elles  sont  incomplètes  et  en  fort  mauvais  état. 


QUATRIÈME   PARTIE 


DICTIONNAIRE   ÉTYMOLOGIQUE 


Ce  diclionnaire  ne  contient  pas  tous  les  mots  étrusques  connus.  Il 
ne  donne  que  les  plus  usuels,  ceux  dont  le  sens  peut  être  établi  avec 
vraisemblance. 

Tous  les  mots  d'une  même  origine  sont  groupés  sous  la  rubrique 
de  la  racine  dont  ils  sont  le  développement.  La  racine  est  la  syl- 
labe initiale,  qui  demeure  après  l'élimination  de  tous  les  suffixes 
(§  78).  C'est  le  résidu  irréductible  commun  à  une  série  de  vocables. 

A  la  suite  de  chaque  article,  et  en  plus  petit  texte,  sont  indiqués 
les  mots  ougro-finnois  qui  servent  de  points  de  comparaison  et  qui 
permettent  de  déterminer  la  signitication  des  termes  étrusques.  Ces 
rapprochements  sont  faits  conformément  aux  règles  exposées  dans 
le  Précis  g rammalical  §§  G0-12i. 

Tous  les  textes  étant  transcrits  en  caractères  ordinaires,  il  a  paru 
inutile  de  conserver  l'ordre  de  l'alphabet  étrusque  (F.  243G).  L'ordre 
suivi  est  celui  de  notre  alphabet.  Les  aspirées  X  ^^  ®  ^^"^^  placées 
chacune  immédiatement  après  la  sourde  correspondante,  le  ^  après 
le  c,  le  6  après  le  t.  Le  cp  est  réuni  à  l'f. 


a-n(F.    2327"''-6;233o,  2600«a;  C.  408-2,  loi  1  ;  Krall,   II,    i,  9  ;  III, 
15;  IV,   17;    VU,  7;  XII,  H;  Capoue,  1.   18,   19)  —   §§  2->o,  240, 


350  QUATRIÈME    PARTIE 

370,  388,   -421,    i^i    =    ici,     mici;    la    désinence    est    le     sullixe 

casuel  -n  (^   129,  5)  servant  ici  à  former  un  adverbe  (§  150,  2). 
a-n-c  (F.  I,  387) —  §    220  =  d  ici.  La  désinence  esl  i'enclilicine  de 

coortlinalion    c. 
a-n-n-a-t  (F.    III,  391)  —  !;i  28i  =  ici  maiulcuiml:  annat  esl  pour 

an-at    :   dans  la    même    inscription   tous   les    n   sont   doublés. 

A-n-a-t  est  la  juxlaposilion  de  dciw  adverbes,  radveri)e  a-n  et 

l'adverbe    a-t,  dont  l'un  a  probablement  une  valeur  temporelle. 

(Pour  le  t,  voir  Szinnyei,  Finn.  lujr .  S])rach/('.,  p.  73). 
a-t;  voir  le  précédent. 
a-ti  (F.  I,  430%  Ga.  789)  —  i^j  197  =  le  lotuj  de  celui-ci.  Pour  le  suf- 

lixe  casuel  -ti,  voir  i^i  129,  10. 

Il    Voir  plus  loin  le  démonstratil' e;  cf.  §  134,  1.  Pour  réquivalence  a  =  e,  cf. 
§  'ôo. 

AC 

ac.  dans  les  composés  est-ac,  6ac-ac  (voir  ces  mots  =:^  vif,  hnisque, 
soudain . 

ac-as  (Ca])0iu',  1.  19)  —  §  124  :=  soudaitt,  adjectif  dérivé  du  thème 
ac-  à  l'aide  du  sutïlxe  nominal  -as  (^  99)  ;    cf.  ziv-as. 

ac-as-ce  (Ga.  799)  —  §  252  ==  même  adjectif,  pourvu  du  sullixe 
casuel -ce  (^^129,  2). 

ac-as-ri  (Capoue,  1.  4)  — ?;  392=  même  adjectif,  pourvu  du  suffixe 
casuel  -ri  (§  129,  7). 

aca-S-a-  (Capoue,  1.  13)  —  §  417  =  êlre  soudain,  cclalcr  brus(/ucnic)il.^ 
verl)e  dérivé  du  thème  ac-  à  l'aide  du  suHixe  verbal  -s  (|^  8(1). 

ac-il  (F.  111,  352;  C.  3754:  Krall,  VI,  15,  10;  VU,  14,  15,  10;  X,  0, 
7;  XII,  11) —  §§210,  384=  soudain,  rapide,  (»)/;(^'(/<c;/,  adjectif 
formé  avec  le  suffixe  nominal  -1  ^J:;  109);  le  sulUxe  est  ici  vocalisé 
en  -il  ;  cf.  vac-1  et  vac-il. 

ac-il-6  (Krall,  VIII,  (>,  8)  —  §  331  =  loul  de  suHe,  i)nincdiatenienl  ; 
la  désinence  est  le  suffixe  casuel  -9  (§  129,  11  ;,  (|ui  donne  à  l'ad- 
jectif acil  une  valeur  adverbiale  (§  150,  2). 

ac-il-u-ne  (C.  4338)  —  §  321  =  avec  le  fail  de  s'imjHiiienler;  la  dési- 
nence esl  le  suffixe  C(Mnil;ilif  -ne  ;5  129,  0).  Le  verbe  ac-il-u 
est  un  dérivé  de  acil. 

ac-l-x-a  (Krall,  V,  18  ;  Vlll,  10)  —  §§  340,  3()4  =étre  immédiat,  ins- 
lanlané,  verbe  dérivé  de  ac-1  lou  ac-il  à  l'aide  du  sutfixe  verbal 
-X(§80);  cf.  farGna-x-e. 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  351 

ac-n-an-a-sa  (F.  Woo,  20o{»)  —  §§  :23i,  233  =  trrs  soudain,  propre- 
ment fort  de  .soudalneti'\  Le  mot  se  décompose  en  :  1"  ac-n-  <Hre 
soudain.,  radical  verbal  formé  avec  le  suffixe  -n  (Î5  84)  ;  2"  an-a-sa 
fort  (voir  ce  mot). 

ac-n-i-na  (C.  4538)  —  §  315  =^  obstiné,  qui  s'en  tient  au  premier  mou- 
vement. Le  thème  ac  a  donné  un  premier  dérivé  verbal  ac-n- 
(§  84),  lequel  à  son  tour  a  donné  le  dérivé  nominal  ac-n-na  (.^  114) 
ou,  avec  l'insertion  dune  voyelle,  ac-n-i-na. 

Il  Finnois  uk-e-û  «  vif,  véhément  »  ;  u/i-ci  «  colère  »  :  ak-ii-iiien  «  irrité,  irri- 
table, obstiné  »;  iik-isti  «  tout  à  coup  »:  à'k-ki  »  soudain,  rapide  »  ;  ak-ki-7ien 
«  précipité  »;  iik-illi-nen  «  soudain  ». 

AX 

a)f-r-u-m  (F.  2598)  —  «si  288  =^  mon  aimé  ou  bien  aimé,  selon  que 
l'on  considère  le  suffixe  -m  comme  un  suffixe  possessif  (§§  38-40) 
ou  comme  un  suffixe  nominal  {%  111  :  cf.  vinum).  Dans  ax-r-,  la 
désinence  est  le  suffixe  de  dérivation  verbale -r  (^  85).  L'u  est 
intercalaire. 

—  Cf.  les  noms  propres  A^-na  (C.  220),  Ax-si  (C.  3819),  Ax-u 
(C.  3726-3728  ;  4087),  Ax-ui  (C.  4810). 

Il  i'^innois  ah-ku-  «  s'élancer  vers  »  ;  ah-ma  «  avide,  vorace  »  ;  ah-nas  «  avide, 
désireux»;  ah-neus  «  désir,  goût  vif  ». 

AF 

af-r-s  (Ma.c'liano)  — >;302,  301  =  petit  père:  le  mot  dérive  du  radical 
*af  à  l'aide  de  deux  suffixes,  le  suffixe  -r  {i  116),  et  le  suffixe  dimi- 
nutif -s  (§117),  qui  est  ici  un  diminutif  de  tendresse. 

il  Hongrois  xpx  «  père  »:  —  vogoule  oLber.'is  «  aïeul  »  (Budenz,  p.  746,  n"  807). 

AF 

a<f-es  (Capoue,  1.  14)  —  §  414=::  diminué,  )noins,  i)articipe  passé  pas- 
sif fiii  101)  d'un  verbe  *acp-  (—  af-). 

af-U-n  (C.  4538) —  ?i  322  =  langueur,  dépérissement,  siil)slanlif  dérivé 
d'un  verbe  *af-u  à  l'aide  du  suffixe  nominal  -n  î^  113);  cf.  6api- 
cu-n. 

—  Noms  propres  :  Afu  iC.  1994;,  Afuna  (C.  2731,  4538). 


,'Î52  QLATIIIÈMK    l'AKTlE 

Il    Hongrois   a.p-xd-   «    décroître,    diminuer   »  ;   up-cid-  «    languir,    s'atlaiblir  » 
i,Budenz,  p.  74G,  n"  808  ;  p.  191,  n»  861). 


AI 

aia-s  (F.  I,  -iSG")  ou  ai-s  [V .  I,  'iW')  —  i  198=  enfant  chéri,  siil)S- 
tanlif  formé  avec  le  suflixc  nominal  -s  l);  U"),  qui  a  une  valeur 
diniinulive  (cf.  afr-s).Le  radical  ai  (=  aj)  est  devenu  aia  couime 
Gai  (G.  59),  Arnti  (C.  3880),  Larei  (G.  71)  sont  devenus  Caia  (G. 
178),  Arntia  (G.  ;i3()),  Lar0ia  (G.  198). 

Il  Ostiak  aj  a  petit  »  ;  —  niordvine  iij-ed  «  enfant  »;  —  tcliérémisse  ir/e  «  pou- 
lain, petit  «;  —  votiak  eke  «  fils  »;  —  hongrois  i-fiu  «  jeune  liomme  ».  (Budenz, 
p.  809,  n»  886). 

AI 

ai-l-e,  dans  le  composé  st-ai-1-e  (voir  ce  mol)  —  §375  =^  être  grand, 
verbe  dérivé  du  thème  *ai  r/rand  à  l'aide  du  suilixe  verbal  -l(s;82). 
On  écrit  aussi  ei  grand  (voir  ce  mot);  cl',  ais  et  eis. 
Il    Finnois  niju  «  nombreux,  multiple,  grand  ». 

AIX 

ai)^  (Ga])Oue,  1.  5i  —  §  39G  =  ausxitùl,  variante  graphique  de  ij^  (voir 
ce  mot). 

AIR 

air-ce,  dans  le  composé  luc-air-ce  (voir  ce  mot)  =  fort,  puissant . 
La  désinence  est  le  sulIixe  casuel  -ce  (!:;  129,2). 
Il   Vhmoisjare-d,  jûr-l^e-u  «  puissant,  é[tais,  fort». 

AIS 

ais  (Krall,  IV,  21  ;  V,  18;  Vlll,  lO)  —  i;?i  3i:;,  3(îi  =  grand.  Le  mot 
s'écrit  indinerenimcnt  ais  ou  eis.  (iuel(|uefois  même  is  (voir  mar- 
is). Sur  ces  dilVérences  d'orthographe,  voir  §  55. 

ais-er  (Krall,  IV,  'iO)  ^  extraordinaire  dr  grandeur,  mol  composé  du 
radical  ais-  être  grand  et  de  l'adjeclil'  er  hors  de  pair  (voir  ce 
molj  ;  cL  eis-er. 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  353 

ais-er-as  Krall,  II,  12;  Y,  8;  XII,  2;  Magliano;  F.  2603*'^)  — 
§§  267,  300,  3o5,  381  =  grandeur  suprême,  proprement  chose 
extraordinaire  de  grandeur,  composé  de  ais  el  du  substantif  ver- 
bal er-as  (voir  ce  mol  ;  cf.  eis-er-as.  —  Dans  les  invocations  on 
trouve  les  formes  aiser,  eiser,  aiseras,  eiseras.  Ce  sont  des 
appels  à  la  divinité,  comme  les  vocatifs  latins  optime,  maxime. 
L'attribution  de  ces  épithètes  aux  divinités  est  attestée  par  Hésy- 
chius  (alToi  •  Gîoi  jTtô  T'jppr|V(Lv)  et  par  Suétone  {Octav.  97  :  quod 
acsar...  etrusca  lingua  deus  vocarefur).  ATcto-.  est  une  forme  hellé- 
nisée de  ais;  quant  à  aesar,  c'est  la  forme  latinisée  de  aiser. 

ais-ua  ^Krall,  VIII,  11;  X,  20;  XI.  12,  15;  XII,  2,  9)  —  i;i;  377,  381 
383.  386  =  chef  ou  prêtre,  substantif  formé  avec  le  sulTixe  -na 
§  114  ;  cf.  eis-na. 

ais-val-e  Krall,  VII,  3,  20)  —  ^  375  =  dépasser  de  grandeur,  être 
plus  grande  verbe  composé  de  ais  et  de  val-e,  être  au  delà,  dépasser 
(voir  ce  mot). 

Il  Finnois  is-ci  «  père  »;  is-o  «  grand  »  ;  —  esttionien  iz-a  «  père  »,  iz-u  «  ton- 
nerre »  ;  —  vogoule  is,  jis  «  vieux  »  ;  —  tchérémisse  iz-âj  «  frère  aîné  »  :  —  hon- 
grois os,  is  "  aïeul  »,  istcin  «  dieu  »  ;  —  ostiaJi  is  «  vieux  »  ;  —  niordvine  ocu 
«  oncle  »  ;  —  zyrénien  F^-îc/  «  grand  »  (Budenz,  p.  824,  n°   907;  p.  857,  n"  952). 


AL 


al-a-6  (Magliano)  —  >;  302  =  à  la  suite  du  fait  de  tomber,  à  la  suite 

de  la  chute,  verbe  al-a  tumbcr,  pourvu  du  suftixe  casuel  -9  (§  129, 

11)  exprimant  le  point  de  départ. 
al-c  ^Krall,  YIII,  17)  =  sens  indéterminé. 
al-e  (Krall,  III,  17;   VII,    i   —  §  375  =  être  en   bas^  baisser,  tomber, 

peut-être  variante  graphique  de  al-a  (pour  a  =^  e,  voir  §  55). 
al-p-a-n   C,  437,  438,  445,  446;—  §§  258,  259,  265,  277  =  suppliant, 

adjectif  formé  avec  le  sutlixe  nominal  -n  (§  113),  comme  he-n. 

Le  radical  verbal  *al-p-a  dérive  de  al  par  l'addition  du  sullixe  -p 

(5i  84    bis). 

al-p-na-s  (F.  2603*'s)  —  i;  266  =2  du  supplier,  de  supplication, 
génitif  d'un  verbe  *al-pn-a. 

al-p-n-u  [C.  2403)  —  s<  264=  supplier,  être  suppliant,  verbe  dérivé 
de  alpan  suppliant.  Alpnu  est  une  forme  syncopée  pour  alpanu. 

al-um-na0-e  (Ga.  799  —  i;  255  =  descendre  {le  courant),  verbe  com- 
posé de  al  en  bas  et  um-na6-e  glisser,  couler  (voir  ce  mot). 

23 


I 


354  QUATRIÈME    PAUTIE 

al-s  dans  le  composé  cre-als  (voir  ce  mol)  —  s<  ^53  =  rjui  est  à  has, 
adjectif  formé  avec  le  suilixe  nominal  -s  (§  117), 

al-cpaz-ei  (Krall,  IV,  12;  V,  9;  IX,  10,  17)  —  §§  3o(),  372  =  grand 
d'aplaiissfrnnnt,  mot  composé  de  ei  grand,  considérable  (voir  ce 
mot)  et  du  verbe  al-cpaz-  être  ahaissi'%  aplali,  aplani,  lecpiel 
dérive  (le  al  au  moyen  du  suilixe  d()ui)le  cp -)- z,  devenu -cpaz  (vj  94)  ; 
cf.  nur-cpz-i. 

—  A  la  racine  al  se  rallaclienl  les  noms  propres  Ale6na  (F.  20o5), 
Al-nial  (C.  221),  Al-u,  Al-unei,  Al-uni  (Schulze,  /.alein.  tJigen- 
nanien,  71),  ainsi  que  le  nom  de  la  ville  étrusque  Alsiinn  (pro- 
bablement la  ville  basse). 

Il  Finnois  ala  «  partie  inférieure  »;  —  liongrois  aZx  «  en  bas  »  ;  —  mordvine 
ala,  al  ;  —  tchérémisse  iil  ;  —  zyrénien  ul  ;  —  ostiak  vol  ;  —  lapon  vuolle  (Budenz, 
p.  728,  n"  792). 

AL 

al)^-a  (Capoue,  1.  14)  —  414  =  commencer. 
Il  Finnois  «^/r-«  «  début  »;  alka-  «  commencer  ». 

AM 

am  (Magliano)  —  §  302  =  repos. 

am-ce  (F.  2070,  2104,  2340;  Ga.  799  ;  Krall,  VII,  19)  —  .^  219=  au 

repo:;,  en  paix;  c'est  le  substantif  am  augmenté  du  sufRxe  casuel 

-ce  (.^  129,  2). 
am-a    (C.  4538  A,   1.    .">  ;   Krall,  X,   î),  14)  — i^  iUl  =  se  calmer,  se 

reposer,  s'arrêter.,  verbe  dérivé  de  am. 
am-e  (C.  4o38  A,  1.  2;  Krall,  VII,  1 '<  ;  Vill,  (i,  -S;  \.  3,  5)  —  ^§  309, 

331  ■-=  s'arrêter,  verbe  dérivé  de  am.  Le  verbe  ame  n'est  peut-être 

qu'une  variante  graphique  de  ama.  Foin-  lYMiuivalence  a  =:  e,  cf. 

clan  et  clen  {i  5o). 
am-s-a  dans  le  composé  tes-am-s-a  (F.  2335)  —  §  241  =  s'arrêter, 

cesser,  verbe  formé  avec  le  suilixe  -s  (^  80). 

Il  Am  (=  oLm]  peut  être  rapproché  d'une  série  de  mots  ougro-finnois  expri- 
mant l'idée  de  «  arrêt,  installation,  établissement,  repos  »  :  ostiak  om-îs-  «  s'as- 
seoir »,  om-?/-  «établir»;  —  tcliérémisse  oïD-aki,  am-as  «hutte,  cabane»;  — 
mordvine  wji'U  «   champ,  pièce  de  terre,  village  »  (Budenz,    p.   873,  n»  973).  ,, 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  355 


AN 


an-a-sa  dans  le  composé  acn-anasa  (voir  ce  mot)  =  forl,  violent, 
adjectif  formé  avec  le  suffixe  nominal  -sa  (§  M8),  dérivé  du  verbe 
an-  être  grand,  fort,  violeiii. 

an-e-6i,  dans  le  composé  spel-an-e-Bi  (voir  ce  mot)  ~  grandeur, 
force,  violence,  substantif  en  -6i  (s^  123),  dérivé  du  verbe  an-. 

an-iax  (Krall,  VI,  2,  4)  =  sens  indéterminé. 

A  la  même  racine  se  rattache  probablement  le  mot  avoa.;,  donné  par 
Hésychius  (I,  349)  comme  étrusque  avec  le  sens  de  vent  du  nord 
(avoa;  •  ^opénç  Lt.o  T'jppr/yôjv).  L'adjectif  étrusque  *an-9as,  formé 
comme  sval-0as.  ten-6as,  zilaxn-6as  avec  le  sutlixe  nominal  -6as 
(§  i21),  signilierait  le  <vent^  fort,  le  grand  <vent>. 
Il   Finnois  «n-i  «  très,  beaucoup,  tout  à  fait  ». 


ANC 


anc-n  (Ga.  799) — §250=  ayant  une  mcre.  Le  sulïixe  -n  exprime  la 
possession  (§  113,  2). 

Il    Hongrois    xn'a    «  mère  »;  —  vogdule    àiif/ii;  — uiordviiie    cai'a;  —  votiak 
«'y;  —  ostiak  ana,  ane,  unkl  (Budenz,  p.  Ti.jjno  803). 


ANT 

ant-r-n,  dans  le  composé  pu-antrn(voir  ce  mol)  =  à  cause  d'un  pré- 
sage. La  désinence  est  le  sutlixe  causal  -n  (§  129,  5).  Le  substantif 
ant-r  est  formé  à  l'aide  d'un  sutlixe  nominal  -r  (.^  116). 
Il   Finnois  ente  'nom.  ensi)  «  antérieur,  premier  »,  enlee  [enne)  «  présage  ». 


AP 


ap  (Capoue,  1.  8,  11,  13)  —  j^î^  399,  400,  408,  411  =  douteux,  mauvais. 

ap-a-si  (F.  2057)  —  s^  234  =  alla)it  vers  le  fait  d'être  mauvais  ;  c'est  le 

verbe  ap-a  être  douteux,  indécis,  mauvais,  avec  le  suffixe  casuel  -si 

(§  129,  9). 

Il  Finnois  :  ep'i.  "  incertain,  douteux  »  ;  epi-  <  être  incertain,  douter  ». 


356  QUATKiÈME  PAivrii; 


APR 


apr-ens  ai-s  [Notizic,  1895,  p.  339)  —  ,^  :29(î  =  de  cf  qnl  r/randil  par 
pelUe  (/luinlilt'  c'est-à-dire  des  revenus,  génilif  du  p;irlicif)e  apr-ens- 
ai,  qui  est  pour  aprens-i  ()i  103).  Cl'.  6ap-int-ai-s.  Le  mol  est 
composé  de  -a.ipr  pelil  et  de  ens-  eroîlre  (voir  ce  mol). 

apr-inO-va-l-e  (Ga.  799)  —  §  255  =  dériver  petit  à  petit,  composé 
le  apr  petit  et  de  in6-va-l-e  aller  à  la  dérive  (voir  ce  mot). 
Il   Hongrois  :ipr()  «  petit  »  (Budcnz,  p.  747,  ii»  809). 

AR 

ar  dans  le  composé  clen-ar  (voir  ce  mot)  =  //ua/itité. 

Il   Vogoule  art  «    beaucoup  »  ;  —  ostiak  (irai   «  quantité,  foule   »  (Budenz, 
p.  79:S,  n"  864). 

AR 

ar  (Krall,  VII,  21  ;  VIII,  10;  X,  4)  —  ^  337  =  extrémité,  bord,  6or- 

dage. 
ar-a  (Krall,  111,  17  ;  X,  20  ;  XI,  9)  =  être  au  bout,  fhiir. 
ar-as  (C.  i538)  —  ?;  312  =  extrémité,  fin,  mort,  substantif  en  -as 

(§  99),  dérivé  du  verbe  ar-a. 
ar-a-S-a  (C.  48)  —  §  247  .=  être  fini,   terminé,   verbe  dérivé  à  l'aide 

du  suffixe  -s  (§  80). 
arc-e  [F.  2055)  —  i^i?  232,  233  =  à  r extrémité,  à  hi  fin,  à  la  mort-,  la 

désinence  ce  est  le  sulïixe  casuel  ()^  129,  2). 
ar-6  (Krall,  VII,  7)  —  i;  37()  =  à  partir  de  l'rxtj'émilé -^  le  0  est  le  suf- 

lixe  marquant  le  point  de  départ  ivj  129,  11). 
Voir  les  composés  tul-ar,  tul-ar-u. 

Il   l^'innois  uitri  «  margelle,  bord,  limite,  flu  ».  —  Pour  la  voyelle  radicale,  cf. 
§  61  A  2. 

AS 

as-i-e  (Capoue,  I.  5)  —  §  395  =  être  aspergé,  verbe  formé  avec  le 
sullixe  de  dérivation  -i  (§  81)  ;  cf.  las-i-e,  iuc-i-e,  vers-i-e,  etc. 
Il    Hongrois  '/';-  »  se  mouiller,  s'humecter  »  (Budcnz,  p.  763,  n»  829). 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  357 

AT 

at-i-u  (C.  2767)  —  §  212  =  gémir,  pleurer,  verbe  formé  avec  le  suf- 
fixe de  dérivation  -i  (§  81 1. 

at-i-u-ce  C.  3088)  —  ^  212  =  dans  l'acie  de  pleurer.  La  désinence 
est  le  suffixe  casuel -ce  {%  129,  2). 

A  la  même  racine  se  rattachent  les  noms  propres  At-e,  At-ei,  At-i, 
At-ia,  At-na,  At-eine,  At-aina,  At-at-na  etc.  (Schulze,  Eigen- 
namen,  p.  3'i7). 

Il   Finnois  iil-isl-  «  gémir  ».  —  Pour  la  voyelle,  cf.  §  61  A  2. 

ATR 

atr-sr-c  (F.  2335)  —  §  242  =  et  convenable  d'évidence.  Abstraction 
faite  du  c  final,  qui  est  Tenclitique  coordinatrice  (§  154),  il  reste 
atr-sr,  composé  de  atr  clair,  évident  et  de  sr  convenable  (voir  ce 
mot). 

De  atr  on  peut  rapprocher  le  latin  atrium,  qui  désignait  la  partie 
centrale  de  l'habitation  romaine,  la  cour  ou  plutôt  la  courette  inté- 
rieure. C'était  sur  cette  courette,  plus  ou  moins  découverte,  que 
les  pièces  prenaient  jour.  Le  mol,  comme  la  chose,  était  probable- 
ment d'origine  étrusque.  Varro,  Ling.  lat.  V,  161  :  atrium  appella- 
twn  ab  Atriatibus  Tuscis  :  illinc  enim  exemplum  sumptuni.  Cf. 
Dareml)erg-  et  Saglio,  Dict.  des  Ant.  [atrium  el  cavaedium). 

Il   Vogoule  iiter  «  clair,  serein  »;   ostiak  eder  w.  id.  »  (Budenz,  p.  230,   n"    257; 
Donner,  I,  p.  137,  n»  483).  —  Cf.  g  fil  A  2. 

A0 

a9-e-lis  (Krall,  V,  22)  —  §  368  =  plus  doux,  adjectif  composé  de  aO- 

être  doux,  et  de  lis  croissant  (voir  ce  mot). 
a6-r-e    Krall,  XII.  11  —  .§  387  =  s'amollir,  powrir,  verbe  dérivé  à 

l'aide  du  suffixe  -r  (§  85). 
aG-u  (C.  4538)  —  §  322  =  adoucir. 

Il    Hongrois  éd-és  «  doux  »  ;  vogoule  al-i-n,  al-i-n  v  doux  »    (Budenz,  p.  764, 
no  832).  —  Cf.  §  61  A  2. 

AV 
av-en-c©  ^V,  2340]  =  d  l'état  de  grand  d'âge,  composé  de  *av  âge  et 


358  QUATRIÈME    PARTIE 

(le  en  grand  (voir  ce  moi).  La  désinonce  -ce  esl  le  suffixe  casuel 

(.i<-129,  2). 
av-il  (F.   III,  -MM  ;  C.  78,  10-2.  IGH  ;  Magliano)  —  §5;  177,  237,  299  = 

durée.,  âge,  durable,  chronique:,  la  désinence  est  le  suffixe  nominal 

-1(^109);  cL  vac-1,  vac-i-1. 
av-i-l-s   (F.  2070,2071,2073,    2109,  2:]3.>  ;   F.    I,  ;i.S7,  388,  'i37  ;  F. 

III,   370  ;  Magliano  ;  Krall,  II,  0  ;    III,  22  ;    IV,  2  ;  V,  i  ;  VIII,   lo  ; 

IX,i,  11)  — §§  178-180,182,    209,    220,222,   227,    229,   230,298, 

3ii,  370  =  génitif  de  av-il. 
av-il-S)(  (Magliano)  —  §  302  ^=  rapide  de  durre^  adjeclifcomposé  de 

avil,  et  de  sx  rapide  (voir  ce  uiot). 

Il  IlcHigrois  7.V--XS  «  vieux,  pourri,  moisi,  rance  »,  tv-iH-,  ov-iH-  «  (^Irc  vieux  »  ; 
finnois  ammo  {=  av-mo)  «  vieux  temps  »  ;  lapon  ob-me  «  vieux  >>  (Budcnz,  p.  831, 
n»  DH).  —  Cf.  S  61  A  1. 

CA 

ca  (C.  4r)38,  ^")39)  —  §|:^  31-4,  324  =  voici,  celui-ci,  ceci.  —  Cf.  ce. 

ca-n  (C.  321)=  ici;  le  suffixe  casuel  -n  {^  129,  o)  a  ici  la  valeur  d'un 
exposant  locatif  (§  150,  21.  Cf.  a-n. 

ca-na  (C.  \o,  16,  76,  304)  —  §§  21,j,  2.^6  =  voici,  ceci;  c'est  le  démons- 
tratif ca  augmenté  du  suffixe  nominal  -na  (§  114). 

ca-pe  (C.  4r)38)  —  §  314  =  voici  //ae;  la  désinence  est  la  particule 
ailinnative  -pe  (voir  pa). 

ca-pi  ((].  142)  :=  même  sens  ;  pour  la  parlicuh»  -pi,  voir  égale- 
ment pa. 

ca-ti  (F.  233'))  —  §  242  =  le  long  de  celui-ci  ;  la  désinence  est  le  suffixe 
casuel  -ti  fi^  129,  lOj.  D'après  le  témoignage  de  Danielsson,  cité  ])ar 
Torp  (/;7;'.  Beilr.  1,  p.  31K  ca-ti  serait  une  fausse  lecture  pour 
cal-ti  (voir  cal). 

Il    Finnois  ka,  l,ati,  has  «  voici  ». 

CAC 

cac,  dans  le  composé  ur-cac  (voir  ce  mot)  =  pàiée,  purée. 

Il  Finnois  heh-hp.il  «  mou  »  ou  bien  kcko  "  pile,  tas,  amas,  monceau  ».  —  Voir 
S  61  A  2. 

Le  rapprochement  avec  le  finnois  kak/co  (Donner,  I,  p.  2,  n"  .";)  n'est  pas  pos- 
sible, parce  que  ce  mot  est  d'origine  germanique  (Scti'ilii,  Fliin-i/rj)'.  Vorscli.  Xill, 
p.  37.3J. 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  359 

CAI 

cai-t-i-m  (Krall.  VII.  10)  —  §  379  =  désirable,  adjectif  verbal  formé, 
comme  tes-im.  à  l'aide  du  suffixe  nominal  -m  .^  111).  Il  dérive 
d'un  radical  verbal  cai-t-,  lequel  dérive  lui-même  d'un  thème  *cai 
à  l'aide  du  suffixe  verbal  t-  (§  87). 
Il    Hongrois  kéj  «  agrément,  délices  »  (Biuienz,  p.  10,  n»  16).  —  Voir  S  61  A  2. 

CAL 

cal  I  F.  2-270  :  Krall,  VII,  7)  —  §§  246.  376  =  idile,  nécessaire;  voir  le 

composé  mar-cal  convenable  de  mesure. 
cal-a-tnam  (Krall,   X,  p.   3)  =  nécessairement  (?),  adverbe  formé 

comme  e-tnam,  vacl-tnam  (cf.  §  156,  3). 
cal-ti  (F.  233oi   —  §  242  =  le  long  de  ce  qui  est  utile  ;  la  désinence 

est  le  suffixe  casuel  (§  129,  10).  Voir  ca-ti. 
cal-u   Magliano)  —  §  303  =  être  nécessaire,  être  utile. 
cal-u-s   Capoue,  1.  15)  —  §  416  =  chose  nécessaire,  substantif  dérivé 

du  verbe  cal-u  à  l'aide  du  suffixe  nominal  -s  (§  117). 

Il  Finnois  kel-pa-  «  être  nécessaire,  utile,  convenable  »  ;  hongrois  kdl-li'i-  «  être 
nécessaire,  convenable  »;  zyrénien  A-oi  «  nécessaire  »  ;  tctiérémisse  kul  «néces- 
saire »  (Budcnz,  p.  13,  n»  18;  Donner,  I,  p.  68,  n"  227).  —  Voir  §  61  A  2. 

CAM 

cam-9-i  (F.  I,  438)  —  ^i  204  =  qui  enchante,  qui  étonne,  merveilleux, 
participe  en  -i  §  103  ,  d'un  verl)e  cam-6-  étonner,  émerveiller,  qui 
dérive  du  thème  *cam  à  l'aide  du  suffixe  verbal  -0  (§  87). 

Il  Finnois  A-a?na-Zrt  «  rare,  étonnant,  eû'rayant  »  ;  kamo  «  frayeur  »  ;  kom-ehti- 
<i  ensorceler  »  (Donner,  1,  p.  91,  n"  323). 

CAN 

can-9-ce  (F.  2339)  —  §  239  =  dans  l'assemblée  ;  la  désinence  -ce  est 
le  suffixe  casuel  (^  129,  2).  Can-6  est  formé  avec  le  suffixe  de  déri- 
vation nominale  -6  (§  120). 

Il  Finnois  kan-sa  «  peuple,  foule  »  [Donner,  I,  p.  26,  n"  93).  —  On  a  voulu 
voir  dans  kan-sa  un  mot  emprunté.  .Mais,  selon  Setiilii  {Finn.-ugv.  Forsch., 
XIII,  1913,  p.  376),  Toriginc  geruianitiue  en  est  douteuse. 


300  QUATRIÈME    PAUTIE 


CANZ 

canz-a-t-e  (C.  2i03'i  —  ^  204  =  voir,  regarder,  verbe  dérivé  du 
Ihùme  *canz  et  formé  à  l'aide  du  sulïixe  verbal  -t  (>;  87).  Entre  le 
z  et  le  t,  il  s'est  développé  un  a;  cf.  falzaôi,  alcpazei. 

Il  Hongrois  k7.n-d-xl-  «considérer»  ;  kymdi-kâl-  «  guigner,  relutjuer  »  (Budenz, 
p.  451-452,  n»  481).  —  Voir  §  61  A  1. 

CAP 

cap-er  (Capoue,  1.  13)  —  §  ill  =  exiraordlnalre  de  tlrnnl  ou  d'empor- 
tement, composé  de  cap-  saisir,  arracher,  et  de  er  (voir  ce  mot). 

cap-e  ri  (Krall,  III,  5  ;  VIII,  10  ;  XII,  12)  —  i^l^  330,  383  =  pour  avoir 
de  ht  prise  ;  la  désinence  -ri  est  le  sulTixe  de  destination  (^  129,  7). 

cap-l-9-u  (Krall,  XII,  7)  —  §  381  =  faii'e  un  geste  de  la  main,  verbe 
dérivé  à  l'aide  du  sulïixe  double  -16  (î^  93). 

Il  Finnois  kdp-pa-  «  saisir  vivement,  arractier  »  ;  kâp-i-  «  mêler,  écorclier, 
saisir  pour  tirer  »  ;  hongrois  koip-  «  saisir  »  (Budenz,  p.  4,  n»  0  ;  Donner,  1,  p.  80, 
n»»  281,  282). 

CAR 

car-es-ri  (G.  4^110)  —  §  2ii  =:.  participe  car-es  durci,  consolide 
an) firme,  avec  le  sulïixe  casuel -ri  (>i  12i),  n°  7).  Pour  le  sutlixe 
-es  du  participe   passé   passif,   voir  i^i  101. 

car-U   (c.  -4538)  — §  310  =êlre  endurci,  être   entêté,    s'eniêter. 

Il    Finnois  kar-ea  «  dur  »  ;  kar-a-sl-   «  être  dur  »  (Donner,   I,  p.  34,  n°  125). 

CAS 

cas-6-ial-0  iMagliano)  —  ^§  299,  301  =  à  partir  de  la  saison 
liumide  [T)  ;  la  désineiu'C  est  le  sufïixe  casuel  -6  marquant  le 
point  de  départ  (§  129,  11). 

Il  Le  mot  (!sl  i)eul-rtre  apparenté  au  finnois  kus-lu-  «  iiumecter  »,  kas-l-ii- 
«  être  mouillé  »  ;  kus-la  »  tiumidilé  »  (liudenz,  p.  1,  n"  11  :  Donner,  1,  p.  25, 
no  87). 

CAO 
ca6-s-c   (,Torp,    Jnsc.   von  Leninus,    p.    -41)    —   §   230   =  et  manuel. 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  361 

Le  c  final  esl  l'enclitique   de   coordination  (§   154).   Ca6-s  est   un 
adjectif  formé  avec  le  suffixe  -s  (§  117). 

Il  Finnois  kiile  {klisï)  «  main  »  ;  hongrois  kéz\  vogoule  kàt,  kai;  tchérémisse 
ket\  niordvine  ked,  kild,  kecV  (Budenz,  p.  28,  n»  34  ;  Donner,  I,  p.  14,  n°  30).  — 
Voir  §  61  A  2. 

CAO 

ca6-as  (Ga.  799j  — §234  =  /o(7,  couverture,  chose  étanche  et  par  suite 
embarcation,  le  toit  primitif  et  la  pirogue  étant  faits  à  peu  près 
de  même,  avec  des  peaux  ou  des  planches  appliquées  sur  une 
carcasse.    Pour  le   suffixe  nominal -as,  voir  §  99. 

ca9-r-a  (Krall,  XII,  8)  —  §  382  =  couvrir,  boucher,  être  étanche, 
verbe  formé  avec   le  suffixe   de  dérivation  -r  (^§  85). 

ca6-r-e  (Krall,  XII,  4)  —  §  378  =  variante  du  verbe  précédent  (cf. 

§55). 

Il    Finnois  kat-ta-  «  couvrir  »  ;  kat-e  «    toit  »  (Donner,  I,  p.  11,  n"  38). 

CAU 

cau-Gas  [Notlzie,  1895,  p.  524-2;  Magliano)  —  §§  262,  298  =  miséra- 
ble. Le  mot  est  formé  avec  le  suffixe  nominal  -6as  (§  121), 
comme  zila^n  -9as. 

Il   Finnois  kôii-hu    «  pauvre,   misérable   »  (Donner,  I,  p.   86,  n»  304). 


CAV 

cav-e9  (Krall,  VIII,    7)  —  §  333     =  sans  caillou;  la  désinence   -e6 
est  le  suffixe  privatif  (§  129,  3). 

Il  Finnois  kapu  «  bille,  petite  pièce  de  bois  arrondie,  petit  caillou  »  ;  kâpil 
«  gousse,  tampon,  bouchon  »;  hongrois  ktipil  «  noyau  »  (Donner,  I,  p.  76,  n°  266). 
Pour  le  rapprochement  du  /)  et  du  v,  voir  Szinnyei,  Finn.  -iif/r.  Spi-ac/nv,  p.  36. 

CE 

ce-hen  (C.  4082,  4110,  4561)  —  5i§  195,  2i3  =  celui-ci,  celle-ci,  ceci, 
(Irinonslralif  particulier  à  la  région  de  Pérouse.  Il  est  formé  de 
ce  et  d'une  encliliqne  hen,  dont  la  valeur  est  indéterminée  (voir 
§  135). 


362  QUATRIÈME    PARTIE 

ce-n  (C.  A19C})  — §  '219  =  par  ceci  ;  la  désinence  est  le  suffixe  ins- 
trumental -n  (§  129,  no  5). 

c-n  (F.   2600»a)   =    ici  ;  la   désinence    parait  avoir   la   valeur  d'un 
exposant    locatif  li^  129,  5). 
—  Voir  ca.  l^'oiir  l'éfinivalence  de  l'a  et  de  Te,  cf.  §  55. 

CE 

ce-a-lxl-s  (F.  2108)  =z  génitif  de  ce-a-lxl  i^'inr/l.  Ce  est  une  variante 
graplii(iue  de  ci  (voir  ce  mot)  Le  sullixe  -al^l  ou  1)^1  sert  à  for- 
mer les  multiples  de  10  (§  144). 

ce-a-ljf-u-s  Kiall,  \I,  12)  =  vingtième-,  la  désinence  -s  l'-us*  est 
celle  d'un  n()nii)r('  ordinal  (^  147). 

ce-a-l^-u-z  iKralL  X,  2)  =  variante  graphique  de  ce-a-lx-u-s  ivoir 
i<  72). 

ce-lxl-s  (F.  I,  437)  —  §  210  =  génitif  de  ce-lxl,  variante  de 
ce  a-l^l- 

CEX 

cex-a   (F.  1055,   2()1;î;  C  45:58;    Krall,  XI,  13:   XII,    11)—  ^i^  275, 

277,  324,  385  =  être  faible,  être  impuissaiit. 
cex-a-m  (Krall,    XII,    7)   —  §  381  =    faible,  impuissant    adjectif 

verbal  formé  avec  le  suffixe  participial  -m  (§  111). 
cex-a-n-e  i  Krall,  VII,  7)  —  i;  370  =  fh'chir,  défaillir,  verbe  dérivé, 

formé  de  cex-a  à  l'aide  du  sullixe  verbal  -n  §  84). 
cex-a-n-e-ri    F.    I,   /<I8;   III,  3()7;    Ga.    802)  —   !^    237   =  verbe 

cex-a-n-e  augmenté  du  sulfixt^  casuel-ri(s;  129,  7). 
cex-a-s-e    (F.  2280)  =   dr/ailHi\  dérivé  de  cex-a,    formé  avec   le 

sunixc  -s  (i;  80). 
cex-a-s-i-e  (F.  I,    418)  =   drfaillir,  mourir  (?),   dérivé  du  radical 

cex-a-s-  à  l'aide  du  suffixe  -i  (J:;  81] . 

11    Finnois    keh-no    «faible,    mauvais»;    zyrénien  /.-oA-niV/ «  léger   »   (Budcnz, 
p.  43,  n»  o8  ;  Donner,  1,  p.  34,  no  124). 

CEI 

cei  (C.  4538)  —  §  318  =  malheureux. 

Il  Finnois /rai-/ja  «  envieux,  mal  disposé  «  (Donner,  1.  p.  10,n''33). 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  363 


CEI 

cei-a  (Krall,  III,  i/i;  VIL  2,  3,  4,  ri)  —  §  374  =  crier  fort. 

Il  Finnois  kaj-e  «  écho  »;  kaj  a-  «  renvoyer  le  son»;  kaj-ahda-  «  faire  un 
bruit  éclatant  »;  hongrois  Aa/"-a7-  «  appeler,  crier  »  (Donner,  p.  7,  n"  23). 

CEL 

cel  iCia.  789;  C.  408-2)  —  i;  195  =  sépulture. 

Il  Finnois  kal-ma  «  tombeau,  souterrain  •>  ;  mordvine  kal-ma  «  id  »  (Donner 
1,  p.  6-,  n"-  222  .  —  Voir  Settila,  Finn.-wjr.  Fnrsch.,  XIII,  1913,  p.  374.  —  Pour 
la  voj'elle  radicale,  cf.  §  62  E  1. 

CEL 

cel-uc-n    fKrall,    VII,   17;  VIII,    17;   X,  11;  XI,  7)  —    ^  346    = 

perçant  de  son,  aigu  de  son,  mol  composé  du  verbe  cel-  «  résonner  » 
et  de  l'adjectif  uc-n  (voir  uc). 
cel-uc-u-m    iKi-all,    VII,    lOi    —  ij  379  ==  perçant   de  son,  aigu   de 
so)u  composé   comme    le   précédent,    mais  avec  l'adjectif   verbal 
uc-u-m  (voir  uc. 

Il  Finnois  kal-kka-,  kal-kku-  «  faire  du  bruit,  taper  fort  »  ;  kel-ke  «  son» 
(Donner,  I,  p.  56,  n"  191). 

CEL 

cel-i  (Krall,  IV,  li,  21;  V,  10,  16,  17;  VIII,  3;  IX,  18;  XI,  3j  — 
§§327,  356,  360,  363=:  qui  a  commencé,  commençant,  participe  en  -i 
(?<  103). 

cel-u-sa(F.  2055)  — §  232  =r  a?/?r' i?)  ;  la  désinence  est  le  sufïlxe 
nominal  -sa  (?;  118). 

Il  Hongrois  k/'H-  <>  aller,  venir,  se  lever  {nzp-kà'l-al  «  lever  du  soleil  »)  ;  votiak, 
kil-de-  «  se  lever  »  (Budcnz,  p.  13,  n"  17;  Donner,  I,  p.  63,  n"  216). 

CEM 

cem-na-c  Ki-all,  V,  18 1  —  §  364  =  et  brillant  ;  la  désinence  est  le 
sutrixe  de  coordination  -c  (§  134).  L'adjectif  cem-na  est  forme  du 
verbe  *cem-  In-iUrr  avec  le  suMixe  nominal  -na  (§  114). 


364  QUATRIÈME    PARTIE 

cem-n-a-x  Krall,  VIII,  Ki)  —  ,^  llio  =  l'-rlair,  substantif  formé  avec 
le  siidixe  nominal  -x  §  100)  ;  cf.  rivax-  H  dérive  du  radical 
verl)al  cem-n-,  ciiii  Ini-uiéme  dérive  de  *cem  à  l'aide  du  suffixe 
verbal  -n  (îj  84;. 

Vdir  cim.  Pour  la  pernnilalion  de  l'e  et  de  l'i,  cf.  §.  oo. 

CEN 

cen-u  (G.  l.'i.'W)  —  §  313  =  corriger. 

Il  Finnois  kani-  «  mettre  en  ordre,  corriger,  nettoyer  ». —  Pour  la  voyelle, 
voir  g  62  E  1. 

CEP 

cep-en  ^F.  2057,  2070;  Magliano  ;  Krall,  VII,  .S,  1),  15,  18,  21;  X,  3, 
17,  18;  XI,  5)  —  1§  2-20,  235,  302,  377,  378  =  arand  de  contenance, 
adjectif  employé  comme  particule  superlative,  avec  le  sens  de 
beaucoup.  Il  est  composé  de  en  grand  (voir  ce  mot)  et  de  *cep 
contenance .  Le  mot  est  analogue  à  mar-is  grand  de  mesure. 

cep-en-e  (Krall,  VII,  15)  =  être  grand  de  contenance,  être  grand, 
verbe  dérivé  de  cep-en. 

Il  Finnois  kappa  «  boisseau  »  (Donner,  I,  p.  "9,  n"  219  ;  Setiil.ï,  Finn.-uqr. 
Forsch.,  XllI,  1913,  p.  377).  —  Pour  la  voyelle,  cf.  §  62  E  1 . 

CER 

cer-en  Krall,  VII,  9,  10,  21.  23)  —  ,^  378  =  grand df  fierté,  adjectif 
composé  de  en  grand  (voir  ce  mot)  et  de  cer-  se  gonfler. 

cer-er-x"V-a  (Krall,  VII,  10)  —  >;  37î)  =  être  extraordinaire  de  fierté, 
verbe  composé  de  cer-  et  de  er-xv-a  être  extraordinaire  i  voir  er). 

Il  Finnois  ker-ke-,  ker-kJ-,  «  s'entler,  s'enlever,  se  délier  »  ;  ker-ska-  «  faire 
parade,  exagérer  »;  hongrois  /re/'-/iV(V/-  «  parader  »  (Donner,  1,  p.  37,  38;  n"* 
134,  136). 

CER 

cer-i'X-u  (F.  2335)  —  §  240  = /W/ye  le  tour,  aller  autour,  circuler, 
verbe  formé  à  l'aide  du  suffixe  -x  (!^  SO)  et  dérivé  du  thème  *cer. 

cer-i-x-U-n6-e  (F.  2(100  aa)  =  enclore,  faire  une  enceinte,  dérivé  de 
cer-i-x-u  à  Taidc  du  suffixe  double  -n9  (§  93). 


DICTIONNAIRE    ÉT-i'^IOLOGIQUE  365 

cer-i-ne  (Ga.  779)  =  sens  incertain;  la  désinence  paraît  être  le  suf- 
fixe casuel  comitalif  -ne  (§  1:29,  G). 

cer-i-n-u  (F.  2183i  —  §  193  =  enclore,  verbe  formé  du  même  thème 
que  cer-ijfu,  mais  à  Taide  d'un  autre  sulfixe,  le  suffixe  -n  (§  84). 

cer-ur-u-m  \C.  ill6)  —  ^  245  =  comble  en  cercle,  voûte,  substantif 
composé  de  *cer  cercle  et  de  urum  comble  (voir  ce  mot). 

Il   Finnois  keri  »  cercle,  tour  »  ;  hongrois  ^''ir  «  cercle  rond  »,  kdr-uk  «  cercle» 
(Oudenz,  p.   18,  n"  25;  Donner,  1,  p.  47,  n"  167). 

CES 

ces  'IVoitzie,  1893,  p.  339)  —  §  293  =  paisible,  tranquille. 

ces-u  (F.  I,  433,  436  a,  436  b;  C.  707,  886,  4339)  —  §'§  186,  187,  213 

=^  être  tranquille,  être  en  repos. 

Il    Finnois  kesii  «  doux,  apprivoisé  »  (Budenz,  p.  8,  n"  12). 

CEUS 

ceus  (Krall,  VII,  8)  —  §  376  =  satisfait. 

ceus-n  ^.\otizie,  1893,  p.  339)  —  §  297  =  à  la  satisfaction  de,  au  gré 
de:  la  désinence  -n  paraît  être  un  suffixe  adverbial  (§  156,  2). 

Il  Hongrois  koz-ôn-  «  remercier  »  (Budenz,  p.  46,  t\°  72  ;  Donner,  I,  p.  27,  n°97). 

CI 

ci-pe-n  (Capoue,  1.  8)  —  §  400  =  quelque  chose,  composé  de  l'inter- 
rot;alif  ci  et  de  la  particule  pe-n,  forme  adverbiale  de  l'enclitique 
pa,  pe  voir  ces  mois'. 

ci-sum  Krall,  H,  G:  111,  22  ;  IV,  3,  16;  V,  5.  12,  21  ;  IX,  4,  11,  20; 
F.  23'i()  —  ^^  331,  338,  367,  370  =  quelque  chose,  composé  de 
l'interroyalif  ci  et  de  sum  quantité  (voir  ce  mot).  Le  sens  propre 
est  quantité  de  quoi  c'est-à-dire  quantité  indéterminée. 

Il  Finnois  /le-, /re-?ie  «  qui,  quelqu'un  »  (pronom  interrogatif,  relatif  ou  indéfini); 
hongrois  ki:  mordvinc  ki  ;  tchérémisse  ko;  lapon  kd  (Budenz^  p.  28,  n"  36). 

CI 

ci  F.  2033,  2332:  C.  i338  :  Ma^liano  ;  Capoue,  1.  3,  16j  —  };^  139, 
230,  302,  319,  392,  418  =  deux. 


366  QUATRIÈME    PARTIE 

ci-a-lx-us  (Krall,  Xil,  10)  — §§  147,  38i  =  vingtième,  forme  ordi- 
nale d(>  ci-a-lx",  lequel  esl  un  muUi])le  de  ci  (§  144).  Voir 
ce-a-lx-us. 

ci-em  (F.  !2()7I  :  Kr.ill,  X,  ±\  —  ^^!<  li:;,  180  =  drfh:lueux  de  deux, 
composé  de  ci  el  de  em  (voir  ec  mol). 

ci-S  (F.  2108)  =  génitif  de  ci. 

ci-s  (Krall,  VIII,  1)  =  deuxième  ;  voir  |:^  1  i". 
Il  Pour  les  îuuilogies  ougro-finnoises,  voir  S  139. 


CI 


ci-n-a  (G.  48)  —  !;;  247  =  courir,  aller  et  venir,  verbe  formé  avec  le 
suffixe  -n  (^84). 

Il  Finnois  kei-no  «  sentier  »;  mordvine  ki  «  route,  chemin  »  ;  vogoule  kle-l- 
«  faire  aller,  envoyer  »;  ke-l-  «  chasser  »;  ostiak  ki-t-  «  chasser,  pousser  » 
(Budenz,  p.  10,  n"  IG). 


CIL 


Cil-e  (Krall,  VII,  7;  XII,  11)  —  §i?  370,  388  =  chant,  énoncé,  proba- 
blement  formulr    de    prière  [carmon].  Le  0   final    est  un   siitlixe 

nominal  (?;  120). 
cil-6-cva  (Krall,  VII,  18)  ==  ////>r  de  formnir,  ('ompos(;  de  cil-6   et 

de  cva  I >//)('  (voir  ce  iiioli. 
cil-6-cv-al    Krall,  VII,  8)  —  ,^  377  =  c'est  le  substantif  cilôcva 

augmenté  du  sullixe  -al  is^  129,  1).  La  voyelle  linale  de  cil6cva  est 

élidée. 
cil9-cve-ti  iKrjdl,  VI,  14)  =  c'est  le  substantif  cil0cva  augmenté 

du  suffixe  casuel  -ti  (§  129,  10).  Pour  la  permutation  de  Ta  et  de 

Te,  cf.  V5  ri.j. 
cil-e-1    Krall,  II,  8  ;   V,  G,  13,  23  ;  VII,  18  ;  IX,  5,  12,  21)  —  §^  352, 

;}(»8,  371  =  dans  la  formule.  La  désinence  est  le  suffixe  casuel  -1 

(,§  129,  4). 
cil-e-s  (Krall,  II,  3;  V,  3;  VIII,  4;  IX,  2,  10;  XI,  9)  —  §§302,  370 

=  génitif  de  cil-ô  1Î5  129,  81. 

Il   Finnois  kil-e-à   «  sonore,    aigu  »;  kil-ja-ist-  «  élever  la  voix  »  (Donner,  I, 
p.  57,  n°  195;. 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  367 


CIM 

cim-c-l-e-va  (Gapoue,  1.  4)  —  |^  .'i92  =  flamme,  flambée,  substantif 
formé  avec  le  suffixe  -va  (1:5  1^3),  et  dérivé  du  radical  verbal 
cim-c-1-,  lequel  dérive  lui-même  du  thème  cim-  à  Taide  du  suf- 
fixe double  -c-1  (§  90). 

cim-u  1  Gapoue,  1.  11 1  —  §  40G  =  flamber. 
Voir  cem. 

Ij  Finnois  kima  «  aigu,  clair,  cliaud,   brillant,   éclatant  »  ;  kim-a-lla-  «  briller, 
luire  »  (Donner,  1,  p.  91,  no  322;  Setâlâ,  Finn.-ugr.  Forsch.,  XIII,  p.  386). 

CIT 

cit-z  Krall,  V,  17,  19)  —  §§  363,  364  =  à  souhait  ;  le  z  désinentiel 
est  un  suffixe  adverbial  (§  loG,  3 j  ;  cf.  tez,  esl-z,  Bun-z. 

Il  Hongrois  kiid  «  sentiment  »  ;  klld-v  «  envie,  fantaisie  »  ;  zyrénien-votiak  kul 
«  sentiment,  disposition,  envie  »  (Budenz,  p.  9,  n»  14;  Donner,  I,  p.  23,  n»  80). 

CIZ 

ciz  (Krall,  VII,  2,  3,  4,  5,  6)  —  §§  374,  375  =  cr'i^  apostrophe. 
ciz-i  {¥.  2339)  —  §  238  =  celui  qui  parle  haut,  orateur,  participe  en 
-i  (§  103)  du  verbe  ciz-  parler  haut. 

Il  Finnois   kul-su-  «  appeler  en  criant  »  ;Donner,   I,  p.  29,   n"    103).    Pour   la 
voyelle,  voir  S  63,  I  4. 

CIZ 

ciz-u-s-i-e[s]  i Gapoue,  1.  11)  —  §  400  ^gratté,  ramom'',  participe  en 
-es(§  101)  du  verbe  -ciz-(u)-s-i-, verbe  formé  avec  deux  suffixes  de 
dérivation,  le  sutlixe  -s  ?;  80)  et  le  suffixe  -i  (,^  81).   L'u  n'est  pas 
organique. 
Il  Finnois  kit-ke-  «  frotter,  gratter»  .Donner,  I,  p.  19,  n''  63). 

CL 

cl-e    G.  4.')38   —  !;i  .'UO  =  rire  à  côté,  s'approcher. 

ol-t  (G.  8   —  j^  218  =  voisin,  comparjnon,  collègue.  Le  mot  n'est  peut- 


368  QUATHIÈME    PAllTlE 

(Hre  pas  enlicr  ;  car  il  ligure  dans  un  lexle  qui  présente  des  abré- 
viations. 
cl-tr-al  iKrall,  VIII,  5)  —  ^  liliO  =  vciumi  di'  la  po'inte    de  côté;  la 

désinence  est  le  sullixe  -al  (S  1-0,   1).    Cl-tr   est  composé  de   cl 

cnli-  et  de  tr  pointe  [\o\v  ce  mot). 
cl-uc-e  i^Ki-all,  XII,   12)  —  §  388  =  apjjlhiuei'  de  côié,  plaquer  de 

côté  ;  verbe  composé  de  cl  et  de  uc-e  plaquer,  appliquer  (voir  ce 

mol). 
cl-uc-tr-as  iXII,  13)  —  §  380  =  placage  de   côté,  substantif  en  -as 

[i'^M))  d(3rivé  du  radical  verbal  uc-tr-,  lequel  est  lui-même  dérivé 

de  uc-  (voir  ce  mot). 
cl-uc-6r-as    (Krall,   VIII,  9)    —   §  33()  =  variante   graphiiiue    de 

cluctras. 
cl-z    (C.  o3)  —  §  281  =  à  côté  de  cela,  en  outre;  le  z  final  est    un 

suffixe  adverbial  (§  15(),  3). 

H  Finnois  kiil-Iii  [kill-ke)  «  côté  »  (Budenz,  p.  33,  n»  41). 

CL 

cl-a-n  (F.  20oG,  20o7,  2070,  2071,  233:;,  2335  a,  2339  ;  F.  I,  438  ;  F. 

111,  370  ;  Ga.  799  ;  G.  01,  198,  3i8,  378,  etc.,  etc.).  —§§38,181,182, 

20i,  20:;,  214,  218,  221,  233,  234,  237,  238,  240,  248  =  (ils,  \m'o- 

prement /^owryM  d'un  organe  viril,   mâle.   La  désinence  -n  est  un 

suffixe  de  possession  (==  q\d  possède  §  113). 
cl-a-n-c  (G.  880j  —  i^  213  =  et  le  (ils  ;   la  désinence  est  l'enclitique 

de  coordination  -c  (§  lo-4). 
cl-e-n  (F.  2(r;9,  2013  ;  G.  440,  4538)  —  §§  27:;,  277,  313  =  variante 

de  cl-a-n.  Pour  lÏMjuivalence  a  =  e,  voir  J^  5."). 
cl-e-n-ar  (F. 2055, 2050)  —i^§  230,233  =  pluralité  dr  /ils;  le  mot  parait 

être  un  collectif,  composé  de  clen  et  de  ar  quantité  (voir  ce  mot). 
cl-e-n-ar-a-si  (G.  4110) —  >;i  245  =  même  mot  que  le  précédent, 

augmenté  du    sullixe  casuel  -si  (^i  129,    9).  Clenarasi  est  pour 

clenar-si. 
cl-e-n-s  (G.  40,50)  —  i^  207  =  génitif  de  cl-e-n. 
cl-e-n-si  (F.  2183  ;  C.  4190)  —  §§  193,  313  =  même  mot,  augmenté 

du  suffixe -si  (§  129,  n"  9). 

Il  Finnois  kil-lia  «  organe  viril  »  ;  csthonien  koli  «  testicule  »  ;  ostiak  kila 
«  id.  »  (Donner,  I,  p.  70,  n»  236).  H  n'est  pas  certain  que  le  finnois  kil-ha  soit 
d'origine  germanique  (Setalii,  Finn.-ugr.  Forsch.,  XllF,  p.  386). 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  369 

CLE 

cle-tr  a-m  Krall,  II,  10,  12  ;  III,  13,  16  ;  IV,  8,  10,  12  ;  V,  8  ;  IX, 
15)  —  §§  355,  372  =  poli,  rrluisanf,  adjectif  verbal  formé  avec  le 
suffixe  -m  ij  111).  Le  radical  verbal  cle-t-r-  est  formé  à  l'aide  du 
suffixe  -t  1.^  87)  et  du  suffixe  -r  (i^  85). 

Il  Finnois  kal-e-a-  «  lisse,  poli,  glissant  »  ;  kal-lo  «  glissoire  »  (Donner,  I,  p.  39, 
n°  201). 

CLU 

cl-Gi  (Ga.  30)  —  §  289  =  voir  le  mot  suivant. 

clu-9i  (F.  2400  ^')  —  §  292  =  nsure,  moyen  d'user,  de  consumer,  de 
réduire,  substantif  formé  avec  le  suflixe  nominal  -9i  (§  122). 

Il  Finnois  kul-u-  «  décroîlrc  »  ;  kid-u-la-  «  ronger,  user,  diminuer»  ;  vogoule 
kol-a-  «  se  consumer  »  ;  hongrois  kôl-t-â-  »  ne  plus  servir  à  rien  »  (Budenz, 
p.  2,  no  3  ;  Donner,  1,  p.  62,  n»  210). 

CN 

cn-es  (Capoue,  1.  G,  8)  — §§  397,  400  =  épaissi,  participe  en  -es 
(§  101)  du  verbe  *cn-  épaissir,  solidifier. 

Il  Finnois  k!n-i  «  ferme,  immobile  »  ;  kin-tû-  «  adhérer  fortement  »,  kin-ittd- 
«  fixer,  faire  adhérer  fortement  »  (Donner,  I,  p.  71,  n°  239). 

CN 

en  dans  le  composé  sacni-cn  mauvais  de  prière  (voir  ce  mot). 

cn-1  (C.  4538)  —  §§  31G,  319  =  obstiné  d'humeur,  intraitable,  adjectif 

formé  avec  le  suffixe  nominal  -1  [i  109). 

Il  Finnois  kiiniï  «  humeur  fantasque,  méchanceté  »  (Donner,  I,  p.  14,  n"  237). 

CRE 

cre-al-s  (Ga.  700)  —  §  253  =  qui  est  à  bas  de  course,  composé  de 
l'adjectif  al-s  qui  est  à  bas  (voir  al),  et  de  cre  courir,  s'élancer,  se 
précipiter. 

cre-sver-ae  iKi-all,  V,  KVi  —  ;;<  362  =  élre  lent  de  course,  verbe 
composé  de  cre  et  de  sver-  aller  lentement  ivoir  ce  mot).  La  dési- 
nence ae  n'est  pas  certaine. 

24 


370  QUATHIBME    PAKTIE 

Il  Finnois   A-ara-  «  s'élancer,  courir,  sauter,  fuir  »  ;  hongrois  kur-rjuL-  »  chasser, 
poursuivre  »  (^Donner,  I,  p.  36,  n°  133). 


es 

cs(C.   48)  —  i<  ^247  =  pelït. 

Il  ilouifrois  liis  «  petit  »  ;  votiak  kiz-er  «  mince  «  ;  vogoule  kui-i  »  le  petit  frère  » 
(Budenz,  p.  24,  n°  29  ;  Donner,  I,  p.  29,  n"  104). 


es 

cs-t-r-es,  dans    le   composé    sacni-cs-tr-es  (voir   ce  moi)  =  com- 
mencé, participe   passé    passif  en  -es   (§  101)  du  verbe   cs-tr-, 
lequel    dérive    d'un   thème  *cs   à,   l'aide    de    deux  suffixes  ver- 
baux, le  sulîixe  -t  (§  87)  et  le  suffîxe  -r  (§  85). 
Il  Hongrois  kaz-dil-  «  couniiencer  »  (Budenz,  p.  28,  n"  35). 

eue 

cuc-ii-ei  (Capoue,  1.  14)  —  §  413  =  grand  de  courbure,  très  gondolé, 
composé  de  ei  grand  (voir  ce  mot)  et  de  cuc-ii-,  radical  verbal 
formé  du  thème  *cuc  à  l'aide  du  suffixe  -i  (§  81).  Pour  le  redou- 
blement de  l'i,  voir  s;  55  Caîia. 

Il  Finnois  kiik-ku  «  état  accroupi,  flexion  des  jambes  »;  kiilul  «  courbé,  bossu  »; 
kuk-rn  «  bosse  »  (Donner,  I,  p.  4,  n"  13). 

euL 

cul  (C.  4538)  —  i;  312  =  suffisant. 

Il  Finnois  kûl-lii  «  suffisant  »  (Donner,  I,  p.  68,  n°  224). 

euN 

cun  (Capoue,  1.  10,  11)  —  i;!:;  405,  406  =  supérieur,  supérieurement  ; 
le  mot  s'emploie  adverbialement  comme  particule  superlative. 

Il  Finnois  kon-o  «  chose  qui  est  en  avant,  qui  fait  saillie  »  (Donner,   I,  p.  72, 
n°  243).  —  Pour  la  voyelle,  cf.  §  64  U  1. 

CUR 
cur-ie-a-s  (F.  2400 ''j  —§292=  du  fait  d'être  ennuyé,  génitif  du 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQLE  371 

verbe  cur-ie-a.  Ce  verbe  est  formé  à  l'aide  du  suilixe  fréquentatif 
-i  (.^  81),  qui  s'est  ici  développé  en  -ie,  comme  ailleurs  il  se  déve- 
loppe en  ii(cf.  cuc-ii-ei;. 

Il  Finnois  Art/'-?"M  «  mauvaise    hiumeur,   ennui,   dégoût».  —  Pour   la   voyelle, 
cf.  S  64  U  2. 


eus 

eus    Krall,  XII,  il   —  §  385  =  bois  de  sapin . 

Il  Finnois  kus-i  «  pin   »;  lapon   guoss-a,   gos-a,  kuos-a;  zyrénien   kôz  :  votiak 
ktz;  luordvine  kuz  (Donner,  II,  p.  23,  n»  78).  —  Cf.  g  64  U  2. 

CU0 

cu6  (Capoue.  1.  9i  —  §  403  =  feu  lent,  qui  couve. 
Il  Finnois  kiit-e-  «  brûler  secrètement  ».  —  Cf.  §  64  U  2. 

CVA 

cva  dans  les  composés  cil9-cva,  cil9-cv-al,  cil0-cve-ti  voir  ces 
mots  =  'y/^'?. 
Il  Finnois  kiiva  «  modèle,  exemple  ». 

CVE 

cve-r  iF.  2.j82,  2399  ;  Ga.  380;  G.  45G1)  —  §§  268,  269,  271,  276  = 
plaintif  douloureux.  La  désinence  est  le  suffixe  de  dérivation 
nominale  -r  (§  116}  ;  cf.  fle-r. 

Il  Finnois   kipu  «  douleur  »  ;  votiak  keb-e-r  «  souci  »  ;  keb-e-ra-l-  «  se  chagri- 
ner »  (Donner,  I,  p.  82,  n"  291). 

cz 

CZ-1  (C,  4538)  —  j5  315  =  à  intervalle,  par  moments,  de  temps  en 
temps,  adjectif  formé  à  l'aide  du  suilixe  nominal  -1  (§  109)  et 
employé  adveri)ialement  (§  156,  1). 

Il  Yogoule  kvot'l  «  milieu  »  ;  tchérèmisse  kol,  kocl  «  temps  »  ;  ostiak  l,ul  «  in- 
tervalle »  (Donner,  I,  p.  22,  n»  T6). 


;372  oLATlUIiMI:;    paktie 


Le  X  iiiilial  clrusque  correspond  ;i  Ih  giillur.il  hongrois  ;  voir  i;  "0. 

XAG 

Xa6  I  Ciiioiic,  I.  IS)  —  §  /ri'^  =  vrsldu. 

Il  Finnois  luido-  »  se  perdre  »  ;  hongrois  //x.r/'-  «  leiisser  »,  /i:ifj'-il-  «  rejeter  »  ; 
uiordvine  kadî-  «  laisser  »  (lUidcnz,  p.  (H,  n"  lU  ;  Itonnci-,  I,  p.  i;J,  n"  4;  Setalii, 
FUF,  Xlll,  p.  380. 

XI 

vi-e-m  (C.  4538)  — ^  ^ii  =  impulsion,  désir,  subslanlif  dérivé  du 

radical  verJ)al  *yi-  à  l'aide  du  sulTixc  -m  (s;  111). 

Il  Hongrois  hxjl-  '<  pousser  en  avant  »  ;  vogoule  kuj-t-  «  pousser  »  (Budenz, 
p.  12,  no  %). 

XIM 

Xim  (Ga.  799  ;  Krall,  III,  13  ;  VI,  10  ;  YII,   11  :  XII,  V]  —  ^  378  = 

iiKiiivais,  malheureux . 
Xim-r-i  (Capoue,  1.  14}  —  i^  413  =  mèuic  mol  augmcnlé  du  sullixe 

-ri  (.^  129,  7). 
Xim-Ô  fC.  '<.'')3S  ;  Krall,  X,  11]  —  .^  318  =  malheur,  uuilheurru.r,  dérivé 

de  xiïïi  !'  l'aide  du  sullixe  nominal  -6(§  120). 
Xim-S-m  (Magliano)  —  ,^§  2!)8,  301,  302   ^=:  uimt  iiinlhr>n\   hrlas  !  La 

désinence  m  paraît  être   le   sullixe  possessif  de   la   l''"   personiu> 

(§§.i3ell33). 

Il  Finnois /.«mo  «état  de  chose  renversée,  ruinée  »  ;  lapon  ;/omo,  Icohmo  »  ren- 
versé »  ;  zyrénien  hîm-  «  renverser  »  ;  hongrois  homorù  «  concave,  courbé  » 
(Budenz,  p.  109,  n»  137  ;  Donner,  I,  p.  88,  n»  315).  —  Voir  §  63  1  4. 


XIS 


Xis   Ki'.dl,  II,  (1;  III,  22;  IV,  2,  15,20  ;  V,  i,   11,  M  ;  VIII,    15  ;   IX, 
'.,  Il,  r.t,  -22)  —  ^§  345,  357,  370  =:  long. 
Il   Hongrois  Itusm'i  «  long  »  ;  vogoule /roAvV  ;  zyrénien  lniz;  tchéréniisse /.//^o. 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  373 


XIS 

Xis-vli-C-s  (C.  4196)  —  §  279=  conduit  d'urine,  substantif  composé 
de  ^is  urine  et  de  vlics  conduit,  cmissaire  (voir  ce  mot). 

Il  Finnois  kuse  «  urine  »  ;  hongrois  hùcr  ;  vogoule  kuS  ;  tchérémisse  ku\  ; 
ostiak  yos-em  (Budenz,  p.  120,  n°  145  ;  Donner,  I,  p.  20,  n°  67).  Pour  la  voyelle, 
voir  §  63,  1  4. 

xu 

XU-es  (Capoue,  1.   18)  —  §   422  =  graissé,  gras,  participe  en  -es 
(.§  101 1  du  verbe  *xu-. 

Il  Finnois  ku  «  gras  »  ;  hongrois  hi-z-  «  devenir  gras  »  ;  vogoule  kô-f-  «  id  »  ; 
mordvine  kiij-a  «  gras  »  (Budenz,  p.  10,  n»  92  :  Donner,  1,  p.  9,  n"  31).  —  Voir 
§  64  U  2. 

XUP 

Xup-e-r  'Capoue,  1.8)  —  ^A0{)  =  amas,    substantif  formé  avec   le 
sutlixe  nominal  -r  (,^  116). 

Il  Hongrois  hoporc  »  renflement  »;  mordvine  koper',  kopîr  «  dos  »  (Budenz, 
p.  114,  n°  139. 


E 


e-ca  (G.  iUO  ;  F.  2031,  2130,  2183,  2598,  2602;  Magliano)  —  §§  188, 
190,  193,  194,  262,  288,  302,  317  =  ce,  cette,  celui-ci,  ceci,  voici. 
Le  mot  est  composé  du  démonstratif  e  (ou  a)  et  de  la  particule  ca 
(voir  ce  mot). 

e-c-n  (C.  78  ;  Krall,  IV,  2  ;  V,  2  ;  IX,  1,  8)  —  §.^  26'i,  3i8,  370  =  ici  ; 
c'est  le  démonstratif  précédent  (e-c)  pourvu  du  sutlixe  casuel -n 
(^  129,  5),  qui  prend  ici  une  valeur  adverbiale  (§  156,  2). 

e-tnam  (Krall,  III,  12  ;  V,  7  ;  M,  5,  7,  12  ;  VII,  2,  3,  4,  5,  9,  10,  13, 
li,  15,  etc.^  —  .^i^  3i(),  354,  37 i,  'Ml,  .'{78,  383  =  maintmant,  alors, 
à  ce  uioinoil.  Ilépété,  le  mot  a,  une  valeur  disjonclivc  ((inune 
nunr..  .  nunr  en  latin,  Innhll...  hiiih'il.  Le  siiilixc  -tnam  est  nu 
siillixc  inlvcrbial  H  15(;,  3  ;  rï.  cn-tnam  Kr;ill,  VII.  12;  XI,  II), 
vacl-tnam   Krall,  VI,  10;  VIII,  I  ;  Xll.  9,. 

e-G  (C.  -4110  ;  Magliauuj  —  §§  2i5,  302,  304  =  à  partir  de  ceci,  dès 


374  nUATlUÈMK    l'AUTlE 

lors,  drsnnnais;  la  désinence  est  le  siidixo  casuel  -6  (§  1-29,  n»  11), 
qui  marque  le  point  de  départ. 
Il    Voir  a  ^cf.  §  13-4,  1). 

EC 

ec-S  (Magliano  A)  —  î^  301  =  de  la  màrhoirc,  t;éuilil'  de  *ec  nniclinirc. 
ec-n-i-a  (Magliano  B)  —  §  303  =  èlrc  hranl  de  m  irhnire,  verl)e  com- 
posé de  ec  mâchoire  et  de  ni-a  cire  hranl  (voir  ce  mol). 

Il    Finnois  ik-ene  «  gencive,  niilchoire  »  ;  cstlinnien  Ige   «  gencive,  mâchoire  »  ; 
(niuienz,  p.  818,  \\°  897).  Pour  la  voyelle  thématique,  voir  S  62  E  2. 

El 

ei  (C.  370,  3ii-2  ;  Krall,  IV,  13  ;   XI,   10  ;   Capoue,  1.   13i  —  i^^  203, 

412  r=  grand. 
ei-n  (G.  880,    4110,   4201,    4538)  —  §§  203,  213,  245,  322  =  c'est 

Tadjectif  ei  augmenté  du  suilixe  casuel  -n  §  120,  5), 
—  Voir  les  composés  al<paz-ei,  estr-ei,  fas-ei,  6a9en-ei. 
On  écrit  aussi  ai  (voir  ce  mol). 

Il    Finnois  liijil  «  multiple  ». 

El 

ei-t  (G.  2027)  —  §  274   =   effrayant;    la  désinence    est  le   sulTixe 

nominal  -t  (§  120). 
ei-t-va  (F.  2050)  —  §  233   =    terrible,  dérivé   de   ei-t,  à   Taide   du 

suilixe  -va  (?;  123). 
ei-6  (F.  227()!  —  ^  210=  variante  graphi(|n('  de  eit.  Pour  l'équiva- 

IcMcc  du  t  cl  du  6,  voir  ^  08. 

Il    Finnois    i/i-me  »    chose  merveilleuse,    étonnante»;    hongrois  ij-iid-  a  être 
cflrayé  »;  ij-u-n  «  terrible  »  ;  ijiisl-  «  faire  peur  »  (Budenz,  p.  813,  n°  891). 

EIM 

eim  (Krall,  IV,  12  ;  V,  0;  IX,  10,  17)  —  .i;§  350,  372  =  constant. 
Il   Finnois  ,y«m-e-«  «  rigide,  stable,  constant  ». 

EIS 

eis    Krall,  X,  10)  z=  grand;  r\'  ais  cl  is. 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  37o 

eis-er  i Krall,  V,  10,  14, 15)  -  §§  357,  359  =  grand;  cf.  ais-er. 
eis-er-as  (Krall,  V,  20)  —  §  365  =  grandeur  suprême,  cf.  aiseras. 
eis-na  (Krall,  IV,  2-2;  V,  1,  12;  XI,  10;  XII,   7)  —  §  382  =  chef, 
prcire  (?);  cf.  aisna. 

EIS 

eis  dans  le  composé  tlena^-eis  i  voir  ce  mot)  =  articulation. 

Il  Finnois  Jâs-e-n  «  membre,  articulation»;  tchérémisse  ye^e«;  mordvine 
uz-nil;  vogoule  Joz  ;  hongrois  iz  (Budenz,  p.  829,  n"  914;  Donner,  I,  p.  103, 
n»  370). 

EL 

el  (Capoue,  1.  151  — §  415  =  vif,  violent,  fort. 

el-ur-i  (Krall,  V,  22)  — §  367  =  faire  effort  de  violence,  composé  de 
el  et  de  ur-i  «  faire  effort  »  (voir  ce  mot). 

Il  Finnois  iil-li  «  fougue  »,  al-hil  «  vif,  violent  »,  dl-i-u  «  intempérant,  impé- 
tueux, déchaîné  ». 

EM 

em  dans  les  composés  numéraux  ci-em,  es-l-em  (voir  ces  mots) 
=  défectueux. 

Il  Hongrois  dm-ùl-  «  être  stupéfait  »,  om-it-  «  mystifier,  duper,  stupéfier  » 
(Budenz,  p.  "44,  n°804). 

EN 

en-a-c  (Krall,  VII,  11;  XII,  7)  —  §  385  =  c'est  le  verbe  en-a  dire, 

avec  l'enclitique  de  coordiation  -c  (§  154). 
en-a-x    Krall,  XII,  4)  —  §  383  =  sonore,  à  haute  voix,  adjectif  formé 

avec  le  sutïixe  -^  (§  lOOi  comme  mla-Xi  mula-x- 
en-as    (Krall,    II,   8;  III,  21;  IV,   6,   19;  V,  4,  1,   14,   23;   VII,  23  ; 

VIII,  2;  IX,  3,  6,  10,  13,   22)  —  §§   342,  352,  368,   370,  371.    = 

langage,     discours,     paroles,    substantif    en  -as   (§    99^,  comme 

menas, 
en-e-sc-i  iG.  4538)  —  §!:^  312,  320,  321  =  faire  des  cris,  verbe  dérivé 

du  simple  en-,  à  l'aide  du  sufïixe  double  -se  (§  95)  ;  cf.  le-sc-an. 

reu-sc-e. 

Il  Finnois  /ï/'in-e  {noïa.  uun-i)  «  son,  voix  »;  hongrois  én-uk  »  chant,  hymne  » 
(Budenz,  p.  788,  n»  856). 


376  QUATRIÈME    PARTIE 


EN 

en  dans  les  composés  cep-en,  cer-en,  av-en-ce  voir  ces  mois) 
=  grand. 

en-)(V-e  dans  le  composé  sr-en-^v-e  i  voir  ce  moti=  être  grand, 
verbe  formé  avec  le  sullixe  double  de  dérivation  -yy  i^  90  bisi;  cf. 
fler-xv-a,  un-xv-a,  fulum-xv-a 

en-s-ai-s,  dans  le  comi)osé  apr-eos-ai-s  voir  ce  mot:  —  §  206 
=  génitif  d'un  participe  en -i  !:!  lOi});  en-s-ai  éciuivaut  à  en-s-i 
qui  croU  i§  53). 

Le  radical  verbal  en-s-  rroilrc  est  formé  avec  le  sufllxe  de  dériva- 
lion  -s  !>;  86 1. 

Il  Finnois  en-i'i  <>  pins,  (lavanta<;o  ■>  ;  ostiak  cn-un-.  an-m-  »  croître  »  ;  mordvine 
in-e  ((grand  »;  liongrois  ni>-  ((  croître  »  (Ikidenz,  p.  SSo,  n"  'J89). 

EP 

ep-1  (C.  4538)  —  §  313  =  sur  une  pierre,  le  suffixe  -1  est  le  suffixe 

casuel  (§  129,4). 
ep-l-c   C.  i538i  —  iiî  313  =  même   mol  que  le  précédent,  augmenté 

de  l'enclitique  coordiiiatrice  -c  (§  151). 
ep-n  (Capoue,  l.   1  i)  —  i^  \\\\  =  bdtis,  cnnslrmilon;  la  désinence  est 

le  sutlixe   de  dérivation  nominale  -n  ^^  113,  1). 

Il   Hongrois  ép-il-  «  bâtir,  construire  »;  ép-ill-ilt  ((  liàtinient  »     Budenz,  p.  790, 
n"  859). 

ER 

er,  dans  le  composé  cap-er  (voir  ce  mot)  =  à  pari,  hors  de  pair,  d'où 

le  sens  de  extraordinaire . 
er-a,  dans  le  composé  (?J  et-er-a  i  voir  ce  mot  i  =  èlre  à  pari,  e.rlraor- 

di  lia  ire,  verbe  dérivé  de  er. 
er-c    Krall,  V,   17]  —  «i;  363  =  r?/  qui  est  à  part;  c'est  radjeclifer 

augmenté  de  l'enclitique  coordinatrice  -c. 
er-xv-a.  dans  le  composé  cer-er-xv-a  i  voir  ce  mot)  =  être  à  part, 

èlre  extraordinaire,  verbe  dei'ivé  de  er  à  l'aide   du    sulfixe  verbal 

double  -XV  (!^  90  bis). 
er-i  (Capoue,  1.  12) — ^.W.)=:qai  r.sl  hors  de  pair,  extraordinaire, 

parfait,  participe  en  -i  (§  103)  du  verbe  er-. 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  377 

eri,  être  séparé  de,  dans  le  composé  manim-  eri  (voir  ce  mot) . 

Il    Finnois  eri  «  séparé,  disjoint,    distinct    »,  erinomainen    «   singulier,  admi- 
rable, rare  »,  eritlcnn,  «  beaucoup,  au  suprême  degré  ». 


ES 


es-t-l-a  i^C.  4538)  —  §  309  =  songer,  se  souvenir,  verbe  dérivé  de  *es 
esprit  à  l'aide  du  suffixe -t  i^  87    et  du    fréquentatif -1  i§  82i. 
Il  Hongroises  «  esprit  »  ;  iis-mil  «  idée  »  'Budenz,  p.  800,  n"  816). 


ES 


es-t-ac  C.  4538 1  —  §321  =:  brusque  de  chute,  composé  de  es-t- 
tomber  et  de  ac  brusque,  soudain  (voir  ce  mot  .  Dans  es-t-,  le  -t 
est  un  suffixe  de  dérivation  verbale  (§  87). 

es-t-r-  ei  (Krall,  IV,  11;  V,  9.;  IX,  16,  17)  —  §§  356,  Tri  =  grand 
d'apaisement,  composé  de  es-t-r-  tomber,  être  apaisé,  et  de  ei  grand 
(voir  ce  moti.  Dans  es-t  r-,  il  y  a  deux  suffixes  de  dérivation 
verbale,  le  suffixe  -t  i§  8")  et  le  suffixe  -r  (§  851. 

es-v  is-c  Krall,  IV,  15,  20;  V,  11,  14  ;  IX,  19)  —  §§  357,  359  =  et 
apaisé.  Le  c  final  est  l'enclitique  de  coordination  (§  154).  Es-v-is 
équivaut  à  *es-v-s.  La  désinence  s  est  un  suffixe  de  dérivation 
nominale  (§  117,;  cf.  seu-s.  Dans  es-v,  le  v  est  un  suffixe  de 
dérivation  verbale  (.§  88). 

Il  Hongrois  as-  «  tomber  »  ;  vogoule  is-  «  tomber,  descendre  »  ;  finnois  is-tu- 
«  s'asseoir»  :  mordvine  oza-  "  id  »  ;  zjTénien  ns'-  «  tomber  »  (Budenz,  p.  797, 
no871î. 


ES 


es-a-l-s  F.  I.  387)  —  §§  142,  220=  génitif  de  es-a-1  premi>^r.  Dans 
es-a-1.  Ta  n'est  pas  organique.  La  désinence  -1  est  le  suffixe  de 
dérivation  nominale    (§  109). 

es-I-z  (F.  2335  a)  —  §§  222,  235=  uniquetne/il,  jhtrlhnlirrfnient .  La 
désinence  z  est  un  suffixe  adverbial    {^  L56^  n"  3)  ;  cf.  te-z,  6un-z. 

Il  Finnois  as-ke-le-  «  aller  de  l'avant,  faire  un  pas  en  avant,  marcher  »  :  as-ttt- 
«  marcher,  monter  »  ;  mordvine  as-ke-le-  «  id.  »  ;  tchérémisse  os-ked-.  as-ked- 
«  faire  un  pas  ».  (Budenz,  p.  838,  n»  933). 


378  OUATIUÈME    PAIITIE 


ESC 

esc-u-na  F.  2335)  —  ^  212  =  ch'-claration,  avis,  proclamation .  Pour 
le  snfTixo  nominal  -na,  voir  §  111.  Le  même  radical  esc-  se 
relroiixc  dans  le  coniposé  lautn-esc-1-e  faire  promcs.se  de  fidrUlé. 
Esc-l-e  présente  le  sullixe  de  dérivalion  verbale  -1  [%  83). 

Il    Hongrois  ïisk-iïv-,  usii-ils-,  ash-iid-  «  jurer  »  ;  vogoule  esy  »  louer,  vanter  »' 
osliak  iyi/c-  o  glorifier  »   (Budenz,  p.  TJ8,  n°  873). 

ET 

et-e-r  iF.  I,  130  a  h)  —  ,^  190  =  qui  est  en  avant,  c'est-à-dire  siipé- 

rie^ir,  hors   rançi,  hors  de  pair,  excellent,   adjectif  formé    de    et  en 

avant  et  du  sullixe  nominal  -r  i§  110 1.  Le  second  e  parait  inorga- 

ni(iae  :  cf.  ci-dessous  Et-r-u. 
et-e-r-a     C.    ilii,  4o37)  —  >:<  202  =  être  excellent,  verbe  dérivé  de 

eter. 
et-e-r-a-u  (F.  î,  138 1  —  j^i  201  =  excellent,  variante   graphique    de 

et-e-r-a-v.  Pour  l'équivalence  u  =  v,  voir  §  72. 
et-e-r-a-v    F.  20.joi   — ,^231  ^=  excellent,  adjectif  dérivé  du   verbe 

etera  à  laide  du   sufRxe  nominal -va  (j;  123)  abrégé  en -v. 
et-e-r-i   (..   .SO'.»,   2'<80,  'i20l,  i:il9,   1021j  —  ,^1^   202,    203  =  étant 

excellent,  participe  en  -i  i§  103 1  du  verbe  etera. 
et-e-r-ti-c  (Krall,    XII,  3,  8i  —  .^s^  378,    382=  et  excellemment;  la 

désinence  est  rencliticiue  coordinalrice  -c  (i;  151);  le  suiïîxe  -ti  est 

le  sutlixe  casuel  (^  129,  lOi,    donnant    ici  à   l'adjeclif  et-e-r  nue 

valeur  adverbiale  i  i!;  l.'iO,  2t. 
et-rin-6i  i  Krall,  \II,  5i  —  ^^  ;i8()  =  ohjrrliini,  riposte,  réponse,  proprc- 

\\\vn[  projrrtion   en   avant,    composé    de  et   et    de  rill-6i  ivoir    ce 

mol). 
et-ve    C.   ll'iOi  —  !;;  211  =  ([ni  est  en  avant,  cmpi'essé;  la  désinence 

est  le  siiirixe  nominal -ve,  -va(i^  123). 
A  celle  racine  se  rallaclie  le  nom  propre^  Etru. 

Il    Finnois  ele  Jnoniin.  csï]  «  partie  antérieure  »  (LUulenz,  p.  TÎ8,  n"  848). 

E0 

eÔ  1    F.  20:i0)    —  §  2:î3  =  r/ut   dure,  cim  larde,  (pti  se  fait  attendre, 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  379 

chronique,  adverbialement  à  la  longue;  le  mot  est  formé  avec   le 

suffixe  de  dérivation  -1  (§  109). 
e0-r-i  (Krall,  XI,  13)  —  §  343  =  atlendre,  verbe  formé  avec  le  suffixe 

-r  '§80}. 
ee-r-s-e    Krall,  II,  5  ;  III,  -21  ;   IV,  -2;  V,  i  ;  VIII,  lo  ;    IX,   3,  10-  — 

,§§  343,  370  =  alirndre,   verbe  dérivé   du    précédent,   à  l'aide  du 

suflixc  -s  i§  86). 

Il  Hongrois  id(î  «  temps,  âge,  durée  »,  id-ôs  «  âgé  »;  id-ult  ^  chronique» 
(Budenz,  p.  808,  \\°  880);  pour  la  voyelle  thématique  voir  §  62  E  2. 

EUL 

eul-a-t  (C.  4538)  —  §  309  =  passant  ;  la  désinence  est  probable- 
ment le  suffixe  nominal  -t    §  120  avec  a  intercalaire. 

Il  Peut-être  finnois  olk-e-,  olj-e  «  arriver  par  hasard,  se  trouver  là  »  (Budenz 
p.  558,  n"  588). 

EUT 

eut-u-s-e,  dans  le  composé  har-eutuse  i voir  ce  mot)  —  §  319  = 
rire  en  dégoût,  verbe  formé  à  l'aide  du  suffixe  de  dérivation  -s 
(§  86). 

Il  Hongrois  u't-olc  «  malédiction  »  (Budenz,  p.  160,  n°  823),  ou  bien  ùt-/ll- 
«  détester,  mépriser,  abhorrer  »  Budenz,  p.  870,  n°  969}.  La  valeur  du  groupe  eu 
est  incertaine. 

EV 

evi-t-iuras  Magliano)  —  §  306  =  rondelle  à  ingestion,  cuiller,  subs- 
tantif composé  du  verbe  evi-t-  faire  entrer,  ?/?^^';'cî' et  du  subs- 
tantif iur-as  rondelle  (voir  ce  mol  .  Evi-t-  est  formé  avec  le 
suffixe  verbal  -t  i?i  87 1. 

Il  Hongrois  olv-  «  s'imbiber,  se  pénétrer  »  ;  ay-a/-  «  imbiber,  ingérer,  intro- 
duire »  :  Budenz,  p.  760,  n°  827).  Voir  g  62  E  1 . 

EZ 

ez  (.Magliano)  —  ,^  298  =  père. 

Il  Finnois  «/t  «  père  »  ;  hongrois  3.t'a  ;  vogoule  ai^e;  mordvine  at'a;  ostiak 
al'a,  azi:  votiak  ataj  ;  tchérémisse  rtci  ^Budenz,  p.  760,  n°  826). —  Pour  la 
voyelle,  voir  §  G2  E  1. 


380  QUATIUÈMl::    PARTIE 

F 

Initial  Tf  (■'li'us(|ue  répond  au  p  linnois  cl  à  1'/' hongi'ois  ;  vuii'  i^  09. 

FA 

fari0-n-ai  (Capoiie,  1.  15)  —  §  ilo  =  faire  arci-h'rallon  de  sou/fle- 
ment^  verbe  composé  de  fa-  souffler  el  de  ri6nai  (voir  ce  mot). 

fa-vi-ti-c  Krall,  V,  21 1  —  i;  366  =  verbe  fa-vi  (Hre  violent  de  souf- 
//''?n'';?/,  aiit;iiienté  du  suffixe  casuel  -ti  (p.  120,  lOi  et  de  l'encli- 
li(lii('  cdordiiialrice  -c  (§  154).  Le  verl)e  fa-vi  est  composé  de  fa- 
et  de  vi  rire  dolent  i  voir  ce  mol). 

Il  Finnois  ]nih-ka  «  respiration  forte  »;  tiongrols  fuj-,  fi'i-  «  souffler  »,fuv-7.Ug 
«  teinpt'te  »  ;  vogoule  puo-  «  souffler»;  tcliérén)isse  pu-  <■  id  »  ;  niordvine /jwya- 
(dial.  fa)    «  id   «  (Budenz,  p.  540,  n"  ."168). 

FAC 

fac  (Capoue,  I.  5)  —  §  395  =  fissure,  fente. 

Il  Hnnois  ]jal,o  «  l'ente  »,  pakoa-  «  avoir  des  fentes  »  ;  liongrois  /aA-acZ- 
«  éclater  »  (Budcnz,  p.  489,  n°  511). 

FAL 

fal-a-s  iC.  15381  —  ^  31i  =  génitif  du  verbe  *fal-a  manger. 

fal-st-i  (C.  4538)  —  ^  315  =  manger,  dérivé  du  radical  verbal  fal-  à 
l'aide  du  sutïixe  double    st  (§  97). 

fal-za-6i  (Magliano)  — §300^  ee  qu'on  mange,  aliments,  substantif 
en  -9i  'i;  V±l),  comme  spure-6i,  clu-6i.  Il  vient  d'un  radical  ver- 
bal *fal  z,  déi-ivé  de  fal-.  Le  siillixe  -z  est  une  modification  du 
suffixe  de  déi-ivation  verl)ale  -t  ou  0  s^i  87  1  :  cf.  fle-nz-na  =  *fle- 
n6-na. 

Il  l'"innois  pcild  .c  nioreeau,  houcliée  »  ;  hongrois  /'a/-,  »  avaiiT,  dévorer  », 
fi.l-y.1  i<  lionclirc  »  :  vogoule  fol-  «  manger  »  (lUidcnz,  p.   V.)2,  n°  .519). 

FAN 

fanu  C.  il  10  ;  K.  2279)  —  §§  2i5,  2i6  =  placer,  établir,  construire, 
Il    Finnois  pcme-  «  placer,  établir  ». 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  381 


FAR 


far-6  F.  807]  —  §  223  =  misérable,  pitoj/able  ;  le  mol  est  formé 
avec  le  suffixe  de  dérivation  nominale  -6  (§  120  . 

far-e-a-n  iKrall,  II,  12;  V,  7  ;  IX,  14)  —  §§  334,  372  =  pitoijable, 
adjectif  dérivé  du  précédent  à  l'aide  du  suffixe  -n  (§  113U  Le  se- 
cond a  est  inorganique. 

far-6-a-na  G.  3910)  —  §224  =  rhosc  misih'able,  objet  de  piliê,  objet 
de  regrets,  substantif  dérivé  de  far-9,  à  l'aide  du  suffixe  nominal 
-na  (§  114)  ;  farôana  est  probablement  pour  farGna  ;  cf.  harOna 
(G.  3135',  qui  n'est  qu'une  variante  graphique  de  far-6na.  comme 
le  prouvent  les  doublets  Fasti,  Fasntru  et  Hasti,  Hasntru 
(Fabretti,  Glossarium). 

far-0-na-x-e  F.  2033  bis  Ga  :  F.  2327  ter  b\  F.  I,  387  i  —  §.§  225, 
220  =  i'tre  rnisih'able,  être  objet  de  pitié,  de  regrets,  verbe  dérivé  de 
far-6-na  à  l'aide  du  suffixe  -x  J  80). 

Il   Finnois  par-ha    «  misérable  »  ;  par-ku   «  vocifération,   clameur,    lamenta- 
tion »  ;  par-ku-  «  se  lamenter  »  ;  hongrois  fiir-Ml-  «  fatiguer,  peiner  ». 

FAS 

fas-e  (Krall,  IV,  20  ;  V,  lo)  =  s'étaler. 

fas-i   Krall,  IV,  13;  IX,  17   =  parait  être  un  doublet  de  fas-e. 

f^s  ei   Krall,  II,  11,    13;  III,   21;  IV,   7,16;  V,    11,  21;  IX,   19)    — 

§  357  =  grand  d'étalement,  composé  de  fas-  et  de  ei  grand  ^^voir  ce 
mol). 

fas-ei-c  Krall,  IX,  8,  14)  —  §  372  =  fas-ei,  augmenté  de  l'encli- 
tique de  coordination  -c  (§  154). 

fas-eis  Krall,  IV,  21  ;  V,  15)  —  §  359  ==  grand  d'étalement,  com- 
posé de  fas-  et  de  eis  grand  (voir  ce  mol). 

fas-l-e  Krall,  V,  2)  —  §  349  =  s'étaler,  formé  à  l'aide  du  suffixe  de 
dérivation  verbale  -1  (§  82). 

Il    Hongrois  fus-ûl-  «  s'étendre  »,  fiis-il-  «  étendre  »  (Budeuz,  p.  521,  n»  548). 
l^our  la  voj'elle  voir  §  61  A  2. 

FEL 

fel-i  (G.  4538j  —  §  313  =  parler,  dire. 

Il   Hongrois   ful-iii-Cd-   «   répondre,  riposter  »;  ful-i'd-  «    répondre  »;  tchéré- 


382  nl'ATRIÈMK    l'AliTlH 

misse  pel-est-  «  [tafler,  dire  des  piiroies  »  :  \o^nu\o  jial-iml-  "  dire,  annoncer  •> 
niordvine  pel-ksln-  «  ri[)oster,  se  disputer  »    Hudenz,  [>.  510,  n"  o3(i). 


FER 

fer-i-e-9  ^Capouc,  I.  1 1  i  — >;  ^07  =  à  jxi/'lir  de  l'acte  de  ioiu'hUloiiner . 
La  désinence  -6  esL  Ic^  snflixe  casuel  ;,^  129,  n°  jli.  Le  verbe  fer- 
i-e  est,  formé  à  raidc  du  siiflixe  de  dérivation  -i  (ij  81). 

Il  Vogouie  prr-  «  tourner  »  ;  finnois  puoiii-  <>  tourbillonner  »  ;  liongrois  for-or/- 
«  tourner»  (Budenz,  p.  532,  n"  562). 

« 
FI 

fi-t-u-G  i^Capouc,  L  13)  —  i^  111  =  flamme,  substantif  formé  avec  le 
suflixe  nominal  -6  (  §  1:20).  Le  radical  verbal  fi-t-  dérive  d'un 
thème  *fi   à  l'aide  du  snlïixc  verbal  -t  (i^  87). 

Il  Hongrois  fc-n'  «  éclat,  lueur»;  flnnois  pill-vu  «  soleil,  jour  »,  pai-sla- 
«  briller  »  ;  zyrénien  bi  «  l'eu  »  (Budenz,  p.  513,  n"  540). 

FIR 

fir  (Capone,  l.  111)  —  i;  il8  =  dernier,  (jui   esl  fiar  dm'ière. 

fir-i-n  (Krall,  VII,  7,  9)  —  i;§  inO,  378  =  en  revenanl  ai  arrlrre,  par 
contre^  au  contraire,  adjectif  employé  adverbialement.  Il  esl  formé 
du  verbe  'fir-i-  à  l'aide  du  sullixe  nominal  -n  (5;  113). 

Il  Finnois  pen'i  «  partie  [joslrricure  »  ;  vogouie  pai-i,  pur  «  de  nouveau,  au 
contraire  »  ;  ostiak  ])ii-  a  ce  ([ui  est  deirii'ie  »  pira  «  di;  nouveau,  en  retour  »  ; 
hongrois  far  «  postérieur  »  (Budenz,  p.  i'J5,  n»  522).  Pour  la  voyelle,  voir  §  63, 
I  1. 

FL 

fl  (C.  53,1  —  §  280  =  moitié,  femelle. 

Il  ]'"innois  ptioli  «  moitié,  ce  qui  est  à  enté  »  ;  ptioli-so  «  conjoint  »;  vogouie 
jKtl,  pal  «  moitié,  côté  »  ;  votiak  pal  v  côté  »  ;  niordvine  pola  «  mari  ou  femme  »  ; 
hongrois  /"a/  «  paroi  »  (Budenz,  p.  -490,  n°  518). 

FLE 

fle-nz-na  (F.  2279)  —  ^  24G=  co)iservalion,  substantif  formé  avec  le 
sullixe  nominal  -na  (§  lli)  et  dérivé  du  radical  verbal  fle-nz-, 
lequel  i)résenle  le  sullixe  -n9  (§  !»i)  ;  cf.  ArnG  et  Arnza. 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  383 

fle-nz-na-te  iF.  "1^19  =^  verbe  dérivé  du  substanlif  précédent. 

fle-r  Jû'all,III,13;  IV,  3  ;  VI,  9,  10;  VIII,  1-2,16;  IX,  2,  9;  XI,  14)  — 
§§  3il ,  310.  370  =  (ufélaire,  adjectif  formé  avec  le  suffixe  -r  (§  116). 

ûe-r-jy-a.  iKrall,  VIII,  3)  —  §  327  =  prendre  des  précautions,  se 
garantir,  verbe  dérivé  de  fier  à  l'aide  du  suffixe  -jy-  (§  90  Ois). 

fle-r-e  (F.  1069;  Krall,  III,  18;  IV,  14,  19;  VIII,  11  ;  IX,  7,  18,  -2-2^ 
—  §^  270,  339,  371  =  protéger,  rire  tutélaire,  verbe  dérivé  de  fier. 

fle-r-e-ri  (Krall,  Mil,  10)  —  §  337  =  pour  protéger  ;  c'est  le  verbe 
flere  augnieuté  du  suflixe  casuel  -ri  (§  129,  n°  7). 

fle-r-es  ^C.  301,  302,  447,  4196,  4361;  F.  2599,  2613;  Krall,  IV,  8; 
VI,  12;  IX,  14)  -  §§  271,  272,  273,  275,  276,  279  =  protégé,  adjec- 
tif verbal  en  -es  (§  101)  équivalant,  pour  le  sens,  à  un  participe 
passé  passif. 

fle-r-s  (Krall,  VI,  13)  =  salut  (?),  dérivé  de  fier  avec  le  sullixe 
nominal  -s    §  117). 

fle-r-9r-ce  iF.  2598)  —  §  288  =à  l'état  de  sain  et  sauf.  La  désinence 
est  le  suffixe  casuel  -ce  (§  129,  n°  2).  La  formation  du  radical 
fler-9r-  est  obscure. 

fle-zr-u  (G.  4562)  —  §  270  ^protéger  (?j  ;  fle-zr-u  est  probablement 
pour  fle-9-r-u  (suffixe  -9,  §  87  ;  —  sullixe  -r,  ^  85)  ;  pour  la  permu- 
tation du  9  et  du  z  voir  plus  haut  fle-nz-na. 

Il    Finnois  pel-a-sla-   «    conserver,    défendre,  protéger   »  ;  hongrois    fal-ûd- 
<t  oublier»  (Budenz,  p.  510,  n»  o3o). 

FU 

fu-nir  (Capoue,  I.  9,  —  §  404  =  baguette  de  bois^  branchage,  fagot, 
composé  de  fu  bois  et  de  nir  baguette  (voir  ce  mot). 

Il    Hongrois  fa  «  arbre,  bois  »  ;  finnois  /j»  ;   tchéréraisse,   zyrénien,  votiak  pu 
(Budenz,  p.  480,  n°  311.  —  Voir  §  G4  U  2. 

FUV 

fu-f-1-u-ns  (F.  2468,  2501)  —  §  289=  vigne,  dicinité  de  la  vigne,  pro- 
prement qui  s'attache,  qui  se  suspend.  Un  dieu,  qui  correspond  à 
Dionysos-Bacchus  est  ainsi  désigné  sur  les  miroirs  à  ligures  (Miil- 
ler-Deecke,  II,  p.  78,  note  136).  La  désinence  -ns  est  le  sutlixe  de 
dérivation  nominale  (§  115),  que  l'on  retrouve  dans  ne9uns,  sians. 
Quant  au  radical  verbal  fu-f-1,  il  est  formé  à  laide  de  deux  sullixes, 
le  suiïixe  -p  (^  84'"»),  devenu  -f  après  l'aspiration  tinale  du  thème 


384  ULATRIÈME    PAUTIE 

*fuv,  cl  le  sullixc  -1  'î5  8^2).  —  Lg  nom  de  la  ville  élrLiS(ii]e  de 
Populonla  (Pupluna  (ui  Pufl  sur  les  nioiinaies  ;  voir  Miiller- 
Deeckc,  I,  \\.  iir3-il7)  venait  sans  doulc  de  ce  (jiie  la  i-égion  était 
couverte  de  vignes.  Pline  TAncien  y  nienliunue  une  ti-ès  ancienne 
statue  de  Jupiter  en  bois  de  vigne  \XIV,  9). 

fu-f-l-u-ns-1  ou   fu-f-1-u-ns-ul  (Ga.  :]())  —  i^  ti<S<)  —  r'm,  propremenl 
c<;  </ui  se    rapiiorlc  à  fufluns  ;  la  d('siueuce  est  le  suilixe  nominal 
{^  100). 
li    Mordviiic  //ot'i-  (.   rester    suspendu   à»;   vogoule  pu    ■■  saisir,   attraper   »  ; 

vogoulc    niérididiial  /<///'-    «  saisir  »,  puv-ld-  >•    s'agripper  à    »  ;    linndis   pù-llu- 

"  lier,  allaciier,  eoudrc  »,  pù-Uu-  «    s'attacher  »  ;  hongrois  foij-  «  saisir,  tenir  » 

(Budenz,   p.   .'i2G,  n°  555). 

FUH 

fuh-z-u-s  (Capoue,  I.  9)  —  §  102  =  rlranglr,  rcsscrrr,  obslrw-,  adjec- 
liC  l'orun';  à  Taide  du  suilixe  nominal  -s  (i^  117)  et  dérivé  du  radical 
verbal  fuh-z-,  l('(iuel  dérive  lui-même  de  *fuh  à  l'aide  du  sufïixe 
verbal  -z  d'.  alcpa-z-ei,  nurcp-z-i,  fle-nz-na,  fal-za  6i).  Pour  l'h 
non  initial,  voiri;  ~'i\  cf.  cehen,  tehamai. 

Il  Hongrois  fà-l-  «  sultoquer  »  ;  fuj-l-  «  étrangler  »  ;  niordvine  pova-  «  étran- 
gler »  ;  lapon  puve-  «  id  »  (Budenz,  p.  541,  n"  509). 

FUL 

ful-i  (Capoue.  1.  .'))  —  §  39G  :=  ce  qui  a  coulé,    participe  en  -i  (^  lO.'}) 

du  verb(!  fui-  couler. 
ful-um-xv-a  (C.   -iolUSi   —   i^  1520  =:  couler  vile,  passe)-  rttphleuienl, 

verbe    Corme  avec   deux  sullixes,  le  suilixe  -m  (i:i  H,'})  el   le  suilixe 

d(Mil)l("    yy-  f>i  'M)''"). 

Il  Hongrois  fuV-  <■  couler,  courir  »,  foV-l-oil-  <<  continuer,  suivre  »  (Budenz, 
p.  5;J0,  n"  538).  —  Voir  S  G-i  U  1. 

FUS 

fus-l-e  (C.  4o38)  —  §  ',)[ï=  ne  pas  hou(jer,  demeurer  'nislallé,  verl)e 
dérivé  d'un  radical  *fus  à  l'aide  du  suilixe  verbal  -1  (§  82). 

fus-1-e-ri  (C.  i.'>.'i8)  —  5<  ;U0  =  pour  ne  pas  bouger \  c'est  le  verbe 
fas-l-e,  augmenté  du  suilixe  casuel  -ri  (i;  12Î),  n°  7). 

Il  t'iiuiois  pi.lsil-  '(  rester  en  place,  ne  pas  bouger  »  ;  niordvine  peze-  «  rester 
fixé  »  ;  tchérémissc  pi-{-  <<  adhérer  »  ;  lapon  pisse-  «  tenir  ferme  (intrans.)  »  ; 
hongrois  fiigf/-  «  dépendre  »  (Budenz,  p.  546,  n"  575).  —  Voir  g  64  U  2. 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  385 

H 

L"h  iniLlal  étrusque  correspond  au  v  linnois  ;  voir  §  74. 

HAR 

har-eut-u-s-e  G.  4538)  — .^  319  =  être  dédaigneux  d'aliments,  verbe 
composé  de  *har  aliments  et  de  eutuse  être  en  goût  (voir  ce 
mot). 

li   l'^innois  vero  «  don,  tribut,  nourritui-e  ->   (Setalii,  FUF,  XIII,  p.  470).  —  Voir 
§  G2  E  1. 

HA0 

hat-e-c   Krnll.IV,  '».  10;  ^  variante  graphique  de  ha6-e-c. 

ha6-e-c  (Krall,  IX,  4,  12,  20)  —  ^  370  =  verbe  haô-e  recommander, 
denunider,  au^menié  de  l'enclitique  coordinatrice  -c  (§  154). 

ha9-r-6i  Krall,  II,  7;  V,  5,  12i  —  §.^  351,  358=  demande,  recom- 
mandation, substantif  formé  avec  le  sulïlxe  nominal  -6i  (§  122).  Le 
radical  verbal  ha6-r-  dérive  du  thème  ha6-  à  l'aide  du  suOixe  -r 
(§<S5). 

Le  nom  propre  Ha6-l-i  ^F.  I,  387  Ha9-l-i-al-s,  §  227)  se  rattache  à  la 
même  racine. 

Il  l-lnnois  vdli-  «  réclamer  »  ;  liongrois  vacr  «  aspiration,  convoitise  «  (Budenz, 
p.  51o6,  n«  384). 

HE 

he-ce  ^C.  3754)  —  §  216  =  dans  le  fait  d'aller;  la  désinence  est  le 
suflixe  casuel  -ce  i§  129,  2). 

he-n  iC.  4538)  —  §  311  ^=conlina,  consécutif;  la  désinence  -n  est 
le  suffixe  de  dérivation  nominale  (§  113). 

he-t-u-m  (Krall;,  XII,  5,  G)  —  §  382  =  mené  {jusqu'au  bout),  continu, 
adjectif  verbal  en  -m  (§  111  ),  dérivé  d'un  radical  *he-t-,  qui  lui- 
même  dérive  de  he  à  l'aide  du    suffixe   de  dérivatiuu   verbale  -t 

he-8-u  (C.  4945,  5008)  =  passer  le  chemin,  continuer,  verbe 
formé  avec  le  suilixe  -0  i§  87;.  He-6-u  est  une  variante  grapjiique 
dehe-t-u  (cf.  §  OS). 

Il  Finnois  ve-L-à-  «  tirer,  conduire,  faire  aller  »;  mordvinc  và-l-e;  vogoule  vll-l-] 
tchérémiase  vl-d-;  hongrois  vii-z-uL  (Budenz,  p.  399,  n"  614). 

25 


;J8G  ULATRIÈME    PARTIR 


HEC 


hec-i-a  Krall,  VII,  11)  —  ,^  liT'.l  =  >Hi'e  fort,  rlm  ferme^  verbe  formé 
;i  r.iide  du  sullixe  de  dérivation  -i  (§  81),  —  On  relronve  le  verbe 
hec-i-  dans  le  composé  trut-vec-i-e  (voir  ce  mot),  où  Ih,  n"élant 
plus  initial,  est  remplacé  par  un  v  (§  7i). 

hec-z-ri  (C.  ■4116)  —  §  ''Mo  ^=  pour  <r^êire>  sululc  Le  sndixe  -ri 
est  le   suffixe  casuel    marcjuant  la  destination   (§  129,  7).  Dans 
Tadjectif  hec-z  solide,  le  z  est  probablement    uni»  fornie  adoucie 
du  suffixe  de  dérivation  nominale  -t   î^  120)  ;  cf.  flen-z-na. 
Il  Finnois  vàki  «  force,  solidité  ». 

HEX 

hex-S-e  (Krall,  IV,  1),  li;  IX,  0  —  i;  ;ni  =  hkn  dispos,  adjectif 
formé  avec  le  suflixe  nominal  -6  i^^.^  120).  Il  dérive  d'un  radical 
verbal  hex-s-,  formé  lui-même  à  l'aide  du  suffixe  verbal  -s  (^î^'  80  . 

Il  Hongrois  vig  «  bien  disposé,  gai  »  vig-^s-  «  être  en  bonne  santé  »  (Budenz, 
p.  ^80,  n"  61o). 

HEL 

hel-u  ^C.  4538)  —  §  :M8  =  s'échapper. 

Il    Finnois  valu-  «  couler,  s'écouler,  se  répandre  ».  Cf.  §  62  E  1. 

HEM 

hem-sin-ce   Krall,  V,  2)  —  §  M9  =  apaisé  d'agitation.  La  désinence 
est  le  suffixe  casuel  -ce  (§  129,  2).  Hem-sin  est  composé  de  hem 
agitation  et  de  sin  (voir  si). 
Il   Finnois  vem-pa-  «  secouor,  agiter  ». 

HER 

her-m-e-ri  iGa.  799!  —  i;  ±:]\  =  pour  résislrr.  Lu  désinence  ri  es!  le 
suffixe  casuel  mai-(iiiaiil  la  destinalion  (><  129,  n"  7;.  Le  radical 
verbal  her-m  est  formé  à  l'aiile  du  sulfixe  de  dérivation  -m  (.5;  83). 

her-m-u  'Oa.  799)  —  i<  218  =  résister,  avoir  de  la  force,  lutter. 

Il   Vogoule    ver-m-   «    pouvoir,    résister   »;    zyrénien     ver-mî- ;  iiongrois   Ijir- 
«  être  fort  »  ;Budenz,  p.  4o6,  n^  486). 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  387 


HES 


hes-n-i  (Maglianoi  —  §  302  =  disparmtre,  périr^  verbe  dérivé  du 
thème  *hes  à  Vaide  du  suffixe  verbal  -n  (§  84). 

Il  Hongrois  viis-  «  périr  »  ;  finnois  viis-ii  «  être  à  bout,  défaillir  »  ;  lapon  ve.h 
«  faible,  débile  »;  vogoule  vos-  «  mourir  »;  zyrénien  vos-  «  mourir  »;  ostiak  vus- 
«  mourir  »  (Budenz,  p.  575,  n°  609). 

HET 

het-r-n  (Krall,  XII,  5,  G)  —  §§  345,  363  =  fautif,  substantif  ou 
adjectif  formé  à  l'aide  du  suffixe  nominal  -n  (§  113)  et  dérivé  du 
radical  verbal  het-r-,  lequel  dérive  lui-même  du  thème  *het  à 
l'aide  du  sulfixe  -r  (§  85). 

Il  Finnois  vato-  «  faire  quelque  chose  de  travers  »  ;  hongrois  vélii-  «  manquer 
(à  quelque  chose',  commettre  une  erreur  »,  vétdk  «  erreur,  faute,  délit  » 
(Budenz,  p.  o78,  n"  612). 

HEV 

hev-n  (Magliano)  —  §  299  =  tremblement  ;  la  désinence  est  le  suf- 
fixe nominal  -n  (§  113). 

Il  Finnois  vapa-  «  trembler  »:  vap-ise-  «  trembler  »;  vap-e-ra  «  vacillant  ». 
Pour  l'équivalence  du  p  et  du  v,  voir  §  73.  Pour  la  voyelle,  cf.  §  62  E  1. 

HI 

hi-a  (Krall,  VII,  2,  3,  4,  5,  0)  —  §§  37i,  375  =  être  fort.  Le  mol  se 
retrouve  dans  les  composés  fa-vi-ti-c  et  6ei-vi-ti,  où  le  v  ougro- 
finnois,  n'étant  pas  initial,  ne  s'est  pas  changé  en  h  (voir  §  74). 

Il  Finnois  voi-  «  être  fort,  pouvoir  »;  hongrois  vl-,  vîv-  «  combattre  »  (Budenz, 
p.  589,  n»  622). 

HIL 

hil-a-r  (C.  3432  ;  Krall,  XIl,  13)  —  §  386  =  disjoint,  fissuré;  la  dési- 
nence est  le  suffixe  nominal  -r  (§  116)  ;  Fa  n'est  pas  organique. 

hil-a-r-eun-a  (Krall,  XII,  5,  6,  8)  —  §§  379,  380,  382  =  être  réduit 
d'interstices,  de  fissures,  verbe  composé  du  radical  verbal  *hil-a-r- 
avoir  des  fissures  et  de  9un-a  être  réduit,  être  nul  (voir  Sun). 

hil-a-r-eun-e   Krall,  XII,  3)—  ^378=  variante  du  verbe  précédent. 

Il   Finnois  vàli  «  interTalle  »,  vCd-ju  «  disjoint  »  (Budenz,  p.  454,  n"  485).  Pour 
la  voyelle,  voir  §  63  I  1. 


388  QUATIUKMI':    PAHTIE 


HIN 


hin-6-a  i^C.  'i.')38)  —  S;!  lUi  =  voir^  verljc  formé  avec  le  suffixe  -t,  -9 
(!^  87),  comme  ten-6-a. 

hin-6-i-a  (F.  21i7i  —  S^  213  =  regarder,  verbe  dérivé  du  précédent 
à  l'aide  du  fréqiicnlatif-i  (i^  81). 

hin-0-ial  (F.  "il-ii,  2I(r2,  2M:\)  —  ^"-l'i'i  =  s})cclre,  oniJjre.  Le  mol 
paraît  vivo  composé  de  hin6-  "  voir  »  et  de  ial  nouveau  (voir  ce 
mot);  c'est  proprement  ce  f/ui  esl  nouveau  de  ij'tsion,  ceal-k-dïre 
ce  qui  revient  à  lu  vue,  ce  qui  repuraU. 

hin-0-i-u  (C.  4116)  —  §  l'Ci  =  êlre  vu,  apparaître,  verbe  formé  de 
la  même  manière  que  hin0-i-a,  mais  avec  une  désineuce  vocalique 
différente,  qui  indique  sans  doute  une  diflerence  de  sens. 

hin-6-6iii  (Krall,  X,  11)  :  lecture  incertaine  ;  le  second  8  est  dou- 
teux. 

hin-e-u  (Krall,  X,  15;  XI,  10;  XII,  7)  —  §  38-2  =  voir;  cf.  hin-e-a. 

Il    l'"innois  vaiiio,  vainu  «  perception,  sensation   »  et  plus  spécialement  »  flair 
des  chiens  »  (Budenz,  p.  450,  n»  47'J). 


HIV 


hiv-u-s   (Capoue,    1.  1(5,    17j  — ,^  '(20  =  fainvaul,   adjectif  formé  à 
l'aide  du  sullixe  nominal  -s  i§  117),  avec  un  u  intercalaire. 
Il    Finnois  vcdpu-  «  n'en  pouvoir  plus,  rtre  à  bout  ». 


HUP 

hup-n-i-na  (C.  ;{12)  —  !:;  21  i  =^  lieu  de  repos,  sépulture,  substantif 
formé  à  l'aide  du  suffixe  nominal  -na  (§  lli).  U  dérive  d'un 
radical  verbal  *hup-n-,  dérivé  lui-même  du  thème  *hup  à  l'aide 
dn  suffixe  verbal  -n  [^  84).  L'i  n'est  pas  organique.  Cf.  ac-n-i-na. 

hup-n-i-ne-B-i  [Mitt.  rUni.  Aht.,  1010,  p.  310)  —  §  124  =  étant  dans 
le  lieu  de  repos,  étant  enseveli,  verbe  dérivé  du  substantif  précé- 
dent à  l'aide  du  suffixe  -6  (§  87).  La  désinence  est  le  sullixe  parti- 
cipial -i  (1^  103). 

Il    Finnois  vlpu-  «  demeurer,  rester,  tarder  »  (Budenz,  p.  588,  no   G21).  Pour  la 
voyelle,  voir  §  64  U  3. 


DICTIONNAIRE    ÉTY3I0L0GIQUE  389 


HUR 

hur-si  (Krall,  VIII.  0)  —  §334  =  à  <50?i>  ioui';  la  désinence  est  le 
siifïixe  casuel  -si,  marquant  le  but,  le  point  d'arrivée  (§  129,  9). 

hur-si-c  (Krall,  XII,  7)  —  §  381  =  même  mot,  augmenté  de  l'encli- 
tique de  coordination  -c  (i^  loi). 

Il  Finnois  vieri-  «  se  tourner,  se  rouler  »  (Budenz.  p.  834,  n"  931).  Pour  la 
voyelle,  voir  §  64  U  3. 

HUS 

hus-iur  (C.  375i)  —  ^  216  ^  faihle  de  hru'd,  composé  de  *hus-  faire 
du  bruit  et  de  Tadjectif  iur  fni/Ac    voir  ce  mot). 
Il  Finnois  vo/i-i-st-  «  géaiir,  soupirer,  murmurer  ». 

HU0 

hut  (C.  4538)  —  §  315  =  variante  de  huG. 

hue  (F.  2552;  C.  48)  —  §.§  139,  247  =  cinq. 

huB-i-s  Krall,  YIll,  3  ;  XI,  15  —  §§  147,  327  =  cinquième  ;  huG-i-s 
est  pour  hu6-s  ;  la  désinence  est  probablement  le  sufïixe 
nominal  -s  (§  117),  servant  ici  à  former  un  nombre  ordinal 
(§  147]. 

huG-s  (F.  I,  437)  —  §  209  =  génitif  de  huG. 

Il  Finnois  iv7e  (nom.  vîsi}  »  cinq  »  ;  mordvine  veto,  vi'Ue;  tchérémisse  vit,  vlz; 
lapon  vif,  vila  ;  zyrénien  vit  ;  ostiak  !;e^,  vet  ;  vogoule  ut  ;  hongrois  ôt  (Budenz, 
p.  862,  n»  9o7i.  Pour  la  voyelle,  voir  §  64  U  3. 

HUV 

huv-i-Q-u-n  (Magliano)  —  §  307  =  par  l'acte  de  graisser.  La  dési- 
nence est  le  suffixe  instrumental  j§  129,  5).  Huv-i-G-u  dérive  de 
*huv  beurre,  r/raisse.  *Huv  donne  naissance  au  radical  verbal 
*huv-e-  ou  huv-i-G-  à  l'aide  du  sulfixe  -G  (§  87). 

Il  Finnois  voi  «  beurre  »;  hongrois  voij ;  mordvine  vaj  ;  lapon  vuoj  ;  vogoule 
voj  (Budenz,  p.  337,  n"  383).  Des  thèmes  comme  'îniv  et  voi  peuvent  rtre  rappro- 
chés, d'abord  à  cause  de  réquivalcncc  de  17i  étrusque  et  du  v  finnois  (S  74), 
ensuite  à  cause  de  l'é(|uivaIoncc  que  présentenl  ((uelqucrnis,  dans  les  langues 
ougro-finnoises,  le  v  et  le  j  non  initiaux.  Exemples  :  vogoule  ImJ-t-  «  mouvoir  » 
et  ostiak  '/pv-îj  «  ondulation  «  ;  hongrois  hûv-us  «  froid  »  et  votiak  sij-al-  «  avoir 
froid  »  ;  ostiak  tov-î  «  printemps  »  et  vogoule  toja  «  id.  »:  finnois  hivus  «  che- 
veu »  et  hongrois  /(a/  «  id.   ». 


390  QUATRIÈME    PAKTIE 


i-a  l'Capoiie,  1.  12)  —  5;.^  408,  409  =  ne  pas  être,  varianle  graphiiiue 
de  rauxiliaire  négalifi  (î;§  21-24). 

i-n  ^F.  227Î);  C.  ioiiS  ;  Magliano  ;  Krall,  III,  16,  18;  IV,  8,  15,  19; 
VI,  8  ;  VU,  19  ;  IX,  1,  9  ;  XI,  16)  —  §;<  240,  301,  310,  'ilO  =  par  le 
fait  qu'il  nij  a  pas,  auxiliaire  négatif  i  (§§  27,  28),  avec  le  sulïixe 
inslruiiuMilal  -n  (^  129,  n°  5). 

i-nc  ;Krall,  IV,  3;  V,  2)  —  §  3-48  =  i-n,  augmenté  de  renclitiquo  de 
coordination  -c  (<^  154). 

i-n-pa  {Nolizie,  1895,  p.  339)  —  !:;;?;  294,  296  =  i-n,  augmenté  de  la 
particule  enclitique  -pa  (cf.  i-pai. 

i-n-pei-n  {Monin».  auticht,  1895,  p.  341,  n°  2i  —  §  23  ^  i-n,  aug- 
menté d(^  la  particule  pei  (cf.  i-pei),  avec  le  suffixe  instrumental 
-n  (§  129,  n°  5),  qui  a  été  ajouté  à  la  particule  en  même  temps 
qu'au  verbe. 

i-pa  (C.  411(),  4538  ;  Krall,  X,  5,  9,  14)  —  §.§  21,  24,  245,  254,  311,  320 
=  nest  pas  ;  auxiliaire  i  avec  la  ])arliculc  alTirmative  pa. 

i-pe  (Krall,  X,  9)  —  §  21  =  variante  de  i  pa. 

i-pei  i^Krall,  X,  7)  —  §  21  ^=  varianle  de  ipe  (cf.  i-n-pei-n). 

Il  Finnois  ei,  ei-pci,  «  lie  pas  être  »;  lapon  i;  luordvine  a.  Sur  l'auxi- 
liaire négatif  dans  les  langues  ourulo-altaïques,  voir  Winckier,  Dos  l:r. 
p.  168  et  suiv.  ;  Boiter,  SHzmif/sber.  (Wien),  XIII,  p.  .■;i;;,  .^{O  ;  XIV.  p.  300  :  XV, 
p.  293;  Kellgrén,  Gruiu/ziii/e  cler  fùini.sc/ien  Sprac/ie,  p.  93;  Szinnyei,  Finnisch- 
iKjrische  Sprucliir.,  p.    13(i. 

lAL 

ial  dans  les  composés  hin6-ial,  it-ial  (voir  ces  mots)=   nouveau, 

récent. 
ial-t-i  dans  le  compose  un-ial-t-i  (voir  ce  mot)  =  ê/r<?  nouveau, 

vcn-he  fdriiK'  avec  le  sulïixe  verhal  -t  (^.  87). 

Il  Vogoule  Jàl-j),  jiil-pel  «  nouveau  »  ;  tchéréniisse  jVvZ  «jeune  »;  ostiak,/(7-?p 
«  nouveau,  Irais  »  (Budenz,  p.  144,  n"  172'. 

IC 

ic-e  (Capoue,  1.  4)  —  §  393  =  se  fendre. 

ic-ei  (Capoue,  I.  14)  —  §  413  =  grand  di-  fmte,  adjectif  composé  de 
ie-  el  de  ei  grand  (voir  ce  mot). 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  391 

ic-u-n  dans  le  composé  6ap-ic-u-n  (voir  ce  mot)  =  division,  subs- 
tantif dérivé  d'un  verbe  *ic-u  et  formé  avec  le  suffixe  nominal  -n 
(§  113). 

Il   Finnois  yrtÂ--rt-  «  partager,  diviser  «(Donner,  I,  p.  97,  n"  3o4) 

IX 

iX  (G.  4338;  Krall,  Vil,  22;  X,  10;  XI,  3,  13,  17  ;  XII,  2,  9)  — §§  324, 
377,  383  =  juste,  droit,  précis,  précisément ,  bien.  Le  mot  s'em- 
ploie comme  particule  affirmative  pour  renforcer  le  sens  du  mot 
qui  suit.  Cf.  ai^- 

Il    Finnois  oike-a  «    droit.  Juste  »  ;    hongrois    irj-rz  «  id    »    (Budenz,   p.   810, 
n»  887). 

IX 

i^-u  (Magliano)  —  §  302  =  gémir,  se  plaindre. 

Il    Finnois  jah-ka-,  ili-ka-  «  pousser  des  vagissements,  gémir,  sangloter,  se 
plaindre  ». 

IL 

il-a-)(-e  (Magliano)  —  §  307  :=  rester  après,  subsister,  verbe  formé 

avec  le  suffixe  -^  (§  80). 

Il   Finnois  jàl-keen  «  après  »  ;  jal-ki  «  trace  »  ;  jâl-keinen  «   postérité  »  ;  jal- 
essii  «  après  »;  Jnl-empi  «  postérieur  ». 

IL 

il-u-c-u  (Capoue,  l.  8,  14,  18)  —  §§  400,  414,  421  =^  être  mauvais, 
verbe  formé  avec  le  suffixe  -c  (§  80), 

il-u-c-ve  (Capoue,  1.  8,  18)  —  §§  399,  421  ^=  mauvais,  adjectif 
dérivé  du  radical  verbal  précédent  et  formé  avec  le  suffixe  no- 
minal -va,  -ve  (1:^  123). 

Il   Finnois  il-ke-ii  «  laid,  méchant,  mauvais  ». 

IM 

im-s  [Notizie,  1893,  p.  339)  —  §  293  =  de  la  femme,  génitif  (§  129, 
n°  8)  du  substantif  im  femme. 

Il    Finnois  ema  «  mère  »  ;  hongrois  eme  «  femelle  »  ;  ostiak  ima,  imi  «  femme  »; 
zyrénien  en'  «  femme  w; 


392  QUATKIÈME    PARTIE 

INT 

int-e  (C.   io;}8i  —  §  31G  ^=  admonnslrr,  rr prima nder. 

Il    Hongrois  inla-  «  admonester,  avertir  »    iîudonz,  p.  810,  n"  900). 

IN 

in-t-as  dans  le  composi?  6ap-intas  i  voir  co  mol)  =  inise  en  mouve- 
ment, impulsion,  aclion,  procrs,  sabslanlif  en  -as  (§  99)  dérivé 
d'un  radical  verbal  in-t-,  Uuiuel  dérive  lui-même  d'un  thème  *in 
à  l'aide  du  suffixe -t  (§  87). 

in-t-ai-s,  dans  le  composé  Gap  intais  (voir  ce  mol)  =  génitif  du 
participe  in-t-ai  metleur  en  mouvement  ;  la  désinence  -ai  est  une 
variante  graphique  du  suffixe  participial  -i  (§  103). 

in-9-va-l-e,  dans  le  composé  aprinSvale  (voir  ce  mot),  se  rattache 
peut-être  à  la  môme  racine.  Mais  la  formation  du  mot  est  obs- 
cure. Le  sens  paraît  être  dériver. 

Il   Hongrois  in-f/y.-  «  (Mrc  agitr,  en  itiouvemont  »  ;  in-dOl-  «  se  ujcttre  en  mou- 
vement »;  in-dil-  «  mettre  en  mouvement  »  (Budenz,  p.  81S,  n"  898). 

IR 

ir-e  (Capoue,  1.  11)  —  §  408^  régler,  agencer,  arranger,  disposer. 

ir-es(Capoue,  1.  8)  — §400  =  ri-glé,  agencé,  participe  passé  passif 
en  -es  (§  101)  du  verbe  précédent. 

ir-a-s-e  (Capoue,  1.  8,  13)  —  .!^.!^  399,  411  :=  èlre  réglé,  agencé,  ar- 
rangé, disposé,  verbe  formé  avec  le  suffixe  de  dérivation  -s  (>;  80), 
(;omme  6entma-s-e,  e9r-2-e,  ar-a-s-a,  ac-a-s-a. 

Il  Finnois  yà'?'-/iî  «  ordre,  régularitr,   série   »,  jnr-jeslii-  «  mettre   en  ordre  » 
(Budenz,  p.  794,  n"  86(1). 

IS 

is  dans  le  composé  mar-is  f//r/»(Z  de  mesure  (voir  ce  mol).  Is  est 
une  variante  grai)hique  de  ais,  eis  (voir  ces  mots). 

IS 

is-ai    Capoue,  ].  10)  —  §   ilS  =z  chauffer  [rendre    chaud).    La   dési- 


DICTIONNAIRE    ÉTY.AIOLOGIQUE  393 

nence  -ai  équivaut  soil  à  un  a,  soit  à  un  e  ;  cf.  zuslev-ai,  teham- 
ai,  ri6n-ai. 

is-u  'Capoue.  1.  11)  —  §  407  =  chauffer  [être  chaud. 

is-u-m  (Capoiie.  1.  13)  —  §  412  =  chaleur,  substantif  formé  avec  le 
suffixe  nominal  -m  (§  111),  comme  vin-u-m,  trinu-m. 

is-u-n-i  (Capoue,  I.  -4)  —  §  393  =  qui  pst  chauffé,  incandescenl,  par- 
ticipe en  -i  ("§  103)  du  verbe  is-u-n-,  lequel  dérive  du  thème  is-  à 
l'aide  du  sudixe  verbal  -n  (§  84\ 

is-vei  :Cai)oiie,  1.  8,  18j  —  §.^  390,  'rli  =  manqur  de  chaleur,  subs- 
tantif composé  de  is-el  de  vei  manque  (voir  ce  mot'i. 

i;  Hongrois  izzô  «  incandescent  »  ;  vogoule  is-i-m  «  cliaud  »,  is-i-l-  «  devenir 
chaud  »,  is-l-l-  «  rendre  chaud  >•;  niordvine  e\e-  «  s"échauller  »,  e^-de  «  échauf- 
fer ..  (Budenz.  p.  829,  n"  OIo). 


IT 

it-ial-x  (Capoue,  1.  10)  —  §  405  =  et  nouveau  d'addition.  La  dési- 
nence est  le  suffixe  de  coordination  c.  écrit  x  éf.  F.  III,  388)  ;  on 
a  de  même  les  variantes  sec  et  sex  fiHc--  It-ial  est  composé  du 
verbe  it-  ajouter,  et  de  l'adjectif  ial  nouveau  (voir  ce  motl. 

it-iia-ne  (Capoue,  I.  4)  —  §  414  =  en  même  temps  que  le  fait 
de  continuer.  La  désinence  est  le  suffixe  comitatif -ne '§  129,  4). 
Le  verbe  it-iia-  paraît  formé  avec  le  suffixe  -i  ;§  81  ,  développé  en 
iia  cf.  cuc-ii-ei  . 

it-na  'Capoue,  1.  0)  —  §  397  =  additionnel,  addltlonnrllcment,  encore. 

La  désinence  est  le  suffixe  nominal  -na  (§  114. 

it-u-n-a  (F.  2400  '*)  —  §292  =  ajouter,  verbe  formé  avec  le  suffixe  -n 
(.^  84).  Cela  pourrait  être  aussi  un  adjectif  dérivé  du  verbe  *it-u  à 
l'aide  du  suffixe  -na  (î;  114).  Dans  ce  cas  ituna  ne  serait  (junne 
variante  graphique  de  itna. 

Il  Finnois yrt /-/,-«-  «  ajouter, continuer  »  -Jat-ka  (exclamation)  «  va  toujours!  »  ; 
jal-ko  «  addition,  complément  ». 

lU 

iu-c-i-e  (F.  2400  -',  —  .5;  292  =  boire,  verbe  dérivé  de  lu  à  l'aide  de 
deux  suffixes,  le  suffixe  -c  (§  80)  et  le  suffixe  -i   îj  81  . 

Il    Finnois  juo-  «  boire  »  ;  votiak  y»o-  ;  tchérémisse  jil-;    zyrénien  y«-  ;  lapon 
>-/,7.-e-:  hongrois  /r- (Budenz,  p.  S2(i,  n»  011;  Donner,  I.  p.  lOS.  n"  388). 


394  QUATRIÈME    PARTIE 


lUM 

ium(Capoue,  1.  12)  —  i;  i08  =  hon,  ùicii. 

Il   Vogoule  yo?»-«.9  «  bon,  favorable  »;  ostiak /cwi  »  id  »;  hongrois  y»;  «  id.  »  ; 
iinnoïs  Jiiin-al-a  »  dieu  >>;  tchérCnmsse  jumo  «  dieu  »  'Budenz,  p.  14G,  n°  113). 


lUR 

iur  dans  le  composé  hus-iur  (voir  ce  mot)  =  faible,  paresseux. 

Il  Finnois  yo>'-?'i  «  paresseux,  lourdaud,  nonchalant  »  ;  j'oro'  «  rtre  paresseux, 
inerte  »  (Donner,  I,  p.  105,  n"  376). 

IUR 

iur-as,  dans  les  composés  evit-iuras  et  snenat-iuras  (voir  ces 
mots)  =  rondelle,  coupelle,  boule,  substantif  formé  avec  le  suffixe 
-as  (§  99). 

Il  Finnois  j/iras  «  rouleau  pour  écraser  les  mottes  »;  lapon  yorj'e-  «  entourer, 
être  arrondi,  tourner  en  rond  »;  tchérémisse  jer  «  cercle  »,  j'or-e  «  rouler  »  ; 
votiak  yor-5  «  enceinte  »  (Hudenz,  p.  140,  n»  168;  Donner,  I,  p.  lOI,  n»   312). 


LAC 

lac-9  (Magllano)  —  içi^  299,  301  •=  à  partir  de  la  défaillance.  Le  9 
linal  est  le  suffixe  casuel  qui  marque  le  point  de  départ  (§  129,  H). 

Il   Finnois  lak-at-  «  décroître,  dépérir,  cesser  »;   lak-a-slu-  «  dépérir»  (Don- 
ner, m,  p.  ni,  n»  1060). 

LAEI 

lae-i  (C.  48) —  §2i7  =  être  loin,  s  éloigner. 

Il   Finnois  làj-a  «  étendu,  large,  ample,  éloigné  »  (Donner,  III,  p.  184,  n"  1069). 

LAR 

lar-e-zul  (G.  4538)  —  §  308  =  digne  de  connaissance,  méritant  d'être 
connu,  mot  composé  de  lar-e  être  connu  et  de  zul  digne  (voir  ce 
mol). 

Les  prénoms  Lar-is,  Lar-6,  loiiiiés  l'un  avec  le  diminutif  -is 
(§  108),  l'autre  avec  le  sullixe  -9  (i;  120),  se  rattachent  à  la  même 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  395 

racine.   Ils    signifient  quelque  chose   comme  le  noble,  le  fameux^ 
rUlustre. 
lar-u-ns  (Capoue,  1.  18)  — §  421  =  qui  fait  connaître,  sorte  de  par- 
ticipe formé  avec  le  suffixe  -ns  §  llo),  comme  fuflu-ns,  neôuns. 

Il   Ostiak  ler-t  <>    connu  »  ;   ler-amf- <<  faire   connaître»;    lir-amt    «publier», 
l'ir-la  «  clairement  »  (Budenz,  p.  249,  n»  251). 

LAS 

las-i-e  (Capoue,  1.  4)  —  §  393  =i''tre  réduit  en  poudre,  verbe  formé 

avec  le  suffixe  de  dérivation  -i  (§  81)  ;  cf.  iuc-i-e,  as-i-e,  ver- 

s-i-e,  trutvec-i-e. 
las-i-eis  (Capoue,  1.  5)  —  §  391  =  grand  de  ténuité,  très   ténu,  mot 

composé   du    verbe    las-i-   et  de   l'adjectif   eis  r/rand   (voir   ce 

mot);  cf.  fas-eis. 

Il    Finnois  lèse- «   moudre  »;  tchérémisse    lo^-a-s    «   farine  »;    hongrois    lis-l 
«  farine  »  (Budenz,  p.  102,  n°  761).  Pour  la  s'oyelle,  voir  §  61  A  2. 

LAUT 

laut-n  (C.  809,  2480,  4.3  49,  4624 1  —  §  202  =  fidèle,  adjectif  formé 
avec  le  suffixe  nominal  -n  (§  113). 

laut-n-i  ^Fabrelti,  Glossarium)  —  §§  240,  245,  246  =  affranchi,  ser- 
viteur, proprement  qui  a  engagé  sa  foi  {au  patron).  Terme  très 
fréquent  dans  l'épigraphie  étrusque.  On  l'écrit  de  diverses  façons  : 
laut-nei,  lautuni,  laut,  lau,  lavtni,  latni.  D'après  deux  inscrip- 
tions étrusco-latines  (C.  1288  et  3092,  le  mot  paraît  bien  corres- 
pondre au  latin  libertus.  Dans  laut-n-i,  la  désinence  -i  est  pro- 
bablement le  suffixe  participial  ^§  103 1;  le  suffixe  -n  qui  précède 
est  un  suffixe  de  dérivation  verbale  (§  84). 

laut-n-esc-1-e  (C.  4116)  —  §  244  z=  faire  promesse  de  fidélité,  verbe 
composé  du  verbe  lautn-  et  de  escle  proclamer  ou  promettre 
(voir  ce  mot). 

laut-ni-Ga  (C.  808,  2392,  2947,  4742)  ou  laut-ni-ta  ^C.  870,  3001, 
4906  ;  ISotizie,  189.j,  p.  339)  ou  lutniOa  (C.  4790i  ou  laut-na-ta 
(C.  871)  —  §  297  -.=  affranchie  ou  compagne  d'affranchi.  Le  terme 
s'applique  toujours  à  des  femmes.  La  formation  du  mot  est  obs- 
cure. Peut-être  est-ce  un  diminutif  formé  à  l'aide  d'un  suffixe 
-n6,  ce  qui  expliquerait  les  changements  de  la  voyelle  après  n» 


'\\)(')  (jL'ATHIK.Mi;    l'AiniK 

Il  Finnois  Imil-la-  «  se  lier,  ilmuicr  sa  lui,  avoir  confiance  » .  —  Pour  le  suffixe 
diminutif  -n9,  cf.  finnois  envi-nta  «  petite  mère  »  [emn  »  mère  »),  isu-nln  «  petit 
père  »  {isii  «père»);  voir  Szinnyei,  Flnn.-u(jr.  Spvaclni'.,  p.  100.  —  Pour  le 
groupe  au,  voir  §  65. 

LX 

l^-l  ilans  les  composes  ce-lj^-l-s,  ce-a-l)(-l,  cezp-a-Ix-a-l-  muv-a- 
1)^-1  voir  ces  mois  =  dlzann',  pi'o|M'oinonl  multiple,  adjecLif 
ilerivi'  (le  \-^  a  l'aide  du  suilixe  nominal  -1    >  lODi;  cf.  §  lii. 

l^-ne  dans  les  eonipt)sés  nuz-lj^-ne,  zat-l^-ne  voir  ces  mois)  = 
adjeelirix  //'"//'/'/'',  ;iiii;-menlé  du  suilixe  casuel  -ne  :^  IriO,  T»  . 

Il  Finnois  lufic-  «  compter,  dénombrer  »  ;  vogoule  loii,  lau  »  dix  »  ;  tcliéré- 
misse  ///  «  dix  »  ;  lapon  de  Suèile  lokcu,  lokc  «  dix  »  (Szinnyei,  Finnisch.-iigv. 
Spracfiw.,  p.  109). 

LE 

le  ri0-n-ai  fCapono,  I.  9,  lOi  —  §^  102,  lOo  =  passer  vite  d'en  bas, 

\erlie  eoni|)osc  do  le  eu  bas  ol  do  ri6-n-ai    voir  ce  mol), 
le-sc-a-n    C.  'iSj  —  §  :2i7  ^=  par  Ir  fait  deloiuber.  La  désinence  est 

le  suilixe  casuel  -n  '§  129,  5).  Le  vcrho  le-sc-a  esl  formé  à  l'aide 

du  suiïixc  double  -se  (§  95)  ;  cf.  en-e-sc-i. 
le-SC-e-m  (Magliano)  —  §  'SO')  =  accidenli'l.  adj(^etif  verbal  en  -m 

(i;  111),  dérivé  de  le-sc-a. 
le-t-e-m    C.  iH)  — i^  247  =  descendu,  mis  en  bas,  adjectif  forme  avec 

le  suilixe  participial  -m  (§  111).  Le  radical  le-t-  esl  formé  avec  le 

suilixe  verbal  -t  (^  87). 

Il   Hongrois  In  «  en  bas  »  (lUidonz.  p.  OSG,  n"  740). 


LE 

le-6-a  Capone,  1.  12  —  Jj  40<S  =  r//(^n///Vr,  verbe  formé  avec  le  suf- 
lixe  -6  i!^87). 

le-e-a-m  fCapoue,  1.  :î.  7.  S.  12,  19)  —  §?;  :}91,  ;{98,  :599,  109.  121  ^^ 
ardi'ul,  inrandoscrni ,  adjcclir  formé  avec  le  snflixe  ]iarlieipial  -m 
{%  111).  Le9am  esl  toujours  uni  au  sidislanlir  sul  :  la  locu- 
tion siiiiiilie  finir. 

Les  ii(un>   pi'opn's   Le9e.    Le6i,  LeGia.   Leti.  Leôanei,    LeBari 


DICTIONNAIKE    ÉTYMOLOGIQUE  397 

(Schulze,  Lalcin.   /'J'igrun.,   p.    177,  178)  se  raltaclienl  probahle- 
menl  à  la  même  racine. 

Il  Finnois  lu-slii-  «  briller,  llaniljcr  »^  lii-lln-  «  brûler  »;  estlionien  lè-k 
«  flambant  »  ;  If^-d  «  cendre  ». 

LEC 

lec-i-n  (Krall,  V,  i  ;  IX,  1,  9)  —  ijî;  'MH,  ;J70  :=  par  le  fait  de  suppri- 
mer, verJje  lec-i  couper,  supprimer,  augmenté  du  suffixe  inslru- 
mcnlal  -n  (^  129,  n°  o). 

Il  Hongrois  lék  »  trou,  tranche,  entaille  »  ;  lap.  liikk-  «  ouvrir  »  ;  ostiaJi  lèk 
«  sentier  ouvert  à  travers  clianips  »  ;  finnois  leikka-  «  couper,  trancher  »  (Bu- 
denz,  p.  G91,  n»  748  ;  Donner,  lll,  p.  1G9,  n»  103o). 


LEI 


lei  (F.  I,  398)  —  %±m  =  paisible. 

lei-mi  (F.  807)  —  §  2:23  =  lecture  incertaine. 

lei-n-e  (C.  57,  OO,  73,  88)  —  §  185  z=èlre  en  paix,  verbe  formé  avec 

le  suffixe  -n  (§  8i). 
lei-n-9  [F.  'i80,  1007)  =  repos,  paix,  substantif  l'orme  avec  le  suffixe 

nominal  -6  [^  120).  Le  mot  parait  désigner  la  figure  d'un  génie 
t'unèijre. 

Il   Finnois    lai-ska   «inerte,    flasrpu-,    indolent,   paresseux»;  hongrois    hj-/ix 
«  paresseux,  inerte,  uoncliaianl  »  (Donner,  lll.  p.  187,  u"  1071). 

LT 

li-n-e  (C.  U,  181,  191,  198j  —  ^  185  =  variante  de  leine. 


LER 


ler-zi-n-i-a  (G.  4538)  —  §  310  =  dire  doucemenl  ou  l'-lre  dil  douce- 
ment, verbe  dérive  de  la  racine  *ler,  à  l'aide  de  li-ois  siilbxes,  le 
suffixe  -t  (^  87j  devenu  -z  ri'.  §  2i0  flen-z-na),  le  suffixe  -n  (^  8i) 
et  le  suffixe  -i  (^81). 

Il  Finnois  lir-H-u'i  «  murmure  »  ;   lir-il-cll-    «    parler   doucement    ».    l*our   la 
Vdyrllc,  viiii'  .;  (12  \:  ■>. 


;^98  OLATHIÈME    PAUTIE 


LIS 


lis,  dans   los  oomposrs  a6-e-lis,  san-u-lis    voir  ces  mots)  =  «-ois- 
sant,  en  progression. 
Il    Finnois  lisii  «  addition  »,  Usii-  «  augmenter  ». 

LU 

lu-rs-6  Miii^lianoi  —  ^  307  ^=  .f^/VZ/c  d'os  (bosse  de  l'épaule),  mot 
roinposé  de  lu  os  el  de  rs-6   nœud,  bosse.,  saillie  (voir  ce  mott. 

Il  Finnois  ht  <c  os  «  :  oslialv  lu  ;  tclicrémisse,  vogoule  lu  ;  zyrénien-votiak  lî 
(Budcnz,  p.  "05,  n»  76G). 

LU 

lu-U  [IVolizir,  IS'.».'),  p.  339i  — §  ^97  ;=:  Pire  boiteux,  être  cadue. 

Il  Finnois  lie-lxkn-  «  branler,  vaciller  ».  lie-lai-hla-  «  branler  subitement,  tré- 
burher  »  :  lapon  li-kko  «  boiter  »  (Donner,  III,  p.  192,  n"  107.3).  Pour  la  voyelle 
thématique   voir  §  64  U  3. 

LUC 

luc-air-ce  (Ga.  799)  —  §  253  =à  Véiat  de  puissant  de  mouvement. 
Abslraclion  faite  du  suffixe  casuel  -ce  (§  129,  n»  2),  il  reste  lue- 
air,  composé  de  lue-  se  mouvoir  et  de  air  puissant,  fort  (voir  ce 
mot). 

Il  Finnois  likhi-  «  être  mis  on  mouvement  »  (Donner,  III,  p.  192,  n"  1073'.  Pour 
la  voyelle,  voir  §  64  U  3. 

LUP 

lup-u  (K.  2070,  2071,  2077,  2100,  2136,  2335  ",  2339;  F.  I,  387,  388  ; 

C.  K'uS,  2093  —  ijii  180,  181,  182,220,  222,227,  229,  230=  mourir. 
lup-u-ee    V.  2033  '"'  '>■•,  2058,  2059;  C.  142,  115)  =  dans  l'acte  de 

iiiouri)',  vcrhclupu,  augmenté  du  suffi.\e  casuel  -ee  (§  129,  n°  2). 
lup-u-m  (F.  2310)  —  §  15  =  mon  nmurir,  ma  mort  ;  la  désinence  -m 

paraît  être  le  suffixe  possessif  de  la  1"'  personne   §§  13  et  suiv.). 

Il  Finnois  loppn  «  fin,  terme  extrême  »,  lop-i4-ksi  «  à  la  fin  »  ;  lop-e-lla-  «  ter- 
miner »  :  lopp  II-  «  se  terminer,  mourir  »  ;  lop-u-llinen  »  extrême  ». 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  399 


MA 


ma  îC.  4538  ;  Capoiie,  1.  11)  —  §  310,  't07  =  malnleiumt. 
Il    Hongrois  mx  »  aujourd'hui  »  (Budenz,  p.  o96,  n"  628). 

MAC 

mac-r-a  i  Krall,  VIII,   7;  —  §  333  =  s'élever  en  pente,  verbe  formé  à 
Faide  du  suffixe  de  dérivation  -r  (§  85). 
Il   Finnois  maki  [make)  a  colline  »  (Budenz,  p.  610,  n"  649).  Cf.  §  61  A  2. 

MAX 

max   F.  2552)  =  trois  ;  cf.  §  liO. 

max-s  (F.  2070;  F.  I,  388  —  §§  220,  229  =  génitif  de  max- 

Il   Hongrois  inég  «  encore  »,  mog  «  ce  qui  vient  après  »  (Budenz,  p.  608,  n°  646  ; 
cf.  p.  633,  no  680. 

MAL 

mal-e  (Krall,  VII,  3,  4,  5)  —  §  374  =  faire  attention. 

mal-str-ia  (F.  2582)  —  §  269  =  probablement  nom  propre.  Pour  le 
suffixe  triple -str  (§  98),  voir  spur-e-str-es.  La  désinence  est  peut- 
être  le  sufïixe  participial -i  (§  103 1,  développé  en  -ia.  Cf.  cuc-ii-ei, 

cur-ie-a-s. 

Il    Finnois  mal-ll-a-  »  considérer,  observer,  faire  attention  ». 

MAN 

man  (C.  3320  ;  Magliano  ;  Capoue,  1.  19 1  —  §§  211,  300,  305,  424  = 
petit. 

man-im  F.  2055)  —  §  232  =  petit  enfant  ;  la  désinence  (i)m  est  un 
suffixe  diminutif  (§  112). 

man-im-eri  (F.  2050)  —  §  233  =  être  sevré  d'enfants,  verbe  composé 
de  manim  enfant  et  de  eri  être  séparé,  sevré  (voir  eri). 

man-in-ce  >G.  53)  —  §  280  =  à  l'état  de  pourvu  de  petits  ;  la  dési- 
nence -ce  est  le  suffixe  casuel  (§  129,  2)  ;  man-in  (ou  man-n)  est 


'(OU  OLATIIIÈMI:    l'AHTlE 

un  dérivé  l'ornié  à  l'aide  du  sullixe  de  possession  -n  (§  113,  2)  ; 
cl",  anc-n,  cla-n. 

Il  Vogoulc  vuui.'  (I  petit,  jeune  »;  lapon  mdna,  man-na  «  petit  enfant  »;  ustiak 
7)wna,  man'a,  mofi'i,  mone  «  jeune  frère,  neveu  »  (Budenz,  p.  817,  n^  89G). 

MAR 

mar-n-i  .Magliano]  —  ^  3U1   =  demeurer^  verbe  l'oriné  à  Taide  du 
sullixe  de  dérivation  -n  'J^  8i). 
Il   Hongrois  mxr-oid-  «  séjourner  »  (lîudcnz,  p.  G02,  n°  G40). 

MAR 

mar-cal    Magliano)  —  g  304  =  convenable  de,  mesure,  composé  de 

mar  nu'sare  et  de  cal  convenable  (voir  ce  mot). 
mar-is  (F.  '(80,  2()9i,  "2111)  =  fp-and  de  mesure,  composé  de  mar  et 

de  is  (jrand  (voir  ce  mot). 
mar-is-1  (F.  807;  Maj4,liano) —  i^!^  223,  302  ^=  t/randement  de  mesure, 

beaucduj),  adverl»'  l'ormé  avec  le  sufïixe  casuel-1  (^  129,  1  ;  §  15(1,  2). 
mar-n-i-u  (C.  H,  .'j0!)3)  =verbe  dérivé  de  mar  à  Faide  du  sunixe  -n 

sj  8i)  et  du  sullixe  -i  (i^  81).  Le  sens  est  incertain. 
mar-u  (Torp,  Leninus,  p.  il)  — Ji  236  :=  mesurer,  borner,  tualler. 
mar-u-nu)(    F.  2070,  233.";))  —  |5  2l!)  =  (pu  passe  mesure,  hors  île  pa'ir, 

composé  tle  mar-  mesurer  cl  de  nu^^  au-dessus,  dépassant,  saillant 

(voir  ce  mot). 
mar-u-nu^-va  (F.   205(5,  20.57)  —  §!:<  233,  235  =  extraordinaire  de 

mesure,  dérivé  de  marunux  ^i  l'aide  du  sullixe  nominal  -va  (§  123). 
mar-zac  ((Papoue,  1.7)  —   ^   398   =   complet   de   mesure,   composé 

de  mar  et  de  zac  (voir  ce  mot). 
mar-zai-n  (Capoue,  1.  10)  —  §  iOi  =  étaitl  jildn  de  mesure,  composé 

de  mar  et  de  zai/>/c'i/i  (voir  ce  mot).  La  désinence  est  le  sulfixe 

casuel  -n  ^t<  129,  (\). 

Il  Hongrois  7«ér  «  mesure  »  ;  vogoule  inxv-l-,  mor-l-  »  mesurer  »;  ostiak  i/ior-t 
«  mesure  »,  niar-dad-  «  mesurer  »  ;  mur-lal-  »  mesurer  »;  votiak  mer-tat 
(Budenz,  p.  717,  n"  6:J7).  Pour  la  voj'ellc,  voir  §  Gl  A  2. 

MAS 

mas-n   Krall,  XII,  lOj  —  §  384  =  au  loin  et  par  suite  au-delà,  ulté- 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  401 

rieurement  ;  la  désinence  -n  ^§  1^9,  5)  donne  à  ladjeclif  *mas  une 
valeur  adverbiale  i^  150,  2). 
mas-u  (C.  4ol>8j  —  §§  314,  315  =  s'éloigner,  se  détourner. 

Il  Hongrois  mussLl  «  loin  »;  lapon  »i«c«  «  lointain  »  (Budenz,  p.  620,  n"  6o9). 
Hour  la  voyelle,  voir  §  61  A  2. 

MAT 

mat-a-m  (Krall,  YII,  22;  XI,  5  ;  XII,  9)  —  5;  383  =  départ  ou  parti, 
substantif  ou  adjectif  verbal,  formé  à  l'aide  du  suffixe  -m  (>^  111). 

mat-a-n  Krall,  XII,  13)  —  §  386  =: par  l'acte  de  partir;  la  désinence 
est  le  suffixe  instrumental  -n  §  129,  5). 

mat-u  (F.  2056)  —  §  233  =  faire  partir,  faire  mourir. 

Il   Finnois   mal-ka    «  départ,  voyage    »  ;  mal-ka-  «  partir,  voyager  »  (Budenz, 
p.  632,  n"  6~9). 

ME 

me-a-n-i,  ou  mei-a-n-i  (F.  2339)  —  §  238  =  qui  flatte,  adulateur, 
participe  en  -i  (i^  103)  du  verbe  me-a-n-,  lequel  est  formé  avec  le 
sullixe  de  dérivation  -n  §  8i).  En  raison  de  la  permutation  fré- 
quente de  l'e  et  de  Ti,  me-a-n-i  pourrait  être  rapporté  à  la  même 
origine  que  mi-m-e-n-i  (voir  ce  mot). 
Il  Finnois  mai-r-e  «  doux  »,  mai-sla-  «  goûter  »,  mai-st-o  «  goût  ». 

MEL 

mele-c-rav-i-cce  s  (Ga.  799)  —  §  255  bis  =  du  fait  d'être  énergique 
de  rames,  génitif  du  verbe  mele-c-rav-i-cce,  composé  de  mele-c 
rame  et  de  rav-i-cc-e  être  énergique  (voir  ce  mot).  Le  substantif 
mele-c  est  formé  avec  le  sutïixe  nominal  -c  (§  100). 

Il  Finnois  mêla-  "  ramer,  l'aire  aller  un  bateau  ». 

MEN 

men-a  C.  4538)  —  §  319  :=  s'en  aller,  passer,  marcher. 

me']-ax-e  (C.  446)  — §  277  =  marcher,  verbe  dérivé  à  l'aide  du  suf- 
fixe -X  (§  80). 

men-as  (Krall,  VIII,  5)  — §  330=  inarche,  passage,  passe,  substantif 
formé  avec  le  sullixe  nominal  -as  (§  99). 

26 


402  OUATHIKMK    PAHTIE 

men-e  (Ki-all.  Il,  '.»  ;  Maglianoj  —  >;  301  =  variante  g-i'aplii(|ue  dg 
men-a.  INmi-  ré(iuivaleiico  a  =  e,  voir  .^  l')o. 

men-i-tla  fMagliano]  — ^1102  =  rire  maladroil  de  viarchc,  verbe  com- 
posé de  men-  el  de  tla  '■/?■/■  nKtUnInnl . 

Il    Finnois  men-e  <>  aller  »;  lioiiyruis  inaii-,  in("m-  «  s'en  aller,  partir  »;  vogoule 
7nin-;  ostiak  77ien-,  inan-\  uiordvine  miui-e;  votiak  mhi-  (Biulen/,  p.  Gll,  n^Col). 

MER 

mer  (C.  4538)  —  §316=  a/jsolamcnl ,  adjectif  employé  adverbiale- 
ment (§  15G,  1)  et  faisant  l'olllce  d'une  pai'ticule  superlative. 
Il    Hongrois  miirJi  »  rigitic.  raidc.  coniitk'l  »  (_Bu(lcnz.  p.  G19,  n"  ri.'iS  . 

MEST 

mest-1-es  [C.   18)  —  §  247  =:  en/anf,   nourrisson,  proprement  j)0)ié 
au  sehi,  i)articipe  passé  en  -es  (,§  101)  d'un  verbe  mest-1-,  dérivé 
de  *mest  srin  à  l'aide  du  sulTixe  verbal  -1  (§  8:2). 
Il   Mordvine  iniLstu  «  poitrine  de  reminc  »  (Budenz,  p.  G09,  n"  Giy). 

ME0 

me6-l-m  (F.  2339)  —  i;  239  =  srparr,  isoli',  seul,  adjectif  formé  avec 
le  siilli\(;  nominal  -m  (^  111).  Dans  le  radical  me9-l-,  il  y  a 
un  suilixe  de  dérivation  verbale,  le  sufïixe  fréquentatif -1  (§  82). 

me6-l-u-m-e-ri  (Krall,V,  J8i  —verbe  me61-u-m-e  isoler,  augmenté 
du  suilixe  casuel  -ri  (§  129,  7)  mar(|uaiit  la  tinalité. 

mee-1-u-m-e-ri-c  (Krall,  II,  8;  lil,  23:  IV,  G,  19;  V,  (1;  l\,  0,  13, 
-1)  —  §§  «^^^-)  '^"^^  =  ''l  pour  isolrr;  c'est  le  mot  précédent,  aug- 
menté de  r(;ncliti([ue  de  coordination   -c  (i;  15i). 

mee-1-u-m-es-c  fKrall,V,  23)  —  i^  ;jt;8  =  c/  isoli' ;  la  désinence  c 
(ist  reuclili(|ue  do  coordination .  La  désinence  -es  est  le  suilixe 
participial,  avec  le  sens  du  parlici[)e  passé  passif  (i^  101). 

me6-l-u-m-i  (Ga.  799)  =  (jni  isole  ou  bien  qui  s'isole,  participe  en 
-i  (î^  103)  du  verbe  meOIume. 

mtO-l-u-m-G  (Krall,  XII,  A]  — i;  379  =^  une  seule  chose,  chose  isolée, 
substantif  dérivé  de  meOIum  à  l'aide  du  suilixe  nominal  -6 
(§  i20). 

Il    Hongrois  mut-  "  couper,  séparer  »  ;  mais-  «  amputer  »,  mnL-el-  "  couper  » 
(Budenz,  p.  621,  n"  G60). 


DICTIONNAIUE    É TYMOLOGIOLE  403 


MEV 

mev-a-9-a  (C.  48)  —  §  247  ^  faire  du  tapage^  verbe  dérivé  d'un 
lliùmc  *mev  à  l'aide  du  sullixe  de  dérivation  -9  (§  87). 

Il   Finnois  meu-ha-  «  l'aire  du  tumulte  ». 

MI 

mi  (F.  807  ;  F.  I,  lOG  ;  III,  ;W1  ;  Ga.  Gi3,  771  ;  C.  5,  15,  7(5,  103,  193, 
312,  3003,  etc.)  —  §^  30  et  suiv.,  191,  192,  196,  214,  213,  217,  223, 
256,  260,  263,  275,  282,  283,  284,  287  =j>,  moi  (voir  §  132). 

mi-ne  (F.  I,  234)  —  5;  286  =  même  sens  que  mi.  La  désinence  -ne 
est  une  enclitique  alfirmative. 

mi-ni  F.  2614  ;  F.  III,  391  )  —  §§285,  286  =  comme  mi-ne.  La  dési- 
nence -ni  est,  comme  -ne,  une  enclitique  affirmative. 

Il  Finnois  mi-ni'i,  }>ii->tu  (■  je,  moi  »  ;  me,  mei  «  nous  »  ;  tchéréniisse  me-n\  min\ 
mijii  <i  je,  moi  »;  me  «  nous  »;  mordviue  mo-n  «  moi  >>  ;  lapon  mo-n,  mu-n\ 
«  moi  »  ;  zyrénien  me  «  moi  »  ;  7ni  «  nous  »  ;  ostialv  ma  «  moi  »  ;  vogoule  cim,  am 
Il  moi  »  ;  ma-ii  «  nous  »;  liongrois  en  «  moi  »;  7)7i,  mi,  mil  v  nous  »  (Budenz, 
p.  62.J,  n"  663). 

MIC 

mic-s  iC.  4538]  —  ,§  322  =  dou.r  ;  la  désinence  est  le  sullixe  nominal 

-s  (§117). 

Il  Finnois  muka  «  proche  »,  mukainen  »  ([\\i  suit  de  prés,  qui  s'adapte,  qui  se 
prête  «  ;  muka-va  «  apte,  liabilc,  mou  »  (Budenz,  p.  .j98,  n°C31).  Pour  la  voyelle, 
voir  §  G3  I  4. 

MIM 

mime-n-i  (Magliano)  —  §  304  =  ce  qui  sert  d'appnt,  ce  i/ui  sert  de 
nourriture,  participe  en  -i  (§  103)  du  verbe  mim-n-,   lequel  est 
formé  à  l'aide  du  sullixe  de  dérivation  -n  (§  84). 
Il   Finnois  maima  «  appât,  amorce,  nourriture  ».    Seliila.  FUF.  XIII.  p.  408  . 

MLA 
mla-x    Krall,  îlf,   19;  IV,  15;  V,  11,  20,  22;  VIII,   12;   IX,  7,  19; 


404  QlATlilKME    l'AKTlE 

Magliano)  —  §§  3().'{,  liOG,  33Î),  'MV.'),  3(57,  371  =  digne,  mévUant,  con- 
veiid/jle,  //on;  la  désinence  csl  le  suHixe  nominal  -3^  (§  100). 
Il    Hongrois  mél-tô  «  digne  »  (Ikidenz,  p.  Gll,  n"6o0). 

MLA 

mla-6-ce  (Mai^liano)  —  i:;  301  ^=  à  rouverlurc.  La  désinence  est  le 
snlTixe  casucl  -ce  (§  li29,  ^j.  Dans  mla-6,  le  9  tlnal  esl  un  sullixe 
de  dérivalion  nominale  (§  1:20). 
Il   Finnois  mal-o  «  foute,  ouverture  ». 

MU 

mu-t-i-n  [Nulizic,  1895,  p.  339)  —  §  29()  =  qurlqut'  ;  il  y  a  deux  suf- 
lixes,  le  sulfixe  -t  (.*^  l::iO)  et  le  sufïixe  -n  (§  113). 

mu-t-in-ce  (Krall,  IV,  5,  18)  :=  quelque  peu,  allquantuvi;  la  dési- 
nence est  le  sullixe  casuel  -ce  (§  1^9,  2),  qui  donne  à  l'adjectif 
mutin  une  valeur  adverbiale  (§  156,2). 

Il  Finnois  inii  «  autre  »  ;  mu-lu-ma  «  un  certain  autre,  quelque  »;  lapon  mu-It- 
em (I  quelque  »;  vogoule  mô-l  «  autre  »  ;  màl-en  «  un  second  »  (Budenz,  p.  604, 
no   643). 

MUL 

mul-a   Krall,  VIII,  9;  X,  21  i  —  ,^  :VM  =  partir. 

mul-a-j^  (Krall,  VIll,  5i    —   i:^   330  =  passant,  durant,   pcrsislani  ; 

ridée   de  passer  amént'  à  l'idée  de     passer    le      temps,     srjourner, 

durer.  La  désinence  est  le  suffixe  nominal  -^  i>;  "H)  . 

mul-sl-e  (^Maglianoi  —  •:>  3or>  =  passer,  verbe  formé  avec  le  sulfixe 

double  -si  (§  90]  ;  cf.  mun-sl-e. 
mul-u  iCapoue,  1.  18j  —  ij  423  =  sortir,  passer. 

Il  Hongrois  mal-  a  passer,  s'écouler  »;  vogoule  mul-  «  id.  »;  miil-l-  «  passer 
(le  temps)  ><;  mordvinc  mole-  «  aller  »  (Budenz,  p.  635,  n°  681). 


MUL 

mul-i  (Cai)oue,  1.  Gj  —  .^  397  =^  être  reniw-,  houleversr. 

Il  Esthonicu  iiml-lcu-  «    s'agiter   «;  tchcréniisse   mul'-uicl-  «  secouer  »  i,Budenz, 
p.  4(H,  u"  492). 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  40o 


MUL 


mul-e-ni-ke  (C.  105)  -  ^  ^83  =  sois  bien  disposé  d'esprit,  adieu.  La 
désinence  -ke  est  pour  -ce,  le  suffixe  casuel  exprimant  l'état 
(J5  129,  21.  Pour  l'équivalence  k  =  c,  voir  §  211  :  Velia-k  au  lieu 
de  Velia-c.  La  forme  muleni  se  ramène  à  un  radical  mul-n, 
formé  à  l'aide  du  suffixe  verbal  -n  (§  84  . 

mul-m-1-es  C.  1538)  —  §  312  =  imaginé,  participe  passé  passif  en 
-es  (§  101 1  du  verbe  mul-m-1-.  Ce  verbe  vient  de  *mul  par  une 
double  dérivaliôn,  d'abord  à  l'aide  du  suffixe  verbal  -m  (^§  83),  qui 
donne  le  verbe  *mul-in-,  puis  à  l'aide  du  fréquentatif -1  (§  82). 

mul-u-k  Ga.  771)  —  ^  287  =  agréable,  suave,  chéri;  le  k  final  est 
pour  c  (voir  plus  haut  mulenike  ;  c'est  un  suffixe  de  dérivation 
nominale  (§  100). 

mul-u-n-e  (C.  195)  —  §  282  r—  élre  heureux,  bien  disposé;  à  l'impéra- 
tif le  mot  est  une  formule  d'adieu.  Mul-u-n-e  est  formé  avec  le 
suflixe  verbal  -n  lî;  8ii. 

mul-v-e-n-i  Magliano)  —  §  302  =  être  de  bonne  humeur.  La  racine 
*mul  a  probablement  donné  un  dérivé  *mul-va  ou  *mul-v  i  cf. 
§  123  :  suffixe  -vai,  d'où  le  radical  verbal  mul-v-n-,  formé  à 
l'aide  du  suffixe  -n  (§  8ij.  Dans  mul-v-e-n-i,  le  intercalée  entre 
le  V  et  l'n  n'est  pas  organique.  Ce  qui  le  prouve,  c'est  l'existence 
des  formes  suivantes  du  radical  mul-v-n-,  où  la  voyelle  interca- 
laire change. 

mul-v-a-nn-i-ce  F.  III,  391)  — î;  285=0^^?».  C'est  le  radical  mul- 
v-n-,  augmenté  du  suffixe  casuel -ce  (§  129,2).  Le  doublement  de 
l'n  vient  d'une  fantaisie  du  lapicide  qui,  dans  l'inscription,  a  dou- 
blé, on  ne  sait  pourquoi,  toutes  les  n   Gannursi,  annati. 

mul-v-e-n  e-ke  (F.  2611)  —  §  286=  adieu  :  c'est  toujours  le  radical 
mul-v-n-  cf.  plus  liant  mul-v-e-n-ii.  Le  suffixe  casuel -ce  est 
écrit  -ke,  comme  i)lus  haut  dans  mulenike. 

mul-v-u-n-ke  ^Pauli,  h'tr.  Forsch.,  III,  p.  59i  —  §  286=  variante 
de  mul-v-n-ce. 

mul-uev-ne-ke    F.  I,  23i)  —  î^  286.  Cette  forme  est  une  variante 
des  formes  précédentes.  Mais  il  est  difficile  d'en  rendre  compte. 
Peut-être  vient-elle  d'une  erreur  du  graveur  écrivant  muluevn- 
au  lieu  de  muluven-. 
Il  I'"innois  mïele  (noai.  mieli)  «  âme,  esprit,  envie,  désir  »;  mieli-  «  désirer,  vou- 


/(•OO  QUATRIÈME    PARTIE 

loir,  penser  »;  mieli-sLil-  «  se  réjouir,  prendre  plaisir  »;  mielislell-  «  se  souvenir  »; 
miel-lii-  «  se  réjouir,  avoir  du  goût  pour,  aimer  »;  miel-uinen  «  agréable,  doux, 
suave  »;  mordvine  meV  «  pensée  »;  zyrénien  mil  «  raison  »;  lapon  mudii  «  esprit, 
pensée  »  (Budenz,  p.  469,  n"  499).  On  remarquera,  dans  le  finnois  comme  dans 
l'ctrusquc,  l'idée   de  «  sentiment  agiralHc  »  associée  à  l'idée  de  «  pensée  ». 


MUN 

muni-cl-et  (C.  iri38)  —  I5  ;Ui  =  vaiianle  graphique  de  municleS  ; 
pour  la  permnlalion  du  -t  et  du  -6,  voir  i^  08. 

muni-cl-eO  F.  2330)  —  §  238  =  sans  dire  des  paroles;  la  désinence 
-e6  es!  le  suflixe  privatif  (^  129,  3).  Le  verbe  mun-i-cl-  est  formé 
du  radical  *mun  (augmenté  d'un  i  euphoniquei  et  du  suffixe  de 
d(''iMViili(Mi  (loul)l  ('  -cl  (.§  90). 

mun-sl-e  il-'.  I,  31KSi  —  !;;  '■liM)  =  parler,  verl)e  formé  à  l'aide  du  suf- 
fixe double  -si  [^  9());  cf.  mul-sl-e. 

mun-0  (.F.  2335)  —  i^  242  =  parole^  langage,  conversation,  substantif 
formé  avec  le  suffixe  nominal  -6  i;^  120;. 

mun-i-svl-e9  (F.  2058)  et  mun-i-suree  (F.  2059)  se  rattachent  à  la 
même  série  de  mots;  mais  la  lecture  n'en  est  pas  certaine. 

Il  Hongrois  moii-d-    «   dire  »;  mon-d-n.s  «  diction,   parole  »;  tchérémissc 
«  dire,  parler  »;  lapon  muone-  «  nommer  »  (Hudenz,  p.  G28,  n"  608). 


mail- 


MUR 

mur-i-nas-i-e  (Magliano)  —  ,^  300  =  êlre  conpé  en  petits  morrean.r, 

composé  de  *mur  ])etlt  morceau,  et  de  nasie  être  découpé  (voir 

ce  mot). 
mur-s   (C.    195)     —   v^   282   =    réduit    en   petits    morceaux,   petit, 

adjectif  formé  avec  le  suflixe  nominal  -s  (^  117). 
mur-s-1  ii<\  2335)  — §212=  jietlte  /;;r"r^^  (peul-èlre  de   monnaie), 

subslantif  dérivé  de  mur-s  à  Taide  du  sufTixc  -1  (§  109). 
mur-z-u-a  (C.  illG)  —  1:5  245  =  ra])ctlsser  (soit  les  dépenses,  soit  les 

matériaux),  verbe  formé  à  l'aide  de   deux  suffixes,   le  suffixe  -t 

(?5  87),  devenu  -z  (cf.  §  72),  et  le  suffixe  -v  {§  88)  devenu  -u  (?;  73), 

comme  dans  renx-z-u-a  (voir  ce  mot). 

Il  Hongrois  wor-^a  «    miette,  menu  morceau  »,  7nor-^ol-  «  écraser,  réduire    en 
miettes  »;  vogoule  mor-cc  «  petite  chose  »  (Budenz,  p.  930.  n"  G";]). 


DICTION NAIHE    ÉTYMOLOGIQUE  407 


MU0 


mu6  iKrall,  XII,  3,  5)  —  i5§  382,  383,  384  =  grand,  supérieur. 

Il  Votiak    mod  «   seigneur,    supérieur   »;  modes  «  excellent  »  (Budenz,    p.  389 
n°  413). 

MUV 

muv-a-lx-1-s  (F.  2333  ai—  §  222  =  génitif  do  muv-a-lx-1,  multiple 
de  max  ivoir  §  141,  note  1). 

NAC 

nac  F.  2598;  Krall,  VII,  19  ;  X,  li;  XII,  2  ;  Capoue,  1.  5)  —  §§  288, 
307,  377,  381,  390  ^=^  simultané,  Hé,  simultanément,  ensemble. 

nac-n-v-a  \¥.  I,  430=1)  —  ^^  197  ;—  ,5/,.g  /jp^  ^!/,.g  ^jii^  f]iy(,  serré,  verbe 
formé  avec  deux  suffixes,  le  suffixe  -n  (§  84)  et  le  suffixe  -v  (§  881. 

nac  n-v-aia-si  (F.  I,  398)  —  i^  200  ^=  vers  ce  qui  est  embrassé, 
c'est-à-dire  vers  le  couple.  La  désinence  est  le  suffixe  casuel  -si 
(§  129,  9).  L'a  qui  précède  est  probablement  une  voyelle  inorga- 
nique qui  s'est  développée  dans  le  voisinage  de  la  semi-voyelle  i 
(cf.  aia-s).  La  forme  nacnv-ai  équivaut  à  *nacnv-i,  c'est-à-dire 
à  un  participe  en -i  i.§  103 1;  cf.  aprens-ai-s,  6ap-int-ai-s  pour 
*apr-ens-i-s,  *Bap-int-i-?. 

li  Finnois  nak-a-lo-i-ls-  «  lier,  attacher  »;  konda-vogoule  neg-  «  lier  »;  niordvinc 
nok-ta  «  lien  »  ;  lapon  (dial.)  iiagg-i-  «  serrer  »  (Donner,  III,  p.  17,  n°  876). 

NAC 

nac-x-a  (G.  4538)  —  §  323  =  observer,  remarquer,  reconnaUre,  verbe 
formé  avec  le  suffixe  -x  (§  80). 

Il    Finnois  nak-e-  «  voir,   observer,   considérer  »;    vogoulo  neçj-l-  «  paraître  » 
(Budenz,  p.  400,  n*  426;  Donner,  III,  p.  23,  n"  883).  Pour  la  voyelle,  voir  §  Gl  A  2. 

NAP 

nap-e-r  (G.  48,  4538)  —  §.5;  2i7,  311,  315,  319=  jour,  proprement 
solaire;  le  mot  est  formé  avec  le  suffixe  nominal  -r  (§  110^,  comme 
cv-e-r,  et-e-r,  fl-e-r.  L'e  est  inorganique. 

Il    Hongrois  n-xp  «  soleil  «{Budenz,  p.  391,  n"  416). 


408  nUATfUÈMR    PARTIE 


NAS 

nas-i-e,  dans  le  composé  muri-nas-i-e  fvoir  ce  mot)  =  ôlre 
découpe,  verbe  dérivé  du  thème  *nas  à  l'aide  du  suffixe  -i  (§  81 1. 

Il  llin)t,n-()is  n'iis-  «  couppr,  amputer  »  (Riulenz,  p.  Il  i,  ii"  442;  Donner,  III, 
p.   if),  n»  !)18). 

NEF 

nef-is  (Ga.  799)  —  §  249=frr.v  dirri,  amour.  La  désinence  is  est  un 
diminulif  de  tendresse  ('§  108);  cC.  se^-is  /illclte. 

Il  Finnois  iiHp-ii-li'i -.■n'i  «  avide,  passionné  »  ;  ostiak  nap-se  «  délices,  amour 
passi(uiné  »  (Donner,  III,  p.  78,  n»  958). 

NEM 

nem  (Capoue,  1.  15)  —  §  417  =  nilcnHon. 

Il  Finnois  nam-i-tta-  «  exhorter,  avertir  »;  lapon  nam-a-s  »  vif,  pénétrant»; 
vogoule  ?ia?rz-  «  mentionner,  rappeler  »,  uxM-is-  «  penser,  réfléchir»;  osliak 
nam-d-s  »  réflexion  »  (Kudenz,  p.  788,  nnS.'i'i;  Donner,  111,  p.  81,  n"  964).  Pour  la 
voyelle,  cf.  S  G2  E  i. 

NES 

nes-l(C.  3432  ;  Magliano)  —  i^  300,  304=  beau,  convenable,  adjerlif 
formé  à  l'aide  du  suffixe  de  dérivation  nominale  -1  (^  109). 
Il    Finnois  itilsii  «  beau,  joli,  apte,  convenable  ». 

NE0 

ne6-sr-as  (da.  799)  —  §  252  =  ruissellement  d'eaa,  pluie  violente, 
composé  de  *ne6  eau  el  de  sr-as  ruissellement  (voir  ce  mot). 

neO-u-ns  (V.  2097  i  —  i^  :i2H=  divinité  de  teau.  Le  mot  est  formé 
avec  le  sulli.ve  -ns  (^  1L5),  commo  fuflu-ns.  C'est  ce  mol  tini, 
déformé  soit  par  la  prononciation  soit  par  de  fausses  élymologies, 
est  devenu  en  lalin  Neptunus. 

neO-u-ns-l  (Krall,  VIII,  3,  11;  IX,  7,  18,  22;  XI,  16)  —  i^.ij  328 
339,  371  =  ce  qui  est  propre  au  dieu  des  eaux,  mer.  Le  mol  est 
formé  avec  le  sulfixe  nominal -1  {%  109)  ;   cf.  fufluns-1. 

neB-u-nus  (F.  2140)  =  variante  graphique  de  neGuns. 

Il  Ihmyrois  luid-va  «  humidité,  lluidité -j;  «rVrZ-ivV.v  ..  liiimide,  mnuillé  «;  finnois 
neil-e  «  humidité»;  /yrénien  ?uil  «  bouc»;  niid  «  boue  »  ^Hudenz,  p.  ;i94, 
n»  419;  Donner,  III,  p.  48,  n»  920). 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  409 


NI 

ni-a,  dans  le  composé  ec-ni-a  (voir  ce  rnotl  —  ^  303  =  être  béant. 

Il    Hongrois   ni-l-  <<  s'ouvrir,  être    ouvert»;  n'i-t-  «  ouvrir  »   (Budenz,  p.  416, 

n»  445). 

NIF 

nif-u-s-c  (Capoue,  1.   16)  —  §  420  =  injure  dont  il   est    difficile  de 
marquer  Féquivalent  exact.   La  désinence   -c    est  le  suffixe    de 
coordination  i§  154).  L'adjectif  nifu-s  dérive    d'un    thème  *nif  à 
l'aide  du  suffixe  nominal  -s  {%  117)  ;  Tu  est  inorganique. 
Il   Hnnois   nippo    «   liumeur  morose,  désagréable  ». 

Nil 

nii-a-ne  (Capoue,  1.  6)  —  §  397  =  avec  lacté  de  gratter,  c'est- à  dire 
en  polissant  ad  iinguem,  d'où  l'idée  d'un  travail  achevé,  parfait.  Le 
verbe  nii-a  est  augmenté  du  suffixe  casuel  -ne  (§  129,  n°  7).  L'i 
est  redoublé  comme  dans  cuc-ii-ei. 

Il    Hongrois  no,  n'il  «  user, gratter,  frotter,  polir  »;  tctiéi'émisse  ni-a-l-d-  «  ca- 
resser »  ;  vogoule  ?iîy  «  écorcher  »  (Budenz,  p.  428,  n°   458;   Donner,   UF,  p.   26, 

n°  888). 

NIR 

nir,  dans  le  composé  fu-nir  (Capoue,  1.  9)  —  !^  404  =  baguette. 

Il    Estlionien  nir-a  «   lambeau  »  ;  zyrénien    nov  «    baguette    »  ;  liongrois  liir 
«  bouleau  »;  vogoule  /«'/r,  n'ir  «  verge  »  ^Donner,  111,  p.  53,  n"  927). 

NIS 

nis  (Capoue,  1.9)  —  ^  404  ■=^  humide. 

Il   Finnois  nes-le-iie  «  humidité  »;   esthonien   nes-e   «    humide  »  (Donner,   111, 
p.  49,  no  921).  Pour  la  voyelle,  cf.  .^  63  I  1. 

NU 

nuei-6i  (C.  301)  —  §  273  =  déoiatlon,  courbure,  déformation,  subs- 
tantif formé  avec  le  suffixe -9i  (§  122). 

Il   Finnois  noj-a  «  position  appuyée,  penchée  ».  noj-o  «  inclinaison,  courbure, 
déviation  »  (Donner,  III,  p.    18,  n"  817). 


Kl  ijL  AlIilKMi:     l'MîTII': 


NU 


nus-n-es  (^aixinf.  I.  'i;  — i;  ',VM\  =  rlahK  parlicipe  passé  passif  en 
-es    >$  loi    <lii  vcrhc  nu-s-n-  rlalci\  dérivé  de  *nu  à  l'aide  de  deux 
siillixes,  le  suffixe  -s  i?;  HO   el  le  sulfixe  -n  (^  8i  . 
Il   Hongrois  ti'i'(-l-  «  s'étendre  »,  niij-l-  «  étendre  »  (Biidenz,  p.  423,  n"  433). 

NU 

nu-n  (lapuiic.  1.  11)  —  _^  /(()7,  'i()8  =riUier,  total,  adjectif  forme  avec 
le  siillixe  nominal  -n    §  113). 

nu-n-6  (Capoue,  1.  J-2,  111 —  §!^  i09  iI3  =:=  entièrement,  adverbe 
formé  de  l'adjedif  nun  avec  \v  suffixe casuel  -6  \%  129, 11  ;  §  156,2). 

nu-nG-e-n  Krall.  11.  Il:  111.  1!»;  IV,  7,  11,  i:;  :  Y.  11,  19.  20;  IX, 
8,  19;  XI,  ('.  _j;i<;{:,7,  3(ii,  aiu;,  372  =  tout,  tous,  totalUr.  L'ad- 
jedif nu-n6-e-n.  formé  avecle  sulfixe  -n  (§  ll.'Vi,  dérivé  d'unverlic 
*nu-n6-e.  I('(|iicl  iIitIvc  lui-même  de  *nu  à  l'aide  du  suffixe  v(ud)al 

-ne  ?iî);{  . 

nu-n8-e-n-e  (Krall,    111.    17:    VIII,  v,    1,=  cire  en    totalit<-^  \erhc 

dérivé  de  nun6en. 
nu-n0-e-n-e  (Krall,  11,  lo.   I.};   IV.  13;   V,  7,  9,  10;  IX,  13,  15,  17, 

18j  —  i^^  351,  3.")()  =:  en  totalitr,  adverbe   formé,  comme   nun-6, 

avec  le  suffixe  casuel  -9  (J^  129,  11). 

Il  Hongrois  n'i,  n'é  (enclitique)  «  aussi  nombreux  que  «  ;  «'aj  «  troupeau, 
foule  »  ;  vogoule  nau-l  «  viande,  niasse  do  chair  »  flîudenz,  p.  402,  n»  428;  Don- 
ner, Hl,  p.  31,  n°  896). 

NUR 

nur-cpz-i  (F.  2339)  —  §  239  =:  mal  dispnsr,  de  wanraise  humnir, 
participe  en  -i  (§  103)  du  verlie  nur-cpz-,  formé  à  l'aide  du  sullixe 
double  de  dérivalion  verbe  -cpz   §  94;;  cf.  al-cpaz-ei. 

Il  Finnois  niir-i-s-  «  murmurer  »,  nure-ii  «  découragé  ».  iiHr-pe-H  «  morose, 
grognon,  désagréable  »  (Donner,  111,  p.  \y,\,  n°  t)31). 

NUS 

nus  T,.  :i3)  —  ii  280  =  martre. 

u  Hongrois  u'us-l.  n  martre  zibeline  »;  zyrénien.  vntiak  niz-a,  ?n'r;  vogoule 
no/s  ;  ostiak  nof]os  (Rudenz,  p.  426,  n*"  454). 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  41 1 


NUZ 


nuz-lx-ne  (Krall,  VIII,  13i  —  ,^  341  =  en  train  d'rtre  multiple  de 
fracas.  Abstraction  faite  du  sutrixe  comitatif  -ne  (§  129,  6),  il 
reste  un  radical  composé  de  nuz-  faire  du  fracas  et  de  Ijf  multiple 
(voir  ce  mot). 

Il   Finnois  niit-i-s-  «  gronder  »  (Donner,  U\,  p.  39,  n"  906). 


PA 


pa,  particule  enclitique  dans  i-pa  (voir  ce  mot).  Cf.  pe,  pi. 
Il  Finnois  ;)a, /?(■/,  pi.  particules  enclitiques  (Budenz-Simonyi,  p.  33.0). 

PAX 

pax-a-na-c  (Ga.  799)  —  §  255  =  adjectif  pa^-a-na  malheureux,  aug- 
menté du  suffixe  de  coordination  -c  i§  15ii.  La  désinence  -na  est 
le  sutTixe  nominal  (§  114). 

pa^-a-na-ti  (F.  2333)  =  adjectif  pax-a-na  avec  le  suffixe  casuel  -ti 
[i  129,  101. 

pax-a-6ur-as  (Torp,  Lemnos,  p.  41^  —  ^  236  =  succession  de 
iiutUieurs,  d^ennuis,  composé  de  pax-a  être  malheureux  et  de  9ur- 
as  succession  (voir  ce  mot). 

pax-i-e-s  (Ga.  30)  —  §  291  =  génitif  du  verbe  pax-i-e  >Ure 
malheureux,  rire  ennuyé.  Le  suiïi.xe  -i  est  le  sutlixe  fréquentatif 
(§  81)  ;  cf.  iu-c-i-e. 

Il  Hongrois  by  «  mal,  déconvenue,  échec  ».  Le  rapproclienient  avec  leflnnois 
pakko  «  nécessité  fâcheuse,  douleur  »  est  douteux,  à  cause  du  hongrois  /a/- 
«  soulfrir  »  (Budenz.  p.  487,  n°  51G),  rpii  en  raison  des  équivalences  (§  69)  exi- 
gerait eu  étrusque  fir/ie,  au  lieu  de  pa/ie. 


PAP 

pap-al-ser  'F.  2055) —  §  232  =  sens  incertain;  le  mol  parait  dési- 
gner un  cadet.  Il  se  décompose  on  pap-al  //'■  di-  papa  c'est-à-dire 
enfant]  et  en  ser  chi'ri  i  voir  ce  innl  .  Daiis  pap-al  la  désinence  est 

le  siillixe  casuel  ft^  129,  1). 


412  QUATlUÈMi:    PAUTIE 


PAR 

par-Y-is  (F.  2055,  2070)  —  .^^  218,  231  =  hun,  d'nuc  nntnrn  bonne. 
Lu  désinence -)f-is  provient  de  la  réunion  de  deux  sullixes  nomi- 
naux, le  suffixe  -X  ou  -c  (ïj  100)  el  le  sullixc  diiniimlir  -is  {%  108). 

Il  Finnois /)«)•«  «  meilleur,  très  bon  »;para-)i-e  «  rendre  meilleur  »;  monlviuc 
para,  para  «  bon  »  ;  tchérémisse  puro  «  bon  »  :  lapon  piiore  Budenz,  p.  o43. 
n°o71'.  Une  agglutination  de  sudixes  analogue  à  -y-is  se  retrouve  dans  le  finnois 
nuoru-lcaise  «  jeune  homme  »  [nuore  «  jeune  »),  liihuki'dse  «  très  court  »  {liiM 
«  court  »'.  ohu-kaise  «  tout  à  fait  fin  »  [ohii  «  fin  »)  ;  Toir  Budenz-Simonyi, 
p.  245-240. 

PE 

pe,  |>arlicule  enidilique  dans  ca-pe  (voir  ce  mol).  Cf.  pa. 

PEN 

pen-e  (G.  4538)  —  ^  315  =  nverlW. 

pen-6-na  (G.  1538,  i082)  —  .^.§  105,  322  =  avertlssemcni ,  avis,  snl)s- 

lanlif  en  -na  (§  Mi),  dérivé  d'un  radical  verl)nl  pen-6-,  <|ui  dérive 

lui-même  de  pen-  à  Taide  du  suffixe  -6  (§  8"  . 
pen-G-u-na  G.  4540)  —  ,^  194  =^  variante  de  pen-ô-na. 

Il   Finnois  pen-H-  «  aflirmer,  avertir  ». 

PER 

per-as-ce  iG.  4538)  —  §  312  =  par  avenluro,  par  hasard.  La  dési- 
nence-ce t'sl  le  siilUxe  casiiel  1)5  129,  2)  ;  elle  donne  ici  au  mol  une 
valeur  adverbiale  (§  15(»,  2].  Per-as  csl  nu  subslanlif  lonné  avec 
le  sullixe  -as  '>;  99),  (•(imme  ar-as,  ac-as,  men-as,  6uful6  as.  11 
si^nitie  proprcMicui  ihnlr,  iVi)\\  lidci'  de  avaiiirr,  Jinsnrd:  cf. 
lalin  casus. 

Il  Zyrénien  pôr-  «  tomber  »  (Budenz,  p.  40.j,  n"  49.")).  LÔ  zyrénicn  peut  n'pondrc 
à  un  e.  C'est  ainsi  que  l'on  a  :  zyrénicn  l("il  «  hiver  »,  finnois  lal-ve  «  iil.  ",  hon- 
grois tel,  vogoulc  IpH  (Rudonz,  p.  202,  n"  SI."?). 

PER 

per    <'.a|»(nie,  1,  I  i)  —  ><  U4  =  fort,  rnerr/u/un. 

Il  Finnois  /)i/--o-/,7,Y/  «  dur,  robustr,  solide,  vigoureux  ».  Pour  la  voyoUc.  cf. 
§  f)2  E  2. 


DlCTlÛNNAIliE    ÉTYMOLOGIQLE  413 


PI 


pi  i^quelquefois  pei;,  particule  enclitique  dans  ca-pi,  i-pei  .voir  ces 
mots).  Cf.  pa. 

PIC 

pic-as  (Capoue,  1.  6j  —  §  397  =  enduit,  couverte,  substantif  formé 

avec  le  suffixe  -as  (§  99 1. 
pic-as-ri  (Capoue,  1.  5;  —  §  394  =  même  mot,  augmenté  du  suffixe 
-ri  (§  129,  n°  7). 

Il  Finnois  piike-  «  couvrir,  liabiller  »  ;  pitkii  «  vêtement  »  ;  hongrois  buj-,  buv- 
«  se  glisser,  se  cacher  «  (Budenz,  p.  472,  n°  304].  Pour  la  voyelle,  voir  §63,  I  4. 

PIS 

pis-C-r-i  (C.  2627)  —  §  27 i  =  étant  aigu,  pointu .  Le  mol  dérive  d'un 
thème  *pis  à  l'aide  de  deux  suffixes  verbaux,  le  suffixe  -c  §  80)  et 
le  suffixe  -r  v^85).  La  désinence  est  le  suffixe  participial  -i   î^  103). 

Il  Finnois  pus-ke-  «.  donner  un  coup  de  pointe  (avec  les  cornes);  pus-ko  «  coup 
de  corne  »  ;  zj-rénien  blc-kï-  «  piquer  »  (^Budenz,  p.  4o2,  n°  482).  Pour  la  voyelle, 
voir  §  63  1  4. 

PIU 

piu-t-es  C.  27G7)  —  §  212  =  mari^  proprement  serré  de  la  main,  à 
qui  on  (i  donné  la  main,  participe  passé  passif  en  -es  (^§  101)  du 
verbe  piu-t-,  dérive  du  lliènie  *piu  à  laide  du   sutrixe  verbal   -t 

Il  Finnois  piv-o  «  creux  de  la  uiain,  pauuie  »  ;  cf.  piv-o-,  piv-o-ill-  «  serrer  la 
main,  fermer  le  poing,  saisir  ». 

PR 

pr-i  Capoue,  1.  8j  —  §  iOU  =  intérieur,  proprement  qui  a  été  int)-o- 

duit,  participe  en  -i  [^  103)  du  verbe  pr-. 
pr-i-cel-u  (Capoue,  1.  13;  —  .^  411  =  s'introduire  vite,  s'engou/frer, 

verbe  dérivé  de  pr-  à  laide  du  suffixe  double  -cl  ( J?  90  ;  cf.  mun- 

i-cl-e9.  L'i  et  le  sont  des  voyelles  intercalaires. 
pr-i-6as  iKrall,  VUI,  -4)   —   i;  329   =  pénélranl,  profond,  adjectif 


41  i  IJIAIIUKMK    l'AllTlH 

loriiir  avec   le  .sullixe  -0as  ij;  l'ili,  coinine  zilaxn-9as,  ten-6as, 

sval-Oas. 
pr-uma0S  (C.  o092i  —  .^  38=  parmi  d'hïlroducl'ion,  /ils  d'adoj)lioii. 

coinposé  (le  pr-  cnlrer  el  de  umaGs  parent  (voir  ce  mol). 
pr-umis  (Gu.  "Dit;  —  §  248  =  même  sens;  voir  umis. 

Il  Tchcréaii.sse   pur-  «  entrer  »    pur-l-   «   introduire   »  ;   zyrénien-votiak  pîr- 
<<  entrer  »,  jnr-l-  «  faire  entrer  »  (Budcnz,  p.  474,  n"  507). 

PU 

pu-ant-r-n  (G.   il")  —  §  272=  à  cause  d'un  présage  de  malheur. 
\/,\  (l(''siiuMH'e  est  le  suflixe  causal  (§  129,  5).  Le  mot  est  composé 
de  pu  malheur  el  de  antr  jirt'sage  (voir  ce  mol). 
Il  Hongrois  bïi  <(  cliugrin,  tristesse  »  (Budenz,  p.  471,  n"  502]. 

PUI 

puia  iC.  922,  20U,  2113,  :Jill,  3789,  39G0,  40i0,  40:i(),  i2.jl,  1390, 
etc.)  —  sjs!  208,  209  =  a)nour,  personne  aimée,  bien  aimée  (deli- 
ciae)  ;  la  désinence  -ia  vieiil  de  la  vocalisation  d'un  j,  comme  dans 
aia.  Cf.  Gai  (C.  -j9)  el  Caia  (C.  178). 

puia-c  (G.  7.j8,  1121,  2400,  2727)  —  §  208=  même  mol,  augmenlé 
de  renclili(iue  coordinalrice  -c  (i;  l.'>4'. 

puia-m  F.  2340)  — ,^  45  =  même  mot,  augmenté  du  sullixe  posses- 
sif de  la  première  personne  -m  lî;  45). 

pui-1  (G.  15)  —  §  215  =  /timé,  chéri.  Fui  esl  idenli(iue  à  puia.  La 
désinence  -1  esl  un  sullixe  de  dérivalidu  nominale  (§  109). 

pui-v  (Gapoue,  I.    18i  —  «^  'i21  =  désirable,  exeellenl,  adjectif  formé 
du  Ihème  pui  avec  le  sullixe  nominal  -v  ou  -va  (^  123);   mais  la 
désinence  du  mol  n'est  pas  certaine;  peul-élre  faul-il  lire  puii 
(ibi.l.,  I.  19). 
Il  Hongrois  buj-l-  «  exciter,  provoquer  »  (Budenz,  p.   474,  n»  503). 

PUR 

pur-a-t-u-m  G.  3)  —  §  218  =  enclos,  limite,  raie,  ligne,  subslanlil' 
verbal  en  -m,  {i  111),  dérivé  d'un  radical  verbal  pur-t-,  lequel 
dérive  Ini-mcnie  d'un  llième  *pur  à  l'aide  du  sullixe  -t  (§  87). 

pur-t-s-va-n-a    F.   I,  387    —  §  -1-lH  ^  aooir  une  couronne.,  éti-e  cou- 


DlCTIONNAIl'.E    ÉTYMOLOGIQUE  415 

ronné,  verbe  formé  à  Taide  du  sudixe  -n  ?;  <Si  vl  déi-ivù  du  subs- 
tantif *pur-t-s-va  couronnr'.  Ce  substautif,  formé  à  l'aide  du 
sutTixe  nominal  -va  (i;  1-23),  dérive  du  radical  verbal  *pur-t-s- 
eniourer,  ceindre,  lequel  présente  deux  suffixes  de  dérivation,  le 
sulfixe  -t  (§  87)  et  le  sullixe  -s  f§  80). 

pur-t-s-va-vc-ti  i  F.  i,  .'}8S  —  5;  ±29  =  en  train  d'être  digne  de  cou- 
ronne. Abstraction  faite  de  la  désinence  casuelle  -ti  (§  129,  lOi, 
qui  marque  le  prolongement  d'une  action,  il  reste  pur-t-s-va-vc 
digne  de  couronne,  composé  de  pur-t-s-va  couronne  et  de  vc  digne 
îvoir  vac). 

pur  u-S-n  iKrall,  VIII,  9)  —  §  :}3o  =  circulairement,  adverbe  formé 
avec  le  suffixe  casuel  -n  (§  129,  oj.  Pur-u-9  est  formé  du  thème 
pur-  à  l'aide  du  sullixe  nominal  -6  ^§  120j 
Il  Finnois  pîri  »  cercle,  tour,  enceinte  ».  p/ru  «  raie  ».  Pour  la  voyelle,  voir  §  G4  U3. 

PUT 

pute  (Krall,  II,  G;  III,  22;  IV,   3,   1(>  ;  V,  o,  12;  IX,  4,  11,  20;   — 

§§  351,  358,  370  =  manquer,  faire  di'faut. 
put-s  (Ga.  799;  Krall,  Xll,    i)  —  §  255  ^'^  =  défectueux,  qui  est  en 

défaut,  adjectif  formé  avec  le  suffixe  nominal  -s  (§  117). 

Il  Finnois  pïit-lu-  «  manquer»;  esthonien  pûd-ii-  «  manquer  »  (Budenz,  p.  529, 
n«  5S6). 

PU0 

pu9-s  Krall,  VIII,  12)—  §  'SiO  =  de  la  prière,  génilif  de -puQ  prière. 
li  l'innuis  pLUitii-  "  deniamler,  prici-,  ilésircr  vivement,  invoquer. 

RAC 

rac  (Capoue,  I.  9)  —  i;  iOl  =  coupure,  ouverture,  trou.  En  raison  de 
l'équivalence  du  c  et  du  x  (§  ^'^),  on  trouve  aussi  rax  (voir  ce 
mot). 

rac-6  (Krall,  V,  8)  —  §  355  =  séparé,  isolé,  adjectif  formé  avec  le 
sulfixe  nominal -9  (§  120). 

RAX 

rax  (î<i';>l>.  V-  Kî;  VI,  15;  VIII,  \  —  5,  329  =  coupure,  ouverture. 
Voir  rac. 


416  orATHiKMi;  i'autiI': 

rax-e  iKiiill,  II,  10;  IV,  !),  10,  i;{,  :il  ;   V,  7,  i:i;  l\,  0,  13,  IS,  IG)  — 
^  353  =  sr/)(iri-,   isolé,   adjecUr  formé  avec  le  sufïixe  nominal  -6 

Il    Finnois  ra/c-o  «  coupure,  entaille,  déchirure  »  ;  rak-o-  «  se  fendre  »  (Budenz, 
p.  664,  n"  710;  Donner,  III,  p.  84,  n°  967). 


RAM 

ram-u-e6  iKrall,  VIII,  8)  —  î^  333  =  .s7///.v  le  fa'd  cVèlre  inquiet,  sans 
avoir  à  craindre,  verbe  ram-u,  augmenté  du  suffixe  privatif  -e9 

Il  Hongrois  riitn-iU-  "  s'agiter,  s'émouvoir,  trruibier  »,  rétn-iil-  «  être  eifrayé, 
épouvanté  »  (Budenz,  p.  6.j3-6;).';,  n"'*  G99-700;  Donner,  111,  p.  \'.]i-VJ5,  n»^  1047, 
1048). 

RAN 

ran-e-m  (Krall,  VIII,  (">)  —  ^  332=  /vv/«/7,  adjectif  verbal  formé 
avec  le  sulïixe  -m  (,^  111). 
Il    Finnois  rdna-  «  user,  fatiguer,  amaigrir  ». 


RAS 


ras  n-e  (C.   i')38)  —  .^  318  =  déchirer^  arracher,  verbe  dérive  du 

thème  *ras  à  l'aide  du  sulïixe  -n  (^  Hï). 
ras-n-es  'C.  '(.">38)  —  §  311  =■  drchiré,  participe  passé  passif  en  -es 

is;  loi)  du  verbe  précédcMit. 

Il    Finnois  rtis-d  «  lamhe.'uix,  haillons  »  (Donner,  111,  p.  133,  n»  1024). 

RAV 

rav-in-ai-G  'Capoue,  I.  l.'ii  —  ^  il"  =  le  6  linal  esl  le  .suffixe  casuel 
marquant  le  point  de  dépari  (ij  129,  n"  11).  Le  verbe  rav-in-ai 
osciller  a  la  même  désinence  vocaliiiuc  que  teham-ai,  ri6n-ai, 
zuslev-ai.  Le  radical  rav-in-  déi-ive  du  tlième  *rav-  à  l'aide  du 
suffixe  verbal  -n.  -in  i^  81).  L'i  esl  intercalaire. 
Il    Finnois  ra/j-u-i/x-  «  se  balancer,  osciller  »  (Donner,  III,  p.  l'ii,  n"  1036). 


DICTIO.NNAIUE    ÉTYMOLOGIQUE  417 


RAV 

rav-n6-u  (F.  I,  387)  —  ^  228  =  rire  puissant,  verbe  formé  avec  le 
sullixe  double  -n9  i,§  93). 

rav-i  cc-e-s,  dans  le  composé  melec-ravicces  voir  ce  mot)  = 
génitif  du  verbe  rav-i-cc-e  êlre  énergique,  verbe  formé  avec  le 
sulTixe  verbal  -c  i§  HO  .  L'i  est  une  voyelle  intercalaire;  d'aulre 
part,  le  redoublemenl  des  consonnes  est  nne  chose  tout  à  fait  acci- 
dentelle en  étrusque;  rav-i-cc-e  équivaut  donc  à  rav-ce.  Cf. 
mulvannice,  0annursi. 
Il   I<"innois  rap-e-a,  rav-e-a  «  fort,  solide  »  (Donner,  III,  p.  145,  n"  1037). 

REN 

ren-e-9i  (C.  i.j38)  —  §  321  =  faiblesse,  dépérissement,  substantif 
formé  avec  le  sulfixe  nominal  -6i  (§  122). 

Il    Finnois    ran-se-a  «    maladif   "  :    rdn-slu-    «    languir  «  (Donner,    I,  p.    126, 
n»  1018). 

RENX 

ren^-z-u-a  (Krall,  VIII,  9)  —  §  377  =  être  plein  cVentraln,  verbe 
dérivé  d'un  thème  *renx-  et  formé  à  l'aide  de  deux  suffixes  : 
1°  le  suffixe  -t  ou  -6  ;§  87),  devenu  -z  (cf.  nurcp-z-i)  2°  le  suffixe  -v 
(§  88),  devenu  -u  (cf.  i;  73),  comme  dans  mur-z-u-a  (voir  ce  mot). 

Il    finnois  rankk-a  «  violent,  vif  ..  (Donner,  III,  p.  108,  n°  993;  Setâlâ,  FUF, 
XIII,  p.  43o). 

REP 

rep-in-e  (Krall,  VII,  12)  =  laisser  un  vide,  un  Inleroalle,  Interrom- 
pre, faire  nnr  panse,  verbe  formé  à  l'aich;  du  sulfixe  de  dérivation 
-n   1^  8i).  L'i  est  intercalaire  (cf.  rav-in-ai-6). 

rep-in-e-c  iKrail,  III,  23;  IV,  i,  10;  IX,  :>,  12,  20j  —  §  370  =  même 
mol,  augmenté  de  rencliti(iuc  coordinalrice  -c  (§  loi). 

rep-in-ei-c  (Krall,  II,  7;  V,  o,  12)  —  §§  351,  358  =  Interruption, 
Inferralle,  panse,  substantif  en  -Si  [^  122),  dérivé  du  radical  verbal 
rep-in-.  La  désinence  -c  est  l'enclitique  coordinalrice. 

Il    Finnois  rep]t-u-nd,  rejip-a-na  a  ouverture  »  ;  lapon  rapp-  «  ouvrir  »,  rapp- 
a-s-  «  être  béant  »  (Donner,  III,  p.  143,  n»  1034). 

27 


418  QUATHIÈME    PARTIE 


REU 


reu-3(Z-i-iia  iKrall.  VIII,  7)  — §33:2:=  (?»«»(' c/t'ia/v/f,',  subslanlif  formé 
avec  le  sullixe  -na  .^  11  i.  Reu-^z-  se  ramène  à  reu-xt-  (cf, 
flenz-na,  nur-cpzi),  c'esl-à-dire  à  un  Ihùme  *reu,  aiignienlc  des 
deux  siillixcs  verbaux  -^  (§  100)  et  -t  (§  87). 

reu-xz-i-ne-ti  (Krall,  YIII,  8)  —  §  333^  le  long  du  banc  de  sable; 
c'est  le  mot  précédent  avec  le  sullixe  casuel  -ti  (§  129,  n°  10). 
Pour  l'équivalence  -na  =  -ne,  voir  §  55. 

Il    Vogoulc  rau   «   petit  morceau  »  ;    ostiak  ruvl-l-  «    piler  »;  hongrois  rov-id 
«  court,  petit  »  (Budenz,  p.  673,  iv-'  723  ;  Donner,  III,  p.  96,  n"  980). 


REU 


reu-sc-e  (Krall,  XII,   2)  —  §381  =  crier  fort,  verbe  formé  avec  le 
sullixe  double  -se  (§  95). 

Il    Finnois   roh-i-s-,  «  crier,   grogner,  faire  du   tapage  »  (Donner,  111,  p.  99  et 
suiv.,  n°  983  et  suiv.). 


RI 


ri  (?)  (Capoue,  1.  19)  —  §  423  =  ouverture,  trou. 

ri-a  (Capoue,  1.  3,  16]  —  §§  392,  418  =  avoir  des  ouvertures,  être 
ouvert,  ouvrir. 

ri-al  (Capoue,  I.  18)  —  §  Ail^=  sortant  f/'î(» //'(>;<;  la  désinence  est 
le  sullixe  casuel  -al  (f^  129,  n°  i). 

ri-1  (C.  19,  26,  27,  28,  29,  31,  33,  35;  F.  2055,  2056)  —  §§  176,  177, 
231,  232,  233  =  coupure,  section,  division  et  plus  spécialement 
division  du  temps^  année.  Le  terme  est  d'un  usage  fréquent  dans 
les  épitaphes  de  la  région  de  Volterra  et  de  Viterbe.  Il  est  toujours 
accompagné  d'un  chiffre.  La  désinence  est  le  sufRxe  nominal  -1 
(§  109). 

Il  Finnois  rei-kii  «  trou,  ouverture  »  ;  rai-to  «  entaille,  trou»;  rai-lo  «  id  »  ; 
roi-la  «  id  »;  rai-no  «  fragment,  déchirure  »  ;  lapon  rai-ge  trou  »;  tchéréuiisse 
ro-\,ra-^  «  trou  »;  hongrois  ré-s  (.(.  rupture,  fente,  ouverture  »  (Budenz,  p.  656, 
no  703  ;  Donner,  III,  p.  8u,  11°  9C8). 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  419 


RI 


ri-m.  dans  le  composé  tiu-ri-m  (voir  ce  mot)  =  vif.  Pour  le  suflixe 
-m,  voir  §  111. 

Il   Finnois  rei-ma-  «  prendre  feu  »  ;  vogoule  rêj.  rc  »  chaleur  »,  rei-l-  «  deve- 
nir chaud  »  ;Biulenz.  p.  658,  n°  105:  Donner,  III,  p.  109,  n«  997). 

RIN 

rin-u-e  (Krall,  V,  18)  —  §  364  =  lancement,  projection,  substantif 
formé  avec  le  suffixe  nominal  -9  (§  120). 

rin-6i,  dans  le  composé  et-rin-6i  voir  ce  mot)  =  projection,  objec- 
tion, substantif  formé  avec  le  suilixe  nominal -6i  :§  122). 

Il   Finnois  run-tta-  «  jeter  avec  violence»  (Donner,  III,  p.  125,  n''  1017).  Pour  la 
voyelle,  voir  §  63  I  4. 

RIO 

ri6-n-ai  Capoue,  1.  12,  16)  —  §§  409,  420  =  passer  vite,  verbe 
dérivé  d'un  thème  *ri6  à  l'aide  du  suffixe  verbal  -n  (§  84).  La 
désinence  -ai  équivaut  soit  à  un  a  soit  à  un  e  icf.  zuslev-ai, 
zuslev-e,  zuslev-a).  Voir  les  composés  fa-ri6nai,  le-ri6nai. 

Il    Finnois  rulL-o  «  vif,  soudain,  rapide,  hàtif  »  (Donner,  III,  p.  122,  n»  lOM). 
Pour  la  voyelle,  voir  g  63  I  4. 

RIU 

riu-t-u-s-e  i  Capoue,  1.  lOj  —  i:^  4(Ki  =  nettoijer,  purger,  verbe  formé 
d'un  thème  *riu  ou  *riv,  à  l'aide  de  deux  suffixes  de   dérivation, 
le  suffixe  -t  (§  87   et  le  suffixe  -s  (§  86).  Le  second  u  est  inter- 
calaire . 
Il  Finnois  raiv-a-  «  purger,  purifier  ». 

RIV 

riv-a-)(  !  Magliano)  —  ^  30.j  =  grumeau  ;  la  désinence  x  est  le 
suilixe  nominal  (§  lOO). 

Il   Finnois  rupa  «  boue  »  Donner,  III,  p.  149,   n"   1042).  Pour  la  voyelle,   voir 
g  63,  1  4. 

RIZ 

riz-i  (Capoue,  1.  19)  —  §  424  =:  sinnnccler. 


\'2i\  ijrATUlKMH    l'Ali'l'IK 

riz-i-1-e  (Capoiic,  1.  •'),  (>,  10)  —  §§  39:},  :{'.»7,  i-i.'i  =  cire  mouiW',  être 
rlendn    d'raii,   verbe   dérive    du    lliùine   *riz  à   laide    du    siidixe 
verbal  -1  ();  82).  Le  second  i  esl  intercalaire. 
Il    Finnois  rul-ju  «  humide,   mouille'  »     Uuniier,  III,  [)    ll'J,  n"  1008).  Pour  la 

voyelle,  voir  §  63,  I  4. 

RS 

rs-9.  dans  le  composé  lu-rs-6  i  voir  ce  mol)  =  saillie,  proéminence. 
Dans  rs-9  la  désinence  -0  est  le  sullixe  de  dérivation  nominale  (i;  1:20). 
Il   Finnois  roso  <«  bosse  »  ;  riis-ld,  riis-lo  «  proUibùrancc  "  (Donner,  III,  p.  137, 
no  1028). 

RU0 

ru6-c-va  (ia.  7!I0)  —  >:;  2.")i  :=  /ail  de  pièces,  adjectif  formé  à 
l'aide  du  sullixe  nominal  -va  (^  123)  et  dérivé  d'un  radical 
verbal  ru8-c-,  leciuel  dérive  lui-même  du  thème  *ru6  à  l'aide  du 
sullixe  verl)al  -c  (s;  80).  Ru6  c-va  est  toujours  joint  à  ca6as 
couoerlure  (voir  ce  mot).  Le  {groupe  conslilue  une  expression 
toute  faite,  qui  s(;mble  désii^ner  une  embarcation  légère,  peut- 
être  une  pirogue  faite  de  peaux  assiunblées. 
Il    Finnois  riil-kô  «  pièce,  morceau,  lambeau  ». 


RUZ 

ruz-e    Krall,  IV,  ."i  ;  VIN,  13)  — i;  311  =  fairt' da  fracas,  loiuicr. 

Il  Finnois  rol-a-  «  faire  du  bruit,  résonner,  cra([uer  »  ;  roi-su-  «  se  précipiter 
avec  fracas  »  ;  lapon  ralt-  faire  du  bruit  »;  ntol-  »  craquer  »  nul-  «  tonner  » 
(Donner,   III,  p.  115,  u'^  1003). 

SA 

sa  (F.  2')52j  =  un. 

sa-s    V.  2lOi,  21i!>)  =  génitif  de  sa. 
Il   Voir  J5§  1 10-142. 

SAC 

sac    (Li[»(»ue,  1.  lOj  —  ^  iOi  =:  /lamine. 

Il  Finnois  *(ïA--e  M  élincelle  »,  iv<7t--/<-,  A'«/i-e-iZ/-  <i  étinceler,  l»riller  ».  Cf.  i?  (il 
A  2. 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  421 


SAC 

sac-a  {CapoLie,  1.  7j  —  §  398  =  adhérer,  tenir  bon,  avoir  de  la  consis- 
tance. 
Il    Finnois  su.k-e-litït-  «  adhérer  ». 

SAC 

sac-n-i  jC.  0I68)  =  prière,  proprement  tirage,  moyen  d'attirer, 
séduction;  la  prière  est  en  eftet,  aux  yeux  des  anciens,  un  moyen 
de  forcer  la  bienveillance  divine  par  des  formules  appropriées. 
Sac-n-i  est  probablement  un  participe  en  -i  (§  103).  Le  verbe  sac-n- 
présente  le  sutfixe  de  dérivation  -n  (§  84]. 

sac-n-i-cl-a  (Krall,  Y,  22  ;  VI,  8)  —  §  368  =  prier,  verbe  formé  à 
l'aide  du  suffixe  de  dérivation  double  -cl  (§  90).  L'i  est  interca- 
laire, comme  dans  mun-i-cl-e6. 

sac-n-i-cl-e-ri  (Krall,  II,  7  ;  V,  6,  13  ;  VII,  18  :  VIII,  11  ;  IX,  o,  12, 
21  —  ,§§  338,  352,  358,  371  .=  verbe  sacniola,  augmenté  du 
sutftxe  casuel  -ri  (§  129,  7). 

sac-n-i-cn  (Krall,  Vil,  0;  XII,  11 1  —  §§  375,  388^  mauvais  de 
priér,\  composé  de  sac-n-  prier  et  de  en  mauvais  (voir  ce  mot). 

sac-n-i-cs-t-r-es  Krall,  V,  3  ;  VIII,  14;  IX,  12,  9)  —  §§  342,  370  = 
commencé  de  prier,  par  quoi  l'on  a  commencé  de  prier,  composé  de 
sac-n-  et  de  cs-t-r-es  co)amencé  (voir  ce  mot). 

sac-n-i-sa  , Krall,  VIII,  10)  —  §  338  =  prieur,  prêtre,  substantif 
formé  avec  le  sutïixe  nominal  -sa  i§  118). 

Il     Finnois   sii.k-u-    «    mettre  en   mouvement,    émouvoir,   touciier,    fléchir»; 
sukà'liji'ta-  «  attirer  »  ;  lapon  safjrje-  «  tirer  »  (Donner,  I,  p.  166,  n"  u83). 

SAL 

sal    Magliano;  Krall,  VIL  7;   \IL   11)  — §§307,  Z^o  ^=  mince ,  peu 

épais . 

Il  Finnois  sal-e-va  «  grêle,  mince,  ilrlicat  »  (Donner.  II,  p.  9,  n"  694). 

SAN 

san-u-lis  Capoue,  1.  18)  —  §  423  -=  de  plus  en  plus  noir  de  charbon, 
(■(tinposé  de  san-u  éive  noir  de  charbon  et  de  lis  croissant  (voir 
ce  mot). 

Il    Hongrois  sén  «  charl)on  <•  (Rudenz,  p.  210,  n"  291).  Cf.  S  61  A  2. 


422  OUATIUÈME    PARTIE 


SAN 


san-s-1  (C.  -4196,  4561)  —  §§  271,  279  =  pitoyable,  lamentable,  misé- 
rable, adjectif  dérivé  dcsan-s  à  l'aide  du  sufTixe  nominal  -1  (§109). 
San-s  dérive  lui-même  d'un  thème  *saii  à  l'aide  du  sufïixe  nomi- 
nal -s  (v^  117). 

Il   Hongrois  snn-  «  regretter,  plaindre  »;  snn-a-koz-  «  prendre  en  commiséra- 
tion »  (Donner,  11,  p.  51,  no  729). 

SAR 

sar-ve-n-as  (F.  2056)  —  ,^  2;};}  =  destin,  proprement  disposition, 
ordonnance.  Du  thème  *sar  dérive  uu  adjectif  *sar-ve  ordonné, 
disposé,  régulier,  formé  avec  le  suffixe  nominal  -va,  ve  {%  123).  A 
son  tour  *sar-ve  donne  naissance  à  un  dérivé  verbal  sar-ve-n-, 
fiu'mé  avec  le  sudlxc  -n  J^  8i.  La  désinence  -as  est  le  sulJixe 
nominal  ;,^  99) . 

Il     Esthonien   scv-a-    n    mettre    en    ordre   »  ;   hongrois  siif   a    ordre,   série  » 
(Budenz,  p.  21)3,  n°  2<J4  ;  Donner,  I,  p.  184,  n°  652).  Cf.  o;  fil  A  2. 

SAT 

sat-e-n-a   (C.  i538)    —  §§  320  =  injurier,  pester,   verbe   formé   à 

l'aide  du  suilixe  -n  (§  8i). 
sat-e-n-e  fC.  4538)  —  §  317  ^variante  du  verbe  i)récédenl. 

Il   l'^innois  sad-a-l- «  maudire,  faire    des  imprécations,    injurier  »   (Dimner,  1, 
p.  115,  n»  on). 

SA0 

sa9-e-c  (I".  2279)  —  i;  2\(i  =:  mener  à  bien,  achever:  la  désinence 
est  l'enclitique  coordinatrice -c  (§  154). 

Il   Finnois  sûlla-  »  faire  obtenir  qq.  ciinse.  conduire  à  destination,  accompa- 
gner, faire  arriver,  produire  ». 

SAV 

sav  (Capoue,  j.  4,  5,  6)  —  §§  393,  3î)i,  397  =  argile. 
Il  Finnois  aav-e  «  argile,  glaise  »  (Donner,  II,  p.  10!),  n»  TO^j. 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  423 


se 

se  (Magliano)  —  §  303  =  petit,  peu  de  chose. 

Il  Finnois   soiikk-a    «  menu,   mince,   étroit  »;  hongrois  si/k,  siik  «  étroit  »  (Bu- 
denz,  p.  319,no32'î;  Donner,  I,  p.  170,  n«  591). 

SCA 

sca-r-a  (Krall,  VIII,  4)  —  §  329  =  se  rencontrer,  se  présenter,  verbe 
formé  à  l'aide  du  siifTixe  de  dérivation  -r  §85). 

sca-r-e  (Krall,  VIII,  6)  —  §  332  =  variante  de  scara.  Pour  l'équiva- 
lence a  =  e,  voir  §  55. 

Il  Finnois   sak-a-ra   »    pointe   saillante,   bord   extérieur  »  (Donner,    1,  p.  162, 
n"  572). 

scu 

scu-na   C.  4o38i  —  §§  313,  319  =  anéanti,  disparu,  adjectif  formé 

avec  le  suffixe  nominal  -na  (§  114). 
scu-ne  iC.  4538]  —  §  321  =  variante  de  scu-na.  Pour  l'équivalence 

e  =  a,  voir  §  55. 
scu-v-u-ne  (Capoue,  1.  7)  —  §  398  =  au  moment  de  la  démolition  ;  la 

désinence  est  le  suffixe  comitatif-ne  (§  129,  n"  7).  Le  verbe  scu- 

v-u  être  mis  en  pièces  est  formé  avec  le  suffixe  -v  (§  88). 

Il  Finnois  suk-ku  «    en   pièces   »;  ostialî    suk   «    fragment   »   (Hudenz,  p.    268, 
no    273). 

SX 

SX,  dans  le  composé  avil-s^  rapide  de  durée  (voir  avil). 
Il    Finnois  suka  «  rapide,  preste,  agile  ». 

SE 

^^[Notizie,  1895,  p.  339)  —%'!%).=  règle,  loi,  décision. 

se-n-is  (C.  3442,  4201)  —  ^  20:}  =  bien  comme  on  doit  être,  parfait. 
La  désinence  -is  est  \o  siillixc  climiniilir  ;^  108),  (jui  sert  k  former 
Lar-is,  se^-is.  L'adjcctil'  *se-n  dérive  du  thème  se  à  l'aide  du 
siiilixc  nominal  -n  ??  1 13  . 


42  i  QUATRIÈME    PAUTIE 

Il  Finnois  saii  «  disposilion,  ordre  rc'gulier  »,  sHii-nl-o  «  règle,  loi,  prescription  », 
siiii-lu  "  ordre  »,  snii-slii-  «  mettre  en  ordre  »;  snu-nnôllinen  «  conforme  à  la  règle, 
bien  régulier,  parfait  ». 

SEC 

sec  ^C.  3-20,  1770,  IIISO,  -2:i-27,  -i()8;3,  "27:i7  ;  F.  I,  W7,  etc.)  —  §  209 
=  fille. 

sex  (C.  :no.  108,  ;5niO,  \\{\:\^  ^\-t?^,  de.)  —  ^  22i  =  variante  gra- 
phique (le  sec   voir  i;  G<S  . 

sex-is  (C.  .■{.'{20,  ioiii  —  ^  211  ^=  fil, 'lie,  (liiiiiinilir  formé  avec  le 
suffixe  -is  (s;  108),  eomrne  Lar-is,  parxis,  sen-is. 

Il  Finnois  si/c-ii-  «  engendrer,  procréer,  produire  »;  si/c-i-ô  «  rejeton,  fruit, 
produit»;  lapon  sakk-o  n  descendance  »  (Donner,  1,  p.  166,  n"  S84). 


SEI 

sei-s  !  M;ii^iiano;  —  ;<  .'{()0  =z  assez  fro'uf  fi-ais;  la  désinence  -s  est  un 
sntlixe  d(>  (lé'i'ivalion  nominale,   avec  valcni- tlimiioili ve  (v^  117). 

Il  Finnois  su-Le-he  «  gelée  IMaaciie  »  ;  votialv  sl-Jul-  <i  avoir  froid  »;  hongrois 
hii-vus,  hiv-às,  hiis  «  frais  »;  la  formation  de  ces  adjectifs  hongrois  rappelle  celle 
de  sei-s  (Budenz,  p.  138,  n»  16":   Donner,  II,  p.  120,  noSOS). 

SEL 

sel-a-ns-1  C.  '(.']8)  —  ^250  =^  tihscur,  myiigle,  adjcclif  l'oi-mé  avec  le 
siillixc  nominal  -1  (i;  109)  ;  il  déi'ivc^  de  sel-a-ns,  adjeclil' dérivé 
liii-nKMnc  dn  thème  *sel  à  l'aide  du  snilixe  -ns  >  ?;  ll'J). 

sel-v-a-ns-1  C.  2i0;i)  —  !^  2(>'<  =  of/si-ur,  mol  tormé  de  la  même 
manière  que  le  précédent  ;  mais  le  point  de  départ  est  le  radical 
verbal  sel-v-,  dérivé  du  thème  *sel  à  l'aide  du  suffixe  verbal  -v 
(§88).    Voir  pins  haut  scu-v-u-ne. 

Il  l'"innois  sala,  sala-hien  «  claudcslin.  caché  »;  niordviue  sala-  «  dérober  » 
(Hudcnz,  p.  22:i,  n"2:il). 

SEiVI* 

semcp  (h'.  22.')2)  =r  nombre  supérieur  a  six  et   inr(h'i(mi' à  dix;  voir 

semcp-a-lx-l  s    I'".  2070)  —  ;:;  221)  =  dizaine  de  semcp:  voir  î^  I  44. 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  425 


SER 

ser  (C.  886)  —  §  213  =  chéri,  amour.  Voir  le  composé  papal-ser. 
Il  Hongrois  sur-ut-  «  aimer  »,  sur-al-am  «  aimable  »  (Budenz,  p.  294,  n"  295). 

SER 

ser,   dans  le  composé  travaiu-ser  (Capoue,   1.   16,   17)  —  §  il9  = 

ordure. 

Il  Hongrois  5a/-  «  excrément  »  (Buiienz,  p.  27S,  n^  2~8). 

SEU 

seu-c  Krall,  V,  10,  14)  —  §§  3o7,  359  =  gracieux,  aimable,  gentil, 
favorable;  la  désinence  est  le  suffixe  nominal  -c  (§  100). 

seu-s  ^Krall,  II,  12  ;  V,  8,  20;  XII,  2)  —  §§  355,  305  =  sens  analogue 
au  précédent  ;  la  désinence  est  le  suiïixe  nominal  -s  (§  117). 

Il  Finnois  suo-  «  donner,  accorder,  souhaiter  w;  suo-s-i  «  favoriser  »  (Donner,  II, 
p.  104,  n»  783). 

SI 

sia-ns  (C.  4111)  —  §  'l'i'i  ^ protecteur,  patron.  Le  substantif  est 
formé  avec  le  suffixe  -ns  (§  115),  comme  ne0u-ns,  fuflu-ns. 

sia-ns-1  (F.  817)  —  §  223  =  à  côté  du  patron.  La  désinence  -1  est  le 
suffixe  casuel  (§  129,  4). 

Il  Finnois  suu-lu-,  sni-lil-  «  èlre  garanti  »;  zyrénien  saj-e-  «  proti'ger  »  ;  mordvine 
saj-e-  «  prendre;  ostiak  saj-la-  v  protéger  »  (Donner,  11,  p.  91,  n°  780). 

SI 

si-n  (Krall,  IV,  19,  20;  V,  14,  lo  ;  IX,  22  ;  Capoue,  1.  18)  —  §§  359, 
A:1'2  =  posé,  rassis,  calme,  adjectif  formé  avec  le  suffixe  nominal 
-n  (§  113),  comme  tri-n,  he-n.  —  Voir  hem-sin-ce. 

Il    Finnois  .vi/-ft  «place  »,  siJ-o-Ua-  «  placer,  installer,  asseoir  »,  sij-o  l/u-  «  se 
poser,  s'installer,  s'asseoir  »  (Btulenz,  p.   \'-li,  n"  Ili2  ;  Donner,  II,  p.  94,  n"  780). 

SIC 

sic  (Kr;;!!,  V,  10,  lï)  —  i  357  =  tout  à  fait. 
Il    Finnois  siti-i  «  tout  à  fait,  ahsoluuieut  ». 


4211  QUATRIÈME    PARTIE 

SIP 

sip-i-r  (Capoiio,  1.  3)  —  >5  391  =  ressern',  rlroil,  adjeclif  formé  avec 
le  siiflixo  nominal  -r  (?i  llOi;  cf.  fle-r,  tev  r. 
Il  Finnois  supp-e-a  «  resserre  »  (Ikidenz,  p.  IJifi,  n"  322  ;  Donnor,  il,  p.  04,  n"  T*9). 

SIR 

sir-i  (Capoue,  1.  H)  —  §  iOG  =  cri-pUer,  craquer. 

Il   Finnois  sir-a-,  sir-a-ja-,  sir-i-se-  «  cirpitcr,  faire  un  petit  l)rnit,  gazoviillcr  >> 
(Donner,  I,  p.  18f,,  n"662). 

SL 

si   C.  iil)  —  î^  'll'I  ^=  aigu. 
Il  Finnois  sel-cii  «clair,  nci  ». 

SLE 

sle-l-e-6  (C.  1038)  —  §  310  =  à  partir  du  fait  de  mourir,  à  partir  de 
la  mort.  La  désinence  6  est  le  sulUxe  casuel  marquant  le  point  de 
départ  H  1:29,  11).  Le  verbe  sle-l-e  est  formé  avec  le  sufïixe  de 
dérivation  -1  (J^  82).  Le  sens  propre  est  fiuir,  être  à  rextrémifr. 
Il   Hongrois  sél  «  extrémité,  liord  »,  scl-sô  «  cxli'énie  »  (Budenz,  p.  28(1,  n"  288). 

SM 

sm-n-al,  dans  le  composé  ur-sm-n-al  (voir  ce  mol)  =  provenant  de 
la  rouille ;\\i  désinence  est  le  snlUxe  casuel  -al  (§  lii9,  1).  Le  radi- 
cal sm-n  dérive  du  thème  *sm  à  l'aide  du  siiffîxo  nominal  -na 
(§  114),  dont  la  voyelle  désinenliclle  se  confond  avec  la  voyelle 
inilialo  du  siillixe  -al.  Cf.  Ceic-na  et  C.  11"2  Ceicn-al  ;  Sesctna  et 
C.  27()  Sesctn-al. 

Il    Vogoule  snn,  siin-el,  si)»-il  «  rouille  »  :  ostiaiv   sum-î  »;  zyrénien  sivi  ■,  nior- 
dvine  siim-e-n  ;  linnois  home  (Donner,  II,  p.  I  i2,  \\°  828). 

SNE 

sne-nat-iuras  ('Capoue,  1.  1(1,  17)  —  §  il9  ^  boule  de  saleté  {?)  mot 
composé  dv  iuras  enclos,  rond,  houle  (voir  ce  mot)  et  du  verbe 
sne-nat-  salir.  Ce;  verbe  dérive  d'un  thème  *sne  ou  *sn  à  l'aide 
(lu  sullix(!  double  de  dérivation  -nt  [l  93).  L'a  est  une  voyelle 
intercalaire. 
Il  Hongrois  .S' V/i/r  <<  saleté,  ordure  »  (Builenz,  p.  201,  n"  292). 


DICTIONiNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  427 


SNU 


snu-zai-n  (Capoue,  1.9)  —  §  403  =  par  le  fall  cVHre  plein  d'impu- 
relés  ;  \a  désinence  est  le  suffixe  instrumental  -n  (§  129,  n°  G). 
Snu-zaiest  composé  de  'snu  impureté  et  de  zài  plein  (voir  ce  mol). 

Il  Finnois  so«-/a  «  fumier,  boue  ». 


SPE 

spe-l-an-e-9i  (G.  4338)  — ■  ^  320  ^^  violence  de  fureur,  composé  de 
sp-e-1-  être  en  fureur  et  de  an-e-9-i  force,  violence  (voir  ce  mot). 
Le  radical  sp-e-1-  dérive  d'un  thème  *sp  ou  *spe  à  l'aide  du 
sutiixe  verbal  -1  i§  82i. 

spe-l-6i  (G.  4338) —  §  'iîlO  =  fureur,  substantif  dérivé  de  spe-1-, 
formé  à  l'aide  du  sutfixe  nominal  -6i  (§  122). 

spe-l-6-u-t-a  (G.  4538)  —  §  319  :=  produire  de  la  fureur,  mettre  en 
fureur,  verbe  formé  à  l'aide  du  sutfixe  -t  (§  87],  cjui  a  ici  une 
valeur  causative.  Le  radical  spe-1-6  est  probablement  un  radi- 
cal nominal,  formé  de  spe-1-  avec  le  suffixe  -6  (§  120). 

Il  Finnois  sappi  »  fiel,  bile,  colère  »,  sappe- a  être  bilieux,  être  en  colère  »; 
zyrénien  sep  «  bile  «  ;  iiiodvine  s'iipe  (Badenz,  p.  791,  n°  860;  Donner,  H,  p.  87, 
n"  77o).  —  Pour  la  valeur  causative  du  sullixe  ougro-flnnois  -t,  voir  Szinnyei, 
Finn.-tajr.  Spracfuo.,  p.  128. 

SPU 

spu-r-al  (G.  3,  4,  8  ;  F.  I,  106  ;  Krall,  V,  23)  —  §§  217,  3(38  =  prove- 
nant de  la  mêlée.  La  désinence  est  le  suffixe  casuel  -al  (§  129,  1).  Le 
substantif  spu-r  est  formé  à  l'aide  du  sullixe  nominal -r  (§  116); 
cf.  nape-r,  fle-r.  cve-r. 

spu-r-a-na  (F.  4()(),  2070,  2033  Ba)  —  i;;  220  =  homme  de  mêlée, 
soldat  ;  adjectif  formé  avec  le  suffixe  nominal  -na  (§  114). 

spu-r-e-9i  iF.  20.37)  —  ;^  23 i  =  bataille,  substantif  dérivé  du  verbe 
spu-r-  mêler,  à  l'aide  du  suffixe  nominal  -6i  (§  122). 

spu-r-e-ri  (Krall,  II,  8  ;  III,  23  etc.)  —  i;!:;  332,  370  =  pour  l'acte  de 
mêler,  verbe;  spu-r-e  mêler,  augmenté  du  sulfixe  casuel  -ri 
(§  129,  7). 

spu-r-e-str-es  (Krall.  III,  21  :  VIII,  Il  etc.)  —  ;;;<  312,  370=  mêlé, 


428  QUATKIÈME    l'AUTIE 

l)arlicii)e   passé  passif  en  -es  (§  101)  du  yovba  spu-r-e-str-,  Icciuol 
dérive  de  spu-r-e  ù  Taide  du  suflixe  Iriple -s-t-r  (j:i  08'. 
—  A  lainèiiie  racine  se  raltachenl  les  noms  propres  Spuri,  Spurie, 
Spurina  iSchul/.e,  Lutchi.  /'J'ujctui.,  ]».  ili-Oo). 

Il  Kiiinois  sopo  «  liretluuillagc,  langage  courus  »,  soppu  «c  confusion  ■>,  sop-o-l- 
«  brouiller,  confondre  »;  lapon  de  Suède  siiove-  «  agiter,  uiélanger  »  ;  ersa- 
inordvine  covo-r-a-  «  nn'ler,  brouiller  »  :  liiuigrois  ::tyar-,  h:nh-xr-  «  troubler,  agi- 
ter, mêler  »  (Hudenz,  p.  125-127,  n""  1;j:î  et   l'il  ;  Donner,  II,  p.  17,  n»  IGii). 


SR 

sr,  dans  le  composé  atr-sr-c  '^voir  ce  mot)  =  fjenu,  ri'gnlinr. 
Il  Finnois  s//-o  «  régulier,  beau  »  (Donner,  1,  p.  484,  n"  054). 

SR 

sr-a-n  'C,  -4o38i  —  >:;  31')  =  vcr])G  sr  a  couler,  .s'ccluipper,  augmenté 
du  sullix(>  casuel  n-  i.i^  idd,  5),  ({ui  pai-ait  avoir  ici  la  valeur  d'un 
exposant  temporel  ;  cf.  lesca-n. 

sr-as,  dans  le  composé  ne6-sr-as  ^voir  ce  mot)  =  écoulement,  ruis- 
sellement, substantif  formé  avec  le  sullixe  nominal  -as  (§  99). 

Il  Finnois  sir-a-  sir-a-ja-,  sir-i.s-  «  s"rcha[)per,  couler,  ruisseler  »  (Donner,  I, 
180,  n»  002). 

SR 

sr-en-cv-e  i  Kiall,  II,  1:2  ;  IV,  11,  1:2  ;  V,  8)  — §  355  =  variante  gra- 
piiiiiue  de  sran^ve  ;  i)our  la  permutation  du  c  et  du  ^^  voir  §  08. 

sr-en-xv-e  (Krall,  II,  10;  III,  13,  IG  ;  IV,  10;  IX,  15)  —  §  372  = 
être  grand  d'expansion,  verbe  composé  de  sr-  être  étendu  et  de  en- 
XV-e  cire  grand  {\o\v  ce  mot). 

Il  t'innois  siiro  «  expansion,    développement   »,  siir-o-   «  s'étaler,   s'étendre    » 
(Donner,  I,  p.  184,  n"  054;. 

ST 

st-ai-1-e   Krall,  VII,  fi)  —  §375  ^  être  multiple  de  malédiction,  com- 
posé de  st-  maudire  ou  être  maudit  et  de  ai-l-e  être  multiple  (voir 
ce  mot). 
Il  Hongrois  AiV/-  «  maudire,  blâmer,  injuiier  »  (Hudenz,  p.  291,  n"  290). 


DICTIONNAIUE    ÉTYMOLOGIQUE  429 


SU 

su-e  (Krall,   IV,    10,  14,  22;  V,  7,  9,   10,  IG  ;   IX,  13,  18)  —  §§  353, 

3o('),  300,  372  =  énoncé,  phrase,  substantif  formé  avec  le  suffixe 

nominal -e  (;>  120). 
su-9-ce  (Krall,  V,  17)  —  §  363  =  même  mot,  augmenté  du  suffixe 

casuel  -ce  li;  129,  2). 

Il  Finnois  su  «  bouclie  »  (lUidenz,  p.  267,  n°  212). 

SU 

su-ti  (C.  49)  =  variante  de  su-0i. 

su-Gi  (C.  118,216,3500,  3751,    ill6, /io39,  5003;  F.  2031,  2031*", 

2081,  2085,  2131-2133,  2181-2,    2335,   2602,  etc.)  —  §§  188-190, 

192-194,  196,216,  2i0,  "0:3=  tombeau,  proprement  chose  brûlée 

ou  bien  bûcher;   cf.   latin  buslinn:  su-6i  est  formé  avec  le  suffixe 

nominal  -6i  (§  122;. 
su-6i-l  [V.  2603]  —  §  263  =  à  côlc  du  tombeau;  la  désinence  est  le 

sullixe  casuel  -1  (§  129,  4). 
su-Bi-na  (C.  4540  «;  F.  262,  2095  ^"^  2095  '"•  "''«';  Ga.  643  etc.)  — 

^^   196  ^  funéraire,  chose  funéraire,  adjectif  formé  avec  le  sutfixe 

nominal  -na(§  lli).  Voir  Fabretti,  Suppl.  I,  p.  64. 
su-ei-s  (G.  45i0;    F.  1937,   2279)   —  î^^  194,  2i6  =  du  tombeau  ;   la 

désinence  est  celle  du  génitif  (§  129,  8). 
su-6i-ti  (F.  2335)  —  §  2i2  =  le  long  du  tombeau  ;  pour  le  sutlixe  -ti, 

voir  §  129,  10. 
su-6i-e  (F.  2335)  —  î;  2U  =:  à  partir  du  tombeau  ;  pour  le  sutlixe  -6, 

voir§  129,  11. 

Il  Finnois  sil-lii-  «  rtrc  .■ilhiiiu;  »,  s'i-lil-l-  u  alliinier  »  ;  zyrônien  so-  »  l)rùlef  »  ; 
tchéréiuisse  so-ta  «  l)rillant,  lumineux  "  ;  lumgrois  sli-l-  «  rôtir,  être  cuit  »,  -su-t- 
«  faire  rôtir,  faire  cuire»  (Budenz,  p.  .357,  n"  'SU;  Donner,  I,  p.  175,  n"  618). 

SUC 

suc-i-c  i^Krall,  \il,  9)  —  !:;  ',i~H=^  résonner,  acuir  une  inloiuilio)>, 
verbe  accompagné  de  renclitique  coordiiuitrice  -c  {i  154). 

suc-i-v-n  (Krall,  VII,  7)  —  i<  376  =  par  l'inlmiation  ;  la  désinence 
est  le  suffixe  instrumental  -n  '^  129,  n°  6).  Le  substantif  suc-i-v 


'|.:!()  OUATHIKME    PARTIE 

OU  suc-i-va  (léi'ive  du  verho  suc-i  ù  Taide  du  sullixc  nominal  va 

Il  Finnois  soi-  «  résonner,  l'aii'e  entendre  un  son  »  ;  vogoiiie  suj  «  son  »;  telié- 
rémisse  colc-l-  «  jouer  d'un  instrument  »  (Budenz,  p.  301,  n"  30G  ;  Donner,  II, 
p.  ll.'i,  n°  19V.  liudcnz  et  Donner  ne  sont  pus  d'accord  sur  la  forme  de  la  racine 
ougro-linnoise  ;  l'un  propose  s.f),  l'autre  sav.  Dans  la  première  liypotlu"'se  le 
c  de  suc-i  ferait  partie  intégrante  du  tliéme.  Dans  la  seconde,  le  thème  serait 
*su  et  le  c  serait  le  sutlixe  de  dérivation   verbale  (§  80). 


SUC 

suc-ri   Ki-all,  VI 11,  i   —  si  3-28  =-.  pour  <irtre^  paresseux  ;  c'est  l'ad- 
jectifsuc  augmenté  du  suffixe  casuel  -ri  (i;  129,  7). 

Il  L'innois  siek-u-ill-  <<   temporiser,  tarder  »;  pour  la   voyelle  thématique,  voir 
§  64  U  3. 

SUL 

Sul'Capoue,  1.  3,  (S,  12,  lOj  —^W*;)].  =renlhn)i('id.  Le  mot  est  toujours 
uccompai^né    de    l'épithèle    leGam    ardent.    L'expression    ]»nrait 
signitler  fuur. 
Il  I'"innois  siiuld  «  verrue,  excroissance  »  (Budenz,  p.  351.  n"  3'7o). 

SUM 

sum  (jaanlilr,  dans  le  eom[>osé  ci-sum  (  voii'ee  mot). 

Il    Finnois   som-a.  sein-a    «    quantité,    uninbrc  »  ;    hongrois   sdm   »    nombre  » 
Donner.   II,  \).   l-'ili.  n»  847). 

SUP 

sup-r-i  l'C.  53'  —  5;  280  =  qui  a  des  ailes,  (jui  esl  ailé,  volatile,  parti- 
cijM'  en  -i  (j:;  103)  du  verbe  sup-r-,  lequel  dérive  du    tluune  *sup  à 

I  aide  du  sufTixc  verbal  -r  (i;  8o). 

II  Finnois  sUp-i  «   aile  »  (Donner,  II,  p.  GO,  n»  "iJG).  Pour  la    voyelle  théma- 
tique, voir  §  G4,  U  3. 

SUR 

sur,  dans  le  c()ni[)0se  6an-sur    voir  ce  mol)  =  par/ail. 
Il   r'innois  sor-ca  «  juste,  régulier  », 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  431 


SUR 

sur-e  (C.  2G:27)  —  ^  274  =  pousser  des  cris. 

Il  Finnois  sor-i-na  «  bruit  éclatant,  strident,  tumulte  »  ;  sor-i-sl-  «  faire  un 
bruit  strident,  éclater  ». 

SUR 

sur-i  (Capoue,  1.3)  —  §  391  =  s'ouvrir. 

Il    Finnois  siéra-  «  fendre  »,  siero  «  fente,  ouverture  ». 

SUR 

sur-i  (Magliano)  — §  306  -—  être  versé  goutte  à  goutte. 

Il  Finnois  so7'-o  «  goutte  »;sor-o-la-  «  faire  tomber  goutte  à  goutte  »  ;  zyré- 
nien  zor  «  pluie  »  (Donner,  I,  p.  183,  n"  638). 

SUR 

sur-9-i  (Krall,  VIII,  1)  —  ^  333  =  mise  à  sec  (d'un  bateau),  subs- 
tantif formé  avec  le  suffixe  nominal  -6i  i§  122). 

Il  Vogoule  sur-  «  dessécher  »  ;  ostiak  sor-  «  devenir  sec  »  ;  sor-e-it-  «  sé- 
cher »  ;  lapon  sor-vo-  «  se  dessécher  »;  hongrois  sâr-oid-  «  devenir  sec  »  (Bu- 
denz,  p.  279,  n»  280  ;  Donner,  I,  p.  190,  no  672). 

SUT 

sut-a-n-as  (Krall,  IV,  21;  V,  13)  —  î^'  300  =  nu-lée.,  groupement, 
foule,  substantif  en  -as(§  9!)),  dérivé  d'un  radical  verbal  *sut-a-n 
ou  *sut-n-,  lequel  dérive  du  llième  *sut  àTaidc  du  suffixe  -n  i^îHij. 

Il  Finnois  sol-a  «  bataille,  guerre  »  (Donner,  I.  p.  176,  n°  622).  Les  idées  de 
«  guerre,  mêlée,  groupement,  foule  »  sont  connexes.  Voir  au  mot  spur. 

SV 

sv-a-1-as  iF.  III,  329)  —  §  235  =  absolu,  révolu,  complet,  propre- 
ment qui  fuit  le  tour,  adjectif  verbal  en  -as  (§  99).  II  dérive  d'un 
radical  verbal  sv-a-1-,  ([ui  lui-même  dérive  d'un  lliéme  *sv-  à 
l'aide  du  sulfixo  verlnil  -1  (si  82  .  Sval-as  s'emploie  comme  parli- 
cule  supcrlalive. 

sv-a-1-a-si  [V.  lll,  330  —  i^  ^l',io=^  jiis((u'à  être  absolu;  c'est  le  verbe 
sv-a-l-a  pourvu  du  sulfixe  casuel  -si  (§  129,  7). 


432  nUATIilEME    PAI'.TIE 

sv-a-1-ce    I''.  :2IOl,  ±11'.V)  —  i^  ^35  =^  à  l'élal  révolu,  (lOsitlu,  udjccliT 

dérive  du  Un' '  *sv-a-  ù  l'aide  dii   siiUixe  nominal -1   (!:;  lODi;  la 

désinence  -ce  esl  le  siitlixc  casncl  (^î  1"20,  2  .  Le  mol  se  trouve  tou- 
jours idacé  devant  une  indication  d'à.i;c,  pour  marquer  que  le 
nombre  d'années  indiciué  est  révolu. 

SV-a-l-Bas  (F.  111,  307)  —  §  ll'M  =z  révolu,  avcoin/iH,  adjeclif  verh.il 
Inruié  avec  le  sullixe  -Gas   |^  IM). 

sv-e-m  Krall.  VII,  S  :  \ll,  12j  —  iii;  377,  :\H\)  —  aùsulu,  aùsuluiunil, 
adjectif  vei'hai  en  -m  ,^  1 1 1  i,  l'oi-mé  comme  lescem,  letem,  ra- 
nem,  Gunxulem.  Il  dérive  d'un  lliùme  *sv-e-  ou  *sv.  Comme 
svalas  il  joue  le  rôle  de  particule  superlative. 

Il  Finnois  sep-i-,  sev-i-  «  entortiller,  enrouler,  envelopper»;  sep-ci-,  sev-ii- 
»  embrasser»  (Donner,  11,  p.  "0,  n"  I.jT). 

sv 

sv-u-1-a-r-e  (K.  :2()13i —  §  273  =  cr/'cr  «  pleiiiv  voix,  verbe  dérivé 
de  *sv  cri,  et  formé  à  l'aide  de  deux  sullixes,  le  sulïixe  nominal  -1 
(§  109)  et  le  sutlixe  verbal -r  (§  85).  Le  radical  sv-l-r- devient  svu- 
lar-,  avec  un  uet  a  inor^-ani(iues,  fini  se  sont  déve1op[tés  dans  le 
voisinage  des  licjuides. 

A  la  même  racine  se  rattache  le  latin  suhulo  «joueur  de  llnte  »,  dont 
l'origine  étrusque  est  atlirmée  par  Varron  [lÀng .  lai.  Vil,  3,  33)  : 
SuOulodiclus,  quod  iia  dicuul  lif/tcines  l'usa  ;  quorirca  radiers  dus 
in  f'Jlruria,  non  Lalio  quacrundac  »  ;  cf.  Feslus  :  suhulo  iusre  iihi- 
ccn  dicilur. 

Il  Hongrois  so  (say)  «  son,  voix  »,  sô-l-  «  résonner  »  ;  sïiv-ol-la-,  siiv-il-  «  liur- 
1er,  mugir,  siiller  »  ;  linnois  scïv-el  «  son  «  (Budenz,  p.  301,  n"  306;  Donner,  II, 
p.   111,  n"  79;;). 

SVE 

sve-r-ae,  dans  le  composé  cre-sver-ae  (voir  ce  mol)  — §  302  = 
(H)-e  Iful,  sr  trahie)-,  verbe  formé  avec  le  suffixe  de  dérivation  -r 
(!^  83).  [..a  désinence  ae  n'est  pas  certaine. 
Il    Finnois  sip-o-  «    marcher  en  se   traînant  »  ;    Inp-e-v-lH-    <>  s'avancer  lenlc- 

nicnt  »  (Donner,  H.  p.  108,  n»  790). 

T 

Le  t  initial  eli'ns(ine  ne  correspond  au  /  (uigro-linnois  (|ue  lorscpie 
celui-ci  n'esl  pas  suivi  d'une  voyelle  palatale  on  douce  (a,  o,  w, 
§S2). 


DICTIONNAIHE    ÉTYMOLOGIQUE  433 


TAE 

tae  (Cfipoue,  1.  12,  14)  —  ^.§  410,  414  :=  ouvrier,  proprement  le 
capable.  Tae  est  probablement  une  variante  graphique  de  tai, 
cf.  Cae,  Cai. 

Il  Finnois  lai-la-  «  pouvoir,  savoir  »  ;  tai-lo  n  connaissance,  habileté  »  ;  vogoule 
taj-  «  être  possible,  digne,  convenir  à,  avoir  la  faculté  de  »  (Budenz,  p.  251, 
n»  259;  Donner,  I,  p.  118,  n»  423). 

TAL 

tal,  dans  le  composé  6ii-tal  (Capoue,  1.  10)  —  §  404  =  privé  de. 

Il  Tal  est  en  vogoule  un  suCfixe  privatif  :  p'U'-lal  «  privé  d'oreilles  »,  në-lal 
«  sans  femme,  célibataire  »,  lin-tal  «  sans  valeur  >>.  En  hongrois  le  suffixe  e.xiste 
aussi,  mais  sous  la  forme -/aZ-an,  -lul-dn  ou  -tlin,  -tldn  :  so-/aZ-a«  «  sans  sel  », 
iis-lul-ûn  «  sans  raison  »  (Budenz-Simonyi,  p.  277;  Szinnyei,  Fiimisch-tigrische 
Sprachw.,  p.  105-107). 

TAM 

tam-e-r-a  (F.  2050;  —  §  :233  =  assaillir,  allaquer,  s'en  prendre  à, 
verbe  formé  avec  le  suffixe  de  dérivation  -r  ^^  85), 
Il   Hongrois  liim-xd-  «  s'élever  contre,  assaillir  »  (Budenz,  p.  176,  nol96). 

TAN 

tan-na  (C.  4538)  —  §308  ;=:  récil,  substantif  formé  à  l'aide  du  sufllxe 
nominal  -na  (§  114). 

Il  Hongrois  Un-il-  «  instruire  »,  /xn-iH-  «  étudier  »;  mordvinc  lona-dl- 
«  instruire  »;  Ichércmisse  liin'-em-  «  s'instruire  »  (Budenz.  p.   177,  n»  197). 

TAR 

tar-ti  Capoue,  1.  3,  10  —  J;;:;  39:2,  U8  =  substantif  tar  monlant, 
contrefort,  pourvu  du  suffîxe  casuel  -ti  (§  129,  lOj. 

tar-x-n-al-9  (Ga.  799)  —  ^  253  =  paraît  être  l'adjectif  tar-^-n-al 
prooenanl  de  Tarkhna,  augmenté  du  sufllxe  casuel  -6  (§  129,  11). 

A  la  même  racine  se  rattache  une  abondante  série  de  noms  propres, 
Tar-na,  Tar-c-na,  Tar-c-ne-i,  Tar-x-na,  Tar-cs-ne-i,  Tar-X" 
nt-e.   Tar-x-u,   Tar-cste     voir  Schulzc,   Lalein.  Eigenn.,  index, 

28 


434  QUATUIK.ME    PAUTIE 

[).  038),  auxquels  on  peul  ainsi  attribuer  un  sens  comme  h  fort, 
le  puissant. 

Il  Finnois  lar-lii-  «  adhérer,  ("Ire  colh'-  à,  tenir  l'eruie  »,  tar-ma,  lar-mo 
«  force  »;  hongrois  Ur-U-  «  tenir,  maintenir,  contenir  »  (Budenz,  p.  184,  n»  203; 
Donner,  I,  p.  135,  n»  -476). 

TAT 

tat-a  (G.  53)  —  §  '280  =  ouvrir,  saigner,  égorger. 
Il   Hongrois  Inl-  «  ouvrir  »  (Budenz,  p.  186,  n°  204). 

TE 

te-z  (G.  138,  i08-2,  1538)  —  §^  '259,  310=    ici,  démonstratif   te, 
augmenté  du  sutïixe  adverbial  -z  {§  150,  3);  te-z   est    souvent 
accompagné  de  a-n  (voir  ce  mot). 
Il    Voir  plus  haut  §  136. 

TEC 

tec  (G.  1561)  —  v;  271  =  de  nouveau. 

Il  Finnois  (ak-a  «  ce  qui  est  derrière,  postérieur  »;  iaka-si  «  de  nouveau  »; 
mordvine  lag-a.  lafj-o  «  de  nouveau  »  iiSudenz.  p.  190.  n"  208  :  Donner.  1,  p.  111. 
n»  396). 

TEC 

tec-e  (G.  4190)  —  §  279  =:  être  (i/)/)ri(ju<',  plaqué,   cloué,  ne  plus 

pouvoir  bouger. 
tec-u-m  (Krall,  XII,  .">j  —  ,§  379  =^  pluragi',  siihst.-inlit'  t'ornié  avec  le 

sufllxe  verbal  -m  (§  111);  cf.  vin-u-m,  tri-n-u-m. 

Il  l'innois  tuk-i-sLa-  «  appliquer,  plaquer,  coller;  lak-i-ntii-  être  appliqué, 
platiué,  être  réduit  à  l'immobilité,  lani;uir,  dépérir  »  (Donner.  I,  p.  112,  n"  398). 

TEH 

teh-a-m-ai  Capouo,  1.  9,  lOi  —  p  403,  404  =  se  produire,  arriver, 
verbe  formé  à  Taido  du  sullixe  de  dérivation  -m  (.^  83ï.  Pour  la 
désinence  -ai,  voir  zuslev-ai,  ri9n-ai.  l.e  thème  *teh  équivaut  à 
*tev.  Pour  l'h  non  initial,  voir  i;  7i  ;  cf.  fuh-z-u-s. 

Il  Finnois  lap-a-KS  «  accident  »;  tap-a-lU.u-  «  arriver,  se  produire  »  (Donner, 
1,  p.  417,  n»  527  ;  Selalii,  FUF,  XHI.  p.  456). 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  43S 


TEI 


tei  (Krall,  II,   il,  13;    IV,  7  ;   VIII,  4,  12;   IX,  17;   X,  19)  —  §§  330, 

340,  372  =  eau. 
tei-s  (Krall,  X,  16;  Magliano)  —  ,^  30G  =  génitif  de  tei  i|  129,  8j. 
—  Peul-èlre  convienl-il  de  rallacher  à  la  môme  racine  le  verbe  tei- 

snc-a  (F  2279]  —  i;  246;  le  sens  en  est  d'ailleurs  incertain. 

Il   Hongrois  (à  {=  txvx)  «  lac  »;   osliak  til,  touy^  toy,  leu;  votiak   tî  (Budenz, 
p.  222,  n"  229  ;  Donner,  I,  p.  157,  n»  559). 


TEI 


tei  (Capoue,  1.  4,  9,  11)  —  §!;  393,  403,  406  z=  partie  supérieure,  che- 
minée (■?).  Voir  ti. 

Il    Vogoule  iy,   tuj  «  grosse  branche  »  :  ostiak  taj,  toj,  tej,   iîj    «  sommet, 
pointe  »  (Budenz,  p.  212,  n°  221). 

TEN 

ten-in-e  '  C.  4196)  —  §  279  =  résister,  être  rebelle,  verbe  dérivé  du 
thème  ten  à  l'aide  du  sufiixe  -n  (§  84).  L'i  est  intercalaire. 

ten-6-a  (Krall,  VII,  12)  =  être  fort,  verbe  formé  avec  le  suftixe  -9 
1.^87). 

ten-Sas  (F.  2036,  2333)  —  §.^  223,  237  =  fort,  courageux,  adjectif 
formé  avec  le  sutïixe  -Sas  (§  121)  ;  cf.  sval-6as,  zilaxn-6as. 

ten-u  (F.  2037,  2070)  —  §§  220,  233  =  être  fort,  être  courageux. 

Il  Finnois  tan-i-a  «  fort,  roide  »,  laii-i-kka  «  fort,  ferme  »  ;  te-no  a  force,  acti- 
vité »  ;  ten-(i  «  résistance  »  (Donner,  1,  p.  143,  n"  516). 


TES 


tes-am-s-a  (F.  2333)  — §2U  =s'arrêter  de  pleurer,  composé  de  tes- 

pleurer  et  de  am-s-a  s'arrêter  (voir  ce  mot). 
tes-i-m  (Krall,  VII,  10;  VIII,  17)  —  §§  346,  378  =  pleurard  adjec- 

til'  formé  avec  le  sullixe  -m  [%  111). 
tes-n-e  jC.  4338)  —  §§  317,  318  :=  sangloter,   verlje  formé  avec  le 

sullixe  -n  {^  84). 
tes-n-s-t-eis  (C.  4338)  —  5i§  311,  318  =  grand  de  sanglots,  composé 


43G  QLATlilKMi:     l'AI'.TIE 

de  tesnst-  srnir/hilrr  o[   de   eis  f/rand  (voir  ce  mol).   Tes-n-s-t- 
dérive  de  tes-n-  à  l'aide  du  siillixe  (l()iil)le  -st  (§  97). 

Il    Finiuiis  lih-ma,  lis-m-a  «  pluie  fine,  r()si''0  »  ;  lik-ku  «  rosée,  pleur  »  ;   lih- 
ku-  <■  ruisseler,  larmoyer,  sangloter  ».  Pour  la  voyelle  théinatif[ue,  voir  S  G2,  E  2. 


TEV 

tev  iMai;lianoi  —  i:^  H07  =^  frnjucnf. 

tev-r  iMngiiano)  —  >:;  'MYl  --=  frrqueiil,  dérivé  de  tev  à.  l"aide  du 
sullixe  nominal  -r  (§  IKii. 

Il   Finnois  lujia  «  hahitude,  couluine  "  (Donner,  I,  p.  148.  n»  ;)28  ;  Setala,  FUF, 
XIII,  p.  45G). 

TI 

ti-u  (Ma.nliano)  —  i^  1501  =  ■s\nnassri\  s'rpaissir. 

Il    Finnois  IdJ-a  «  dense,  épais,  serré  »,  làje-,  Idje-nla-  «  épaissir,  serrer,  con- 
denser »  ;  tàje-nlu-  «  se  condenser,  s'épaissir  ». 

TI  cf.  TEI] 

ti-n-ia  {V .  ±\'M),  -JiTO,   ^2171,  2n7,  2478,  TM)()\  C.  Wli),  1920,  .j1()8i 

—  iN  ',\'i'.\  =  cpIiii  (juJ  est  en  liani  (dans  le  ciel),  nom  de  la  divinité 
élru.sque  qui  correspond  à  Zeus-Jupiter.  Le  mot  est  le  participe 
en  -i  ou  -ia  (§  103)  d'un  verbe  ti-n-,  lequel  dérive  du  thème  *ti  à 
l'aide  du  sufïixe  -n  (§  8i). 

tin-s  (Krall,  V,  lî)  ;  Mag-liano)  —  S:;§  307,  lUJ.j  =:  haut,  élevé,  adjectif 
foruK'!  à  l'aide  du  sullixe  -s  (^  117)  et  dérivé  d'un  substantif  ti-n 
(voir  le  mot  suivant).  11  existe  un  nom  propre  Tins  le  haut,  le  grand 
(G.  3()32-3Gi2j . 

tin-si  (Krall,   II,   JO;   III,  21;  IV,  2;   V,   i;    VIII,   15;   IX,   3,    10) 

—  ^i!i  3'i.'{,  370  =  ^)p.rs  le  haut,  vers  le  ciel  ;  la  désinence  est  le  suffixe 
casu(d  -si  '«^  129,  9).  Le  substantif  ti-n  est  formé  avec  le  sullixe  -n 
(§113). 

TIF 

ticp-u  (Ca|)oii(',  I.  18;  —  ^  &1  ^  .suinler. 

Il  Finnois  lijtp-a  «  goutte  »,  lipu-  «  dégoutliT,  suinter  »  (Budeuz,  p.  3G."'),  n°  38C  ; 
Donner,  I,  p.  149,  n"  u35). 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  437 


TIU 

tiu-rim   (Krall,   II,   6;  III,  22;    IV,  2;  V,  4;  VIII,   io;   IX,  3,   11) 
—  ^^  3i4,  370  =  vif  iVaitenilon^  composé  de  tiu  et  de  rim  (voir  ce 
mot). 
Il    Finnois  taju-^  «  facultr,  conception,  intelligence  ». 

TLA 

tl-a,  dans  le  composé  meni-tl-a  .voir  ce  mot)  =  être  gauche. 

Il  Finnois  tol-lo,  lol-va-na,  tol-ve-lo,  lill-pd,  tiil-s'i.  «  idiot,  stupide,  imbé- 
cile »;  ostiak  Lui  «  idiot  ».  ^Donner,  I,  p.    140,  n»  501). 

TLE 

tle-n-a-c-es  (F.  2399)  —  §  276=  forcé  de  marcher,  que  l'on  fait 
marcher,  participe  passé  passif  en -es  (§  101)  du  verbe  tle-n-a-c-, 
marcher,  lequel  est  formé  à  l'aide  du  suffixe  -n  (§  8i)  et  du  suffixe 
-c  (§  80).  L'a  n'est  pas  organique. 

tle-n-a-x-eis  (C.  440)  —  !:;  277  =  articulation  de  marche,  composé  de 
tle-n-a-)^-  et  de  eis  articulation  (voir  ce  mot).  Le  radical  verbal 
tle-n-a-x-  est  une  variante  graphique  de  tien-a-c  (voir  le  mot 
précédent).  Pour  la  permutation  du  c  et  du  y^,  voir  §  68  ;  cf.  sec, 
sejf,  Xurcles,  Xurxles  (§  180). 

Il  I"'innois  tal-la  «  semelle  »  Lnl-la-  »  écraser  avec  le  pied  »,  talu-  «  marcher  len- 
tement »;  hongrois  /aZ-p  «  pied  »  (Budenz,  p.  llS,  n°  195;  Donner,  I,  p.  139, 
n»  490). 

TMA 

tma-s-e,  dans  le  composé  6en-tma-s-e  (voir  ce  mot)  =  faire  du  bruit 
verbe  dérivé  de  *tma  à  l'aide  du  suffixe  verbal  -s  (§  86)  ;  cf.  ir-a-S-e, 
eS-r-s-e. 

Il  Finnois  lem-ii- «  faire  dn  bruit  »,  lom-a-,  tom-i-s-  <'  id  »  (Donner,  1,  p.  152, 
no  545). 

TNUC 

tnuca-si  (Magliano)  —  §  30o  =  verbe  tnuc-a  étrangler,  rtou/fcr, 
pourvu  du  suffixe  casiiel  -si  [^  129,  n"  9  . 

Il  Finnois  luiikc-  «  bniirrer  de  force,  introduire  en  bourrant  »;  mordvine 
tonyo-,  loïKjï-  «  il).  ■>    Budenz.  p.  ilJO,  u"  2G8  ;  Donner,  I,  p.    110,  n"  390,. 


438  QUATHIÈME    PAHTIE 


TR 

tre-C-S  (C.  18)  —  ij  247  =  de  la  maison,  génitif  de  tre-c,  sultslantif 
Jbriné  avec  le  sufïixe  nominal  -c   ;;  lOO;. 

Il  Hongrois  1er  "  espace  »:  inorilviiic  hir-ka  «  omplaccmenl,  espace  »  ;  estho- 
nien  lar-c  «  inaisim  d'iiabitatioii  »  liudrnz.  p.  20S,  n"  2:20;  Doiinoi-.  I,  p.  13-'i, 
n«  418). 

TR 

tr-a-x-s  iKrall,  V,  18i  —  i;  IJOi  =  ahjii,  adjcrlif  J'ormé  à  Taille  de 
deux  sullixes  nominaux,  le  sullixo  -x   îi  100  el  le  sufTixe  -s  (§  1 17). 

tr-al  dans  le  composé  cl-tr-al  ivoir  ce  mol)  =  la  désinence  esl  le 
sudixe  casuel  -al  (î^  120, li.  Tr  signifie  pointe . 

Il  Finnois  ler-U  «  pointe,  traiicliant  aiiiu  »  ;  iiongrois  tiir  ><  pointe,  poignard  » 
(Budenz,  p.  232,  n»  2i2;  Donner,  1,  p.   129,  n"  45G). 

TR 

tr-c-e  {V .  2013)  —  îj  27')  =  rire  debout,  verbe  formé  à  l'aide  du 
snilixe  de  dérivation  verbale  -c  [%  80). 

Il  Finnois  lor-o,  Lor-ro  «  en  hauteur,  en  saillie,  debout  »  :  votialv  lôr  «  en 
haut  »  (Donner,  1,  p.  129,  n"  435). 

TR 

tr-s  (Capoue,  1.  iri)  — §  415  z=  sans  danger,  adjectif  formé  avec  le 
suHixe  nominal  -S  (ij  117). 

Il  Finnois  lev-ve  «  en  bonne  santé  »  ;  ler-ve-llineii  »  salutaire  »  (Donner,  1, 
p.  128,  n»  452). 

TR 

tr-a  (C.  53)  —  §  280  =  tirer,  arracher. 

Il  Esthonicn  ler-i-  »  tirer  »;  lapon  de  Suède  liiore-  «  tirer  à  soi  »  ;  niordvine 
lar-rja-  «  tirer  »;  lar-ga-mo  «  train  »  (Donner,  1,  p.   1.'5:],  n"  471}. 

TR 

tr-u-6  I  Krall,  V,  17,  18)  —  §  302  =  ('■clair,  liipur  rapide,  siibslanlif 
formé  avec  le  snfïixe  nominal  -6  (§  120). 

Il  Finnois  lir-ln-ii  »  rapide,  vif,  bi'iJIant,  étlncelant  »  (Donner,  1,  p.  i:)f), 
n"  483). 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  439 


TRAV 

travaiu-ser  (Capoue,  1.  10,  17)  —  §  419  ==  terme  injurieux,  de  com- 
position oJjscure.  Cf.  ser. 

TRI 

tri-n  (Krall,  III,  13;  IV,  14;  VII,  2;  VIII,  11,  17;  IX,  7  ;  XI,  16)  — 

§§  338,  346,  371,  374  =  sonore,  éclatant,  adjectif  formé  avec  le 

suffixe  nominal  -n  (^  113). 
tri-n-9  (Krall,  VII,  4)  —  ^  374  =  très  sonore,  adjectif  dérivé  de  tri-n 

à  l'aide  du  suffixe  nominal  -9  (§  l!20). 
tri-n-6-a-s-a  (Krall,  VII,   6)  ^ —  §  37.j  =  crieur,  héraut,  substantif 

dérivé  d'un  verbe  *trin-n-6-a  el  formé,  comme  sacni-sa,  avec  le 

suffixe  nominal  -sa  (§118). 
tri-n-u-m  i  Krall,  III,  18;  V,  17;  X,  9    —  i;  363  =   sonorité,  subs- 
tantif verbal  dérivé  d'un  verbe  *tri-n-u  et   formé  avec  le  sufFixe 

participial  -m  (§111). 

Il  Finnois  tur-i-s-  «  faire  du  bruit,  bourdonner,  ronfler,  éclater  »  (Donner,  I, 
p.  126,  n°  441). 

TRU 

tru-t-vec-i-e  (F.  2003  dis)  —  §  267  =  être  constant  de  protection, 
composé  de  tru-t-  protéger  et  de  vec-i-e  être  fort,  ferme,  constant 
(voir  hec-i-a).  Le  verbe  tru-t-  esl  formé  avec  le  suffixe  de  dériva- 
lion  verbale  -t  (§  87) . 
Il  Finnois  turva  «  secours,  refuge,  protection  »  ;  tiirva-  «  protéger  ». 

TUC 

tuc-i  (Magliano)  —  §  302  =  ^ui  est  inerte,  immobile,  paisible,  parti- 
cipe en  -i  (§  103j  du  verbe  tue-. 

Il  Hongrois  loh-on''oL,  Iû-iiol  «  paresseux,  indolent,  inerte  »  ;  lapon  lok-ko-ne-s 
«  inerte,  inutile  »  ;  esthonien  loçi-n  "  inerte,  endormi  »  (Budenz,  p.  224,  n°  232; 
Donner,  I,  p.  112,  n»  400). 

TUL 

tul  (Capoue,  1.  9,  10,  13)  —  §i^  402,  iOri,  415  =  vent,  air,  souffle. 
tul-a  (Capoue,  1.  16,  17)  —  !<i<  418,  420  =  faire  du  vent,  souffler. 


440  QUATRIÈME    PAIiTlE 

tul-e  (Capoiio,  1.  8,  i;{,  li,  18,  19)  —  i<i<  :m,  411,  41'.,  'rlï.  \-l\  = 
même  sens;  tule  jiaraîl  n'èlre  qu'une  varianle  gi'a[)lii(iu('  de  tula. 
Il    Finnois  tttle    nom.    Kd-V.    «    veut    »  ;  tfd-e-   »    l'aire   du    vt-iit   »  (Donner,   I, 
p.  142,   n»  .-m). 

TUL 

tul    Krall,  H,  0;  III,   22;  IV,   12,  13,   16;  V,  r»,  9,  12;  IX,  4,  11,  10, 

18,20)  —    !:;5;3.'')l,    3o(>,  3o8,  ;{70,  372  =^  prDprr,    /ippmpi'ir.  rnnrc- 

Hdhle,  v/'f/iilici-,   hou,  adjeclil' cni{)loyé  adverhi.ilcnicul  avec  le  sens 

(!.'  hirn  r\  connue  particule  superlative. 
tul-ar   iC.    3,  '*,   8,-439,   88(;,  3432)   —  ^--IIH  =  limita  de  proprif'-h', 

home,  coniposc  (h;  X\x\ propre  et  de  ar  exirrmilr  (voir  ce  mot). 
tul-ar-u    (C.    4.")38,  45 '(  Il  —  ^  'M-i  =  faire  une  iiniile  de  proprii'lr, 

horiier,  verbe  dérive  i\\[  tul-ar. 

Il  Lapon  (le  Suéde  h/ol,  Liial-d  «  Ic^ltiiiic,  vrritable,  juste  »;  liuugi'ois, 
lid-y-(l(»i  «  propre,  particulier  »  (Uadciiz,  p.  239,  n»  247;  Donner,  1,  p.  141, 
n°  oOl). 

TUR 

tur  (Krall,  IV,  13;  IX,  0;  Capoiie,  1.  14)  —  ,^§  371,  413  =  cri,  apos- 
trophe, appel,  instance. 

tur  ce  [C.  301,437,  438,  4i:i,  417  etc.,  etc.)  —  i;§  2o8-2(;(;,  2G8,  2(i9, 
272,  273  r—,  en  instance,  avec  instance  ;  la  désinence  est  le  sullixe 
casuci  -ce  i>i  129,  u"  2). 

tur  a    Krall,  11,  10,  13;  IV,  9),  verbe  dérivé  de  tur. 

tur-e  Krall,  VI,  l.">;  F.  230),  variante  grai)liiqiie  de  tur-a  ;  j»our  la 
peruiiiialiou  de  l'a  (;l  de  Te,  voir  >;3.'j. 

tur-u   C.  414),  autre  verbe  dérivé  de  tur. 

tur-u-ce  (F.  iOj,  \erl)e  tur-u  avec  le  sullixe  casuel  -ce  (§  129,  2). 

tur-une  (C.  4538)  —  ^  321  =  })endant  Vacle  d'appeler,  verbe  tur-u, 
j)(jurvu  du  siidixt' de  coucouiilauce    ne  ^  129,  0). 

Il  Finnois  Lor-a  «  dispute,  ([uerelle  »  lor-a-  «gronder,  quereller»;  tchérémisse 
lor-l-  «  goiu'inander  »  ;  lapon /'/rw  «  hataille  »  ;  hongrois  c/or-r/dl- «  gonriuander, 
cli.ilicr  »  (l'.uden/,  p.  2.'i7,  ii"  2(i.'i  ;  Donner,  1,  p.  ilîl,  n"  462). 

TUS 

tus  (1.  433 1  —  !:i  214  =  presse,  serre. 

tus-e-i  (.1////.    nini.    Aht.,    1910,   [).    319)   —   ^  2li  ^  étant  pressé, 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  441 

('tant  serré,    participe  en   -i  (§   i03)  d'un  verbe   tus-9-  l'Ire  serré, 

dérivé  de  tus  à  l'aide  du  suffixe  verbal  -9  ('§  87). 
tus-u-r-6-i  (C.   3858)  :=:  §  :214  ^  étant  serré ^  se  serrant,  s' embrassant, 

participe  en  -i  (§  103)   d'un  verbe  tus-u-r-9-,  formé  avec  les  deux 

suffixes  verbaux  -r  (§  85)  et  -9  (§  87).  Le  second  u  a  été  amené  par 

le  voisinage  de  la  liquide  -r. 
tus-u-r-9-i-r  (C.  38(30)  —  §  211  =  adjectif  équivalant,  pour  le  sens, 

au    participe  tus-u-r-9-i;    il  dérive    du   radical  verbal  tusur9-  à 

l'aide  du  sullixe  nominal  -r  (§  116).  L'i  est  épentliétique. 

Il  Hongrois  Los-,  tos-il,  ixs-ît-  «  pousser  »,  Ins-liol,  <<  presser  sur  »  ;  zyrénien 
loc-fcî-  «  heurter,  pousser  »  ;  mordviae  los-li-je-  «  frapper,  heurter  (Budenz,  p.  226, 
n°  236). 

TUT 

tut-i-n  (Krall,  VII,  8)  —  §  377  =  agité,  inquiet,  adjectif  dérivé  du 
radical  verbal  tut-i-  et  formé,  comme  tri-n,  fir-i-n,  à  l'aide  du 
suffixe  nominal  -n  (§  113). 

Il   Finnois  IM-itta-  «agiter,  secouer,  remuer,  bercer  ». 

TU0 

tu9-i  (Magliano)  —  §  301  :r^  être  senti,  être  douloureux,  faire  mal. 
tu9-i-n-es  (C.  4i6,  4196)  —  ï:;t;  277,  279  =  ressenti,  endolori,  malade, 

participe  passé  passif  en  -es  ;§  101)  du  verbe  tu9-i-n-  (outu9-n-), 

lequel  dérive  de  tu9-  à  l'aide  du  suffixe  verbal  -n  (§  84). 
tu9-i-u  (Magliano)  —  §  298,  302,  304  ==  ressentir,  avoir  mal,  souffrir, 

verbe  formé  avec  le  fréquentatif  -i  (§  81);    cf.   at-i-u,  hin9-i-u, 

zer-i-u. 

Il  Finnois  tielil-  «  savoir,  connaître,  faire  savoir,  faire  connaître  »  (Buiienz, 
p.  337,  no  346;  Donner,  I,  p.  118,  n°  423).  Pour  la  voyelle  thématique,  voir 
§  64  U  3. 

TUZ 

tuz-1  (C.  44)  —  §201  ■-=  vrai,  sincère,  sur,  honnête,  bon,  adjectif  formé 
à  l'aide  du  suffixe  de  dérivation  nominale  -1  (i^  109). 

Il  Finnois  foie  (nnm.  tosi)  a  vrai,  véridique  »;  tod-i-st-  «  témoigner»;  rotiak 
lod-î-l-n  montrer  »  (Mudcnz,  p.   863,  u«  960  ;  Donner,  1,  p.  120,  n»  426). 

0 

Le  6  iiiilial  élnis([ii('  corn'Sftoiid  à  1"//  liiinois  ot  à  l'.v  ougro-linnois  ; 
voir  ,^  71. 


4i2  QUATRIÈME    PAHTIE 


0AC 


6ac-ac    .Krall,  VII,    13i  =r  vif  rrnppd,   composé  de  6ac-  chercher, 

demander  el  de  a.C  vif,  /jrusijue  (voir  cc!  inolj. 
9ac-l-6  (Ki-ail,  VIII,  12)  —  ,^  ;}i()  -=  à  la  suile  de  rappel;  la  désinence 

est  le  suHixe  casiiel  -6  (;^  129,  11).    Le  subslanlif  6ac-l  est   formé 

avec  le  sudixe  nominal  -1  (5$  lOD). 

Il    Finnois  /utk-e- «  clicrt-her,  rccherclier,  demander  ». 


0AM 


6am-ce  i  V.  l,  .'JOS)  —  §  200=  da)is  la  direction;  la  désinence  -ce  est 
le  sullixe  casuel  (§  129,  n°  2). 

Il  Finnois  hctma  «  marche,  chemin  »,  mot  souvent  employé  pour  renforcer 
l'expression  des  rapports  de  temps  et  de  lieu,  avec  un  sens  analogue  à  celui  de 
«  précisément,  juste  »  (Donner,  II,  p.  li!),  n°  2.18;  Seliilii,  FUF,  XIII,  p.  ."in). 


0AN 


6an-r  (C.  1082')  — i^  i9o=  iniju/uille^  paisihlc;   la  désinence  est  le 

snilixe  nominal  -r  [^  HO). 
9an-r-a  (Magliano)  —  «:;  303  =  êf)-e  iranc/aille,  verbe  dérivé  d(>  8an-r. 
Ban-s   Krall,  IV,  l(i;  IX,  i,  11,  20)  —  §370  =/rrt/;7*//7//';  la  désinence 

rsl  le  siitlixe  nominal  -s  (§  117). 
Ban-sur   (Krall,   H,  7;  V,  12,  20)  —  i^§  3:;i,  3:i8  =   parfait  de  iran- 

i/iiitlitr,  trrs  train/uille,  composé  de  B an- être  tranf/nille  el  de  sur 

'voir  ce  moli. 
ean-u-r-si  (F.  803  />/\v;  Ga.  390)  on  Bann-u-r-si  F .  Ill,  391)  — §ïil9o, 

28'»=  c/(  paix,  paisiblement,  adjeclil'  6an-r  on    Ban-u-ri,   an^,- 

mcnli'  dii    sntfixe  casnel  -si   i;  129,9),  (|iii  lui  donne  une    valeur 

adveri)iale  (§  loG,  2). 
A  cette   même  racine  se  rallaclicui  les  noms  propres  0an-a   C.  i'i, 

IM,  lOO,  etc.),  Oan-ia    (C.   lOO,  Ii'<,  2:i7  etc.),  0an-xvil   iC.    278, 

'i08,  i31  etc.  ,  0an-si  C.  I 'i(i3,  232ii,  0an-icu  (C.  1790),  0an-si- 

na  (C.  n22  . 

Il    Finnois  lirii-lo  «  mince,  tendre,  inoii.    indolent,    doux  »  ;  hongrois   scin-da 
«  indident,  dmix  »  'l)(nin(r,  II,  p.  ol,  n»  129). 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  443 


0AP 

Gap-ic-u-n  {Nothie,  1893,  p.  339)  —  §§  294,  296  =  division  en  parts, 
répartition,  partage,  composé  de  Gap-  couper  et  de  ic-u-n  division 
(voir  ce  mot). 

6ap-int-ai-s  [IVotizie,  ibid.)  —  i^  207  =  rfu  demandeur  de  partage, 
génitif  (§  129,  8)  de  0ap-intai,  participe  en  -i  (§  103)  du  verbe 
Bap-int-  faire  procès  de  partage  ;  9ap-int-  est  composé  de  Gap-  et 
de  int-  mettre  en  mouvement ,  procéder  (voir  ce  mot).  Pour  la  dési- 
nence ai,  cf.  ens-ai-s. 

Gap-int-as  {lYotizie,  ibid.)  —  s^  29i  =  procès  de  partage,  substantif 
en  -as  (§  99),  dérivé  de  Gap-int-. 

Il  Finnois  hap-l-a-  «  frapper  »;  uiordvlne  sapt-  «  fendre,  faire  une  entaille  », 
sap-a  «  encoche,  entaille  »  ;  lapon  capp-a-  «  découper  »  ;  hongrois  s/ïlj  '<  bles- 
sure «(Budenz,  p.  263  et  334,  no^  269  et  342;  Donner,  II,  p.  100,  n»  181). 

0AR 

Gar-a  (Capoue,  1.  13)  —  §  -113  =  se  dilater,  craquer. 
Il   Finnois  haro  «bifurcation  »,  luira  «  branches  divergentes  ». 

0A0 

GaG-e-n-ei  (Capoue,  1.  12)  —  ^   410  =  grand  d'empressement.,  com- 
posé du  verbe  GaG-e-n-  et   de  l'adjectif  ei   grand   (voir  ce  mot). 
0aG-e-n-  est  formé  d'un  Ihème  *GaG  à  l'aide  du  sullixe  de  dériva- 
tion verbale  -n  (§  84). 
Il  Finnois  huti-  «  se  presser,  se  hâter  »,  hnta  «  presse,  situation  critique  ». 

0AUR 

Gaur-a  (C.  198,  4538)  —  §  317  ::=  s'empresser,  être  occupé. 

Gaur-e   C.  411(>)  —  §  241  =  variante  grapliiqui;  ûi?  Gaur-a.  Pour  la 

permutation  de  l'a  et  de  Te,  voir  §  TiS. 
Gaur-us  (C.  4082)  —  ,^  195  =  affairé,  adjectif  formé  avec  le  sulîixe 

nominal  -s  (§  117).  Lu  qui  précède  l's  n'est  pas  organique. 

Il  Finnois  hilori-  «  courir  à  droite  et  à  gauche,  s'empresser,  être  affairé  »  ; 
esthonien /iô/'rt-  «  s'agiter  »;  hongrois  siir-dg-  «  courir  à  droite  et  à  gauche,  être 
empressé,  être  affairé  »  (Dudenz,  p.  358,  n»  317  :  Donner,  I,  p.  192,  n"  681). 


444  QUATRIEME    PARTIE 


0EI 


I 


6ei-vi  ti  (Krall,  V,  ^0  —  ,^  'MWt  -^  pcndcml  le  h-in/is  que  dure  le  fait 
d'être  violent  de  Ouuleverxeiiienl  ;  la  désinence  esl  le  suffixe  casiiel 
-ti  le  Ion;/  de  («5  12!),  10;  ;  9ei-vi  être  riolenl  de  houleversenienl  esl 
composé  (le  6ei-  ''//■'■  en  désordre,  cl  de  vi  rire  fort  ivoir  hi-a). 

Il    Finnois   haj-a    «   ('tut  ciY'pai'pilIciinTil,    de  drsagn'gation,   de    di'sordre.    de 
confusion  »  (Donner,  II,  p.  130,  n»  817). 


0EL 

6el-u    V.  '1{)'V,'}  — §  'IWO  =  réchan/fer.  entourer  d'affection  [fovere). 

Il  Finnois  liel-le  «  ciialeur,  sentiment  ardent  »  ;  licl-lii-  «  être  tendre,  affec- 
tueux, traiter  avec  indulgence  «  (Donner,  il,  p.   :28,  n^  710). 

0EN 

6en-tma-S-e  iC.  48)  —  i^  ±M  =:  foire  bruit  de  paroles,  composé  de 
6en  parole  el  de  tma-s-e  faire  du  bruit  (voir  ce  mol). 

6en-6  (Krall,  XII,  (>)  —  §  381  =  à  la  salle  de  la  parole;  la,  désinence 
esl  le  sullixe  casnel  6  (J^  129,  11). 

Il  I''innois  suna  «  mot,  nouvelle  »,  saïui-  «  parler  »  ;  liongrois  han-;/  «  ton, 
voix  »  (lUuleiiz,  [).  i;ji,  n"  l.'JS;  Donner,  11,  p.  :i7,  n"  73!)).  Le  6  initial  étrusque 
correspondant  à  un  h  linnois  et  à  un  v  ouf^ro-linnois.  les  rapprochements  9en 
=  sailli  =  lumij  ne  semblent  pas  légitimes.  Cependant  IVt  finnois  permute  ({uel- 
quefois  avec  l'.v  [liopero  et  sopero  «  bègue  »;  liipe.vla-a  «  s'avancer  lentement  » 
et  sipo-ta  «  se  traîner  »  ;  hiva-ta  «  frotter  doucement  »  et  siu-asu  poli  »  ;  huii-lu-u 
«  geler  »  eisil-La-d  «  avoir  froid  >>).  D'autre  part,  Vit  initial  hongrois  a  quelque- 
fois, comme  dans  hang,  une  valeur  analogue  à  celle  de  Vli  initial  finnois  (II. 
Ity  '<  cheveu  »  ;  F.  hiu-Ase;  W.hxl-k  <<  lent,  silencieux  »  ;  F.  Iiil-ja  «  taciturne»). 

Donner  II,  p.  .j8)  pense  que  le  finnois  lien-hi  »  souille  »  appartient  au  même 
groupe  de  vocables  que  le  hongrois  hau-rj  «  son  ».  Si  le  rapprochement  était 
i-rrtain,  il  entraînerait  celui  i](^  licu-lii  et  de  l'étrusque  Ben. 


0ES 

9es  ^Capoiie,  1.  15)  —  i^  il"  =  appel,  apostrophe. 

ôes-a-n  (Krall,  V,  lî),  23;  XI,  li,  iH\  —  i;  'MV.')  =   oppel,  invocation, 

siii)slanlir  l'ornié  du  verbe  6es-a,    à    l'aide   du  sulli\(>    iu)[uinal-n 

(^  11.*}). 


DICTIOINNAIRE    ÉTY5I0L0G1QLE  445 

6es-a-ne  (Krall,  V,  2i)  —  §  3G7  =  pendant  Vactc  d'invoqué)',  verbe 
9es-a,  augmenté  du  siiffîxe  comitatif -ne  (§  i^29,  n°  6]. 

0es-ni-n  (Krall,  V,  10)  —  ^  HGl  =  incocation,  substantif  formé  avec 
le  suliixe  nominal  -n  (i^  113)  ;  il  dérive  d"un  radical  verbal  Bes-n-, 
formé  lui-même  à  l'aide  du  suffixe  verbal  -n  (§  84).    L'i  n'est  pas 
organique. 
Il    Finnois  hàs-fa-  «  appeler,  citer,  défier,  menacer,  interpeller  ». 

0EZ 

0ez-e-ri  (Krall,  VI,  9,  11;  XI,  ii) -.=  pour  être  tranquille,  \crhe 
0ez-e,  augmenté  du  sulïixe  casuel  -ri  (^  129,  n"  7). 

ôez-e-ri-c  (Krall,  VIII,  4)  —  .§  328  =  même  mot,  pourvu  de  l'encli- 
tique coordinalrice  -c  (§  154). 

9ez-i  (Krall,  III,  15)  =  être  tranquille. 

6ez-i-n  (Krall,  VIII,  IC)  —  ,^  346  =  calme,  substantif  dérivé  du 
thème  verbal  6ez-  à  l'aide  du  suffixe  nominal  -n  (§  113). 

9ez-i-n-ce  (Krall,  IV,  3;  IX,  2,  9)—  ,^370=  au  calme,  dans  le 
calme,  substanlif  Gez-i-n,  augmenté  du  suffixe  casuel -ce  (§  129, 
n°  2). 

6ez-i-n-e  (Krall,  IV,  5  :  VIII,  13i  —  §  341  ^^=  rester  calme,  verbe  dérivé 
de  6ez-i-n. 

Il  l-'innois  hid-as  a  lent,  imlolent,  nonchalant,  paresseux  ,>,  hH-ainen  «  id.  »  ; 
hit-uri  «  id.  »  ;  hit-u-sla-  "  faire  quelque  chose  avec  nonchalance  ».  Pour  la 
voyelle  thématique,  voir  g  62  E  2. 

01 

6i-i  (C.  4o38j  —  ,§  313  =  courir,  se  hâter. 

6i-i-tal  (Capoue,  1.  10)  —  §  40i  =  dépourvu  de  vitesse,  d'élan,  adjec- 
tif composé  (lu  verbo  9i-i  et  de  l'adjoclif  tal  privé  de  (voir  ce 
mot). 

9i-l  (C.  4o38)  —  §§313,  323,  =  hâtif,  hâtivement,  vite,  adjectif  formé 
avec  le  suffixe  nominal  -1  (Î5  109). 

Il  Hongrois  sie-t-  «  se  hâter,  courir  »  ;  mordvine  cije-  «  courir,  s'élancer, 
voler  »  ;  tchéréniisse  si-/-  «  l'uir  »  ;  finnois  /u/i-l'i-  «  patiner,  glisser  »  (Budenz, 
p.  341,  n"  ;].'i2  ;  Donner,  1,  p.  112,  n°  (507).  H  y  a  cependant  une  difïiculté  en  ce 
([ui  concerne  le  finnois  hili-Ui-,  Vi  long  finnois  ne  correspondant  pas  à  Vi  étrus- 
que (voir  g  Gt,  U  3);  mais  \"i  long  n'est  peut-éire  dans  hili-Ld-  que  le  résultat 
d'une  contraction  (cf.  mordvine  ciJe-]. 


4i(i  (jUATRIlblE    PARTIE 


0IC 


0ic-u-v-eis  (Capouc,  1.  9)  — ^  A{}'.i  =  rp-mid  dn  famée,  abondant  de 
fnntr<\  adjcclil'  composé  de  eis  (voir  co  iiiolj  et  du  verbe  6ic-u-v- 
oii  9ic-v-,  roriné  avec  le  sullixe  de  dérivalion  -v  (§  88),  comme 
scu-v-u-ne. 

Il   Fiuiiuis  liuUai  «  rmiirc  »,  /lai/.ii  «  l'uiupr  », 

OU 

Gu-es  iC.  illG)  —  ^  :li'^  =  crié,  appelé  par  son  nom,  particii)e  passé 
passil'en  -es  (i^  101  i  du  verbe  Gu-. 

Il  l'innois  liiila-  «  crier,  apiieler  »  ;  esllioniea  /lii- ;  zyi'énien  sï  «  mot,  voix  •>  ; 
hongrois  luo-,  lu-  «  appeler,  crier  »  (Donner,  11,  p.  112,  n°  796  b;  Setalîi,  FUF, 
XIII,  p.  369). 

0UX 

6ux  (Magliano;  Capoue,  1.  18)  —  i;,^  302,  121  =  prolubérance,  roi/le- 
menl,  épa^de. 

Il  Zyréiiien  .soV/ «  cheville,  renllenicnl  (rarticiilalion  »:  hongrois  cd(/  «  nœud, 
reiilleniriit  »    Budeiiz,  p.  :i7o,  n»  iOl  :  Donner.  1,  p.  1(17,  n"  589). 

0UF 

Guf-l    !•'.  -l'.V.V.'}  h)  :  -  empressé,  aimable,  agréable,  adjeclil' formé  avec  le 

siillixc   nominal  -1  (^  109). 
6uf-l-0-as   C.   '('(G)  —  v^  277  :=  acle  d" empressement,  d^imabilllé,  acte 

df  prapitiat'ion,  offrande,  hommarje,  substaulif  eu  -as  (.!^  99),  dérivé 

d'un  verbe  6uf-l-9-  être  aimable,  lefjuel  dérive  lui-uième  de  0uf-l- 

;i  l'aide  du  sullixe  verbal  -6  [^  87). 
6uf-l-6-i   C.  2.'{ilj  =  être  aimable,  être  favorable  (voir  le  mot  précé- 

deiil.  . 
8u-p-l-6as  (G.  Mo)  —  §  263  =  variante  de  6uf-l-0-as. 
Ouf  ul-0-as  C  T.iW)  =  variaule  de  0uf-l-0-as. 
0uf-ul-0i-cl-a    F.   2()0;j '"'-)  —  Sii  20(5=  être  propice,  être  fimrable, 

verbe  dérivé  de  0uf-l-0-  à  l'aide  du  sullixe  double  -cl  i§  90).  L"i 

n'esl  pas  or^aui(|iH^. 

Il  Finnois  hojijiu  <.  hàle,  diligence,  empressement  »  (Donner,  II,  p.  88,  ri"  776). 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  447 

OUI 

Gui  (G.  48,  171,  181,  193,   199,  etc.,  elc  )  —  §§  183,  18i,  187,   197, 
214  =  couc/i'',  étendu. 

Il  Finnois  lioj-o  «  quelque  chose  dallongé,  d'élendu,  de  dilaté;  homme  indo- 
lent, nonchalant,  qui  se  laisse  aller  «  (FUF,  XI,  p.  241). 

0UM 

9um-sa   ^Krall,  XII,    12)  —  §  389   =  rapide,  rapidement^  adjectif 
formé  avec  le  suffixe  nominal  -sa  (§  118). 
Il  Fionois  hom-ma  «  hâte,  précipitation  »  (Donner,  II,  p.  149,  n°  837). 

0UN 

0un   Krall,  IV^  5,  17)  =  j^etlt,  peu. 

9un-a,  6un-e,  dans  les  composés  hilar-6un-a,  hilar-0un-e  i  voir  ces 

mots)  =  être  réduit.,  être  très  petit. 
Gun-em  (F.  233.>  ;  Krall,  XI,  17;  XII,  10)  —  ^§  222,  387  =  défectueux 

de  peu,  jiresque,  à  peu  près,  environ,  composé  de  0un  et  de  em 

défectueux  (voir  ce  mol). 
6un-i  (Krall,  X,  7)  =:  peut-être  participe  en  i  i§  103)  du  verbe  6un. 
Gun-^-er-s  (Krall,  VI,  7   =  sens  indéterminé  ;   le  mot  est  composé 

de    Gun-X"  être  réduit   et  de  ers   (voir  er).  Le   radical   verbal 

Gun-3(-  est  formé  avec  le  suffixe  -^  (§  80). 
Gun-)^-ul-e-m    Krall,  XII,  3)  —  ^  377  =  extrême  de  réduction,  c'est- 
à-dire  nul.  Le  mot  est  composé  du  radical  verbal  Gun-j^-  être  réduit 

et  de  ul-e-m  porté  à  iextrême  (voir  vel). 
Gun-jf-ul-G-e  (G.  4538!  —  §  314  =  être  extrême  de  réduction,  être  nul, 

ne  pas  exister,  verbe  composé  de  Gun-^-  et  de  ul-G-e  être  e.xtrême 

I  voir  vel). 

0un-5^-ul-G-l  (G.  4538) —  §  323  =  extrême  de  réduction,  nul,  composé 

de  Gun-X"  et  de  l'adjectif  ul-G-1  (voir  vel)i. 
Gun-s  Krall,  VI,  13  =  adjectif  dérivé  de  Gun  à  l'aide  du  sutlixe  -s 

(§■11")- 
Gun-s-na    Krall,  VI,  13)  =  adjectif  dérivé  du  précédent  à  Taide  du 
sullixe  -na  (.^  114). 

II  Fiuuois  liuon-o  «  mauvais,  misérahle,  pauvre,  faihle  »:  hun-nii  «  imbécile  »; 
esthonien  hôn  «  maigre,  amaigri  »  :  zyrénien  cîn-  «  décroître  »:  hongrois  ciin- 
«  languir,  ne  pas  grandir  »  i^Budenz,  p.  380,  n»  409;  Donner,  II,  p.  49,  n°  126; 
Sctula,  FL'F,  XIII,  p.  368). 


448  gUATlUÈME    PAUTIE 


0UR 


in- 


6ur  lOU  9ur-a)  =  sitile,  i^jnée,  rcji'lni).  Le;  un  il   en  Ire  duiis   lu  eu 
posilion  des  noms  propres  :  Anei-6ur-a  (C.  38i:2j  rcjclun  dWnel, 
Precu-Bur-a   §245;  C.  4110),  Tamia-6ur-a  (F.  2033;,  Vel-eina- 
eur-a    !^  ;U7  ;  C.  A:V.i8),  Vel-Gur    i;?^    182,    237),  VelGurieur-a 
,:<  -UVA:  F.  2003),  Vipi-Gur,  Cucrina-Gur  (C.  MW). 

8ur-as,  dans  le  composé  paxa-6ur-as  (voir  ce  mol)  =  suile,  succes- 
sion, substantif  formé  avec  le  suflixe  nominal  -as  (§  99). 

Bur-u-n-i  (C.  4538]  —  §  322  —  se  succrchint ,  sncrcssif,  successivement, 
participe  en  -i  (sj  103)  d'un  verbe  6ur-u-n-,    Ie(|uel  est  formé  avec 
le  snllixe  de  dérivation  verbale  -n  (§  8i). 
Il   IIoi)f,'rois  sor  «  série,  ordre,  rang,  .suite  »    liudeiiz,  p.  347,  n°  339). 


uc 


uc-e,  dans  le  composé  cl-uc-e  (voir  ce  mol)  zz=pl(picr,  clouer,  ficher, 
iippliijner. 

uc-n,  dans  le  composé  cel-uc-n  (voir  ce  mot)  =  /lojNiinl,  jirrninl, 
aigu,  adjectif  formé  avec  le  suilixe  nominal  -n  '>i  113!. 

uc-u-m,  dans  le  compose  cel-uc-u-m  (voir  ce  mot)  =  piquant, 
pcrrnnt,  rz/iyu,  adjectif  verbal  formé  dn  verbe  uc-u  avec  le  suilixe 
-mi^  111). 

uc-t-r-as,  dans  le  composé  cl-uc-t-r-as  (voir  ce  mol)  =  chose 
cloure,  (ippiiqiii'e,  placage,  substantif  en  -as  (§  99),  dérivé  du  radi- 
cal verbal  uc-t-r,  lequel  dérive  lui-même  de  uc-  à  l'aide  du  suf- 
lixe -t  v^HT;  et  du  suilixe  -r  (J^  8.')). 

uc-6-r-as,   dans  le   composé  cl-uc-9-r-as  (voir  ce  mot)  =  variante 

.^ra|dii(iue  de  uc-t-r-as. 

Il   Hoiigrois   iik-Uil-  «    lieurler  viulemnieiit,   iiiqucr   «  ;    dk-liid-    «    être   liciie, 
impin;/i  »  (IJudenz,  p.  8i6,  ii"  940). 

UL 

ul-e-m,  dans  le  comytosé  6un-j(-ul-e-m  l'voir  ce  mol)  =  porté  à  Vex- 
Irèine,  au  suprême  clegrr,  adjectif  verbal  dérivé  du  verbe  *ul-e  à 
l'aide  du  suffixe  -m  (§  111). 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  449 

ul-9-e,  dans  le  composé  ôun-^-ul-ô-e  (voir  ce  mol)  =  être  au  plus 

haut  point,  être  extrême,  verbe  dérivé  du   thème  *ul-  à  l'aide  du 

suffixe  verbal  -9  (§  87). 
ul-9-1.    dans  le  composé   9uii-x-ul-9-l    (voir   ce  mot)  =   extrême, 

suprême,  adjectif  dérivé  du  radical  verbal  ul-9-  à  Taide  du  suffixe 

nominal  -1  (§  109;. 
Si  ces  mots  étaient  isolés,  au  lieu  de  se  présenter  en  composition, 

leur  thème  serait,  non  pas  ul,  mais  vl  ou  vel  (voir  ce  mot).  Cf. 

§§  64  U  1  et  73. 

Il  Finnois  Ul-e  »  ce  qui  est  au-dessus,  supérieur  »  (Budenz,  p.  848,  n"  943;. 


UL 


ul-^-n-i-sla  i^C.  53)  —  §  280  =  guetteur   (^chat?),  substantif  formé 
avec  le  suffixe  nominal -sla   (§  119).  Le  radical  verbal   ul-x-n-, 
dont  il  dérive,  est  formé  du  thème  *ul  à  l'aide  du  suffixe  -x  (§  80) 
et  du  suffixe  -n  i  §  84). 
Il    Hongrois  ôl-al-kod-  «  rôder  autour,  épier  »  (Budenz,  p.  836,  n°  922]. 

UM 

um-a-9-s,  dans  le  composé  pr-uma6s  (voir  ce  mot)  —  §  38  =  qui 
npj)artient  à,  parent .  Um-a-9-s,  dérivé  de  *um,  présente  deux 
suffixes,  le  suffixe  -9  §  120),  comme  zila-9,  et  le  suffixe  diminu- 
tif-s  (§  117),  comme  afr-s. 

um-is,  dans  pr-umis  (voir  ce  mot)  —  §  248  =  doublet  de  uma9s. 
La  désinence  -is  est  le  suffixe  diminutif  i§  108],  qui  est  dans  sex" 
is. 

Il    I*'innois  orna  «  propre,  qui    appartient   à  »  ;  om-a-inen    «  proche  parent  »  ; 
om-alisu-  «  reconnaître  pour  sien  »;  orna-  «  posséder  »  ;  vm-i-sla-  «revendiquer  ». 

UM 

uin-na9-e,  dans  le  coni]iosé  al-um-na9-e  (la.  799)  —  !^  255  =  tom- 
ber, glisser,  couler,  verbe  dérivé  de  *um-  à  laide  du  suffixe  dou- 
ble -n9  (§  93j  devenu  -na9. 

Il    Hongrois   om-l-,  om-ol-    «    tomber,  s'écrouler,   couler  »  ;   vogoule   7.um-l- 
«  s'écouler  »;  ostiak  ovï-  «  couler  »  (Budenz,  p.  840,  n».  929) 

29 


4oU  (jLATIUlk.ME    l>AliTIE 


UN 

un  vKrall,  111,  l'J  ;  IV,  i:i;  VIII,  y  :{ ;  IX,  7,  li);  —  ^  371  =  demande, 
prirre. 

un-e    Krall,  VIII,  11)  —  §  339  =  demander,  prier. 

un-xv-a  (Krall,  XII,  i,  6)  —  §§  379,  380  =  questionner,  verbe  formé 
avec  le  sullixe  double  -xv  (.i^  90  ''''). 

un-u-m  Krall,  V,  20)  —  §  305  =  prière,  subslaiilil'  verbal  formé  du 
v(uIh>  'un-u  avec  le  suffixe  -m   i^  111). 

un-u-0  (Krall,  X,  13)  =  verbe  *un-u,  augmenté  du  sullixe  cusuel  -0 
(§  129,  11). 

un-ial-t-i  (Krall,  XII,  10)  —  ^  38i  ==  èlre  nouveau  de  demande,  c'est- 
à-dire  répi'ler  la  demande,  verbe  composé  de  un-  demander  et  de 
ial-t-i  ê/î"e  nouveau  (voir  ce  mol). 

Il    Hongrois   un-sol-,   on-sol-    »    exhorter,   pousser    par  des   cris   »  (Budenz, 
p.  SGI,  n"  'JGLi). 

UNI 

uni-al  iCapoue,  1.  13)  —  ^^  ill,  412  r=:  provenant  du  vent,  la  dési- 
nence est  le  sullixe  casuel  -al  i?;  129,  n°  1). 
Il   Finnois  onkee  (nom.  onge]  «  soulïle  léger  ». 

UR 

ur-um  dans  le  compose  cer-urum  ^voir  ce  mol  i  —  '^"IVÔ—combli',  faite. 
Il  Hongrois  ovom  »  pinacle,  faite,  toit  »  (Budenz,  p.  842,  n"  931). 

UR 

ur-sm-n-al  i  Krall,  Xll,  10)  —  §  381  =  provenant  de  la  rouille  de 
clou,  composé  de  ur  cloueÀ  d(!  smn-al  provenant  de  la  rouille  (voir 
ce  mot).  Pour  le  sullixe  -al,  cf.  §  129,  1. 

Il    Finnois  ov-a   «    petit  foret,  a!ènt>,  pointe  a  percer    »  ;    niordvino    uro,  itr-m'i 
«  alêne  »  ;  hongrois  «'/■,  fin-  o  alêne  »  (Budenz,  p.  750,  n"  812). 

UR 

ur-cac  Magliano;  —  §  30'<  =  paire  de   (jerines,    C()m]>osé    de    ur 
(jernio,  grain  tendre  et  de  cac  pàlée  (voir  ce  mot). 
Il  Finnois  ora-s  «  germe  qui  commence  à  sortir  ». 


DICTIONNAIFÎE    ÉTYMOLOGIQUE  4SI 


US 


us-cuv  (Capoue,  1.  lOi  —  §  405  =  fort  d'élan,  composé  du  verbe 

us-  lancer  et  de  radjeclit'  cuv  fort  (voir  ce  mot). 
us-i  (Krall,  VIII,  9)  —  §  333  =   donner  des  coups  de  marteau. 
us-la-ne-c  (Krall,   V,  21)  —  §  3G7  =  et  avec  l'acte  de  lancer,  verbe 

VLS-l-a,  lancer,  émettre,  augmenté  du  suffixe  comilatif-ne  (§  129,  6), 

auquel    s'ajoute  l'enclitique  coordinatrice  -c   (§    134).  Le   verbe 
us-l-a  présente  le  sufRxe  de  dérivation  -1  (§82). 
us-l-i  (^Krall,  VII,  13)  =  formation  analogue  à  celle  de  us-l-a. 

Il  Finnois  osa-,  osu-  «  lancer  vers  un  but,  viser,  touciier,  frapper  ». 

U0 

u6-u-r-l-a  (C.  301)  — i;  273  :=  persister,  durer,  verbe  dérivé  du  thème 
*u6  à  l'aide  de  deux  sullixes,  le  suffixe  -r  (§  83)  et  le  suffixe  -1 
(§  82).  Le  second  u  n'est  pas  organique. 

Il   Finnois  od-olia-  «  attendre,  demeurer  ». 

V 

Le  V  initial  étrusque  correspond  à  un  u  ou  à  ù  finnois;   voir  §73. 

VAC 

vac-il  (Capoue,  1.  4,  3,  O,  12,  14)  —  §§  393,  394,  396,  408,  409,  413 
=  convoiahle,  apte,  digne,  bon  ;  la  désinence  est  le  suffixe  de  déri- 
vation nominale  -1  (§  109),  vocalisé  en  -il;  cf.  ac-il,  av-il. 

vac-1  (Krall,  Kl,  13,  10  ;  V,  16,  19;  VII,  2,  3,  3,  13,  17,  21  ;  VIII,  9, 
10,  16  ;  X,  4,  U  ;  XI,  4,  '.>)  —  S;^  333,  337,  364,  374  =  variante  de 
vac-il. 

vac-1-tnam  (Krall,  VI,  10;  VIII,  1;  XII,  9)  —  %^^'i  =  convenable- 
ment, bien,  adverbe  formé  avec  le  suffixe  -tnam  (§  136,  3)  ;  cf. 
e-tnam.  On  retrouve  la  racine  vac,  sous  la  forme  syncopée  vc, 
dans  le  composé  purtsva-vc-ti  (voir  ce  mot). 

Il  Finnois  uk-i-lla-  «  presser,  liàter,  stimuler,  exciter  »  c'est-à-dire  «  rendre 
dispos  ».  Peut-être  y  a-t-il  quelque  rapport  avec  le  lapon  vuok-as,  vuok-es,  vuok  ok 
«  qui  convient  à,  apte,  digne  »  (Budcnz,  p.  832,  n°  919). 


452  QUATRIÈME    PARTIE 


VAX 

vax-r  (C.  4538:  Kmll,  VII,  8)  —  §§309,  37(i  =  oplnhilrr,  constant, 
fermr,  adjoclil'  roriiié  avec  le  sullixe  nominal  -r  li;  11(1  ;  cf.  tev-r, 
Gan-r. 

Il   Finnois  iihiici  «  opiniâtreté,  ubstinatiou,  volonté  ferme  ;  ulikaus  «  menace  »  ; 
itfili-i-o  «  volonté  bien  arrêtée  ». 

VAL 

val-e  (Krall,  VII,  5)  —  ,^  375  =^  dépasser;  cf.  ais-val-e  dépasser  de 
grandeur,  être  plus  grand.  Voir  vl. 
Il  Finnois  ul-lio-a  «  dehors  »,  ulo-s  «  vers  le  dehors  »,  ul-o-  «  sortir». 

VAN 

van-e-c  (Capoue,   l.  15)  —  s^  410=  être  oublié;  la  désinence  est 

renclitique  de  coordination  -c  {§  154). 
van-i-es  (Capoue,  I.   9)  — §  401  =  ou/y/(r',   participe  passif  en  -es 
?;  101  )  du  verbe  van-i-,  formé  avec  le  suffixe  de  dérivation  -i  (^  81j. 
van-6  (F.  ^lïi'rl  ;  C.  18h2)  =  oubli(?),  substantif  formé  avec  le  suffixe 

nominal  -9  [%  120).   Le  mot  sert  à  désigner  la  figure  d'un  génie 

funèbre. 

Il   l'^innois  un-he  «  oubli  »,  iin-ho-tta-  «  oublier  ». 

VAR 

var  (Krall,  IV,  12,  14  ;  V,  10  ;  IX,  18;  XI,  10)  —  ,^J;  350,  372  =  las, 
fatigué,  à  bout  di' forces. 

Il    Vogoule  ur  «  être  maigre,    maigrir»;  zyrénien  o;--  «  être  à  l)out  de   forces  » 
(L'udcnz,  p.  Iu4,  n°  817). 

VEC 

vec-i-e,  dans  le  composé  trut-vecie.    Voir  hec-i-a. 

VEI 

vei,  dans  le  composé  is-vei  (voir  ce  mot)  =  défaut,  manque.  Si  le 
mot  était  isolé,  la  lettre  initiale  serait  un  h  et  non  un  v  (§  74). 
Il  Finnois  vaj-a  «  manque  » . 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  453 


VEL 

vel  (Ga.  30)  —  §  290  =  haut,  supérieur,  suprême. 

vel-9-a  Krall,  X,  8,  10)  =  s  élever  ou  élever,  verbe  dérivé  à  l'aide 
(lu  suflixe  -6   §  87^. 

vel-6-e  ^Krall,  X,  15)  =:  variante  de  vel-9-a. 

vel-6-i-te  (Krall,  VII,  ^0)  =  élever,  verije  dérivé  de  vel-S-  à  laide 
du  suffixe  faclitif-t(§87). 

vel-6-r-e  Krall,  VII,  2)  —  i^  374  =  s'élever,  dérivé  de  vel-6-  à  l'aide 
du  sullixe  -r  (§  8j). 

Vel  se  rencontre  fréquemment  dans  l'onomaslique  étrusque.  Il 
forme  le  prénom  Vel  j;  230  ,  ainsi  que  les  dérivés  Vel-6ur,  Vel- 
as-na,  Vel-ce,  Vel-el-ia,  Vel-e6-nei,  Vel-im-na,  Vel  6-i-iia,  etc. 
(voir  §290;  cf.  Schulze,  Lateln.  Elgenn.,  p.  163).  Plusieurs  cités 
étrusques,  villes  hautes  ou  capitales,  ont  un  nom  (jui  se  rattache  à 
la  racine  Vel,  comme  Fe/-n-6-ri,  Vol-ci,  Vol-sinii,  Vel-siha,  etc. 
(cf.  Pline  H.  X.  III,  115  Bononia  Felsina  vocitata  cumcaput  Etruriae 
esset).  La  divinité  principale  de  l'Etrurie,  celle  dont  le  sanctuaire 
était  le  centre  religieux  et  politique  de  la  confédération,  s'appelait 
Vol-ium-na  iTite  Live,  IV,  25,  7;  Gl,  2  :  VI,  2,  2). 

Voir  ul-e-m,  ul-9-e,  ul-0-1. 

Il    Finnois  ule  [iili)  «  ce  qui  est  au-dessus  »:  zjTénien  vel;  mordvine  cel-ks  ; 
tchérémisse  val,  viil  ;  vogoule  01  (Budenz,  p.  848,  n"  943). 

VER 

ver  (Capoue,  1.  11)  —  §  -408  =  tenace,  obstiné,  constant. 
Il  Finnois  ur-h-e-a  «  courageux,  ferme,  inébranlable,  constant». 

VER 

ver-s-i-e  [yotizie,  1895.  p.  242.  —  §  202  =  gémir,  verbe  formé  à 
l'aide  de  deux  suflixes  de  dérivation,  le  suffixe  -s  i§  801  et  le 
suffixe -i(§  81). 
Il  Finnois  ur-i-na  «  murmure,  frémissement,  gémissement  »;  ur-i-sla- a  gémir». 

VI 

vin-m  Krall,  IV,  14)  =  variante  de  vi-n-u-m,  à  moins  que  ce  ne 
soit  une  faute  de  copie. 


4rii  QUATIUÈME    PAKTIE 

vi-n-u-m  Krall.  III,  IH,  -20;  IV,  0,  2i>;  VIII,  5,  8;  IX,  7,  22;  XI.  2, 
■4j  —  §^  .'{;{!,  .'{"1  =  iiiari))^  udrigali'itr  ;  snlisLiu  lif  Ioiiik)  à  Taidci 
du  siifTixo  nominal  -m  i;  111)5  ^^  radical  veihal  vi-n-  csl  lu - 
même  formé  à  l'aide  du  sulîixo  -n  (.i5  8i). 

Il  Finnois  ui  «  nager  »;  nionlvino  njt;-.  vj-n-e  (ce  dernior  focnir  ronniie  Trlriis- 
qiic  vi-n);  zyi't'-nicn  uj-:  %(igonlc  nj-;  lapon  vi/oje-;  hongrois  û-s-  (Builenz, 
p.  808,  n°  967). 

VIL 

vil-e    Krall,  VII,  5    —  ^  'Mï  =  crier  fort,  se  jiht'mdre,  rjrmlr,  hurler. 
Il  Finnois    njel-la-,  iiil-o-lla-  «   se  plaindre,  crier,  hurler,  gémir,  appeler  au 
sjcours  ». 

VIP 

vip-i-n-al   C.  53)  —  ,^  280  =  hors  du  nid.  Lu  désinence  est  le  suffixe 
casuel  -al  f§  129,   1  .   Le  substantif  vip-i-na  est  formé  avec   le 
sufïixe  nominal  -na  'i;  Ui),  dont  la  voyelle  désinenlielle  se  confond 
avec  l'a  initial  du  sullixe  (voir  smnal) 
Il  Finnois  iippu  «  dépression,  enfoncement  ». 

VIS 

vis-1  (C.  3)  — §  218  =  fl?H/ca/;  la  désinence  est  le  suflixe  nominal 

-1  (§  109). 
Cf.  vs. 

Il  Finnois  us-til-vn  «  amical,  bienveillanl  »  (Hudcnz,  p.  8'2;j,  n"  900). 

VL 

vl-i-c-s,  dans  le  composé  xis-vlios  (voir  ce  moti  =  co;u//<//,  émis- 
saire., substantif  dérivé  de  vl  à  l'aide  de  deux  sufTixes,  d'abord  le 
suflixe  -c  [^  100)  et  ensuite  le  suffixe  diminutif -s  (§  117).  L'i  est 
inorganique. 

vl-s-si  'F.  20.J.J]  —  ,§  231  -^zz  parti  au  dehors  (foras),  c'est-à-dire  dis- 
paru, mort.  La  désinence  -si  est  le  suffixe  casuel  marquant  le 
point  d'arrivée  (§  129,  n°  9).  L'adjectif  vl-s  est  formé  avec  le 
sullixe  udiiiinal  -s  [i  1 17). 

Voir  val-e. 

Il  Finnois   i/l-/;o  «   an-deliors,  loin  »:    id-o.'i  «   vers   le  dehors  »;   iil-o-  «  s'en 
alli'r,  partir  ». 


DICTION.NAIBE    ÉTYMOLOfilQUE  455 


VLE 

vie     n'est    connu    que    comme    enclitique    de    coordination,    dans 
Lar0ialis-vle   (C.   411fi,  §  2io).   Le  sens  est  ainsi  que,  en  môme 
Irmps  que.  C'est  l'équivalent  de  l'enclitique  c  (§  loi). 
II  Hongrois  -val,  -val,  suffixe  marquant  la  concomitance. 

vs 

VS  (Magliano)  —  §  307  =  amical,  familier,  gentil.  Vs  est  une  forme 
syncopée  pour  vis  [voir  ce  mot'. 
Il  Finnois  iis-ta-va  «  amical  »  (Budenz,  p.  822,  n"  906). 

V0 

V0  (Capoue,  l.  liî)  —  §  -408  =  nouveau,  de  nouveau. 

Il  Finnois    ute    (nom.   ûs-i)  «  nouveau,  récent  )>;  mordvine  od  «  id.   »;  tcliéré- 
misse  iio;  zyrénien  vî-l  «  nouveau,  frais  »  'Budenz,  p.  864,  n°  961). 


Le  z  correspond  à  un  t  ougro-fmnois  précédant  une  voyelle  douce 
ou  infléchie  (a,  o,  »j;  il  correspond  aussi  quelquefois  au  d  hon- 
grois précédant  un  i.  Voir  §  7^. 

ZAC 

zac,  dans  le  composé  mar-zac  (voir  ce  mot)  =  remarquable. 

Il  Finnois  tdh-dâ-  «  remarquer,  distinguer  »  -,  hongrois  liïk-i-ntu-  «  observer, 
regarder,  considérer  »  ;Bud(Miz,  p.  211,  n''221;  Donner,  F,  p.  ll.ï,  n°  412). 

ZAI 

zai  (Capoue,  l.  10,  11    —  ,§§  403,  A'io  =  plein,  complet. 
zai-n  (Capoue,  l.  9,  Ifi)  —  ^^  403,  418  =  adjedif  zai  augmenté  du 
sutrixe  instrumental  -n   ;^  139,  no  G).  Cf.  mar-zai-n. 

Il    Finnois  t>iule  'nom.  laii-si    «  plein  »  :    esthonien    Kii-z  {taie),  liive,    tàvve 
lui-t-sâ  «  complet  »  :  tchérémisse  li-l'  «  plein  »  (Donner,  1,  p.  121,  n"  430). 


i.'if)  QUATRIÈME    PAKTIE 

ZAL 

zal  (F.  225^2,  205G)  =  trois  ou  quairc;  voir  §5;  1  iO,  l'd. 

ZAM 

zam-t-i-c  (Krall,  XTI,  12)  —  §  380  =  pAn'  (/ni  hmirre,  et  ce  qui  cnl- 
f>tl<\  participe  en  -i  (.^  103)  du  verbe  zam-t-  hnurver,  lequel  est 
formé  avec  le  suffixe  de  déi-ivalion  verbale  -t  (§  87).  Le  c  linal  est 
renclitiquc  coordinalrice  (§  loi). 

zam-ei-c  (Krall,  VIII,  10)  —  §  337  =  cl  k  calfatage,  sul)slaulif  eu  61 
(i^  122),  augmenté  de  Tenclitique  coordinatriee. 

Il  Ilnnfirois  lHin-  «  bourrer  »  :  tchért'-misse  lem-  «  remplir  »  (Biulenz.  p.  2.'iO, 
n»  239  ;  Donner,  I,  p.  151,  n^  544).  L'équivalent  du  thrme  honf,n'ùis  lôm  serait 
plutfM  zem  (voir  zer.  zec).  Mais  en  étrusque  Ta  et  l'e  permutent  aisément 
(.5  55). 

ZAN 

zan-1  (C.  70)  —  §  250  =  rejeton,  substantif  formé  avec  le  suffixe 
nominal  -1  (j^  109). 

II   Hongrois  lan'-es-  «  végéter  »,  lun'-es-lii-  «  propager  ». 

ZAR 

zar-ve  Krall,  NI,  I  — i:;  370  =  étendu,  adjectif  formé  avec  le  suffixe 
nominal  -va  -ii  123;  pour  ré([uivalence  de  l'a  et  de  l'e,  cf.  î^  55). 

Il  Hongrois  Inr-jud-  »  s'étendre  »  :  lur-u-(/iil-  «  étendre  »  (Budenx.  p.  20S, 
n"  220;  Donner,  I,  p.  135.  n"  178). 

ZAT 

zat-i   Krall,  VIII,  13)  — 55  3'il  =  luire,  briller,  éclairer. 

zat-lx-ne  (Krall,  VIII,  13)  —  i<  311  ^=  en  train  d'être  multiple  de 
lueur.  La  désinence  -ne  est  le  suffixe  comitatif  (|^  120,  Oi.  Le  radi- 
cal zat-lx  est  composé  de  zat-  briller,  el  de  1^  uiulli/ilr  (voir  ce 
mot;. 

Il  Hongrois  Inl-  «  paraître,  scniljjcr.  apjiarailrc  »  ;  lal-s-  «  apparaître  d'une 
façon  agréable,  plaire  »;  zyrénien  Lîd-al-  <<  paraître,  être  visible  »  (Budenz,  p.  211, 
n»  221). 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  4S7 

ZA0 

za0-r-u-m  (Krall,  XI,  8)  —  §  iiB  =dix. 

zae-r-m-s  (F.  2071;  F.    I,  388)  —  S§  180,   181,  229  =  génitif  de 

za9-r-m. 
zaG-r-u-m-is  i  Krall,  VI,  14  ;  Vill,  3  ;  XI,  15)  —  §  327  =  dixième  ;  la 

désinence  -is  parait  être  cerlle  d'un  nombre  ordinal  (§  147). 
za6-r-u-m-s-ne  (Krall,  YI,  9i  =  avec  le  dixième;  la  désinence  -ne 

est  le  suffixe  comitalif  (!;;  129,  6  .  Za6-r-u-m-s  est  une  variante  de 

l'ordinal  za6-r-um-is. 

Il   L'origine  du  mot  est  inconnue. 

ZE 

ze-a  (C.  4338)  —  §  321  =  variante  graphique  de  zi-a.  Pour  la  per- 
mutation de  Te  et  de  Fi,  voir  §  55. 

ZEC 

zec  (Krall,  IV,  3;  V,  2,  22  ;  IX,  1,  9)  —  §§  348,  368,  370  =  complé- 
ment ^  fin. 

Il  On  peut  liésiter  entre  le  hongrois  tok-él-at-iJ.S  «.  complet,  parfait,  fini  »,  et 
le  finnois  luh-li  «  reliquat  ». 

ZER 

zer-i  (Krall,  V,  2  ;  VII,  21  ;  IX,  1,  8)  —  §§  348,  370  =  interrompre, 

briser^  trancher. 
zer-i-c    Krall,  V,  221  —  §367  :=  verbe  zer-i  avec  l'enclitique  de 

coordination  c  (§  154  . 
zer-is  [Xotiziey  1895,  p.  339)  —  §  295  =  interrupteur,  trancheur 

adjectif  verbal  formé  avec  le  suffixe  -is  (.^  107). 
zer-i-u  (C.  4538)  —  i^  323  =  s'interrompre,  avoir  des  inlerru/)tions.^ 

verbe  formé  avec  le  fréquentatif -i  (§  81). 

Il  Hongrois  lor-  «  briser  »  :  lor-od-  «  se  briser  »  ;  lor-al  «  fragment  »  (Budenz, 
p.  233,  n»  243:  Donner,  1,  p.  134,  n»  474). 

ZI 

zi-a  (C.  4338)  —  §317  =  se  produire.  Voir  ze-a. 


liiH  OLATIUÈME    l'AUTIE 

Il  Finnois  lUù-ntd-  «  l'aire  nailre,  pousser  dehors,  émettre,  projeter  >>  ;  ostiak 
lu-,  «naître  »,  //?-/?-«  se  produire,  se  présenter  »:  vogonle  Ir  l-  «  naître  » 
(Hiidenz,  p.  2:i8,  n"  2f.f)).   Pour  la  voyelle  thématique,  voir  §  G3,  I  4  et  §  72. 


ZIX 

zi)^   Ha.  ~90)  —  §  'lo'I  --=■  nhoiiddiU . 

Il     Finnois  tiih-vii    «    llorissant,     opulent,  épais,    luxuriant  file   végétation,  de 
feuillage;  ».  Pour  la  voyelle,  voir   S    f''^,  I  'i  cl  S  "2. 

ZIX 

zix-u-)^-e  (C.  io^S)  —  i;  ',V1\  =  tressaillir,  avoir  des  sotibresauls,  faire 
un  trger  mouvement,  verbe  défivé  du  thème  *zix-  à  l'aide  du 
suffixe  verbal  -^  (§  80). 

Il    Finnois  /«/f/i--rt- «  avoir  des  soubresauts,   être   secoué,    sautiller,    se   balan- 
cer ».  Pour  la  voyelle  thématique,  voir  §  63,  I  i  et  §  72. 

ZIL 

zil  F.  I,   WOai^  ;  c.    14301  —  §§  197,  205  =  plein,  complet. 

zil-c  (F.  m^O,  2070,  233:;)   —  ,^î^  218,  233  =  plein,  complet,  dérivé 

de  zil,  à  Faide  du  suffixe  nominal  -c  i>^  100). 
zil-c-ti     F.   I,    388)  —  §  229  =  adjocUF  zil-c,  augmenté  du   suffixe 

ca-suei  -ti   ;<  129,  10). 
zil-a-t    (<;.  2771)  — §  2'0(»  =  parfait,  adjectif   dérivé  de   zil,  à  Faide 

(bi  sullixe  iKuniiial -t  (>;  120i.   L'a    a  éb'^   développé   par    le   voisi- 

nai^e  de  la  li(juide. 
zil-a-e  (F.  2():;:;,  233:;  :   m,    322^    —  l^i^  230  =  variante  graphique 

(le  zilat.  Four  ri'i|uivai('ur('  du  t  et  du  6,  voir  ^i  08. 
zil-a-x-ce  (F.   211(1)   =^  é(iuivaut   a    zil-x-c9    cl    n'est    pas    autre 

chose  (jue  Fadjcctif  zil-c   écrit    avec    un  jf,   au   lieu    d'un   c  (cf. 

i;  (»8j  ;  la  désinence  est  le  suffixe  casuel  -ce  (§  129,  n<'2). 
zil-a-x-n-u   (F.  2055j    —  §  231  =  rtre  accompli,  parfiil,  verbe  dé- 
rivé de  l'adjcctiPzil-x  'ou  zil-c),  à  l'aide  du  sutfixe  verbal -n  (§84). 
zil-a-x-n-u-ce  (F.  20.j7,  20:)9,  2339  =  dans  l'état  de  être  accompli, 

vcrbo   zila^nu,  avec  le  siillixc  casui'l  -ce  !)i  129,  n"  2). 
zil-a-x-n  Gas  (F.  232:;  a)  —  ij  222=  accompli,  adjcclif  verbal  formé 

avec  le  sullixe  -6as  (iii  121)  et  dérivé  du  verbe  zilaxn-. 
zil  x-n-u  '  F.  I,  3S7:   —  §228  =  variante  gra|ilii(i le    zilaxnu. 


DICTIONNAIRE    ÉTYMOLOGIQUE  459 

Il  Hongrois  Idl,  tiil  »  plénitude  »  ;  tiil-u,  liil-i,  tnl-i-d,  lul-ju-s  <<  plein  »  ;  tcil- 
(.<  se  remplir  »;  vogoule  tagle,  tajl  «  plein  »  ;  finnois  liir-tiï-  «  être  plein,  repu  »; 
zyrénien,  votiak  lïr  «  repu  »  ;  ostiak  (r-t  «  plein  »  ;  tchérémisse  lit'  «  plein  » 
(Budenz,  p.  203,  n»  214  ;  Donner,  I,  p.  13.3,  n°  479).  Sur  le  type  originel  de  tous 
ces  vocables  il  y  a  de  grandes  incertitudes  (voir  les  observations  de  Budenz, 
p.  204-205,  et  d'Iles  de  Donner,  I,  p.  121  et  136  .  il  ne  serait  pas  impossible  que 
dans  l'étrusque  zil  hi  consonne  finale  fût  un  suffixe,  le  suffixe  nominal  -1  (§  109) 
et  qu'il  y  eût  à  rapprocher  *  zi  de  zai  (voir  ce  mot  :  pour  l'équivalence  i  =  ai, 
cf.  §  55). 

ZIV 

ziv-as(F.  2100,  2335,-  Krall,  VIII,  12)  —  §.§  240,  242,  340  =  {vcni- 
qullle,  paisible  ;  pour  le  siiffixe  nominal  -as,  voir  §  99. 

Il  Vlnnois  tiivû-,  t/iv-en-,tuv-e'ntu-  »  se  calmer  <>  ;  vogoule  liiu-ù'nl-  «  se  tranquil- 
liser »;  ostiak  tev-in  «  tranquille  »  'Budenz,  p,  364,  n°385)  —  Pour  la  voyelle  thé- 
matique, voir  §  63,  1  4  et  §  72. 

ZIZ 

ziz  (Capoue,  1.  19)  —  §  423  =  socle,  soubassement. 

Il  Finnois  tnlil  «  masse,  digue,  amas  ».  Pour  l'i  après  le  z,  voir  §  63,  I,  4  et 
§12. 

zs 

zs  (C.  4o38)  —  §  313  =  abondant,  fréquent. 

Il  Finnois  lus-kiio  lourd,  pesant»;  esthonien  lilz-e  ;  votiak  tu\  «  beaucoup»; 
tchérémisse  tiis  «  plein  »,  (Donner,  I,  p.  123,  n"  442). 

zu 

zu-1,  dans  le  composé  lare-zul  (voir  ce  mot)  =  précieux,  digne, 
qui  mérite,  adjectif  formé  avec  le  sufTixe  de  dérivation  nominale 
-1  (!^  109). 

Il   finnois  dij\  ilij  «  prix  »  (Budenz,   p.  234,  n"  260). 

zuc 

zuc-i  (C.  438)  -  §§  312,  320  =  heurter,  frapper. 

zu^-n-e  (Capoue,  I.  li) — §  il.'i  ^=^  être  comprimé,   verbe  dérivé  du 

thème  *  zu;^  à  l'aide  du  sulïlxe  -n  (§  84).    Poui-  ré(|uivalonc.e  de 

*zuc  et  de  *zux,  voir  §  08  ;  cf.  sec,  se^- 

Il  Finnois  Idk-ahla-,  fô/{-ni-slu-  «  pousser,  taper,  frapper  brus(iuemcnl,  arrêter 
bourrer  "  ;  Ink-iiii-lH-  «  s'arrêter  ». 


460  QUATRIÈME    PARTIE 


zus 


zus-l-e  I  Krall,  II,  11)  =  être  hcau,  rire  pnrpùl,  verbe  formé  avec  le 

siillixp  de  dérivation  -1  i§  8:2). 
zus-1-e-va    Krall,  III,  •ï)  =  f/eau,  parfnil,  splendlde^  adjciclil"  dérivé 

de  zus-l-e     à  l'aide  du  siiflixe  nominal  -va  (>;  123). 
zus-le-va-c    (Krall   VIII,  7)    —  v<  333  =  même   mol,   augmenté  de 

l'eiirlil  ii|u»'  cDoi'diujit i-ire  -c  i!^  loi). 
zus-1-e-vai  ((l.ipouc,  I.  lli  — i;  107  =  variante  de  zus-1-e-va  et  de 

zus-1-e-ve.  (Il,  riBn-ai,  teham-ai. 
zus-1-e-ve    Krall,   I\,   I,  8,  li,   16)  —  i;i<  370,37-2  =  variante  de 

zus-1-e-va.    Pour  la    pcrmulalion  de  Ta  et  de  l'e,  voir  s;  oo. 
zus-1  e-v-es  (Krall,    IV,  7)  =  sens   analogue    au  précédent.    Si  la 

lecture  csl    certaine,    le  mot  est  le   participe  passé  passif  en  -es 

(î^  loi)   d'un  verbe    zus-l-(e)-v-,   formé  avec  le  sullixe   -1   (§  82) 

et  le  sullixe  -v  (§  88). 

Il   Hongrois  dis-ds  «  beau,  approprié  »  ;  dis-la-  «  vive  vifïoureux,  bien  pousser, 
bien  venir  »  (Ikidenz,  p.   255,   n<=261). 


TABLE   DES  MOTS    ETRUSQUES 
CONSERVÉS  PAR  LES  ANCIENS 


[Voir  Miiller-Deecke,  Etrusker,  II,  p.  oOS  el  suiv.;  Skulsch  dans 
Pauly-Wissowa,  YI,  p.  77o-777]. 

AGALETORA 

'AYxXv^TOpa  •  -aToa  Tuppr^voî  (Hesvch.   I,  29). 

Élanl  donné  la  brièveté  des  radicaux  simples  en  étrusque  i§  75), 
agaletora  est  un  mot  composé.  On  y  distingue  le  radical  tora, 
apparenté  à  celui  qui  forme  les  noms  propres  latins  Numl-tor,  Ser- 
ior  iSchulze,  latein.  Eigenn.,  p.  200,  2.']0,  338  et  les  noms  propres 
étrusques  Vel-6ur,  Lar-9ur,  Arn-0ur,  Num-9r-al,  Tin-0ur, 
Vel6ina-6ura,  Anei-6ura,  Vel6uri-6ura  li;;  182 j.  Le  sens  est  lignée, 
sullc.  Vel-Our  signiiiant  lignée  de  l'eL  c'est-à-dire  fils  de  Vel,  on 
a  pour  agale-tora  le  sens  de  ligiiée  d'Agale. 

L'étrusque  n'ayant  pas  de  sonores,  Agale  est  selon  toute  vraisem- 
blance la  transcription  d'un  gentilice  comme  *Axale  ou  A^le,  que 
l'on  a  sous  la  Ibrnie  Axle-sa  femme  Akhle  ;C.  l()7o). 

La  source  première  d'oii  vient  l'inlbruialion  d'ilèsychius  présen- 
tait sans  doute  deux  noms,  Axale  et  AxaleGura,  désignant  l'un 
le  père  et  l'autre  l'enfant,  de  même  que  l'inscription  de  Pèrouse 
(§  312)  met  en  présence  les  noms  de  'Velôina;  le  père,  et  de'VelGina- 
Bura,  l'enfant  (;;§  309,  312).  De  là  la  glose  de  -aT;  appliquée  à 
AxaleSura. 

Quant  à  l'accusatif  --/"'oy.,  il  vient  d'une  fausse  analogie  :  Hésy- 
chius  a   été  iulluencé  par   des    accusatil's    comme    ■f,y/-.opyL  ôr^Tocx, 


4G2  TA  1!  LES 


AISOI 


ATtJO'.  ■  Oeo!  JTTÔ  Tjppr,vwv  Ilcsycli.  1,  1"3  .  Voir  5;  127  el  Diction- 
iHÙrc,  ais. 

ANDAS 

"A'/oa-  •  J'iopix;,  Ci-ô  T'jppy|V(ov  (llésych.,  1,   ^'lOi. 

L"éli-us(iii('  irayaiil  p;is  de  sonores,  avoa;  paraît  {•oi-rcspondrc  à  mie 
forme  étrusque  comme  an-Gas. 
Voir  l)'ir(lnnnn\r(\  an. 

ANTAR 

"AvTotp    •    àî-ô;,  ûzô  T'jppr,vr.jv  (Ilésycll.,  I,  393). 

En  étrusque  antr  signilie  prrsnge  ;  voir  Dictionnaire,  ant.  — 
L'aigle  est,  dans  les  croyances  anticiues,  l'oiseau  fatidique  par  excel- 
lence. 11  tient  une  place  iinporlanh;  dans  la  divination  étrus(|ne 
|Bouclié-Leclerc([,  fJist.  de  la  divin.,  IV,  p.  59),  ainsi  ([ue  dans  la 
divination  romaine  [Ihid.,  1\',  p.  200). 

Le  grec  ottovô^;  signifie  à  la  fois  oiseau  de  proie  cl  pn-sage. 

ARACOS 

"Apa/.o;    •  Upa;,  Tjpp/,vo(  j  liesych..  I,  ."iOOj. 

"Apxy.o;  est  un  mot  à  désinence  hellénisée.  Le  terme  élrns(|ue 
devait  être  queUpie  chose  connue  *arac  ou  *arc.  c'est-à-dire  un 
lliènie  *ar  avec  le  snllixe  nominal  -c  >;  100  .  L(^  thème  *ar  peut 
être  rapproché  du  finnois  ar-jii-  <(  mugir,  hurler,  criei-,  vocihh'cr  » 
iir-i-na  "  lVémiss(Mnent,  grognement  ■>,  dr-i-slii-  «  grogner,  l'aire 
enleiidri;  des  cris  rauques  ».  *Ar-C  signilierait  donc  le  rain/ai',  par 
allusion  au  ci-i  de  l'oiseau  de  proie,  autour,  faucon  ou  épervier) 
désigné  i)ar  Upa;. 

ARIMOS 

".\y.[j.'j;  en  élnis(|ue  désignail  le  «  singe  »,  d'après  Strabon  iXIlI, 
'(,  (1,  texte  cité  [).  A,  note  1).  Le  mot  est  très  probablement  hellénisé 
au  moyen  de  la  désinence  -os  [cL  aracos).  On  peut  supposer  un  terme 
étrusque  comme  *ar-i-m,  formé  avec  le  suiïixe  nondnal  -m  i^^  111) 


TADLES  463 

et  dérivé  du  radical  verbal  "ar-i,  radical  dérivé  lui-même  du  thème 
*ar,  à  l'aide  du  suffixe  verbal  -i  §  81).  Le  thème  *ar  est  celui  que 
l'on  vient  de  voir  à  propos  d\u'acos.  *Arim  signifierait  le  criard  ;  le 
terme  s'applique  au  singe. 

ARSE  VERSE 

Arse  verse  cwerte  ignein  signifîcal.  Tuscorum  enhn  Ungua  arse 
averle  verse  ignem  constat  appcllari,  unde  Aframus  :  hucrihat  ali- 
fjuis  in  ostio  arse  verse  (Paul.  F;,  p.  18). 

La  glose  est  suspecte,  parce  qu'elle  présente  arse  et  verse  comme 
deux  termes  de  nature  différente;  visiblement  ils  sont  de  formation 
identique.  Si  l'un  est  un  verbe  à  l'impératif,  il  est  impossible  que 
l'autre  soit  un  substantif  complément. 

Les  deux  mots  doivent  être  considérés  comme  deux  impératifs. 
L'un  est  le  verbe  *ar-s-e  se  terminer,  formé  avec  le  suffixe  -s  (§  86), 
et  que  l'on  trouve  sous  la  forme  ar-a-:-a  (voir  Dictionnaire,  ar). 
L'autre  est  le  verbe  *ver-s-e,  formé,  lui  aussi,  avec  le  suffixe  verbal 
-s  (§  86j  et  dérivé  d'un  thème  *ver,  qui  correspond  i§  73)  au  linnois 
ur-e-  «  s'en  aller,  disparaître  »,  ar-ji'-  «•  partir,  s'éloigner  ». 

Les  impératifs  arse  verse,  arrête-toi^  va-t-en  s'adressent  au  feu; 
c'est  une  formule  magique  contre  l'incendie,  comme  on  en  inscri- 
vait sur  les  portes  (voir  ci-dessus  la  citation  d'Afranius)  ou  sur  les 
murs  (Plin.  11.  N.  XXVIII,  19  etiani  parietes  incendioriim  drpreca- 
lionibus  conscril/uiilur] .  Le  glossateur  a  rapi)orlé  exactement  le  sens 
général  de  la  formule;  mais  il  en  a  mal  iiiteri»rété  les  termes. 

ATA!  S  UN 

'A-a'.7Ôv  •  âv7.or/opâ,-,  TjipY,voî  (Ilesych.,  1,  .j95). 

Transcrit  en  étrusque,  le  grec  à-a-.Tv/,  vigne  sauvage,  donne  *atai- 
sun,  (jui  se  décompose  en  at  -|-  aisun.  De  at  «ui  peut  ra|)proclier  le 
finnois  atii,  atu-la  «  pincelte,  tenaille,  petit  inslriimenl  i)uiir  saisir  ». 
Quant  à  aisu-n,  substantif  formé  avec  le  suffixe  nominal  -n  i§  113), 
il  dérive  du  verbe  ais-u  '■//■'•  grand,  grandir,  croUre,  s'élever  (voir 
Dictionnaire,  ais).  Le  sens  de  at-ais-u-n  est  donc  :  qui  s'élève  en 
saisissant  ;  c'ijst  à  [m'ii  près  rcqiiiwilcnl  du  grec  i/aoïvovà;  (/ni  grimpe 
aux  arbres. 


464  TABLES 


\(iii'  hlcliounah'c,  atr 


ATRIUM 


âUKELOS 


A'j-/./),oj;  •  î(o;,    'jT.'i  Tjppr//(ov    HeSYCll.,  I,  ()14). 

\-jy:i)x<K,  Iransci-it  en  étrusque,  peut  donnei'  *aucilus,  eu  raison 
des  exeinj)lcs  suivants,  où  Ton  voit  1'/;  et  l'oj  représentés  par  un  i  et 
un  u  :  A'.o;j./or,;  =  Ziumiôe,  "AouY.To;  =  Atmite,  "Aowviç  =  Atunis, 
'ixTwv  =  Easun.  L'étrusque  *aucilus  se  décomposerait  en  au  -{- 
cilus.  Le  groupe  au  paraît  répondre  (cf.  §  60)  au  finnois  ùo  «  nuit  ». 
*Cil-u-s  se  ramène  au  thème  *cil,  auquel  on  peut  attribuer  le  sens 
de  lulrn,  d'après  le  finnois  kïl-u^  lâl-to  «  éclat  »  kll-i-sta-  «  briller  » 
(Donner.  I,  p.  (50,  n°  207).  Le  substantif  *au-cilus  signillerait  donc 
lueur  de  nuit,  c'est-à-dire  la  lueur  encore  indécise  et  crépusculaire 
de  l'aurore. 

BALTEUS 

L'origine  étrusque  du  mot  n'est  pas  certaine.  Sans  doute  Charisius 
l'atteste  d'après  Varron  (Gramm.  I,  77,  o)  :  Vcaro  in  Scauro  ballca 
dixit  et  luscum  vocabalam.  Mais  le  même  Varron  détruit  la  valeur  de 
ce  témoignage  en  fournissant  du  mot  une  étymologie  latine  Ling. 
lai.,  o,  116):  quod  cingulinn  e  corio  habebant  bullatum,  balteum 
dictum. 

BURROS 

B'jppô:;  •  y.ivO'y.po;    'j-'j  T'josy.vÔjv  [Hesvcll..  I,  TSO  . 

La  forme  donnée  par  Ilésychius  n'est  (ju"un  à  peu  près,  puisque 
l'étrusciue  n'a  pas  de  b  et  ne  redouble  pas  les  consonnes.  Le  sens 
n'est  pas  plus  certain  que  la  forme,  le  grec  y-âvOapoc  pouvant  désigner 
soit  un  insecte  (escarbot  ou  scarabée),  soit  une  coupe  à  boire. 

En  supposant  une  forme  comme  *pur-s  (avec  un  s  nominal,  §  117), 
on  pourrait  songer  au  {\nnoïs,  por-ItO  «  qui  se  dresse,  se  hérisse  »; 
cf.  hongrois  borz'xs  «  hérissé  »,  borznd-  «  se  hérisser  »  (Budenz, 
p.  'dj'(,  n"  494).  Le  mot  serait  une  allusion  aux  antennes  de  Tin- 
secte,  qui  font  saillie  en  avant,  d'où  le  nom  de  palpicornes  donné  à 
certains  scarabées.  Il  pourrait  faire  allusion  aussi  à  une  forme  de 
vase  avec  des  anses  relevées. 


TABLES  465 


CAMILLUS 


Sfafhis  TvUiauîis  dn  vocabul'is  rrrinn  Uhro  primo  ait  dixisse  CalU- 
mnchum  Tuscos  Camilhim  appcUasse  Mi'rcuriinn,  quo  vocabulo  signi- 
ficaiil  prticm'uiislrum  deoriim  (Macrob.  Sainrn  ,  III,  8,  6). 

kaoïJL^Xoc  •  ô    'Epixf^:;  h  Topor/na'.  (ScUol.   Lvcophr.,  16:2). 

Casmilus  nominalur  -j  Samothrece  mysteriis  dius  quidam  ndminister 
dis  magnis.  Vorinim  esse  graecnm  arbitror,  quod  apiid  Callimachum 
in  pocmnfibus  eitis  inreni    Varro,  de  Vtng.  Int..  YII,  3j. 

Le  rapprochement  de  /.aoiJLTXo;  et  casmilus  permet  de  supposer 
[cf.  §  71)  une  l'orme  étrusque  comme  *ca6milus  ou  *ca6mls. 
Abstraction  faite  de  la  désinence,  qui  est  vraisemblal)lement  le 
suffixe  nominal  -s  j:;  117),  il  reste  un  radical  *ca6-m-l,  qui  paraît 
formé,  comme  mul-m-1-es  (j;  83  ,  à  l'aide  de  deux  suffixes  de  déri- 
vation verbale,  le  suffixe  -m  §  83)  et  le  suffixe  -1  (§  8:2).  Etant  donné 
le  sens  du  thème  *ca6  mai»  (voir  Dictionnaire),  un  verbe  comme  *ca9- 
m-1-  signifierait  faire  œuvre  manuelle.  De  là,  pour  un  substantif 
comme  *ca6-m-l-s,  le  sens  de  manœuvre.  Or  c'est  précisément  un 
sens  analogue  qu'indiquent,  dans  les  textes  cités  plus  haut,  les 
expressions  praeminister  deorum  ou  administer.  Elles  désignent  le 
subalterne,  le  servant,  qui  dans  la  cérémonie  religieuse  se  tient  à 
coté  de  l'officiant  pour  exécuter  certaines  besognes  matérielles. 

CAPRA 

Kà-pa  •  a'.'^,  Tjppr,vo(  (Hésvch.,  II,  li3i. 

Un  mot  étrusque  comme  *cap-r  ou  *cap-e-r  serait  un  adjectif 
formé  avec  le  suffixe  nominal  -r  (,^  116i  et  signifierait  grimpeur, 
sautillant.  L'épithète  conviendrait  à  la  chèvre.  Pour  le  sens  du  thème 
*cap,  cf.  tiuuois  kap-u-  u  grimper,  aller  vite  en  avant  ».  kap-u-e-le- 
«  grimper,  sautiller  »;  hongrois /ix/j-a-*7,o-o?-  c  grimper,  se  cram- 
ponner »  (Donner,  I,  p.  81,  n"  284). 

CAPYS 

Servius  ad  Aen..,  X,  1  i5  :  constat  eam  [Cajjuam]  a  'J'uscis  conditam 
de  viso  falconis  augurio,  qui  tusca  lingua  capys  dicitur  :  unde  est 
Capua  nominata...  Alii...  Tuscos  a  Samnitibus  exactos  Capuam  vo- 

30 


4G6  TABLES 

cassr  o/j  hoc  (jinxi  lidiir  (/iiidnin  /ùilca  (■(iiidulissel,  cul  poUices  pedum 
curvi  fucrunl  i/iieiii  ad  nioduin  fa/coucs  (ivrs  iia/jcnl,  t/itos  iTiros  Tusci 
capyas  vocarunl. 

L'expression  poUiccs  pcduin  curri,  (jiii,  selon  Serviiis,  cxplifjue 
capy.s-,  ne  penl  s'eiilcndrc  (in";iii  sons  d"  ^  orleils  prenants».  Or 
ridée  de  prend)'c  est  précisémenl  aLlachée  an  thème  ougro-lïnnois 
kap;  voir  D'iclionnuirc,  cap. 

CASSIS 

Cassis  de  lamlnn  csl;  (jalcn  de  corio...  Cassidem  (lutein  n  Tuscls 
nomhiaiam  dlcanl.  IIU  enim  galeaiii  casshii  nominutU ;  credo  a  cap'de 
(Isidore  OrUi.,  XYIII,!'^,  i). 

Nous  n'avons  [)as  la  forme  étrusque  du  mol.  Mais  si  Ton  peut 
hésiter  sur  la  désinence,  il  ne  peut  y  avoir  aucun  doute  sur  le 
thème  *cas.  A  ce  thème  correspondent  les  mots  ougro-finnois  sui- 
vants :  hongrois  kés  «  couteau  »  ;  ostiak  kf'\e  «  couteau  »  ;  vogoule 
kiisal  «  id  »  ;  tchérémisse  klze  «  id  »  ;  lapon  kece  «  pointe,  extrémité  « 
(Biidenz,  ]>.  2'^,  n"  2G;  Donner,  1,  p.  30,  n"  110  .  Dans  tous  ces 
mots  il  y  a  l'idée  d'une  lame  tranchante  ou  aiguë  ;  or  c'est  précisé- 
ment l'aspect  (lue  présente  le  cimier  de  quelques  casques  étrusques 
(Marlha,  Arl  étrusque,  p.  60,  lig.  40].  Le  terme  hun'nia  employé  par 
Isidore  et  l'explication  credo  a  capite  semblent  bien  indiquer  un 
cimier. 

DAMNOS 

i     A'i!j.vo;  •  '(tî-o;,  T'jppY,vo(  (Ilésych.,  I,  881). 

L'étrusqu(;  n'ayant  pas  de  sonores  [0,  d,  g),  le  o  initial  ne  peut 
réi)ondre  qu'à  un  t  ou  à  un  6.  11  n'est  pas  vraisemblable  qu'il 
réponde  ici  à  nu  t;  car  si  \e  mot  élrus((ne  avait  eu  un  t  initial, 
llésychius  aurait  été  tout  naturellement  porté  à  le  transcrire  par  un 
■:,  comme  il  fait  pour'l'jppr,vo(.  11  faut  donc  supposer  un  thème  étrusque 
comme  *0am,  l('((uel,  augmenti'  du  siini\(!  nominal  -ns  (^  ll.'j),  don- 
nerait *6am-ns  ou  *6am-u-ns;  cl.  fuflu-ns.  neO-u-ns.  se01-a  ns. 

Le  thénu;  *8am  i)eul  être  rapproclié  §  71 1  du  tinnois  Itiim-d 
«  obscurité  »  ;  cf.  tchérémisse  seui-c  «  noir»;  vogoule  sein-c-l,  sèm-e-l 
«  noir  »  Douncr,  11,  p.  13!),  n"  Hi:')].  Le  mot  étrusiine,  cité  par 
llésychius,  serait  ainsi  une  allusion  à  la  robe  du  cheval  et  désigne- 
rait la  bête  par  métonymie,  comme  le  français  alezan. 


TABLES  467 


DROUXÂ 


Asoùva  •  ^o/r^,  T'jppr//oî  (Hésycli.,  I,  1836).  Pour  la  valeur  du  o  ini- 
tial, voir  le  mol  précédent.  Il  faut  supposer  une  forme  étrusque 
comme  *0runa,  c'est-à-dire  un  thème  *0r  ou  *9ru  avec  le  suffixe 
nominal  -na  >;  114).  Un  thème  de  ce  genre  peut  être  rapproché 
(§  71i  du  Hnnois  hir-m~u  «  terreur  »,  hir-v-e-â  «  terrible  '>  (Budenz, 
p.  313,  n"  316;  Donner,  I,  p.  191,  no  678).  L'étrusque  *9runa  aurait 
donc  signifié  le  terrible,  ce  (/ui  fait  pew\  ce  quon  respecte^  par  suite 
ce  qui  a  l'aulorilr,  d'où  le  rapprochement  avccàpy-/,. 

FALADO 

...falae  dictae  ah  altitudine,  a  falado,  quod  apud  Elruscos  signi/icat 
caeltim  (Paul.  F.   p.   88  M). 

D-àns  falado,  la  désinence  est  celle  de  l'ablatif  lalin;  on  peut  en 
faire  abstraction.  Il  reste  un  radical  qui  correspondrait  à  une  forme 
étrusque  comme  *fal-a-0,  *fal-8,  ou  *fel-9,  c'est-à-dire  à  un  thème 
*fal  ou  *fel,  pourvu  du  suffixe  nominal -6  (§  120;  cf.  zil-a-Gi.  Le 
thème  *fal  ou  *fel  peut  être  rapproché  du  hongrois  fil,  fol  «  partie 
supérieure,  ce  qui  est  en  l'air  »,  fdl  ait  fnl-dlt.  ^  au-dessus  » 
(Budenz,  p.  501,  n°  528). 

UAPOS 

râ-o?  •  nyr^ixi,  Typor^voî  (Hesvch.  I,  801). 

L'étrusque  n'ayant  pas  de  sonores,  le  y  initial  ne  peut  répondre 
qu'à  un  c  ou  à  un  j(.  S'il  y  avait  un  c,  il  semble  qu'Hésychtus  l'eût 
naturellement  transcrit  par  un  /..  Il  est  donc  vraisemblable  de  sup- 
poser une  forme  étrusque  comme  *x«''PS5  c'est-à-dire  un  thème  *xap 
avec  le  suffixe  nominal  -s  (§  117  .  Le  thème  'j^ap  peut  être  rapproché 
du  hongrois  Inb  (<■  fiol  »,  Inh-oz-  «  vaciller,  chanceler,  balancer, 
hésiter  »  (Budenz,  p.  65,  n°  88).  Le  terme  étrusque  signifierait  le 
hraalanl  et  serait  une  allusion  à  l'inslabililé  du  char  à  deux  roues, 
qui  au  moindre  mouvement  do  l'attelage  nscille  sur  l'essieu. 

GINIS 

r;v(;  •  vipxvo;,  'jtJj  T'^pyr^'/Mv   (liesych.    I,  831  i. 


408  TAIiLKS 

l'oiii-  le  Y  inilijil,  vtur  le t  [)frc('(I(Mil  ;  -{vn;  paraît  rùpoiulrc  à  une 

l'oniic  (■li'iis(iiic  commo  *xi"°S'  ''^''''  ''^  sullixo  nominal  -ns  (§  115)  ; 
(1.  fuflu-ns,  ne6u-ns,  seÔIa-ns,  sia-ns.  Le  Ilirmc  *xi  se  retrouve 
dans  le  linii-i'dis  lrj.j-irj.1  «  aurore»  »  (lîiulcn/,,  y>.  "ri,  n"  D.'i;;  cf.  linnois 
knl  «  haudc  lumineuse,  lueur»,  /.oi-lla-  "  (Mre  brillant  »,  koi-vu 
«  arbre  à  écorce  blanche  (bouleauj  »,  koi-vio  «  bd'ul'  blanc  »  i  f3udenz, 
p.  101,  n"  i;}(>;  Donner,  I,  p.  î»,  n'^"i2!);}0).  Ginis  signifierait  ainsi 
Véclalanl  et  ferait  allusion  au  |)luimige  de  l'oiseau. 

IDUS 

Iihiiim  jxtn'i)  inniK'ii  a  7iisris,  djind  (juds  is  dirs  ilis  roraliir,  sump- 
hnii  r.sl .  /Ion  (iiilnii  illi  intri-jin'ldnlur  Joris  fii/uciniii.. .  Dinii  if/itur, 
i/iii  uri  nmiiini'is  cari'l  Iciu'ùris,  lavis  fidurifiin  lusco  nominr  rornvc- 
rttiil...  Alii  pididil  hlns,  t/itod  m.  die  pJena  luna  vidcdhir,  a  oidendo 
ridus  iip/trlhilas...  SkûI  (jiii  (irsliiiirnl  (dus  ab  ave  idiili  dictas^  qiuim 
hor  iiuiiiiiic  vocanl  Tusci...  i\o/jis  illu  ralio  nominis  rrro  propior  aosli- 
rii(iliii\  iil  idus  vocemiis  diein  qui  dinidil  mcnsciii.  Idunrc  cnim  rlrnscn 
linf/im  diridi've  csl .  Inde  vidiia  quasi  ralde  idun,  id  rsl,  rnlde  dirisu: 
(lul  vidini  id  csl  (I  riri)  dirisa  (Macrol).  Snlinui.  I,  l'i,  li  seq.). 

/dus  iih  et)  (/ikhI  7'usri  ilus,  vel  pulius  qiiud  Saf/ini  idus  dicuiil 
(Varr.  liiKj.  lui.,  VI,  "iS,  |>.  85). 

Une  seule  chose  semble  certaine,  c'est  (|uc  iilus^  ridus  ou  ilus  est 
d'origines  étrusque.  Mais  pour  le  sens,  il  n'y  a  (pTincertitude.  Le 
mot  aurait  signifié  soit  loris  fiduria,  scdl  f/rr/iis,  soil  dirisrr.  II  est 
|)robabl('  (|u"on  ne  savail  i)as  au  juste  à  (|U(ti  s'(>n  tenir,  ce  (|ui  lais- 
sait le  champ  libre  aux  fantaisies  él ym(dogi(iues  des  grammairiens. 

il  exisic  (Ml  (■■trus(im'  un  thème  *it  exprimant  l'idée  iVaddilion  et 
ap[)arenté  au  finnois  jul-ka-  «  ajouler,  continuer,  poursuivre, 
achever  »  (voir  /tirlituiuairr).  (l'est  probahlcmcu t  à  ce  lliéuK;  que  se 
rattache  bi  fornui  étrus(|ue  du  laliu  ilus,  idus  ■  le  mol  (h'signait  soit 
d'une  manière  géni'rale  la  période  tlu  mois  où  la  lune  i^addilimine 
c'est-à-dire  rroil,  soit  d'une  manière  plus  parliculière  le  jour  où  la 
lune  est  addilionnre,  c'est-à-dire  pleine. 

ISTKIl 

Tite-Live,  VIII,  "i,  fi  :  nernacnlis  artificibus,  (/nia  isler  lusco  vcrbo 
ludius  vocabaiur,  nonien  hisirionibus  indilum.  Plutarcli.  Qaaest.  roiti. 


TABLES  469 

107  :  ï/.  T'jppr,vfa;   È/.Oî'iv  roÀÂou;  y.'xl  aYxOo'jç  Tîyvî-aî,  wv  tov  •KpiOTî'jovua... 

Dans  le  latin  hislrio,  ï'h  est  probablement  une  épenthèse  due  à 
l'analogie  de  historia.  La  transcription  grecque  '.'j-pov  et  lorpîtova;, 
avec  un  esprit  doux,  indique  que  l'aspiration  n'existait  pas  dans  le 
texte  où  Pliitarque  a  puisé  son  renseignement. 

Etant  donné  le  latin  hlslrio,  le  terme  étrusque  devait  être  quelque 
chose  comme  *istri,  c'est-à-dire  le  participe  en  -i  §  103)  d'un  verbe 
*is-t-r-,  formé  à  l'aide  de  deux  suffixes  verbaux,  le  suffixe  -t  (§  87) 
et  le  suffixe  -r  (§  85).  Le  thème  *is  correspond  à  celui  qui  a  donné 
en  ostiak  jaz-h't  «  parole,  discours,  nouvelle  »,  jas-ta-  jàs-t- 
«  parler,  raconter  '^,  jàs-t-'id-  "  dire  »  ;  cf.  hongrois  iïz-cin-^  -iz-ân- 
«  annoncer  ->  Budenz,  p.  877,  n°  979;.  *Is-tr-i  signifie  donc  celui  qui 
parle,  le  diseur,  le  eonteur;  c'est  l'équivalent  du  latin  fabulalor. 

LÂENA 

Paul.  F.  p.  U7  :  laena...  quidam  appellalam  existimanl  tusce, 
quidam  graere  quam  y).av(oa  dieunt. 

Varro,  Ling.  lut.  V,  133  :  laena,  quod  de  lana  mulia^  duarum  ctiam 
iogarum  instar. 

L'origine  étrusque  du  mot  n'est  pas  certaine. 

LANISTÂ 

Lanisia  gladiator,  i.  f.  earnifex  lusca  lingua  appellatu.s  (Isidor. 
Orig.  X,  159). 

La  désinence  du  mot  est  latinisée  :  on  peut  donc  en  faire  abstrac- 
tion. Dans  le  radical  lani-st,  ou  retrouve  le  suffixe  double  de  déri- 
vation verbale  -st  (§  97).  Pour  le  thème  *lani  ou  *lan',  cf.  finnois 
lan-k-a-,  langa-  «  se  détériorer,  se  détacher  »  ;  lapon  (dial.)  lang- 
g-a-s-  «  se  détacher,  dépouiller,  peler,  écorcher  »  ;  ostiak  lang-a- 
«  détacher,  déchirer,  fendre  »  (Donner,  III,  p.  175,  n°  1061j. 

MANTISA 

Manlisa  addiiaiwnlum  dieilar  litigaa  lusca  quod  pondn'i  adjicitur 
(Paul.  F.  p.  13^2). 

Dans  mantisa  il  est  aisé  de  reconnaître   le   suffixe  nominal  -sa 


470  TABLES 

a  lis).  Lo  radical  *man-ti-  on  *man-t-  est,  un  radical  vcr])al  formé  à 
l'aide  du  siillixe  -t  i§  87  i,  siillixc  (lui,  dans  les  langues  oiigro-(in- 
noises,  a  fréquemment  une  valeur  causalivc  (S/.innyei,  Finn. 
-ngrtsrJic  Spraclui:.,  p.  129).  Un  thème  analogue  à  *man  se  retrouve 
dans  les  mots  ougro-finnois  suivants  :  mordviue  viàm'-  «  lliu-liir, 
courber  »  ;  osliak  inàn-d',  mcn-cd-,  iiicii-cd-  «  courber  »  ;  hongrois 
vuin-'d-  «  fausser,  déplacer  »  (liiidenz,  p.  (Il;},  n°  (»o2).  De  là  pour 
mantisa  le  sens  de  qui  l'sl  dr  naiurc  à  /'nirr  /Irchir  [la  balaucp), 
c'est-à-dire  poids  addilionnel.  Le  latin  ■)nomi')ih(ni  répond  à  la  même 
idée. 

SUBULO 

Subnlo  dictas  ([uod  lia  dicunl  libirines  Tasci;   rjnocirca  radicps  cjus 
in  hlruria,  non  Lalio  quacrundap  (Varro,  d<'  lin;/,  lai.,  Yll,  'M). 
Voir  Dictionnaire  sv. 


Le  lexique  de  Pai)ias  ixP  siècle)  et  un  glossaire  de  Leyde  [Rhein. 
Mus.,  XVI,  li:\]  font  connaître  quelques  noms  de  mois  étrusques  : 
Velilanns  ou  Vdritanus  (mars),  Ampilcs  (mai),  Aclus  (juin],  Trawus 
(juillet),  Frmins  (août),  Cadius  (septembre),  Xofcr  ou  Xo/fcv 
(octobre).  Mais  de  ce  renseignement  il  n'y  a  rien  à  tirer.  D'abord, 
d'après  les  variantes,  il  est  à  craindre  que  tous  les  noms  n'aient 
pas  été  exactement  transcrits.  VA  puis  nous  ne  savons  pas  ce  qu'ils 
sigiiiliaieut,  d'où  impossibilité  de  faire  une  comparaison. 


TABLE    DES    NOMS    PROPRES    GITES 


(Les  chiflres  renvoient  aux  pages) 


A  abrév.  84,  122,  124,  212. 

Acsi  49. 

A/jle  49. 

A/memrum  49. 

Â/_nei  155. 

A/si  49. 

A^u  209,  351. 

kyui  209,  351 . 

A^uias  105,  209,  35. 

A/uvitr  52. 

A/vizr  52. 

Atle  70,  1G8. 

Afli  76,  108. 

Afuna  81,  253,  202,  204,  268. 

Afunal  122. 

Afunas  35,  100,  252,  255,  207. 

Afunei  50,  123. 

Afunes  35,  252,  259. 

Ahnisa  123. 

Alisi  55. 

Ai  vas  53. 

Alcsli  231. 

Alesna  51,  52. 

AleOna  51,  52,  81,  174,  177,  179, 

354. 
AleOnas  174,  177. 
Alfi  150. 


Alfinas  21. 

Alfiia81,85. 

Alfnal  100. 

Alfnalisla  85. 

Alfni  106. 

Alsinai  115,  208,  209, 

AUifne  42. 

Ameruntea  36. 

AmOnial  122. 

Amoiare  49. 

An  ai  n  ai  30. 

Anainei  30. 

Aneinal  155. 

Aneinei  30. 

Aneini  30,  122,  131. 

Aninei  30. 

Anini  30,  131. 

Aparatrus  139,  140,  141, 

Apalrual  113,  105. 

Apatrui  141,  166. 

Apenas  109,  114,  13  i. 

Apianas  113,  123. 

Apiatrus  139,  141. 

Apinal  134. 

ApirOes  21. 

Apucu  53. 

Apuni  50. 


472  TABLES 

Apvcuia  53.  Aloinei  59,  ^17. 

Ar,  abrév.  144,  177,  Ali  59, 

Ani2:20.  Alial  :215. 

Aria  ^2-20.  Alini  129. 

Ariana220.  Aliiiilc  2:51. 

Arias  228.  Alun  59. 

Ariliini  111,  220.  Alnal  185. 

Arinna8l.  AlresOe  49. 

Annni  124.  AO.  abrrv.  -4.  1 1 i,  147,  148,  2:}(). 

Arnl  15(i,  IGO,  Au.  abrév.  5,  131,  144,  154,  155, 
Arnlia.s  200,  207,  161,  162,  210,  211. 

Anilic  122.  Aille  5,  6,  8,  112,  121,  122,   144, 
Arnlnal  4.  150^  209,  211,  212. 

Ai-ntni  84.  Ailles  8,    28,   92,113,    121,123, 
AruO  10,  11,  51,  75,  85,  112,  129,  J88,  191. 

145,   148,   150,   15t),   163,    177,      Aulesa  84. 

^28.  Aulesi  8,  92,   113,  224,  252,  258. 
ArnOal  113,  127,   131,   149,   165,      Aulesla  21,  85. 

179,  200,  219,  227.  Aulez  52. 

ArnOdlisa  5,  122,  130.  Auliis  149. 

ArnOals  170,  171,  172.  Av.  abréo.  124. 

ArnOi  27,  28,  29,  75,  206,  Ave  21. 

AniOia  52,  70,  215.  Avei  140,  230. 

ArnOial  144.  Aveini  131. 

ArnOialiim  27,  28,  29,  95,  232.  Avele  112. 

ArnOiiai  1.  Avia  231. 

Ai-nOur  128,  158,  Aviiesi  230. 

Arnza  52,  194.  Aviles  113,  123,  228. 

Ainzal  155.  Avini  131. 

ArOal  12(3. 

Arzius  149,  151.  C.  abrro.  252,  259. 

Arznal  252,  258,  Caceinei  199. 

Arzneal  35,  159.  Cahalial  1,  5,  54,  55. 

Arznial  35,  159.  Gai  113,  135,  13G, 

Alaina  217.  Cala  3(5,  150,  151. 

Alaiiie  217,  Caialisa  122. 

Alaiun  3().  Caias  122. 

Aie  59,  357.  Caiia  ;{6,  208. 

Atei  59,  217,  357.  Caina  75,  81. 


TABLES 


473 


Gainai  75. 
Cainaia  228. 
Gainai  2. 
Gainalisa  84. 
Gainei  122,  150, 153. 
Gais  113,  129,  135,  13G. 
Gai  si  e  22,  9i. 
Galati  142. 
Gale  142,  215. 
Calesi  113.  195,  215. 
Gali  142. 

Galia6esi  113,  142. 
Galisna  142. 
Galiti  142. 
Galunal  123. 
Galunei  142. 
Camnas  185. 
Gapnal  J06. 
Capnei  106. 
Capzna  85,  153. 
Capznasla  153. 
Gapznei  155. 
Garna  81. 
Gasni  21. 
Gasnis  150. 
Gaspres  199. 
Gaspu  124. 

Cavinei  114,  143,  155. 
Ceicna  76,  124. 
Geicnei  79. 
Geinanal  113. 
Ceisinis  183. 
Gestna  8,  76. 
Gestnal  188,  J91. 
Gestnas  8,  123,  151. 
Geslnei  76. 
GeOurna  76. 
GeOurnei  76,  121 . 
Gezrllial  122. 


Gicus  122,  150,  151. 

Gilnia  132,  133. 

Cilnial  133. 

Gipirusa  83. 

Gires  150,  151. 

Glanli  155. 

Glanlial  155, 

Gleuste  236,  238. 

Cneves  123. 

Graciai  113,  126,   127,  129,   ISO. 

Gracna  81,  126. 

Greices  197,  199,  200. 

Grespe  121,  123. 

Gucinies  146,  147. 

Guclni  183. 

Guclnial  113,  128,  129,  182,  183, 

220. 
Gucinies  151,  152. 
GucrinaOtiir  448. 
Gaies  149. 
Guisla  85,  148,  149. 
Guislanias  52. 
Guizhinia  52. 
Gumere  114,  147,  148. 
Gumeresa  148. 
Gumnis  150. 
Giimnisa  83. 
Cupsnasa 123. 
Gur.  alm'v.  161,  162. 
Gurial  124. 
CLirsnis  161,  162. 
Gutunial  5. 
GvenleS. 

Gvenles  8,  loO,  loi. 
Gvinto  4,  149,  206. 
Cvinli  149,  206,  207. 

Xaireals  169,  170. 
Xcrilnal  122. 


474 


TAULES 


xiiicies  'l'i,  ii:j.  \iv^. 

Xnr/les  i9,  Kl'.l,  llii,  127,  ilH». 
Xvcsinal  l'io. 

M;isiin  .'{."). 
KciialiKM   151. 
Ecnalial  li:{,  i:il,  \-rl. 
K/liir  in. 
l-liiianal  1  '((>,  I  '«'. 
Einanei  l-'il,  152. 
Elinai  M. 
Elru  378. 
E/.piis  13  i,  135. 

Fanacnal  222. 

Fanakiii  222. 

Fasnlru  54,  16î>. 

Fasti54,  149,  155,  J(il»,  199,  220. 

Felsnal  113. 

FeOius  199. 

Fncsci  35,  134. 

Fnisci  35,  l3i. 

Fiiiscial  210,  211. 

Fraiicnei  1  'i8. 

Franc  ni  1 18,  15'(. 

Fraunal  147,  liH. 

Fraiinei  53. 

Frauni  53,  154. 

Fraunisa  154. 

Fravnei  53. 

Frenirnal  160. 

Freinrnei  KiG. 

Frmna  42. 

Fulluns  2,  82,  1(;8,  232,  272. 

Fulna  75. 

Fiilnai  75,  12 i. 

l'uluna  76. 

Fiiliinci   76. 


Ilalnrc  .50. 

Ilaiii'^iare  54. 

Ilapisnci  156. 

Ilapre  50,  148. 

Hasmiin  236,  238. 

llasiilni  54,  169. 

11  asti  5i,  123,   149,  169. 

Haslia  153. 

HaOlials  170,  172. 

Heiinni  8,  122. 

lleiinnis  8. 

Holc  166. 

Helenaia  34. 

Heli  122,  150. 

Ilelvcreal  35,  144. 

Ilelverial  35. 

Hem  ni  121. 

Hercle  54. 

Hercles  112. 

Ilerini  199. 

llerinial  5. 

Hermi  153. 

llerinial  153. 

Hnlnni  142. 

H  ni  11  nias  142. 

Halnnicsi  142. 

Hurtinas  21. 

Hnstileia21,  22. 

H  usinai  168. 

Hnslnei  168. 

Ilu/.cnai  139,  140. 

Kalairu  21 . 
Kasiilrn  35,  36. 
Kilnei  133. 
Kaisie  228,  229. 

L.  abrév.  21,   84,    94,    125,  161, 
195, 262. 


TABLES 


47Î 


La.  abrév.  121,  144,  lo5. 

La/ us  150,  loi. 

Laran  2. 

Larce  197,  198,  218. 

Larces  197. 

Laris  21,  77,  94,  114,  121,  122, 

123,    126,  129,   14G,  103,   197, 

200,  227,  228,  230. 
Larisa  112. 
Larisal  77,   123,   128,   129,   197, 

199.  200. 
Larisalisa  123,  182. 
LarnO  130. 
Larsiu  147. 
Lart  129,  165. 
Larti  49. 
Lartiu  140. 
LarO   10,   11,    51,   84,   112,    121, 

122,   123,   120,  127,   130,  144, 

150,   159,   109,    170,   171,   173, 

183,  185. 
Lar6al7,  113,  142,  145,  146,  117, 

103,  173,  181,  197,  198,  200. 
LarOalisa  84,129. 
LarOals  5,  7,  184,  252,  259,  202. 
LarOi  28,  49,  110,  111,  113,  129, 

148,  150,   151,    153,   154,  155, 

211,  212,  235. 
LarOia  21,  52,  70,  100,  215,  217. 
Lareial  G,  7,  22,  27, 113,  139,  110, 

141,  146,  147,  158,  188,  191. 
LarOialis  188,  191. 
LarOialisa  7. 

LarOias  22,  94.  113,  205,  200. 
LarOl  151,  152. 
LarOur  128,  158. 
Larza  52,  194. 
Latini  131,  154,  155. 
La  li  niai  122. 


Latinis  153. 

Latinisa  155. 

LaO  52. 

Laei  52,  122,  150. 

LaOia  227,  228. 

LaOial  132,  150. 

Laucis  158, 159. 

Lavsies  134. 

Laziii  52. 

Lecne  122,  166,  218. 

Lecnesa  123,  160. 

Lecu  124. 

Leinies  27,  28. 

Leli  49. 

LeOanei  111,  211,  212. 

Leei  49,  144,  150. 

LeOial  144. 

Leucle 130. 

Leunei  85. 

Leusa  85. 

Leiisla  85,  153. 

Lrt  155. 

Ls.  abrév.  236. 

LO.  abrév.  122,  140,  148,  230. 

Liimscial  122. 

Lnsce  121. 

Malamenas  215. 
Malavinisa  215. 
Malavi.sy  7,  215. 
Malsli-ia  215. 
Mamarces  113. 
Mani  149. 
^Larcei  235. 
Marces  29,  109. 
Marcesi  113,  142. 
Marcnas    12i. 
Marciii  150,  10)0. 
Maslnci   150. 


47(1 


TADLES 


M.isni  1  ;}.'{. 

Masiii.il  i:{:{. 

Miitiiliias  -1'.). 
MaliiliR'i  -il». 
Mcraiiates  l'itl,  l'iS. 
iMclmali  .'>"). 
Mcnerva  '2. 
Meiilo  'ri. 
Mcl.'li  ±l'i. 
Mclclis  li;J.  2-2'i. 
Musclcna  SI,  l'io. 
Muluint'i  l.'iO. 

Nele^2l('.. 

NeOuns  2,  78,  82,  1()8,  272. 

Nufre  227,  228. 

.\iifVes  227. 

\ii(V/.na  12. 

Niiriii'/.iia  12. 

Niiiiia  l"")8. 

Nu  me  11  as  228,  2:50. 

Niimna  ioO,  20!),  210. 

Niminas209,  210. 

NiimOral  I.'iS. 

Niiiii'iiir  i:;8. 

l'acsiiial    'i'.». 
l'apaS.-i. 

l'apasia  8:;,  12;{,  i:;:{. 

Papsinas  Kll,    H;2. 
l'arlumi  128. 
l'arLunus  182. 
Falacs  199. 
Patrucle  36. 
Palnicles7. 
l'atii  7.';. 
Pal  ni  7*). 
Pelearas  112. 
Pelia  2I(). 


Pepiia  12(1. 
Perisnei  12:5.  i:i;{. 
Pesnasa  8i. 
Potinalo  121. 
IV'tiiialcs  i:io,  ].■;!. 

Pctriii  12:5,  129. 
Pcini  7."). 
P('lnii  7.">,  l"il . 
Prtnmi  i:):;,227,  228. 

Prinis  i:;o. 

PeOiia  122. 

Povliiial  l(i:{. 

Phacsiical   V.t. 

Phorsijiiiai  'i9. 

Phisis  130. 

Pin  Le  70. 

Piiili  70. 

Plaisiuas  112. 

Plaiico  121. 

Piaule  :50. 

Pleciis  lOo. 

Pluie  3(;. 

l'ieu  12. 

Prccuslio,  188,  192,193. 

PrecuOurasi  92,  188,191,  2.j7, 

Pricesla  85,  153. 

PiMiniaOe  '(9. 

l'runiaOnal  122. 

Pucsiua   81. 

iNilcnas  P.)7. 

Pilles  197,  199,  200. 

Pullna  70,  81. 

l'ulfnei  70,  123,  153. 

Piiluluce  3(t. 

Puniplial  173. 

Piiiiipiial  I  13. 

l'niiipiialisa  S'i. 

Pu  m  i» Il  7."),    I  '(  '(. 

Piiinpiial   I  13. 


TABLES 


477 


Piimpui  75,  122. 
Piimpus  193,  219. 
Pu  n  In  a  122. 
Pli  p.  ahvcc.  o. 
Pupliana  228.  230. 
Putrnei  129. 

Rafe  30. 

Rafi  5. 

RamaOa  12,  42. 

RameOa  Al. 

RamOa  12,  29,  132,  139,  liO. 

RamOas    21,   9i,   113,    129,  loi 

152, 103, 105.  100,  182, 183. 
RamOes  109,  170. 
Ram  n 6a  -42. 
RanazLiial  122. 
Raufe  30. 
Rauii  5. 
Raulis  199. 
Ravntu  12  i. 
Reisnei  121 . 
Reinsna  52. 

Remzna  52,  70,  154,  155. 
Remznei  70,  122. 
Rezu  75. 
Rezui  75. 
Rufe  30. 
Ruile  120. 
Riiifris  220. 
Runsaii  230,  238. 
Riillnis  21. 
Ruviial  179.   180. 

S.  abri'o.  124,  125. 
Sayu  150. 
Salos  109,  IVJ. 
Salvi  145. 
Sapicc  121 . 


Sa  Un  al  129. 
Salnal  113. 
Satnas  150. 
Saucni  122. 
Saulri  52. 
Scarpe  130. 
Scevis  144. 
Scires  113,  200. 
Seanti  30. 
Seate  85,148. 
Secu  8,  121. 
Sec  ai  150. 
Secus8,  150,  151. 
Selilmnal  55. 
Seiante  70,  122,  154. 
Seianti  30,  70,  154. 
SeiaOialll3. 
SelvaOres  199. 
Semtiii  49. 

SemOni  49.  144. 

Senlinalo  70. 

Senlinales  123. 

Senlinali  70. 

Sepiesla  153. 

Sepusa  84. 

Serluris  150. 

Serlurus  52. 

Sescalna    12. 

Sesclna  81,  122. 

Sesclnal  122,  100. 

Sesdneil23, 100. 

Sesuciima  12. 

Sclria  70,  230,  211. 

SeOlans2,82,  108,  272. 

SeOi-e  151.  173,241. 

SeOrc!^29,  109,  120,  151,  152. 

SeOrosa  122. 

Si  11  11  4. 

Sniile  li4. 


47H  TAIÎLES 

Spaluria  33.  Tilcs  l'il,  m,  iU,  150,  228. 

Si)iliii33.  Tilcsi  113,  liJ5,  215. 

Spiule  83.  Tili  150,  153,230,240. 

Spiiri  (1,   i28.  Tilial  30,  115. 

Si.nrina  0,  428.  Tiliz  52. 

Spurinal  155.  Tilnis  1.50. 

SliMiia  33.  'riaiimiiiis   i2. 

Sloi)rna  33.  Tlesiia  TO. 

<().a/>rrr.T.\C).  Tlcsnal   I  13. 

Suiilu  21,  '.)'<,  230,  238.  Tlesna-a  123. 

Sunia  5.  TlesiK'i  70. 

Suriuis  11)9.  ïi-enOiuci  10'.). 

Surnei   199.  Trepi  121. 

Sulrinci  199.  Trepii  122. 

SveiUi  125.  Tule  155. 

SveiLus  109,  208.  Turan2. 

Turia210. 

TainiaOura  y8.  Tnlc  J'O,  171,173 

Tanllcs  112.  Tules  L50,  151,  173. 

Tapsiiia  8'i.  Tuliia81. 

T.-.rcna  '.33.  Tuti.al  122,  li8. 
Tar/isa   155. 

Tar/na  35,202.  Ha.  a/>rrr.  122,  212. 

Tar/iialO  ■),  7,  197,  200,  201.  Han  199. 

Tania  i33.  ©ana  lli,  121,  123,  12i,  1  'i3,  1 49, 
Tanuii  109,  170.  150,  151,  100,  199,   442. 

Tarnes  109.  «anas 113. 

Tallancs  181.  eaiicuil  230,  238. 

Tciniis  109,  170.  Wan/uvil  123,  100. 

TLM-asias  7.  Wan/vil  28,  35,  109,  412. 

Trliiia  70.  81 .  122,  1  'i5.  t»an/vils  28. 

T..|ii,;isa   8'i.  0an/vilus  28,  108,  113,  127,  128, 
T,.linci70.  129,   133,    135,179,  180,    181, 

Ti.  n/jrrr.   155.  198,  220. 

Tiiiia  2.  eania  123,  150,  1.55,  1()0,  4'i2. 

Tins  'i30.  Wanicu  442. 
Tilc  115,  122,  1.50,  155,  213,  215.      wansi  442. 

Tili-al  30.  Bansina  4'i2. 

Tileial  30.  0esc  49. 


TABLES 


479 


©ucerna  f21. 
0  Lice  nias  150. 
©uricial   122. 

Ucumznal  40. 
Uyumzna  i9. 
Uhtaves  55. 
Umrana  71). 
Umranei  70. 
Unata  4. 
Upelsis  150. 
Urinale  7G. 
Urina li  76. 
Urusla  151,  152, 153. 
UrusOe  30,   49. 
Useles  115,  134. 
UOuze  30. 


V.  abri'c.  121,  100,  174,  200, 

Varna  81. 

Varnal  2,  4. 

Varnalisla  85. 

Yarnas  144. 

Vall  35. 

Ve.  abréo.  155,  224. 

Vécu  75. 

VecLii  75,  100. 

Veilia  150,  155. 

Veipi  30. 

Veizial  131. 

Vel  10,  11,  27,  8i,  10!),  112, 
122,  121,  133,  135,  130, 
145,  150,  151,  155,  106, 
208,  233. 

Vclasna  233. 

VelaOri  233. 

Velce233. 

Vel/atina   233. 


Vel/atini  35,  150. 

Vel/eis  144. 

Vel/hiei  205,  200,  233. 

Velea  123. 

Velelia  233. 

VeleOnei  233. 

Velia  133,  150,  150,  158. 

Velias  222. 

VelimnaS,  35,  81,233. 

Velimnas  112,  123,  159. 

Velisna  233. 

Veinci  233. 

VelnOe  233. 

Vels  28,  113,  135,  130,  181. 

Velsa  8i,  122,  233. 

Velscu  212. 

Velscus  212, 

VelsiSi,  123,  233. 

Velsial  122. 
207.      Vefsina  233. 

Velsu75,  230,238. 

Velsui  75,  236,  238. 

Velsuna  233. 

VelOesa  212. 

Vel6ienas  113. 

VelOinaO,  15,  104,  105,  100,  111, 
117,  118,233,  252,  253,  25i, 
255,  200,  201,  203,  205,  200, 
207,  208. 

VelOinam  253,  202. 

VelOi lias  110,  2.52,  254,  258. 
121,       VelOiiKiO.ica  158.  l!)l,  r.8. 
li'i,       VclOinaOuras  105,  252,   253,257, 
181,  203. 

VelOnri   i;;3. 

VclOiiir  228,  230. 

VelOur35,  128,  158,  182,  191,  211, 
233,  208,  448. 

VelOiiri  210,  211. 


ISO  T.MtLCS 

VelOiinOiiia    Il(l,    i:iS,    |!l|,    -210,       Vrin  7:">. 

v.'ioiiiiii  1-21.  Vipi  'M\,  i-ii,  i:;(). 

VrlOiiis  liO.  Vipia  ll.S.'iOS,  20!). 

YflOuni.s  i:i:},  l'.»T.  l'.tS.  lîl'.l.                Vipia/.  ."ri. 

VelOurusaSi.  Vipis  ll-i.   12.!,  I2i,  l'il,  i:iO. 

Vclii>  21,  2S,  122,    127,  i:{'i,  11]:"),       VipiOiir  TiS. 

IHI,  183,   18i.  Viplisli!». 

Velusla  85,  153.  Visce  121. 

Vehisna  233.  ViscesaSi. 

Yeliisinn  27,  28.  21),  î)5,  181 ,  232.       Viscunisa  35,  134. 

Vcnalfi  35.  Viske  122. 

Vonole  35,l'<i.  Viskcsa  121. 

Vercna8I.  Vi/c  131. 

Vercnas   12'j.  W.uhrrr.   'i,  15i,  23(1. 

Versenas  208,  2()î).  Vnisini  122. 
Versni  9i. 

Veru  121 .  Zauliiria52. 

Verusa  81.  Zertnai   132. 

Vescii  122.  Zci'liiri  ."»2. 

Yc'scuuisa  3"),  13i.  Zi/nal   Kiti. 

Vcsial  22'(.  Zi/nei  Kili. 

VelpS'i.  11'.,    121.   122,  12(),  121),       Zinlrepus  il). 

130,  131,  227.  228.  ZiuiniOe  3(;. 

Vêles  113,  227.  Zu/iis  113. 
Vell  35. 


TABLE   DES   TEXTES   CITÉS 


Pauli.    C'or/>«.s'    hiscriptionum    elruscarum. 


3 

p.  i(il. 

809 

1  '.5. 

3860 

155. 

4 

KU. 

886 

154. 

3866 

Ii9. 

5 

i:]'i. 

922 

150. 

3910 

168. 

8 

KU. 

1048 

4. 

3960 

150. 

15 

lo8. 

1430 

Ii7. 

3965 

144. 

44 

143. 

1671 

4. 

4001 

150. 

48 

195. 

2041 

150. 

4046 

150. 

53 

±lo. 

2113 

149. 

4050 

149. 

76 

205. 

2400 

150. 

4082 

137, 

81 

124. 

2403 

211. 

4114 

1  i4. 

102 

125. 

2480 

145. 

4116 

188. 

105 

2-28. 

2627 

219. 

4144 

14t, 

181 

130. 

2727 

150. 

4145 

144 

193 

129. 

2767 

151. 

4196 

223. 

195 

227. 

2771 

l'<8. 

4201 

1  '.('.. 

301 

218. 

3023 

'.. 

4251 

149, 

348 

144. 

3088 

15'.. 

4325 

144 

433 

155. 

3326 

153. 

4390 

149 

437 

206. 

3411 

150. 

4538 

252 

438 

207. 

3518 

U. 

4540 

135 

445 

212. 

3754 

159. 

4549 

145 

446 

222. 

3763 

5. 

4561 

216 

447 

217. 

3789 

150. 

4624 

1  'i5 

707 

VM. 

3796 

!'.'.. 

5003 

13'i 

758 

150. 

3858 

155. 

5092 

27 

'iK2 


JAItLi:S 


l'ahrclli      Cnr/ms    'inxrr'i pi'inmiin    ilalirnrtim . 


N-  807 

|..  Ku. 

2180 

2()S. 

2598 

:231. 

1069 

^1U\. 

2183 

I.l'i. 

2599 

221. 

2031 

\:\-i. 

2279 

m;;. 

2602 

133. 

2055 

IT'<. 

2327  /'■,■  // 

IC'.I. 

2603 

210. 

2056 

1". 

2335 

is;i. 

2603  his 

213. 

2057 

17!). 

2335  n 

h;;;. 

2613 

220. 

2070 

i(i:{. 

2339 

is:{. 

2614 

228. 

2071 

i-ri. 

2340 

-1\K 

2614  h'r 

208. 

2073 

l-li-K 

2400  >/ 

-2:\:\. 

2109 

ii(). 

2582 

-il."). 

Fahrclli,  Sitppl.    I 


N-  106 

h;o. 

388 

I7;{. 

436^^ 

139 

234 

-J2S. 

398 

lU. 

437 

151 

387 

17(1. 

435 

i;{-i. 

438 

146 

Fabn'lli,   Sxm,}.  III. 


N-  267 
329 


ISi. 
17'.». 


370 
391 


128. 
2i8. 


Gamurriiii,   Ajijn'nd'icc 


N-  30 

232. 

771 

230. 

380 

215. 

799 

197. 

643 

138. 

Krall,  l-Jlnish.   Muinh'iihludoi . 


Cnl.    V,      li-iu's  2  23         p.  287       Cnl.    |\.     li-iicsl-22  3n3 

Col.   VU,  lignes  2-11  3(18      Col     \1I.   li^no  1-13  315 

Col.    VIII.  Iinnfs3-17  270 


TABLES  483 

MitteUungen^  roemlsche  Ahl(^ilang . 
XXV,  1910,  p.  319  —  p.  loo. 

Monumenil   antichi. 
IL  p.  37  —p.  2U. 

iVolizie  degl'i  scav'i 
1895,  p.  242  —  p.  tO\).      1895,  p.  339  —  p.  -i3(). 

Pauli,  h^irusk.  Forschungen. 
III,  p.  59  —  p.  ^2^28. 

Rheinisches  Muséum,  LV,  1900,  p.  1-8  p.  322. 

Torp,  vovgr.  Insch.  von  Leninos. 
p.  41  —  p.  ISI. 


TABLE     ANALYTIOUE 


.Los  cliill'res  i-Ciivoiciil  aux   paj^rs 


A  ic|ir('S('iili'  plusieurs  sons  '.V-'y,  '(■'{,  '( 'r  ;  pcniiiilc  avec  e  voir  /*(')- 
miihtliuiis   :  pronom  (li'inoiislratiC  !>."),  \M .  Kl'.t,   171,  1S5,  .'51  I ,  iiil 

AP.liKVlATio.NS  \i\.  i-j:;,  i.ii,  ii'(,  \\:\.  l 'iC,  i '(S.  i:;:i.  ici,  ici, 
17'(,  177.  isi.  I!»:;.  -ioc.  -joT.  -iii,  -ni,  ±i\,  t:v.).  -nvi. 

ACCOKI)  anormal  vu  (''lnis(|n('  ll:i,  l(S7;  accoi-d  accidciilcl  du  [irr- 
Moni  cl  (in  .-(Mililnc  \\1,  II;;,   II}:;,   I 'i-i,  I'i7.   hi'.t.   lit;"). 

ADIKL;  aux  moris  I;{1.  V.Vl,  I.m,  :i-i.S,  ±1\)\  au\  vivants  2-27,  228: 
adieux  (rAdun^-ic  (d  (rAlccslo  2:n ,  2:52. 

ADJKCTIK  ("pithrlc  IK»,  Ml,  I.';;},  17:.,  l'i.".,  201 ,  20:{,  200,  2I.S,  227. 
±Xl,  2:i0,  2:ii,  2:j7,  2r.7,  27:3,  282,  28:j,  3i0,  :{i2;  allrihnl  ll'i,   Ji:"., 

130,  lii,  I'm,  1.^)7,  2'(:5,  2.V,),  2(;(;,  :{22,  :{2(i.  :{28,  :{2!i,  :{;!i,  ;;:;2,  :{;{.■;, 

;33(j,  ;i;i8,  :{:{*»:  cmi.lou-  advcrhialcmcul  lOS,  1 '<  1 ,  1 'dl,  1 '<7,  i:;7,  IC:!, 
164,  175,  17(;,  178,  17i),  11);},  liM'.,  20^,  20:>,  217,  21!»,  2:{1,  2:)8,  2:i0, 
2(;i,  20:;.  2(;8,  2(i'.»,  278,  280,  291,  2*)2,  21):},  2!):;,  :{00,   302,  :{0(;,  307, 

312,  313,  :M(i,  :{18,  :}20,  :522,  323,  32Î),  :};](),  331,  3:53,  3:}3.  '.im,  337, 

3:{8,  3;{!l.  :UI,  :{'<2.  WW),  •.\\:\,  3'di,  3i7;  sa   [dace  dans  la  proposilion 

110.  I  i:mi:). 

AIJUITIF    lils)  1!»8. 

ADVKliBE  ropri'seiiU'  par  un  adjccdiF  lOS.  1 '.il.  r<7,  i:i7,  |(;:j,  Ki'i. 
17:i,  17(;,  178,  179,  193,  201,  205,  217,  219,  231,  258,  259,  201,  205, 
208,  2()9,  278,  280,  291,  292,  293,  295,  ;U)(),  :}02,  300,  307,  312,  313, 
310,  318,  320,  322,  325,  329,  3:50,  331,  333,  335,  330,  337,  3:58,  :{:59, 
:{il,  3i2.  ;{'(:{,  :!'i;;,  :{;0,  :{i7;  niar(|n('  par  un  sidlixo  casu(d  108,  i;{7, 
liO,  155,  107,  K;'.»,  171.  185.  192,  2:;7,  27:.,  278,  28!».  :{ii,  ;;i7,  :{20. 
3:50;  mar(|uc'  [.ai'  un  sullixc  sprcialcmonl  advcri.ial  10!».  i:57.  100, 
172,  181.  20S.  280.  :{09,  313.  310,  320;  advcrho  composé  i:{7:  place 
d(;  l'adviTlii'  dans  la  proposili(»n  110. 


TABLES  483 

AI  équivalent  de  ei  et  de  i  ,\o\v  permulalions) . 

AL  désinence  casuelle  1,  i,  5,  6,  7,  90,  9o,  113,113,  12-2,  123,  126, 
127,  128,  129,  130,  131,  132,  133,  140,  141,  144,  145,  147,  148,  132, 
133,  138,  139,  IGO,  161,  163,  163,  166,  170,  171,  172.  173,  182,  191, 
200.  202,  22 i,  274,  302,  312,  320,  340,  3i6. 

APOSTROPHES  137,  139,  262,  263,  268,  274,  306,  309,  310,  344, 
3i3. 

ARBITRALE    (sentence)   239. 

ARTICLE  n'existe  pas  en  étrusque  89. 

AS  désinence  nominale  72,  73,  178,  180,  182,  201,  203,  212,  213, 
237,  230,  237,  274,  278,  283,  297,  300,  316,  328,  330. 

ASCENDANCE  indiquée  dans  les  épilaplies  122-123;  ascendance 
palerntdle  marquée  par  un  prénom  en  abrégé  123,  144,  133,  174, 
177,  181;  marquée  par  un  prénom  avec  le  suflîxe  -al  126,  127,  128, 
131,  146,  138,  163,  163,  171,  173,  179;  marquée  par  un  prénom 
adjectivé  en  als  183;  marquée  par  un  prénom  adjectivé  en  alisa 
130,182;  mar(iuée  par  un  prénom  au  génitif  127,151,  184,191; 
marquée  par  un  prénom  avec  le  sulïixe  sa  84;  ascendance  mater- 
nelle marquée  par  un  nom  de  femme  en  i  avec  le  suffixe  al  4-7, 
122,126,  129,  133,  141),  14 i,  147,  132.  1.33,  139;  avec  le  suffixe 
alisa  122;  avec  le  suffixe  alisla  83;  avec  le  suffixe  sla  85,  148,  132; 
marquée  par  un  gcnlilice  d'apparence  masculine  avec  le  suffixe  al 
148,  138,  166,  168;  marquée  par  un  surnom  123. 

ATTRIBUT  avec  valeur  consécutive  239,  244,  2.39,  309. 

.WIS  sur  les  tombeaux,  pour  demander  le  silence  136,  137,  I '(3, 
139,  188. 

B  manque  dans  l'alphaljct  étrusque  3. 

BILlMiUES  I  textes!  peu  nombreux,  peu  signilic;ili(s  1,  2:  ce 
(lu'ils  a[)[)renncnt  4,  3. 

BOR.NES  de   propriété    161,  2:i8. 

BOUSTROPHÉDO.N  (insrriplion    322. 

C  désinence  nominale  73,  163,  183,  203,293;  suffixe  de  dériva- 
tion verbale,  58,  :\\),  JOC»,  219,  221,  235;  enclitique  coordinalrice 
(voir  ('iiordiiiitlioii  ;  permule  axer  X  cl  k  (voir  Permuiations). 

CE  désinence  ca.sueile  9,  91,  '.»7,  1(1(1,  1(18,  |()!l,  110,  112,  115,  116, 
117,  118,  14;!,  160,  164,  177,  178,  181),  181,  184,  185,  201,202,  207, 
208,  210,  212.  213,  215,  218,  226,  229,  230,  231,  244,  24(;,  257,  290, 
299;  variante  du  denninsl  r;i  lil' ca.  9(1.  137.  224. 

CL  suffixe  de  derivalion  vei-|.;ih'  (18.  18'..  280,  326.  339. 


TABLES 


COIJJ-XTIFS   (mois)  90,  175,  ITH.  101. 

COMI'OSKS  mois)  87,88,81),  159,  lOi,  Kh,  173,  17G,  18-2,180, 
187,  190,  I9:i,  190,  198,  iOl ,  ^202.  20i,  205,  200,  213,  214,  218,  219, 
223,  225,  237,  210,  2ii,  2i5,  217,  2i8,  250,  259,  2(15,  27^,  278,  282, 
283,  28i,  280,  290,  291,  29i,  290,  298,  301,  302,  310,  311,  312,  313, 
31i,  317,  318,  320,  321,  330.  331,  333,  33i,  335,  330,  339,  3il,  3'(2, 
345,  347. 

CONSONNES  fiiToiipos  iiiiliaiix  31-33;  pcririuljilions  49,  52,54; 
redoiibleinont  norinul  3,  229;  équivalruls  ougro-tinnois  des  con- 
sonnes étrusques  48-55  ;  absence  de  sonores  {h,  d,  7)  en  élrusqiie 
3;  les  sourdes  aspirées  ix^?)  'îO-51  ;  valeur  de  Tf,  de  Th.  du  v, 
du  z  50-55;  deux  lypes  graphiques  de  Ts  î8. 

CONSULTATION  médicale  adressée  à  une  diviuilé  241-240. 

CONSTRUCTION  de  la  proposilion  104,  109-112;  place  des  propo- 
sitions subordonnées  par  rapp(u-là  la  principale  118-119. 

COORUIN.\TION  93,  127,  134,  142,  147,  155,  158,  100,  170,  171, 
173,  180,  181,  182,  185,  180,  187,  191,  193,  204,259,  272,  270,  279, 
289,  292,  29(),  299,  301,  302,  203,  305,  300.  313,  317,  319,  322,  335, 
343,  345. 

X  sa  valeur  51  ;  inilial  51,  205  ;  perniule  avec  le  c  (voir  Pi'nnuhi- 
//on.v);  sufïixe  de  dérivation  verbale  09,  109,  180,  222,  285;  dési- 
nence nominale,  73,  274,  270,  285,  301);  suffixe  de  coordiualion 
173;  rf.  c. 

\  V  sullixe  double  de  dérivation  verbale  (i9,  200,  272,  294,  314,  317. 

I)  manque  dans  ral[)lial)et  étrusque  3. 

DEMONSTRATIFS  2,  24,  95-!)7,  132,  133,  134,  135,  137,  139,  158, 
109,  171,  185,  187,  18;),  191,  205,  208,  212,  224,  200,  203,  209,  289, 
293,  311,  313,  310,  34(). 

1)1^:11  IV ATION    voir  Siifp.vps^. 

I)]':SACCORD  des  sullixes  de  relation  112,  127,  133,  152,  103,  105, 
180,  183,  219,  227. 

DÉSINENCKS  nominales  55-57,  72-87;  verbales  12,  13,  57,  103, 
101;  possessives  27-31),  95;  nuuiérales  9!)-103  ;  adverbiales  108-109. 

DIMINUTIFS  en  -m,  80,  177;  eu  -is  77,  120,  129,  140,153,103, 
197,  198;  eu  -s  82,  83,  1 10,  245. 

DIPHTIIONGUFS    voir    Voi/elles). 

DlVIMTiOS  ÉTRUSQUES  assimilées  aux  grecques  2;  comment 
désignées  214. 

E  r(q)résente  plusieurs  sons  35,  44,  -45  ;  ])(>rmule  avec  a  eli   voir 


TABLES  487 

Permufalions):  e  pronom  démonstratif  9o,  96,  191,  :293,  M'S,  SUS. 

El  équivalent  de  ai  et  de  i   voir  Permulations]. 

EM  désinence  de  certaines  formes  numérales  259. 

ENCLITIQUES  d'insistance  17-19,  55,94,  96,  97,  107,  260;  —  de 
coordination  93,  127,  134,  142,  147,  155,  158,  166,  170,  171,  173, 
180,  181,  182,  185,  186,  187,  191,  193,  204,  259,  272. 

ÉPITAPHES  commentées  121-159,  163-205;  rédaction  des  épi- 
taphes  121-123;  épitaphes  collectives  139,  143,  146,  153,  155,  156. 

Él'lTHÈTE  se  place  devant  le  substantif  110,  141,  151,  257;  reste 
invariable  112. 

ÉQUIVALENCES  vocaliques  43-47;  consonantiques  48-55. 

ES  désinence  du  participe  passé  passif  74,  136,  154,  190,  195,  217, 
221,  223,  257,  283,  290,  303,  329,  332,  336,  342,  346. 

ET  variante  K"'apliitine  de  eO  106,  110,  260. 

Ee  désinence  casuelle  !»1,  107,   184,  276,  277. 

F  sa  valeur  50;  initial  50;  permute  avecp  et  h  (voir  Pcrmulalions). 

FEMMES  comment  désignées  (voir  Noms). 

FÉMINISATION  terme  conventionnel  pour  désigner  certaines  modi- 
licationsde  noms  propres  89  (voir  Genre). 

FORMATION  des  mots  55-89. 

FORMULES  funéraires  2  ;  de  consécration  2  ;  banales  145,  215  ;  de 
prières  280  et  suiv. 

FOUR  A  POTERIES  (inscription  relative  à  un)  322. 

G  manque  dans  lalpliabel  étrusque  3. 

GENRE  n'existe  pas  dans  la  langue  étrusque  89;  périphrase  pour 
indi(iuer  le  sexe  féminin  225. 

Il  sa  valeur  51;  initial  5i,  157,  159,  160,  189,  192.203,  26'«,  265, 
277,  285,290,  291,  30(i,  309,  314,  317,  318,  319,  315;  non  initia!  55, 
3;5;{,  3;{i:  permute  avec  f  et  v  wo'w  l^<'nnutallons\. 

HARMONIE  vocalique  34. 

IIEN  eiiclili(iue  55.  96,   137,  189. 

I  lepnsenle  plusieurs  sons  36,  45,  46;  permute  avec  e,  ai.  ei 
I  vi>ir  /'miniliiHoas);  développé  en  la  73,  133  ;  i  doublé  36,  208,  330, 
341,  :J'r7  :  i  siillixe  de  dérivation  verbale  59, 154,  189,  210,  214,  234, 
235,  2'(i,  263,  26H,  31  i,  327,  328,  332,  336,  341;  i  suffixe  participial 
74,  145,  147,  157,  18i,  219,  225,  268,  271,  299,  322,  329,332;  i  dési- 
nence des  noms  de  femmes  75,  76.  132,  139,  151,  153,  154,  166, 
16!t,  IS3,  2()(i,  21 1,  212,  217,  235,  2'iO;  i  verbe  négatif  (voir  Argatiou). 

I.NVOCATKtNS  213,  216,  217,  218,  221,  229,  280. 


i88  TAHLKS 

ISdôsinence  nominale  77,  l^iO,    \W,  I.kÎ,  IG;},  JÎI7,  11)8,  2;U). 

K  cncliliquo  de  coordinalioii  ITiH;  pennule  avec  c  (voir  Pcrma- 
tii  lions]. 

KE  désinence  casuelie230;  voir  ce. 

Ldésinencecasdclle  0,îM,  110,  1C.7.  l(iS,-il(),  -i.-.S,  -i:;t»,  -i!l-i;  dési- 
nence nominale  78,  lii,  lo9,  100,  17*1,  ISO.  188,  m\,  "208,  212,  217, 
220,  232,   2;i,  201,  20:5,  201),  272,  278;  suffîxe  de  dérivation  verbale 

00,01,  I8i,  r.)o,  1!):;,  20i,  210,  2:')0.  2:):"),  2o0,  2:i8,  270,  200,  :{02, 

310,  310,  327. 

LANGAGE  prélé  cà  des  clio.so.s  2.^,  30,  13'..  138.  l.'iS.  100,  107,  20:;, 
208,  228   231. 

L/  suflixe  (loiil)lo  de  (h'rivation  verbale  00. 

M  désinenco  nominale  78,70,  80,  102,  177,  181,  102,  100,  2'i0,  200, 
274,  270,281,280,204,  209,  30:),  31  i,  318,310,  320,323,  310;  siillixe 
possessif  20,  27,  30,  05,  232,  212.  202,  300;  suirixe  de  dérivation 
verbale  01,  02,  2.^i7,  200,  33i. 

MAUQL'E?^  de  propriété  sur  les  objets  funéraires   138,  130. 

METUOXYMIQUE  i voir  .Ucendanrr 

ML  sulllxe  double  de  dérivation  verbale  2.')7,  2.'')8. 

MO.NOSYLLAP)!']  avec  consonne  liiiale  ."')."»,  .'iO  ;  avec  voyelle  finale 
.')('»,  .j7  ;  dé[)ourvu  de  voyelle  ."{3. 

MOTS  étrusfjues  fournis  par  les  anciens  3,  i;  composés  87-80; 
simples  o5-o7  ;  dérivés  37-87  ;   collectifs    171,    173,   191. 

MULTIPLES  (voir  \oiii/>n's}. 

N  désinence  casuelle  18,  01,  03,  0(i,  lOi;,  107,  108,  117,  118,  1 '<0, 
1.33,  171,  183,  103,  212,  218,  221,  237,  2'<0,  202,278,  280,  311,  320, 
322,  ;}28,  3;}3,  '.V.\'t,  3'(7  ;  avec  la  valeur  d'un  cxiiosant  temporel  103, 
202;  désinence  niuninale  80,  81,  127,  128,  1 'i3,  liO,  101,  100,  200, 
207,  220,  237,  2i3,  231,  2(;8,  280,  290,  203.  297,  300.  312,  313,  337, 
3iO;  suflixe  de  dérivation  verbale  02,  03,  Oi.  131,  MO,  137,  172, 
178,  183,  180,  193,  221,  223,  22i,  229,  243,  2'i0,  248,  230,  203,  208, 
27  4,  281,  284.  283,  291,  297,  299,   311,  327,  320,  333,  339,  342,  344. 

N\  désinence  nominale  81,  82,  l.iC).  137.  138.  1.38,  103,  109,  187, 
194,  204,200,  234,  239,  202,  203,  207,  273,  273,  299,  31(;.  321,  329. 

NAVIRE  examine  avant  l'appareillage  277,  278,  279;  mis  au  sec 
270. 

NE  désinence  casuelle  9,  92,  lOO.  117.  118.  MO,  2(;0,  282.  302, 
3.30,  3'.l. 

NEGATIO.N  exjJi'imiM'  jtar    des  snilixes  caritifs  107  ;  par  un    verbe 


TABLES  489 

auxiliaire  14-19,  107,  111,  11^2,  19i,  194,  203,  237,  239,  256,  265, 
289,  337,  338. 

NOMBRE  ne  paraît  pas  exister  dans  la  gi-ammaire  étrusque  89- 
90,  174-175. 

NOMBRE  (noms  de)  sur  les  dés  de  ïoscanella  98;  de  un  à  six  2, 
98,  99,  178,  195,  261,  265,  344;  au  dessus  de  six  100;  au  dessus  de 
dix  101,  128,  152,  165,  167,  171,  17 i,  326;  nombres  avec  valeur 
soustractive  101,  102,167;  nombres  ordinaux  103,  272,  320;  noms 
de  nombre  avec  suffixes  casucls  99,  128,  152,  165,167,  171,  174; 
irréductibilité  apparente  des  noms  de  nombre  étrusques  37-38. 

NOMS  pas  théophores  2;  disposition  des  noms  dans  les  épitaphes 
121-123  ;  noms  du  père  et  de  la  mère  (voir  Ascendance)  ;  noms  de 
femmes  formés  avec  le  suffixe  i  75,  76,  89,  126,  132,  139,  149,  151, 
153,  168,  169,  199,  209,  211,  212,  215,  217,  220;  nom  de  la  femme 
non  mariée  75,  76;  nom  de  la  femme  mariée  122,  123;  nom  du 
mari  marqué  par  le  génitif  150,  170,  199,  220;  par  le  suffixe  -sa  83, 
84,  123,  154,  155  ;  par  le  suffixe  -sla  85,  153. 

NS  désinence  nominale  82,  168,  190,  208,  272,  346. 

NT,  Ne  sutnxe  double  de  dérivalion  verbale  69,  172,  204,  293,  311. 

OFFRANDES  propitiatoires  160,  205,  206,  207,  208,  209,  211,  212, 
213,  215,  217,  218,  219,  220,  221,  222,  223. 

ORDRE  DES  MOTS  109-112. 

P  initial  50;  permute  avec  f  50  ;  suffixe  de  dérivation  verbale  64, 
207. 

PA  enclitique  17-19,  107,  111,  112,  192,  203,  237,  239,  256,  265. 

PARENTÉ  termes  de  parenté  2,  30;  relations  de  parenté  marquées 
par  des  suffixes  73,  71,  83-85.  [xo'w  Ascetidniice,  i\'ovi.s). 

PARTICIPE  actif  eu  i,  7i-75,  145,  H7,  157,  15S,  I8i,  219,225, 
268,  271.  299,  322,  329,  ,332;  passif  eu  es  7i,  15i,  190,  195,  217, 
221    223. 

l\\TRONYMIQUE  voir  Ascendance. 

PE  enclitique  94,  96,  97,  107,  260,  332;  voir  pa. 

PEI,  PI  variantes  de  pe. 

PERMUTATIONS  de  a  et  do.  e  35,  75,  76,  I3'<.  1(;9,  170,  213,  259, 
260,  267,  275.  277,  300,  305,  331;  de  e  cl  de  i  35,  1.59,  184,  267,  326, 
339;  de  e  et  de  ai  333,  337,  338.  3'r2,  3'i3,  3ii;  de  i  et  des  groupes 
ai,  ei  36,  131,  1  W,  2iO,  327,  329;  de  i  et  du  groupe  ia  76,  133;  de 
U  et  de  V  53,  l'(7,  P.I2,  P.1.3,  m  3  ;  de  v  cl  de  h  55.  .301,  .30!»;  de  h 
et  (le  f  1,  2,  5'<,   Ki'.l  ;    de  f  cl  de  p  50;    des  deux  l\[>es  de  S  '<<S  ;    de  s 


lîlO  TAULES 

et  lie  z  :i-l;  d«  z  et  de  t  l'.lii.  -ilL  -i'i'..  iC.i,  -270.  299,  313;  de  z  et 
(le  0  ."i-i,  lOi;  do  c  cl  (le  X  •'<■'•  '-^  '-'.  J-'>-'  1<>'^  1"-^,  '^^^2,  ^^"^-î-  "-^-^'^ 
307,  33:;;  de  t  et  de  8  CC,  «s:;.  l'di,  1/(9,  -i(;o,  201,  322:  de  c  et  de  k 
l.'xS.  22.S,  229,  230. 

IM(1K0NS  (élevage  des)  227. 

riAKIKL  voir  Nombre. 

PONCTUATION  2ii,  2o2,  322,  32o. 

POSSF.SSIFS  voir  S»f/i.rrs. 

PRÉNOMS  d'hommes  <i,  27,  121,  122,  12i,  125,  120,  127,  129,  130, 
131,  13i,  130,  l'i2,  lii,  liO,  117,  l'<8,  loi,  lo5,  159,  102,  103,  105, 
Ki'.l,  171,  173,  I7i,  177,  179,  ISl,  J.S2,  183.  JH.'"),  198;  prénoms  de 
femmes  132,  139,  l'i3,  li9,  182;  prénoms  composés  a  vie  Sur  128, 
182,  191;  prénoms  servant  de  genlilice  120,  I3(;,  M9,  213,  218; 
prénoms  placés  après  le  i^enlilic.-  129.  173,  181,  185,  l'.l9,  220.  2'<  1  ; 
pi-éii(ims  en  accord  grammalicai  avec  le  gcnlilic-e  113,  135,  112,  l'r7, 
109,  195. 

PllOXOM  personnel  l'-«  personne)  20-20,  9^,  131,  138,  158,  100, 
107,  205,  208,  210,220;  pronoms  démonslraliCs  95-97;  jtronorns 
indélinis  97,  239,  2!)0,  291,  29(),  301,  332. 

PKOPOSmONS  cllipliiiues  avec  le  verhe  «  être  »  113-115  voir 
Verbes);  snhoi'données  1 15-1 1  7  ;  ce  f|ui  caractérise  les  i)i'opositions 
snJ)ordonnées  110-119;  |»roposiLions  subordonnées  non  consécutives 
118,  194,  195,  200,  277,  289,  301,  321,  322,  333,  331,  3il,  313;  pro- 
positions subordonné(>s  consécutives  118,  119,  190.  I!)2,  203,  272, 
279,  321,320;  ])roposilions  conditionnelles  119,  120,221.  222,219, 
250,  257,  200,  205,  275,  270,  281,  285,  298,  299,  310,  31(;,  328,  329, 
330,  :{3l,  335,  337,  339,  341,  3'(3,  315;  propositions  avec  sens  tem- 
porel 202;  propositions  négatives  voir  .\r(jalio)i];  absence  de  pro- 
positions relatives  et  conjonctives  1 15-1 10,  292. 

R  désinence  nominale  82,  137,  l 'i  1 ,  195,  215,  210,  218,  2i0,  254, 
228,325,  332;  sufTixe  (le  dérivation  verbale  Oi,  05,  157,  178,215, 
219,  220,  225,  232,  273,  27(1,  27!),  283,  284,  285,  291,  29'(,  309,  317, 
321,  320,   328. 

UADIC.VUX  simples  on  dérivés  55-58;  radicaux  nominaux  avec 
consonne  tinalc  18,  55-.")0  ;  radicaux  nominaux  avec  voyi'lli'  liiialc, 
11,  50,  57;  radicaux  verbaux  simples  57;  radicaux  vtM'baux  dérivés 
■")7-7l;  radicaux  nominaux   dérives  72-87. 

Kl  d.'sim-nce  casuelle  92,  100,  MO.  115,  117,  II'.»,  183,  l'.)0,  192, 
203,  255,  272,  321,  3 'il. 


TABLES  491 

RITUEL  à  l'usage  des  navigateurs  "llO-'S'l'l. 

S  désinence  casuelleS,  92,  9o,  99,  101,  106,  109,  110,  112,  113,  115, 
121,  12-2,  123,  124,  12G,  127,  128,  129,  133,  134,  135,  140,  147,  149, 
150.  151,  152,  158,  159,  163,  165,  169,  170,  171,  172,  173,  174,  177, 
180,  181,  183,  185,  191,  194,  197,  199,  200,  205,  206.  208,  209,  212, 
213,  222,  224,  259,  260,  263,  281,  283  ;  désinence  nominale  82,  83, 
137,  138,  140,  182,  192,  201,  205,  217,  225,  231,  245,  250,  251,  267, 
281,  283,  284,  293,  300,318,  333,  343,  345  ;  suffixe  de  dérivation 
verbale  65,  C,V>,  186,  196,  210,  250,  256,  265,  28i,  306,  329,  331,  335, 
336,  3i'i. 

SA  désinence  nominale  83,  84,  121,  122,  123,  130,  154,  155,  156, 
176,  182,  280,  311,  322. 

se  suifixe  double  de  dérivation  verbale  70,  258,  316. 

SEXE  féminin  marqué  par  une  périphrase  225. 

SI  désinence  casuelle  8,  92,  106,  108,  110,  115,  117,  118,  135,  138, 
142,  143,  176,  180,  181,  191,  195,  206,  224,  229,  249,  258,  277,  284, 
319. 

SIGNES  célestes  observés  283,  284,  285. 

SL  suffixe  double  de  dérivation  verbale  71,  142,  143,  250. 

SL.V  désinence  nominale  85,  123,  148,  152,  153,  226. 

ST  suffixe  double  de  dérivation  verbale  71,  256,  261. 

STR  suffixe  triple  de  dérivation  verbale  71,  215,  283. 

SUBORDINATION  voir  Propositions. 

SUFFIXES  de  relation  ou  casuels  4,  5,  8,  90-93;  indifféremment 
accolés  aux  substantifs  et  aux  verbes  10,  14,  9i  ;  accolés  aux  noms 
de  nombre  94;  suffixes  incorporés  au  radical  7,  130,  170,  185,  202; 
suffixes  en  désaccord  113,  127,  129,  152,  163,  165,  183,  219,  227; 
suffixes  possessifs  27,  30,  95,  232,  242,  262,  300;  suffixes  de  coor- 
dination 93  (voir  Coordination);  suffiixes  caritifs  93,  107;  suffixes 
numéraux  101-103;  suffixes  adverbiaux  iyoW  Adverbes];  suffixes  de 
dérivation  nominale  71-87;  suffiixes  de  dérivation  verbale;  58-71; 
suffixes  à  v;ileu!'  caiisalive  2()'i;  suffixes  à  valeur  passive  ou  rélli'cliie 
190;  suffixes  doubles  ou  triples  de  dérivation  verbale  68-71  . 

SUJET  sa  place  dans  la  proposition  lOi,  111. 

SUPERLATIF  exprimé  par  un  adjeclif-adverbr  !  'r  I ,  I  'i7,  178,  180, 
2li,  291,  313,  322,  335,  336. 

SURNOMS  122,  123,  126. 

SYLLAbi']  initiale,  son  import;ince  dans  les  langues  ougro-lin- 
noises  42. 


492  TAIÎLKS 

SYNXOPES  4-2,  158,  212. 

T  permute  avec  6  et  z  (voir  /'o'iiiuliilions  ;  désinence  nuiiiinale  85, 
IV.i,  102,  25i;  sullixede  dérivjilioii  verhale  0(1,  67,  154,  178,  190,211, 
214,  254,  255,  202,  204,  200,  270,  28:5,  29'i,  314,  318,  ;}2(),  ;{22,  :{;{5, 
510. 

TAL  sidlixr  fiiril,ir95,  107,  555, 

TI  dcsiiienco  casiielle  9,  ÎI5.  95,  90,  108,  109,  110.  115,  117,  159, 
175,  187,  188,  277,  501,  517,  528. 

TNAM  désinence  adverl)i;d(>  90,  109,  280,  295,  509,  510,  515,  514, 

510,  519.  520. 

H  sa  val(Mir  51  ;  initial  51,  174,  190,  275,  281,  522,  354,  339,  340, 
344;  pernuile  avec  t  et  z  (voir  PcrDinlailons)]  désinence  casuelle  9, 
93,  100,  180,  191,  243,  245,  255,  275,  281,  293,  312,  319,  337,  3-43; 
désinence  nominale  85,  108,  175,  188,  242,  244,  278,  283,  292,  293, 
298,  300,  300,  310,  317,  340;  snllixe  de  dérivation  verbale  00,  07, 
130,  157,  172,  189,  190,  212,  251,  259,  279,  509,  515,  519,  320. 

H.VS  désinence  nominale  80,  KIO,  179,  181,  185,  209,  200,  273. 

Bl  désinence  nominale  80,  132,  155,  154,  155,  180,  219,  255,  255, 
245,  205,  200,  270,  279,  291,  518. 

U  représente  pinsieurs  sons  50,  40,  '(7;;ï(inoi  r(''pon(l  l'uinilial 
47  ;  pormnte  avec  le  v  55,  147,  l!)2,  195. 

V  initial  53,  214,  259,  200,  274,  278,  551,  555,  557,  538;  permute 
avec  u  cf.  u)  ;  désinenre  nominale  175;  sufïixe  de  dérivation  ver- 
bale 08,  09,  no,  192,  212,  2!)('>,  515,  550,  554. 

VA  désinence   nominale  87,  175,  178,  11)0,  203,  204,  229,  27(1,  505, 

511,  331  ;  cf.  ve. 
VARIANTKS  ^raphiiiiies  12,  10. 

VK  désinence  nominale  190;  cl',  va. 

VKRBK  à  mode  personnel  104,  105,  128,  155,  139,  1()9,  171,  174, 
178,  180,  182,  189,  195,  204,  212,  219,  220,  222,  224,  220,  240,  242, 
245,  244,  245,  240,  247,  255,  257,  258,  259,  200,  202,  205,  20 i,  263, 
207,  209,  275,  275,  270,  299,  313,  519,  525,. 520,  327,  328,  331.  333, 
334,  355,  53(1,  357,  559,  540,  542,  544,  5'(0,  347;  .sa  place  dans  la 
proposition  110,  111  ;  dcsinemMî  vocali(|ne  dn  verbe  12,  15,  103, 
loi  ;  abseiic(3  de  leinps  107  :  vei'be  employ('  siibslanli ven)ent  14,  129, 
I'i2,  171,  172,  17!»,  181,  190,  190,  205,  209,  212,  257,  201,  202,  203, 
20i.  207,  209,  277,  282,  284,  289,  290,  2'.U  .  515,  517,  521,  528,  531, 
555,  550.  557,  558,  55'.».  5i2  ;  verbe  nei^iilif,  voir  .Xéf/nHini  ;  verbes  à 
radical    sini|ile  57;  verbes   (b'rives    58-71;  ellipse;    du  verlx'  <■    être  » 


TABLES  493 

li;3-ll.j,  l-2tl,  l.iO,  131,  13-i,  i;i/i,  137,  138,  139,  li-i,  145,  140,  148, 
157,  158,  159,  101,  103,  100,  171,  175,  170,  181,  180,  190,  192,  194, 
190,  i04,  207,  208,  218,  222,  257,  201,  202,  204,  200,  272,  273,  277, 
279,  280,  281,  285,  280,  289,  290,  291,  293,  299,  306,  312,  313,  314, 
310,  319,  335,  337,  340. 

VLE  enclitique  de  coordination  93,  108,  191. 

VOLEURS  de  sépultures  (précautions  prises  contre  les  138,  139, 
231. 

VOYELLES  au  nombre  de  qiuUre  seulement  35,  40,  41,  42  ;  repré- 
sentent chacune  plusieurs  sons  35,  30,  42  ;  permutent  quelquefois 
l'voir  Pennutaiions)\  groupes  de  voyelles  37,  47;  voyelles  finales 
indices  de  formes  verbales,  11,  12,  13,  103,  104;  insertion  de 
voyelles  inorganiques  12,  127,  131,  135,  137,  141,  143,  157,  170,  181, 
184,  180,  195,  219,  220,  224,  230,  244,  273;  suppression  de  voyelles 
12,  33, 158,  212. 

Z  sa  valeur  52;  initial  52,  141,  149,  100,  172,  175,  183,  180,  200, 
201,  203,  209,  270,  279,  282,  302,  305,  330,  333,  337,  342;  permute 
avec  s,  t,  6  voir  Permulaiions\  ;  désinence  adverbiale  97,  103,  109, 
137,  106,  172,  181,  208,  259;  suffixe  de  dérivation  verbale  70,  184, 
194,  202,  295,  333. 


TABLE  DES  MATIÈRES 


Pages . 

Note  sur  les  signes  typographiques i 

Abréviations ii 

Préface m 

Additions  et  corrections ix-xiv 

Première  partie  :  Les  données  du  problème 1-40 

I.  Ce  que  fournissent  les  textes 1 

IL  Le  suilixe  al 4 

IIL  De  quelques  autres  sufiixes 8 

IV.  De  l'emploi  des  suti^xes 10 

V.  Formules  négatives 14 

VI.  Le  suilixe  possessif 20 

VIL  Incompatibilités  apparentes  de  l'étrusque  et  des  langues 

ougro-finnoises 30 

Deuxième  partie  :  Précis  grammatical 41-120 

I.  Observations  pbonétiques 41 

IL  Formation  des  mots 5.i 

III.  Espèces  de  mots  et  syntaxe 89 

Troisième  partie  :  Textes  traduits  et  commentés 121-348 

I.  Fpitaphes 121 

IL  Inscriptions  votives 20."i 

III.  Inscription  des  Velsu 23G 

IV.  Plomb  de  Magliano 241 

V.  Cippe  de  Pérouse 252 

VI.  Momie  d'Agram 270 

VIL  Texte  de  Capoue 322 

(Jualrièiue  [lailie  :  Dictionnaire  étymolugiiiue 340-4(10 

Tables 401-493 

I.  Taille  (les  mots  étrusques  conservés  par  les  anciens.  . .  4(51 

II.  Table  des  noms  propres  cités îTI 

III.  Table  des  textes  cités isi 

IV.  Table  analyliiiue 484-493 


LK    in;Y-i:N-VELAY.    —    IMPIilMEIilK    l'EYHILLEIi ,    liOUCllON   ET   GAMON 


BiNui^^^.  ^    .  ocr  ^i  ^^'^ 


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PA  Martha,    Jules 

2402  La  langue  étrusque 

M27